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Les réprouvés accueillis par Jésus

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EMV 92 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus est toujours à Nazareth. Il est avec Pierre, André, Jean, Jacques, Philippe, Thomas, Barthélemy, Jude, Simon et Judas ainsi que le berger Joseph. Il leur enseigne que tout ce qui est caché sera connu un jour et qu'il faut agir par bonté sans chercher à être remarqué par les hommes. C'est Dieu qui donne la récompense. Ensuite, le Seigneur encourage à ne pas juger sur les apparences. Il donne brièvement le cas d'un père de famille qui parle durement à son fils : soit il fait ça pour susciter à son enfant des élans de repentir, soit il fait cela par paresse et c'est un péché. Enfin, Jésus parle du fait que le disciple se travaille lui-même avec l'aide de son maître, mais que la réussite dépend de notre bonne volonté. Il finit par parler de sa Mère qui est prête à le suivre, mais qui a conscience de la souillure du monde autour d'elle. On en vient à citer la Genèse avec Caïn et Abel, et du Crime qui aura lieu avec la mort de Jésus.

EMV 93.2-3 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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– Il a déjà rattaché tous les sarments qui s’étaient défaits, note Marie. Il a étayé le poirier trop chargé et passé des cordages sous le grenadier qui ne s’est développé que d’un côté.

– Oui ! Il ressemble à un vieux pharisien : il penche du côté qui lui plaît. Je l’ai arrangé comme une voile et je lui ai dit : “ Ne sais-tu pas que c’est le juste milieu qui est approprié ? Viens par-là, tête dure, pour ne pas rompre sous le poids. ” je m’occupe maintenant du figuier, mais c’est par égoïsme : je pense à l’appétit de tout le monde pour les figues fraîches et le pain chaud ! Ah ! Hérode Antipas en personne n’a pas un si bon repas ! Mais il faut y aller doucement, car le figuier a des branches tendres comme le coeur d’une fillette quand elle fait son premier aveu d’amour, or moi je suis lourd, et les meilleures figues sont tout en haut. Elles sont déjà toutes ressuyées sous ce premier rayon de soleil. Elles doivent être délicieuses.

93.3 Hé ! Mon garçon ! Ne te contente pas de me regarder. Réveille-toi ! Passe-moi ce panier. »

Jean, qui sort de l’atelier, obéit et grimpe lui aussi sur le gros figuier. Quand les deux pêcheurs en redescendent, Simon le Zélote, Joseph et Judas sont eux aussi sortis de l’atelier. Je ne vois pas les autres.

Détail

Pierre travaille dans le jardin de Marie. Celle-ci dit à son Fils :

EMV 94 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus est à Capharnaüm. Il sort de la maison de Pierre. On lui demande d'enseigner le peuple, ce qu'il accepte, mais il veut aller voir quelqu'un avant. Et ainsi, il part avec Pierre et André voir la Belle de Chorazeïn, une lépreuse qu'André a convertie. La femme croit grâce à l'apôtre et demande la vie de l'âme pour pouvoir mourir en paix. Jésus lui donne l'absolution et lui demande d'aller se baigner dans le lac. Quand elle en sort, elle est guérie et en bénit le Seigneur. Celui-ci lui donne sa paix puis s'éloigne. La seconde partie de la vision le montre à Capharnaüm. Il parle du mauvais comportmeent de David, qui a fait mourir un homme pour avoir sa femme (ce qui était répréhendé par Dieu) et ensuite, il cite son psaume où il se repent. Ensuite, il parle de l'histoire de Sansom dans le Livre des Juges. Il invite l'homme à ne pas tenter le Seigneur son Dieu, même dans sa bonté. Il pardonne, pardonne, pardonne, mais il faut avoir la bonne volonté de ne plus commettre son péché. Puis, il parle brièvement de la Belle de Chorazeïn qu'il a guérie et il demande pour elle la charité des citoyens de Capharnaüm.

EMV 94.1 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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94.1 Jésus sort de la maison de la belle-mère de Pierre en même temps que ses disciples, à l'exception de Jude. C'est d'abord un garçon qui le voit et l'annonce, même à ceux qui ne veulent pas le savoir.

