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Religions et croyances

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EMV 193.3-4 · Tome 3, p. 266-267

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Voici maintenant qu’entre deux hautes montagnes, parmi les plus hautes de la région, on voit en enfilade une vallée très fertile, bien irriguée, et au milieu Sichem. C’est là que Jésus et les siens sont rejoints par la caravane fastueuse de la cour du Consul qui se déplace à Jérusalem pour les fêtes. Il y a des esclaves à pied et d’autres sur des chars pour surveiller le transport des objets… Mon Dieu, quel attirail ils pouvaient transporter avec eux en ce temps-là ! ! ! Et, avec les esclaves, il y a de vrais chars transportant un peu de tout et jusqu’à des litières complètes et des carrosses de voyage. Ce sont de grands chars à quatre roues, bien suspendus, couverts, dans lesquels les dames sont à l’abri. Et encore d’autres chars et d’autres esclaves…

Une tenture s’ouvre, soulevée par la main parée de bijoux d’une femme, et on voit le profil sévère de Plautina qui salue sans parler, mais avec un sourire ; Valéria, qui tient sur les genoux sa petite fille toute gazouillante et souriante, fait de même. L’autre char de voyage, encore plus somptueux, le suit sans qu’aucune tenture s’ouvre. Mais, dès qu’il est passé, on voit se pencher à l’arrière, entre les rideaux lacés, le visage rose de Lydia qui salue en s’inclinant. La caravane s’éloigne…

193.4 « Ils voyagent bien, eux ! dit Pierre fatigué et tout en sueur. Mais si Dieu nous aide, après demain soir nous serons à Jérusalem.

– Non, Simon. Je suis obligé de dévier et d’aller vers le Jourdain.

– Mais pourquoi, Seigneur ?

– A cause de cet enfant. Il est très triste et le serait trop s’il revoyait la montagne qui s’est éboulée.

– Mais nous n’allons pas la voir ! Ou plutôt nous allons voir l’autre côté… et… et je m’occupe de le distraire. Jean et moi… Il est très vite distrait, ce pauvre tourtereau sans nid ! Nous diriger vers le Jourdain ! Allons donc ! C’est mieux par ici : le chemin est direct, plus court, plus sûr. Non, non. Celui-là, celui-là ! Tu vois ? Même les romaines le suivent. Le long de la mer et du fleuve se dégagent des émanations de fièvres, à ces premières pluies d’été. Par ici, c’est sain. Et puis… Quand est-ce qu’on arrive si on allonge encore le parcours ? Pense à l’inquiétude de ta Mère après le brutal enlèvement de Jean-Baptiste !… »

Pierre l’emporte et Jésus consent.

Détail

Jésus est accompagné de Marziam, un orphelin qui a perdu ses parents lors d'un éboulement. Cette année, il aura la fête de sa majorité à Jérusalem. En chemin, le groupe apostolique croise des Romains.

EMV 194.2 · Tome 3, p. 269

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Voici une nouvelle montée beaucoup plus escarpée. Le groupe des apôtres, abandonnant la route principale poussiéreuse et encombrée, a préféré prendre ce raccourci par les bois. Une fois parvenus au sommet, ils voient briller dans le lointain, distinctement déjà, une mer de lumière qui surplombe une agglomération toute blanche, peut-être des maisons blanchies à la chaux.

« Yabeç, appelle Jésus, viens ici. Tu vois ce point brillant comme l’or ? C’est la Maison du Seigneur. C’est là que tu jureras d’obéir à la Loi. »

EMV 194.4 · Tome 3, p. 271-272

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Maintenant, reprenons notre chemin vers la cité sainte. Nous devons y arriver demain soir. Pourquoi tant de hâte ? Saurais-tu me le dire ? Ne serait-ce pas aussi bien d’arriver après-demain ?

– Non. Ce ne serait pas la même chose car demain c’est la Parascève et, après le coucher du soleil, on ne peut parcourir que six stades. On ne peut faire plus parce que le repos du sabbat est commencé.

– On paresse donc pendant le sabbat ?

– Non, on prie le Seigneur.

