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EMV 204.6 · Tome 3, p. 347

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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[L'homme] a besoin de croire, car ce besoin est plus impĂ©rieux que celui de respirer. MĂȘme celui qui affirme qu’il ne croit pas, a une croyance. Il croit en quelque chose. Le seul fait de dire : “ Je ne crois pas en Dieu ” prĂ©suppose une autre foi. En soi-mĂȘme, peut-ĂȘtre, en son propre esprit orgueilleux. Mais, pour ce qui est de croire, on croit toujours. C’est comme la pensĂ©e. Si vous dites : “ Je ne veux pas penser ” ou bien : “ Je ne crois pas en Dieu ”, rien que par ces deux phrases vous montrez que vous pensez, que vous ne voulez pas croire en Celui dont vous savez qu’il existe, et auquel vous ne voulez pas penser.

EMV 204.6 · Tome 3, p. 648

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Le pĂ©chĂ©, c’est quand quelqu’un se rĂ©volte sciemment contre l’ordre donnĂ© par Dieu et dit : “ Je sais que ce que je fais est mal, mais je veux le faire quand mĂȘme. ” Dieu est juste. Il ne peut punir quelqu’un qui fait le mal en croyant faire le bien. Il punit celui qui, ayant eu la possibilitĂ© de connaĂźtre le bien et le mal, choisit ce dernier et y persiste.

EMV 204.8 · Tome 3, p. 349-350

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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– Comment pouvons-nous donner Ă  l’ñme espace, libertĂ©, Ă©lĂ©vation ?

– En dĂ©truisant ce qu’il y a d’inutile dans votre moi. Il vous faut le libĂ©rer de toutes les idĂ©es fausses et, avec les dĂ©bris de ces destructions, l’élever pour y Ă©tablir le temple souverain. Il faut que l’ñme monte toujours plus haut, sur les trois degrĂ©s.

Vous autres romains, vous aimez les symboles. ConsidĂ©rez les trois degrĂ©s Ă  la lumiĂšre d’un symbole. Ils peuvent vous dire leurs trois noms : pĂ©nitence, patience, constance. Ou bien : humilitĂ©, puretĂ©, justice. Ou encore : sagesse, gĂ©nĂ©rositĂ©, misĂ©ricorde. Ou enfin le trinĂŽme lumineux : foi, espĂ©rance, charitĂ©. ConsidĂ©rez encore le symbole de l’enceinte ornĂ©e et robuste qui entoure l’aire du temple. Il faut savoir entourer l’ñme, reine d’un corps qui est le temple de l’Esprit Ă©ternel, d’une barriĂšre qui la dĂ©fende sans pourtant lui ĂŽter la lumiĂšre ni l’accabler par la vue de laideurs. C’est une enceinte sĂ»re et affranchie du dĂ©sir de tout ce qui est infĂ©rieur : la chair et le sang, pour s’élever vers ce qui est supĂ©rieur : l’esprit. L’affranchir Ă  force de volontĂ©, faire disparaĂźtre les angles, les Ă©brĂ©chures, les taches, les veines d’imperfection du marbre de notre moi, pour donner Ă  l’ñme une enceinte parfaite. Et, en mĂȘme temps, faire de cette enceinte Ă©tablie pour protĂ©ger le temple un refuge misĂ©ricordieux pour les plus malheureux qui ne savent pas ce qu’est la charitĂ©.

Les portiques, quant Ă  eux, symbolisent l’effusion de l’amour, de la pitiĂ©, du dĂ©sir que d’autres viennent Ă  Dieu, semblables Ă  des bras aimants qui s’étendent pour faire un voile sur le berceau d’un orphelin.

