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EMV 75.1-6 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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75.1 Les collines se font beaucoup plus hautes et boisées que celles de Bethléem et s’élèvent toujours plus, formant une vraie chaîne de montagnes.

Jésus monte, en tête, scrutant devant et autour de lui, comme s’il cherchait quelque chose. Il ne parle pas. Il écoute les bruits des bois plutôt que les discussions des disciples, quelques mètres derrière lui.

Une clarine se fait entendre au loin, mais le vent apporte le son de la clochette. Jésus sourit. Il se retourne.

« J’entends des brebis, dit-il.

– Où ça, Maître ?

– Vers ce coteau, à ce qu’il me semble, mais le bois m’empêche de voir. »

Jean ne dit mot. Il retire son habit – le manteau, tous le portent roulé en bandoulière, car ils ont chaud – et, gardant sa tunique courte, il enlace un tronc élevé et lisse, un frêne, dirait-on, et il grimpe, il grimpe... jusqu’à ce qu’il voie.

« Oui, Maître, il y a beaucoup de troupeaux, ainsi que trois bergers là-bas, derrière ce bois touffu. »

Il descend et tous y vont, rassurés.

« Est-ce qu’il s’agit bien d’eux ?

– Nous le leur demanderons, Simon, et si ce n’est pas eux, ils nous renseigneront. Ils se connaissent entre eux. »

Encore environ une centaine de mètres, puis voilà un grand pâturage vert, entouré de gros arbres anciens.

75.2 Des troupeaux nombreux se trouvent sur la pente du pré et broutent l’herbe abondante. Trois hommes les gardent. L’un est âgé, déjà tout blanc, les autres ont, l’un la trentaine, l’autre la quarantaine environ.

« Attention, Maître, ce sont des pâtres... » conseille Judas, en voyant que Jésus presse le pas.

Mais Jésus ne répond même pas. Il avance, grand, beau, le visage éclairé par le soleil couchant, dans son blanc vêtement. On dirait un ange, tant il est lumineux...

« Que la paix soit avec vous, mes amis » dit-il quand il arrive à la limite du pré.

Surpris, les trois hommes se retournent. Un silence, puis le plus ancien demande :

« Qui es-tu ?

– Quelqu’un qui t’aime.

– Tu serais bien le premier depuis de nombreuses années ! D’où viens-tu ?

– De Galilée.

– De Galilée ? Oh ! »

L’homme le regarde attentivement. Les autres aussi se sont approchés.

« De Galilée » répète le berger ; et il ajoute à mi-voix, comme s’il s’adressait à lui-même : « Lui aussi venait de Galilée... De quel endroit, Seigneur ?

– De Nazareth.

– Oh ! Dis-moi, alors : est-ce qu’un enfant y est revenu, avec une femme qui s’appelait Marie et un homme du nom de Joseph, un enfant encore plus beau que sa mère ? On n’a jamais vu de fleur plus belle sur les collines de Juda. Un bébé né à Bethléem de Juda, au temps de l’édit ? Un enfant qui a ensuite pris la fuite pour le bonheur du monde. Cet enfant, je donnerais ma vie pour le savoir vivant et devenu maintenant un homme !

– Pourquoi dis-tu que sa fuite a fait le bonheur du monde ?

– Parce que c’était le Sauveur, le Messie, et qu’Hérode voulait sa mort. Je n’étais pas là quand il s’est enfui avec son père et sa Mère... Lorsque j’ai appris le massacre et que je suis revenu – car moi aussi, j’avais des enfants (il sanglote), Seigneur, et une femme... (il sanglote encore)... je les ai vus massacrés (il san­glote), mais je te jure par le Dieu d’Abraham que je tremblais plus pour lui que pour ma propre chair –, j’ai appris qu’il s’était enfui et pourtant, je n’ai pas pu m’informer ni retrouver mes enfants égorgés... A coups de pierres, comme un lépreux, comme un impur, j’ai été pris pour un assassin... et j’ai dû m’enfuir dans les bois, vivre comme un loup... jusqu’à ce que je trouve un maître. Ah ! ce n’est plus Anne... Celui-ci est dur et cruel... Si une brebis chute et se blesse, si le loup m’emporte un agneau, il me faut être fouetté jusqu’au sang ou bien perdre mes petites économies, travailler dans les bois pour les autres, faire n’importe quoi, mais payer, toujours le triple de la valeur. Mais peu importe. J’ai toujours dit au Très-Haut : “ Fais-moi voir ton Messie, fais-moi savoir au moins qu’il est vivant et tout le reste n’est rien. ” Seigneur, je t’ai dit comment j’ai été traité par les habitants de Bethléem et comment je le suis par mon patron. J’aurais pu rendre le mal pour le mal ou faire le mal en volant, pour ne pas souffrir à cause de mon maître. Mais je n’ai voulu que pardonner, souffrir, être honnête car les anges ont dit : “ Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. ”

– C’est ce qu’ils ont dit ?

