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Livres de l'Ancien Testament

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EMV 126.1-8 · Tome 2, p. 343-349

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

126.1 « Il est dit : “ Tu ne tueras pas. ” Auquel des deux groupes de commandements appartient celui-ci ? “ Au second ”, dites-vous ? En êtes-vous sûrs ? Je vous demande encore : est-ce un péché qui offense Dieu ou celui qui en est la victime ? Vous répondez : “ La victime ” ? Etes-vous sûrs aussi de cela ? Je vous demande enfin : n’y a-t-il qu’un péché d’homicide ? En tuant, ne commettez-vous que ce seul péché ? “ Oui ”, répondez-vous ? Personne n’en doute ? Répondez à haute voix. Qu’un seul parle au nom de tous ! J’attends. »

Jésus se penche pour caresser une petite fille venue à côté de lui et qui le regarde, extasiée, oubliant même de grignoter la pomme que sa mère lui a donnée pour qu’elle se tienne tranquille.

Un vieillard imposant se lève et dit :

« Maître, écoute. Je suis un vieux chef de synagogue et ils m’ont dit de parler au nom de tous. Je parle donc. Il me semble, et il nous semble, avoir répondu selon la justice et selon ce qu’on nous a enseigné. J’appuie ma certitude sur le chapitre de la Loi relatif à l’homicide et aux coups. Mais toi, tu sais pourquoi nous sommes venus : pour que tu nous enseignes, car nous reconnaissons en toi la sagesse et la vérité. Si donc je me trompe, éclaire mes ténèbres pour que le vieux serviteur que je suis puisse s’avancer vers son Roi, revêtu de lumière ; rends aussi ce service à ceux-ci qui sont de mon troupeau et qui sont venus, avec leur berger, boire à la fontaine de vie. »

[Jésus échange légèrement avec Cléophas d'Emmanus puis il reprend :]

126.2 Pour mesurer la culpabilité d’un pécheur, il faut prendre en considération les circonstances qui précèdent, préparent, justifient, expliquent la faute elle-même. Qui ai-je frappé ? Qu’est-ce que j’ai frappé ? Où ai-je frappé ? Avec quels moyens ai-je frappé ? Pourquoi ai-je frappé ? Comment ai-je frappé ? Quand ai-je frappé ? : c’est ce que celui qui a tué doit se demander avant de se présenter à Dieu pour lui demander pardon.

Qui ai-je frappé ? Un homme. Je ne prends pas en considération le fait qu’il soit riche ou pauvre, libre ou esclave. Pour moi, il n’existe pas d’esclaves ou de puissants. Tous sont des hommes créés par un Etre unique, par conséquent tous sont égaux. En fait, devant la majesté de Dieu, même le plus puissant monarque de la Terre n’est que poussière. Et à ses yeux comme aux miens, il n’existe qu’un seul esclavage, celui du péché et donc sous la domination de Satan. La Loi antique distingue les hommes libres des esclaves et se livre à des considérations subtiles selon que la mort a été immédiate ou qu’il y a eu un jour ou deux de survie, et de même si la femme enceinte est morte du coup qui l’a frappée ou si la mort n’a atteint que le fruit de son sein. Mais tout cela a été dit lorsque la lumière de la perfection était encore bien lointaine. Maintenant, elle est parmi vous et vous dit : “ Quiconque frappe mortellement l’un de ses semblables pèche. ” Et il ne pèche pas seulement à l’égard de l’homme, mais aussi contre Dieu.

Qu’est-ce que l’homme ? L’homme est l’être souverain que Dieu a créé pour être le roi de la création. Il l’a créé à son image et à sa ressemblance, en lui donnant la ressemblance spirituelle et en tirant son image de l’image parfaite de sa pensée parfaite. Regardez dans l’air, sur la terre et dans les eaux. Y voyez-vous donc un animal ou une plante qui, aussi beaux soient-ils, égalent l’homme ? L’animal court, mange, boit, dort, engendre, travaille, chante, vole, rampe, grimpe, mais il n’a pas la parole. L’homme aussi sait courir et sauter, et il est si agile au saut qu’il rivalise avec l’oiseau. Il sait nager, et il est si rapide à la nage qu’on dirait un poisson. Il sait ramper, et ressemble en cela à un reptile. Il sait grimper, et paraît être un singe. Il sait chanter au point qu’on dirait un oiseau. Il sait engendrer et se reproduire. Mais, en plus, il sait parler.

Et ne dites pas : “ Tout animal a son langage. ” Certes, l’un mugit, l’autre bêle, un troisième brait, un autre encore gazouille, un dernier fait des trilles. Mais, du premier bovin au dernier, ce sera toujours le même et unique mugissement ; de même, le mouton bêlera jusqu’à la fin du monde et l’âne braira comme le fit le premier âne. Le passereau répètera toujours son court gazouillement pendant que l’alouette et le rossignol rediront le même hymne, la première au soleil, le second à la nuit étoilée. Même au dernier jour de la terre, ils en sera ainsi. L’homme, au contraire, parce qu’il n’a pas seulement une luette et une langue, mais un ensemble complexe de nerfs dont le centre est au cerveau, siège de l’intelligence, sait saisir des sensations nouvelles, en faire l’objet de ses réflexions et leur donner un nom.

Adam appela chien son ami et lion celui qui lui parut plus ressemblant avec son épaisse crinière toute hérissée au-dessus de son visage à peine barbu. Il appela brebis l’agnelle qui le saluait doucement, et donna le nom d’oiseau à cette fleur empennée qui volait comme un papillon, mais émettait un doux chant que le papillon ne possède pas. Et puis, au cours des siècles, les descendants d’Adam créèrent sans cesse de nouveaux mots au fur et à mesure qu’ils “ connurent ” les oeuvres de Dieu dans les créatures ou à mesure que, grâce à l’étincelle divine qui est en eux, ils n’engendrèrent pas seulement des enfants, mais créèrent aussi des objets utiles ou nuisibles à leurs enfants eux-mêmes, selon qu’ils étaient avec Dieu ou contre Dieu. Ceux qui créent et produisent de bonnes choses sont avec Dieu. Ceux qui créent des choses mauvaises qui nuisent à leur prochain sont contre Dieu. Dieu venge ses enfants torturés par le mauvais génie humain.

126.3 L’homme est donc la créature de prédilection de Dieu. Même s’il est maintenant coupable, c’est toujours la créature qui lui est la plus chère. Ce qui le prouve, c’est qu’il a envoyé son Verbe lui-même, non pas un ange ou un archange, ni un chérubin ou un séraphin, mais son Verbe, en le revêtant de la chair humaine pour sauver l’homme. Il n’a pas estimé indigne ce vêtement pour permettre que souffre et expie celui qui, étant comme lui un très pur Esprit, n’aurait pu, en tant que tel, souffrir et expier la faute de l’homme.

Le Père m’a dit : “ Tu seras homme : l’Homme. J’en avais créé un, parfait comme tout ce que je fais. Je lui avais destiné une douce vie, une très douce dormition et un bienheureux réveil, un séjour très heureux et éternel dans mon Paradis céleste. Mais, tu le sais, rien de souillé ne peut pénétrer dans ce Paradis, car Moi-Nous, Dieu un et trine, nous y avons notre trône. Or seule la sainteté peut paraître en notre présence. Je Suis Celui qui Suis. Ma divine nature, notre mystérieuse essence ne peut être connue que par ceux qui sont sans tache. Maintenant l’homme, en Adam et par Adam, est souillé. Va le purifier. Je le veux. Tu seras désormais : l’Homme, le Premier-Né. Car tu seras le premier à entrer ici, avec ta chair mortelle exempte du péché, avec l’âme exempte du péché originel. Ceux qui t’ont précédé sur la terre et ceux qui te suivront posséderont la vie grâce à ta mort de Rédempteur. ” Il ne pouvait mourir que quelqu’un qui était né. Moi, je suis né et je mourrai.

L’homme est la créature privilégiée de Dieu. Maintenant, dites-moi : si un père a plusieurs enfants, mais que l’un d’eux est son préféré, la pupille de son oeil, et qu’on le tue, ce père ne souffre-t-il pas plus que s’il s’agissait d’un autre de ses enfants ? Cela ne devrait pas être car un père devrait être juste envers tous ses enfants. Mais cela arrive parce que l’homme est imparfait. Dieu peut le faire avec justice car l’homme est l’unique être de la création qui possède en commun avec le Créateur l’âme spirituelle, marque indéniable de la paternité divine.

En enlevant un fils à son père par le meurtre, n’offense-t-on que le fils ? Non, le père aussi. Le fils en sa chair, le père en son coeur. Mais les deux sont blessés. En tuant un homme, n’offense-t-on que l’homme ? Non, Dieu aussi. L’homme dans sa chair, Dieu dans son droit. Car c’est par lui seulement que la vie et la mort doivent être données et enlevées. Tuer, c’est faire violence à Dieu et à l’homme. Tuer, c’est faire irruption dans le domaine de Dieu. Tuer, c’est manquer au précepte de l’amour. Celui qui tue n’aime pas Dieu, car il fait périr son oeuvre : un homme. Le meurtrier n’aime pas le prochain, car il lui enlève ce qu’il veut pour lui-même : la vie.

Je viens de répondre aux deux premières questions.

126.4 Où ai-je tué ?

On peut tuer en plein air, dans la maison de la victime ou en l’attirant chez soi. On peut frapper tel ou tel organe en produisant une souffrance plus grave et en commettant même deux homicides à la fois si on frappe la femme, enceinte du fruit de son sein.

On peut frapper dans la rue sans en avoir l’intention. Un animal qui nous échappe peut tuer un passant. Mais alors, il n’y a pas préméditation. Mais si un homme se rend, armé d’un poignard qu’il dissimule hypocritement sous son vêtement de lin, dans la maison d’un ennemi – d’ailleurs l’ennemi est souvent celui qui a le tort d’être meilleur –, ou bien s’il l’invite chez soi avec des marques d’honneur, puis l’égorge et le jette dans la citerne, alors il y a préméditation et c’est le crime complet puisqu’il y a malice, férocité et violence.

Si, avec la mère, je tue son fruit, c’est des deux que Dieu me demandera de rendre compte. Parce que le ventre qui engendre un nouvel homme selon le commandement de Dieu est sacré, de même que la petite vie qui mûrit en lui, et à laquelle Dieu a donné une âme.

126.5 Par quels moyens ai-je frappé ?

Il ne sert à rien de prétendre : “ Je ne voulais pas frapper ” quand on a utilisé une arme véritable. Dans la colère, les mains elles-mêmes deviennent une arme, de même que la pierre que l’on prend par terre, ou la branche arrachée à un arbre. Mais celui qui examine froidement le poignard ou la hache et, s’ils lui paraissent mal aiguisés, les aiguise puis les glisse au plus près de son corps de façon qu’on ne les aperçoive pas, mais qu’il puisse facilement les brandir, ne peut pas prétendre, s’il se rend ainsi chez son rival : “ Je n’avais pas l’intention de frapper. ” Celui qui prépare un poison en cueillant des herbes ou des fruits toxiques pour en faire une poudre ou un breuvage, puis les présente à sa victime comme s’il s’agissait d’épices ou d’une boisson fermentée, ne peut certainement pas dire : “ Je ne voulais pas tuer. ”

Maintenant écoutez, vous les femmes silencieuses et meurtrières impunies de tant de vies. C’est aussi tuer que d’arracher un fruit qui croît en votre sein parce qu’il est d’une provenance coupable ou qu’il n’est pas désiré, n’étant qu’un poids inutile en vous, préjudiciable pour votre richesse. Il n’y a qu’une façon d’éviter ce poids : rester chastes. N’unissez pas l’homicide à la luxure, la violence à la désobéissance, et ne croyez pas que Dieu ne voit pas ce que l’homme n’a pas vu. Dieu voit tout et se souvient de tout. Souvenez-vous-en, vous aussi.

126.6 Pourquoi ai-je frappé ?

Ah ! Les raisons sont multiples ! Le déséquilibre imprévu que crée en vous une émotion violente, celui de trouver la couche nuptiale profanée, ou un voleur surpris dans la maison, ou encore l’homme répugnant qui viole votre propre fillette, le calcul froid et réfléchi de se débarrasser d’un témoin dangereux, de quelqu’un qui vous empêche d’arriver ou dont on convoite la situation ou la fortune : il y a là tant de raisons ! Si encore Dieu peut pardonner à celui qui devient assassin dans la fièvre de la douleur, il ne pardonne pas à celui qui le devient par ambition ou parce qu’il recherche l’estime des hommes.

Agissez toujours avec droiture, et vous ne craindrez pas le regard ou la parole de quiconque. Contentez-vous de ce que vous avez et vous ne convoiterez pas ce que possède autrui au point de devenir assassin pour posséder ce qui lui appartient.

126.7 Comment ai-je frappé ?

En m’acharnant après le premier coup impulsif ? Il arrive que l’homme n’ait plus de frein. Satan le jette dans le crime, comme le frondeur lance sa pierre. Mais que diriez-vous d’une pierre qui, après avoir touché sa cible, reviendrait à la fronde pour qu’on la relance et qu’elle frappe une nouvelle fois ? Vous diriez : “ Elle est possédée par une force magique et infernale. ” Ainsi en est-il de l’homme qui, après un premier coup, en donne un second, un troisième, un dixième sans que sa férocité s’apaise pour autant. Car la colère tombe et l’on revient à la raison après le premier coup, lorsqu’il provient d’un motif qui peut se comprendre. Mais la férocité, elle, s’acharne d’autant plus que la victime a reçu plus de coups, chez le véritable assassin. C’est un démon qui n’a pas, qui ne peut éprouver de pitié pour son frère, parce qu’il est Satan, c’est-à-dire la haine.

126.8 Quand ai-je frappé ?

Du premier coup ? Après que la victime est tombée par terre ? En simulant le pardon alors que la rancoeur était toujours plus forte ? J’ai attendu de frapper, peut-être des années durant, pour faire souffrir doublement en tuant le père en la personne de ses enfants ?

Vous voyez qu’en tuant, vous violez le premier et le second groupe des commandements parce que vous vous arrogez le droit de Dieu et que vous foulez aux pieds votre prochain. Il y a donc péché contre Dieu et contre le prochain. Vous ne commettez pas seulement un péché d’homicide, mais vous faites un péché de colère, de violence, d’orgueil, de désobéissance, de sacrilège et parfois de cupidité si vous tuez pour vous emparer d’une place ou d’une bourse. Mais, j’y fais à peine allusion et je vous l’expliquerai mieux un autre jour, on ne commet pas l’homicide uniquement avec une arme ou un poison, mais aussi par la calomnie. Réfléchissez-y.

Détail

Voici les questions à se poser pour mesurer la culpabilité d'un pécheur qui a tué : "Qui ai-je frappé ? Qu’est-ce que j’ai frappé ? Où ai-je frappé ? Avec quels moyens ai-je frappé ? Pourquoi ai-je frappé ? Comment ai-je frappé ? Quand ai-je frappé ? : c’est ce que celui qui a tué doit se demander avant de se présenter à Dieu pour lui demander pardon."

Annotation

Livre de l'Exode 21, 12-36

Ex 21, 12-36 : « Qui frappe un homme à mort sera mis à mort. Mais s’il n’a pas traqué sa victime, si Dieu l’a mise à portée de sa main, je te fixerai un lieu où il pourra se réfugier.

Mais quand un homme est en rage contre son prochain au point de le tuer par ruse, tu l’arracheras même de mon autel pour qu’il meure. Celui qui frappe son père ou sa mère sera mis à mort. Celui qui commet un rapt – qu’il ait vendu l’homme ou qu’on le trouve entre ses mains – sera mis à mort. Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort.

« Quand des hommes se querellent et que l’un d’eux frappe son prochain avec une pierre ou avec le poing, sans le tuer mais en l’obligeant à garder le lit, si la victime peut se lever et se promener au dehors avec sa canne, l’agresseur sera acquitté. Il devra seulement l’indemniser pour son arrêt de travail, jusqu’à complète guérison.

Si quelqu’un frappe avec un bâton et fait mourir de sa main son serviteur ou sa servante, la victime devra être vengée. Mais si elle survit un jour ou deux, elle ne sera pas vengée, car elle a été achetée avec l’argent du maître.

Si des hommes, en se battant, heurtent une femme enceinte et que celle-ci accouche prématurément sans qu’un autre malheur n’arrive, le coupable paiera l’indemnité imposée par le mari, avec l’accord des juges.

Mais s’il arrive malheur, tu paieras vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, meurtrissure pour meurtrissure.

