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Porphyrée

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EMV 50.2 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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50.2 La vision me présente la sortie du village et le début du voyage vers Bethsaïde. Je n’entends pas la conversation et même la vision s’interrompt. Elle reprend à l’entrée de Bethsaïde. Je comprends qu’il s’agit de cette ville, car je vois Pierre, André et Jacques, accompagnés de femmes, attendre Jésus à l’entrée de l’agglomération.

« La paix soit avec vous. Me voici.

– Merci, Maître, pour nous et pour ceux qui attendent. Ce n’est pas le sabbat, mais n’adresseras-tu pas la parole à ceux qui veulent t’entendre ?

– Oui, Pierre, je parlerai dans ta maison. »

Pierre jubile :

« Alors, viens. Voici mon épouse, celle-ci est la mère de Jean et celles-là leurs amies. Mais il y en a encore d’autres qui t’at­tendent : des parents et des amis à nous.

– Avertis-les que je partirai ce soir et qu’auparavant je leur parlerai. »

(J’ai omis de dire qu’ils étaient partis de Capharnaüm au coucher du soleil et que je les ai vus arriver à Bethsaïde au matin).

Détail

Jésus sort de Capharnaüm et va à Bethsaïde.

EMV 51.1 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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51.1 Je vois la cuisine de Pierre. En plus de Jésus, il y a Pierre, sa femme, Jacques et Jean. On dirait qu’ils viennent de finir de dîner ; ils conversent. Jésus s’intéresse à la pêche.

André entre et dit :

« Maître, il y a ici l’homme près duquel tu habites, avec quel­qu’un qui se dit ton cousin. »

Jésus se lève et va vers la porte en disant :

« Qu’ils entrent. »

Et quand, à la lumière de la lampe à huile et à la clarté du foyer, il voit entrer Jude, il s’écrie :

« Toi, Jude ?

– Oui, Jésus », et ils s’embrassent.

EMV 60.1-2 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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60.1 Pierre parle à Jésus. Il dit :

« Maître, je voudrais te prier de venir dans ma maison. Je n’ai pas osé te le dire au dernier sabbat, mais... je voudrais que tu viennes.

– A Bethsaïde ?

– Non, ici... dans la maison de ma femme, sa maison natale, je veux dire.

– Pourquoi ce désir, Pierre ?

– Euh... pour plusieurs raisons... et puis, aujourd’hui, on m’a appris que ma belle-mère est malade. Si tu voulais la guérir, peut-être que...

– Achève, Simon.

– Je voulais dire... Si tu venais auprès d’elle, elle finirait... oui, en somme, tu sais, une chose est d’entendre parler de quelqu’un mais autre chose est de le voir et de l’entendre; et si ce quelqu’un, ensuite, la guérit, alors...

– Alors l’animosité tombe, tu veux dire.

– Non, pas l’animosité. Mais, tu sais... le village est divisé entre plusieurs opinions, et elle... ne sait à qui donner raison. Viens, Jésus.

– Je viens, allons-y. Avertis ceux qui attendent que je parlerai ce soir chez toi. »

60.2 Ils se dirigent vers une maison basse, plus basse encore que celle de Pierre à Bethsaïde, et encore plus proche du lac. Elle en est séparée par une bande de grève, et je crois que pendant les tempêtes les vagues viennent mourir contre le mur de la maison qui, si elle est basse, est en revanche très large comme pour loger beaucoup de monde.

Dans le jardin qui s’étend devant la maison, du côté du lac, il n’y a qu’une vieille vigne noueuse qui couvre une tonnelle rus­tique et un vieux figuier que les vents venant du lac ont complètement incliné vers la maison. Le feuillage ébouriffé de l’arbuste frôle les murs et bat contre le châssis des fenêtres, fermées pour s’abriter du soleil ardent qui frappe la petite maison. Il n’y a que ce figuier, cette vigne et un puits au muret bas et verdâtre.

