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Jean-Baptiste

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EMV 68.5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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68.5 On n’entend plus la voix qui parlait dans le désert. Mais elle n’est pas muette. Elle parle encore à Dieu pour Israël. Elle parle encore au coeur de tout israélite à la conscience droite. Après vous avoir enseigné à faire pénitence pour préparer les voies du Seigneur qui vient, à faire preuve de charité en donnant votre superflu à ceux qui n’ont même pas le nécessaire, et à avoir l’honnêteté de ne pas extorquer, ni de blesser, elle vous dit : “ L’Agneau de Dieu, celui qui enlève les péchés du monde, celui qui vous baptisera dans le feu de l’Esprit Saint, est parmi vous. Il nettoiera son aire, amassera son froment. ”

Sachez reconnaître celui que le Précurseur vous indique. Ses souffrances agissent auprès de Dieu pour vous donner la lumière. Voyez. Que s’ouvrent les yeux de votre âme, et vous connaîtrez la Lumière qui vient. Je relaie la voix du prophète qui annonce le Messie et, avec la puissance qui me vient du Père, je l’amplifie et y unis ma propre puissance, et je vous appelle à la vérité de la Loi. Préparez vos coeurs à la grâce de la Rédemption qui est proche. Le Rédempteur est parmi vous. Bienheureux ceux qui seront dignes d’être rachetés parce qu’ils auront fait preuve de bonne volonté.

Que la paix soit avec vous ! »

Un des assistants demande :

« Es-tu disciple de Jean-Baptiste, pour que tu en parles avec une telle vénération ?

– J’ai reçu de lui le baptême sur les rives du Jourdain avant son emprisonnement. Je le vénère parce qu’il est saint aux yeux de Dieu. En vérité je vous le dis, parmi les fils d’Abraham il n’en est pas de plus élevé en grâce que lui. De sa venue au monde à sa mort, les yeux de Dieu se seront posés sans marque de dédain sur cet homme béni.

– Il t’a donné l’assurance de la venue du Messie ?

– Sa parole, qui ignore le mensonge, a désigné à ceux qui étaient près de lui le Messie déjà vivant.

– Où ? Quand ?

– Quand le moment était venu de l’indiquer. »

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EMV 75.4 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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75.4 Et les autres ? Vous étiez douze : Elie, Lévi, Samuel, Jonas, Isaac, Tobie, Jonathas, Daniel, Siméon, Jean, Joseph et Benjamin. Ma Mère me répétait toujours vos noms, les noms de mes premiers amis.

– Oh ! »

Les bergers sont toujours plus émus.

« Où sont les autres ?

– Le vieux Samuel est mort de vieillesse il y a vingt ans de cela. Joseph a été tué en se battant à la porte de son enclos, pour donner le temps à son épouse – qui était mère depuis quelques heures – de s’enfuir avec celui-ci que j’ai recueilli par amour pour mon ami, et pour... et pour avoir encore des enfants autour de moi. J’ai pris aussi Lévi avec moi... Il était persécuté. Benjamin est berger sur le mont Liban, avec Daniel. Siméon, Jean et Tobie – qui maintenant a pris le nom de Mathias en souvenir de son père, tué lui aussi – sont disciples de Jean. Jonas est dans la plaine d’Esdrelon, au service d’un pharisien. Isaac a les reins malades, il est dans une misère absolue, et il est seul, à Yutta. Nous l’aidons comme nous pouvons... mais nous sommes tous battus et ce sont des gouttes d’eau dans un incendie. Jonathas est maintenant serviteur chez un grand de la cour d’Hérode.

– Comment avez-vous pu, spécialement Jonathas, Jonas, Daniel et Benjamin, trouver ces emplois ?

– Je me souvenais de Zacharie, ton parent... Ta Mère m’avait envoyé à lui. Et quand nous nous sommes trouvés aux prises avec la furie des juifs, fugitifs et maudits, je les lui ai adressés. Il s’est montré bon. Il nous a protégés, nourris, il nous a cherché des patrons, comme il le pouvait. J’avais déjà pris tout le troupeau d’Anne passé à l’hérodien... et je suis resté avec lui... Une fois adulte, Jean-Baptiste a commencé à prêcher, et Siméon, Jean et Tobie l’ont suivi.

– Mais, maintenant, Jean-Baptiste est prisonnier.