Si un homme blesse l’œil de son serviteur ou de sa servante, et que l’œil soit perdu, il rendra la liberté à la victime en compensation. Et s’il fait tomber une dent de son serviteur ou de sa servante, il rendra la liberté à la victime en compensation.

Si un bœuf tue d’un coup de corne un homme ou une femme, il sera lapidé et on ne mangera pas la viande. Mais le propriétaire sera tenu pour innocent. Par contre, quand le bœuf a déjà, plus d’une fois, donné des coups de corne et que son propriétaire, averti, l’a laissé sans surveillance, si l’animal a causé la mort d’un homme ou d’une femme, il sera lapidé, et le propriétaire lui-même sera mis à mort.

Et si on lui impose une rançon, il donnera, pour racheter sa vie, tout ce qu’on lui imposera.

Si c’est un fils que le bœuf frappe d’un coup de corne, ou si c’est une fille, on appliquera cette règle-là. Si c’est un serviteur que le bœuf frappe, ou si c’est une servante, on donnera au maître trente pièces d’argent, et le bœuf sera lapidé.

Si un homme laisse une citerne ouverte ou qu’il creuse une citerne sans la recouvrir, et qu’un bœuf ou un âne y tombe, le propriétaire de la citerne indemnisera le propriétaire de la bête morte ; celui-ci recevra une certaine somme d’argent et celui-là, le cadavre de la bête.

Si le bœuf d’un homme blesse le bœuf de son prochain et cause sa mort, les propriétaires vendront le bœuf vivant et se partageront l’argent ; quant à la bête morte, ils se la partageront également. Mais s’il est notoire que ce bœuf a déjà, plus d’une fois, donné des coups de corne et que son propriétaire l’ait laissé sans surveillance, celui-ci fournira un bœuf en compensation de la bête morte qui, elle, lui reviendra.

Livre du Lévitique 24, 17-22

Lv 24, 17-22 : Si un homme frappe à mort un être humain, quel qu’il soit, il sera mis à mort. Celui qui frappe à mort un animal le remplacera par un autre, vie pour vie. Si un homme provoque une infirmité chez un de ses compatriotes, on lui fera comme il a fait : fracture pour fracture, œil pour œil, dent pour dent. Telle l’infirmité provoquée, telle l’infirmité subie.

Celui qui frappe à mort un animal le remplacera par un autre ; celui qui frappe à mort un homme mourra.

Il n’y aura chez vous qu’un seul droit, tant pour l’israélite de souche que pour l’immigré, car je suis le Seigneur votre Dieu. »

Moïse ayant ainsi parlé aux fils d’Israël, on fit sortir hors du camp l’auteur de la malédiction et on le lapida. Les fils d’Israël firent comme le Seigneur l’avait ordonné à Moïse.

Livre des Nombres 35, 9-34

Nb 35, 9-34 : Le Seigneur parla à Moïse. Il dit : « Parle ainsi aux fils d’Israël : Quand vous aurez passé le Jourdain pour entrer dans le pays de Canaan, choisissez-vous des villes qui seront pour vous des villes de refuge. Le meurtrier qui, par inadvertance, aura frappé quelqu’un à mort s’y enfuira. Ces villes vous serviront de refuge contre le vengeur du sang. Ainsi, le meurtrier ne sera pas mis à mort avant d’avoir comparu en jugement devant la communauté.

Les villes que vous donnerez aux lévites seront pour vous des villes de refuge au nombre de six : vous donnerez trois villes situées au-delà du Jourdain et vous donnerez trois villes situées au pays de Canaan. Elles seront les villes de refuge. Ces six villes serviront de refuge aux fils d’Israël ainsi qu’à l’immigré et à l’hôte de passage, afin que s’y enfuie quiconque aura, par inadvertance, frappé quelqu’un à mort.

S’il l’a frappé avec un objet en fer, et causé la mort, c’est un meurtrier ; et le meurtrier doit être mis à mort. Si de sa main il l’a frappé avec une pierre qui peut provoquer la mort, et a effectivement causé la mort, c’est un meurtrier ; et le meurtrier doit être mis à mort. Ou encore si de sa main il l’a frappé avec un objet en bois qui peut provoquer la mort, et a effectivement causé la mort, c’est un meurtrier ; et le meurtrier doit être mis à mort. C’est le vengeur du sang qui mettra à mort le meurtrier ; dès qu’il tombera sur lui, il le mettra à mort.

Si par haine un homme a bousculé quelqu’un ou a lancé quelque chose contre lui avec malveillance, et qu’ainsi il a causé la mort, ou si avec hostilité il l’a frappé de la main, et qu’ainsi il a causé la mort, celui qui a frappé sera mis à mort ; c’est un meurtrier. Dès qu’il tombera sur le meurtrier, le vengeur du sang le mettra à mort. Mais si c’est par hasard et sans hostilité qu’un homme a bousculé quelqu’un, ou lui a lancé quelque objet sans malveillance, ou encore si, sans le voir, il l’a atteint avec une pierre qui peut provoquer la mort – et qu’en faisant tomber cette pierre, il a effectivement causé la mort, tandis qu’il n’était pas son ennemi et ne lui voulait pas de mal –, alors, la communauté jugera entre celui qui a frappé et le vengeur du sang, selon le droit.

La communauté soustraira le meurtrier à la main du vengeur du sang. La communauté le renverra dans sa ville de refuge, là où il s’était enfui. Il devra y rester jusqu’à la mort du grand prêtre qui a reçu l’onction avec l’huile sainte. Mais si le meurtrier sort des limites de la ville de refuge où il s’est enfui, et que le vengeur du sang, le trouvant hors des limites de sa ville de refuge, le tue, le vengeur n’aura pas de sang sur les mains. En effet, le meurtrier devra rester dans sa ville de refuge jusqu’à la mort du grand prêtre. Après la mort du grand prêtre, le meurtrier retournera sur la terre qui lui appartient. Telles seront pour vous les règles de droit, d’âge en âge, où que vous habitiez.

Quiconque frappe à mort une personne, c’est sur la déposition de plusieurs témoins qu’il sera tué. Mais la déposition d’un seul témoin ne pourra faire condamner quelqu’un à mort. Vous n’accepterez pas de rançon en échange de la vie d’un meurtrier. Il est passible de mort, il doit être mis à mort. Vous n’accepterez pas non plus de rançon pour permettre à celui qui s’est enfui dans sa ville de refuge de revenir habiter sur sa terre avant la mort du grand prêtre.

Vous ne profanerez pas la terre où vous êtes, car le sang, lui, profane la terre. On ne peut faire l’expiation pour le sang répandu sur la terre que par le sang de celui qui l’a répandu. Vous ne rendrez pas impure la terre où vous habitez et au milieu de laquelle je demeure, car Je suis le Seigneur, moi qui demeure au milieu des fils d’Israël. »

Livre du Deutéronome 19, 1-13

Dt 19, 1-13 : Écoute, Israël ! Te voilà aujourd’hui sur le point de passer le Jourdain, pour aller déposséder des nations plus grandes et plus puissantes que toi, et prendre des villes immenses dont les fortifications montent jusqu’au ciel.

C’est un peuple grand et de haute stature que les géants Anaqites ! Toi, tu le connais, tu as entendu dire : « Qui peut tenir devant les fils d’Anaq ? ». Or tu sais aujourd’hui que le Seigneur ton Dieu passera devant toi, comme un feu dévorant : c’est lui qui les exterminera ; c’est lui qui les abaissera devant toi ; alors tu les déposséderas et tu les feras périr aussitôt, comme te l’a dit le Seigneur.

Lorsque le Seigneur ton Dieu les aura chassés devant toi, ne dis pas en ton cœur : « C’est à cause de ma justice que le Seigneur m’a fait entrer dans ce pays pour en prendre possession. » Car c’est à cause de la méchanceté de ces nations, que le Seigneur les dépossède devant toi. Ce n’est pas en raison de ta justice ni à cause de la droiture de ton cœur que tu entreras dans leur pays pour en prendre possession ; c’est en raison de leur méchanceté que le Seigneur ton Dieu dépossède ces nations devant toi, et pour tenir la parole qu’il a jurée à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob.

Sache bien que ce n’est pas à cause de ta justice que le Seigneur ton Dieu te donne à posséder ce bon pays, car tu es un peuple à la nuque raide. Souviens-toi. N’oublie pas que tu as irrité le Seigneur ton Dieu dans le désert. Depuis le jour où vous êtes sortis d’Égypte jusqu’à ce que vous arriviez en ce lieu, vous avez été rebelles au Seigneur.

Au mont Horeb vous avez irrité le Seigneur, et le Seigneur s’est mis dans une telle colère qu’il voulait vous exterminer. J’étais monté sur la montagne pour recevoir les tables de pierre, les tables de l’Alliance que le Seigneur a conclue avec vous. Je suis resté dans la montagne quarante jours et quarante nuits sans manger ni boire.

Le Seigneur m’a donné les deux tables de pierre écrites du doigt de Dieu, et portant toutes les paroles qu’il vous avait dites du milieu du feu, sur la montagne, le jour de l’Assemblée. C’est donc au bout de quarante jours et de quarante nuits que le Seigneur m’a donné ces deux tables de pierre, les tables de l’Alliance.

Le Seigneur me dit : « Lève-toi, descends vite d’ici, car ton peuple, que tu as fait sortir d’Égypte, s’est corrompu. Ils n’ont pas mis longtemps à s’écarter du chemin que je leur avais ordonné de suivre : ils se sont fait une idole en métal fondu. » Le Seigneur me dit encore : « Je vois que ce peuple est un peuple à la nuque raide. »

EMV 126.2 · Tome 2, p. 345-346

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Qu’est-ce que l’homme ? L’homme est l’être souverain que Dieu a créé pour être le roi de la création. Il l’a créé à son image et à sa ressemblance, en lui donnant la ressemblance spirituelle et en tirant son image de l’image parfaite de sa pensée parfaite. Regardez dans l’air, sur la terre et dans les eaux. Y voyez-vous donc un animal ou une plante qui, aussi beaux soient-ils, égalent l’homme ? L’animal court, mange, boit, dort, engendre, travaille, chante, vole, rampe, grimpe, mais il n’a pas la parole. L’homme aussi sait courir et sauter, et il est si agile au saut qu’il rivalise avec l’oiseau. Il sait nager, et il est si rapide à la nage qu’on dirait un poisson. Il sait ramper, et ressemble en cela à un reptile. Il sait grimper, et paraît être un singe. Il sait chanter au point qu’on dirait un oiseau. Il sait engendrer et se reproduire. Mais, en plus, il sait parler.

Et ne dites pas : “ Tout animal a son langage. ” Certes, l’un mugit, l’autre bêle, un troisième brait, un autre encore gazouille, un dernier fait des trilles. Mais, du premier bovin au dernier, ce sera toujours le même et unique mugissement ; de même, le mouton bêlera jusqu’à la fin du monde et l’âne braira comme le fit le premier âne. Le passereau répètera toujours son court gazouillement pendant que l’alouette et le rossignol rediront le même hymne, la première au soleil, le second à la nuit étoilée. Même au dernier jour de la terre, ils en sera ainsi. L’homme, au contraire, parce qu’il n’a pas seulement une luette et une langue, mais un ensemble complexe de nerfs dont le centre est au cerveau, siège de l’intelligence, sait saisir des sensations nouvelles, en faire l’objet de ses réflexions et leur donner un nom.

Adam appela chien son ami et lion celui qui lui parut plus ressemblant avec son épaisse crinière toute hérissée au-dessus de son visage à peine barbu. Il appela brebis l’agnelle qui le saluait doucement, et donna le nom d’oiseau à cette fleur empennée qui volait comme un papillon, mais émettait un doux chant que le papillon ne possède pas. Et puis, au cours des siècles, les descendants d’Adam créèrent sans cesse de nouveaux mots au fur et à mesure qu’ils “ connurent ” les œuvres de Dieu dans les créatures ou à mesure que, grâce à l’étincelle divine qui est en eux, ils n’engendrèrent pas seulement des enfants, mais créèrent aussi des objets utiles ou nuisibles à leurs enfants eux-mêmes, selon qu’ils étaient avec Dieu ou contre Dieu. Ceux qui créent et produisent de bonnes choses sont avec Dieu. Ceux qui créent des choses mauvaises qui nuisent à leur prochain sont contre Dieu. Dieu venge ses enfants torturés par le mauvais génie humain.

126.3 L’homme est donc la créature de prédilection de Dieu.

Détail

Jésus parle de l'homme, la créature de prédilection de Dieu et le roi de la Création. Le Christ le compare aux animaux ; puis, il énonce Adam, quand il donna un nom à tous les animaux de la terre.

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Livre de la Genèse 2, 18-20

Gn 2, 18-20 : Le Seigneur Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra. » Avec de la terre, le Seigneur Dieu modela toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les amena vers l’homme pour voir quels noms il leur donnerait. C’étaient des êtres vivants, et l’homme donna un nom à chacun. L’homme donna donc leurs noms à tous les animaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes des champs. Mais il ne trouva aucune aide qui lui corresponde.

EMV 129.5-6 · Tome 2, p. 368-371

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« Permettez-moi de vous citer un passage des Rois.

On y dit que le roi de Syrie, étant sur le point de déclarer la guerre à Israël, avait à sa cour un homme puissant et respecté du nom de Naamân, qui était lépreux. Une petite fille juive, prise par les Syriens, était devenue son esclave et lui dit : “ Si mon seigneur s’était adressé au prophète de Samarie, certainement, il l’aurait guéri de la lèpre. ” A la suite de cela, Naamân demanda au roi la permission de suivre le conseil de la petite fille. Mais le roi d’Israël fut fortement troublé et dit : “ Suis-je donc Dieu pour que le roi de Syrie m’envoie les malades ? C’est un piège pour déclarer la guerre. ” Mais le prophète Elisée, mis au courant, dit : “ Que ce lépreux vienne me trouver, je le guérirai et il saura qu’il y a un prophète en Israël. ” Naamân se rendit alors chez Elisée, mais Elisée ne le reçut pas. Il lui envoya dire : “ Va te baigner sept fois dans le Jourdain et tu seras purifié. ” Naamân s’indigna, car il lui parut avoir fait pour rien une si longue route, et il était sur le point de repartir. Mais ses serviteurs lui firent observer : “ Il t’a seulement demandé de te laver sept fois, et même s’il t’avait commandé beaucoup plus, tu aurais dû le faire parce que c’est un prophète. ” Alors Naamân se rendit à ces raisons. Il alla au fleuve, se lava et fut guéri. Ravi, il revint chez le serviteur de Dieu et lui dit : “ Je sais désormais la vérité : il n’y a pas d’autre Dieu sur toute la terre que le Dieu d’Israël. ” Et comme Elisée refusait ses cadeaux, il lui demanda la permission de prendre de la terre, suffisamment pour pouvoir sacrifier au Dieu vrai sur un peu de terre d’Israël.

Je sais que vous n’approuvez pas tous ce que j’ai fait. Je sais aussi que je ne suis pas tenu de me justifier devant vous. Mais puisque je vous aime d’un amour vrai, je veux que vous compreniez mon geste et qu’il vous éclaire, et que toute pensée de critique ou de scandale disparaisse de votre âme.

Nous avons là deux sujets d’un Etat païen. L’un était malade et on leur a dit par l’intermédiaire d’un parent, mais certainement par la bouche d’un juif : “ Si vous allez trouver le Messie d’Israël, il guérira le malade. ” Et eux, de très loin, sont venus à moi. Leur confiance était plus grande encore que celle de Naamân, car ils ne savaient rien d’Israël et du Messie, tandis que le Syrien appartenait à une nation voisine et était en contact permanent avec les esclaves d’Israël ; par conséquent, il savait déjà qu’en Israël il y a Dieu. Le vrai Dieu. N’est-ce pas une bonne chose qu’un païen puisse retourner dans sa patrie en proclamant désormais : “ Vraiment, il existe en Israël un homme de Dieu et en Israël on adore le vrai Dieu ” ?

