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Notes du thème

Les réprouvés accueillis par Jésus

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EMV 108 · Tome 2, p. 205-212

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Jésus est dans un petit village. Sa Mère est présente et il parle d'elle. Celle-ci discute avec la maîtresse de maison. Ensuite, Jésus fait un discours aux vendangeurs. Il parle du travail, de l'honnêteté du travail, et de la valeur de nos actions. Il énonce aussi la crainte du Seigneur et l'amour pour Dieu. Enfin, il les bénit et guérit un enfant paralysé, par l'intercession de sa Mère.

EMV 109 · Tome 2, p. 212-227

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Détail

Jésus arrive à la plaine d'Esdrelon. Il y rencontre quatre paysans de Yokhanan, qui travaille dans les champs. Pierre se décide à les aider pendant qu'ils parlent avec le Maître. Les quatre hommes sont impressionnés, mais finissent par ne plus avoir peur et par questionner le Christ. Ils lui parlent alors de Jonas et de la dureté de Doras. Jésus va justement chez le pharisien et une confrontation assez violente a alors lieu. Doras veut impressionner Jésus par ses richesses, mais le Seigneur ne demande que Jonas, et Doras finit par obtempérer à sa demande en commandant à des serviteurs de l'amener. Jésus, cependant, suit ses domestiques et arrive jusqu'au berger de Bethléem. Ce dernier est mourant, et le Messie dit à ses apôtres de prendre le lit sur lequel repose Jonas : ils vont à Nazareth. Avant de partir, il pose l'anathème sur les terres de Doras. Celui-ci veut qu'il retire sa malédiction, mais le Christ le laisse au Dieu du Sinaï. Enfin, le groupe apostolique arrive à Nazareth et Jonas meurt entre Jésus et Marie.

EMV 109.9 · Tome 2, p. 221

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Après s’être admiré lui-même quelques instants, Doras s’écrie :

« Cependant, Jésus, pourquoi envoyer Lazare, le frère d’une prostituée, dans la maison de Doras, le pur pharisien ? Lazare est ton ami ? Mais tu ne dois pas ! Ne sais-tu pas qu’il est anathème puisque sa soeur Marie est prostituée ?

– Je ne connais que Lazare et sa conduite, qui est honnête.

– Mais le monde se souvient du péché de cette maison, et considère que la tache en rejaillit sur les amis... N’y va pas. Pourquoi n’es-tu pas pharisien ? Si tu veux... je suis puissant... je te fais accueillir comme tel, bien que tu sois galiléen. J’ai tout pouvoir au Sanhédrin. Hanne est dans ma main comme ce pan de mon manteau. On te craindrait davantage.

– Je veux seulement être aimé.

EMV 110.3 · Tome 2, p. 229-230

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110.3 Les disciples parlent de Jonas en plaignant sa misérable existence et en enviant son heureuse mort. Simon le Zélote murmure :

« Je n’ai pas pu le rendre heureux et donner au Maître un vrai disciple mûri par un long martyre et une foi inébranlable... et j’en suis peiné. Le monde a tant besoin de personnes fidèles, pleines de foi en Jésus, pour compenser ceux, si nombreux, qui nient et nieront !

– Peu importe, Simon, répond Jésus. Il est plus heureux aujourd’hui, et plus actif. Et toi, tu as fait davantage pour lui et pour moi que nul autre à ta place. Pour lui aussi, je te remercie. Maintenant, il sait qui a été son libérateur et il te bénit.

– Alors, il maudit Doras, aussi » s’exclame Pierre.

Jésus le regarde et lui demande :

« Tu crois cela ? Tu es dans l’erreur. Jonas était un juste. Maintenant, c’est un saint. Il n’a haï et maudit personne de son vivant. Il ne hait et ne maudit pas maintenant. Dans le lieu où il séjourne, il regarde vers le Paradis et jubile, car il sait déjà que bientôt les limbes laisseront sortir ceux qui s’y trouvent. Il ne fait rien d’autre.