– Oui. Et eux circulent aux environs de Machéronte, avec un petit troupeau. Il leur a été donné par un riche, un disciple de Jean ton parent, pour écarter les soupçons.

– Je voudrais les voir tous.

– Oui, Seigneur. Nous irons leur annoncer : “ Venez, il est vivant. Il se souvient de nous et nous aime. ”

– Et il veut les compter au nombre de ses amis.

– Oui, Seigneur.

– Mais pour commencer, nous irons voir Isaac. Quant à Samuel et Joseph, où sont-ils enterrés ?

– Samuel, à Hébron. Il est resté au service de Zacharie. Joseph... n’a pas de tombeau, Seigneur. Il a brûlé avec sa maison.

– Il sera bientôt dans la gloire, non pas dans les flammes des hommes cruels, mais dans les flammes du Seigneur. Je vous l’assure ; à toi, Joseph, fils de Joseph, je te l’assure. Viens que je t’embrasse en guise de remerciement à ton père.

– Et mes enfants ?

– Ce sont des anges, Elie. Des anges qui rediront le “ Gloria ” quand le Sauveur sera couronné.

– Couronné roi ?

– Non, Rédempteur. Oh ! Cortège des justes et des saints ! D’abord, les phalanges, blanches et pourpres des petits martyrs ! Et, une fois que sera ouverte la porte des limbes, nous monterons ensemble au Royaume où l’on ne meurt plus. Et puis vous verrez et retrouverez vos pères, mères et enfants dans le Seigneur ! Ayez foi.

– Oui, Seigneur.

– Appelez-moi : Maître.

Détail

Résumé : Jésus a retrouvé Elie et Lévi, deux bergers de la Nativité. Il explique où sont les autres pâtres, ce qu'a fait Zacharie pour eux, et qui a suivi Jean-Baptiste quand il a commencé sa mission de Précurseur.

J'avais déjà pris tout le trouveau d'Anne passé à l'hérodien... et je suis resté avec lui... une note de la deuxième étidtion fait la précision suivante.

Cela signifie : *le troupeau que je gardais pour le compte d'Anne avait été pris par l'hérodien, si bien que je suis passé au service de ce dernier.

EMV 77 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Le groupe apostolique se dirige vers Hébron. Judas est nerveux et est irrité qu'ils n'aillent pas à Kérioth avant, car cela aurait été plus court. Jésus lui assure cependant qu'il tient toujours ses promesses. S'il va à Hébron auparavant, c'est parce que Samuel, qui est décédé, a énormément souffert pour lui et qu'il n'a jamais trahi le souvenir de Jésus Enfant. Il est resté fidèle même s'il ne savait pas qu'il était vivant et cet homme mérite donc que le Christ l'honore et prie pour lui.

L'Iscariothe fait alors remarquer que les bergers étaient justes, saints, et que pourtant, ils ont été maltraités. Anne de Bethléem en est même morte... Et il conclut donc incidemment que l'amour qu'on porte à Jésus lui porte malheur. Le Maître empêche Jean et Simon d'intervenir, disant qu'il préfère que Judas dise toujours sa pensée. Et il lui répond que, même si les bergers ont beaucoup reçu, il ne serait pas juste qu'ils aient reçu un privilège spécial parce qu'ils ont reçu tel ou tel don, dont celui d'être présent à la Nativité. Simon, d'ailleurs, déclare qu'il ne faut pas mettre des choses terrestres là où se trouve des choses célestes.

Judas ironise alors directement, en faisant remarquer que, si tôt guéri, le Zélote a récupéré tous ses biens, et qu'il ne vit donc pas que de l'esprit. Mais l'ami de Lazare répond qu'il a donné des ordres précis et qu'il est libéré de tout pour suivre Jésus.

Judas râle au final, parce qu'il a à nouveau tort, et Jean tente de le consoler en disant qu'il a le sens pratique, mais qu'il changera bientôt en présence de Jésus.

Ce dernier change habilement la conversation quand Judas continue de bougonner et il donne des instructions à Lévi et Elie : ils le conduiront à Jonas, et Joseph restera avec le groupe jusqu'à Jéricho.

Enfin, ils arrivent à Hébron, près de la maison de Zacharie. Mais celle-ci est entourée d'un mur, qu'il n'y avait pas avant. Un homme leur explique alors qu'un hérodien a pris possession de la maison et qu'il a avec lui une prostituée. Il parle longtemps de Jean - qu'il voit comme le Messie, et ce malgré le dialogue avec Jésus et Jean - et le Maître n'insiste pas quand l'homme s'entête et croit détenir la vérité.