– Comment s’appelle-t-il ?

– Adonaï. Mais les saints peuvent dire son nom.

– Et aussi les enfants sages. Dis-le, si tu le connais.

– Jaavé. »

(L’enfant le prononce comme cela : un J très doux qui devient presque un Y, et un a très long).

« Et pourquoi prie-t-on le Seigneur le jour du sabbat ?

– Parce qu’il l’a dit à Moïse quand il lui a donné les tables de la Loi.

– Ah oui ? Et qu’a-t-il dit ?

– Il a dit de sanctifier le sabbat. “ Tu travailleras pendant six jours, mais le septième tu te reposeras et tu feras reposer, parce que c’est ce que j’ai fait moi aussi après la création. ”

– Comment ? Le Seigneur s’est reposé ? Il s’était fatigué à créer ? Et c’est bien lui qui a créé ? Comment le sais-tu ? Moi, je sais que Dieu ne se fatigue jamais.

– Il n’était pas fatigué car Dieu ne marche pas et ne remue pas les bras. Mais il l’a fait pour l’enseigner à Adam – et à nous –, et pour qu’il y ait un jour où nous pensions à lui. Et c’est lui qui a tout créé, certainement. Le Livre du Seigneur l’affirme.

– Mais le Livre a-t-il été écrit par lui ?

– Non. Mais c’est la vérité et il faut le croire pour ne pas aller chez Lucifer.

– Tu me dis que Dieu ne marche pas et ne remue pas les bras. Alors comment a-t-il créé ? Comment est-il ? C’est une statue ?

– Ce n’est pas une idole : c’est Dieu. Et Dieu est… Dieu est… laisse-moi réfléchir et me souvenir de ce que disait Maman et, mieux encore qu’elle, cet homme qui va en ton nom trouver les pauvres d’Esdrelon… Maman disait, pour me faire comprendre Dieu : “ Dieu est comme mon amour pour toi. Il n’a pas de corps et pourtant il existe. ” Et ce petit homme, avec un sourire si doux, disait : “ Dieu est un Esprit éternel, un et trine. Et la seconde Personne a pris chair par amour pour nous, les pauvres, et son nom est… ” Oh ! Mon Seigneur ! Maintenant que j’y réfléchis… c’est toi ! »

Abasourdi, l’enfant se jette à terre en adorant.

Tout le monde accourt, croyant qu’il est tombé, mais Jésus, un doigt sur les lèvres, fait signe qu’on se taise, puis il dit :

« Relève-toi, Yabeç. Les enfants ne doivent pas avoir peur de moi ! »

L’enfant redresse la tête en révérant Jésus, et il le regarde. Son expression est changée, presque craintive.

Mais Jésus sourit et lui tend la main en disant :

« Tu es un sage, petit juif. »

Annotation

Après le coucher du soleil, on ne peut parcourir que six stades. 6 x 185 m = 1,110 km.

L’enfant le prononce comme cela : un J très doux qui devient presque un Y, et un a très long. Alors que le é est dur, coupé - ajoute MV sur une copie dactylographiée - contrairement aux Galiléens qui disent la première consonne comme un sgi [il s’agit, semble-t-il, de la forme toscane correspondant à la phonétique (ʃ) = ch] très traînant et la dernière voyelle très ouverte, comme s'il s'agissait de deux "e" avec accent grave, comme dans "père" chez les Français. Voir la prononciation du Nom Divin.

Et Dieu est… Dieu est… laisse-moi réfléchir et me souvenir de ce que disait Maman et, mieux encore qu’elle, cet homme qui va en ton nom trouver les pauvres d’Esdrelon… Jonas.

EMV 195.1-2 · Tome 3, p. 275-276

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Après avoir erré pendant tant d’années, j’ai trouvé l’Homme, le Saint.

– Moi, je ne connais d’autre sagesse que celle d’Israël.

– S’il en est ainsi, tu as déjà de quoi te sauver. Néanmoins, tu as aussi maintenant la science, ou plutôt la sagesse de Dieu.

– C’est la même chose.

– Oh non ! C’est comme un jour brumeux, par rapport à un jour ensoleillé.

