EMV 119.11 · Tome 2, p. 296-297
L’Evangile tel qu'il m'a été révélé
Citation
119.11 – Et les miracles, poursuit Judas, quand est-ce que tu nous en feras faire ?
– Nous, des miracles, nous ? Miséricorde éternelle ! Nous buvons pourtant de l’eau pure ! Nous, des miracles ? Mais, mon garçon, tu délires ? »
Pierre est scandalisé, épouvanté, hors de lui.
« Il nous l’a dit, en Judée. N’est-ce pas vrai, peut-être ?
– Si, c’est vrai. Je l’ai dit et vous en ferez. Mais tant que vous serez trop charnels, vous n’aurez pas de miracles.
– Nous ferons des jeûnes, dit Judas.
– Inutile. Par la chair, j’entends les passions dépravées, la triple faim et, dans le sillage de cette perfide trinité, la cohorte de ses vices… Pareils aux enfants d’une sordide bigamie, l’orgueil de l’esprit engendre, avec la convoitise de la chair et de la domination, tous les maux qui se trouvent dans l’homme et dans le monde.
– Nous, nous avons quitté pour toi tout ce que nous avions, réplique Judas.
– Mais pas vous-mêmes.
– Nous devons mourir, alors ? Pour être avec toi, nous le ferons, moi, du moins…
– Non. Je ne demande pas votre mort matérielle. Je demande que meurent en vous les tendances animales et sataniques, et elles ne meurent pas tant que la chair est assouvie, tant que le mensonge, l’orgueil, la colère, l’amour-propre, la gourmandise, l’avarice, la paresse demeurent en vous.
– Nous sommes tellement hommes à côté de toi, qui es tellement saint ! Murmure Barthélemy.
– Et il a toujours été aussi saint. Nous pouvons l’affirmer, déclare Jacques, le cousin de Jésus.