– Oui, Seigneur, tu peux le croire, toi au moins qui es bon. Sais-tu, au moins, et le crois-tu, que le Messie est né ? Personne ne veut plus le croire. Mais les anges ne mentent pas... et nous, nous n’étions pas ivres, comme ils l’ont prétendu. Celui-ci, tu vois, n’était alors qu’un enfant, et il fut le premier à voir l’ange. Il ne buvait que du lait, lui. Est-ce que le lait peut enivrer ? Les anges ont dit : “ Aujourd’hui, dans la cité de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Vous le reconnaîtrez à ceci : vous trouverez un bébé couché dans une mangeoire, enveloppé de langes. ”

– C’est exactement ce qu’ils ont dit ? N’avez-vous pas mal entendu ? Ne vous trompez-vous pas, depuis si longtemps ?

– Oh ! Non, hein, Lévi ? Pour ne pas oublier – d’ailleurs, nous ne l’aurions pas pu, car c’étaient des paroles du Ciel qui s’étaient gravées en lettres de feu dans nos coeurs –, tous les matins, tous les soirs, au lever du soleil et quand brille la première étoile, nous le disons comme une prière, pour en recevoir bénédiction, force et réconfort, avec son nom à lui et le nom de sa Mère.

– Ah ! Vous disiez : “ Christ ” ?

– Non, Seigneur, nous disions : “ Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, par Jésus, le Christ, qui est né de Marie dans une étable de Bethléem et qui était dans une mangeoire, enveloppé dans des langes. C’est lui le Sauveur du monde. ”

75.3 – Mais, en somme, qui cherchez-vous ?

– Jésus, le Christ, fils de Marie, le Nazaréen, le Sauveur.

– C’est moi. »

A ces mots, Jésus s’illumine en se manifestant à ses fidèles et tenaces amis. Tenaces, fidèles, patients.

« Toi ! O Seigneur, Sauveur, notre Jésus ! »

Les trois hommes sont à terre et baisent les pieds de Jésus, pleurant de joie.

« Relevez-vous. Debout, Elie, et toi Lévi, et toi que je ne con­nais pas.

– Joseph, fils de Joseph.

– Et voici mes disciples : Jean, galiléen, Simon et Judas, judéens. »

Les bergers ne sont plus face à terre, mais encore à genoux. Penchés en arrière sur leurs talons, ils adorent le Sauveur avec un regard d’amour, des lèvres qui tremblent d’émotion, leurs visages pâles ou rouges de joie.

Jésus s’assied sur l’herbe.

« Non, Seigneur ! Pas sur l’herbe, pas toi, le roi d’Israël !

– Laissez, mes amis. Je suis pauvre, seulement un menuisier pour le monde. Riche uniquement d’amour pour le monde, et de l’amour que les bons me témoignent. Je suis venu pour rester chez vous, rompre avec vous le pain du soir, dormir sur le foin à côté de vous, recevoir votre réconfort...

– Du réconfort ! Nous sommes rustres et persécutés...

– Je suis persécuté moi aussi, mais vous me donnez ce que je cherche : l’amour, la foi et l’espérance qui résiste après bien des années et donne sa fleur. Vous voyez ? Vous avez su m’attendre et vous avez cru sans hésitation que c’était moi. Et moi, je suis venu.

– Oh oui, tu es venu ! Maintenant, même si je meurs, je n’ai plus rien à regretter de ce que j’aurais pu espérer sans jamais l’obtenir.

– Non, Elie, tu vivras jusqu’après le triomphe du Christ. Toi qui as vu mon aube, tu dois voir ma splendeur. 75.4 Et les autres ? Vous étiez douze : Elie, Lévi, Samuel, Jonas, Isaac, Tobie, Jonathas, Daniel, Siméon, Jean, Joseph et Benjamin. Ma Mère me répétait toujours vos noms, les noms de mes premiers amis.

– Oh ! »

Les bergers sont toujours plus émus.

« Où sont les autres ?

– Le vieux Samuel est mort de vieillesse il y a vingt ans de cela. Joseph a été tué en se battant à la porte de son enclos, pour donner le temps à son épouse – qui était mère depuis quelques heures – de s’enfuir avec celui-ci que j’ai recueilli par amour pour mon ami, et pour... et pour avoir encore des enfants autour de moi. J’ai pris aussi Lévi avec moi... Il était persécuté. Benjamin est berger sur le mont Liban, avec Daniel. Siméon, Jean et Tobie – qui maintenant a pris le nom de Mathias en souvenir de son père, tué lui aussi – sont disciples de Jean. Jonas est dans la plaine d’Esdrelon, au service d’un pharisien. Isaac a les reins malades, il est dans une misère absolue, et il est seul, à Yutta. Nous l’aidons comme nous pouvons... mais nous sommes tous battus et ce sont des gouttes d’eau dans un incendie. Jonathas est maintenant serviteur chez un grand de la cour d’Hérode.