– En somme, tu veux me donner des leçons ? Moi, je n’en veux pas.

– Laisse-moi parler ! Au début, je parlais aux enfants : ils étaient distraits. Ensuite aux ombres : elles me maudissaient. Après cela, aux poulets : ils étaient meilleurs que les deux premiers, bien meilleurs. Maintenant, je me parle à moi-même, puisque je ne peux encore parler avec Dieu. Pourquoi veux-tu m’en empêcher ? Je n’ai que la moitié de la vue, ma vie est brisée par les mines, j’ai le cœur malade depuis bien des années. Permets au moins que ma pensée ne devienne pas stérile.

– Jésus est Dieu.

– Je le sais, je le crois. Mieux que toi, car je suis revenu à la vie grâce à lui, et pas toi. Mais bien qu’il soit le Bien, c’est toujours lui : Dieu ; et le pauvre malheureux que je suis n’ose pas le traiter aussi familièrement que tu le fais. Mon âme lui parle… mais mes lèvres n’osent pas. Je pense qu’il entend mon âme pleurer de reconnaissance et d’amour repentant.

195.2 – C’est vrai, Jean. Ton âme, je l’entends. »

Jésus entre dans la conversation. Judas rougit de honte, l’homme d’En-Dor, de joie.

« J’entends ton âme, c’est vrai. Et je sens aussi le travail de ton esprit. Tu as bien parlé. Quand tu te seras formé en moi, cela te servira d’avoir été un maître et un écolier attentif. Parle, parle, même avec toi-même… »

Détail

Jean d'Endor parle avec Judas et dit :

EMV 195.3-4 · Tome 3, p. 277-278

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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L’apparition de la cité finit de le distraire de tout. Elle est désormais proche, et on peut voir toute la beauté de ses collines, de ses oliveraies, de ses maisons, du Temple en particulier. Cette vue devait être toujours une source d’émotion et d’orgueil pour les juifs.

Le soleil bien chaud d’avril en Judée a vite fait d’essuyer les pierres de la route consulaire. Maintenant, il faudrait vraiment chercher les flaques d’eau. Au bord de la route, les apôtres s’ar­rangent un peu : ils laissent retomber leurs vêtements, qu’ils avaient relevés, lavent leurs pieds pleins de boue dans un ruisseau limpide, se recoiffent, se drapent dans leurs manteaux. Jésus en fait autant. Je vois que tout le monde fait la même chose.

195.4 L’entrée à Jérusalem devait être quelque chose d’important. Se présenter devant ses murs en ce temps de fête, c’était comme se présenter devant un souverain. La cité sainte était la “ vraie ” reine des juifs. Je le comprends bien cette année où je peux remarquer, sur cette route consulaire, le comportement des foules. Ici, les cortèges des diverses familles se mettent en ordre, les femmes toutes ensemble, les hommes dans un autre groupe, les enfants dans l’un ou l’autre groupe, mais tous sérieux et en même temps sereins. Certains replient leur manteau usé et en tirent un autre neuf du sac de voyage, ou bien changent de sandales. Puis leur marche devient solennelle, hiératique déjà. Dans chaque groupe, un soliste donne le ton, et on entonne les hymnes, les anciennes, les glorieuses hymnes de David. Les gens se regardent avec plus de bonté dans les yeux, comme si la vue de la Maison de Dieu les avait adoucis. Ils regardent la Maison sainte, énorme cube de marbre surmonté de dômes en or, vraie perle au milieu de l’enceinte imposante du Temple.

A ce point, la troupe apostolique se forme ainsi : à l’avant marchent Jésus et Pierre avec l’enfant au milieu ; derrière, Simon, Judas et Jean ; puis André qui a obligé Jean d’En-Dor à se mettre entre lui et Jacques, fils de Zébédée ; au quatrième rang, les deux cousins du Seigneur avec Matthieu ; enfin, Thomas avec Philippe et Barthélemy. C’est Jésus qui entonne les hymnes de sa puissante, harmonieuse et très belle voix de baryton léger, qui fait ressortir les vibrations du ténor, et auquel répondent Judas Iscariote, un pur ténor, et Jean à la voix limpide et encore jeune, ainsi que les deux voix de baryton des cousins de Jésus et la voix de basse de Thomas, baryton tellement profond qu’il n’est plus guère baryton. Les autres, dotés de voix moins belles, accompagnent en sourdine le chœur des virtuoses du groupe. (Les psaumes sont les psaumes connus, appelés graduels).