Au-delĂ  de l’enceinte, se trouvent les plantes les plus belles et les plus parfumĂ©es en hommage au CrĂ©ateur. SemĂ©es sur un terrain d’abord nu, puis cultivĂ©es, elles symbolisent les vertus de tous noms et forment la seconde enceinte vivante et fleurie autour du sanctuaire ; et au milieu des plantes, au milieu des vertus, il y a les fontaines, autre amour, autre purification avant de s’approcher du propylĂ©e qui en est proche ; et c’est lĂ  que, avant de monter Ă  l’autel, on doit sacrifier l’attachement Ă  la chair, se dĂ©pouiller de toute luxure. Il faut ensuite aller plus loin, prĂšs de l’autel, pour y prĂ©senter son offrande, puis encore vous approcher de la chambre oĂč se trouve Dieu, en dĂ©passant le vestibule. Or que sera cette chambre ? Un trĂ©sor de richesses spirituelles, car rien n’est trop beau pour servir de cadre Ă  Dieu.

Avez-vous compris ? Vous m’avez demandĂ© comment se construit la foi. Je vous ai rĂ©pondu : “ En suivant la mĂ©thode qu’on emploie pour construire les temples. ” Vous voyez que c’est vrai.

EMV 205 · Tome 3, p. 352-360

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

Titre du chapitre : Les premiĂšres charges confiĂ©es Ă  Jean d’En-Dor. La parabole du fils prodigue. Judas ramenĂ© Ă  JĂ©sus par Marie.

Date de la vision : Samedi 30 juin 1945.

Calendrier : Mercredi 5 avril 28 (23 Nissan 3788)

Lieux (carte) : Béthanie

Cycle : Apostolat en Judée

Résumé : Jésus appelle Jean d'Endor et il lui confie qu'Isaac va venir probablement aujourd'hui avec les paysans de Yokhanan. Le berger de la Nativité les ramÚnera plus vite chez eux grùce à un char de Lazare. Le Christ demande donc à Jean de diviser l'argent qu'il a en sa possession en plusieurs parts égales afin que les serviteurs du pharisien aient du réconfort. Le disciple promet d'obéir, et le Maßtre lui dit encore qu'il se formera avec Isaac à Yutta. Il va lui donner aussi une parabole pour lui assurer que Dieu l'aime. Rejoignant les autres, Jésus donne alors l'histoire du fils prodigue. Quand celle-ci est finie, les apÎtres et les femmes-disciples reviennent vers la maison et Marziam s'en va trouver Marie pour l'amener prÚs d'un puits. Il s'y trouve Judas qui n'ose pas aller vers ses compagnons ni vers le Seigneur. Il lui demande son aide, mais Marie est droite et lui demande s'il ne sent pas le chagrin du PÚre, du Verbe, et à la douleur qu'il cause. Elle l'amÚne néanmoins à ses compagnons et Judas demande pardon à Pierre.

Contenu du chapitre : 205.1 : Mission donnée à Jean d'En-Dor. 205.2 : Il se formera avec Isaac de Yutta. 205.3 : La parabole de l'enfant prodigue : la vie dissolue. 205.4 : La déchéance. 205.5 : La repentance. 205.6 : La jalousie du frÚre fidÚle. 205.7 : Il en sera ainsi de Marie-Madeleine. 205.8 : Judas arrive pour demander pardon à Marie et à Pierre.

Ancienne édition : Tome 3, chapitres 66

EMV 205.2 · Tome 3, p. 354

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Ils descendent, rassemblant les autres autour d’eux au fur et Ă  mesure qu’ils arrivent et on s’assied en cercle Ă  l’ombre de la pommeraie. Lazare aussi, qui parlait avec Simon le ZĂ©lote, se joint Ă  la compagnie. Cela fait vingt personnes en tout.

Annotation

Il est difficile de déterminer avec exactitude qui sont les vingt personnes. Avec Jésus et les apÎtre, cela fait douze, en l'absence de Judas. On peut y rajouter Marie Salomé et Marie d'Alphée, puisqu'elles ont fait le voyage dans l'EMV 198 et que Maria parle de leur présence les chapitres précédents. La Vierge, Marziam, Lazare et Jean d'Endor sont présents également. Marthe et Maximin ont enfin toutes les raisons d'assister à la leçon de Jésus.

Le groupe présent entendra en tout cas la parabole du fils prodigue.