Je n’ai pas dit : “ Lave-toi sept fois. ” Mais j’ai parlé de Dieu et de l’âme, deux choses qu’ils ignorent et qui, telles les bouches d’une fontaine intarissable, apportent les sept dons. Car là où se trouvent l’idée de Dieu et de l’âme, ainsi que le désir de les trouver, naissent les arbres de la foi, de l’espérance, de la charité, de la justice, de la tempérance, de la force et de la prudence. Or ces vertus restent ignorées de ceux qui ne peuvent que copier chez leurs dieux les passions humaines communes, plus perverses parce que possédées par des êtres supposés supérieurs. Désormais, ils retournent dans leur patrie mais, plus que la joie d’avoir été exaucés, ils ont celle de dire : “ Nous savons que nous ne sommes pas des brutes, mais qu’après la vie il y a encore une autre Vie. Nous savons que le vrai Dieu est bonté, qu’il nous aime, nous aussi, et nous fait du bien pour nous persuader d’aller à lui. ”

129.5 Que croyez-vous donc ? Qu’eux seuls ignorent la vérité ? Tout à l’heure un de mes disciples croyait que je ne pourrais guérir le malade parce qu’il avait une âme païenne. Mais l’âme, qu’est-elle ? Et d’où vient-elle ? L’âme est l’essence spirituelle de l’homme. C’est elle qui, créée à un âge parfait, investit, accompagne, anime toute la vie de la chair et continue à vivre lorsque la chair n’est plus, car elle est immortelle comme celui qui l’a créée : Dieu. Puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu, il n’y a pas d’âmes de païens ou d’âmes de non-païens créées par différents dieux. Il n’y a qu’une seule force qui crée les âmes : celle du Créateur, de notre Dieu, unique, puissant, saint, bon, n’ayant d’autre passion que l’amour, la charité parfaite, toute spirituelle ; comme j’ai employé, pour être compris de ces Romains, le terme de : charité, je précise : charité toute morale. Car l’idée d’esprit n’est pas comprise par ces enfants qui ne savent rien des termes saints.

Que croyez-vous donc ? Que c’est seulement pour Israël que je suis venu ? Je suis celui qui rassemblera sous une seule houlette toutes les nations, celle du Ciel. Et, en vérité, je vous dis que bientôt viendra le temps où beaucoup de païens diront : “ Permettez-nous d’avoir tout ce qu’il faut pour pouvoir sur notre sol païen faire des sacrifices au Dieu vrai, un et trine ” dont je suis, moi, la Parole.

Désormais, ils repartent plus convaincus que si je les avais chassés avec mépris. Grâce à mes miracles et à mes paroles, ils ont pris conscience de Dieu, et ils le raconteront là où ils retournent.

J’ajoute : n’était-il pas juste de récompenser une si grande foi ? Désorientés par les réponses des médecins, déçus par leurs voyages inutiles vers les temples, ils ont su avoir suffisamment de foi pour venir encore vers l’Inconnu, le grand Inconnu du monde, le Méprisé, le grand Méprisé et Calomnié d’Israël et lui dire : “ Je crois que, toi, tu le peux. ” Le premier chrême pour leur mentalité nouvelle leur vient de ce qu’ils ont su croire. Ce n’est pas tant de la maladie que de leur foi erronée que je les ai guéris. En effet, j’ai porté à leurs lèvres une coupe dont la soif croît au fur et à mesure que l’on boit : la soif de connaître le vrai Dieu.

J’ai fini. Je vous le dis à vous, hommes d’Israël : sachez avoir la foi qu’ils ont su avoir. »

129.6 Le Romain s’approche, accompagné de son frère guéri :

« Mais... je n’ose plus dire : par Jupiter ! Je dis : mais sur mon honneur de citoyen romain, je te jure que j’aurai cette soif ! Maintenant, il me faut partir. Qui désormais me donnera encore à boire ?

– Ton esprit, l’âme que tu sais maintenant posséder jusqu’au jour où l’un des mes envoyés viendra vers toi.

– Pas toi ?

– Moi... Moi, non. Mais j’aurai beau ne pas être présent, je ne serai pas absent. Et il se passera guère plus de deux ans seulement pour que je te fasse un don plus grand que la guérison de celui qui t’était cher. Adieu à vous deux. Sachez persévérer dans ce sentiment de foi.

– Salut, Maître. Que le vrai Dieu te sauve. »

Les deux Romains s’en vont, et on les entend appeler leurs serviteurs avec le char.

« Et ils ignoraient même qu’ils avaient une âme ! Murmure un vieillard.

­– Oui, père. Mais ils ont su recevoir ma parole mieux que beaucoup en Israël. Maintenant, puisqu’ils ont donné une obole si importante, faisons-en profiter les pauvres de Dieu en doublant ou triplant l’aumône. Et que les pauvres prient pour ces bienfaiteurs plus pauvres qu’eux-mêmes, afin qu’ils arrivent à la vraie, à l’unique richesse : connaître Dieu. »

Détail

Jésus vient de guérir un Romain possédé. Il leur a parlé de l'âme et de Galien et a touché leurs coeurs. Il parle alors du second Livre des Rois 5, 1-19 et évoque l'histoire de Naamân qui a dû se laver dans le fleuve sept fois avant d'être purifié.

Annotation

Second Livre des Rois 5, 1-19

2 R 5, 1-19 : "Naaman, général de l’armée du roi d’Aram, était un homme de grande valeur et hautement estimé par son maître, car c’est par lui que le Seigneur avait donné la victoire au royaume d’Aram. Or, ce vaillant guerrier était lépreux. Des Araméens, au cours d’une expédition en terre d’Israël, avaient fait prisonnière une fillette qui fut mise au service de la femme de Naaman. Elle dit à sa maîtresse : « Ah ! si mon maître s’adressait au prophète qui est à Samarie, celui-ci le délivrerait de sa lèpre. » Naaman alla auprès du roi et lui dit : « Voilà ce que la jeune fille d’Israël a déclaré. »

Le roi d’Aram lui répondit : « Va, mets-toi en route. J’envoie une lettre au roi d’Israël. » Naaman partit donc ; il emportait dix lingots d’argent, six mille pièces d’or et dix vêtements de fête. Il remit la lettre au roi d’Israël. Celle-ci portait : « En même temps que te parvient cette lettre, je t’envoie Naaman mon serviteur, pour que tu le délivres de sa lèpre. »

Quand le roi d’Israël lut ce message, il déchira ses vêtements et s’écria : « Est-ce que je suis Dieu, maître de la vie et de la mort ? Ce roi m’envoie un homme pour que je le délivre de sa lèpre ! Vous le voyez bien : c’est une provocation ! » Quand Élisée, l’homme de Dieu, apprit que le roi d’Israël avait déchiré ses vêtements, il lui fit dire : « Pourquoi as-tu déchiré tes vêtements ? Que cet homme vienne à moi, et il saura qu’il y a un prophète en Israël. »

Naaman arriva avec ses chevaux et son char, et s’arrêta à la porte de la maison d’Élisée. Élisée envoya un messager lui dire : « Va te baigner sept fois dans le Jourdain, et ta chair redeviendra nette, tu seras purifié. » Naaman se mit en colère et s’éloigna en disant : « Je m’étais dit : Sûrement il va sortir, et se tenir debout pour invoquer le nom du Seigneur son Dieu ; puis il agitera sa main au-dessus de l’endroit malade et guérira ma lèpre. Est-ce que les fleuves de Damas, l’Abana et le Parpar, ne valent pas mieux que toutes les eaux d’Israël ? Si je m’y baignais, est-ce que je ne serais pas purifié ? » Il tourna bride et partit en colère.

Mais ses serviteurs s’approchèrent pour lui dire : « Père ! Si le prophète t’avait ordonné quelque chose de difficile, tu l’aurais fait, n’est-ce pas ? Combien plus, lorsqu’il te dit : “Baigne-toi, et tu seras purifié.” » Il descendit jusqu’au Jourdain et s’y plongea sept fois, pour obéir à la parole de l’homme de Dieu ; alors sa chair redevint semblable à celle d’un petit enfant : il était purifié !

Il retourna chez l’homme de Dieu avec toute son escorte ; il entra, se présenta devant lui et déclara : « Désormais, je le sais : il n’y a pas d’autre Dieu, sur toute la terre, que celui d’Israël ! Je t’en prie, accepte un présent de ton serviteur. » Mais Élisée répondit : « Par la vie du Seigneur que je sers, je n’accepterai rien. » Naaman le pressa d’accepter, mais il refusa. Naaman dit alors : « Puisque c’est ainsi, permets que ton serviteur emporte de la terre de ce pays autant que deux mulets peuvent en transporter, car je ne veux plus offrir ni holocauste ni sacrifice à d’autres dieux qu’au Seigneur Dieu d’Israël. Mais que le Seigneur pardonne à ton serviteur le geste que voici : lorsque mon maître entre dans le temple de Rimmone pour s’y prosterner, et qu’il s’appuie sur ma main, je me prosterne aussi dans le temple de Rimmone. Daigne le Seigneur pardonner ce geste à ton serviteur. » Élisée lui dit : « Va en paix. » Et Naaman s’éloigna. Il était à une certaine distance".

EMV 130.6 · Tome 2, p. 379

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Dans un livre sapientiel, il est dit : “ L’homme inique s’avance, la perversité sur les lèvres… la fourberie au coeur, méditant le mal en toute saison, il suscite des querelles… Il y a six choses que le Seigneur hait, sept qui lui sont en abomination : des yeux hautains, une langue menteuse, des mains qui répandent le sang innocent, un cœur qui médite des desseins coupables, des pieds empressés à courir au mal, un faux témoin qui profère des mensonges et le semeur de querelles entre frères… La ruine s’approche du méchant à cause des péchés de sa langue… Un menteur est un témoin frauduleux. Les lèvres sincères ne changent jamais, mais le témoignage d’un homme au langage frauduleux est changeant. Les paroles de celui qui chuchote semblent simples, mais elles pénètrent dans les viscères. L’ennemi se reconnaît à sa façon de parler quand il couve la trahison. Quand il parle à voix basse, ne t’y fie pas car il porte en son cœur les sept méchancetés. Sous des dehors engageants, il cache sa haine, mais sa malice sera étalée au grand jour… Celui qui creuse une fosse y tombera et la pierre reviendra sur celui qui la fait rouler. ”

Le péché de mensonge est vieux comme le monde et le sage s’en tient à ce qu’il a décidé, de même que le jugement de Dieu à l’égard du menteur.

Je vous le dis : “ N’ayez qu’une parole. Que votre oui soit toujours oui et votre non toujours non, même en face des puissants et des tyrans. Vous en aurez un grand mérite au Ciel. ”

Je vous le dis : “ gardez la spontanéité de l’enfant qui va d’instinct vers celui dont il ressent la bonté sans rechercher autre chose que la bonté, et qui dit ce que sa propre bonté lui fait penser sans calculer s’il en dit trop et si cela peut lui attirer un blâme. ”

Allez en paix, et que la vérité devienne votre amie.

Détail

Jésus parle du mensonge et évoque le livre des Proverbes.

Annotation

Livre des Proverbes 6, 12-19

Pr 6, 12-19 : C’est un vaurien, un faux-jeton : il se promène, tordant sa bouche, lançant des clins d’œil, des appels du pied, donnant ses consignes avec les doigts ; le cœur pervers, il prépare des mauvais coups, à tout moment, il déclenche des querelles. Voilà pourquoi, soudain, vient sa ruine, brusquement il est brisé, et c’est sans remède.

Il y a six choses que le Seigneur déteste, sept qu’il a en horreur : le regard hautain, la langue menteuse, les mains qui versent le sang innocent, le cœur occupé de projets coupables, les pieds qui s’empressent de courir au mal, le faux témoin qui ment comme il respire, et l’homme qui déclenche des querelles entre frères.

Livre des Proverbes 12, 13-28

Pr 12, 13-28 : Des lèvres criminelles sont un piège dangereux, mais le juste échappe à son étreinte. Chacun, du fruit de sa bouche, peut tirer grand bien, comme chacun recueille le salaire de ses mains.

Le chemin de l’insensé paraît droit à ses yeux, mais un sage accepte le conseil.

L’insensé manifeste, sur l’heure, son dépit ; bien avisé qui reste sourd à l’injure !

Le témoin véridique manifeste ce qui est juste ; le faux témoin ne cesse de tromper.

Les bavards, c’est comme des coups d’épée, mais la langue des sages guérit.

Parole vraie subsiste à jamais, propos menteur, le temps d’un clin d’œil !

Déception pour le cœur de ceux qui trament le mal, joie pour les conseillers de paix !

Aucun malheur ne frappe le juste, mais les méchants sont comblés de maux.

Le Seigneur a horreur des lèvres menteuses ; qui agit loyalement lui plaît.

L’homme avisé ne montre pas sa science mais le cœur de l’insensé crie sa folie.

La main active aura le pouvoir, le paresseux aura les corvées !

Un souci dans le cœur déprime, une bonne parole ramène la joie.

Le juste montre la voie à son ami, le chemin des méchants les égare.

Point de gibier à rôtir chez les fainéants ; le bien le plus précieux de l’homme est son activité.

Sur le sentier de la justice, la vie ! Qui prend ce chemin ne mourra pas.

EMV 131.5 · Tome 2, p. 383

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Tout péché est un adultère avec Satan. Le pécheur, comme une femme qui se vend, se livre à Satan pour des amours illicites dont il espère des bénéfices sordides. C’est un très grand péché que la prostitution qui rend semblable à des animaux immondes. Mais soyez sûrs que tout autre péché capital ne l’est pas moins. Que dirai-je de l’idolâtrie ? Que dirai-je de l’homicide ? Et pourtant Dieu a pardonné aux Israélites après le veau d’or. Il a pardonné à David après son double péché. Dieu pardonne à celui qui se repent. Que la réparation pénitentielle soit proportionnée au nombre et à la grandeur des fautes, et je vous affirme qu’il sera pardonné davantage à celui qui se repent davantage. Car le repentir est une forme d’amour, d’un amour opérant. Celui qui se repent dit à Dieu par son repentir : “ Je ne puis rester sous la menace de ton courroux, car je t’aime et je veux être aimé. ” Et Dieu aime celui qui l’aime. C’est pourquoi je vous dis : plus quelqu’un aime, plus il est aimé. Celui qui aime totalement est totalement pardonné. C’est la vérité.

Annotation

Dieu a pardonné aux Israélites comme il est dit en Ex 32, 14 ("Le Seigneur renonça au mal qu’il avait voulu faire à son peuple") ; à David comme on peut le lire en 2 S 12, 13 (David dit à Nathan : « J’ai péché contre le Seigneur ! » Nathan lui répondit : « Le Seigneur a passé sur ton péché, tu ne mourras pas. »).

EMV 132.1-5 · Tome 2, p. 384-390

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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132.1 « Mes enfants dans le Seigneur, la fête de la Purification est maintenant imminente, et moi, la Lumière du monde, je vous y envoie, préparés avec le minimum nécessaire pour bien la célébrer. C’est la première lumière de fête d’où vous tirerez une illumination pour toutes les autres. Il serait bien sot, celui qui prétendrait allumer une foule de lumières sans avoir la possibilité d’allumer la première. Et encore bien plus sot serait celui qui prétendrait commencer sa sanctification par les choses plus ardues, en négligeant ce qui est à la base de l’édifice immuable de la perfection : le Décalogue.

132.2 On lit dans les Maccabées que Judas et les siens, ayant, grâce à la protection du Seigneur, repris le Temple et la ville de Jérusalem, détruisirent les autels des dieux étrangers et leurs sanctuaires et purifièrent le Temple. Puis ils dressèrent un autre autel, firent du feu avec des pierres à feu, offrirent des sacrifices, firent brûler de l’encens, posèrent les lumières et les pains de proposition. Puis, tous prosternés par terre, ils supplièrent le Seigneur de leur permettre de ne plus pécher, ou bien, si par leur faiblesse ils retombaient dans le péché, de les traiter avec la miséricorde divine. Et cela arriva le 25 du mois de Casleu.

Réfléchissons et appliquons ce récit à nous-mêmes, car toute parole de l’histoire d’Israël, et donc du peuple élu, a un sens spirituel. La vie est toujours un enseignement. La vie d’Israël est un enseignement non seulement pour nos jours sur terre, mais aussi pour la conquête des jours éternels.

“ Ils détruisirent les autels et les sanctuaires païens. ”

C’est la première opération, celle que je vous ai indiquée de faire, en vous indiquant les dieux individuels qui se substituent au vrai Dieu : les idolâtries des sens, de l’or, de l’orgueil, les vices capitaux qui mènent à la profanation et à la mort de l’âme et du corps et au châtiment de Dieu.