Le petit Yabeç, de sa voix d’ange au milieu des voix robustes des hommes, chante très bien, – parce qu’il le connaît peut-être mieux que les autres –, le psaume 121 : « Je me suis réjoui parce qu’on m’a dit : “ Nous irons vers la maison du Seigneur. ” » Vraiment, la joie illumine son petit visage, si triste il y a quelques jours à peine.

Voici les murailles désormais toutes proches. Voici la porte des Poissons. Voici les rues encombrées par la foule.

Ils vont tout de suite au Temple pour une première prière. Puis c’est enfin la paix, dans la paix de Gethsémani, le dîner, et le repos.

Le voyage vers Jérusalem est terminé.

Détail

Pierre est distrait par l'apparition de la Cité Sainte.

Annotation

Les psaumes sont les psaumes connus, appelés graduels. Ce sont les Ps 120 à 134, dits aussi “ cantiques des montées ”, selon la nouvelle numérotation. Le Ps 121, cité plus bas, est devenu le Ps 122.

Note complémentaire de maria-valtorta.org :

LES 15 GRADUELS : sont les Psaumes 119 (Hébreu 120) à 133 (Hébreu 134), dits aussi CANTIQUES DES MONTÉES. Ils étaient chantés lors des trois fêtes de pèlerinage par les pèlerins ou les prêtres sur les quinze degrés ou marches qui menaient au Temple de Jérusalem.

Le petit Yabeç, de sa voix d’ange au milieu des voix robustes des hommes, chante très bien, – parce qu’il le connaît peut-être mieux que les autres –, le psaume 121 : « Je me suis réjoui parce qu’on m’a dit : “ Nous irons vers la maison du Seigneur. ” » Psaume 121 (Hébreu 122) : "Quelle joie quand on m'a dit : «Nous irons à la maison du Seigneur !" …

Voici la porte des Poissons. Au nord de Jérusalem, juste à côté du Temple.

EMV 196.1.2 · Tome 3, p. 289-280

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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196.1 La matinée du sabbat a été occupée en majeure partie à reposer les corps fatigués et à remettre en état les vêtements empoussiérés et froissés par le voyage. Dans les grandes citernes de Gethsémani, que les orages ont remplies, et dans le Cédron qui chante toute une symphonie sur les pierres de son lit, écumant et gonflé par les pluies des jours précédents, il y a tant d’eau que c’en est une véritable invitation. L’un après l’autre, les pèlerins, défiant la fraîcheur, s’y plongent, et puis, revêtus à nouveau de pied en cap, les cheveux encore plaqués par les embruns du torrent, ils puisent de l’eau dans les citernes pour la reverser dans des bassins où l’on a mis les vêtements, couleur par couleur. (...)

196.2 Ils se dispersent dans l’oliveraie, si belle en ce jour serein d’avril. La pluie des jours précédents semble avoir argenté les oliviers et semé des fleurs, tant les frondaisons resplendissent au soleil et tant les petites fleurs abondent au pied des oliviers. Des oiseaux chantent et volent de tous côtés.

La ville s’étend là-bas, à l’ouest de Gethsémani.

Impossible de distinguer le fourmillement de la foule à l’intérieur de la ville, mais on voit les caravanes se diriger vers la Porte des Poissons et d’autres portes à l’est dont j’ignore le nom, et la ville les engloutir comme un ventre famélique.

Annotation

La ville s’étend là-bas, à l’ouest de Gethsémani. Voir le croquis dessiné par Maria Valtorta.

