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Simon-Pierre - Simon de Jonas (apôtre)

Thème : Qui sont les apôtres ? · Page 17 sur 26

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EMV 178.4 · Tome 3, p. 164

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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On a atteint la rive. Jésus monte dans la barque de Pierre en lui chuchotant quelques mots. Je vois Jésus sourire et Pierre faire un geste d’émerveillement. Mais il ne dit rien. L’homme qui n’est pas allé ensevelir son père pour suivre Jésus monte aussi.

Annotation

On ne sait pas ce que Jésus dit à Pierre et pourquoi celui-ci a un geste d'émerveillement... Il est cependant possible que Jésus lui ait dit qu'il allait dans sa maison, car dans l'EMV 179, le Christ va effectivement chez Simon de Jonas.

EMV 179.2 · Tome 3, p. 164

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Les barques des apôtres, après avoir traversé la brève partie du lac qui sépare Capharnaüm de Bethsaïde, s’amarrent dans cette ville.

Détail

Dans ce chapitre, les Onze sont présents. Jean est parti trouver Jean-Baptiste à Hennon avec la Vierge.

EMV 179.2-3 · Tome 3, p. 164-166

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Les barques des apôtres, après avoir traversé la brève partie du lac qui sépare Capharnaüm de Bethsaïde, s’amarrent dans cette ville. Mais d’autres les ont suivies et beaucoup de gens en descendent et s’unissent aux habitants venus de Bethsaïde saluer le Maître qui entre dans la maison de Pierre où… se trouve de nouveau son épouse qui, je suppose, a préféré vivre seule plutôt que d’entendre les plaintes continuelles de sa mère envers son mari.

Les gens, au dehors, réclament à grands cris le Maître. Cela agace Pierre, qui monte sur la terrasse et harangue ses concitoyens ou, du moins, il leur dit qu’il leur faudrait faire preuve d’un peu de respect et de politesse. Maintenant qu’il a le Maître chez lui, il voudrait bien profiter un peu paisiblement de sa présence. Au contraire, il n’a pas le temps et le plaisir de lui offrir seulement un peu d’hydromel parmi les nombreuses choses qu’il a dit à sa femme d’apporter, et il grommelle.

Jésus le regarde en souriant et hoche la tête en disant :

« On dirait que tu ne me vois jamais et qu’il est exceptionnel de se trouver ensemble !

– Mais c’est la réalité ! Quand nous sommes de par le monde, sommes-nous jamais seuls, toi et moi ? Jamais de la vie ! Le monde s’interpose entre toi et moi, avec ses malades, ses affligés, avec les auditeurs, les curieux, les calomniateurs, les ennemis, mais nous ne sommes jamais seuls toi et moi. Aujourd’hui, au contraire, tu es avec moi, dans ma maison, et ils devraient le comprendre ! »

Il est vraiment fâché.

« Mais je ne vois pas de différence, Simon. Mon amour est le même. Ma parole est la même. Que je te la dise à toi en privé, ou que je la dise pour tous, n’est-ce pas la même chose ? »

179.3

Pierre avoue alors sa grande peine :

« C’est que je suis cabochard et facilement distrait. Quand tu parles sur une place, sur une montagne, au milieu d’une si grande foule, moi, je ne sais pourquoi, je comprends tout, mais je ne me rappelle rien. Je l’ai dit aussi à mes compagnons et ils m’ont donné raison. Les autres, je veux dire le peuple qui t’écoute, te comprend et se souvient de ce que tu dis. Combien de fois n’avons-nous pas entendu quelqu’un reconnaître : “ Je n’ai plus fait cela parce que tu l’as dit ”, ou encore : “ Je suis venu parce qu’un jour je t’ai entendu dire telle autre chose qui m’a frappé. ” Nous, au contraire… hum ! C’est comme l’eau d’une rivière qui passe sans s’arrêter. La rive ne l’a plus, cette eau est passée. Il en arrive de nouveau, encore et toujours. Mais elle passe… Et moi, je pense avec terreur que, s’il en est comme tu le dis, le moment viendra où tu ne seras plus là pour jouer le rôle du fleuve et… et moi… Qu’aurai-je à donner à ceux qui ont soif, si je ne garde pas une seule goutte de ce que tu me donnes ? »

Les autres appuient également les plaintes de Pierre, se lamentant de ne jamais rien retrouver de tout ce qu’ils entendent quand ils voudraient se le rappeler pour répondre aux nombreuses personnes qui les interrogent.

Jésus sourit et répond :

« Mais je n’en ai pas l’impression. Les gens sont très contents de vous aussi…

– Oh, oui ! Pour ce que nous faisons ! Te faire de la place, et pour cela jouer des coudes, porter les malades, recueillir les oboles et dire : “ Oui, le Maître, c’est lui ! ” La belle affaire !