– Comment avez-vous pu, spécialement Jonathas, Jonas, Daniel et Benjamin, trouver ces emplois ?

– Je me souvenais de Zacharie, ton parent... Ta Mère m’avait envoyé à lui. Et quand nous nous sommes trouvés aux prises avec la furie des juifs, fugitifs et maudits, je les lui ai adressés. Il s’est montré bon. Il nous a protégés, nourris, il nous a cherché des patrons, comme il le pouvait. J’avais déjà pris tout le troupeau d’Anne passé à l’hérodien... et je suis resté avec lui... Une fois adulte, Jean-Baptiste a commencé à prêcher, et Siméon, Jean et Tobie l’ont suivi.

– Mais, maintenant, Jean-Baptiste est prisonnier.

– Oui. Et eux circulent aux environs de Machéronte, avec un petit troupeau. Il leur a été donné par un riche, un disciple de Jean ton parent, pour écarter les soupçons.

– Je voudrais les voir tous.

– Oui, Seigneur. Nous irons leur annoncer : “ Venez, il est vivant. Il se souvient de nous et nous aime. ”

– Et il veut les compter au nombre de ses amis.

– Oui, Seigneur.

– Mais pour commencer, nous irons voir Isaac. Quant à Samuel et Joseph, où sont-ils enterrés ?

– Samuel, à Hébron. Il est resté au service de Zacharie. Joseph... n’a pas de tombeau, Seigneur. Il a brûlé avec sa maison.

– Il sera bientôt dans la gloire, non pas dans les flammes des hommes cruels, mais dans les flammes du Seigneur. Je vous l’assure ; à toi, Joseph, fils de Joseph, je te l’assure. Viens que je t’embrasse en guise de remerciement à ton père.

– Et mes enfants ?

– Ce sont des anges, Elie. Des anges qui rediront le “ Gloria ” quand le Sauveur sera couronné.

– Couronné roi ?

– Non, Rédempteur. Oh ! Cortège des justes et des saints ! D’abord, les phalanges, blanches et pourpres des petits martyrs ! Et, une fois que sera ouverte la porte des limbes, nous monterons ensemble au Royaume où l’on ne meurt plus. Et puis vous verrez et retrouverez vos pères, mères et enfants dans le Seigneur ! Ayez foi.

– Oui, Seigneur.

– Appelez-moi : Maître. 75.5 La nuit tombe. La première étoile apparaît. Dis ta prière avant le repas.

– Non, pas moi, toi.

– Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, qui ont mérité de voir la Lumière et de la servir. Le Sauveur est parmi eux. Le Berger de race royale est au milieu de son troupeau. L’Etoile du matin s’est levée. Réjouissez-vous, vous les justes ! Réjouissez-vous dans le Seigneur ! Lui qui a créé la voûte des cieux et y a semé les étoiles, lui qui a fixé les limites des terres et de la mer, lui qui a créé les vents et les pluies et réglé le cours des saisons pour donner pain et vin à ses enfants, voici qu’il vous envoie maintenant une nourriture plus excellente: le Pain vivant qui descend du Ciel, le Vin de la vigne éternelle. Venez, vous les prémices de mes adorateurs. Venez connaître le Père, en vérité, pour le suivre en sainteté et obtenir de lui une récompense éternelle. »

Jésus a prié debout, les bras tendus, pendant que ses disciples et les bergers se tenaient à genoux.

Après cela, on distribue du pain et une jatte de lait frais tiré. Comme il y a trois écuelles, ou trois courges évidées, je ne sais, c’est d’abord Jésus, Simon et Judas qui mangent, puis Jean à qui Jésus passe son bol, en même temps que Lévi et Joseph, et en dernier Elie.

Les animaux ne broutent plus. Serrés les uns contre les autres, ils ont formé un grand troupeau, en attendant peut-être qu’on les conduise à leur enclos. Mais je vois au contraire les trois bergers les conduire dans le bois, sous un grossier hangar de branchages entouré de cordes. Ils se mettent à préparer un lit de foin pour Jésus et ses disciples. On allume des feux, probablement à cause des bêtes sauvages.

Fatigués, Judas et Jean s’étendent, et peu après s’endorment. Simon voudrait bien tenir compagnie à Jésus, mais il ne tarde pas à s’endormir lui aussi, assis sur le foin, le dos appuyé à un pieu.

75.6 Jésus reste éveillé avec les bergers. Et ils parlent : de Joseph, de Marie, de la fuite en Egypte, du retour... Après ces demandes d’informations affectueuses, voici venir des questions plus élevées : que faire pour servir Jésus ? Comment le pourront-ils, eux, de frustres bergers ?

