EMV 181.1 · Tome 3, p. 184-185
L’Evangile tel qu'il m'a été révélé
Citation
Une aube claire fait briller comme des perles les eaux du lac et enveloppe les collines d’une brume légère. A travers ce voile de mousseline, les oliviers et les noyers, les maisons et les villages, juchés sur les sommets arrondis qui environnent le lac, apparaissent embellis. Les barques glissent tranquillement et sans bruit en direction de Capharnaüm. Mais, à un certain moment, Pierre tourne la barre du gouvernail si brusquement que la barque penche d’un côté.
« Que fais-tu ? demande André.
– Je vois la barque d’un hibou ! Elle sort maintenant de Capharnaüm. J’ai de bons yeux et, depuis hier soir, un flair de fin limier. Je ne veux pas qu’ils nous voient. Je retourne au fleuve. Nous irons à pied. »
L’autre barque a elle aussi suivi la manœuvre, mais Jacques, qui tient la barre, demande à Pierre :
« Pourquoi as-tu fait cela ?
– Je te le dirai. Suis-moi. »
Jésus, qui est assis à la poupe, se réveille quand il est presque à la hauteur du Jourdain.
« Mais que fais-tu, Simon ? lui demande-t-il.
– On descend ici. Il y a un chacal en vue. On ne peut pas aller à Capharnaüm aujourd’hui. »
Détail
Nous sommes le lendemain de l'arrestation de Jean-Baptiste et les apôtres se méfient de tout le monde.
Annotation
– Je vois la barque d’un hibou ! Ce sobriquet dans la bouche de Pierre est inspiré par le hibou de Palestine autrement appelé Grand-duc ascalaphe ou Grand-duc du désert (Bubo ascalaphus). Il habite en nombre les ruines et les lieux désolés, auxquels convient son cri lugubre (source).
Il y a un chacal en vue. Le chacal (schoual) est parfois appelé renard dans l’Ancien Testament. Il se ressemble en effet physiquement.