– Ne te rabaisse pas trop, Simon.

– Je ne me rabaisse pas, je me connais.

– C’est la plus difficile des sagesses. Mais je veux t’enlever cette grande peur. Une fois que j’ai parlé et que vous n’avez pu tout comprendre et retenir, demandez-moi sans craindre de paraître ennuyeux ou de me décourager. Nous avons toujours des heures d’intimité. Ouvrez-moi alors votre cœur. Je donne beaucoup à tant de gens ! Et que ne vous donnerais-je pas, à vous que j’aime comme Dieu ne le pourrait davantage ? Tu as parlé de l’eau qui passe sans que la rive en garde rien. Un jour viendra où tu t’apercevras que chaque vague a déposé en toi une semence et que chaque semence a donné naissance à une plante. Tu trouveras à ta portée fleurs et plantes pour tous les cas, et tu seras étonné de toi-même en disant : “ Mais que m’a donc fait le Seigneur ? ” car alors tu seras racheté de l’esclavage du péché et tes vertus actuelles se seront élevées à une haute perfection.

– C’est toi qui le dis, Seigneur, et je me fie à cette parole.

EMV 179.4 · Tome 3, p. 165

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« Maintenant allons trouver ceux qui nous attendent. Venez. Paix à toi, femme. Je serai ton hôte ce soir. »

Ils sortent, et Jésus se dirige vers le lac pour n’être pas bousculé par la foule. Pierre a soin d’éloigner la barque à quelques mètres du rivage de façon que tous puissent entendre la voix de Jésus, mais en laissant un peu d’espace entre lui et les auditeurs.

Détail

Jésus est chez Pierre et il s'adresse à Porphyrée.

EMV 179.7-8.9 · Tome 3, p. 170-171

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Puis, se tournant vers Pierre, il lui dit :

« Remonte aussi haut que tu peux et amarre la barque de l’autre côté. » (...)

Le frottement de la barque sur le gravier interrompt la conversation pour permettre de débarquer. On ne voit plus ici ces collines basses de Bethsaïde qui plongent pour ainsi dire leur nez dans le lac, mais une plaine avec de riches moissons s’étend sur cette rive en face de Bethsaïde en direction du nord.

« Nous allons à Mérom ? demande Pierre.

– Non. Nous prenons ce sentier à travers champs. »

Les champs, beaux et bien entretenus, montrent des épis encore tendres mais déjà formés. Ils sont tous au même niveau et avec le léger ondoiement que leur imprime un vent frais venu du nord, ils semblent former un autre petit lac où font office de voiles les arbres qui se dressent çà et là, pleins de pépiements d’oiseaux.

« Ces champs ne sont pas comme ceux de la parabole, observe Jacques, le cousin de Jésus.

– Non, assurément ! Les oiseaux ne les ont pas dévastés, il n’y a ni épines ni cailloux. Du beau blé ! D’ici un mois, il sera déjà blond… et d’ici deux mois, il sera prêt à être fauché et engrangé, observe Judas.

– Maître… je te rappelle ce que tu as dit chez moi. Tu as si bien parlé ! Mais je commence à avoir dans la tête des nuages aussi embrouillés que là-haut, déclare Pierre.

– Ce soir, je te l’expliquerai. Nous voici arrivés en vue de Chorazeïn. » Jésus regarde longuement le nouveau disciple et lui dit :

« On donne à celui qui donne et la possession n’enlève pas le mérite du cadeau. Conduis-moi à votre tombeau et chez ta mère. »

En larmes, le jeune homme s’agenouille en baisant la main de Jésus.

« Lève-toi ! Allons ! Mon âme a ressenti ton chagrin. Je veux par mon amour te fortifier dans l’héroïsme.

– Isaac l’Adulte m’avait raconté à quel point tu étais bon. Isaac, tu sais ? Celui dont tu as guéri la fille. Il a été mon apôtre. Mais je vois que ta bonté est encore plus grande que ce qu’il m’avait dit.

– Nous allons aussi saluer l’Adulte pour le remercier de m’avoir donné un disciple. »

A leur arrivée à Chorazeïn, la maison d’Isaac est justement la première qu’ils aperçoivent.

(...) 179.9 Ils font une halte auprès du tombeau fermé et ils prient. Puis, à travers un vignoble à demi dépouillé, ils se dirigent vers la maison d’Elie.

(...) Ils reviennent sur le chemin qu’ils reprennent pour aller au fleuve, et de là à Bethsaïde.

Détail

Jésus vient de terminer sa prédication à Bethsaide. Il est sur le lac, avec le jeune disciple qui n'est pas allé à l'enterrement de son père, et s'adresse à Simon de Jonas.