Jésus, qui marche sur la rive du lac puis s'assied sur le bord de la barque de Pierre, est aussitôt entouré de villageois qui fêtent son retour et lui posent mille questions. Jésus leur répond avec une infinie patience, souriant et paisible comme si tout ce bavardage était une harmonie céleste.

Le chef de la synagogue arrive à son tour. Jésus se lève pour le saluer. Leur salutation réciproque est pleine d'une solennité tout orientale.

« Maître, puis-je compter sur toi pour l'instruction au peuple ?

– Certainement, si tu le désires, ainsi que le peuple.

– Nous l'avons désiré tous ces derniers temps. Ils peuvent te l'assurer eux-mêmes ! »

Le peuple, en effet, le confirme par un nouveau cri.

« Dans ce cas, je serai chez toi au milieu de la soirée. Pour l'instant, partez tous. Je dois aller trouver quelqu'un qui désire me voir. »

Les gens s'éloignent à contrecoeur, pendant que Jésus, Pierre et André partent sur le lac en barque. Les autres disciples restent à terre.

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Jude est resté près d'Alphée, comme Jésus l'a mentionné dans l'EMV 93.

EMV 94.2-6 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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94.2 La barque fait un court trajet à la voile puis les deux pêcheurs la manoeuvrent dans une crique entre deux collines peu élevées. Ces collines paraissent n’en avoir fait qu’une à l’origine, et s’être creusées au milieu par l’érosion ou à la suite d’un tremblement de terre, formant un fjord minuscule ; n’étant pas norvégien, ce dernier n’est pas bordé de sapins, mais seulement d’oliviers ébouriffés qui ont poussé, on ne sait trop comment, sur les pentes escarpées, entre des rochers éboulés et d’autres qui affleurent. Ils entrelacent leurs frondaisons, tordues par les vents qui viennent du lac et qui ici doivent souffler fort. Elles forment une sorte de toit sous lequel bondit un petit torrent capricieux, bruyant parce que tout en cascades, et tout écumant avec ses chutes de roche en roche, mais ce n’est en réalité qu’un nain parmi les cours d’eau.

André saute à l’eau pour accoster au plus près et amarrer la barque à un tronc d’olivier, pendant que Pierre cargue la voile et installe une planche pour servir de pont à Jésus.

« Mais, dit-il, je te conseillerais de te déchausser, d’enlever ton habit et de faire comme nous. Ce fou (il indique le petit torrent) fait tournoyer l’eau du lac et le pont n’est pas sûr avec ce roulis. »

Jésus obéit sans discuter. Une fois à terre, ils remettent leurs sandales et Jésus reprend son long vêtement. Les autres restent avec leurs sous-vêtements foncés.

94.3 « Où est-elle ? demande Jésus.

– Elle se sera cachée, en entendant des voix. Tu sais... avec ce qu’elle a sur elle...

– Appelle-la. »

Pierre crie à haute voix :

« Je suis le disciple du Rabbi de Capharnaüm et le Rabbi est ici. Sors. »

Personne ne donne signe de vie.

« Elle est méfiante, explique André. Un jour, quelqu’un l’a appelée en disant : “ Viens, voilà de la nourriture ”, mais c’est à coups de pierres qu’il l’a reçue. C’est alors que nous l’avons vue pour la première fois, parce que, moi du moins, je ne me souvenais pas du temps où elle était la Belle de Chorazeïn.

– Et qu’avez-vous fait ?

– Nous lui avons jeté un pain, des poissons et un lambeau de toile, un morceau de voile déchirée que nous gardions pour nous essuyer, parce qu’elle était nue. Puis nous nous sommes enfuis pour ne pas nous contaminer.

– Comment êtes-vous revenus, alors ?