Jésus les instruit et explique :

« Je vais maintenant parcourir la Judée. Vous serez toujours tenus informés par les disciples. Plus tard, je vous ferai venir. Rassemblez-vous, en attendant. Faites en sorte de vous informer mutuellement de ma présence en ce monde comme Maître et Sauveur. Faites-le savoir, comme vous pourrez. Je ne vous promets pas qu’on vous croira. J’ai essuyé dérision et poursuites. Vous aussi, vous rencontrerez la même chose. Mais, comme vous avez su vous montrer courageux et justes dans cette attente, soyez-le, plus encore, maintenant que vous êtes mes disciples. Demain, nous irons à Yutta, puis à Hébron. Pouvez-vous venir ?

– Oh oui ! Les routes sont à tout le monde, et les pâturages à Dieu. Seule Bethléem nous est interdite à cause de son injuste haine. Les autres villages sont au courant... mais ils se con­tentent de nous mépriser en nous traitant “ d’ivrognes ”. C’est pourquoi nous ne pourrons pas faire grand chose ici.

– Je vous appellerai ailleurs. Je ne vous abandonnerai pas.

– Pendant toute la vie ?

– Pendant toute ma vie.

– Non, c’est moi qui mourrai d’abord, Maître. Je suis âgé.

– Tu crois cela ? Pas moi. Un des premiers visages que j’ai vus, ce fut le tien, Elie. Ce sera l’un des derniers. Dans mes yeux, j’emporterai ton visage bouleversé par la douleur de ma mort. Mais, après, ce sera à toi de porter dans ton coeur la radieuse vision d’un matin triomphal et c’est avec elle que tu attendras la mort.... La mort, cette rencontre éternelle avec Jésus que tu as adoré tout petit. A ce moment-là aussi, les anges chanteront le Gloria pour “ l’homme de bonne volonté ”. »

Je ne vois plus rien. Cette douce vision se voile. C’est la fin.

EMV 75.2 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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A coups de pierres, comme un lépreux, comme un impur, j’ai été pris pour un assassin... et j’ai dû m’enfuir dans les bois, vivre comme un loup... jusqu’à ce que je trouve un maître. Ah ! ce n’est plus Anne... Celui-ci est dur et cruel... Si une brebis chute et se blesse, si le loup m’emporte un agneau, il me faut être fouetté jusqu’au sang ou bien perdre mes petites économies, travailler dans les bois pour les autres, faire n’importe quoi, mais payer, toujours le triple de la valeur. Mais peu importe. J’ai toujours dit au Très-Haut : “ Fais-moi voir ton Messie, fais-moi savoir au moins qu’il est vivant et tout le reste n’est rien. ” Seigneur, je t’ai dit comment j’ai été traité par les habitants de Bethléem et comment je le suis par mon patron. J’aurais pu rendre le mal pour le mal ou faire le mal en volant, pour ne pas souffrir à cause de mon maître. Mais je n’ai voulu que pardonner, souffrir, être honnête car les anges ont dit : “ Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. ”

Détail

Elie raconte comment il a été chassé de Bethléem. Il a dû se retrouver un nouveau maître, dont il ne donne pas le nom.

EMV 76.8-10 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« La paix à cette maison et à vous tous. La paix et la bénédiction de Dieu. »

Souriant, Jésus marche lentement vers le groupe.

« Mes amis, voulez-vous donner asile au voyageur ? » et il sourit plus encore.

Son sourire triomphe des craintes. L’époux a le courage de parler :

« Entre, Messie. Nous t’avons aimé sans te connaître. Nous t’aimerons d’autant plus après avoir fait ta connaissance. La maison est en fête pour trois choses aujourd’hui : pour toi, pour Isaac et pour la circoncision de mon troisième garçon. Bénis-le, Maître. Femme, apporte le bébé ! Entre, Seigneur. »

76.9 Ils entrent dans une pièce préparée pour la fête. Tables et mets, tapis et branchages partout.

Sarah revient avec un beau nouveau-né entre les bras. Elle le présente à Jésus.

« Dieu soit avec lui, toujours. Quel prénom porte-t-il ?

– Aucun. Celle-ci, c’est Marie, celui-là Joseph, cet autre Emmanuel, pour le dernier, il... n’a pas encore de nom... »

Jésus fixe le couple et sourit :

« Cherchez un prénom, s’il doit être circoncis aujourd’hui... »

Les époux se regardent, le regardent, ouvrent la bouche, la referment sans mot dire. Tous sont attentifs.

Jésus insiste :

« L’histoire d’Israël compte tant de grands noms, de doux noms, des noms bénits. Les plus doux, les plus bénits sont déjà donnés, mais peut-être y en a-t-il encore quelque autre. »

Les deux époux s’écrient ensemble :

« Le tien, Seigneur ! » mais l’épouse ajoute :

« Mais il est trop saint... »

Jésus sourit et demande :

« Quand aura lieu la circoncision ?

– Nous attendons l’opérateur.