Annotation

« Remonte aussi haut que tu peux et amarre la barque de l’autre côté. » Le premier pont romain connu sur cette portion du Jourdain est en effet situé à 11/12 km plus au nord (Pont des filles de Jacob). Ce pont a été détruit en 1918.

On ne voit plus ici ces collines basses de Bethsaïde qui plongent pour ainsi dire leur nez dans le lac, mais une plaine avec de riches moissons s’étend sur cette rive en face de Bethsaïde en direction du nord. Exact : La plaine au nord-ouest de Bethsaïde a quelque 500m de large sur 1 ou 2 km de long, puis s'élève en pente régulière à l'ouest.

« Nous allons à Mérom ? » « Non. Nous prenons ce sentier à travers champs. » Mérom est à quelques 17km de là, au nord-ouest, soit à 4 heures de marche… Chorazeïn est à peine à 4 km, en direction plein ouest en ligne droite depuis Bethsaïde. Jésus emprunte naturellement, chaque fois que possible, le chemin le plus court.

Les champs, beaux et bien entretenus, montrent leurs épis, encore tendres mais déjà formés. Cohérent : 15 jours plus tard, Maria Valtorta remarque qu'ils sont "bien formés" (EMV 190.1).

Du beau blé ! D’ici un mois, il sera déjà blond… et d’ici deux mois, il sera prêt à être fauché et engrangé. Exact : Les moissons ont lieu fin avril, début mai (selon la chronologie de Jean-François Lavère, nous sommes à la fin du mois février et au début du mois mars). Dans 2 mois, c'est l'épisode des épis volés le jour du sabbat (EMV 217.3).

Nous voici arrivés en vue de Chorazeïn. Exact : Venant du nord de Bethsaïde, ce n'est qu'au dernier moment, après avoir contourné la colline qu'on peut apercevoir Chorazeïn, située sur le versant sud.

– Maître… je te rappelle ce que tu as dit chez moi. Tu as si bien parlé ! Mais je commence à avoir dans la tête des nuages aussi embrouillés que là-haut. Jésus a recommandé aux apôtres de l'interroger sur sa Parole, pour qu'il la leur explique, en EMV 179.3.

A leur arrivée à Chorazeïn, la maison d’Isaac est justement la première qu’ils aperçoivent. Il s'agit d'Isaac l'Adulte, un vieil homme de Chorazeïn dont Jésus a guéri la fille.

Ils reviennent sur le chemin qu’ils reprennent pour aller au fleuve, et de là à Bethsaïde. Cohérent : au chapitre suivant on découvre qu'ils passent la soirée à Bethsaïde. Il leur suffit de 2h30 / 3h00 pour faire cet aller-retour dans l'après-midi.

EMV 180.1 · Tome 3, p. 283

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Nous revoilà dans la cuisine de Pierre. Le repas doit avoir été copieux car les plats, avec les restes de poisson et de viande, de fromage, de fruits secs ou du moins flétris, de fouaces au miel, s’entassent sur une sorte de crédence qui rappelle un peu nos maies de Toscane. Sur la table, amphores et coupes sont encore en désordre.

L’épouse de Pierre doit avoir fait des miracles pour faire plaisir à son mari et elle y a sans doute travaillé toute la journée. Maintenant, fatiguée mais heureuse, elle reste dans son coin et écoute ce que dit son mari et ce dont parlent les autres. Elle le regarde, son Simon qui, pour elle, doit être un grand homme, même s’il est un peu exigeant. Quand elle l’entend converser d’une nouvelle façon, lui qui auparavant ne parlait que de barques, de filets, de poisson et d’argent, elle cligne des yeux comme si elle était éblouie par une lumière trop vive. Que Pierre soit heureux d’avoir Jésus à sa table ou satisfait du copieux repas qui a été servi, il est vraiment en veine ce soir et en lui se révèle le futur Pierre qui prêchera aux foules.

EMV 180.1-2 · Tome 3, p. 173-174

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Je ne sais quelle observation d’un compagnon a donné naissance à la réponse bien frappée de Pierre :

« Il leur arrivera ce qui est arrivé aux bâtisseurs de la tour de Babel. Leur orgueil provoquera l’écroulement de leurs théories et ils en seront écrasés. »

André objecte à son frère :

« Mais Dieu est miséricorde. Il empêchera l’écroulement pour leur donner le temps de se repentir.

– Ne pense pas cela. Pour couronner leur orgueil, ils emploieront la calomnie et la persécution. Ah ! Moi, je le pressens déjà. Des persécutions contre nous, pour nous disperser comme des témoins odieux. Et comme ils attaqueront traîtreusement la Vérité, Dieu exercera sa vengeance et ils périront.

– Aurons-nous la force de résister ? demande Thomas.

– Voilà… moi je ne l’aurais pas, mais je me fie à lui. »

Pierre désigne le Maître qui écoute sans mot dire, debout, la tête un peu inclinée comme pour cacher son visage expressif.