– Maître... Tu étais parti et nous ne pensions qu’à te faire connaître toujours plus. Nous avons pensé à tous les malades, à tous les aveugles, aux estropiés, aux muets... et aussi à elle. Nous avons dit : “ Essayons. ” Tu sais... beaucoup... oh, par notre faute certainement, nous ont traités de fous et n’ont pas voulu nous écouter. D’autres, au contraire, nous ont crus. C’est moi qui lui ai parlé, à elle directement. Je suis venu seul, avec la barque, au clair de lune. Je l’appelais, je lui disais : “ Sur la pierre, au pied de l’olivier, il y a du pain et des poissons. Viens sans crainte ”, et je m’en allais. Elle devait attendre de me voir disparaître, car je ne la voyais jamais. La sixième fois, je l’ai vue, debout sur la rive à l’endroit précis où tu es. Elle m’attendait. Quelle horreur ! Si je ne me suis pas enfui, c’est parce que j’ai pensé à toi.

Elle m’a demandé : “ Qui es-tu ? Pourquoi as-tu pitié ? ”

Je lui ai répondu :

“ Parce que je suis disciple de la Pitié. ”

“ Qui est-il ? ”

“ C’est Jésus de Galilée. ”

“ Et il vous enseigne à avoir pitié de nous ? ”

“ De tout le monde. ”

“ Mais sais-tu seulement qui je suis ? ”

“ Tu es la Belle de Chorazeïn, maintenant la lépreuse. ”

“ Et il est possible d’éprouver de la pitié pour moi ? ”

“ Lui, il dit que sa pitié s’adresse à tous, et nous, pour être comme lui, nous devons avoir de la pitié pour tous. ”

Ici, Maître, la lépreuse a blasphémé sans le vouloir. Elle a dit :

“ Alors, lui aussi doit avoir été un grand pécheur. ”

J’avais envie de lui rétorquer : “ Sois maudite à cause de ta langue ”, mais je lui ai dit : “ Non, c’est le Messie, le saint de Dieu. ” Je ne lui ai rien dit d'autre parce que j’ai pensé : “ Dans sa détresse, elle ne peut penser à la miséricorde divine. ”

Elle s’est alors mise à pleurer et elle a dit :

“ Oh ! S’il est le Saint, il ne peut pas, non il ne peut pas avoir pitié de la Belle. Pour la lépreuse, il le pourrait... mais pour la Belle, non. Et moi qui espérais... ”

J’ai demandé :

“ Qu’espérais-tu, femme ? ”

“ La guérison... retourner dans le monde... parmi les hommes... mourir mendiante, mais parmi les hommes... pas comme une bête sauvage, dans une tanière de fauves auxquels je fais horreur. ”

Je lui ai dit :

“ Me jures-tu que si tu reviens au monde tu seras honnête ? ”

“ Oui, Dieu m’a punie justement pour mes péchés. Je me repens profondément. Mon âme subit l’expiation, mais déteste le péché, éternellement. ”

Il m’a alors semblé pouvoir lui promettre le salut en ton nom. Elle m’a dit :

“ Reviens, reviens encore... Parle-moi de lui. Que mon âme le connaisse avant que mon oeil ne le voie... ”

Et je venais lui parler de toi, comme je le peux...

– Et moi, je viens apporter le salut à la première convertie de mon André. »

(c’est André, en effet, qui a parlé tout le temps pendant que Pierre est parti remonter le torrent en sautant de pierre en pierre, et en hélant la lépreuse).

94.4 Enfin, elle montre son horrible visage entre les branches d’un olivier. Elle voit, et pousse un cri.

« Descends donc, crie Pierre. Je ne veux pas te lapider ! Là, tu le vois, c’est le Rabbi Jésus. »

La femme se laisse dévaler sur la pente. J’emploie ce terme car elle descend à toute allure, et elle arrive aux pieds de Jésus avant que Pierre ne revienne près du Maître.

« Pitié, Seigneur !

– Peux-tu croire que je puisse avoir pitié ?