« Entre, Maître. »

Des femmes sont occupées dans la cuisine, qui à réparer les filets, qui à préparer le repas... Elles saluent Pierre, puis s’inclinent, toutes confuses, devant Jésus. En même temps, elles le dévisagent avec curiosité.

Détail

Pierre a deux maisons : une à Bethsaïde, qui est la sienne, l'autre à Capharnaüm, qui est en fait la maison de sa belle-mère et la maison natale de Porphyrée.

EMV 93.2 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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93.2 « Tes fleurs ont-elles beaucoup souffert de la grêle d’hier soir et du vent de la nuit ? demande Jésus.

– Absolument pas, Maître. Mais les feuillages sont un peu ébouriffés » répond, avant Marie, la voix un peu rauque de Pierre.

Jésus lève la tête et aperçoit Simon Pierre qui, vêtu de sa seule tunique courte, s’efforce de redresser des branches tordues en haut du figuier.

« Tu es déjà au travail ?

– Eh ! Nous autres pêcheurs, nous dormons comme les poissons : à toute heure, en tout lieu, pourvu qu’on nous laisse en repos. Nous en prenons l’habitude. Ce matin à l’aube, j’ai entendu grincer la porte et je me suis dit : “ Simon, elle est déjà debout. Allons, vite ! Va l’aider de tes grosses mains. ” Je pensais qu’elle songeait à ses fleurs pendant cette nuit de tempête. Et je ne me suis pas trompé. Ah, je les connais, les femmes !... La mienne se retourne dans le lit comme un poisson dans le filet quand il y a de la tempête, et elle pense à ses plantes... La pauvre ! Je lui dis parfois : “ Je parie que tu t’agites moins quand ton Simon bourlingue sur le lac. ” Mais je suis injuste, car c’est une bonne épouse. On ne dirait pas qu’elle a pour mère... Bon, tais-toi, Pierre. Il ne s’agit pas de cela. Ce n’est pas bien de murmurer et de faire imprudemment connaître ce qu’il vaut mieux taire.

Jésus répond en riant :

« Tu dis tout toi-même. Je n’ai plus qu’à approuver et à admirer ta science de jardinier.

Détail

Jésus est à Nazareth. Il y a eu une tempête la veille et le Seigneur demande à sa Mère si ses plantes ont souffert. La Vierge n'a pas le temps de répondre que Simon intervient et il finit par évoquer Porphyrée.

EMV 95.5 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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95.5 Quand ils arrivent près de la maison de Pierre, sa femme accourt pour dire quelque chose à son mari. Pierre fait signe à Jésus de venir.

« C’est la mère de Jude et de Jacques. Elle veut te parler, mais sans être vue. Comment faire ?

– De cette manière : j’entre dans la maison comme pour me reposer et vous allez tous distribuer l’obole aux pauvres. Prends aussi l’argent de la taxe dont il n’a pas voulu. Va. »

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EMV 130.3 · Tome 2, p. 375

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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130.3 « Comme tu parles bien, toi ! Dit Pierre, frappé d’admiration. Moi, je ne sais jamais quoi dire. Je dis seulement : “ Soyez bons. Aimez-le, écoutez-le, croyez en lui. ” Je ne sais vraiment pas comment il peut être content de moi !

– Il l’est pourtant énormément, répond Jacques, fils d’Alphée.

– Le dis-tu sincèrement ou bien par gentillesse ?

– C’est la vérité : il me le disait encore hier.