« Je pense que Dieu ne nous fera pas supporter des épreuves supérieures à nos forces, dit Matthieu.

– Ou pour le moins, il augmentera nos forces en proportion des épreuves, conclut Jacques, fils d’Alphée.

– Il le fait déjà. »

Annotation

Il leur arrivera ce qui est arrivé aux bâtisseurs de la tour de Babel. Allusion à Genèse 11,1-9.

Il le fait déjà : c'est Simon le Zélote qui parle. La conversation continue ensuite. Voir la note suivante.

Livre de la Genèse 11, 1-9

Gn 11, 1-9 : Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots. Etant partis de l'Orient, les hommes trouvèrent une plaine dans le pays de Sennaar, et ils s'y établirent. Ils se dirent entre eux : " Allons, faisons des briques, et cuisons-les au feu. " Et ils se servirent de briques au lieu de pierres, et de bitume au lieu de ciment. Ils dirent encore : " Allons, bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet soit dans le ciel, et faisons-nous un monument, de peur que nous ne soyons dispersés sur la face de toute la terre. " Mais Yahweh descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. Et Yahweh dit : " Voici, ils sont un seul peuple et ils ont pour eux tous une même langue ; et cet ouvrage est le commencement de leurs entreprises ; maintenant rien ne les empêchera d'accomplir leurs projets. Allons, descendons, et là même confondons leur langage, de sorte qu'ils n'entendent plus le langage les uns des autres. " C'est ainsi que Yahweh les dispersa de là sur la face de toute la terre, et ils cessèrent de bâtir la ville. C'est pourquoi on lui donna le nom de Babel, car c'est là que Yahweh confondit le langage de toute la terre, et c'est de là que Yahweh les a dispersés sur la face de toute la terre.

EMV 180.2-4 · Tome 3, p. 174-177

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Moi, j’étais riche et puissant. Si Dieu n’avait pas voulu me garder pour ses desseins, j’aurais péri dans le désespoir quand j’étais persécuté et lépreux. Je me serais acharné contre moi-même… Au lieu de cela, sur mon complet écroulement descendit une richesse nouvelle que je n’avais jamais possédée auparavant : la richesse d’une certitude : “ Dieu existe. ” Avant… Dieu… Oui, j’étais croyant, j’étais un juif fidèle. Mais ma foi était faite de formalismes. Et il me semblait que la récompense était toujours inférieure à mes vertus. Je me permettais de discuter avec Dieu car je me sentais encore quelqu’un sur la terre. Simon-Pierre a raison. Moi aussi, j’édifiais une tour de Babel en faisant mes propres éloges et en étant satisfait de moi. Lorsque tout s’écroula sur moi et que je fus un ver écrasé sous le poids de tout cet aspect humain inutile, alors ce n’est plus avec Dieu que j’ai discuté, mais avec moi-même, avec le fou que j’étais, et j’ai achevé de le démolir. Et plus je le faisais, en frayant un chemin à ce que je crois être le Dieu immanent au-dessus de notre être de terrestres, plus je trouvais une force, une richesse nouvelles, la certitude que je n’étais pas seul et que Dieu veillait sur l’homme vaincu par l’homme et par le mal.

– Selon toi, qui est Dieu, lui que tu as qualifié de “ Dieu immanent au-dessus de notre être de terrestres ” ? Que veux-tu dire ? Je ne comprends pas et cela me semble une hérésie. Dieu est celui que nous connaissons à travers la Loi et les prophètes, il n’y en a pas d’autre, lance Judas sur un ton un peu sévère.

– Si Jean était là, il le dirait mieux que moi, mais moi je le dis comme je sais. Dieu est celui que nous connaissons à travers la Loi et les prophètes, c’est vrai. Mais en quoi le connaissons-nous ? Comment ? »

Jude bondit :

« Peu et mal. Les prophètes, qui nous l’ont décrit, le connaissaient encore, eux. Mais nous, nous en avons une idée confuse qui filtre à travers tout l’encombrement d’un tas d’explications accumulées par les sectes…

– Des sectes ? Mais que dis-tu ? Nous n’avons pas de sectes. Nous sommes tous les fils de la Loi, intervient Judas sur un ton indigné, agressif.

– Les fils des lois, mais pas de la Loi. Il y a une légère différence entre le singulier et le pluriel. Mais, dans la réalité, voilà ce qu’il en est : nous sommes les fils de ce que nous avons créé et non plus de ce que Dieu nous a donné, explique Jude.

– Les lois sont nées de la Loi, répond Judas.

– Les maladies aussi naissent de notre corps, et tu ne veux tout de même pas me dire que ce sont de bonnes choses ! Rétorque Jude.

– Mais permettez-moi de savoir ce qu’est le Dieu immanent de Simon le Zélote. »

Judas, qui ne peut répliquer à l’observation de Jude, essaie de ramener la question à son point de départ.