– Oui, parce que tu es saint et que je me suis repentie. Je suis le péché, mais tu es la miséricorde. Ton disciple a été le premier à faire preuve de miséricorde à mon égard. Il est venu me donner du pain et la foi. Purifie-moi, Seigneur, mais l’âme avant la chair. Car je suis trois fois impure et, si tu dois me donner une purification, une seule, c’est pour mon âme pécheresse que je te la demande. Avant d’avoir entendu tes paroles, qu’il me répétait, je me disais : “ Guérir pour retourner parmi les hommes. ” Maintenant que je sais, je dis : “ Etre pardonnée pour obtenir la vie éternelle. ”

– Et je t’accorde ce pardon. Rien d’autre que cela, pourtant...

– Béni sois-tu ! Je vivrai en paix avec Dieu dans ma tanière... libre... ah, délivrée des remords et des peurs. Je n’ai plus peur de la mort, maintenant que je suis pardonnée ! Je n’ai plus peur de Dieu, maintenant que tu m’as absoute !

94.5 – Va au lac, lave-toi et restes-y jusqu’à ce que je t’appelle. »

La femme, misérable fantôme de femme squelettique, rongée par la lèpre, la chevelure en désordre, raide, toute blanche, se lève, descend dans l’eau du lac, et elle s’y plonge avec son vêtement en loques qui la couvre bien peu.

« Pourquoi l’as-tu envoyée se laver ? Il est vrai que sa puanteur rendrait malade, mais... je ne comprends pas, dit Pierre.

– Femme : sors et viens ici. Prends le linge qui est sur la branche » (c’est celui avec lequel Jésus s’est essuyé après être passé de la barque à la terre).

La femme obéit et sort, toute nue, car elle a laissé ses loques dans l’eau, pour prendre le linge sec. Le premier à s’écrier, c’est Pierre qui la regarde, alors qu’André, plus réservé, lui tourne le dos. Mais en entendant son frère, il se retourne et crie à son tour. La femme avait les yeux tellement fixés sur Jésus, qu’elle ne s’occupait de rien d’autre, mais en entendant ces cris, en voyant ces mains qui la désignent, elle se regarde... et elle constate que, en même temps que ses loques, elle a laissé sa lèpre dans le lac. Elle ne court pas, comme on pourrait le penser. Elle s’écroule sur la rive, se pelotonne sur elle-même, honteuse de sa nudité, émue au point qu’elle demeure incapable d’autre chose que de pleurer en une longue plainte, interminable, plus déchirante que des cris.

Jésus s’approche... arrive près d’elle... jette sur elle le linge, lui fait sur la tête une légère caresse et lui dit :

« Adieu. Sois bonne. Tu as mérité la grâce par la sincérité de ton repentir. Grandis dans la foi au Christ. Et obéis à la loi de la purification. »

La femme pleure toujours... C’est seulement quand elle entend le bruit de la planche que Pierre retire sur la barque, qu’elle lève la tête, tend les bras et s’écrie :

« Merci, Seigneur. Merci, béni sois-tu. Béni, béni sois-tu !... »

Jésus lui fait un geste d’adieu avant que la barque ne contourne l’éperon du petit fjord et disparaisse...

EMV 94.6.9 · Tome 2

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94.6 ...Jésus, qui est maintenant avec tous ses disciples, pénètre dans la synagogue de Capharnaüm après avoir traversé la place et le chemin qui y conduisent. La nouvelle du récent miracle doit déjà s’être répandue car il y a beaucoup de chuchotements et de commentaires.

Sur le seuil de la porte de la synagogue, je vois le futur apôtre Matthieu. Il se tient là, moitié dehors, moitié dedans ; je ne sais trop s’il est honteux ou ennuyé par tous les clins oeil qui le désignent et même par quelques épithètes peu agréables qu’on lui adresse. Deux pharisiens drapés dans leurs manteaux les resserrent soigneusement contre eux, comme s’ils avaient peur d’attraper la peste en effleurant le vêtement de Matthieu.

En entrant, Jésus le fixe un instant, et s’arrête une seconde. Mais Matthieu baisse la tête. C’est tout.