Je ne vous ai pas écrasés sous les innombrables formules qui oppriment aujourd’hui les fidèles et forment un prétendu rempart à la vraie Loi, alourdie, cachée sous des masses d’interdictions tout extérieures. En l’alourdissant, elles conduisent le fidèle à perdre de vue la voix linéaire, claire et sainte du Seigneur qui dit : “ Ne blasphémez pas. Ne soyez pas idolâtres. Ne profanez pas les fêtes. Ne déshonorez pas vos parents. Ne tuez pas. Ne commettez pas l’impureté. Ne volez pas. Ne mentez pas. N’enviez pas le bien d’autrui. Ne désirez pas la femme d’un autre. ” Ce sont là dix interdictions, pas une de plus. Et ce sont les dix colonnes du temple de l’âme. Sur elles resplendit l’or du précepte saint entre tous : “ Aime ton Dieu. Aime ton prochain. ” C’est le couronnement du temple. C’est la protection des fondements. C’est la gloire du constructeur. Sans l’amour, personne ne pourrait obéir aux dix commandements et les colonnes tomberaient – toutes ou quelques-unes – si bien que le temple s’écroulerait complètement ou en partie. Quoi qu’il en soit, il ne serait que ruines et ne pourrait plus accueillir le Très-Saint.

Faites ce que je vous ai dit, et détruisez les trois concupiscences. Mettez franchement un nom sur votre vice, de la même manière que Dieu use de franchise pour vous dire : “ Ne faites pas ceci et cela. ” Inutile de jouer sur les mots. Celui qui a un amour plus fort que celui qu’il donne à Dieu, quel que soit cet amour, est idolâtre. Celui qui invoque Dieu en faisant profession de le servir et ensuite lui désobéit, est un rebelle. Celui qui par cupidité travaille le jour du sabbat est un profanateur, il est méfiant et présomptueux. Celui qui refuse de secourir ses parents, en alléguant de faux prétextes, même s’il affirme que ce sont des ressources données à Dieu, est haï de Dieu qui a établi pères et mères à son image sur la terre. Celui qui tue est toujours un meurtrier. Celui qui commet l’impureté est toujours un débauché. Celui qui dérobe est toujours un voleur. Celui qui ment est toujours abject. Celui qui veut ce qui ne lui appartient pas est toujours un rapace qui a la faim la plus exécrable. Celui qui profane la couche nuptiale est toujours un être immonde.

Il en est ainsi. Et je vous rappelle qu’après l’érection du veau d’or survint la colère du Seigneur ; après l’idolâtrie de Salomon, le schisme qui divisa et affaiblit Israël ; après avoir accepté l’hellénisme et même lui avoir fait bon accueil grâce à l’entremise de juifs indignes sous Antiochus Epiphane, on a vu surgir nos malheurs spirituels, économiques et nationaux actuels. Je vous rappelle que Nadab et Abiu, ces faux serviteurs de Dieu, furent frappés par Jéovêh. Je vous rappelle que la manne ramassée le jour du sabbat n’était pas sainte. Je vous rappelle Cham et Absalon. Je vous rappelle le péché de David au détriment d’Urie et celui d’Absalon au détriment d’Amnon. Je vous rappelle la fin d’Absalon et celle d’Amnon. Je vous rappelle le sort du voleur Héliodore, et de Simon et Ménélaus. Je vous rappelle la fin honteuse des deux calomniateurs qui avaient porté un faux témoignage contre Suzanne. Et je pourrais continuer sans fin à vous donnez de pareils exemples.

132.3 Mais revenons aux Maccabées.

“ Et ils purifièrent le Temple. ”

Il ne suffit pas de dire : “ Je détruis. ” Il faut ajouter : “ Je purifie. ” Je vous ai dit comment l’homme se purifie : par un repentir humble et sincère. Il n’est pas de péché que Dieu ne pardonne si le pécheur est réellement repenti. Ayez foi en la bonté divine. Si vous pouvez arriver à comprendre ce qu’est cette bonté, même si vous aviez sur vous tous les péchés du monde, vous ne fuiriez pas loin de Dieu, mais vous courriez plutôt à ses pieds car seul le Très-Bon peut pardonner ce que l’homme ne pardonne pas.

“ Et ils élevèrent un autre autel. ”

N’essayez pas de tromper le Seigneur. Que vos actions ne soient pas fausses. Ne mélangez pas Dieu et Mammon. Vous auriez un autel vide : celui de Dieu. Car il est inutile d’élever un nouvel autel s’il subsiste encore des restes de l’autre. C’est soit Dieu, soit l’idole. Choisissez.

“ Et ils allumèrent le feu avec la pierre et de l’amadou. ”

La pierre, c’est la ferme volonté d’appartenir à Dieu. L’amadou, c’est le désir d’anéantir par tout le reste de votre vie jusqu’au souvenir de votre péché dans le coeur de Dieu. Alors jaillit le feu : l’amour. Car le fils qui cherche à réconforter, par toute une vie honorable, le père qu’il a offensé, que fait-il, sinon aimer son père en voulant qu’il puisse se réjouir de son fils, qui autrefois était la cause de ses larmes et à présent fait sa joie ? Parvenus à cet état, vous pouvez offrir les sacrifices, brûler de l’encens, apporter des lumières et des pains. Les sacrifices ne seront pas odieux au Seigneur, les prières lui seront agréables, l’autel sera vraiment éclairé, riche des aliments de votre offrande quotidienne. Vous pourrez prier en disant : “ Sois notre protecteur ”, car lui, il sera votre ami.

Mais sa miséricorde n’a pas attendu que vous criiez pitié. Il a prévenu votre désir et vous a envoyé la Miséricorde vous dire : “ Espérez. Je vous le dis : Dieu vous pardonne. Venez au Seigneur. ”

Il y a déjà un autel parmi vous : l’autel nouveau. Des fleuves de lumière et de pardon en jaillissent. Ils se répandent comme l’huile, ils guérissent, donnent la force. Croyez en la parole qui vient de lui. Pleurez avec moi sur vos péchés. Comme le lévite dirige le choeur, je dirige vos voix vers Dieu et il ne repoussera pas votre gémissement s’il est uni à ma voix. Avec vous je m’anéantis, en étant Frère des hommes par la chair, Fils du Père par l’esprit, et je dis pour vous, avec vous : “ De ce profond abîme où Moi-l’Humanité, je suis tombé, je crie vers toi, Seigneur. Ecoute la voix de celui qui te regarde et soupire, et ne ferme pas tes oreilles à mes paroles. C’est horrible de me voir, ô Dieu. Je suis même une horreur à mes propres yeux ! Que serai-je aux tiens ? Ne regarde pas mes fautes, Seigneur, car sinon je ne pourrai me tenir en ta présence, mais fais preuve de miséricorde à mon égard. Tu as dit : ‘ Je suis la Miséricorde. ’ Et je crois en ta parole. Mon âme, blessée et abattue, a confiance en toi, elle se fie à tes promesses, et de l’aube à la nuit, de la jeunesse à la vieillesse, j’espérerai en toi. ”

132.4 Coupable d’homicide et d’adultère, réprouvé de Dieu, David obtint pourtant son pardon après avoir crié au Seigneur : “ Aie pitié, non par respect pour moi, mais pour l’honneur de ta miséricorde, qui est infinie. A cause d’elle, efface mon péché. Il n’est pas d’eau qui puisse laver mon cœur si elle n’est pas puisée dans les tréfonds de ta sainte bonté. Lave-moi par elle de mon iniquité et purifie-moi de ma souillure. Je ne nie pas mon péché, je reconnais même ma faute et elle est toujours devant moi comme un témoin qui m’accuse. J’ai offensé l’homme dans mon prochain et en moi-même, mais je regrette surtout d’avoir péché contre toi. Que cela te montre que je reconnais que tu es juste en toutes tes paroles et que je crains ton jugement qui triomphe de toute puissance humaine. Mais considère, ô Eternel, que je suis né dans le péché et que pécheresse était celle qui m’a conçu, et aussi que tu m’as aimé au point d’en arriver à me dévoiler ta sagesse et à me la donner comme maîtresse pour comprendre les mystères de tes sublimes vérités. Or si tu as tant fait pour moi, dois-je te craindre ? Non, je ne crains pas. Asperge-moi avec l’amertume de la douleur et je serai purifié. Lave-moi par les larmes et je serai pur comme neige. Fais-moi entendre ta voix, et ton serviteur humilié exultera, parce que ta voix est joie et gaieté, même si elle réprimande. Tourne ton visage vers mes péchés. Ton regard effacera mon iniquité. Le cœur que tu m’as donné a été profané par Satan et par la faiblesse de mon humanité. Crée en moi un cœur nouveau qui soit pur, et détruis ce qui est corruption au plus profond de ton serviteur, pour que règne uniquement en lui un esprit droit. Mais ne me chasse pas de ta présence et ne m’enlève pas ton amitié car seul le salut qui vient de toi est joie pour mon âme, et ton esprit souverain fait le réconfort de l’homme humilié. Fais que je devienne celui qui va parmi les hommes pour annoncer : ‘ Voyez comme le Seigneur est bon. Marchez sur ses chemins et vous serez bénis comme je le suis, moi, cet avorton qui redevient fils de Dieu par la grâce qui renaît en moi. ’ Et les impies se convertiront à toi. Mon sang et ma chair se révoltent et crient en moi. Libère-moi, Seigneur, toi le salut de mon âme, et je chanterai tes louanges. Je ne savais pas, mais maintenant j’ai compris. Ce n’est pas un sacrifice de béliers que tu veux, mais l’holocauste d’un cœur contrit. Un cœur contrit et humilié t’est plus agréable que les béliers et les moutons, parce que tu nous as créés pour toi, et tu veux que nous nous en souvenions et te rendions ce qui est à toi. Dans ta grande bonté, montre-toi bienveillant à mon égard et reconstruis ma Jérusalem qui est aussi la tienne : celle d’un esprit purifié et pardonné sur lequel on puisse offrir le sacrifice, l’oblation et l’holocauste pour les péchés en action de grâce et de louange. Et que chacun de mes nouveaux jours soit une hostie de sainteté qui se consume sur ton autel pour s’élever avec le parfum de mon amour jusqu’à toi. ”

132.5 Venez ! Marchons vers le Seigneur ! Moi devant, vous à ma suite. Marchons vers les eaux du salut, vers les saints pâturages, vers les terres de Dieu. Oubliez le passé. Souriez à l’avenir. Ne pensez pas à la boue, mais regardez les étoiles. Ne dites pas : “ Je suis ténèbres ”, mais : “ Dieu est lumière. ” Je suis venu vous annoncer la paix, annoncer aux doux la bonne Nouvelle, guérir ceux qui ont le cœur brisé par trop de difficultés, annoncer la liberté à tous les esclaves, et en premier lieu à ceux de Mammon, libérer ceux qui sont prisonniers de leurs concupiscences.

Je vous dis : l’année de grâce est arrivée. Ne pleurez pas du fait de la tristesse qu’éprouve le pécheur. Ne pleurez pas, vous qui êtes exilés du Royaume de Dieu. Je substitue l’or aux cendres et l’huile aux larmes. Je vous revêts d’habits de fête pour vous présenter au Seigneur et dire : “ Voici les brebis que tu m’as envoyé chercher. Je les ai visitées et rassemblées, je les ai comptées, j’ai cherché celles qui étaient dispersées et je te les ai amenées en les arrachant aux nuages et aux brouillards. Je les ai prises au milieu de tous les peuples, je les ai réunies de toutes les régions pour les conduire à la Terre qui n’est plus terre et que tu as préparée pour elles, Père saint, pour les porter sur les cimes paradisiaques de tes montagnes fertiles où tout est lumière et beauté, le long des rivières des célestes béatitudes où se rassasient de toi les âmes que tu aimes. Je suis aussi allé à la recherche de celles qui étaient blessées, j’ai guéri leurs fractures, j’ai refait les forces des faibles, je n’ai pas laissé une seule brebis de côté. Celle que les loups aux sens avides avaient le plus mise à mal, je me la suis passée comme un joug d’amour sur les épaules et je la dépose à tes pieds, Père bienveillant et saint, parce qu’elle ne peut plus marcher, qu’elle ne connaît pas tes paroles et que c’est une pauvre âme que poursuivent les remords et les hommes, une âme qui regrette et tremble, une eau poussée et repoussée par le flot sur le rivage. Elle vient pleine de désirs, mais la connaissance de son état la retient… Ouvre-lui ton sein, Père qui es tout amour, pour qu’en toi cette créature perdue trouve la paix. Dis-lui : ‘ Viens ! ’ Dis-lui : ‘ Tu es à moi. ’ Elle a appartenu à tout un monde qui la dégoûte et lui fait peur. Elle dit : ‘ Chaque homme est une bête ignoble. ’ Fais qu’elle puisse dire : ‘ Mon Roi m’a donné la joie d’être prise ! ’ Elle ne sait pas ce qu’est l’amour. Mais, si tu l’accueilles, elle saura ce qu’est cet amour céleste, l’amour nuptial entre Dieu et l’esprit humain. Et comme un oiseau délivré des cages des hommes cruels, elle s’élèvera toujours plus haut, jusqu’à toi, au Ciel, dans la joie, dans la gloire, en chantant : ‘ J’ai trouvé celui que je cherchais. Mon cœur n’a pas d’autre désir. En toi, je me repose, je jubile, Seigneur éternel, et je suis bienheureuse, pour les siècles des siècles ! ’ ”

Allez célébrer la fête de la Purification dans un esprit nouveau. Et que la lumière de Dieu s’allume en vous. »

Jésus a été irrésistible à la fin de son discours : un visage de lumière aux yeux rayonnants, un sourire et un ton de voix d’une douceur inconnue.

Les gens sont comme fascinés et ne bougent pas jusqu’à ce qu’il répète :

« Allez. Que la paix soit avec vous. »

Détail

Jésus parle de la Fête de la Dédicace (aussi nommée Fête des Lumières) qui approche. On trouve son origine dans le Premier Livre des Macchabées, chapitre 4, 36-61. Selon jean-François Lavère, dans L'Enigme Valtorta, une vie de Jésus éclairée, cette fête débute le 25 du mois de Kislev et dure huit jours. Ici, en l'an -22, c'était "du 2/12 au 10/12/-22" (dans le calendrier julien). Cf. page 23-25.

Annotation

Premier livre des Macchabées 4, 36-61

1 M 4, 36-61 : Alors Judas et ses frères déclarèrent : « Voilà nos ennemis écrasés, montons purifier le Lieu saint et en faire la dédicace. » Toute l’armée se rassembla, et ils montèrent à la montagne de Sion. Là, ils virent le sanctuaire dévasté, l’autel profané, les portes complètement brûlées. Dans les parvis, la végétation avait poussé comme dans un bois ou sur une montagne, et les salles des prêtres étaient détruites.

Ils déchirèrent leurs tuniques, se frappèrent la poitrine, répandirent de la cendre sur leur tête et tombèrent, la face contre terre. Au signal donné par les trompettes, ils poussèrent des cris vers le Ciel. Alors, Judas donna l’ordre à quelques hommes de combattre les occupants de la citadelle, pendant la purification du Lieu saint. Il choisit des prêtres irréprochables et très attachés à la Loi. Ceux-ci purifièrent le Lieu saint et emportèrent les pierres souillées dans un endroit impur.

Ils se demandèrent ce qu’il fallait faire de l’autel des holocaustes, qui avait été profané. Ils eurent la bonne idée de le démolir, pour écarter tout reproche, du fait que les païens l’avaient souillé. Ils démolirent donc l’autel, et transportèrent les pierres sur la montagne de la Demeure, dans un endroit approprié, en attendant la venue d’un prophète qui se prononcerait à leur sujet.

Conformément à la Loi, ils prirent des pierres non taillées et bâtirent un autel nouveau, sur le modèle du précédent. Ils restaurèrent aussi le Lieu saint et l’intérieur de la Demeure ; ils sanctifièrent les parvis. Ils introduisirent au coeur du sanctuaire les nouveaux ustensiles sacrés qu’ils avaient fabriqués, le chandelier, l’autel des parfums et la table des offrandes. Ils firent brûler de l’encens sur l’autel et allumèrent les lampes du chandelier, qui illuminèrent le sanctuaire. Ils placèrent les pains de l’offrande sur la table et tendirent les rideaux. Ils achevèrent ainsi tous les travaux qu’ils avaient entrepris.

Le vingt-cinquième jour du neuvième mois, c’est-à-dire le mois de Kisléou, en l’année 148, de grand matin, les prêtres offrirent le sacrifice prescrit par la Loi sur le nouvel autel qu’ils avaient construit. On fit la dédicace de l’autel au chant des hymnes, au son des cithares, des harpes et des cymbales. C’était juste l’anniversaire du jour où les païens l’avaient profané. Le peuple entier se prosterna la face contre terre pour adorer, puis ils bénirent le Ciel qui avait fait aboutir leur effort.