– Oui ? ! Alors aujourd’hui je suis plus content que le jour où on m’a amené mon épouse. »

Détail

Pierre trouve qu'il ne sait pas parler, mais Jacques d'Alphée lui assure que Jésus est content de lui

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EMV 133 · Tome 2, p. 393-402

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus parle avec André. Il lui parle des oiseaux et puis, parle de son travail silencieux et efficace. André est le modèle idéal du prêtre. Puis, Jean, Simon, et Judas, qui sont partis à Jérusalem rentrent et ramènent une lettre de Marie, Mère de Jésus. Ils apprennent que les pharisiens comptent venir jusqu'ici, de le surprendre et de l'accuser. Les apôtres ne se sentent pas encore prêts pour confronter le Sanhédrin et demandent au Christ de partir. Ils ouvrent finalement les cadeaux faits par les femmes des disciples. Mais Jésus est préoccupé, il souffre, et décide de précipiter leur départ, car il ne doit pas encore être pris. Ils préparent dès lors leurs affaire pour aller vers Docco, puis vers Béthanie

EMV 133.4 · Tome 2, p. 397

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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“ A Jésus, mon doux Fils et Seigneur, paix et bénédiction.

Jonathas, serviteur de son Seigneur, m’a apporté de gentils cadeaux de la part de Jeanne qui demande des bénédictions à son Sauveur pour elle, pour son époux et toute sa maison. Jonathas m’apprend que, sur l’ordre de Kouza, il va à Jérusalem avec mission de rouvrir son palais de Sion. Je bénis Dieu de cela, car je peux te transmettre mes paroles et mes bénédictions. Marie, femme d’Alphée, et Salomé envoient aussi à leurs fils baisers et bénédictions. Et puisque Jonathas a été bon outre mesure, il y a aussi les salutations de la femme de Pierre à son mari lointain, et même des familles de Philippe et de Nathanaël. Toutes vos femmes, ô chers hommes lointains, grâce à leurs travaux d’aiguille, du métier à tisser et au jardin, vous envoient des vêtements pour ces mois d’hiver et du doux miel, vous recommandant de le prendre avec de l’eau bien chaude pendant les soirées humides. Prenez bien soin de vous. C’est ce que les mères et les épouses me disent de vous recommander et je vous le transmets. Je le dis aussi à mon Fils. Nous ne nous sommes pas sacrifiées pour rien, croyez-le bien. Profitez des humbles cadeaux que nous, qui sommes les disciples des disciples du Christ, donnons aux serviteurs du Seigneur et donnez-nous seulement la joie de vous savoir en bonne santé."

EMV 133.5-7 · Tome 2, p. 399-402

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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133.5 – Ils viennent jusqu’à cette maison, ces effrontés ! » s’écrie Pierre.

Et Jude s’exclame :

« Joseph... pouvait se la garder pour lui, cette nouvelle. Mais... il était pressé de la faire connaître !

– Le cri d’une hyène n’effraie pas les vivants, dit sentencieusement Philippe.

– Le malheur, c’est que ce ne sont pas des hyènes, mais des tigres. Ils cherchent une proie vivante » réplique Judas et, se tournant vers Simon le Zélote : « Dis ce que nous avons appris.

– Oui, Maître. Judas avait bien raison de craindre. Nous sommes allés chez Joseph d’Arimathie et chez Lazare et, là, comme tes amis déclarés. Ensuite, Judas et moi, comme si j’étais l’un de ses amis d’enfance, chez certains de ses amis de Sion... Et... Joseph et Lazare te disent de partir tout de suite pendant ces fêtes. N’insiste pas, Maître. C’est pour ton bien. Les amis de Judas, ensuite, ont dit : “ Attention : on a déjà décidé de venir le surprendre pour l’accuser. Et cela précisément en ces jours de fête où il n’y a pas de monde. Qu’il se retire quelque temps pour tromper ces vipères. La mort de Doras a excité leur venin et leur peur. Car ils éprouvent, non seulement de la haine, mais aussi de la peur. La peur leur fait voir des choses qui n’existent pas et la haine les fait aller jusqu’au mensonge. ”

– Ils savent tout, tout sur notre compte ! C’est odieux ! Ils défigurent tout ! Ils exagèrent tout, et quand cela ne leur paraît pas suffisant pour maudire, ils inventent. J’en suis dégoûté et accablé. Il me vient le désir de m’exiler, d’aller... je ne sais pas où... loin. Mais hors de cet Israël qui n’est que péché... »

Judas est déprimé.