180.3 Simon le Zélote intervient :

« Il faut toujours à nos sens un mot pour saisir une idée. Chacun de nous – je parle de nous qui croyons – croit par la force de la foi au très haut Seigneur et Créateur, le Dieu éternel qui est au Ciel. Mais tout être a besoin de plus que cette foi nue, vierge, incorporelle, apte et suffisante aux anges qui voient et aiment Dieu spirituellement, puisqu’ils partagent avec lui la nature spirituelle et ont la capacité de voir Dieu. Mais nous autres, nous avons besoin de nous créer une “ image ” de Dieu. Cette image est faite des qualités essentielles que nous attribuons à Dieu pour donner un nom à sa perfection absolue, infinie. Plus l’âme se concentre, plus elle arrive à atteindre une connaissance de Dieu exacte. Voici ce que j’entends par “ le Dieu immanent ”. Je ne suis pas philosophe. Je n’emploie peut-être pas le bon terme. Mais, pour moi, le Dieu immanent est en somme le sentiment de Dieu, la perception de Dieu qu’a notre âme, c’est le fait de le sentir et de le percevoir non plus comme une idée abstraite, mais comme une présence réelle qui nous donne une force et une paix nouvelles.

– C’est bien. Mais comment en as-tu le sentiment ? Quelle différence y a-t il entre sentir par la foi et sentir par l’immanence ? demande Judas avec quelque ironie.

– Dieu est sécurité, mon garçon, dit Pierre. Simon emploie ce mot de sentiment, que je ne comprends pas littéralement, mais dont je comprends l’esprit — et sois bien sûr que notre mal est de comprendre seulement la lettre, et non l’esprit des paroles de Dieu. Quand donc tu sens Dieu comme le dit Simon, cela veut dire que tu parviens à saisir non seulement le concept de la majesté terrible de Dieu, mais aussi celui de sa très douce paternité. Cela veut dire que tu sens que, même si le monde entier te jugeait et te condamnait injustement, un seul être, lui, l’Eternel qui est pour toi un Père, ne te juge pas, mais t’absout et te console. Cela veut dire que tu sens que, même si tout le monde te haïssait, tu sentirais sur toi un amour plus grand que le monde entier. Cela veut dire que, isolé dans une prison ou un désert, tu entendrais toujours Quelqu’un te parler et te dire : “ Sois saint pour être comme ton Père. ” Cela veut dire que, par un amour vrai pour le Dieu Père, que finalement on arrive à percevoir comme tel, on accepte, on travaille, on prend ou on laisse sans mesure humaine, en ne pensant qu’à rendre amour pour amour, qu’à imiter Dieu le plus possible dans ses propres actions.

– Tu es bien orgueilleux ! Imiter Dieu ! Cela ne t’est pas permis, juge Judas.

– Ce n’est pas de l’orgueil. L’amour porte à l’obéissance. Copier Dieu me semble encore être une forme d’obéissance, puisque Dieu dit nous avoir faits à son image et à sa ressemblance, réplique Pierre.

– Il nous a faits. Nous, nous ne devons pas nous élever plus haut.

– Mais tu es bien malheureux, si tu penses cela, mon cher garçon ! Tu oublies que nous sommes déchus et que Dieu veut nous ramener à ce que nous étions. »

180.4 Jésus prend la parole :

« Plus encore, Pierre, Judas et vous tous. Plus encore. La perfection d’Adam était encore susceptible de s’accroître grâce à l’amour qui l’aurait amené à devenir l’image toujours plus exacte de son Créateur. Adam, sans la tache du péché, aurait été un très pur miroir de Dieu. C’est pourquoi je dis : “ Soyez parfaits comme le Père qui est aux Cieux est parfait. ” Comme le Père, donc comme Dieu. Pierre a très bien parlé, de même que Simon. Je vous prie de vous rappeler leurs paroles et de les appliquer à vos âmes. »

Il s’en faut de peu que l’épouse de Pierre ne s’évanouisse de joie en entendant un tel éloge de son mari. Calme, heureuse, elle pleure derrière son voile. Pierre semble avoir une attaque d’apoplexie tant il devient rouge.

Détail

Simon le Zélote prend la parole. La question de la foi est davantage abordée en 180.3.

Annotation

Moi, j’étais riche et puissant. Si Dieu n’avait pas voulu me garder pour ses desseins, j’aurais péri dans le désespoir quand j’étais persécuté et lépreux Simon a déjà évoqué ces différentes périodes de sa vie, dès avril 27 (EMV 56.1/7), puis en juin (EMV 72.1/6) et en novembre (EMV 116.1/11).