– Et pour ce qui est de Doras... ton anathème agira ?

– Dans quel sens, Pierre ?

– En l’amenant à réfléchir et à changer... ou bien... en le frappant de quelque châtiment.

– Je l’ai livré à la Justice de Dieu. Moi, l’Amour, je l’ai abandonné.

– Miséricorde ! Je ne voudrais pas être à sa place !

– Moi, non plus !

– Ni moi !

– Personne ne le voudrait, car que sera donc la justice du Parfait ? disent les disciples.

– Pour les bons, ce sera l’extase, pour les satans, ce sera la foudre, mes amis. En vérité je vous le dis : être toute la vie esclave, lépreux, mendiant, est un bonheur royal en comparaison d’une heure, d’une seule heure de punition divine.

Détail

Je l'ai livré à la Justice de Dieu : le sens de cette affirmation semblable à celle de 109.12 ("Je te livre au Dieu du Sinaï") et à une autre que nous rencontrerons en 476.6 ("Je suis l'Amour, c'est vrai. Mais le Père est au-dessus de moi, et il est la Justice") sera éclairci en 191.8 et 261.2. (note de l'éditeur présente dans la deuxième édition).

EMV 111.5-8 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Nous sommes peu nombreux... contre un si grand nombre. Nous sommes humbles... contre les puissants. Comment te défendre s’ils veulent te nuire ?

– Mes amis, souvenez-vous du songe de Jacob. Il vit une multitude innombrable d’anges qui montaient et descendaient par l’échelle qui allait du ciel au patriarche. Une multitude, et pourtant ce n’était qu’une partie des légions angéliques... Eh bien, même si toutes les légions qui chantent alléluia à Dieu dans le Ciel descendaient autour de moi pour me défendre, lorsque ce sera l’heure, elles ne pourront rien. La justice doit s’accomplir...

– Tu veux dire l’injustice ! Car tu es saint, et s’ils te font du mal, s’ils te haïssent, ce sont des injustes.

– C’est pour cela que je dis que, pour certains, le crime est déjà accompli. Celui qui couve une pensée homicide est déjà homicide ; si c’est le vol, c’est déjà un voleur ; si c’est un adultère, il est déjà adultère ; si c’est la trahison, c’est déjà un traître. Le Père sait et moi je sais. Mais il me laisse aller, et je vais mon chemin, car c’est pour cela que je suis venu. Mais les moissons mûriront encore et on fera les semailles une première fois et une seconde avant que le Pain et le Vin ne soient donnés en nourriture aux hommes.

– On fera un banquet de joie et de paix, alors !

– De paix ? Oui. De joie ? Aussi, mais... oh, Pierre ! Oh, mes amis ! Que de larmes il y aura entre la première et la deuxième coupe ! Et c’est seulement après qu’on aura bu la dernière goutte de la troisième coupe que la joie sera grande parmi les justes, et qu’il y aura une paix assurée pour les hommes dont la volonté est droite.

– Et tu y seras, n’est-ce pas ?

– Moi ?... Mais quand le chef de famille manque-t-il au rite ? Et ne suis-je pas le chef de la grande famille du Christ ? »

111.6 Simon le Zélote, qui n’a pas encore parlé, dit comme en se parlant à lui-même :

« “ Quel est celui-ci qui vient en habits éclatants, magnifiquement drapé dans son manteau, s’avançant dans la plénitude de sa force ? ” “ C’est moi qui parle avec justice, qui suis puissant pour sauver. ” “ Pourquoi ce rouge à ton manteau, pourquoi es-tu vêtu comme celui qui foule au pressoir ? ” “ J’ai été seul à fouler au pressoir... C’est l’année de ma Rédemption qui vient. ”

– Tu as compris, Simon, souligne Jésus.