Maria Valtorta a tracé le croquis au crayon noir, parfois recouvert de rouge et de bleu. Certains noms ont été tracés à la plume. Au centre se trouve le “Temple ”, avec “Maisons très serrées”, et, en demi-cercle à gauche : “Faubourgs et maisons plus clairsemées”, le tout ceint d’un double cercle dont l’explication est en bas de page : “(Le cercle rouge et bleu indique les murs).” Sur ces “murs”, on lit une “porte” à côté de l’indication “nord”, et une autre “porte” au sud-est. Hors des “murs” : “Cédron” et “Gethsémani” à l’est, deux fois “Maisons” au sud, “torrent” et “Golgotha” à l’ouest.

On voit les caravanes qui se dirigent vers la Porte des Poissons. Au nord de Jérusalem, à côté du Temple.

EMV 196.9 · Tome 3, p. 288-289

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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– Quand allons-nous voir cette Maman, Seigneur ? demande Yabeç dont les yeux traduisent le désir.

– Ce soir. Que lui diras-tu, en la voyant ?

– “ Je te salue, Mère du Sauveur. ” Cela va bien comme ça ?

– Très bien, confirme Jésus avec une caresse.

– Mais nous n’irons pas au Temple aujourd’hui ? demande Philippe.

– Nous irons avant de partir pour Béthanie. Et toi, Yabeç, tu resteras tranquille ici, n’est-ce pas ?

– Oui, Seigneur. »

L’épouse de Jonas, le régisseur de l’oliveraie, qui s’est approchée tout doucement, demande :

« Pourquoi ne l’y conduis-tu pas ? L’enfant en a envie… »

Jésus la regarde avec insistance sans parler.

La femme comprend et le dit :

« J’ai compris ! Mais je dois avoir encore un petit manteau de Marc. Je vais le chercher. »

Sur ce, elle s’éloigne en courant.

Yabeç tire Jean par la manche :

« Est-ce que les maîtres seront sévères ?

– Oh non ! N’aie pas peur ; et puis ce n’est pas pour aujourd’hui. Dans quelques jours, avec la Mère de Jésus, tu seras plus sage qu’un docteur » dit Jean pour le réconforter.

Les autres entendent et sourient de l’appréhension de Yabeç.

« Mais qui le présentera en qualité de père ? demande Matthieu.

– Moi. C’est naturel ! A moins que… le Maître ne veuille le présenter, dit Pierre.

– Non, Simon. Je ne le ferai pas. Je te laisse cet honneur.

– Merci, Maître. Mais… tu seras présent toi aussi ?

– Certainement. Nous le serons tous. C’est “ notre ” enfant… »

Marie, femme de Jonas, revient avec un manteau violet foncé encore en bon état. Mais quelle couleur ! Elle-même le dit :

« Marc n’a jamais voulu le porter parce que la couleur ne lui plaisait pas. »

Je le crois bien ! C’est affreux ! Et le pauvre Yabeç, avec son teint olivâtre, a l’air d’un noyé dans cette couleur violente. Mais lui ne se voit pas… si bien qu’il est heureux de porter ce manteau dans lequel il peut se draper comme un homme…

« Le repas est prêt, Maître. La servante a déjà enlevé l’agneau de la broche.

– Alors allons-y. »

Et, descendant de l’endroit où ils se trouvent, ils entrent dans la vaste cuisine pour le repas.

Détail

Jésus vient de parler de la Vierge Marie.

EMV 197 · Tome 3, p. 290-294

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Titre du chapitre : Au Temple avec Joseph d’Arimathie. L’heure de l’encens.

Date de la vision : Vendredi 22 juin 1945

Calendrier : Samedi 25 mars 28

(12 Nissan 3788)

Lieux (carte) : Temple de Jérusalem

Cycle : Le second voyage pascal

Résumé : Le groupe apostolique va au Temple avec Yabeç et Jean d'Endor. Pierre agit comme tuteur de l'enfant et celui-ci avoue candidement qu'il ne se souvient pas de la dernière fois qu'il est venu au Temple, puisqu'il était bébé. Jésus, lui, se préoccupe de Jean d'Endor qui est intimidé de revenir à la maison du Père. Le Christ le rassure et l'absout de tout, ce qui émeut le nouveau converti.