EMV 180.7-10 · Tome 3, p. 181-184

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« Avez-vous compris ? Avez-vous autre chose à demander ? Non ? Alors nous pouvons aller nous reposer pour partir demain pour Capharnaüm. Je dois aller encore quelque part avant d’entre­prendre le voyage vers Jérusalem pour la Pâque.

– Passerons-nous encore par Arimathie ? demande Judas.

– Ce n’est pas sûr. Cela dépend des… »

On a frappé violemment à la porte.

« Mais qui cela peut-il être à cette heure ? » dit Pierre en se levant pour aller ouvrir.

C’est Jean qui se présente, bouleversé, couvert de poussière, avec des marques visibles de larmes sur le visage.

« Toi ici ? s’écrient-ils tous. Mais qu’est-il arrivé ? »

Jésus qui s’est levé dit seulement :

« Où est ma Mère ? »

Jean s’avance, va s’agenouiller aux pieds de son Maître en tendant les bras comme pour demander de l’aide, et dit :

« Ta Mère se porte bien, mais elle est en larmes comme moi, comme beaucoup de monde, et elle te prie de ne pas venir en longeant le Jourdain de notre côté. C’est pour cette raison qu’elle m’a renvoyé à toi, parce que… parce que Jean, ton cousin, a été fait prisonnier… »

Et Jean pleure, tandis que les disciples présents sont saisis d’émotion.

Jésus devient très pâle, mais ne se trouble pas. Il se contente de dire :

« Relève-toi et raconte.

– J’allais vers le sud avec ta Mère et les femmes. Isaac et Timon nous accompagnaient eux aussi : trois femmes et trois hommes. J’ai obéi à ton ordre de conduire Marie auprès de Jean… ah ! Tu savais bien que c’était le dernier adieu !… Que ce devait être le dernier adieu. Les orages des jours derniers nous ont obligés à nous arrêter quelques heures, mais cela a suffi pour que Jean ne puisse plus revoir Marie… Nous sommes arrivés à la sixième heure et il avait été capturé au chant du coq…

– Mais où ? Comment ? Par qui ? Dans sa grotte ? »

Tout le monde questionne, tous veulent savoir.

« Il a été trahi. On s’est servi de ton Nom pour le trahir !

– Quelle horreur ! Mais qui était-ce ? » crient-ils tous.

Frissonnant, Jean répond tout bas cette horreur que l’air lui-même ne devrait pas entendre :

« Par l’un de ses disciples… »

L’émotion est à son comble. Les uns maudissent, d’autres pleurent, d’autres, abasourdis, restent immobiles comme des statues.

180.8 Jean s’agrippe au cou de Jésus et s’écrie :

« J’ai peur pour toi ! Oui, pour toi, pour toi ! Les saints sont trahi par des traîtres qui se vendent pour de l’or, pour de l’or et par peur des grands, par l’appât d’une récompense, par… par soumission à Satan. Pour des milliers de raisons ! Oh, Jésus, Jésus, Jésus ! Quelle douleur ! Mon premier maître ! Mon Jean qui m’a donné à toi !

– Du calme ! Il ne m’arrivera rien pour le moment.

– Mais plus tard, plus tard ? Je me regarde… je les regarde, eux que voici… j’ai peur de tous, même de moi. Celui qui te trahira sera l’un de nous…

– Mais tu es fou ? Tu t’imagines que nous ne le mettrions pas en pièces ? » hurle Pierre.

Et Judas :

« Il est vraiment fou ! Moi, je ne trahirai jamais. Mais si je me sentais affaibli au point de pouvoir le faire, je me tuerais. Cela vaut mieux que d’être le meurtrier de Dieu. »

Jésus se dégage de l’étreinte de Jean et secoue rudement Judas en lui disant :

« Ne blasphème pas ! Rien ne pourra t’affaiblir à moins que tu n’y consentes. Et si cela arrivait, il te faudrait pleurer et ne pas commettre un crime qui s’ajoute au déicide. Devient faible celui qui rompt le lien vivant avec Dieu. »

180.9 Puis il se tourne vers Jean qui pleure, la tête appuyée sur la table :

« Exprime-toi avec ordre. Je souffre moi aussi. C’était mon sang et mon Précurseur.

– Je n’ai vu que ses disciples, une partie d’entre eux, consternés et furieux contre le traître. Les autres ont accompagné Jean à sa prison pour être auprès de lui à sa mort.

– Mais il n’est pas encore mort… La dernière fois, il a pu s’enfuir, dit Simon le Zélote qui aime beaucoup Jean, pour essayer de le réconforter.

– Il n’est pas encore mort, mais il mourra, répond Jean.

– Oui, il mourra. Il le sait, comme moi, je le sais. Rien ni personne ne le sauvera cette fois. Quand ? Je l’ignore. Je sais qu’il ne sortira pas vivant des mains d’Hérode.