EMV 205.3-7 · Tome 3, p. 354-358

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205.3 « Ecoutez : voici une belle parabole qui vous guidera par sa lumiÚre en bien des occasions.

Un homme avait deux fils. L’aĂźnĂ© Ă©tait sĂ©rieux, travailleur, affectueux, obĂ©issant. Le second Ă©tait plus intelligent que son aĂźnĂ© – qui, en vĂ©ritĂ©, Ă©tait un peu bornĂ© et se laissait guider pour ne pas avoir Ă  se donner la peine de dĂ©cider par lui-mĂȘme – ; en revanche, il Ă©tait aussi rebelle, distrait, dĂ©pensier et paresseux, et il aimait le luxe et le plaisir. L’intelligence est un grand don de Dieu, mais c’est un don dont il faut user sagement. Sinon, il en va comme de certains remĂšdes qui, employĂ©s indĂ»ment, tuent au lieu de guĂ©rir. Le pĂšre suivait son droit et son devoir en le rappelant Ă  une vie plus sage, mais c’était sans rĂ©sultat, sauf d’essuyer des rĂ©ponses mĂ©chantes et de voir son fils s’endurcir dans ses idĂ©es mauvaises.

Enfin, un jour, aprĂšs une dispute plus envenimĂ©e, le cadet dit : “ Donne-moi ma part des biens. Ainsi, je n’entendrai plus tes reproches ni les plaintes de mon frĂšre. A chacun son lot et que tout soit fini.

– Prends garde, rĂ©pondit le pĂšre, tu seras bientĂŽt ruinĂ©. Que feras-tu, alors ? RĂ©flĂ©chis : je ne serai pas injuste en ta faveur et je ne reprendrai pas la plus petite somme Ă  ton frĂšre pour te la donner.

– Je ne te demanderai rien. Sois tranquille. Donne-moi ma part. ”

Le pĂšre fit estimer ses terres et les objets prĂ©cieux. AprĂšs avoir constatĂ© que l’argent et les bijoux avaient autant de valeur que les terres, il donna Ă  l’aĂźnĂ© les champs et les vignes, les troupeaux et les oliviers, et au cadet l’argent et les bijoux, que ce dernier vendit aussitĂŽt pour avoir tout en argent. Cela fait, en peu de jours, il partit pour un pays lointain oĂč il vĂ©cut en grand seigneur, dissipant ses biens en bombances de toutes sortes, se faisant passer pour un fils de roi car il avait honte de dire : “ Je suis un campagnard ”, et reniant ainsi son pĂšre. Festins, amis et amies, vĂȘtements, vins, jeux
 vie dissolue
 Il vit bien vite s’épuiser ses rĂ©serves et arriver la misĂšre. Et pour alourdir cette misĂšre, il survint dans le pays une grande disette qui fit fondre le reste de ses ressources.

205.4 Il aurait bien voulu aller chez son pĂšre, mais il Ă©tait orgueilleux et ne s’y rĂ©solut pas. Il alla alors rencontrer un homme riche du pays qui avait Ă©tĂ© son ami au temps de l’abondance et il le supplia : “ Prends-moi au nombre de tes serviteurs en souvenir des profits que je t’ai procurĂ©s. ” Voyez comme l’homme est sot ! Il prĂ©fĂšre se mettre sous le joug d’un maĂźtre au lieu de dire Ă  son pĂšre : “ Pardon ! Je me suis trompĂ© ! ” Ce jeune avait appris bien des choses inutiles grĂące Ă  sa vive intelligence, mais il n’avait pas voulu apprendre le proverbe de l’EcclĂ©siastique : “ Comme il est infĂąme, celui qui abandonne son pĂšre, et comme Dieu maudit celui qui fait de la peine Ă  sa mĂšre ! ” Il Ă©tait intelligent, mais il n’était pas sage.