– J’ai compris, mon Seigneur. »

Les deux hommes se regardent, intensément. Etonnés, les autres les dévisagent et se demandent entre eux :

« Mais parle-t-il des vêtements rouges que porte maintenant Jésus, ou de la pourpre royale dont il sera revêtu quand ce sera l’heure ? »

Jésus s’absorbe en lui-même et paraît ne plus rien entendre.

Pierre prend Simon à part et l’interroge :

« Toi qui es sage et humble, explique tes paroles à mon ignorance.

– Oui, mon frère ! Son nom est Rédempteur. Les coupes de paix et de joie entre l’homme et Dieu, la terre et le Ciel, c’est lui qui les remplira de son vin, en se foulant lui-même dans la souffrance par amour pour nous tous. Il sera donc présent, bien qu’en apparence la puissance des Ténèbres aura étouffé la Lumière, qu’il est lui-même.

111.7 Ah ! Il faut beaucoup l’aimer, ce Christ, notre Christ, car beaucoup lui refuseront leur amour. Faisons en sorte qu’à l’heure de sa déréliction, on ne puisse nous adresser et nous reprocher cette lamentation de David : “ Des chiens nombreux me cernent ”, en l’appliquant à nous-mêmes.

– Qu’est-ce que tu dis ?... Mais nous, nous le défendrons, même s’il nous faut mourir avec lui.

– Nous le défendrons... Mais nous sommes des hommes, Pierre. Et notre courage fondra avant qu’on ne lui broie les os... Oui. Nous ferons comme l’eau devenue glaçon dans le ciel, que la foudre fait fondre en pluie et que le vent regèle sur le sol. C’est ainsi que nous sommes ! Notre courage actuel qui nous pousse à être ses disciples – car son amour et sa présence nous donnent solidité et hardiesse virile – fondra sous le coup de foudre de Satan et de ses sbires... Et que restera-t-il de nous ? Puis, après cette épreuve avilissante et nécessaire, la foi et l’amour nous solidifieront de nouveau et nous serons comme un cristal qui ne redoute plus d’être brisé. Mais cela, nous le saurons et nous en serons capables, dans la mesure où nous l’aimerons beaucoup, tant que nous l’avons. Alors... oui, je pense qu’alors, par l’effet de sa parole, nous ne serons pas des ennemis et des traîtres.

– Tu es sage, Simon. Moi... je suis illettré et j’ai honte aussi de lui poser tant de questions. Et cela me fait mal, quand je vois qu’il y a tant de raisons de pleurer... Observe son visage : il paraît inondé de larmes secrètes. Vois ses yeux. Ils ne regardent ni le ciel, ni le sol. Ils sont ouverts sur un monde qui nous est inconnu. Comme sa démarche le montre épuisé et courbé ! On dirait que ses pensées l’ont fait vieillir. Ah, je ne peux le voir ainsi ! Maître ! Maître ! Souris ! Je ne puis te voir si triste. Tu m’es aussi cher qu’un fils et je te donnerais ma poitrine comme oreiller pour t’endormir et te faire rêver à d’autres mondes... Oh ! Pardonne-moi de t’avoir appelé “ fils ” ! C’est que je t’aime, Jésus.

– Je suis le Fils... Ce nom est mon Nom. Mais je ne suis plus triste. Tu vois ? Je souris car vous êtes pour moi des amis.

111.8 Voici, là au fond, Jéricho toute rouge au crépuscule. Que deux d’entre vous aillent y chercher un logement. Les autres et moi, nous irons les attendre à côté de la synagogue. Allez. »

Et tout se termine pendant que Jean et Jude partent à la recherche d’une maison hospitalière.