Pendant huit jours, ils célébrèrent la dédicace de l’autel, en offrant, dans l’allégresse, des holocaustes, des sacrifices de communion et d’action de grâce. Ils ornèrent la façade du Temple de couronnes d’or et de boucliers, ils en restaurèrent les entrées et les salles et y replacèrent des portes. Il y eut une grande allégresse dans le peuple, et l’humiliation infligée par les païens fut effacée.

Judas Maccabée décida, avec ses frères et toute l’assemblée d’Israël, que l’anniversaire de la dédicace de l’autel serait célébré pendant huit jours chaque année à cette date, dans la joie et l’allégresse. En ce temps-là, on édifia tout autour de la montagne de Sion un rempart élevé, avec de puissantes tours, de peur que les païens ne viennent piétiner ces lieux comme auparavant. Judas y établit une garnison. Il fortifia aussi Bethsour, pour que le peuple possède une forteresse en face de l’Idumée.

EMV 132.2 · Tome 2, p. 386

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

Je vous rappelle qu’après l’érection du veau d’or survint la colère du Seigneur ; après l’idolâtrie de Salomon, le schisme qui divisa et affaiblit Israël ; après avoir accepté l’hellénisme et même lui avoir fait bon accueil grâce à l’entremise de juifs indignes sous Antiochus Epiphane, on a vu surgir nos malheurs spirituels, économiques et nationaux actuels. Je vous rappelle que Nadab et Abiu, ces faux serviteurs de Dieu, furent frappés par Jéovêh. Je vous rappelle que la manne ramassée le jour du sabbat n’était pas sainte. Je vous rappelle Cham et Absalon. Je vous rappelle le péché de David au détriment d’Urie et celui d’Absalon au détriment d’Amnon. Je vous rappelle la fin d’Absalon et celle d’Amnon. Je vous rappelle le sort du voleur Héliodore, et de Simon et Ménélaus. Je vous rappelle la fin honteuse des deux calomniateurs qui avaient porté un faux témoignage contre Suzanne. Et je pourrais continuer sans fin à vous donnez de pareils exemples.

Annotation

Je vous rappelle : voir Ex 32, 10 (sur la colère), 1 R 12, 19-20.28-33 (sur le schisme) ; 1 M 1 ; 2 M 4-7 (sur l'hellénisme et les malheurs) ; Lv 10, 1-2 ; Nb 3, 4 ; 26, 61 ; 1 S 25, 3.38 (les faux serviteurs battus) ; Ex 16, 27-30 (la manne) ; 2 S 11 ; 13 (le péché) ; 2 S 18, 9-18 ; 2 M 3, 24-34 ; 4, 1-6 ; 13, 7-8 , Dn 13, 61-62 (le sort et une fin ignoble).

Livre de l'Exode (la manne et la colère)

Ex 16, 27-30 (la manne) : Or, le septième jour, des gens sortirent pour en recueillir, mais ils n’en trouvèrent pas. Le Seigneur dit à Moïse : « Combien de temps encore refuserez-vous de garder mes commandements et mes lois ? Voyez : le Seigneur vous a donné le sabbat ; aussi, le sixième jour, vous donne-t-il du pain pour deux jours. Restez donc chacun chez vous. Que personne ne sorte de chez lui le septième jour. » Et, le septième jour, le peuple cessa toute activité. La maison d’Israël donna à ce pain le nom de « manne ». C’était comme de la graine de coriandre, de couleur blanche, au goût de beignet au miel.

Ex 32, 10 (sur la colère) : Maintenant, laisse-moi faire ; ma colère va s’enflammer contre eux et je vais les exterminer ! Mais, de toi, je ferai une grande nation.

Livre du Lévitique, 10, 1-2 (Nadab et Abiu)

Lv 10, 1-2 : C’est alors que Nadab et Abihou, fils d’Aaron, prirent chacun son brûle-parfum, y mirent des charbons ardents sur lesquels ils déposèrent de l’encens. C’est un feu profane qu’ils apportèrent devant le Seigneur, sans qu’il leur ait ordonné. Mais, de devant le Seigneur, un feu sortit et les dévora. Ils moururent devant le Seigneur.

Livre des Nombres (Nadab et Abiu)

Nb 3, 4 : Nadab et Abihou moururent devant le Seigneur, car, devant le Seigneur, ils avaient présenté un feu profane, au désert du Sinaï. Ils n’avaient pas eu de fils. Quant à Éléazar et Itamar, ils exercèrent le sacerdoce en présence de leur père Aaron.

Nb 26, 61 : Nadab et Abihou moururent pour avoir présenté un feu profane devant le Seigneur.

Premier livre de Samuel 25, 3.38 (les serviteurs battus)

1 S 25, 3.38 : L’homme s’appelait Nabal, et sa femme, Abigaïl. La femme était intelligente et belle, tandis que l’homme était dur et malfaisant. Il était du clan de Caleb. Au bout d’une dizaine de jours, le Seigneur frappa Nabal qui mourut.

Deuxième livre de Samuel 11, 12-17 (Urie et David)

David dit à Ourias : « Reste ici aujourd’hui encore, et demain je te renverrai. » Ourias resta donc à Jérusalem ce jour-là et le lendemain. David l’invita à manger et à boire à sa table, et il l’enivra. Le soir, Ourias sortit et alla se coucher à nouveau avec les serviteurs de son maître ; mais il ne descendit pas chez lui. Le matin suivant, David écrivit une lettre pour Joab, et la fit porter par Ourias. Il disait dans cette lettre : « Mettez Ourias en première ligne, au plus fort de la mêlée, puis repliez-vous derrière lui ; qu’il soit frappé et qu’il meure ! » Joab, qui assiégeait la ville, plaça Ourias à un endroit où il savait que les ennemis étaient en force. Les assiégés firent une sortie contre Joab. Il y eut des tués dans l’armée, parmi les serviteurs de David, et Ourias le Hittite mourut aussi.

Deuxième livre de Samuel 18, 9-18 (Absalom)

2 S 18, 9-18 ; Absalom se retrouva par hasard en face des serviteurs de David. Il montait un mulet, et le mulet s’engagea sous la ramure d’un grand térébinthe. La tête d’Absalom se prit dans les branches, et il resta entre ciel et terre, tandis que le mulet qui était sous lui continuait d’avancer. Quelqu’un l’aperçut et avertit Joab : « Je viens de voir Absalom suspendu dans un térébinthe. »

Joab dit à l’homme qui l’avait averti : « Tu l’as vu ! Pourquoi donc ne l’as-tu pas frappé et abattu sur place ? J’aurais dû alors te donner dix pièces d’argent et une ceinture. » L’homme répondit à Joab : « Même si je soupesais maintenant, dans la paume de mes mains, mille pièces d’argent, je ne porterais pas la main sur le fils du roi, car nous avons entendu de nos oreilles l’ordre que le roi vous a donné à toi, à Abishaï et à Ittaï : “Par égard pour moi, veillez sur le jeune Absalom !” Et si j’avais commis cette trahison au péril de ma vie, comme rien n’échappe au roi, tu te serais toi-même tenu à l’écart. »

Joab lui dit : « Je ne vais pas perdre mon temps avec toi ! » Et il se saisit de trois épieux qu’il planta dans le cœur d’Absalom, encore vivant au milieu du térébinthe. Alors, dix jeunes écuyers au service de Joab entourèrent Absalom pour le frapper à mort.

Joab sonna du cor. La troupe, faisant demi-tour, cessa de poursuivre Israël, car Joab l’en empêcha. On prit Absalom, on le jeta dans la grande fosse en pleine forêt, et l’on érigea par-dessus un monceau de pierres très imposant. Tout Israël s’était enfui, chacun à ses tentes. De son vivant, Absalom avait entrepris de se faire ériger une stèle, qui se trouve dans la vallée du Roi. Il se disait : « Je n’ai pas de fils pour faire mémoire de mon nom. » Il donna son nom à la stèle. Aujourd’hui encore, on l’appelle « Monument d’Absalom ».

Livre de Daniel, 13, 60-62 (le sort et une fin ignoble)

Dn 13, 60-62 (le sort et une fin ignoble) : Alors toute l’assemblée poussa une grande clameur et bénit Dieu qui sauve ceux qui espèrent en lui. Puis elle se retourna contre les deux anciens que Daniel avait convaincus de faux témoignage par leur propre bouche. Conformément à la loi de Moïse, on leur fit subir la peine que leur méchanceté avait imaginée contre leur prochain : on les mit à mort. Et ce jour-là, une vie innocente fut épargnée.

Premier livre des Rois 12, 19-20.28-33 (sur le schisme)

1 R 12, 19-20.28-33 : Les dix tribus d’Israël rejetèrent la maison de David, et cette situation dure encore aujourd’hui où ceci est écrit. Dès que tout Israël apprit que Jéroboam était revenu, on l’envoya chercher pour qu’il vienne à la réunion du peuple, et on le fit roi sur tout Israël. Il ne restait, pour suivre la Maison de David, que la seule tribu de Juda.

Après avoir tenu conseil, Jéroboam fit fabriquer deux veaux en or, et il déclara au peuple : « Voilà trop longtemps que vous montez à Jérusalem ! Israël, voici tes dieux, qui t’ont fait monter du pays d’Égypte. » Il plaça l’un des deux veaux à Béthel, l’autre à Dane, et ce fut un grand péché. Le peuple conduisit en procession celui qui allait à Dane.

Jéroboam y établit un temple à la manière des lieux sacrés. Il institua des prêtres pris n’importe où, et qui n’étaient pas des descendants de Lévi. Jéroboam célébra la fête le quinzième jour du huitième mois, fête pareille à celle que l’on célébrait en Juda, et il monta à l’autel. Il fit de même à Béthel en offrant des sacrifices aux veaux qu’il avait fabriqués ; il établit à Béthel les prêtres des lieux sacrés qu’il avait institués. Il monta à l’autel qu’il avait édifié à Béthel, le quinze du huitième mois, date qu’il avait de lui-même fixée. Il organisa une fête pour les fils d’Israël et il monta à l’autel pour brûler de l’encens.

Premier livre des Macchabées, chapitre 1 (sur l'hellénisme et ses conséquences)

1 M 1 : 01 ALEXANDRE, fils de Philippe, de Macédoine, quitta le pays des Grecs pour affronter Darius, le roi des Perses et des Mèdes. Après l’avoir vaincu, il régna à sa place ; auparavant il régnait déjà sur le monde grec. Il livra de multiples batailles, s’empara de nombreuses forteresses et fit périr les rois de la région. Il poussa jusqu’aux extrémités de la terre et ramassa le butin d’une multitude de nations. Devant lui, la terre resta muette. Son cœur s’exalta à l’extrême.

Il rassembla une armée très puissante, soumit des provinces, des nations et des souverains, qui durent lui payer l’impôt. Après quoi, il fut contraint de s’aliter et comprit qu’il allait mourir. Il convoqua ses auxiliaires les plus illustres, élevés avec lui depuis le jeune âge et, de son vivant, il partagea entre eux son royaume. Alexandre avait régné douze ans quand il mourut. Alors, ceux qu’il avait mis en fonction exercèrent le pouvoir, chacun dans sa région.

Après sa mort, ils portèrent tous le diadème, et leurs fils après eux, durant de longues années. Et ils multiplièrent les malheurs sur la terre. De leur descendance surgit un homme de péché, Antiocos Épiphane, fils du roi Antiocos le Grand. Il avait séjourné à Rome comme otage, et il devint roi en l’année 137 de l’empire grec.

À cette époque, surgirent en Israël des hommes infidèles à la Loi, et ils séduisirent beaucoup de gens, car ils disaient : « Allons, faisons alliance avec les nations qui nous entourent. En effet, depuis que nous avons rompu avec elles, il nous est arrivé beaucoup de malheurs. »

Ce langage parut judicieux, et quelques-uns, dans le peuple, s’empressèrent d’aller trouver le roi. Celui-ci leur permit d’adopter les usages des nations. Ils construisirent un gymnase à Jérusalem, selon la coutume des nations ; ils effacèrent les traces de leur circoncision, renièrent l’Alliance sainte, s’associèrent aux gens des nations, et se vendirent pour faire le mal.

Quand Antiocos vit son pouvoir bien établi, il projeta de devenir aussi roi d’Égypte et de régner sur les deux royaumes. Il entra en Égypte avec une armée imposante, des chars, des éléphants, des cavaliers ainsi qu’une grande flotte. Il livra bataille à Ptolémée, le roi d’Égypte, qui battit en retraite et s’enfuit ; il y eut beaucoup de victimes. Antiocos s’empara des villes fortes d’Égypte et ramassa le butin du pays. Après sa victoire sur l’Égypte, en l’an 143 de l’empire grec, Antiocos s’en retourna et monta contre Israël et Jérusalem avec une armée imposante.

Il entra dans le sanctuaire avec arrogance et fit main basse sur l’autel d’or, le chandelier de lumière avec tous ses accessoires, la table des offrandes, les coupes à libation, les vases, les encensoirs d’or, le voile et les couronnes. Même le revêtement doré de la façade du Temple, il l’arracha en entier. Il prit aussi l’argent, l’or et les objets précieux, ainsi que les trésors cachés qu’il découvrait. Avec tout cela, il retourna dans son pays. Comme il avait fait un carnage et proféré des paroles d’une extrême arrogance, il y eut un grand deuil dans tout Israël.

Chefs et anciens poussèrent des lamentations, jeunes filles et jeunes gens dépérirent, et la beauté des femmes s’altéra. Tout jeune marié entonna un chant de deuil ; assise dans la chambre nuptiale, l’épouse était en larmes. La terre trembla à cause de ses habitants, et toute la maison de Jacob fut revêtue de honte.

Deux ans plus tard, le roi envoya dans les villes de Juda un commissaire pour percevoir les impôts. Celui-ci vint à Jérusalem avec une armée importante. Il adressa aux habitants des paroles de paix : c’était pour les tromper, mais ils le crurent. Puis, il attaqua la ville à l’improviste, la frappa durement et fit périr beaucoup de gens en Israël. Il prit le butin de la ville, incendia celle-ci, détruisit les maisons et le mur d’enceinte. Ses hommes réduisirent en captivité les femmes et les enfants et confisquèrent le bétail. Puis, ils rebâtirent la Cité de David, avec un haut rempart fortifié et de puissantes tours. Elle devint leur citadelle. Là, ils installèrent une race perverse, des gens infidèles à la Loi. Pour accroître leur force, ils y amassèrent des armes et de la nourriture, ils y déposèrent le butin de Jérusalem qu’ils avaient rassemblé. C’était un véritable piège, un lieu d’embuscade contre le sanctuaire, un cruel adversaire pour Israël en tout temps.

Autour du sanctuaire, ils répandirent le sang des innocents, ils souillèrent le Lieu saint. À cause d’eux s’enfuirent les habitants de Jérusalem, et la ville devint une colonie d’étrangers, une étrangère pour sa descendance, car ses propres enfants l’avaient abandonnée.

Son sanctuaire fut dévasté comme un désert, ses fêtes se changèrent en deuil, ses sabbats en dérision, son honneur en mépris. Elle fut remplie de honte, à la mesure même de sa gloire passée, et sa fierté se changea en larmes.

Le roi Antiocos prescrivit à tous les habitants de son royaume de ne faire désormais qu’un seul peuple, et d’abandonner leurs coutumes particulières. Toutes les nations païennes se conformèrent à cet ordre. En Israël, beaucoup suivirent volontiers la religion du roi, offrirent des sacrifices aux idoles, et profanèrent le sabbat. Le roi envoya également à Jérusalem et aux villes de Juda des émissaires, avec des lettres qui leur prescrivaient de suivre des coutumes étrangères à leur pays. Ils devaient bannir du sanctuaire holocaustes, sacrifice et libation, profaner les sabbats et les fêtes, souiller le sanctuaire et les fidèles, élever des autels, des lieux de culte et des idoles, offrir en sacrifice des porcs et d’autres animaux impurs. Ils devaient laisser leurs fils incirconcis et se rendre eux-mêmes abominables par toutes sortes de pratiques impures et de profanations, de manière à oublier la Loi et à changer toutes les observances. Quiconque n’agirait pas selon l’ordre du roi serait mis à mort.

C’est en ces termes que le roi écrivit à tous ses sujets. Il établit des inspecteurs pour tout le peuple et ordonna aux villes de Juda d’offrir des sacrifices dans chaque ville. Beaucoup de gens du peuple, tous ceux qui délaissaient la Loi, se rallièrent à eux et firent du mal dans le pays. Ils obligèrent Israël à se cacher dans tous ses lieux de refuge.