« Judas, Judas ! Pour mettre un homme au monde, une femme travaille pendant neuf lunes. Toi, pour donner au monde la connaissance de Dieu, tu voudrais faire plus vite ? Ce n’est pas neuf lunes, mais des millénaires de lunes qu’il faudra. Et, comme la lune naît et meurt à chaque lunaison, nous semble naître à nouveau, puis devenir pleine, puis décroissante, ainsi en sera-t-il dans le monde, tant qu’il existera : il y aura toujours des phases de croissance et de décroissance de la religion. Mais, même quand elle semblera morte, elle n’en sera pas moins vivante, à l’instar de la lune qui continue d’exister quand elle paraît finie. Et celui qui aura travaillé pour cette religion en tirera un grand mérite, même s’il ne reste sur la terre qu’un très petit nombre d’âmes fidèles. Allons, allons ! Pas de faciles enthousiasmes dans les triomphes et pas de faciles dépressions dans les défaites.

– Néanmoins... pars d’ici. Nous ne sommes pas, nous, encore assez forts. Et nous sentons que, face au Sanhédrin, nous aurions peur. Moi du moins... Les autres, je ne sais pas... Mais je crois imprudent de tenter l’expérience. Nous n’avons pas le coeur des trois enfants de la cour de Nabuchodonosor.

– Oui, Maître, ça vaut mieux.

– C’est plus prudent.

– Judas a raison.

– Tu vois que même ta Mère et ta parenté...

– Et aussi Lazare et Joseph.

– Laissons les autres venir pour rien. »

Jésus ouvre les bras et dit :

« Qu’il soit fait comme vous le voulez. Mais ensuite, nous reviendrons ici. Vous voyez combien il vient de gens. Je ne force pas et ne tente pas votre âme. Je ne la sens pas prête, en effet...

133.6 Mais voyons les travaux des femmes. »

Les yeux rayonnants, tous poussent des cris de joie en sortant des besaces les paquets avec les vêtements, les sandales, les vivres des mères et des femmes, et tentent d’intéresser Jésus pour qu’il admire une si grande grâce de Dieu. Mais lui reste triste et distrait. Il lit et relit la lettre de sa Mère. Il s’est blotti avec une lampe dans le coin le plus reculé de la table sur laquelle sont les vêtements, les pommes, les vases de métal et les fromages. Une main en visière sur les yeux, il semble méditer. Mais il souffre.

« Mais regarde, Maître, quel beau vêtement ma pauvre épouse m’a fait ! Et ce manteau avec un capuchon ! Qui sait combien elle s’est fatiguée car elle n’est pas adroite comme ta Mère, dit Pierre qui jubile, les bras chargés de ses trésors.

– Ils sont beaux, oui, très beaux. C’est une brave femme » répond Jésus poliment.

Mais son regard est bien loin des objets qu’on lui montre.

« Pour nous, notre mère a fait deux vêtements doublés. Pauvre maman ! Ils te plaisent, Jésus ? Ils ont une belle couleur, n’est-ce pas ? dit Jacques, fils de Zébédée.

– Très beau, Jacques. Il t’ira bien.

– Regarde. Je parie que ces ceintures, c’est ta Mère qui les a faites. C’est elle qui brode si bien. Et aussi ce voile doublé pour abriter du soleil, je dis que c’est Marie qui l’a fait. Il est pareil au tien. Mais pas le vêtement : c’est sûrement notre mère qui l’a tissé. Pauvre maman ! Après toutes les larmes qu’elle a versées cet été, elle n’y voit plus bien, et souvent le fil se casse. Chère maman ! »

Et Jude embrasse le lourd vêtement d’un rouge qui tire sur le marron.