– J’assisterai à la cérémonie. En attendant, je vous remercie pour mon Isaac. Désormais, il n’aura plus besoin des bons. Mais les bons ont encore besoin de Dieu. Vous avez appelé le troisième : “ Dieu avec nous ”. Mais vous avez Dieu depuis que vous avez fait preuve de charité à l’égard de mon serviteur. Soyez bénis. Sur terre et au Ciel on se souviendra de votre acte.

– Isaac s’en va, maintenant ? Il nous quitte ?

– Vous en souffrez ? Mais il lui faut servir son Maître. Il reviendra pourtant, tout comme moi. Vous, pendant ce temps, vous parlerez du Messie... Il y a tant à dire pour convaincre le monde ! 76.10 Mais voici celui qu’on attend. »

Un personnage solennel entre, avec un serviteur. Salutations et inclinations.

« Où est le bébé ? demande-t-il avec hauteur.

– Il est ici. Mais salue le Messie. Il est chez nous.

– Le Messie ?... Celui qui a guéri Isaac ? Je sais, mais... nous en parlerons après. Je suis très pressé... Le bébé et son nom. »

Les personnes présentes sont mortifiées des façons de l’homme. Mais Jésus sourit comme si les impolitesses ne s’adressaient pas à lui. Il prend le petit, touche de ses beaux doigts le petit front, comme pour le consacrer et dit : « Son nom est Yésaï » puis il le rend à son père, qui passe dans une pièce voisine avec l’homme hautain et d’autres. Jésus reste là où il est jusqu’au retour de l’enfant qui pousse des cris désespérés.

« Donne-moi, le bébé, femme. Il ne pleurera plus » pro­pose-t-il pour réconforter la mère angoissée.

Le bébé, sur les genoux de Jésus, se tait effectivement.

Jésus forme un groupe autour de lui, avec tous les petits autour de lui, et aussi les bergers et les disciples. On entend au dehors les bêlements des brebis qu’Elie a enfermées dans un enclos, et, dans la maison, le bruit de la fête. On apporte à Jésus et aux siens des friandises et des boissons, mais Jésus les distribue aux petits.

« Tu ne bois pas, Maître ? Tu n’acceptes rien ? C’est de bon coeur.

– Je le sais, Joachim, et je les accepte volontiers. Mais laisse-moi faire plaisir aux petits. C’est ma joie...

– Ne t’occupe pas de cet homme, Maître.

– Non, Isaac. Je prie pour qu’il voie la lumière.

Détail

Jésus va dans une famille de quatre enfants qui a pris soin d'Isaac. Ils croient en Jésus mais ils sont intimidiés. Un prêtre doit venir faire la circonscision de leur nouveau-né, leur quatrième enfant. Ce prêtre n'est pas nommé par Maria Valtorta, ni par les personnages de la vision.

EMV 77.1-3 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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77.1 « Vers quelle heure arriverons-nous ? demande Jésus, qui marche au centre du groupe précédé par les brebis qui broutent l’herbe des talus.

– Vers la troisième heure. Il y a environ dix milles, répond Elie.

– Ensuite nous irons à Kérioth ? demande Judas.

– Oui. Nous nous y rendrons.

– Et n’était-il pas plus court d’aller de Yutta à Kérioth ? Ce ne doit pas être loin, n’est-ce pas, berger ?

– Deux milles de plus, environ.

– Alors nous en faisons plus de vingt pour rien.

– Judas, pourquoi cette inquiétude ? dit Jésus.

– Je ne suis pas inquiet, Maître, mais tu m’avais promis de venir chez moi...

– Et j’y irai. Je tiens toujours mes promesses.

– J’ai envoyé prévenir ma mère... d’ailleurs, tu l’as dit : on est encore présent avec les morts par l’esprit.

– Je l’ai dit. Mais, Judas, réfléchis : tu n’as pas encore souffert pour moi. Eux, cela fait trente années qu’ils souffrent et ils n’ont jamais trahi, pas même le souvenir de moi. Pas même le souvenir. Ils ne savaient pas si j’étais vivant ou mort... et pourtant ils sont restés fidèles. Ils se souvenaient de moi comme nouveau-né, un enfant qui ne leur manifestait que pleurs et appétit du lait maternel... et pourtant, ils m’ont vénéré comme Dieu. Ils ont beau avoir été frappés, maudits, persécutés comme la honte de la Judée à cause de moi, leur foi ne vacillait pas sous les coups, ne se desséchait pas. Au contraire, des racines plus profondes poussaient et elle n’en devenait que plus vigoureuse.

77.2 – A propos : cela fait quelques jours que la question me brûle les lèvres. Ce sont tes amis et ceux de Dieu, n’est-ce pas ? Les anges les ont bénis avec la paix du Ciel, non ? Ils sont restés justes malgré toutes les tentations, n’est-ce pas ? Alors explique-moi pourquoi ils ont été malheureux. Et Anne ? Elle a été tuée pour t’avoir aimé...

– Tu en conclus, par conséquent, que mon amour et celui qu’on me donne portent malheur.