L’homme Ă  qui il s’était adressĂ©, en Ă©change de tout ce dont il avait profitĂ© au dĂ©triment du jeune imbĂ©cile, mit ce sot Ă  la garde des cochons — il Ă©tait en effet dans un pays paĂŻen oĂč il y avait beaucoup de porcs. Il l’envoya donc faire paĂźtre dans ses possessions les troupeaux de porcs. Crasseux, les vĂȘtements en lambeaux, puant, affamĂ© — car la nourriture Ă©tait rare pour tous les serviteurs et surtout pour les plus bas placĂ©s ; or lui, qui Ă©tait Ă©tranger, gardien de cochons et mĂ©prisĂ©, il rentrait dans cette catĂ©gorie —, il voyait les animaux se rassasier de glands et il soupirait : “ Si je pouvais au moins m’emplir le ventre de ces fruits ! Mais ils sont trop amers ! La faim elle-mĂȘme ne me les fait pas trouver bons. ” Et il pleurait en pensant aux riches festins de satrape qu’il avait faits peu de temps auparavant, au milieu des rires, des chants et des danses
 Il repensait aussi aux honnĂȘtes repas abondants de sa maison lointaine, aux portions que son pĂšre faisait pour tous impartialement, ne gardant pour lui que la plus petite, heureux de voir le sain appĂ©tit de ses fils
 Il pensait encore aux portions que ce juste faisait pour ses serviteurs, et il soupirait : “ Les domestiques de mon pĂšre, mĂȘme les plus bas placĂ©s, ont du pain en abondance
 or moi, ici, je meurs de faim
 ” Il a fallu tout un long travail de rĂ©flexion, une longue lutte pour briser son orgueil


205.5 Enfin vint le jour oĂč, revenu Ă  l’humilitĂ© et Ă  la sagesse, il se leva et dit : “ Je vais trouver mon pĂšre ! C’est une sottise que cet orgueil qui me tient captif. Et de quoi ? Pourquoi souffrir dans mon corps et plus encore dans mon cƓur, alors que je peux obtenir le pardon et le soulagement ? Je vais aller trouver mon pĂšre. C’est dĂ©cidĂ©. Que lui dirai-je ? Mais ce qui est nĂ© Ă  l’intĂ©rieur de moi, dans cette abjection, dans ces ordures, dans la faim ! Je lui dirai : ‘ PĂšre, j’ai pĂ©chĂ© contre le Ciel et contre toi, je ne suis plus digne d’ĂȘtre appelĂ© ton fils ; traite-moi donc comme le dernier de tes serviteurs, mais tolĂšre-moi sous ton toit. Que je te voie passer
 ’ Je ne pourrai lui dire : ‘ 
parce que je t’aime. ’ Il ne le croirait pas. Mais ma vie le lui dira, et il le comprendra et, avant de mourir, il me bĂ©nira encore
 Oh ! Je l’espĂšre, parce que mon pĂšre m’aime. ” Revenu le soir au village, il prit congĂ© de son maĂźtre et, mendiant le long du chemin, il revint Ă  sa maison.

Et revoilĂ  les champs paternels
 et la maison
 et son pĂšre qui dirigeait les travaux, vieilli, amaigri par la souffrance, mais toujours aussi bon
 A la vue de cette ruine dont il Ă©tait la cause, le coupable s’arrĂȘta, tout intimidé  mais le pĂšre, tournant les yeux, l’aperçut et courut Ă  sa rencontre, car il Ă©tait encore loin. DĂšs qu’il l’eut rejoint, il lui jeta les bras autour du cou et l’embrassa. Le pĂšre Ă©tait le seul Ă  avoir reconnu son fils dans ce mendiant humiliĂ© et lui seul avait eu pour lui un mouvement d’amour.