En chemin vers la synagogue, ils contournent la maison et rencontrent Aglaé. Jésus entre alors dans la maison de Zacharie et s'engage une conversation très sincère avec la courtisane. Celle-ci entame dès lors un chemin de rédemption, mais après l'avoir quittée, Jésus est rejeté de la synagogue. On ne parle pas aux prostituées, et quand Judas lui fait des remarques, une fois sorti en ville, le Seigneur déclare qu'Aglaé le surpassera et que viendra bientôt le temps où les païens adoreront le vrai Dieu, plutôt que le peuple élu qui devrait recevoir le Messie.

En définitive, il n'a pas pu honorer la dépouille de Samuel et de Zacharie, mais il leur dit de se réjouir, car la première résurrection est proche.

EMV 77.4-5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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77.4 – On aperçoit des maisons, dit Jean qui précède les autres de quelques pas.

– C’est Hébron, à cheval sur deux rivières, avec sa crête. Tu vois, Maître, cette grande construction là-bas, un peu plus haute que les autres, dans cette verdure ? C’est la maison de Zacharie.

– Pressons le pas. »

Ils parcourent rapidement les derniers mètres de route et entrent dans le village. Les clarines des troupeaux font un bruit de castagnettes quand ils avancent sur les pierres irrégulières du chemin dont le pavage est ici très grossier. Ils arrivent à la maison. Les gens regardent ce groupe d’hommes différents par l’apparence, l’âge, les vêtements, au milieu de la blancheur du troupeau.

« Oh ! Comme cela a changé ! Il y avait ici une grille, dit Elie. Maintenant, à sa place, il y a un portail de fer qui bouche la vue et aussi un mur de clôture plus haut qu’un homme et ainsi, on ne voit rien.

– Peut-être y aura-t-il une ouverture par derrière. Allons voir. »

Ils font le tour d’un vaste quadrilatère, d’un rectangle plutôt, mais le mur s’élève partout à la même hauteur.

« Le mur est récent, dit Jean en l’observant. Il n’y a pas d’interruption et par terre il reste encore de la chaux en pierres.

– Je ne vois pas non plus le tombeau... Il était du côté du bosquet. Maintenant le bosquet est en dehors du mur et... et on dirait un terrain communal. On y fait du bois... »

Elie est perplexe.

77.5 Un homme, un vieux bûcheron, de petite taille mais robuste, qui observe le groupe cesse de scier un tronc abattu et s’ap­proche :

« Qui cherchez-vous ?

– Nous voulions entrer dans la maison pour prier sur le tombeau de Zacharie.

– Il n’y a plus de tombeau. Vous n’êtes pas au courant ? Qui êtes-vous ?

– Je suis un ami de Samuel, le berger. Lui...

– Il ne faut pas, Elie » dit Jésus.

Elie se tait.

« Ah ! Samuel !... Oui, mais depuis que Jean, le fils de Zacharie, est en prison, la maison ne lui appartient plus. C’est un malheur, parce qu’il faisait distribuer tous les revenus de sa propriété aux pauvres d’Hébron. Un matin, il est venu un individu de la cour d’Hérode, il a jeté Joël dehors, a mis les scellés, puis est revenu avec des maçons pour faire construire le mur... Le tombeau était là, au coin. Il n’en a pas voulu... et un matin, nous avons trouvé endommagé, déjà à moitié démoli... les pauvres ossements tout mélangés... Nous les avons ramassés comme nous avons pu... Ils sont maintenant dans un seul cercueil... Et ce sale type loge maintenant ses maîtresses dans la maison du prêtre Zacharie. Actuellement, c’est une femme mime de Rome. C’est pour cela qu’il a élevé le mur. Il ne veut pas qu’on puisse voir... La maison du prêtre, une maison close ! La maison du miracle et du Précurseur ! Car c’est certainement lui, même si ce n’est pas lui le Messie. Et que d’ennuis nous avons eus à cause de Jean-Baptiste ! Mais c’est notre grand homme ! Notre vraiment grand homme ! Déjà, sa naissance était un miracle. Elisabeth, vieille comme un chardon sec, devint féconde comme un pommier en Adar, premier miracle. Puis arriva une de ses cousines, une sainte, pour l’aider et délier la langue du prêtre. Elle s’appelait Marie. Je me souviens d’elle bien qu’on ne l’ait vue que très rarement. Comment cela arriva-t-il ? Je ne sais. On dit que, pour faire plaisir à Elisabeth, elle lui fit poser la bouche muette de Zacharie sur son sein qui avait conçu, ou qu’on lui fit mettre ses doigts dans la bouche. Je ne sais pas bien. Ce qui est sûr, c’est qu’après neuf mois de silence, Zacharie a parlé en louant le Seigneur et en disant que le Messie est là. Je n’ai pas d’autres renseignements. Mais ma femme assure, elle qui était présente ce jour-là, que Zacharie a dit, en louant le Seigneur, que son fils passerait avant lui. Maintenant, moi, je dis : ce n’est pas ce que les gens croient. Jean est le Messie et il vient avant le Seigneur, comme Abraham marchait devant Dieu. Voilà. N’ai-je pas raison ?