Le quinzième jour du neuvième mois, en l’année 145, Antiocos éleva sur l’autel des sacrifices l’Abomination de la désolation, et, dans les villes de Juda autour de Jérusalem, ses partisans élevèrent des autels païens. Ils brûlèrent de l’encens aux portes des maisons et sur les places. Tous les livres de la Loi qu’ils découvraient, ils les jetaient au feu après les avoir lacérés. Si l’on découvrait chez quelqu’un un livre de l’Alliance, si quelqu’un se conformait à la Loi, le décret du roi le faisait mettre à mort. Mois après mois, dans les villes, on sévissait durement contre ceux d’Israël qui étaient pris en infraction.

Le vingt-cinq de chaque mois, on sacrifiait sur l’autel dressé sur l’autel des sacrifices. Selon l’ordre du roi, les femmes qui avaient fait circoncire leurs enfants, on les mettait à mort, avec leurs nourrissons suspendus à leur cou. On exécutait aussi les membres de leurs familles, et ceux qui avaient opéré la circoncision. Cependant, beaucoup en Israël résistèrent et eurent le courage de ne manger aucun aliment impur. Ils acceptèrent de mourir pour ne pas être souillés par ce qu’ils mangeaient, et pour ne pas profaner l’Alliance sainte ; et de fait, ils moururent. C’est ainsi que s’abattit sur Israël une grande colère.

Deuxième livre des Macchabées, chapitres 4-7 (sur l'hellénisme et ses conséquences)

2 M 4-7 : Simon, dont il a déjà été question, était devenu celui qui dénonçait les richesses de sa patrie. Il continuait à calomnier Onias, en prétendant que c’était lui qui avait assailli Héliodore et provoqué ce malheur. Il osait présenter le bienfaiteur de la ville, le protecteur des gens de sa nation, l’ardent défenseur des lois, comme un conspirateur contre les affaires publiques. Cette haine alla si loin que même des meurtres furent commis par l’un des partisans de Simon.

Considérant l’importance de cette rivalité, et constatant qu’Apollonios, fils de Ménesthée, gouverneur militaire de Cœlé-Syrie et de Phénicie, ne faisait qu’accroître la malveillance de Simon, Onias se rendit chez le roi, non comme accusateur de ses concitoyens, mais pour veiller à l’intérêt général de tout le peuple et de chacun en particulier. Il voyait bien, en effet, que sans une intervention royale, il était impossible de rétablir la paix publique, et que Simon ne mettrait pas un terme à sa folie.

Après la mort de Séleucos et l’accès au trône d’Antiocos surnommé Épiphane, Jason, le frère d’Onias, usurpa la charge de grand prêtre. Au cours d’une entrevue avec le roi, il lui promit trois cent soixante talents d’argent de l’impôt, ainsi que quatre-vingts talents prélevés sur quelque autre revenu. Il s’engageait en outre à payer cent cinquante autres talents, si on lui accordait le pouvoir de fonder un gymnase et un lieu d’éducation pour les jeunes gens, et de recenser les partisans de l’hellénisme à Jérusalem.

Le roi consentit, et Jason s’empara du pouvoir. Aussitôt, il entreprit de faire adopter le mode de vie des Grecs par ses frères de race. Il supprima les mesures de bienveillance prises par les rois en faveur des Juifs. Ces mesures avaient été obtenues par l’entremise de Jean, le père de cet Eupolème qui conduisit l’ambassade pour obtenir amitié et alliance avec les Romains. Jason détruisit les institutions légitimes et inaugura des usages contraires à la Loi.

Il se fit en effet un plaisir de fonder un gymnase au pied même de l’acropole et de mener l’élite des jeunes gens aux exercices du gymnase. En raison de l’extrême perversité de ce Jason, impie et pas grand prêtre du tout, l’hellénisme atteignit une telle vigueur, et la mode étrangère un tel degré, que les prêtres ne montraient plus aucun empressement pour le service liturgique de l’autel. Au contraire, méprisant le Temple et négligeant les sacrifices, ils se hâtaient, dès le signal du gong, de prendre part dans la palestre à l’organisation des exercices prohibés par la Loi.

Ce faisant, ils comptaient pour rien les valeurs honorées par leurs pères, mais portaient la plus haute estime aux gloires de la culture hellénique. Pour ces raisons, ils se trouvèrent par la suite dans une situation difficile, et ceux-là mêmes dont ils enviaient les façons de vivre et qu’ils voulaient imiter en tout, devinrent pour eux des ennemis et des bourreaux. Car on ne viole pas à la légère les lois divines, comme le démontrera la période suivante.

Comme on célébrait tous les quatre ans à Tyr des jeux en présence du roi, l’infâme Jason envoya comme délégués de Jérusalem un groupe de partisans de l’hellénisme, apportant avec eux trois cents pièces d’argent, pour faire un sacrifice à Héraclès. Mais ceux-là mêmes qui les apportaient jugèrent qu’il ne convenait pas de les utiliser pour le sacrifice et décidèrent de les réserver pour une autre dépense.

C’est ainsi que l’argent, destiné au sacrifice d’Héraclès par celui qui l’avait envoyé, fut affecté à la construction de navires, après l’intervention de ceux qui l’apportaient.

Comme Apollonios, fils de Ménesthée, avait été envoyé en Égypte pour l’intronisation du roi Philométor, Antiocos apprit que ce dernier était hostile à sa politique. Il se préoccupa dès lors d’assurer sa propre sécurité. C’est ce qui le conduisit à Joppé, d’où il se rendit à Jérusalem. Magnifiquement reçu par Jason et par la ville, il y fut introduit à la lumière des flambeaux et au milieu des acclamations. Après quoi, il partit installer en Phénicie le camp de son armée.

Jason était grand prêtre depuis trois ans lorsqu’il envoya Ménélas, le frère du Simon dont il a été question plus haut, porter l’argent au roi et mener à terme des affaires urgentes restées en suspens. Une fois admis en présence du roi, Ménélas l’aborda avec les manières d’un personnage important et se fit attribuer à lui-même la fonction de grand prêtre, en offrant trois cents talents de plus que n’avait offerts Jason. Puis il revint, muni des lettres royales d’investiture. Il n’était en rien digne de la fonction de grand prêtre ; au contraire, il n’avait en lui que les rages d’un tyran cruel et les fureurs d’une bête sauvage. Ainsi Jason, qui avait supplanté son propre frère, fut supplanté à son tour par un autre, et contraint de gagner en fugitif le pays des Ammonites.

Quant à Ménélas, il détenait certes le pouvoir, mais ne s’acquittait en rien des sommes d’argent qu’il avait promises au roi ; et cela, malgré les réclamations de Sostrate, gouverneur de l’acropole, qui était chargé de percevoir les impôts. Pour cette raison, ils furent tous deux convoqués par le roi. Ménélas laissa pour le remplacer comme grand prêtre son propre frère Lysimaque, tandis que Sostrate laissait Kratès, le chef des mercenaires chypriotes.

Sur ces entrefaites, il arriva que les habitants de Tarse et de Mallos provoquèrent des émeutes, parce que leurs villes avaient été données en présent à Antiochis, la concubine du roi. En toute hâte, le roi alla donc régler cette affaire, laissant pour le remplacer Andronicos, l’un des grands dignitaires. Convaincu de tenir une occasion favorable, Ménélas déroba quelques objets d’or du Temple, et en fit cadeau à Andronicos ; il parvint également à en vendre d’autres à Tyr et aux villes voisines.

L’ayant appris de bonne source, Onias, retiré dans le lieu d’asile à Daphné, près d’Antioche, lui en faisait reproche. Dès lors, Ménélas, prenant à part Andronicos, l’incitait à supprimer Onias. Andronicos se rendit alors auprès d’Onias : confiant dans sa propre ruse, il lui tendit la main droite en s’engageant sous serment, et malgré le soupçon qu’il inspirait, il le décida à sortir de son asile. Alors, aussitôt, il le mit à mort, au mépris de toute justice. Pour cette raison, non seulement les Juifs, mais aussi beaucoup de gens parmi les autres nations furent indignés et choqués du meurtre injuste de cet homme.

Lorsque le roi fut revenu des régions de Cilicie à Antioche, les Juifs de la ville, en compagnie des Grecs qui partageaient leur haine du mal, vinrent le trouver au sujet du meurtre injustifié d’Onias. Antiocos, affligé jusqu’au fond de l’âme et saisi de pitié, versa des larmes au souvenir de la sagesse et de la conduite exemplaire du défunt. Puis, enflammé de colère, il dépouilla aussitôt Andronicos de la pourpre, lui déchira les vêtements et le fit mener, à travers toute la ville, à l’endroit même où il avait porté une main sacrilège sur Onias. Là, il exécuta le meurtrier. Le Seigneur lui infligea ainsi le châtiment qu’il méritait.

Or, à Jérusalem, un grand nombre de vols sacrilèges avaient été commis par Lysimaque, avec l’accord de Ménélas, et le bruit s’en était répandu au-dehors. Le peuple s’attroupa contre Lysimaque, alors que beaucoup d’objets d’or avaient déjà été emportés de tous côtés. Comme la foule se soulevait, débordante de colère, Lysimaque arma près de trois mille hommes et donna le signal d’injustes violences, sous le commandement d’un certain Auranos, un homme avancé en âge et non moins en folie.

Prenant conscience de la manœuvre de Lysimaque, les uns s’armaient de pierres, d’autres de gourdins, certains ramassaient à poignées la poussière du sol et assaillaient les gens de Lysimaque en une mêlée confuse. C’est ainsi qu’ils en blessèrent un grand nombre, en tuèrent même quelques-uns, et mirent tous les autres en fuite. Quant au voleur sacrilège lui-même, ils le supprimèrent près de la salle du trésor. Un procès fut intenté à Ménélas à propos de ces faits.

Lorsque le roi vint à Tyr, les trois hommes envoyés par le Conseil des anciens plaidèrent leur cause en sa présence. Se voyant déjà perdu, Ménélas promit des sommes importantes à Ptolémée, fils de Dorymène, pour emporter la conviction du roi. Ptolémée entraîna donc le roi à l’écart, sous un péristyle, comme pour prendre le frais, et le fit changer d’avis, si bien que Ménélas, le responsable de tout ce mal, fut renvoyé libre des accusations portées contre lui. En revanche, le roi condamna à mort les malheureux accusateurs de Ménélas qui, même s’ils avaient plaidé devant des barbares, auraient été renvoyés innocents.

Eux, qui avaient pris la défense de la ville, du peuple et des objets sacrés, subirent sans tarder cette peine injuste. Aussi vit-on même des habitants de Tyr, horrifiés par un tel méfait, pourvoir magnifiquement à leur sépulture.

Quant à Ménélas, il se maintint au pouvoir, grâce à la cupidité des puissants. Sa méchanceté ne fit que croître, et il devint le principal adversaire de ses concitoyens.

Vers cette époque, Antiocos se mit à préparer sa deuxième expédition contre l’Égypte.

Or, il arriva que dans la ville de Jérusalem tout entière, pendant près de quarante jours, apparurent des cavaliers courant dans les airs, vêtus de robes brodées d’or, des troupes armées disposées en cohorte, des glaives dégainés, des escadrons de cavalerie en ordre de bataille, des attaques et des charges lancées de part et d’autre, des mouvements de boucliers, des forêts de piques, des projectiles volants, un éclat fulgurant d’armures d’or et des cuirasses en tout genre.

Aussi, tous priaient pour que cette apparition soit de bon augure.

Comme une fausse rumeur avait répandu la nouvelle de la mort d’Antiocos, Jason prit avec lui pas moins d’un millier d’hommes et dirigea à l’improviste une attaque contre la ville. Ceux qui étaient sur le rempart furent repoussés, et la ville fut bientôt prise. Ménélas se réfugia alors dans l’acropole.

Jason se livra sans pitié au massacre de ses propres concitoyens, oubliant qu’une victoire sur des frères de race est la plus grande des défaites. Il se comportait comme si ses trophées étaient remportés sur des ennemis, non sur des compatriotes. En fait, il ne réussit pas à s’emparer du pouvoir, il finit même par se couvrir de honte à cause de ses machinations, si bien qu’il gagna de nouveau en fugitif le pays des Ammonites.

En définitive, il subit un misérable retournement des choses : enfermé d’abord chez Arétas, prince des Arabes, il s’enfuit de ville en ville et, pourchassé par tous, détesté parce qu’il rejetait les lois, abhorré comme le bourreau de sa patrie et de ses concitoyens, il alla échouer en Égypte.

Lui, qui avait banni tant d’hommes de leur patrie, périt sur une terre étrangère, après s’être rendu auprès des Lacédémoniens, dans l’espoir d’y trouver un refuge en raison de leur parenté avec son peuple. Lui qui avait privé tant de gens de sépulture, nul ne le pleura ; il n’eut aucune espèce de funérailles ni aucune place dans le tombeau de ses pères.

Lorsque ces faits parvinrent à la connaissance du roi, celui-ci en conclut que la Judée s’était révoltée. Il quitta donc l’Égypte, furieux comme une bête sauvage, et s’empara de la ville à la pointe de la lance. Il ordonna aux soldats d’abattre sans pitié ceux qui leur tomberaient entre les mains et d’égorger ceux qui se réfugieraient dans les maisons. On extermina jeunes et vieux, on massacra femmes et enfants, on égorgea jeunes filles et tout-petits. Il y eut quatre-vingt mille victimes en ces trois jours : quarante mille tombèrent sous les coups, et autant furent vendus comme esclaves.

Non content de cela, Antiocos eut l’audace de pénétrer dans le Temple le plus saint de toute la terre, sous la conduite de ce Ménélas qui en était venu à trahir et les lois et la patrie. De ses mains infâmes, il s’empara des objets sacrés. Et les dons que d’autres rois avaient déposés pour l’enrichissement, la gloire et la dignité du Lieu saint, il les déroba de ses mains profanes.

Enflé d’orgueil, Antiocos ne voyait pas que le Maître suprême était un moment irrité à cause des péchés des habitants de la ville, et que c’est pour cela qu’il détachait ses regards du Lieu saint. Car si les habitants de la ville n’avaient pas été plongés dans une multitude de péchés, Antiocos lui aussi aurait été flagellé dès son arrivée et ainsi détourné de sa témérité, tout comme cet Héliodore qui avait été envoyé par le roi Séleucos pour inspecter la salle du trésor.

Pourtant, ce n’est pas à cause du Lieu saint que le Seigneur a choisi le peuple, c’est à cause du peuple qu’il a choisi le Lieu saint. C’est pourquoi le Lieu saint lui-même, après avoir été associé aux malheurs du peuple, eut ensuite part avec lui à son rétablissement. Lui qui avait été délaissé au temps de la colère du Tout-Puissant, il fut à nouveau restauré dans toute sa gloire, lors de la réconciliation avec le Maître suprême.

Antiocos, après avoir enlevé au Temple dix-huit cents talents, s’empressa de regagner Antioche. Dans son arrogance, il s’imaginait rendre la terre navigable et la mer praticable à la marche, tellement son cœur était enflé d’orgueil.

Mais il laissa des gouverneurs chargés de faire du mal à la nation : Philippe à Jérusalem, phrygien de race, mais de caractère encore plus barbare que celui qui l’avait établi, et Andronicos au Garizim. En plus de ceux-ci, il laissa Ménélas, qui surpassait tous les autres en méchanceté envers ses concitoyens. Nourrissant à l’égard des citoyens de Judée une profonde hostilité, le roi envoya Apollonios le Mysarque, à la tête d’une armée de vingt-deux mille hommes, avec l’ordre d’égorger tous ceux qui étaient dans la force de l’âge et de vendre les femmes et les jeunes enfants.

Arrivé à Jérusalem et jouant le personnage pacifique, Apollonios attendit le saint jour du sabbat. Alors, profitant du repos des Juifs, il commanda à ses hommes d’organiser une parade militaire. Tous ceux qui étaient sortis pour voir le défilé, il les fit massacrer ; puis, parcourant la ville avec ses soldats en armes, il abattit une foule considérable de gens.

Or Judas, appelé aussi Maccabée, s’étant retiré dans les montagnes avec une dizaine de compagnons, vivait avec eux à la manière des bêtes sauvages ; ils ne mangeaient que des herbes pour ne pas contracter la moindre souillure.