Le fils, serrĂ© entre ses bras, la tĂȘte sur les Ă©paules de son pĂšre, murmura au milieu de ses sanglots : “ PĂšre, permets-moi de me jeter Ă  tes pieds. ” “ Non, mon fils ! Pas Ă  mes pieds : sur mon cƓur qui a tant souffert de ton absence et qui a besoin de revivre en sentant ta chaleur sur ma poitrine. ” Alors, le fils, pleurant plus fort, lui dit : “ Ah ! Mon pĂšre ! J’ai pĂ©chĂ© contre le Ciel et contre toi. Je ne suis plus digne d’ĂȘtre appelĂ© ton fils. Mais permets-moi de vivre parmi tes serviteurs, sous ton toit, te voyant et mangeant ton pain, en te servant, en buvant ta respiration. A chaque bouchĂ©e de pain, Ă  chacune de tes respirations, mon cƓur si corrompu se reformera et il deviendra honnĂȘte
 ”

Mais son pĂšre, sans relĂącher son Ă©treinte, le conduisit Ă  ses serviteurs qui s’étaient rassemblĂ©s Ă  distance et qui observaient ; il leur dit : “ Vite, apportez ici le plus beau vĂȘtement et des bassines d’eau parfumĂ©e, lavez-le, parfumez-le, habillez-le, mettez-lui des chaussures neuves et un anneau au doigt. Puis prenez un veau gras et tuez-le. Et qu’on prĂ©pare un banquet. Car mon fils Ă©tait mort, et le voilĂ  ressuscitĂ©, il Ă©tait perdu et le voilĂ  retrouvĂ©. Je veux que lui aussi retrouve son amour simple de petit enfant. Il faut que je lui donne mon amour et que la maison soit en fĂȘte pour son retour. Il doit comprendre qu’il est toujours pour moi mon dernier-nĂ©, tel qu’il Ă©tait dans son enfance lointaine, quand il marchait Ă  mes cĂŽtĂ©s et me rĂ©jouissait par son sourire et son babil. ” Et les serviteurs firent tout cela.

205.6 Le fils aĂźnĂ© Ă©tait aux champs et il ne sut rien jusqu’à son retour. Le soir, en revenant Ă  la maison, il la vit tout illuminĂ©e et il entendit provenir de l’intĂ©rieur le son des instruments et le bruit des danses. Il appela un serviteur qui courait, tout affairĂ©, et lui demanda : “ Qu’est-ce qui se passe ? ” Et le serviteur rĂ©pondit : “ Ton frĂšre est de retour ! Ton pĂšre a fait tuer le veau gras parce qu’il a retrouvĂ© son fils en bonne santĂ© et guĂ©ri de son grand mal, et il a ordonnĂ© que l’on fasse un banquet. On n’attend que toi pour commencer. ” Mais l’aĂźnĂ©, en colĂšre parce qu’il lui paraissait injuste de tant fĂȘter son cadet qui, outre qu’il Ă©tait le plus jeune, avait Ă©tĂ© mauvais, ne voulut pas entrer et Ă©tait mĂȘme sur le point de s’éloigner de la maison.

Mais dĂšs que son pĂšre en fut averti, il courut dehors et le rejoignit, essayant de le convaincre et le priant de ne pas assombrir sa joie. L’aĂźnĂ© rĂ©pondit Ă  son pĂšre : “ Et tu voudrais que je n’en sois pas fĂąchĂ© ? Tu te montres injuste et mĂ©prisant Ă  l’égard de ton aĂźnĂ©. Moi, dĂšs que j’ai pu travailler, je t’ai servi, et cela fait bien des annĂ©es. Je n’ai jamais transgressĂ© tes ordres, ni mĂȘme nĂ©gligĂ© tes dĂ©sirs. Je suis toujours restĂ© prĂšs de toi et je t’ai aimĂ© pour deux, pour guĂ©rir la blessure que mon frĂšre t’avait faite. Et tu ne m’as mĂȘme pas donnĂ© un chevreau pour faire la fĂȘte avec des amis ! Mais lui qui t’a offensĂ©, qui t’a abandonnĂ©, qui a Ă©tĂ© paresseux et dissipateur, et qui revient poussĂ© par la faim, tu l’honores, et pour lui tu as tuĂ© le veau le plus beau. Ça vaut bien la peine d’ĂȘtre travailleur et sans vices ! Tu ne devais pas me faire cela ! ”

Le pĂšre lui dit alors en le serrant contre son cƓur : “ Oh ! Mon fils ! Comment peux-tu croire que je ne t’aime pas sous prĂ©texte que je n’étends pas un voile de fĂȘte sur tes actions ? Tes actions sont saintes par elles-mĂȘmes, et le monde t’en loue. Mais ton frĂšre, au contraire, a besoin d’ĂȘtre relevĂ© dans l’estime du monde et dans sa propre estime. Et tu crois que je ne t’aime pas parce que je ne te donne pas une rĂ©compense visible ?