EMV 112 · Tome 2, p. 239-246

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Le groupe apostolique est à Jéricho. Zachée, qui est toujours collecteur d'impôts, reçoit une offrande d'Aglaé (qui est anonyme dans ce chapitre) et Judas, qui n'est pas loin, enquête sur elle. Mais Zachée ne veut rien lui dire et l'Iscariote repart vexé. C'est là qu'il tombe sur le reste de ses compagnons qui le croyaient à Kérioth, pour aider sa mère. Pierre est plutôt... ironique et il y a une prise de bec entre les deux apôtres. Jésus coupe court à la conversation, et voyant sans doute que Judas s'apprête à mentir pour donner des excuses, il le prie de se taire et de lui demander s'il les raccompagne à nouveau. Judas acquiesce. Jésus divise le groupe en trois. Pierre, Jude Thaddée, Jacques d'Alphée, Matthieu iront à Bethléem et rencontreront Isaac et les bergers en route. Judas, Thomas, André, Jacques de Zébédée iront à Gethsémani préparer la fête des Tentes. Jean, Simon le Zélote, Philippe, Barthélémy resteront avec le Christ à Béthanie, chez Lazare. Lorsqu'ils arrivent près de la demeure du fils de Théophile, Judas s'excuse, mais zieute la maison de Lazare. Sans doute espère-t-il un changement de groupe, mais Jésus maintient sa décision. Il va voir Lazare qui lui présente Marthe pour la première fois. Ensuite, ils parlent de Jonas (Jésus annonce sa mort) et il dévoile qu'il sait qu'il a vu Marie-Madeleine. Lazare est effondré, même si Jésus assure qu'il a pitié d'elle. Respectueux de sa douleur, Jésus le laisse un instant seul et parle avec Marthe. Celle-ci lui dit que Doras et Judas avaient insinué des choses à son frère et qu'il n'avait plus de paix. La conversation dévie alors sur Marie-Madeleine et Jésus les encourage à pardonner, car leur pardon pourra aider sa conversion. Importance du pardon fraternel et familial.

EMV 112.1 · Tome 2, p. 239-240

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112.1 La place du marché de Jéricho, avec ses arbres et les cris des vendeurs. Dans un coin, le gabelou Zachée occupé à ses... extorsions légales et illégales. Il doit aussi acheter et vendre des objets de valeur, car je le vois peser et expertiser des colliers et autres bijoux de métal précieux. Je ne sais si on les lui a remis à cause de quelque impossibilité de payer les taxes en espèces, ou si on les a vendus pour d’autres besoins.

C’est maintenant le tour d’une femme, élancée, toute revêtue d’un manteau de couleur entre rouille et gris-brun. Son visage est couvert d’un voile très fin de soie jaunâtre qui ne permet pas de l’identifier. On ne se rend compte que de la sveltesse du corps, qu’on devine malgré cet accoutrement de toile bise qui l’enveloppe. Elle doit être jeune, du moins à en juger par le peu qu’on en voit : une main qui sort un moment du manteau et présente un bracelet d’or, et des pieds chaussés de sandales pas tellement simples, mais déjà pourvues d’une empeigne et d’un entrelacement de courroies qui laissent voir des orteils lisses et jeunes, et une partie de la cheville fine et très blanche. Elle tend son bracelet sans mot dire, reçoit l’argent sans discuter et se retourne pour s’en aller.

Je m’aperçois maintenant que, derrière elle, Judas l’observe attentivement et, au moment où elle s’en va, il lui dit quelque chose que je ne comprends pas bien. Mais elle, comme si elle était muette, ne répond pas et s’éloigne vivement ainsi fagotée.

Judas interroge Zachée :

« Qui est-elle ?

– Je ne demande pas leur nom à mes clients, surtout quand ils sont gentils comme celle-là.

– Jeune, n’est-ce pas ?

– On le dirait.

– Mais est-elle juive ?

– Qui peut le savoir ? ! On trouve de l’or jaune dans tous les pays.

– Fais-moi voir ce bracelet.

– Tu veux l’acheter ?

– Non.

– Alors, pas question. Qu’est-ce que tu crois ? Qu’on va parler à sa place ?