– Non... mais...

– Mais c’est bien cela. Cela me déplaît de te voir tellement fermé à la lumière, tellement possédé par le sens humain. Non, laisse-le tranquille, Jean, et toi aussi, Simon. Je préfère qu’il parle. Je ne lui en ferai jamais reproche. Je désire seulement que les âmes s’ouvrent pour y faire entrer la lumière. Viens ici, Judas, écoute. Tu pars d’un jugement partagé par beaucoup d’hommes qui vivent ou vivront. J’ai parlé de jugement. Je devrais dire : erreur. Mais étant donné que vous le faites sans malice, par ignorance de la vérité, ce n’est pas une erreur, mais seulement un jugement imparfait comme peut l’être celui d’un enfant. Or enfants, vous l’êtes, pauvres hommes. Et je suis ici votre Maître, pour faire de vous des adultes capables de discerner le vrai du faux, le bon du mauvais, le meilleur du bon. Ecoutez donc.

Qu’est-ce que la vie ? C’est un temps d’attente, je dirais les limbes des Limbes que vous donne le Dieu Père, pour prouver votre nature de bons fils ou de bâtards et pour vous réserver, en fonction de vos actes, un avenir qui ne connaîtra plus ni attentes ni épreuves. Maintenant, dites-moi : serait-il juste que quelqu’un jouisse aussi d’un privilège spécial sa vie durant, sous prétexte qu’il a eu le rare avantage d’avoir la possibilité de servir Dieu d’une manière particulière ? Ne vous semble-t-il pas qu’il a déjà beaucoup reçu et donc qu’il peut s’estimer heureux même s’il ne l’est pas humainement ? Ne serait-il pas injuste que celui qui possède déjà en son coeur la lumière d’une manifestation divine et le sourire approbateur de sa conscience possède encore des honneurs et des biens terrestres ? Qui plus est, ne serait-ce pas imprudent ?

77.3 – Maître, je dis que ce serait encore de la profanation. Pourquoi mettre des joies humaines, là où tu es, toi ? Quand quelqu’un te possède – et ils t’ont possédé, eux, les seuls riches en Israël pour t’avoir eu depuis trente ans – il ne lui faut rien avoir d’autre. On ne pose pas d’objet humain sur le propitiatoire... et un vase consacré ne sert que pour des usages saints. Eux, ce sont des consacrés, à partir du jour où ils ont vu ton sourire... et rien, non, rien qui ne soit pas toi ne doit entrer dans le coeur qui te possède. Si je pouvais être comme eux ! Dit Simon.

Détail

Le groupe apostolique marche en direction d'Hébron et Judas a l'impression qu'ils n'iront pas à Kérioth. Il regrette d'ailleurs qu'ils aillent à Hébron pour prier sur les ossements du berger Samuel et rappelle la leçon de Jésus, dans l'EMV 76.2, sur les suffrages des morts et la prière des morts, que l'on peut faire partout. Puis, il se demande pourquoi les bergers, qui sont des amis de Dieu et qui ont reçu des faveurs divines, ont dû tant souffrir.

EMV 77.4-5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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77.4 – On aperçoit des maisons, dit Jean qui précède les autres de quelques pas.

– C’est Hébron, à cheval sur deux rivières, avec sa crête. Tu vois, Maître, cette grande construction là-bas, un peu plus haute que les autres, dans cette verdure ? C’est la maison de Zacharie.

– Pressons le pas. »

Ils parcourent rapidement les derniers mètres de route et entrent dans le village. Les clarines des troupeaux font un bruit de castagnettes quand ils avancent sur les pierres irrégulières du chemin dont le pavage est ici très grossier. Ils arrivent à la maison. Les gens regardent ce groupe d’hommes différents par l’apparence, l’âge, les vêtements, au milieu de la blancheur du troupeau.

« Oh ! Comme cela a changé ! Il y avait ici une grille, dit Elie. Maintenant, à sa place, il y a un portail de fer qui bouche la vue et aussi un mur de clôture plus haut qu’un homme et ainsi, on ne voit rien.

– Peut-être y aura-t-il une ouverture par derrière. Allons voir. »

Ils font le tour d’un vaste quadrilatère, d’un rectangle plutôt, mais le mur s’élève partout à la même hauteur.

« Le mur est récent, dit Jean en l’observant. Il n’y a pas d’interruption et par terre il reste encore de la chaux en pierres.

– Je ne vois pas non plus le tombeau... Il était du côté du bosquet. Maintenant le bosquet est en dehors du mur et... et on dirait un terrain communal. On y fait du bois... »

Elie est perplexe.

77.5 Un homme, un vieux bûcheron, de petite taille mais robuste, qui observe le groupe cesse de scier un tronc abattu et s’ap­proche :

« Qui cherchez-vous ?

– Nous voulions entrer dans la maison pour prier sur le tombeau de Zacharie.