– Tu as raison pour ce qui concerne l’esprit de Jean-Baptiste qui précède toujours Dieu, mais tu n’as pas raison en ce qui concerne le Messie.

– Alors celle dont on disait qu’elle était la Mère du Fils de Dieu – au dire de Samuel –, elle ne l’était pas réellement ? Elle ne l’est pas encore ?

– Elle l’était. Le Messie est né, précédé par celui qui au désert éleva la voix, comme l’a dit le prophète.

– Tu es le premier qui l’affirme. Jean, la dernière fois que Joël lui a apporté une peau de mouton, comme il le faisait tous les ans à l’entrée de l’hiver, n’a pas dit, quand on l’a interrogé sur le Messie : “ Il existe. ” Quand lui, il le dira...

– Homme, j’ai été disciple de Jean et je lui ai entendu déclarer : “ Voici l’Agneau de Dieu ” en le montrant du doigt..., dit Jean.

– Non, non, l’Agneau c’est lui. Véritable Agneau qui s’est développé tout seul, sans l’aide de sa mère et de son père, pour ainsi dire. A peine fils de la Loi, il s’est retiré dans les cavernes des montagnes en face du désert, et c’est là qu’il a grandi, s’entretenant avec Dieu. Elisabeth et Zacharie sont morts et il n’est pas venu. Dieu était pour lui père et mère. Il n’y a pas de saint plus grand que lui. Demandez à tout Hébron. Samuel le disait, mais ce sont les habitants de Bethléem qui doivent avoir eu raison. Le saint de Dieu, c’est Jean.

– Si quelqu’un te disait : “ Je suis le Messie ”, que lui dirais-tu ? demande Jésus.

– Je le traiterais de blasphémateur et je le chasserais à coups de pierres.

– Et s’il faisait un miracle pour prouver qu’il l’est ?

– Je l’appellerais “ possédé du démon ”. Le Messie viendra quand Jean se fera connaître sous sa véritable identité. La haine même d’Hérode en est la preuve. Lui, le rusé, il sait que Jean est le Messie.

– Il n’est pas né à Bethléem.

– Mais quand il sera libéré, après avoir annoncé lui-même son prochain avènement, il se manifestera à Bethléem. Bethléem aussi l’attend. Tandis que... ah ! Vas-y, si tu as du cran, parle aux habitants de Bethléem d’un autre Messie... et tu verras.

– Vous avez une synagogue ?

– Oui, tout droit, à deux cents pas, par ce chemin. Tu ne peux te tromper. La sépulture des restes profanés est tout près.

– Adieu et que le Seigneur t’éclaire. »

Ils s’en vont et tournent sur le devant de la maison

EMV 77.5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« (...) Que d’ennuis nous avons eus à cause de Jean-Baptiste ! Mais c’est notre grand homme ! Notre vraiment grand homme ! Déjà, sa naissance était un miracle. Elisabeth, vieille comme un chardon sec, devint féconde comme un pommier en Adar, premier miracle. Puis arriva une de ses cousines, une sainte, pour l’aider et délier la langue du prêtre. Elle s’appelait Marie. Je me souviens d’elle bien qu’on ne l’ait vue que très rarement. Comment cela arriva-t-il ? Je ne sais. On dit que, pour faire plaisir à Elisabeth, elle lui fit poser la bouche muette de Zacharie sur son sein qui avait conçu, ou qu’on lui fit mettre ses doigts dans la bouche. Je ne sais pas bien. Ce qui est sûr, c’est qu’après neuf mois de silence, Zacharie a parlé en louant le Seigneur et en disant que le Messie est là. Je n’ai pas d’autres renseignements. Mais ma femme assure, elle qui était présente ce jour-là, que Zacharie a dit, en louant le Seigneur, que son fils passerait avant lui. Maintenant, moi, je dis : ce n’est pas ce que les gens croient. Jean est le Messie et il vient avant le Seigneur, comme Abraham marchait devant Dieu. Voilà. N’ai-je pas raison ?