– Oui, d’Hérode. Ecoute : il est allé vers cette gorge par laquelle nous sommes passés, nous aussi, en revenant en Galilée, entre les monts Ebal et Garizim, parce que le traître lui avait dit : “ Le Messie est mourant après avoir été assailli par des ennemis. Il veut te voir pour te confier un secret. ” Il est donc parti avec le traître et quelques autres. A l’ombre du vallon se trouvaient les soldats d’Hérode, qui se sont saisis de lui. Les autres se sont enfuis et ont porté la nouvelle aux disciples restés près d’Hennon. Ils venaient d’arriver quand je les ai rejoints avec ta Mère. Et ce qui est horrible, c’est que c’était un homme de notre région… et que ce sont les pharisiens de Capharnaüm qui sont à la tête du complot pour le capturer. Ils étaient allés le trouver en prétendant que tu avais été leur hôte et que, de là, tu étais parti pour la Judée… Il ne serait pas sorti de son refuge pour un autre que toi… »

180.10 Un silence de mort succède au récit de Jean. Jésus semble à bout : ses yeux d’un bleu très sombre sont comme embués. Il se tient la tête penchée, la main encore posée sur l’épaule de Jean et agitée par un léger tremblement. Personne n’ose parler.

Jésus rompt le silence :

« Nous irons en Judée par un autre chemin. Mais je dois aller à Capharnaüm demain, le plus tôt possible. Reposez-vous. Je monte dans les oliviers. J’ai besoin d’être seul. »

Il sort sans rien ajouter.

« Il va certainement pleurer, murmure Jacques, fils d’Alphée.

– Suivons-le, mon frère, dit Jude.

– Non, laissez-le pleurer. Seulement, sortons doucement et soyons à l’écoute. Je crains des pièges de tous côtés, répond Simon le Zélote.

– Oui, allons-y. Nous, les pêcheurs, allons sur le rivage : si quelqu’un vient du large, nous le verrons. Vous, parmi les oliviers. Il est sûrement à sa place habituelle, près du noyer. A l’aube, nous préparerons les barques pour partir au plus vite. Quelles vipères ! Eh ! Je l’avais bien dit, moi ! Dis, mon garçon, sa Mère est-elle bien en sûreté ?

– Oh oui ! Même les bergers disciples de Jean sont partis avec elle. André… nous ne le verrons plus, notre Jean !

– Tais-toi ! Tais-toi ! On dirait le chant du coucou… L’un précède l’autre et… et…

– Par l’Arche sainte ! Taisez-vous ! Si vous parlez encore de malheur au Maître, je commence par vous faire apprécier le goût de ma rame sur vos reins ! » crie Pierre, furieux.

« Quant à vous, dit-il ensuite à ceux qui restent parmi les oliviers, prenez des bâtons, de grosses branches. Il y en a là, dans le bûcher, et dispersez-vous avec vos armes. Le premier qui s’ap­proche de Jésus pour lui nuire, qu’on le tue.

– Les disciples ! Les disciples ! Il faut être prudent avec les nouveaux ! » s’exclame Philippe.

Le nouveau disciple se sent blessé et demande :

« Doutes-tu de moi ? C’est lui qui m’a choisi et voulu.

– Pas de toi, mais des scribes et des pharisiens, et de ceux qui les adorent. C’est de là que viendra la ruine, soyez-en sûrs. »

Ils sortent et s’éparpillent, les uns dans les barques, les autres dans les oliviers des collines, et tout prend fin.

Détail

Dans les précédents chapitres, Jean de Zébédée devait accompagner la Vierge à Hennon pour voir Jean.

Annotation

« Ta Mère se porte bien, mais elle est en larmes comme moi, comme beaucoup de monde, et elle te prie de ne pas venir en longeant le Jourdain de notre côté. » (...) « Nous irons en Judée par un autre chemin. » Jésus confirme en EMV 187.3 qu'il respecte ce souhait de sa mère, et en reparle à Marie en EMV 198.1/2.

Nous sommes arrivés à la sixième heure et il avait été capturé au chant du coq… Gallicinium, "le chant du coq", correspondait à la dernière veille : de 3h à 6h du matin.

« Par l’un de ses disciples… » Ce fait, qui ne semble être évoqué par aucune tradition, indique que Le Précurseur a lui aussi été trahi par un des siens.

Moi, je ne trahirai jamais. Mais si je me sentais affaibli au point de pouvoir le faire, je me tuerais. Cela vaut mieux que d’être le meurtrier de Dieu. C’est le germe de l'idée de suicide, que Judas mettra en œuvre après sa trahison (EMV 605.1/13).

Oui, il mourra. Il le sait, comme moi, je le sais. Jésus ne l'avait d'ailleurs pas caché à Jean lui-même, en lui rendant visite au EMV 148.2. La mort du Baptiste est annoncée en EMV 270.7.