– Il n’y a plus de tombeau. Vous n’êtes pas au courant ? Qui êtes-vous ?

– Je suis un ami de Samuel, le berger. Lui...

– Il ne faut pas, Elie » dit Jésus.

Elie se tait.

« Ah ! Samuel !... Oui, mais depuis que Jean, le fils de Zacharie, est en prison, la maison ne lui appartient plus. C’est un malheur, parce qu’il faisait distribuer tous les revenus de sa propriété aux pauvres d’Hébron. Un matin, il est venu un individu de la cour d’Hérode, il a jeté Joël dehors, a mis les scellés, puis est revenu avec des maçons pour faire construire le mur... Le tombeau était là, au coin. Il n’en a pas voulu... et un matin, nous avons trouvé endommagé, déjà à moitié démoli... les pauvres ossements tout mélangés... Nous les avons ramassés comme nous avons pu... Ils sont maintenant dans un seul cercueil... Et ce sale type loge maintenant ses maîtresses dans la maison du prêtre Zacharie. Actuellement, c’est une femme mime de Rome. C’est pour cela qu’il a élevé le mur. Il ne veut pas qu’on puisse voir... La maison du prêtre, une maison close ! La maison du miracle et du Précurseur ! Car c’est certainement lui, même si ce n’est pas lui le Messie. Et que d’ennuis nous avons eus à cause de Jean-Baptiste ! Mais c’est notre grand homme ! Notre vraiment grand homme ! Déjà, sa naissance était un miracle. Elisabeth, vieille comme un chardon sec, devint féconde comme un pommier en Adar, premier miracle. Puis arriva une de ses cousines, une sainte, pour l’aider et délier la langue du prêtre. Elle s’appelait Marie. Je me souviens d’elle bien qu’on ne l’ait vue que très rarement. Comment cela arriva-t-il ? Je ne sais. On dit que, pour faire plaisir à Elisabeth, elle lui fit poser la bouche muette de Zacharie sur son sein qui avait conçu, ou qu’on lui fit mettre ses doigts dans la bouche. Je ne sais pas bien. Ce qui est sûr, c’est qu’après neuf mois de silence, Zacharie a parlé en louant le Seigneur et en disant que le Messie est là. Je n’ai pas d’autres renseignements. Mais ma femme assure, elle qui était présente ce jour-là, que Zacharie a dit, en louant le Seigneur, que son fils passerait avant lui. Maintenant, moi, je dis : ce n’est pas ce que les gens croient. Jean est le Messie et il vient avant le Seigneur, comme Abraham marchait devant Dieu. Voilà. N’ai-je pas raison ?

– Tu as raison pour ce qui concerne l’esprit de Jean-Baptiste qui précède toujours Dieu, mais tu n’as pas raison en ce qui concerne le Messie.

– Alors celle dont on disait qu’elle était la Mère du Fils de Dieu – au dire de Samuel –, elle ne l’était pas réellement ? Elle ne l’est pas encore ?

– Elle l’était. Le Messie est né, précédé par celui qui au désert éleva la voix, comme l’a dit le prophète.

– Tu es le premier qui l’affirme. Jean, la dernière fois que Joël lui a apporté une peau de mouton, comme il le faisait tous les ans à l’entrée de l’hiver, n’a pas dit, quand on l’a interrogé sur le Messie : “ Il existe. ” Quand lui, il le dira...

– Homme, j’ai été disciple de Jean et je lui ai entendu déclarer : “ Voici l’Agneau de Dieu ” en le montrant du doigt..., dit Jean.

– Non, non, l’Agneau c’est lui. Véritable Agneau qui s’est développé tout seul, sans l’aide de sa mère et de son père, pour ainsi dire. A peine fils de la Loi, il s’est retiré dans les cavernes des montagnes en face du désert, et c’est là qu’il a grandi, s’entretenant avec Dieu. Elisabeth et Zacharie sont morts et il n’est pas venu. Dieu était pour lui père et mère. Il n’y a pas de saint plus grand que lui. Demandez à tout Hébron. Samuel le disait, mais ce sont les habitants de Bethléem qui doivent avoir eu raison. Le saint de Dieu, c’est Jean.

– Si quelqu’un te disait : “ Je suis le Messie ”, que lui dirais-tu ? demande Jésus.

– Je le traiterais de blasphémateur et je le chasserais à coups de pierres.

– Et s’il faisait un miracle pour prouver qu’il l’est ?

– Je l’appellerais “ possédé du démon ”. Le Messie viendra quand Jean se fera connaître sous sa véritable identité. La haine même d’Hérode en est la preuve. Lui, le rusé, il sait que Jean est le Messie.

– Il n’est pas né à Bethléem.

– Mais quand il sera libéré, après avoir annoncé lui-même son prochain avènement, il se manifestera à Bethléem. Bethléem aussi l’attend. Tandis que... ah ! Vas-y, si tu as du cran, parle aux habitants de Bethléem d’un autre Messie... et tu verras.