Mais matin et soir, Ă  chacune de mes respirations et de mes pensĂ©es, tu es prĂ©sent Ă  mon cƓur, et Ă  tout instant je te bĂ©nis. Tu as la rĂ©compense continuelle d’ĂȘtre toujours avec moi, et tout ce qui est Ă  moi est Ă  toi. Mais il Ă©tait juste de faire un banquet et de festoyer pour ton frĂšre qui Ă©tait mort et qui est ressuscitĂ© au bien, qui Ă©tait perdu et qui est revenu Ă  notre amour. ” Alors l’aĂźnĂ© se rendit Ă  ses raisons.

205.7 C’est ce qui arrive, mes amis, dans la Maison du PĂšre. Que celui qui se reconnaĂźt dans la situation du cadet de la parabole, pense Ă©galement que, s’il l’imite en revenant lui aussi au PĂšre, le PĂšre lui dit : “ Non pas Ă  mes pieds, mais sur mon cƓur qui a souffert de ton absence et qui se rĂ©jouit maintenant de ton retour. ” Que celui qui se trouve dans la situation de l’aĂźnĂ©, sans faute Ă  l’égard du PĂšre, ne soit pas jaloux de la joie de son pĂšre, mais qu’il y prenne part en offrant son amour Ă  son frĂšre rachetĂ©. »

Annotation

Livre du Siracide 3, 16

Si 3, 16 : Il ressemble au blasphĂ©mateur celui qui dĂ©laisse son pĂšre ; il est maudit du Seigneur celui qui irrite sa mĂšre.

Evangile de Luc 15, 11-32

Lc 15, 11-32 : JĂ©sus dit encore : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit Ă  son pĂšre : “PĂšre, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le pĂšre leur partagea ses biens. Peu de jours aprĂšs, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain oĂč il dilapida sa fortune en menant une vie de dĂ©sordre. Il avait tout dĂ©pensĂ©, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença Ă  se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprĂšs d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.

Alors il rentra en lui-mĂȘme et se dit : “Combien d’ouvriers de mon pĂšre ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lĂšverai, j’irai vers mon pĂšre, et je lui dirai : PĂšre, j’ai pĂ©chĂ© contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’ĂȘtre appelĂ© ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.” Il se leva et s’en alla vers son pĂšre. Comme il Ă©tait encore loin, son pĂšre l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter Ă  son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : “PĂšre, j’ai pĂ©chĂ© contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’ĂȘtre appelĂ© ton fils.” Mais le pĂšre dit Ă  ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vĂȘtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilĂ  Ă©tait mort, et il est revenu Ă  la vie ; il Ă©tait perdu, et il est retrouvĂ©.” Et ils commencĂšrent Ă  festoyer.

Or le fils aĂźnĂ© Ă©tait aux champs. Quand il revint et fut prĂšs de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. Celui-ci rĂ©pondit : “Ton frĂšre est arrivĂ©, et ton pĂšre a tuĂ© le veau gras, parce qu’il a retrouvĂ© ton frĂšre en bonne santĂ©.” Alors le fils aĂźnĂ© se mit en colĂšre, et il refusait d’entrer. Son pĂšre sortit le supplier. Mais il rĂ©pliqua Ă  son pĂšre : “Il y a tant d’annĂ©es que je suis Ă  ton service sans avoir jamais transgressĂ© tes ordres, et jamais tu ne m’as donnĂ© un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilĂ  est revenu aprĂšs avoir dĂ©vorĂ© ton bien avec des prostituĂ©es, tu as fait tuer pour lui le veau gras !” Le pĂšre rĂ©pondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est Ă  moi est Ă  toi. Il fallait festoyer et se rĂ©jouir ; car ton frĂšre que voilĂ  Ă©tait mort, et il est revenu Ă  la vie ; il Ă©tait perdu, et il est retrouvĂ© !” »