Il est allé vers cette gorge par laquelle nous sommes passés, nous aussi, en revenant en Galilée. C'était lors de la rencontre avec la samaritaine Fotinaï en EMV 143.4.

Les pharisiens de Capharnaüm qui sont à la tête du complot pour le capturer. Ce sont probablement Joachim et Élie de Capharnaüm qui ont organisé ce complot. (Voir EMV 182.1).

Il ne serait pas sorti de son refuge pour un autre que toi… Enon (ou Hennon), en limite de la Décapole et de la Samarie, était hors de la juridiction d'Hérode. Jean y était à l'abri.

EMV 181.1 · Tome 3, p. 184-186

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

Une aube claire fait briller comme des perles les eaux du lac et enveloppe les collines d’une brume légère. A travers ce voile de mousseline, les oliviers et les noyers, les maisons et les villages, juchés sur les sommets arrondis qui environnent le lac, appa­raissent embellis. Les barques glissent tranquillement et sans bruit en direction de Capharnaüm. Mais, à un certain moment, Pierre tourne la barre du gouvernail si brusquement que la barque penche d’un côté.

« Que fais-tu ? demande André.

– Je vois la barque d’un hibou ! Elle sort maintenant de Capharnaüm. J’ai de bons yeux et, depuis hier soir, un flair de fin limier. Je ne veux pas qu’ils nous voient. Je retourne au fleuve. Nous irons à pied. »

L’autre barque a elle aussi suivi la manœuvre, mais Jacques, qui tient la barre, demande à Pierre :

« Pourquoi as-tu fait cela ?

– Je te le dirai. Suis-moi. »

Jésus, qui est assis à la poupe, se réveille quand il est presque à la hauteur du Jourdain.

« Mais que fais-tu, Simon ? lui demande-t-il.

– On descend ici. Il y a un chacal en vue. On ne peut pas aller à Capharnaüm aujourd’hui. Je vais y aller, moi d’abord, pour me rendre compte. Simon et Nathanaël viennent avec moi : trois personnes dignes contre trois indignes… si du moins les indignes ne sont pas plus nombreux.

– Ne vois pas des pièges partout, maintenant ! N’est-ce pas la barque de Simon le pharisien ?

– C’est bien elle.

– Il n’était pas à la capture de Jean.

– Moi, je n’en sais rien.

– Il est toujours respectueux à mon égard.

– Je n’en sais rien.

– Tu me fais paraître lâche.

– Je n’en sais rien. »

Bien que Jésus n’ait pas envie de rire, il doit sourire devant ce saint entêtement de Pierre.

« Mais nous devrons quand même aller à Capharnaüm. Si ce n’est pas aujourd’hui, ce sera plus tard…

– Je t’ai dit que j’y allais d’abord, moi, et je me rendrai compte et… le cas échéant… je ferai encore cette… ce sera une belle couleuvre à avaler… mais je le ferai par amour pour toi… J’irai… j’irai chez le centurion lui demander sa protection…

– Mais non, il ne faut pas ! »

La barque s’arrête sur une petite plage déserte en face de Bethsaïde. Tous descendent.

« Venez, vous deux. Viens toi aussi, Philippe. Vous, les jeunes, restez ici, Nous aurons vite fait. »

Elie, le nouveau disciple, supplie :

« Viens chez moi, Maître. Je serais si heureux de te donner l’hospitalité…

– Je viens. Simon, tu me rejoindras chez Elie. Adieu, Simon. Va. Mais sois bon, prudent et miséricordieux. Viens, que je t’embrasse et te bénisse. »

Pierre ne promet pas d’être bon, ni patient, ni miséricordieux. Il se tait et échange un baiser avec son Maître. Simon le Zélote, Barthélemy et Philippe échangent eux aussi un baiser d’adieu et les deux groupes se séparent en prenant deux directions opposées.

Détail

Nous sommes le lendemain de l'arrestation de Jean-Baptiste.

Annotation

– Je vois la barque d’un hibou ! Elle sort maintenant de Capharnaüm. Ils doivent être à 3 ou 4 km de Capharnaüm, et Pierre reconnaît la barque d'un des pharisiens.

Jésus, qui est assis à la poupe, se réveille quand il est presque à la hauteur du Jourdain. Poupe ou partie arrière d’un bateau. C'est sa place "habituelle", comme on le voit en EMV 448.3 et en EMV 185.2).

Elie, le nouveau disciple, supplie : il s'agit d'un nouveau disciple, rencontré dans l'EMV 179.

Les deux groupes se séparent en prenant deux directions opposées. Pierre, avec Simon le Zélote, Philippe et Barthélémy, longe la côte au sud-ouest vers Capharnaüm, tandis que le groupe de Jésus remonte au nord pour rattraper le sentier qui mène à Corozaïn.