– Je voulais voir si je pouvais deviner qui elle est ...

– Cela t’inquiète tellement ? Es-tu nécromancien pour le deviner ou chien policier que conduit son flair ? Va, sois tranquille. Ainsi attifée, soit elle est honnête et malheureuse, soit elle est lépreuse. Donc... pas question.

– Je n’ai pas envie de femme, répond Judas d’un air méprisant.

– Possible... mais avec ce visage, j’y crois peu. C’est bien. Si tu ne veux rien d’autre, cède la place. J’ai d’autres clients à servir. »

Contrarié, Judas s’éloigne et demande à un marchand de pain et à un marchand de fruits s’ils connaissent la femme qui vient de leur acheter du pain et des pommes, et s’ils savent où elle habite. Mais ils l’ignorent. Ils répondent :

« Elle vient depuis quelque temps, tous les deux ou trois jours. Mais d’où elle est, nous ne le savons pas.

– Mais comment parle-t-elle ? » insiste Judas.

Les deux hommes rient et l’un répond :

« Avec la langue. »

Judas les injurie et s’en va...

EMV 112.2 · Tome 2, p. 241-242

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Où vas-tu ?

– A Jérusalem.

– Aujourd’hui même ?

– Ce soir, je serai à Béthanie.

– Chez Lazare ?

– Chez Lazare.

– Dans ce cas, j’y vais moi aussi.

– Oui, tu viens jusqu’à Béthanie. Ensuite André, accompagné de Jacques, fils de Zébédée, et de Thomas iront à Gethsémani faire les préparatifs et nous attendre tous, et toi, tu iras avec eux. »

Jésus martèle tellement ces mots que Judas ne réagit pas.

« Et nous ? demande Pierre.

– Toi, avec mes cousins et Matthieu, vous irez où je vous enverrai pour revenir le soir. Jean, Barthélemy, Simon et Philippe resteront avec moi, c’est-à-dire qu’ils iront à Béthanie annoncer que le Rabbi est venu et leur parlera à la neuvième heure. »

112.3 Ils avancent vite au milieu des champs dénudés. Il y a de l’orage, pas dans le ciel qui est serein, mais dans les cœurs. Tous s’en rendent compte et marchent en silence.

Par cette route de Jéricho à Béthanie, la maison de Lazare, où ils arrivent, est l’une des premières du village. Jésus congédie le groupe qui doit aller à Jérusalem, puis l’autre qu’il envoie vers Bethléem en disant :

« Allez-y sans inquiétude. Vous trouverez à mi-chemin Isaac, Elie et les autres. Dites-leur que je serai à Jérusalem pour plusieurs jours et que je les attends pour les bénir. »

EMV 112.4-6 · Tome 2, p. 242-246

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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112.4 Jésus entre avec les quatre disciples qui sont restés et, après avoir embrassé Lazare, il lui présente Jean, Philippe et Barthélemy, puis il les congédie et reste seul avec Lazare.

Ils se dirigent vers la maison. Cette fois, sous le beau portique, il y a une femme. C’est Marthe. Assez grande, mais moins que sa soeur, brune et mate alors que l’autre est blonde et rose, c’est une belle jeune fille, aux formes harmonieuses. Ses cheveux sont couleur de jais, au-dessus d’un front légèrement brun et lisse. Ses yeux, qui respirent la douceur, sont noirs, grands, veloutés, encadrés par des cils foncés. Le nez est légèrement aquilin et la bouche vermeille tranche sur la couleur brune des joues. Elle sourit en montrant de belles dents très blanches.

Son habit de laine est bleu foncé avec des galons rouges et vert foncé au cou et au bout des manches larges, qui s’arrêtent au coude et d’où sortent d’autres manches d’un lin très fin et blanc, serrées au poignet par un petit cordon qui les plisse. En haut de la poitrine aussi, à la base du cou, ressort cette chemisette très fine et blanche que serre un cordon. Sa ceinture est une écharpe bleue, rouge et verte, faite d’une étoffe très fine qui serre le haut des hanches et retombe, avec un noeud de franges, du côté gauche. C’est un vêtement riche et chaste.