Ils vont près du trésor pour faire leur offrande quand ils rencontre Joseph d'Arimathie. Celui-ci s'étonne de voir un petit garçon avec eux, et Pierre lui explique que le petit va passer son examen de la majorité. Le frère d'André demande ainsi à ce que le pharisien vienne à ses côtés, pour que les docteurs de la Loi ne causent pas d'ennuis. Joseph salue ensuite le Maître et ce dernier lui propose de venir à Béthanie le retrouver. L'homme accepte avec joie et prend congé.

Jésus explique alors à Yabeç ce qu'est l'heure de l'encens, et il lui explique pourquoi il faut prier ; il lui explique également combien est grand le ministère du prêtre. Pour finir, ils vont adorer le Seigneur.

Contenu du chapitre : 197.1 : Pierre tient Yabeç par la main. 197.2 : Jésus conforte Jean d'En-Dor. 197.3 : Pierre explique à Yabeç les choses du Temple. 197.4 : Jésus invite Joseph d'Arimathie à Béthanie. 197.5 : La prière du soir.

Ancienne édition : Tome 3, chapitre 58

EMV 197.1 · Tome 3, p. 290

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Pierre est vraiment solennel quand il entre en qualité de père dans l’enceinte du Temple, tenant Yabeç par la main. Il paraît même plus grand, tant il se tient droit en marchant.

Derrière, en groupe, viennent tous les autres. Jésus est le dernier, occupé à mener une discussion serrée avec Jean d’En-Dor qui paraît avoir honte d’entrer au Temple.

Pierre demande à son petit protégé : « Tu n’y es jamais venu ? », s’attirant cette réponse :

« Quand je suis né, père, mais je ne m’en souviens pas. »

Cela fait rire Pierre de bon cœur. Il le répète à ses compagnons qui rient eux aussi en disant bonnement et finement :

« Peut-être que tu dormais et par conséquent… » ou bien : « Nous sommes tous comme toi. Nous ne nous rappelons pas notre venue ici, à notre naissance. »

Annotation

Pierre demande à son petit protégé : « Tu n’y es jamais venu ? », s’attirant cette réponse : « Quand je suis né, père, mais je ne m’en souviens pas. » Pour la cérémonie de sa présentation au Temple et de la purification de sa mère.

EMV 197.3-4 · Tome 3, p. 291-293

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Pierre s’ingénie à expliquer à l’enfant ce qui est le plus remarquable dans le Temple, mais il appelle à son secours les apôtres plus cultivés, notamment Barthélemy et Simon parce qu’il se trouve à l’aise avec ces hommes plus âgés, en qualité de père.

Ils se tiennent près du trésor pour faire leur offrande quand Joseph d’Arimathie les hèle :

« Vous êtes ici ? Depuis quand ? dit-il après les échanges de salutations.

– Depuis hier soir.

– Et le Maître ?

– Il est là-bas avec un nouveau disciple. Il va venir. »

Joseph regarde l’enfant et demande à Pierre :

« C’est ton petit-fils ?

– Non… oui… bref, pas du tout par le sang, beaucoup par la foi, totalement par l’amour. »

– Je ne te comprends pas…

– C’est un petit orphelin… donc pas de lien de sang. Un disciple… donc beaucoup par la foi. Un fils… donc totalement par l’amour. Le Maître l’a recueilli… et moi, je le caresse. Il doit devenir majeur ces jours-ci…

– Déjà douze ans ? Si petit ?

– Eh !… mais le Maître te le dira… Joseph, tu es bon… un des rares qui soient bons ici… Dis-moi : tu pourrais m’aider dans cette affaire ? Tu sais… je le présente comme s’il était mon fils. Mais je suis galiléen et j’ai une mauvaise lèpre…

– La lèpre ! S’exclame Joseph, effrayé, en s’écartant.

– N’aie pas peur !… J’ai la lèpre d’appartenir à Jésus ! La plus odieuse pour ceux du Temple, à part quelques exceptions.

– Non ! Ne dis pas cela !