Peu de temps après, le roi envoya Géronte l’Athénien pour contraindre les Juifs à se détourner des lois de leurs pères et à ne plus se gouverner selon les lois de Dieu. Ils devaient en outre souiller le temple de Jérusalem en le dédiant à Zeus Olympien, et le temple du Garizim en le dédiant à Zeus Hospitalier, comme le demandaient les habitants de ce lieu. Cette invasion du mal fut pénible et difficile à supporter, même pour la population.

Débauches et parties de plaisir emplissaient le Temple : les païens s’y divertissaient avec des prostituées, avaient commerce avec des femmes sur les parvis sacrés, où ils introduisaient aussi des choses défendues. L’autel était recouvert d’offrandes non conformes aux lois et illicites. Il n’était possible ni de célébrer le sabbat, ni d’observer les fêtes de nos pères, ni simplement de se déclarer juif.

Chaque mois, le jour anniversaire de la naissance du roi, on était contraint par une amère nécessité de prendre part à un repas sacrilège. Et lors des fêtes dionysiaques, on était forcé de suivre, couronné de lierre, le cortège en l’honneur de Dionysos. Un décret fut promulgué, à l’instigation de Ptolémée, pour que, dans les villes grecques du voisinage, on tienne la même conduite à l’égard des Juifs, on organise des repas sacrilèges, et que l’on égorge ceux qui ne choisiraient pas d’adopter les coutumes grecques. Tout ceci laissait entrevoir l’imminence de la détresse.

Ainsi, deux femmes furent déférées en justice pour avoir fait circoncire leurs enfants. On suspendit leurs nourrissons à leurs seins et on les traîna publiquement à travers la ville, avant de les précipiter du haut des remparts. D’autres étaient accourus ensemble dans les cavernes voisines, pour y célébrer en cachette le septième jour. On les dénonça à Philippe, et ils furent tous brûlés, car ils s’étaient gardés de se défendre eux-mêmes, par respect pour la sainteté du jour.

Je recommande donc à ceux qui liront ce livre de ne pas se laisser décourager par ces événements, mais de penser que ces châtiments ont eu lieu non pour la ruine, mais pour l’éducation de notre race. Car c’est le signe d’une grande bonté que de ne pas tolérer longtemps ceux qui commettent l’impiété, mais de leur infliger sans retard des châtiments. En effet, à l’égard des autres nations, le Maître attend avec grande patience, pour les châtier, qu’elles aient atteint le comble de leurs péchés. Mais ce n’est pas ainsi qu’il a jugé bon d’agir avec nous, afin de ne pas avoir à nous punir plus tard, quand nos péchés seraient arrivés à leur pleine mesure. Il est donc vrai que jamais il ne nous retire sa miséricorde : tout en éduquant son peuple par des événements, il ne l’abandonne pas.

Qu’il nous suffise d’avoir rappelé cela. Après ces quelques mots, il nous faut revenir à notre récit.

Éléazar était l’un des scribes les plus éminents. C’était un homme très âgé, et de très belle allure. On voulut l’obliger à manger du porc en lui ouvrant la bouche de force.

Préférant avoir une mort prestigieuse plutôt qu’une vie abjecte, il marchait de son plein gré vers l’instrument du supplice, après avoir recraché cette viande, comme on doit le faire quand on a le courage de rejeter ce qu’il n’est pas permis de manger, même par amour de la vie.

Ceux qui étaient chargés de ce repas sacrilège le connaissaient de longue date. Ils le prirent à part et lui conseillèrent de faire apporter des viandes dont l’usage était permis, et qu’il aurait préparées lui-même. Il n’aurait qu’à faire semblant de manger les chairs de la victime pour obéir au roi ; en agissant ainsi, il échapperait à la mort et serait traité avec humanité grâce à la vieille amitié qu’il avait pour eux.

Mais il fit un beau raisonnement, bien digne de son âge, du rang que lui donnait sa vieillesse, du respect que lui valaient ses cheveux blancs, de sa conduite irréprochable depuis l’enfance, et surtout digne de la législation sainte établie par Dieu. Il s’exprima en conséquence, demandant qu’on l’envoyât sans tarder au séjour des morts :

« Une telle comédie est indigne de mon âge. Car beaucoup de jeunes gens croiraient qu’Éléazar, à quatre-vingt-dix ans, adopte la manière de vivre des étrangers. À cause de cette comédie, par ma faute, ils se laisseraient égarer eux aussi ; et moi, pour un misérable reste de vie, j’attirerais sur ma vieillesse la honte et le déshonneur.

Même si j’évite, pour le moment, le châtiment qui vient des hommes, je n’échapperai pas, vivant ou mort, aux mains du Tout-Puissant.

C’est pourquoi, en quittant aujourd’hui la vie avec courage, je me montrerai digne de ma vieillesse et, en choisissant de mourir avec détermination et noblesse pour nos vénérables et saintes lois, j’aurai laissé aux jeunes gens le noble exemple d’une belle mort. »

Sur ces mots, il alla tout droit au supplice. Pour ceux qui le conduisaient, ces propos étaient de la folie ; c’est pourquoi ils passèrent subitement de la bienveillance à l’hostilité.

Quant à lui, au moment de mourir sous les coups, il dit en gémissant : « Le Seigneur, dans sa science sainte, le voit bien : alors que je pouvais échapper à la mort, j’endure sous le fouet des douleurs qui font souffrir mon corps ; mais dans mon âme je les supporte avec joie, parce que je crains Dieu. »

Telle fut la mort de cet homme. Il laissa ainsi, non seulement à la jeunesse mais à l’ensemble de son peuple, un exemple de noblesse et un mémorial de vertu.

Sept frères avaient été arrêtés avec leur mère. À coups de fouet et de nerf de bœuf, le roi Antiocos voulut les contraindre à manger du porc, viande interdite. L’un d’eux se fit leur porte-parole et déclara : « Que cherches-tu à savoir de nous ? Nous sommes prêts à mourir plutôt que de transgresser les lois de nos pères. » Fou de rage, le roi ordonna que l’on chauffe des poêles et des chaudrons.

Dès qu’ils furent brûlants, il ordonna de couper la langue de celui qui s’était fait leur porte-parole, de lui arracher la peau de la tête et de lui couper les mains et les pieds, sous les yeux de ses autres frères et de sa mère. Lorsqu’il fut complètement mutilé, le roi ordonna de l’amener près du brasier et de le faire passer à la poêle, alors qu’il respirait encore. Tandis que des vapeurs abondantes se répandaient autour de la poêle, les autres s’exhortaient mutuellement, avec leur mère, à mourir avec noblesse. Ils disaient : « Le Seigneur Dieu nous voit et, en vérité, nous apporte le réconfort, comme Moïse l’a clairement affirmé dans son cantique où il témoigne, à la face de tous, que Dieu réconfortera ses serviteurs. »

Lorsque le premier fut mort de cette manière, on amena le deuxième pour le torturer. On lui arracha la peau de la tête avec les cheveux, puis on lui demanda : « Mangeras-tu, plutôt que d’être châtié dans ton corps, membre par membre ? » Mais il répondit, dans la langue de ses pères : « Non ! » C’est pourquoi lui aussi subit aussitôt les mêmes sévices que le premier. Au moment de rendre le dernier soupir, il dit : « Tu es un scélérat, toi qui nous arraches à cette vie présente, mais puisque nous mourons par fidélité à ses lois, le Roi du monde nous ressuscitera pour une vie éternelle. »

Après cela, le troisième fut mis à la torture. Il tendit la langue aussitôt qu’on le lui ordonna et il présenta les mains avec intrépidité, en déclarant avec noblesse : « C’est du Ciel que je tiens ces membres, mais à cause de ses lois je les méprise, et c’est par lui que j’espère les retrouver. » Le roi et sa suite furent frappés de la grandeur d’âme de ce jeune homme qui comptait pour rien les souffrances. Lorsque celui-ci fut mort, le quatrième frère fut soumis aux mêmes sévices.

Sur le point d’expirer, il parla ainsi : « Mieux vaut mourir par la main des hommes, quand on attend la résurrection promise par Dieu, tandis que toi, tu ne connaîtras pas la résurrection pour la vie. »

On amena aussitôt le cinquième pour le tourmenter. Fixant les yeux sur le roi, il dit : « Tout mortel que tu es, tu as autorité sur les hommes et tu fais ce que tu veux. Ne t’imagine pas pour autant que notre race soit abandonnée de Dieu. Mais toi, attends : tu verras combien sa puissance est grande et de quelle manière il sévira contre toi-même et ta descendance ! »

Après celui-là, on amena le sixième, et lorsqu’il fut sur le point de mourir, il dit : « Ne te fais pas de vaine illusion : c’est à cause de nous-mêmes que nous endurons ces souffrances, pour avoir péché contre notre propre Dieu. De là viennent ces malheurs surprenants. Mais toi, ne va pas croire que tu resteras impuni, pour avoir entrepris de faire la guerre à Dieu. »

Leur mère fut particulièrement admirable et digne d’une illustre mémoire : voyant mourir ses sept fils dans l’espace d’un seul jour, elle le supporta vaillamment parce qu’elle avait mis son espérance dans le Seigneur. Elle exhortait chacun d’eux dans la langue de ses pères ; cette femme héroïque leur parlait avec un courage viril : « Je suis incapable de dire comment vous vous êtes formés dans mes entrailles. Ce n’est pas moi qui vous ai donné l’esprit et la vie, qui ai organisé les éléments dont chacun de vous est composé. C’est le Créateur du monde qui façonne l’enfant à l’origine, qui préside à l’origine de toute chose. Et c’est lui qui, dans sa miséricorde, vous rendra l’esprit et la vie, parce que, pour l’amour de ses lois, vous méprisez maintenant votre propre existence. »

Antiocos s’imagina qu’on le méprisait, et soupçonna que ce discours contenait des insultes. Il se mit à exhorter le plus jeune, le dernier survivant. Bien plus, il lui promettait avec serment de le rendre à la fois riche et très heureux s’il abandonnait les usages de ses pères : il en ferait son ami et lui confierait des fonctions publiques.

Comme le jeune homme n’écoutait pas, le roi appela la mère, et il l’exhortait à conseiller l’adolescent pour le sauver. Au bout de ces longues exhortations, elle consentit à persuader son fils. Elle se pencha vers lui, et lui parla dans la langue de ses pères, trompant ainsi le cruel tyran : « Mon fils, aie pitié de moi : je t’ai porté neuf mois dans mon sein, je t’ai allaité pendant trois ans, je t’ai nourri et élevé jusqu’à l’âge où tu es parvenu, j’ai pris soin de toi. Je t’en conjure, mon enfant, regarde le ciel et la terre avec tout ce qu’ils contiennent : sache que Dieu a fait tout cela de rien, et que la race des hommes est née de la même manière. Ne crains pas ce bourreau, montre-toi digne de tes frères et accepte la mort, afin que je te retrouve avec eux au jour de la miséricorde. »

Lorsqu’elle eut fini de parler, le jeune homme déclara : « Qu’attendez-vous ? Je n’obéis pas à l’ordre du roi, mais j’écoute l’ordre de la Loi donnée à nos pères par Moïse. Et toi qui as inventé toutes sortes de mauvais traitements contre les Hébreux, tu n’échapperas pas à la main de Dieu. Car nous, c’est à cause de nos propres péchés que nous souffrons. En effet, notre Seigneur qui est vivant s’est irrité un moment contre nous, en vue de nous réprimander et de nous éduquer, mais de nouveau il se réconciliera avec ses serviteurs. Et toi, impie, le plus infâme de tous les hommes, ne t’enfle pas d’orgueil sans raison en te berçant d’espoirs incertains, alors que tu portes la main sur les serviteurs du Ciel, car tu n’as pas encore échappé au jugement du Dieu tout-puissant qui voit tout !

Nos frères, maintenant, ont supporté une épreuve passagère, pour une vie intarissable : ils sont tombés à cause de l’alliance de Dieu. Mais toi, par le jugement de Dieu, tu recevras le juste châtiment de ton arrogance. Quant à moi, comme mes frères, je me livre corps et âme pour les lois de nos pères, en suppliant Dieu de se montrer bientôt favorable à la nation et de t’amener, par des épreuves et des fléaux, à confesser que lui seul est Dieu. Je prie aussi pour que la colère du Tout-Puissant, justement déchaînée sur l’ensemble de notre race, prenne fin avec ma mort et celle de mes frères. »

Fou de rage, exaspéré par la moquerie, le roi s’acharna contre ce dernier plus cruellement encore que contre les autres. Le jeune homme mourut donc, pur de toute souillure, mettant toute sa confiance dans le Seigneur. Enfin, après tous ses fils, la mère mourut la dernière. Nous en resterons là pour le récit des repas sacrilèges et des tourments sans mesure.

Deuxième livre des Macchabées 3, 24-34 (Héliodore)

2 M 3, 24-34 : Mais à l’endroit précis où il se trouvait déjà, avec ses gardes, près de la salle du trésor, le Souverain des esprits célestes et de toute autorité se manifesta avec un tel éclat que tous ceux qui avaient eu l’audace d’entrer, frappés par la force de Dieu, défaillirent d’épouvante. Un cheval leur apparut, monté par un redoutable cavalier et orné d’un harnachement somptueux. S’élançant avec impétuosité, il projetait les sabots antérieurs vers Héliodore. L’homme qui le chevauchait paraissait avoir une armure d’or.

En même temps lui apparurent deux autres jeunes gens, d’une force extraordinaire, éclatants de beauté et magnifiquement vêtus. Se plaçant de part et d’autre d’Héliodore, ils le flagellaient sans relâche, lui portant une grêle de coups. Subitement, Héliodore fut terrassé et environné d’épaisses ténèbres ; on le ramassa pour le mettre sur une civière.

Cet homme, qui venait de pénétrer dans la salle du trésor avec une escorte nombreuse et toute sa garde, n’était plus d’aucun secours à lui-même ; on l’emporta, en reconnaissant ouvertement le pouvoir de Dieu. Lui, par l’action de la force divine, gisait sans voix, privé de tout espoir de salut ; les autres bénissaient le Seigneur qui avait grandement glorifié son Lieu saint. Le Temple qui, un instant auparavant, était rempli de frayeur et de trouble, débordait de joie et d’allégresse, grâce à la manifestation du Seigneur tout-puissant. Bien vite, quelques-uns des compagnons d’Héliodore supplièrent Onias d’invoquer le Très-Haut et d’obtenir la grâce de la vie pour cet homme qui gisait là et en était à son tout dernier souffle.

Le grand prêtre, dans la crainte que le roi ne soupçonne les Juifs d’avoir commis un mauvais coup contre Héliodore, offrit un sacrifice pour le salut de cet homme. Or, tandis qu’il accomplissait le sacrifice d’expiation, les mêmes jeunes gens, revêtus des mêmes habits, apparurent une seconde fois à Héliodore. Ils se tinrent près de lui et lui dirent : « Rends pleinement grâce à Onias, le grand prêtre, car c’est à cause de lui que le Seigneur t’a accordé la grâce de vivre. Toi qui as été flagellé par le Ciel, proclame devant tous le pouvoir grandiose de Dieu. » Après ces paroles, ils disparurent.

Deuxième livre des Macchabées 4, 1-6 (Simon)

2 M 4, 1-6 (Simon) : Simon, dont il a déjà été question, était devenu celui qui dénonçait les richesses de sa patrie. Il continuait à calomnier Onias, en prétendant que c’était lui qui avait assailli Héliodore et provoqué ce malheur. Il osait présenter le bienfaiteur de la ville, le protecteur des gens de sa nation, l’ardent défenseur des lois, comme un conspirateur contre les affaires publiques. Cette haine alla si loin que même des meurtres furent commis par l’un des partisans de Simon.

Considérant l’importance de cette rivalité, et constatant qu’Apollonios, fils de Ménesthée, gouverneur militaire de Cœlé-Syrie et de Phénicie, ne faisait qu’accroître la malveillance de Simon, Onias se rendit chez le roi, non comme accusateur de ses concitoyens, mais pour veiller à l’intérêt général de tout le peuple et de chacun en particulier. Il voyait bien, en effet, que sans une intervention royale, il était impossible de rétablir la paix publique, et que Simon ne mettrait pas un terme à sa folie.;

Deuxième livre des Macchabées (mort de Ménélaus)

2 M 13, 7-8 : Tel fut le supplice par lequel mourut cet homme infidèle à la Loi, ce Ménélas, qui ne reçut même pas de sépulture. Et ce n’était que justice : en effet, lui qui avait commis de nombreux péchés contre l’autel, dont le feu et la cendre étaient sacrés, c’est dans la cendre qu’il trouva la mort.

