95.6 – Oh ! Viens, Jésus. Viens sauver son corps et son âme. Viens... Pour trouver d’autres motifs d’accusation, ils disent même que tu as enlevé deux fils à un père qui va mourir et ils le colportent dans Nazareth. Comprends-tu ? Ils disent aussi : “ Il fait partout des miracles, mais, dans sa propre maison, il ne sait pas en accomplir ! ” Moi, je te défends en disant : “ Que peut-il faire, puisque vous l’avez chassé par vos reproches, et puisque vous ne croyez pas ? ” Alors ils s’en prennent à moi.
– Tu as raison de dire : “ puisque vous ne croyez pas ”. Comment puis-je en faire là où l'on ne croit pas ?
– Oh, tu peux tout ! Je crois pour tous ! Viens. Fais un miracle... pour ta pauvre tante...
– Je ne le puis. »
Jésus est profondément attristé de le dire. Debout, serrant contre sa poitrine la tête de Marie en larmes, il semble avouer son impuissance à la nature sereine, il semble en faire le témoin de sa peine d’en être empêché par un décret éternel.
La femme pleure plus fort.
« Ecoute, Marie. Sois raisonnable. Je te jure que, si je le pouvais, s’il était bien de le faire, je le ferais. J’arracherais au Père cette grâce pour toi, pour ma Mère, pour Jude et Jacques et aussi, oui, aussi pour Alphée, Joseph et Simon. Mais cela m’est impossible. Actuellement, tu souffres trop et tu ne peux comprendre la justice de mon impuissance. Je t’en parle, mais tu ne la comprendras tout de même pas.