133.7 « Tu n’es pas joyeux, Maître ? demande finalement Barthélemy.

Tu ne regardes même pas les choses que l’on t’envoie.

– Il ne peut l’être, réplique Simon le Zélote.

– Je réfléchis... Mais... Refaites les paquets. Mettez tout en place. Ce n’est pas le moment de se faire prendre et on ne nous prendra pas. Quand la nuit sera avancée, au clair de lune, nous irons à Docco, puis à Béthanie.

– Pourquoi à Docco ?

– Parce qu’il y a une femme qui meurt et qui attend de moi sa guérison.

– Ne passons-nous pas chez le régisseur ?

– Non, André, chez personne. Ainsi personne n’aura besoin de mentir en prétendant ne pas savoir où nous sommes. Si vous tenez à n’être pas poursuivis, moi, je tiens à ne pas créer d’ennuis à Lazare.

– Mais Lazare t’attend.

– Et nous allons chez lui. Ou plutôt... Simon, nous logerais-tu dans la maison de ton vieux serviteur ?

– Avec joie, Maître. Tu sais tout, désormais. Je puis donc te dire, au nom de Lazare, en mon nom, et au nom de celui qui s’y trouve : elle est à toi.

– Allons, faites vite pour que nous arrivions à Béthanie avant le sabbat. »

Et pendant que tous se dispersent avec des lanternes afin de faire le nécessaire pour ce départ imprévu, Jésus reste seul.

EMV 153.1-3 · Tome 2, p. 497-499

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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153.1 « Qu’as-tu donc, Pierre ? Tu sembles mécontent », demande Jésus, qui suit un sentier de campagne sous les branches des amandiers en fleurs qui annoncent à l’homme la fin de la mauvaise saison.

« Je réfléchis, Maître.

– Tu réfléchis. Je le vois bien, mais ta physionomie révèle que tu ne penses pas à des choses gaies.

– Mais toi qui connais tout sur nous, tu le sais déjà.

– Oui. Je le sais déjà. Dieu le Père aussi connaît ce qui vous est nécessaire, mais il veut que l’homme lui montre assez de confiance pour lui exposer ses besoins et lui demander de l’aide. Moi, je peux te dire que tu as tort de te tourmenter.

– Alors mon épouse ne t’est pas moins chère ?

– Mais non, Pierre. Pourquoi devrait-elle l’être moins ? Au Ciel, les demeures de mon Père sont nombreuses tout comme le sont, sur terre, les tâches de l’homme. Pourvu qu’elles soient accomplies saintement, toutes sont bénies. Pourrais-je dire que toutes les femmes qui ne suivent pas Marie et Suzanne sont mal vues de Dieu ?

– Ah non ! Mon épouse aussi croit au Maître et ne suit pas l’exemple des autres, intervient Barthélemy.

– La mienne et ses filles non plus. Elles restent à la maison, mais sont toujours prêtes à offrir l’hospitalité, comme elles l’ont fait hier, déclare Philippe.

– Je crois que ma mère en fera autant. Elle ne peut tout quitter... elle est seule, dit Judas.

– C’est vrai ! C’est vrai ! J’étais tout triste parce qu’il me semblait que la mienne était si... si peu... Ah, je ne sais comment dire !

– Ne la critique pas, Pierre. C’est une honnête femme, dit Jésus.

153.2 – Elle est très timide. Sa mère les a toutes pliées comme des brindilles sous ses volontés, les filles comme les belles-filles, dit André.

– Mais depuis tant d’années qu’elle est avec moi, elle aurait dû changer !

– Ah ! Mon frère ! Tu n’es pas très doux, toi non plus, sais-tu ? Sur une personne timide tu produis l’effet d’une grosse bûche qu’on vous lance entre les jambes. Ma belle-soeur est très bonne, et la preuve en est qu’elle a supporté avec patience sa mère malgré toute sa méchanceté et toi malgré ton autorité. »

Tout le monde rit de la conclusion si franche d’André et du visage stupéfait de Pierre qui s’entend traiter d’autoritaire.