– C’est la vérité et il faut la dire… Aussi, je crains qu’ils ne se montrent cruels envers le petit à cause de Jésus et de moi. Et puis, je ne sais pas comment il connaît la Loi, la Halakha, la Haggadah et les Midrashim. Jésus dit qu’il en sait assez…

– Si Jésus le dit, n’aie pas peur !

– Mais pour me faire de la peine, ceux-là…

– Tu l’aimes bien, ce petit ! Tu le gardes toujours avec toi ?

– Je ne peux pas !… Je suis toujours en marche… L’enfant est petit et chétif…

– Mais moi, je viendrais volontiers avec toi… » intervient Yabeç que les caresses de Joseph ont rassuré.

Pierre rayonne de joie… Mais il dit :

« Le Maître dit qu’il ne faut pas, et nous ne le ferons pas… Mais nous nous verrons tout de même… Joseph… Tu m’aides ?

– Bien sûr ! Je viendrai avec toi. Devant moi, ils ne feront pas d’injustices. Quand est-ce ?

197.4

Oh ! Maître ! Donne-moi ta bénédiction !

– Paix à toi, Joseph. Je suis heureux de te voir, qui plus est en bonne santé.

– Moi aussi, Maître, et les amis eux aussi te verront avec joie. Tu es à Gethsémani ?

– J’y étais. Après la prière, je vais à Béthanie.

– Chez Lazare ?

– Non, chez Simon. Il y a aussi ma Mère et la mère de mes frères, ainsi que celle de Jean et de Jacques. Viendras-tu m’y trouver ?

– Tu le demandes ? C’est pour moi une grande joie et un grand honneur. Je t’en remercie. Je viendrai avec plusieurs amis…

– Vas-y doucement, Joseph, avec les amis !… conseille Simon le Zélote.

– Oh ! Vous les connaissez déjà. La prudence dit : “ Que l’air n’entende pas. ” Mais lorsque vous les verrez, vous comprendrez que ce sont des amis.

– Dans ce cas…

– Maître, Simon-Pierre me parlait de la cérémonie du petit. Tu es venu au moment où je demandais quand vous avez l’intention de la faire. Je désire y assister, moi aussi.

– Le mercredi avant la Pâque. Je veux qu’il fasse sa Pâque en fils de la Loi.

– Très bien. C’est entendu. Je viendrai vous prendre à Béthanie. Mais lundi je viendrai avec des amis.

– C’est d’accord.

– Maître, je te quitte. Que la paix soit avec toi. C’est l’heure de l’encens.

– Adieu, Joseph. Que la paix soit avec toi.

Annotation

Je ne sais pas comment il connaît la Loi, la Halakha, la Haggadah et les Midrashim. Jésus dit qu’il en sait assez… Pour la sauvegarde de la Loi, base religieuse et juridique de la communauté juive, les rabbins l’entourèrent, après l’exil, d’une exégèse appelée Midrash (Interprétation). Les midrashim sont des commentaires sur des passages des Écritures. Parmi les auteurs réputés de ces traditions midrashiques on peut citer Hillel, Schammei et Gamaliel.

Midrash désigne aussi la branche du savoir rabbinique qui a trait aux règles de la loi traditionnelle (écrite), par opposition à la Michna (tradition orale). Cette interprétation de la Loi mosaïque donna des prescriptions nouvelles, des règles de conduite qu’il fallait suivre sur le culte et le droit (les Halâkoth). L’interprétation des parties historiques du Pentateuque donna des récits et des légendes (l’Haggadah). Toutefois, par égard pour la Loi mosaïque, ces midrashim ne devaient être transmis de génération en génération qu’oralement, quoique leur autorité finît par égaler pratiquement celle de la Loi.

C'est l'heure de l'encens. L'encens que l'on brûle au Temple le matin et le soit, tel qu'il est prescrit en Ex 30, 7-8.

Livre de l'Exode 30, 7-8

Ex 30, 7-8 : Quand, chaque matin, Aaron viendra entretenir les lampes, il y brûlera de l’encens aromatique. Et quand, au coucher du soleil, il viendra allumer les lampes, il y brûlera à nouveau de l’encens. De génération en génération, l’encens montera perpétuellement devant le Seigneur.