– Tu as raison pour ce qui concerne l’esprit de Jean-Baptiste qui précède toujours Dieu, mais tu n’as pas raison en ce qui concerne le Messie.

– Alors celle dont on disait qu’elle était la Mère du Fils de Dieu – au dire de Samuel –, elle ne l’était pas réellement ? Elle ne l’est pas encore ?

– Elle l’était. Le Messie est né, précédé par celui qui au désert éleva la voix, comme l’a dit le prophète.

– Tu es le premier qui l’affirme. Jean, la dernière fois que Joël lui a apporté une peau de mouton, comme il le faisait tous les ans à l’entrée de l’hiver, n’a pas dit, quand on l’a interrogé sur le Messie : “ Il existe. ” Quand lui, il le dira...

– Homme, j’ai été disciple de Jean et je lui ai entendu déclarer : “ Voici l’Agneau de Dieu ” en le montrant du doigt..., dit Jean.

– Non, non, l’Agneau c’est lui. Véritable Agneau qui s’est développé tout seul, sans l’aide de sa mère et de son père, pour ainsi dire. A peine fils de la Loi, il s’est retiré dans les cavernes des montagnes en face du désert, et c’est là qu’il a grandi, s’entretenant avec Dieu. Elisabeth et Zacharie sont morts et il n’est pas venu. Dieu était pour lui père et mère. Il n’y a pas de saint plus grand que lui. Demandez à tout Hébron. Samuel le disait, mais ce sont les habitants de Bethléem qui doivent avoir eu raison. Le saint de Dieu, c’est Jean.

– Si quelqu’un te disait : “ Je suis le Messie ”, que lui dirais-tu ? demande Jésus.

– Je le traiterais de blasphémateur et je le chasserais à coups de pierres.

– Et s’il faisait un miracle pour prouver qu’il l’est ?

– Je l’appellerais “ possédé du démon ”. Le Messie viendra quand Jean se fera connaître sous sa véritable identité. La haine même d’Hérode en est la preuve. Lui, le rusé, il sait que Jean est le Messie.

– Il n’est pas né à Bethléem.

– Mais quand il sera libéré, après avoir annoncé lui-même son prochain avènement, il se manifestera à Bethléem. Bethléem aussi l’attend. Tandis que... ah ! Vas-y, si tu as du cran, parle aux habitants de Bethléem d’un autre Messie... et tu verras.

– Vous avez une synagogue ?

– Oui, tout droit, à deux cents pas, par ce chemin. Tu ne peux te tromper. La sépulture des restes profanés est tout près.

– Adieu et que le Seigneur t’éclaire. »

Détail

Un bûcheron d'Hébron parle avec Jésus, Jean, Judas et le berger Elie. Il déclare :

EMV 78.8 · Tome 1

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78.8 Un vieillard dit :

« Ecoute, Seigneur. Il y a longtemps, très longtemps, au temps de l’édit, arriva jusqu’ici la nouvelle qu’était né le Sauveur à Bethléem... et moi, j’y suis allé avec d’autres... J’ai vu un petit bébé tout comme les autres. Mais je l’ai adoré avec foi. Puis j’ai appris qu’il y en avait un autre, un saint du nom de Jean. Quel est le vrai Messie ?

– Celui que tu as adoré. L’autre est son précurseur. C’est un grand saint aux yeux du Très-Haut, mais pas le Messie.

– Alors c’était toi ?

– C’était moi.

EMV 79.7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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– Et nous ?

– Vous, vous viendrez, comme je l’ai dit, pour voir ma préparation. Moi aussi, je me suis préparé à la mission.

– En allant chez un rabbi ?

– Non.

– Auprès de Jean-Baptiste ?

– Je n’en ai reçu que le baptême.

– Et alors ?