153.3 Même Jésus rit de bon coeur. Puis il dit :

« Les femmes fidèles qui ne se sentent pas appelées à quitter leur maison pour me suivre me servent également en restant chez elles. Si toutes avaient voulu venir avec moi, il m’aurait fallu ordonner à certaines de rester. Maintenant que les femmes s’uniront à nous, je dois aussi penser à elles. Il ne serait ni convenable ni prudent que des femmes se trouvent sans demeure au gré de nos déplacements. Nous, nous pouvons dormir n’importe où. La femme a d’autres besoins, et il lui faut un abri. Nous, nous pouvons coucher sur une même litière. Elles ne peuvent rester au milieu de nous par respect et par prudence pour leur constitution plus délicate. On ne doit jamais tenter la Providence ni s’affranchir de la nature au-delà de certaines limites. Désormais, je ferai de toute maison amie où habite l’une de vos femmes, un abri pour les autres. De la tienne, Pierre, de la tienne, Philippe, de la tienne, Barthélemy, et de la tienne, Judas. Nous ne pourrons imposer aux femmes les marches continuelles que nous ferons. Mais elles nous attendront au lieu fixé pour le départ chaque matin et le retour chaque soir.

Nous leur donnerons des instructions pendant les heures de repos. Le monde ne pourra plus jaser si d’autres malheureuses créatures viennent vers moi et il ne me sera pas interdit de pouvoir les entendre. Les mères et les épouses qui nous suivront serviront de défense à leurs sœurs et à moi-même contre les calomnies du monde. Vous voyez que je suis en train de faire un rapide voyage pour saluer, là où ils se trouvent, les amis que j’ai déjà et ceux que je pourrai avoir. Toutefois, ce n’est pas pour moi, mais pour les plus faibles des disciples dont la faiblesse soutiendra notre force et la rendra utile auprès de tant, de tant de personnes…

– Mais, maintenant, nous nous rendons à Césarée, as-tu dit. Qui est-ce qu’il y a là-bas ?

– Il y a partout des personnes qui aspirent au vrai Dieu. Le printemps s’annonce déjà par cette blancheur rose des amandiers en fleurs. Les jours de gel sont finis. D’ici quelques jours, j’aurai fixé les endroits où les femmes disciples se dirigeront et trouveront un abri ; nous reprendrons alors nos pérégrinations en semant la parole de Dieu sans avoir à nous préoccuper pour nos sœurs, sans craindre la calomnie. Leur patience, leur douceur seront pour vous une leçon. Pour la femme aussi, l’heure va arriver où sonnera sa réhabilitation. Mon Eglise connaîtra une grande floraison de vierges, d’épouses et de mères saintes. »

Détail

Différentes femmes disciples sont évoquées ici : Anne, épouse de Barthélémy, Marie, femme de Philippe et ses filles, Marie de Kérioth, mère de Judas, Porphyrée, l'épouse de Pierre. La belle-mère de Simon de Jonas est par ailleurs citée en 152.2.

Annotation

Pourrais-je dire que toutes les femmes qui ne suivent pas Marie et Suzanne sont mal vues de Dieu ? Il s'agit de Suzanne de Cana, de Marie d'Alphée, de Marie Salomé et de la Vierge Marie. Voir l'EMV 150 et 152.

Au Ciel, les demeures de mon Père sont nombreuses tout comme le sont, sur terre, les tâches de l’homme. Évoque "Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père" rapporté par Jean 14,2 : Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : “Je pars vous préparer une place” ?"

La mienne et ses filles non plus. Elles restent à la maison, mais sont toujours prêtes à offrir l’hospitalité, comme elles l’ont fait hier. L'épouse de Philippe et ses enfants ont donc accueilli le Christ, mais Maria n'a pas eu de vision sur cet épisode.