« J’ai une soeur, Maître. La voilà : c’est Marthe. Elle est bonne et pieuse. Elle fait le réconfort et l’honneur de la famille, ainsi que la joie du pauvre Lazare. Auparavant, elle était ma première et unique joie. Maintenant, elle est la seconde, car la première, c’est toi. »

Marthe se prosterne à terre et baise le bord du vêtement de Jésus.

« Paix à cette excellente soeur et à cette femme chaste. Relève-toi. »

Marthe se lève et entre dans la maison avec Jésus et Lazare. Puis elle s’excuse de s’absenter pour les besoins de la maison.

« Elle est ma paix... », murmure Lazare, en scrutant Jésus des yeux. Mais Jésus ne semble pas s’en apercevoir.

112.5 Lazare demande :

« Et Jonas ?

– Il est mort.

– Mort ? Dans ce cas...

– Je l’ai eu à la fin de sa vie. Mais il est mort libre et heureux, chez moi à Nazareth, entre ma Mère et moi.

– Doras l’a usé avant de te le donner !

– Il est mort de fatigue, oui, mais aussi sous les coups qu’il a reçus.

– C’est un démon, et il te hait. Cette hyène déteste le monde entier... Il ne t’a pas dit qu’il te hait... ?

– Il me l’a dit.

– Méfie-toi de lui, Jésus. Il est capable de tout. Seigneur... que t’a dit Doras ? Ne t’a-t-il pas conseillé de me fuir ? Ne t’a-t-il pas montré le pauvre Lazare sous un jour ignominieux ?

– Je crois que tu me connais suffisamment pour comprendre que je juge par moi-même et avec justice. Quand j’aime, j’aime sans me demander si cet amour peut me servir ou me desservir aux yeux du monde.

– Mais cet homme est féroce et atroce quand il blesse et tâche de nuire... Il m’a tourmenté encore ces jours passés. Il est venu ici et m’a dit... Ah ! Alors que j’ai déjà tant de soucis ! Pourquoi vouloir t’enlever à moi, toi aussi ?

– Je suis le réconfort des tourmentés et le compagnon des abandonnés. C’est pour cela aussi que je suis venu à toi.

– Oh ! Alors tu sais ?... Ah, ma honte !

– Non. Pourquoi ta honte ? Je sais. Eh quoi ? Prononcerai-je l’anathème sur toi qui souffres ? Je suis miséricorde, paix, pardon, amour pour tous ; et que sera-ce pour les innocents ? Tu n’es pas responsable du péché qui te fait souffrir. Devrais-je m’acharner sur toi, alors que j’ai pitié d’elle aussi ?...

– Tu l’as vue ?

– Je l’ai vue. Ne pleure pas. »

Mais Lazare a laissé retomber sa tête sur ses bras croisés sur la table. Il pleure et sanglote douloureusement.

Marthe s’avance et regarde. Jésus lui fait signe de garder le silence. Elle s’éloigne alors avec des larmes qui coulent silencieusement. Lazare se calme peu à peu et a honte de sa faiblesse. Jésus le réconforte et, comme son ami désire rester seul un instant, il sort dans le jardin et se promène dans les parterres où quelques roses pourpres résistent encore.

112.6 Marthe le rejoint peu après.

« Maître... Lazare t’a parlé ?

– Oui, Marthe.

– Lazare n’a plus de paix depuis qu’il sait que tu es au courant et que tu l’as vue...

– Comment est-il au courant ?

– D’abord cet homme qui était avec toi et qui prétend être ton disciple : cet homme jeune, grand, brun et sans barbe... puis Doras. Ce dernier nous a fustigés de son mépris, et l’autre a seulement dit que vous l’aviez vue sur le lac... avec ses amants...