– Bethléem a parlé par les pierres et les coeurs. Là aussi, où je te conduis, Judas, les pierres, et un coeur, le mien, parleront et répondront à ta question. »

Détail

Jésus donne ses instructions aux bergers Élie, Lévi, Joseph et Isaac après les avoir retrouvés. À ce moment-là, Judas intervient et demande ce que le groupe apostolique va faire.

EMV 79.8 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Elie, qui a apporté du lait et du pain noir, dit :

« Pendant mon attente, j’ai cherché, et Isaac avec moi, à convaincre les habitants d’Hébron... Mais ils ne croient qu’à Jean, ne jurent que par lui, ne veulent que lui. C’est “ leur saint ” et ils n’en veulent pas d’autre.

– C’est là un péché commun à beaucoup de villes et à beaucoup de croyants, présents et futurs. Ils regardent l’ouvrier et non pas le patron qui a envoyé l’ouvrier. Ils posent des questions à l’ouvrier sans même lui dire : “ Dis cela à ton patron. ” Ils oublient que, s’il y a un ouvrier, il y a forcément un patron et que c’est le patron qui instruit l’ouvrier et le rend apte au travail. Ils oublient que l’ouvrier peut intercéder, mais qu’un seul peut accorder : le patron. Dans ce cas-là, Dieu et son Verbe avec lui. Peu importe. Le Verbe en éprouve de la douleur, mais pas de rancoeur. Partons. »

La vision se termine là.

EMV 81 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus rencontre pour la première fois les bergers Siméon, Matthias, Jean. Il est aussi accompagné du berger Joseph, de Simon le Zélote, et de Jean. D'abord intimidés, les bergers sont vite mis à l'aise et racontent que Jean est incarcéré. Ils pourraient le libérer avec une somme suffisante. Or le groupe a les bijoux d'Aglaé. Judas est envoyé les vendre en compagnie de Jean. Simon le Zélote avoue alors son malaise vis-à-vis de l'Iscariothe.

EMV 81.1-3.7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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81.1 Je revois le gué du Jourdain : la verte avenue qui longe le fleuve sur ses deux berges, très fréquentée par les voyageurs en raison de son ombrage. Des files d’ânons accompagnés par des hommes vont et viennent. Sur le bord du fleuve, trois hommes font paître quelques brebis. Sur la route, Joseph regarde en haut et en bas.

Au loin, là où une route débouche sur cette avenue fluviale, Jésus apparaît avec trois disciples. Joseph appelle les bergers, et ceux-ci poussent les brebis sur la route en les faisant cheminer sur la berge herbeuse. Ils se hâtent à la rencontre de Jésus.

« Moi, je n’ose guère... Que lui dirai-je en guise de salutation ?

– Oh, il est si bon ! Tu lui diras : “ Que la paix soit avec toi ! ” Lui aussi salue toujours de cette manière.

– Lui, oui... mais nous...

– Et moi, qui suis-je ? Je ne suis même pas un de ses premiers adorateurs, et il m’aime tellement, tellement !

– Lequel est-ce ?

– Le plus grand, le plus blond.

– Nous lui parlerons de Jean-Baptiste, Mathias ?

– Oh oui !

– Ne croira-t-il pas que nous le lui avons préféré ?

– Mais non, Siméon. S’il est le Messie, il voit dans les coeurs et il verra dans le nôtre qu’en Jean-Baptiste nous ne cherchions que lui.

– Tu as raison. »

Les deux groupes sont maintenant à quelques mètres l’un de l’autre. Jésus sourit déjà de son sourire qu’on ne saurait décrire. Joseph presse le pas. Les brebis se mettent à trotter, elles aussi, poussées par les pâtres.

« Que la paix soit avec vous » dit Jésus en levant les bras comme pour les étreindre. Et il précise : « Que la paix soit avec vous, Siméon, Jean et Mathias, mes fidèles et les fidèles de Jean le prophète ! Paix à toi, Joseph », puis il l’embrasse sur la joue. Les trois autres sont maintenant à genoux. « Venez, mes amis, sous ces arbres, sur la grève du fleuve, et parlons. »

Ils descendent et Jésus s’assied sur une souche qui dépasse, les autres par terre. Jésus sourit et les regarde très attentivement, un par un :

« Laissez-moi connaître vos visages. Vos âmes, je les connais déjà, comme des âmes de justes qui recherchent le bien qu’ils aiment, contre tous les intérêts du monde. Je vous apporte le salut d’Isaac, d’Elie et de Lévi. Et un autre salut : celui de ma Mère.