A peine le groupe l’a-t-il dépassé que Pierre dit à Jésus :

« Sais-tu qui est cet homme frisé, plus parfumé qu’une femme ? C’est Matthieu, notre percepteur... Que vient-il faire ici ? C’est bien la première fois ! Il n’a peut-être pas trouvé les compagnons – les compagnes surtout – avec lesquels il passe le sabbat, dépensant en orgies ce qu’il nous extorque en taxes doublées et triplées pour avoir de l’argent pour le fisc et pour sa conduite vicieuse. »

Jésus regarde Pierre si sévèrement que celui-ci rougit comme une pivoine et baisse la tête, en s’arrêtant, de sorte qu’il passe du premier rang du groupe des apôtres au dernier.

[Jésus prêche à Capharnaüm et à la fin, Pierre va trouver Jésus. Matthieu a donné de manière anonyme de l'argent :]

Jésus va rentrer dans la maison de Pierre qui est en train de lui dire :

« Voilà : le petit Jacques, à la sortie de la synagogue, m’a donné aujourd’hui deux bourses au lieu d’une seule, et toujours de la part de cet inconnu. Mais de qui s’agit-il, Maître ? Tu le sais... dis-le-moi. »

Jésus sourit :

« Je te le dirai quand tu auras appris à ne médire de personne. »

Et tout prend fin.

Détail

Jésus vient de guérir la Belle de Chorazeïn. Il va ensuite parler à Capharnaüm, car il en a fait la promesse. On rencontre alors Matthieu.

EMV 94.9 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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94.9 Aujourd’hui une femme, une pécheresse d’Israël, punie par Dieu pour son péché, a obtenu miséricorde par son repentir. J’ai bien dit : miséricorde. Mais ils en obtiendront moins, ceux qui n’en ont pas fait preuve à son égard et se sont acharnés sur elle alors qu’elle était déjà punie. Ces gens-là ne portaient-ils pas sur eux la lèpre de leur faute ? Que chacun s’examine... et aie pitié pour mériter la pitié pour lui-même. Je vous tends la main pour cette femme repentie qui revient parmi les vivants, après avoir été reléguée parmi les morts. C’est Simon, fils de Jonas, pas moi, qui recueillera l’obole pour elle, qui revient à la Vie véritable après avoir été sur le point de quitter la vie. Et ne murmurez pas, vous, les grands. Ne murmurez pas. Je n’étais pas au monde quand elle était la Belle. Vous, vous y étiez. Je n’ajoute rien.

– Tu nous accuses d’avoir été ses amants ? demande avec hargne l’un des deux anciens.

– Que chacun considère son coeur et sa conduite. Pour moi, je n’accuse pas. Je parle au nom de la justice. Partons. »

Et Jésus sort avec les siens.

Détail

Jésus demande aux habitants de Capharanaüm qu'ils soient bons envers la Belle de Chorazeïn.

EMV 95 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jacques d'Alphée rejoint Jésus à Capharnaüm, avec son frère Jude. Il explique que toute la famille est contre eux, et quand il a appris qu'il fallait placer Dieu au-dessus de son père, il a pris cette décision d'aller retrouver le Saint de Dieu. Les cousins croient en effet depuis le début qu'il est le Messie. Jésus l'accueille. Il souffre de ce rejet d'Alphée, mais spirituellement, en tant que Verbe de Dieu, il jubile de cette décision.

Voilà qu'ils doivent donner l'impôt à Matthieu. Pierre parle mal sur son compte et c'est Jésus qui se présente au futur disciple. Ils ont un bref échange. Après quoi le Christ fait un discours où il parle de l'argent et du repentir.

Une fois qu'il a terminé, on lui dit que Marie d'Alphée est présente. Celle-ci est dévastée pour son Alphée qui rejette Dieu. Elle lui demande un miracle, mais le Seigneur ne le puit, car il n'est pas bon de le faire. Mais il promet le salut éternel pour son Alphée, et il donne des mots d'encouragement à sa tante.

EMV 95.2-3 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Nous t’avions cherché à la maison... mais tu étais sur le lac.

– Oui, sur le lac pendant deux jours, avec Pierre et les autres. Pierre a fait une bonne pêche, n’est-ce pas ?

– Oui et maintenant, cela me fait mal au coeur, il va me falloir donner pas mal de didrachmes à ce voleur-là... » ; il montre du doigt le gabelou Matthieu dont le comptoir est assiégé par des gens qui paient pour leur emplacement, je crois, ou les denrées.