– Mais ne pleurez pas pour cela ! Croyez-vous que j’ignorais votre blessure ? Je la connaissais déjà quand j’étais auprès du Père... Ne te laisse pas abattre, Marthe. Relève ton coeur et ton front.

– Prie pour elle, Maître. Moi, je prie... mais je n’arrive pas à pardonner complètement, et peut-être l’Eternel repousse-t-il ma prière.

– Tu as raison : il faut pardonner pour être pardonné et écouté. Je prie déjà pour elle. Mais donne-moi ton pardon et celui de Lazare. Toi, par ta fraternelle bonté, tu peux parler et obtenir encore plus que moi. Sa blessure est trop ouverte et brûlante pour que même ma main l’effleure. Toi, tu peux le faire. Donnez-moi votre pardon plénier, saint et, moi, j’agirai...

– Pardonner... Nous ne le pourrons pas. Notre mère est morte de douleur à cause de sa mauvaise conduite... et ce n’était encore que peu de chose au regard de sa conduite actuelle. Je vois les tortures de notre mère... elles sont toujours présentes à mon esprit. Et je vois ce que souffre Lazare.

– C’est une malade, Marthe, une folle. Pardonnez-lui.

– Elle est possédée par le démon, Maître.

– Qu’est-ce que la possession diabolique, sinon une maladie de l’âme contaminée par Satan, dénaturée au point d’en faire un être spirituel diabolique ? Comment expliquer autrement certaines perversions humaines ? Ces perversions rendent l’homme pire que les fauves pour ce qui est de la férocité, plus libidineux que les singes quant à la luxure, et ainsi de suite, pour en faire un être hybride où se fondent l’homme, l’animal et le démon. Voilà l’explication de ce qui étonne comme une monstruosité qui passe pour inexplicable chez tant de personnes. Ne pleure pas. Pardonne. Moi, je vois. C’est que j’ai une vue qui dépasse celle de l’oeil et du coeur : j’ai la vue de Dieu. Je vois. Je te le dis : pardonne parce qu’elle est malade.

– Guéris-la, alors !

– Je la guérirai. Aie foi. Je te donnerai cette joie. Mais toi, pardonne et dis à Lazare de pardonner lui aussi. Pardonne. Aime-la encore. Rapproche-toi d’elle. Parle-lui comme si elle était comme toi. Parle-lui de moi...

– Comment veux-tu qu’elle te comprenne, toi qui es le Saint ?

– Elle paraîtra ne pas comprendre, mais déjà mon seul nom est salut. Fais qu’elle pense à moi et dise mon nom. Ah ! Satan s’enfuit quand la pensée de mon nom arrive dans un coeur. Souris, Marthe, à cette espérance. Regarde cette rose. La pluie des jours derniers l’avait abîmée, mais regarde : le soleil d’aujourd’hui l’a épanouie, et elle est encore plus belle car les gouttes de pluie qui restent entre ses pétales lui créent une parure de diamants. Il en sera ainsi de votre maison... Larmes et douleur maintenant, puis... joie et gloire. Va. Parles-en à Lazare, pendant que moi, dans la paix de ton jardin, je prie le Père pour Marie et pour vous... »

Tout se termine ainsi.

EMV 113.2 · Tome 2, p. 246

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus est de nouveau chez Lazare. D’après ce que j’entends, je comprends que la fête des Tentes est déjà passée, et que Jésus est revenu à Béthanie sur l’insistance de son ami qui souhaiterait ne jamais se séparer de Jésus. Je comprends aussi que Jésus y est accompagné des seuls Simon et Jean. Les autres sont disséminés dans la région. Je comprends enfin qu’il s’agit d’une réunion d’amis encore fidèles à Lazare, qui les a invités pour leur faire connaître Jésus.