81.2 Avez-vous des nouvelles de Jean-Baptiste ? »

Les hommes, jusqu’alors rendus muets par la timidité, se rassurent. Ils retrouvent la parole :

« Il est encore en prison, et notre coeur tremble pour lui, car il est aux mains d’un homme cruel, dominé par une créature infernale et entouré d’une cour corrompue. Nous l’aimons... Tu sais que nous l’aimons et qu’il mérite notre amour. Depuis que tu as quitté Bethléem, nous avons été frappés par les hommes... mais plus que par leur haine, nous étions désolés, abattus comme des arbres que le vent a brisés pour t’avoir perdu, toi. Nous avons ensuite traversé des années de peine, comme quelqu’un qui aurait les paupières cousues, cherchant le soleil et ne pouvant le voir parce qu’il est lui aussi en prison et ne peut pas même le reconnaître à la tiédeur qu’il sent sur sa peau. C’est alors que nous avons pris conscience que Jean-Baptiste était l’homme de Dieu prédit par les prophètes pour préparer le chemin de son Christ, et nous sommes allés à lui. Nous nous sommes dit : “ S’il le précède, en allant vers lui, nous le trouverons. ” Car c’est toi, Seigneur, celui que nous cherchions.

– Je le sais, et vous m’avez trouvé. Je suis avec vous.

– Joseph nous a dit que tu es venu chez Jean-Baptiste. Nous n’y étions pas ce jour-là. Peut-être étions-nous allés quelque part pour lui. Dans les services spirituels qu’il nous demandait, nous le servions avec beaucoup d’amour, de même que nous l’écoutions avec amour malgré sa grande sévérité, parce que, même s’il n’était pas toi, le Verbe, c’étaient tout de même les paroles de Dieu qu’il disait.

– Je le sais. 81.3 Et lui, vous ne le connaissez pas ? dit-il en montrant Jean.

– Nous le voyions avec d’autres Galiléens dans les foules les plus fidèles à Jean-Baptiste. Et, sauf erreur, tu es celui dont le nom est Jean et dont il disait, à nous ses intimes : “ Voilà : je suis le premier, lui le dernier. Ensuite ce sera : lui le premier et moi le dernier. ” On n’a jamais compris ce qu’il voulait dire. »

Jésus se tourne vers Jean, à sa gauche, et l’attire contre son coeur avec un sourire encore plus lumineux... Il explique :

« Il voulait dire qu’il était le premier à dire : “ Voici l’Agneau ”, et que Jean serait le dernier des amis du Fils de l’homme à parler aux foules de l’Agneau ; mais que, dans le coeur de l’Agneau, Jean est le premier parce qu’il lui est cher plus que tout autre homme. Voilà ce que Jean-Baptiste voulait dire. Mais, quand vous le verrez – car vous le verrez encore et le servirez encore, jusqu’à l’heure dite –, assurez-le qu’il n’est pas le dernier dans le coeur du Christ. C’est moins par le sang que par la sainteté qu’il est aimé autant que Jean. Et vous, gardez-en le souvenir. Si l’humilité du saint lui fait proclamer qu’il est “ le dernier ”, la Parole de Dieu le proclame pareil au disciple qui m’est cher. Dites-lui que j’aime Jean parce qu’il porte son nom et que je retrouve en lui les traits de Jean-Baptiste chargé de préparer les âmes au Christ.

– Nous le lui dirons... Mais le verrons-nous encore ?

– Vous le reverrez.

[Jésus discute avec les Bergers du fait que Jean est emprisonné et qu'il faut un certain montant pour le libérer. Il est décidé que Judas vendra les bijoux d'Aglaé. Quand l'Iscariothe s'en va, le Maître reprend à l'attention des Bergers :]

81.7 « Je voudrais vous être agréable, dit Jésus.

– Tu nous le seras toujours, Maître. Que le Très-Haut te bénisse pour nous ! Cet homme est ton ami ?

– Il l’est. Il ne te paraît pas possible qu’il le soit ? »

Jean, le berger, baisse la tête et se tait. Le disciple Simon prend la parole :

« Seul celui qui est bon sait voir. Moi, je ne suis pas bon et je ne vois pas ce que voit la Bonté. Je vois l’extérieur. Celui qui est bon pénètre jusqu’à l’intérieur. Toi aussi, Jean, tu vois comme moi, mais le Maître est bon... et il voit... »