EMV 132.4 · Tome 2, p. 387-389

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

132.4 Coupable d’homicide et d’adultère, réprouvé de Dieu, David obtint pourtant son pardon après avoir crié au Seigneur : “ Aie pitié, non par respect pour moi, mais pour l’honneur de ta miséricorde, qui est infinie. A cause d’elle, efface mon péché. Il n’est pas d’eau qui puisse laver mon coeur si elle n’est pas puisée dans les tréfonds de ta sainte bonté. Lave-moi par elle de mon iniquité et purifie-moi de ma souillure. Je ne nie pas mon péché, je reconnais même ma faute et elle est toujours devant moi comme un témoin qui m’accuse. J’ai offensé l’homme dans mon prochain et en moi-même, mais je regrette surtout d’avoir péché contre toi. Que cela te montre que je reconnais que tu es juste en toutes tes paroles et que je crains ton jugement qui triomphe de toute puissance humaine. Mais considère, ô Eternel, que je suis né dans le péché et que pécheresse était celle qui m’a conçu, et aussi que tu m’as aimé au point d’en arriver à me dévoiler ta sagesse et à me la donner comme maîtresse pour comprendre les mystères de tes sublimes vérités. Or si tu as tant fait pour moi, dois-je te craindre ? Non, je ne crains pas. Asperge-moi avec l’amertume de la douleur et je serai purifié. Lave-moi par les larmes et je serai pur comme neige. Fais-moi entendre ta voix, et ton serviteur humilié exultera, parce que ta voix est joie et gaieté, même si elle réprimande. Tourne ton visage vers mes péchés. Ton regard effacera mon iniquité. Le coeur que tu m’as donné a été profané par Satan et par la faiblesse de mon humanité. Crée en moi un coeur nouveau qui soit pur, et détruis ce qui est corruption au plus profond de ton serviteur, pour que règne uniquement en lui un esprit droit. Mais ne me chasse pas de ta présence et ne m’enlève pas ton amitié car seul le salut qui vient de toi est joie pour mon âme, et ton esprit souverain fait le réconfort de l’homme humilié. Fais que je devienne celui qui va parmi les hommes pour annoncer : ‘ Voyez comme le Seigneur est bon. Marchez sur ses chemins et vous serez bénis comme je le suis, moi, cet avorton qui redevient fils de Dieu par la grâce qui renaît en moi. ’ Et les impies se convertiront à toi. Mon sang et ma chair se révoltent et crient en moi. Libère-moi, Seigneur, toi le salut de mon âme, et je chanterai tes louanges. Je ne savais pas, mais maintenant j’ai compris. Ce n’est pas un sacrifice de béliers que tu veux, mais l’holocauste d’un coeur contrit. Un coeur contrit et humilié t’est plus agréable que les béliers et les moutons, parce que tu nous as créés pour toi, et tu veux que nous nous en souvenions et te rendions ce qui est à toi. Dans ta grande bonté, montre-toi bienveillant à mon égard et reconstruis ma Jérusalem qui est aussi la tienne : celle d’un esprit purifié et pardonné sur lequel on puisse offrir le sacrifice, l’oblation et l’holocauste pour les péchés en action de grâce et de louange. Et que chacun de mes nouveaux jours soit une hostie de sainteté qui se consume sur ton autel pour s’élever avec le parfum de mon amour jusqu’à toi. ”

Annotation

Psaume 51

Ps 51 : Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché. Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense. Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi. Contre toi, et toi seul, j'ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait. Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice, être juge et montrer ta victoire.

Moi, je suis né dans la faute, j'étais pécheur dès le sein de ma mère. Mais tu veux au fond de moi la vérité ; dans le secret, tu m'apprends la sagesse. Purifie-moi avec l'hysope, et je serai pur ; lave-moi et je serai blanc, plus que la neige. Fais que j'entende les chants et la fête : ils danseront, les os que tu broyais.

Détourne ta face de mes fautes, enlève tous mes péchés. Crée en moi un coeur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. Ne me chasse pas loin de ta face, ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d'être sauvé ; que l'esprit généreux me soutienne. Aux pécheurs, j'enseignerai tes chemins ; vers toi, reviendront les égarés. Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur, et ma langue acclamera ta justice. Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange.

Si j'offre un sacrifice, tu n'en veux pas, tu n'acceptes pas d'holocauste. Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un coeur brisé et broyé. Accorde à Sion le bonheur, relève les murs de Jérusalem. Alors tu accepteras de justes sacrifices, oblations et holocaustes ; alors on offrira des taureaux sur ton autel.

EMV 134.4 · Tome 2, p. 405

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

La vieille, à genoux, ne trouvant rien d’autre à dire, dans sa joie, entonne le cantique d’Azarias dans la fournaise. Elle le récite tout entier, de sa voix tremblante de vieille femme émue.

« Ah ! Seigneur ! Mais que puis-je faire pour toi ? Je n’ai rien pour te faire honneur ! » dit-elle finalement.

Jésus la relève et lui dit :

« Permets-moi seulement de me reposer de ma fatigue. Et surtout, tais-toi. Le monde ne m’aime pas. Je dois m’éloigner pour quelque temps. Je te demande fidélité à Dieu et silence : à toi, à l’épouse, aux petits.

Annotation

Livre de Daniel 3, 25-45

Dn 3, 25-45 : Et Azarias, se levant, fit cette prière ; ouvrant la bouche au milieu du feu, il dit : Soyez béni, Seigneur, Dieu de nos pères ; votre nom est digne de louange et de gloire à jamais. Car vous êtes juste dans tout ce que vous nous avez fait, et toutes vos œuvres sont vraies ; vos voies sont droites, et vos jugements sont équitables.

Car vous avez rendu des jugements équitables ; dans tous les maux que vous avez fait venir sur nous ; et sur la ville sainte de nos pères, Jérusalem ; c'est par un juste jugement que vous avez fait tout cela, à cause de nos péchés. Car nous avons péché et commis l'iniquité en nous retirant de vous, et nous avons manqué en toutes choses. Nous n'avons pas écouté vos commandements et nous ne les avons pas observés, et nous n'avons pas agi selon que vous nous l'aviez commandé, afin que nous fussions heureux.

Tout ce que vous avez fait venir sur nous, tout ce que vous nous avez fait, c'est par un juste jugement que vous l'avez fait. Vous nous avez livrés aux mains d'ennemis injustes, d'apostats acharnés contre nous, et d'un roi injuste, le plus méchant de toute la terre. Et maintenant nous n'osons ouvrir la bouche ; la honte et l'opprobre sont à vos serviteurs, et à tous ceux qui vous adorent.

Ne nous livrez pas pour toujours, à cause de votre nom, et ne détruisez pas votre alliance. Ne retirez pas de nous votre miséricorde, à cause d'Abraham votre ami, d'Isaac votre serviteur, et d'Israël votre saint, auxquels vous avez promis de multiplier leur postérité ; comme les étoiles du ciel, et comme le sable qui est sur le rivage de la mer.

Car, Seigneur, nous sommes réduits devant toutes les nations, et nous sommes aujourd'hui humiliés par toute ta terre, à cause de nos péchés. Il n'y a plus en ce temps pour nous ni prince, ni chef, ni prophète, ni holocauste, ni sacrifice, ni oblation, ni encens ; ni endroit pour apporter devant vous les prémices et trouver grâce.

Mais, Seigneur, puissions-nous être reçus, le cœur contrit et l'esprit humilié, comme vous recevez un holocauste de béliers et de taureaux, ou de mille agneaux gras ; qu'il en soit ainsi de notre sacrifice devant vous aujourd'hui, et de notre soumission envers vous, car il n'y a pas de confusion pour ceux qui se fient en vous. Maintenant, nous vous suivons de tout notre cœur, nous vous craignons et nous cherchons votre visage.

Ne nous confondez pas, mais traitez-nous selon votre douceur, et selon l'abondance de votre miséricorde. 4élivrez-nous par vos prodiges, et donnez, Seigneur, gloire à votre nom. Qu'ils soient confondus tous ceux qui maltraitent vos serviteurs, couverts de honte par la perte de toute leur puissance, et que leur force soit brisée, qu'ils sachent que vous êtes le Seigneur, le seul Dieu, et le glorieux souverain de toute la terre ! "

EMV 135.7 · Tome 2, p. 414-415

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« Que dire de ces malheureux ? Dieu leur a donné le temps de faire pénitence et ils en abusent pour pécher. Mais le Seigneur ne les perd pas de vue, même quand il semble le faire. Un moment vient où, comme la foudre qui brise même le roc, l’amour de Dieu brise leur coeur dur, ou bien encore l’accumulation de leurs fautes fait monter jusqu’à leur gueule et leurs narines la marée de leur fange. Ils ressentent alors – oh oui, ils ressentent enfin ! – le dégoût de cette saveur et de cette puanteur qui répugne aux autres et qui remplit leur coeur. Alors vient un moment où ils en ont la nausée et il s’élève en eux un commencement de désir de faire le bien.

L’âme s’écrie alors : “ Et qui m’aidera à revenir au temps de ma jeunesse, quand mon âme était dans l’amitié de Dieu ? Quand sa lumière brillait dans mon coeur et que je marchais dans son rayonnement ? Quand, devant ma justice, le monde se taisait, plein d’admiration, et que quiconque me voyait proclamait mon bonheur ? Le monde buvait mon sourire, on accueillait mes paroles comme celles d’un ange et le coeur de mes proches tressaillait de fierté dans leur poitrine. Et maintenant que suis-je devenue ? Objet de railleries pour les jeunes, d’horreur pour les vieux. Je suis l’objet de leurs moqueries et ils me crachent leur mépris au visage. ” Oui, c’est ainsi que parle à certaines heures l’âme des pécheurs, des vrais Job, car il n’y a pas de misère plus grande que celle-là, la misère de celui qui a perdu pour toujours l’amitié de Dieu et son Royaume. Et elle doit faire pitié, seulement pitié.

Ce sont des âmes qui, par désoeuvrement ou par étourderie, ont perdu l’éternel Epoux. “ La nuit, dans mon lit, je cherchais l’amour de mon âme et ne le trouvais pas. ” En effet, dans les ténèbres, on ne peut distinguer l’époux, et l’âme, aiguillonnée par l’amour, inconsciente parce qu’elle est environnée par la nuit spirituelle, cherche et veut trouver un rafraîchissement à son tourment. Elle croit le trouver dans un amour quelconque. Non. Il n’y a qu’un amour pour l’âme : Dieu. Elles errent, ces âmes que l’amour de Dieu aiguillonne, à la recherche de l’amour. Il suffirait qu’elles veuillent en elles la lumière et elles auraient l’Amour pour époux. Elles errent, comme des malades, cherchant à tâtons l’amour, et elles rencontrent tous les amours, toutes les choses dégoûtantes auxquelles l’homme a donné ce nom, mais elles ne trouvent pas l’Amour ; car l’Amour, c’est Dieu et non pas l’or, la jouissance, le pouvoir.

Pauvres, pauvres âmes ! Si elles étaient moins paresseuses, elles se seraient levées au premier appel de l’Epoux éternel pour aller vers Dieu qui appelle : “ Suis-moi ”, vers Dieu qui dit : “ Ouvre-moi ”, de sorte qu’elles ne seraient pas allées ouvrir la porte avec l’élan de leur amour réveillé quand l’Epoux déçu est déjà loin. Disparu... Et elles n’auraient pas profané cet élan saint d’un besoin d’aimer dans une boue qui dégoûte l’animal immonde tant elle est saumâtre et couverte de ronces, et celles-ci n’étaient pas des fleurs mais seulement des aiguilles qui la déchirent au lieu de la couronner. Elles n’auraient pas connu le mépris des gardes de service, de tous les gens qui, comme Dieu mais pour des motifs opposés, ne perdent pas de vue le pécheur et le montrent du doigt pour le tourner en dérision et le critiquer.

Pauvres âmes frappées, dépouillées, blessées par tout le monde ! Seul Dieu ne s’unit pas à cette lapidation de mépris sans pitié.

Mais il fait tomber ses larmes pour guérir ses blessures et revêtir sa créature d’un vêtement qui brille comme le diamant. C’est toujours sa créature... Dieu seul... et avec le Père, les enfants de Dieu. Bénissons le Seigneur. Il a voulu que, pour les pécheurs, je doive revenir ici pour vous dire : “ Pardonnez, pardonnez toujours. Faites sortir de tout mal un bien, de toute offense une grâce. ” Je ne vous dis pas seulement “ faites-le ”, je vous dis : répétez mon geste. J’aime, et je bénis mes ennemis puisque, grâce à eux, j’ai pu revenir vers vous, mes amis.

La paix soit sur vous tous. »

Détail

Jésus parle des hommes riches et méchants, des pécheurs qui ont mené une vie de luxe et de péché.

Annotation

Livre de Job, 29

Jb 29

Job reprit encore son discours et dit :

Oh ! Qui me rendra les mois d'autrefois, les jours où Dieu veillait à ma garde ; quand sa lampe brillait sur ma tête, et que sa lumière me guidait dans les ténèbres ! Tel que j'étais aux jours de mon âge mûr, quand Dieu me visitait familièrement dans ma tente, 5quand le Tout-Puissant était encore avec moi, et que mes fils m'entouraient ; quand je lavais mes pieds dans le lait, et que le rocher me versait des flots d'huile !

Lorsque je sortais pour me rendre à la porte de la ville, et que j'établissais mon siège sur la place publique, en me voyant, les jeunes gens se cachaient, les vieillards se levaient et se tenaient debout. Les princes retenaient leurs paroles, et mettaient leur main sur la bouche. La voix des chefs restait muette, leur langue s'attachait à leur palais. L'oreille qui m'entendait me proclamait heureux, l'œil qui me voyait me rendait témoignage.

Car je sauvais le pauvre qui implorait du secours, et l'orphelin dénué de tout appui. La bénédiction de celui qui allait périr venait sur moi, je remplissais de joie le cœur de la veuve. Je me revêtais de la justice comme d'un vêtement, mon équité était mon manteau et mon turban. J'étais l'œil de l'aveugle, et le pied du boiteux. J'étais le père des pauvres, j'examinais avec soin la cause de l'inconnu. Je brisais la mâchoire de l'injuste, et j'arrachais sa proie d'entre les dents. Je disais : « Je mourrai dans mon nid, j'aurai des jours nombreux comme le sable. Mes racines s'étendent vers les eaux, la rosée passe la nuit dans mon feuillage. Ma gloire reverdira sans cesse, et mon arc reprendra sa vigueur dans ma main. »

On m'écoutait et l'on attendait, on recueillait en silence mon avis. Après que j'avais parlé, personne n'ajoutait rien ; ma parole coulait sur eux comme la rosée. Ils m'attendaient comme on attend la pluie ; ils ouvraient la bouche comme aux ondées du printemps. Si je leur souriais, ils ne pouvaient le croire ; ils recueillaient avidement ce signe de faveur. Quand j'allais vers eux, j'avais la première place, je siégeais comme un roi entouré de sa troupe, comme un consolateur au milieu des affligés.

Job 30, 1-10

Jb 30, 1-10

Et maintenant, je suis la risée d'hommes plus jeunes que moi, dont je n'aurais pas daigné mettre les pères parmi les chiens de mon troupeau. Qu'aurais-je fait de la force de leurs bras ? Ils sont privés de toute vigueur. Desséchés par la misère et la faim, ils broutent le désert, un sol depuis longtemps aride et désolé. Ils cueillent sur les buissons des bourgeons amers, ils n'ont pour pain que la racine des genêts. On les écarte de la société des hommes, on crie après eux comme après le voleur. Ils habitent dans d'affreuses vallées, dans les cavernes de la terre et les rochers. On entend leurs cris sauvages parmi les broussailles, ils se couchent ensemble sous les ronces : gens insensés, race sans nom, bannis avec mépris de la terre habitée ! Et maintenant je suis l'objet de leurs chansons, je suis en butte à leurs propos. Ils ont horreur de moi, ils me fuient, ils ne détournent pas leur crachat de mon visage.

Cantique des Cantiques 3, 1-3

Ct 3, 1-3 :

Sur ma couche, pendant la nuit, j'ai cherché celui que mon cœur aime ; je l'ai cherché et je ne l'ai point trouvé. " Levons-nous, me suis-je dit, parcourons la ville, les rues et les places, cherchons celui que mon cœur aime. " Je l'ai cherché et je ne l'ai point trouvé. Les gardes m'ont rencontrée, ceux qui font la ronde dans la ville : " Avez-vous vu celui que mon cœur aime ?