« Tout sera en proportion, je te dis : plus tu pêches et plus tu paies, mais aussi plus tu gagnes.

– Non, Maître. Plus je pêche et plus je gagne, certes. Mais si je fais deux fois plus de prises, celui-là ne me fait pas payer le double : il faut lui donner le quadruple... Chacal !

– Pierre ! Eh bien, approchons-nous de là ! Je veux parler. Il y a toujours des gens près du comptoir de la gabelle.

– Je le crois bien ! Dit Pierre en grommelant. Des gens et des malédictions !

– Eh bien, j’y apporterai des bénédictions. Qui sait si un peu d’honnêteté ne va pas rentrer chez le gabelou ?

– Sois-en sûr, ta parole ne traversera pas sa peau de crocodile.

– Nous verrons bien !

– Que lui diras-tu ?

– Rien directement, mais je parlerai de façon qu’il en prenne aussi pour lui.

– Tu diras que celui qui dépouille les pauvres qui travaillent pour gagner leur pain, et non pas pour les femmes et les soûleries, est un aussi grand voleur que les bandits de grand chemin ?

– Pierre, veux-tu parler à ma place ?

– Oh non, Maître ! Je ne saurais pas bien m’expliquer.

– Et avec l’amertume que tu as en toi, tu te ferais du mal, et à lui aussi. »

95.3 Ils sont arrivés près du comptoir de la gabelle.

Pierre se dispose à payer. Jésus l’arrête et lui dit :

« Donne-moi l’argent. C’est moi qui paie aujourd’hui. »

Pierre le regarde, étonné, et lui donne une bourse de peau bien garnie.

Jésus attend son tour et, quand il est en face du gabelou, il dit :

« Je paie pour huit corbeilles de poisson de Simon-Pierre. Elles sont là, aux pieds des employés. Vérifie, si tu veux. Mais, entre honnêtes gens, la parole devrait suffire. Et je pense que tu me considères bien ainsi. Combien pour la taxe ? »

Matthieu, qui était assis à son comptoir, se lève au moment où Jésus dit : « Je pense que tu me considères bien ainsi. » De petite taille et déjà âgé, à peu près comme Pierre, il montre pourtant un visage fatigué de jouisseur et une évidente confusion. Il reste tête basse au début, puis la lève et regarde Jésus. Jésus le regarde fixement, gravement, le dominant de sa haute taille.

« Combien ? répète Jésus après un moment.

– Il n’y a pas de taxe pour le disciple du Maître » répond Matthieu, qui ajoute plus bas : « Prie pour mon âme.

– Je la porte en moi, car j’y abrite les pécheurs. Mais toi... pourquoi n’en as-tu pas souci ? »

Aussitôt, Jésus lui tourne le dos et revient vers Pierre, resté bouche bée. Les autres aussi sont ébahis. Ils chuchotent, n’en croyant pas leurs yeux...

95.4 Jésus s’adosse à un arbre, à une dizaine de mètres de Matthieu et commence à parler.

« Le monde est comparable à une grande famille dont les membres exercent des métiers différents et tous nécessaires. Il y a les agriculteurs, les bergers, les vignerons, les charpentiers, les pêcheurs, les maçons, les ouvriers du bois et du fer, et puis les écrivains, les soldats, les fonctionnaires affectés à des missions spéciales, les médecins, les prêtres. Il y a de tout. Le monde ne saurait être composé d’une seule catégorie. Les professions sont toutes indispensables, toutes saintes, si elles sont exercées avec honnêteté et justice. Comment peut-on y arriver, si Satan nous tente de tellement de côtés ? En pensant à Dieu – qui voit tout, même les actions les plus cachées – et à sa Loi qui dit : “ Aime ton prochain comme toi-même, ne lui fais pas ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse. Ne vole pas, en aucune manière. ”