EMV 205.5 · Tome 3, p. 356

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Je vais trouver mon pĂšre ! C’est une sottise que cet orgueil qui me tient captif. Et de quoi ? Pourquoi souffrir dans mon corps et plus encore dans mon cƓur, alors que je peux obtenir le pardon et le soulagement ? Je vais aller trouver mon pĂšre. C’est dĂ©cidĂ©.

EMV 205.8 · Tome 3, p. 358-360

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Les apÎtres, accompagnés de Marie et des femmes, se dirigent vers la maison, précédés de Marziam qui saute en courant devant. Mais il revient vite, prend Marie par la main, et lui dit :

« Viens avec moi. Je dois te dire quelque chose en particulier. »

Et Marie accĂšde Ă  sa demande.

Ils tournent vers le puits qui est dans un angle de la petite cour, caché sous une tonnelle touffue qui monte de la terre vers la terrasse en faisant un arc. Là-derriÚre se trouve Judas.

« Judas, que veux-tu ? Va-t’en, Marziam
 Parle, que veux-tu ?

– Je suis en faute
 Je n’ose aller trouver le Maütre, ni affronter mes compagnons. Aide-moi


– Je t’aiderai. Mais ne penses-tu pas Ă  la douleur que tu causes ? Mon Fils a pleurĂ© Ă  cause de toi, et tes compagnons en ont souffert. Mais viens. Personne ne te dira rien. Et, si tu le peux, ne retombe plus dans ces fautes. C’est indigne d’un homme, et sacrilĂšge Ă  l’égard du Verbe de Dieu.

– Et toi, Mùre, tu me pardonnes ?

– Moi ? Moi, je ne compte pas auprĂšs de toi qui t’estimes si grand. Je suis la plus petite des servantes du Seigneur. Comment peux-tu te prĂ©occuper de moi, si tu n’as pas pitiĂ© de mon Fils ?

– C’est que, moi aussi, j’ai une mùre et, si j’ai ton pardon, il me semble avoir le sien.

– Elle n’est pas au courant de cette faute.

– Mais elle m’avait fait jurer d’ĂȘtre bon avec le MaĂźtre. Je suis parjure. Je sens le reproche de l’ñme de ma mĂšre.

– Tu le sens ? Et tu ne sens pas le chagrin et le reproche du PĂšre et du Verbe ? Tu es un malheureux, Judas ! Tu sĂšmes la douleur en toi et chez ceux qui t’aiment. »

Marie est grave et triste. Elle parle sans acrimonie, mais avec beaucoup de sérieux. Judas pleure.

« Ne pleure pas, mais deviens meilleur. Viens. »

Elle le prend par la main et entre ainsi dans la cuisine.

C’est pour tous la plus vive stupeur. Mais Marie prĂ©vient toute parole peu charitable. Elle dit :

« Judas est revenu. Agissez de la mĂȘme maniĂšre que le fils aĂźnĂ© aprĂšs le discours du pĂšre. Jean, va prĂ©venir JĂ©sus. »

Jean part au pas de course.

Un silence pùse dans la cuisine
 Puis Judas dit :

« Pardonnez-moi, et toi Simon pour commencer. Tu as un cƓur si paternel ! Je suis un orphelin, moi aussi.

– Oui, oui, je te pardonne. Je t’en prie, n’en parle plus. Nous sommes des frĂšres
 Ces hauts et ces bas de pardons implorĂ©s et de rechutes ne me plaisent guĂšre. Ils avilissent celui qui les reçoit comme celui qui les accorde. Voici JĂ©sus. Va le trouver. Et cela suffit. »

Judas y va pendant que Pierre, ne pouvant rien faire d’autre, se met avec ardeur à casser du bois sec.