EMV 154.9 · Tome 2, p. 506-507
L’Evangile tel qu'il m'a été révélé
Citation
Personne ne répond [parmi les apôtres], et Jésus a un sourire triste, plein de compassion.
154.9 Ce matin, il en a eu un pour moi aussi...
Un tel découragement m’avait envahie que je me suis mise à pleurer pour beaucoup de raisons. La dernière n’était pas la fatigue d’écrire encore et encore avec la conviction que tant de bonté de la part de Dieu et tant de fatigue pour le petit Jean étaient bien inutiles. Dans mes larmes, j’ai invoqué mon Maître. Et puisque, par bonté, il est venu tout exprès pour moi, je lui ai fait part de mes pensées.
Il a eu un haussement d’épaules qui équivalait à : « Laisse tomber le monde et ses histoires », puis il m’a fait une caresse en me disant :
« Eh quoi ? Tu ne voudrais plus m’aider ? Le monde ne veut pas connaître mes paroles ? Eh bien, racontons-les-nous entre nous pour la joie que j’ai de les répéter à un coeur fidèle et pour celle que tu as de les entendre. Les lassitudes de l’apostolat !... Elles sont plus accablantes que celles de tout autre travail ! Elles assombrissent le jour le plus serein et remplissent d’amertume la plus douce des nourritures. Tout devient cendre et boue, nausée et fiel. Mais, mon âme, ce sont les heures où nous prenons sur nous le fardeau de la lassitude, du doute, de la misère des gens du monde qui meurent de ne pas posséder ce que nous avons. Ce sont les heures où nous agissons le plus. Je te l’ai déjà dit l’an passé. “ A quoi bon ? ” se demande l’âme submergée par tout ce qui submerge le monde, c’est-à-dire les flots qu’envoie Satan et où le monde se noie. Mais l’âme clouée avec son Dieu sur la croix ne se noie pas. Elle perd pour un instant la lumière et est engloutie sous les eaux nauséeuses du découragement spirituel, puis se dégage, plus fraîche et plus belle. Ce que tu dis : “ Je ne suis plus bonne à rien ” est une conséquence de cette lassitude. Tu ne serais jamais bonne à rien. Mais moi, je suis toujours moi, par conséquent tu seras toujours bonne pour ta fonction de porte-parole. Certainement, si je voyais que, tel un joyau lourd et très précieux, mon don était enfoui avarement, utilisé imprudemment ou que, par paresse, on ne cherchait pas à le protéger par ces garanties que la méchanceté humaine impose de prendre dans certains cas pour protéger le don et la personne par l’entremise de laquelle il arrive, je dirais mon “ ça suffit ! ”. Et cette fois, sans retour. Ça suffit pour tous, excepté pour ma petite âme qui, aujourd’hui, ressemble tout à fait à une petite fleur sous une averse. Et ces caresses peuvent-elles te faire douter que, moi, je t’aime ? Allons ! Tu m’as aidé en temps de guerre. Aide-moi, maintenant, encore... Il y a tant à faire ! »
Je me suis alors calmée sous la caresse de la longue main et du sourire si doux de mon Jésus, vêtu de blanc, comme toujours quand il est tout à moi.
Détail
Maria note la fin d'un épisode de l'EMV et révèle son découragement.
Mots-clés
- Apostolat - Evangélisation
- Avarice
- Changer le mal en bien
- Co-rédempteurs
- Dictées de Jésus et de la Vierge Marie dans l'EMV
- Découragement
- Défaite
- Défense de l'Oeuvre
- Ecriture de l'Oeuvre
- Etat d'âme-victime de Maria Valtorta
- Fécondité de la souffrance
- Larmes - Pleurs
- Lassitude
- Lutte contre l'Oeuvre
- Paresse - Oisiveté
- Pourquoi... ?
- Rejet de Dieu et de Jésus-Christ
- Souffrance et douleur
- Souffrance et douleur de Maria Valtorta
- Travail
- Âme-victime