Dites-moi, vous qui m’écoutez : quand quelqu’un meurt, emporte-t-il avec lui ses sacs d’argent ? Et même s’il était assez sot pour les vouloir auprès de lui dans sa tombe, pourrait-il s’en servir dans l’autre vie ? Non. Les pièces de monnaie s’abîment au contact de la pourriture d’un corps décomposé. Mais son âme, elle, serait nue, plus pauvre que celle du bienheureux Job, ne disposant pas de la plus petite pièce de monnaie, même si, ici-bas et dans la tombe, elle avait laissé des masses de talents. Aussi, écoutez bien ! En vérité, je vous le dis : il est difficile d’acquérir le Ciel par des richesses ; au contraire, on le perd généralement à cause d’elles, même si elles proviennent d’un héritage ou d’un gain honnête, car il y a peu de riches qui sachent en user avec justice.

Alors que faut-il faire, pour posséder ce Ciel béni, ce repos au sein du Père ? Il faut n’être pas avide de richesses. Pas avide dans le sens de ne pas les vouloir à tout prix, même en manquant à l’honnêteté et à l’amour. Pas avide, si, les possédant, on les aime plus que le Ciel, plus que son prochain, en refusant la charité aux personnes dans le besoin. Pas avide de ce que les richesses peuvent procurer : femmes, plaisirs, table opulente, vêtements fastueux qui font offense à la misère de ceux qui ont froid et faim. Il y a bien une manière de changer les monnaies du monde en celles qui ont cours dans le royaume des Cieux : c’est la sainte ruse qui consiste à transformer les richesses humaines, souvent injustes ou causes d’injustices, en richesses éternelles. Il faut pour cela gagner honnêtement sa vie, restituer ce qu’on a pris injustement, faire un usage modéré des biens du monde et sans s’y attacher. Il faut savoir quitter les richesses parce que, tôt ou tard, elles nous quitteront – il faut le garder à l’esprit ! – tandis que le bien accompli ne nous abandonne jamais.

Tous voudraient être qualifiés de “ justes ”, considérés comme tels et récompensés par Dieu pour cette raison. Mais comment Dieu pourrait-il récompenser celui qui n’a du juste que le nom, mais pas les oeuvres ? Comment pourrait-il dire : “ Je te pardonne ”, s’il se rend compte que son repentir n’est que dans les mots, sans changement véritable dans son âme ? Il n’y a pas de repentir tant que dure le désir de l’objet qui est cause du péché. Mais quand quelqu’un s’humilie, quand il mutile moralement ce qui est en lui la source d’une passion mauvaise – qu’il s’agisse de femme ou d’or –, quand il dit : “ Pour toi, Seigneur, je ne veux plus entendre parler de tout cela ”, voilà alors un repentir authentique. Et Dieu l’accueille en disant : “ Viens, tu m’es aussi cher qu’un être innocent ou un héros. ” »

Jésus a fini. Il s’en va sans même se tourner vers Matthieu, qui s’est approché du cercle des auditeurs dès les premiers mots.

EMV 96 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus prêche à Bethsaïde, en compagnie d'habitants de Capharnaüm. Il leur déclare que les puissants feront tout en oeuvre pour accuser le Christ et les détourner du Messie. Puis, il parle de la Belle de Chorazeïn qu'il a guérie, et il affirme qu'il recommencera à aller vers les pécheurs car il est le Sauveur. Il insiste également à ce que les femmes de Bethsa¨ide pardonne ses adultères et les péchés qu'elle a commis par le passé. Il ne veut pas qu'elles soient des tigresses, mais des douces brebis. Il parle un instant du repentir profond de la Belle, puis du baptême et de l'hypocrisie de certains.

Le sujet étant clos, Jésus parle des co-rédempteurs et du fait que les anges eux-mêmes ne peuvent souffrir. Il souligne que c'est une glorieuse destinée de souffrir, et que les hommes surpassent les anges en cela. Enfin, il insiste sur la pureté, notamment celle du regard et de l'oeil (l'oeil est la lampe du corps). Puis, il évoque le mariage, ainsi que la chasteté et la virginité dans le couple, également. Le discours se termine là. Il va manger à la maison de Philippe et Matthieu a tout écouté discrètement.