– Vous avez une synagogue ?

– Oui, tout droit, à deux cents pas, par ce chemin. Tu ne peux te tromper. La sépulture des restes profanés est tout près.

– Adieu et que le Seigneur t’éclaire. »

Ils s’en vont et tournent sur le devant de la maison

EMV 79 · Tome 2

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Détail

Jésus marche avec ses disciples en direction d'Hébron. Jean, Judas, Simon le Zélote sont présents. Son but est de rejoindre les bergers, notamment Lévi et Isaac. Judas râle à cause de l'incident de Kérioth, où Saül est mort contre le coeur de Jésus, mais le Seigneur le reprend. Il affirme également qu'il faut être fidèles à la Loi et montrer l'exemple. Le groupe apostolique retrouve les bergers, et Elie raconte qu'Aglaé lui a donné ses bijoux à Hébron. Ils discutent de ce qu'il faut en faire, mais le Christ ne donne aucun ordre pour le moment. Il donne une courte parabole sur Aglaé et sur les âmes qui se repentent comme elles. Les apôtres voudraient bien faire marche arrière et retourner la voir, mais Jésus ne le veut pas et décide qu'ils partent tout de suite vers le massif de la Tentation.

EMV 79.1 · Tome 2

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Citation

– Où trouvons-nous les bergers ?

– A cinq milles d’Hébron, sur les rives du fleuve dont tu parlais.

– De l’autre côté de cette colline, alors.

– Plus loin.

– Il fait très chaud. L’été... Où allons-nous ensuite, Maître ?

– A un endroit encore plus chaud, mais je vous prie de venir. Nous voyagerons de nuit. Les étoiles sont si claires qu’il n’y a guère d’obscurité. Je veux vous montrer un endroit...

– Une ville ?

– Non... un endroit... qui vous fera comprendre le Maître... peut-être mieux que ses paroles.

EMV 79.2 · Tome 2

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Citation

– (...) Pourquoi scandaliser en manifestant du mépris pour la Loi ? Pour dire : “ Suivez-moi ”, il faut marcher. Pour entraîner sur une voie sainte, il faut suivre la même voie. Comment aurais-je pu ou comment pourrais-je dire : “ Soyez fidèles ”, si j’étais moi-même infidèle ?

– Je crois que cette erreur est la cause de notre décadence. Les rabbins et les pharisiens accablent le peuple sous le poids des prescriptions et puis... et puis ils agissent comme celui qui a profané la maison de Jean en en faisant un lieu de débauche [la maison de Zacharie, à Hébron], observe Simon.

– C’est un homme d’Hérode... insiste Judas.

– Oui, Judas. Mais on trouve les mêmes fautes dans les castes que l’on dit saintes et qui, d’ailleurs, prétendent elles-mêmes l’être. Qu’en dis-tu, Maître ? dit Simon.

– Je dis que tant qu’il y aura une poignée de vrai levain et de vrai encens en Israël, on fera du pain et on parfumera l’autel.

– Que veux-tu dire ?

– Je veux dire que si quelqu’un vient à la vérité avec un coeur droit, la vérité se répandra comme un levain dans la farine et comme un encens pour Israël tout entier.

Détail

Jésus déclare :

EMV 80 · Tome 2

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Détail

Jésus arrive au massif de la Tentation, accompagné de Jean, de Judas et de Simon le Zélote. C'est un lieu désolé. Judas croit qu'il n'y est resté que quelques heures, mais le Seigneur le détrompe. Il explique qu'il y est venu pour se préparer à sa Mission. L'Iscariothe pensait qu'il aurait été auprès de quelques maîtres et rabbis, mais qui pouvait enseigner quelque chose au Verbe de Dieu ?

Jésus explique ensuite que les hommes ont une destinée et qu'ils doivent choisir entre l'Ami ou Satan. Il propose finalement aux apôtres de rester quelques jours ici, pour leur enseigner aussi la force de la pénitence. Jean et Simon le Zélote acceptent volontiers. Judas est moins enthousiaste, mais n'ose pas s'en aller.

Après quelques jours, la vision de Maria continue. Jésus précise que son séjour au désert a duré quarante jours et a eu lieu durant l'hiver. Il explique son baptême, donné par Jean, puis la Tentation par le Démon. Il parle notamment de sa nature d'Homme Dieu et répond aussi à la question de Judas s'il a pu être tenté ou non. À la fin de son discours, il demande que les disciples ne parlent pas de l'hostilité du monde envers Jésus à Marie. Elle en souffrirait trop...

EMV 80.3 · Tome 2

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Citation

Les esséniens sont des "gens qui nient l’immortalité de l’âme en niant la résurrection finale, qui nient le libre arbitre de l’homme en renvoyant dos à dos vertus et vices, actions saintes et mauvaises réglées par une destinée qu’ils disent fatale et invincible."