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Jacob de Méron

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EMV 108 · Tome 2, p. 205-212

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Jésus est dans un petit village. Sa Mère est présente et il parle d'elle. Celle-ci discute avec la maîtresse de maison. Ensuite, Jésus fait un discours aux vendangeurs. Il parle du travail, de l'honnêteté du travail, et de la valeur de nos actions. Il énonce aussi la crainte du Seigneur et l'amour pour Dieu. Enfin, il les bénit et guérit un enfant paralysé, par l'intercession de sa Mère.

EMV 110 · Tome 2, p. 227-233

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Jésus est près du lac de Méron. Pierre se dit qu'ils n'arriveront jamais à Jérusalem à temps, car ils ont guéri un homme blessé et créé la joie dans une famille, mais Jésus le rassure et lui dit de ne jamais faire passer l'amour avant les actes de piété. Pierre a été touché par l'acte de Publius Quintilianus et Jésus lui demande s'il serait intéressé par les Romains. Juste après, la pluie tombe et ils se réfugient chez Jacob de Méron, qui est très pauvre et qui a plein de souci. Mais il accueille le groupe apostolique et Jésus le bénit pour sa miséricorde. Il parle ensuite de la volonté divine qui est sa nourriture.

EMV 110.4-7 · Tome 2, p. 230-233

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

110.4 – Il pleut, Maître. Qu’allons-nous faire ? Où aller ? »

En effet, sur le lac assombri sous un ciel maintenant tout couvert de nuages couleur de plomb, tombent et rebondissent les premières gouttes d’une pluie qui menace de devenir plus violente.

« Dans quelque maison, nous demanderons abri au nom de Dieu.

– Espérons que nous trouverons des gens aussi bons que ce Romain. Je ne les croyais pas comme ça... Je les avais toujours évités comme impurs, et je vois que... oui, tout compte fait, ils valent mieux que beaucoup d’entre nous, dit Pierre.

– Les Romains te plaisent ? demande Jésus.

– Eh bien... je ne les trouve pas pires que nous. Seulement, ce sont des samaritains... »

Jésus sourit sans rien dire.

Ils sont rejoints par une petite femme qui pousse devant elle huit brebis.

« Femme, sais-tu où nous pourrons trouver un toit ?... demande Pierre.

– Je suis la servante d’un homme pauvre et seul. Mais si vous voulez venir... je crois que mon maître vous recevra avec bonté.

– Allons-y. »

Ils se hâtent sous l’averse au milieu des brebis au corps obèse qui trottent pour fuir la pluie. Ils quittent la grand-route pour prendre un chemin qui mène à une maisonnette basse. Je reconnais la maison du paysan Jacob, ce Jacob de l’épisode de Matthias et Marie, les deux orphelins de la vision du mois d’août, me semble-t-il.

« Voilà : c’est ici ! Courez devant, pendant que je mène les brebis au bercail. Au-delà du muret il y a une cour à passer pour arriver à la maison. Il doit être dans la cuisine. Ne faites pas attention s’il parle peu... Il a beaucoup d’ennuis. »

La femme se dirige vers un cagibi à droite.

110.5 Jésus et ses disciples tournent à gauche.

Voilà l’aire avec le puits et le four au fond, le pommier de côté, et voici la porte grande ouverte de la cuisine où brûle un feu de branches, et où un homme est en train de réparer un outil de culture endommagé.

« Paix à cette maison. Je te demande un abri pour la nuit pour mes compagnons et moi » dit Jésus sur le seuil de la porte.

L’homme lève la tête.

« Entre » dit-il « et que Dieu te rende la paix que tu donnes. Mais... parler de paix ici ! Elle est l’ennemie de Jacob, depuis quelque temps. Entre, entre !... Entrez tous. Le feu est l’unique chose que je puisse vous offrir en abondance... parce que... Oh ! Mais... Mais toi, maintenant que tu as enlevé le capuchon (Jésus s’était couvert la tête avec un pan de son manteau, en le tenant serré sous la gorge avec la main) et que je te vois bien... Tu es, oui, tu es le Rabbi galiléen, celui qu’on nomme Messie et qui fait des miracles... Est-ce toi ? Dis-le, au nom de Dieu.

– Je suis Jésus de Nazareth, le Messie. Tu me connais ?

– A la dernière lune, je t’ai entendu parler chez Jude et Anne... j’étais au nombre des vendangeurs car... je suis pauvre... Une série de malheurs : la grêle, les chenilles, des arbres et des brebis malades... Pour moi, qui suis seul avec une servante, mes biens me suffisaient. Mais maintenant j’ai accumulé des dettes parce que le malheur s’acharne sur moi... Pour ne pas vendre toutes mes brebis, j’ai travaillé dans la maison des autres... Et puis, mes champs !... On aurait dit que la guerre y était passée tant ils étaient brûlés, et tant les vignes et les oliviers étaient stériles. Depuis la mort de ma femme, cela fait six ans, on dirait que Mammon s’amuse à mes dépens. Tu vois ? Je suis en train de travailler sur cette charrue. Mais le bois en est tout abîmé. Comment faire ? Je ne suis pas du métier, et j’attache, j’attache. Mais cela ne sert à rien. Il me faut aussi veiller à ma bourse, désormais... Je vais vendre une autre brebis pour réparer les outils. Le toit fait eau... mais les champs m’inquiètent plus que la maison. Quel dommage ! Les brebis sont toutes pleines... j’espérais reconstituer le troupeau... Mais voilà...

– Je vois que je viens apporter des ennuis, là où il y en a déjà tant.

– Des ennuis, toi ? Non. Je t’ai entendu parler et... tes paroles me sont restées au fond du coeur. C’est vrai que j’ai travaillé honnêtement, et pourtant... Mais je pense que je ne devais pas encore être assez bon. Je pense que celle qui était bonne, c’était peut-être ma femme qui avait pitié de tout le monde. Pauvre Lia, morte trop tôt, trop tôt pour son mari... Je pense que la prospérité de ces temps-là venait du Ciel grâce à elle. Et je veux devenir meilleur pour pratiquer ce que tu dis et imiter mon épouse. Je ne demande pas grand-chose : seulement de rester dans cette maison où elle est morte et où, moi, je suis né... et d’avoir du pain pour moi et pour la servante qui remplace ma femme, sert de bergère et m’aide comme elle le peut. Je n’ai plus de serviteur. J’en avais deux et ils me suffisaient, car je travaillais moi aussi aux champs et à l’oliveraie... Mais je n’ai plus de pain que pour moi, et encore bien peu...

– Ne te prive pas de pain pour nous...

– Non, Maître, même si je n’en avais qu’une bouchée, je te la donnerais. C’est un honneur pour moi de t’avoir... Je ne l’aurais jamais espéré. Mais je te parle de mes misères parce que tu es bon et que tu comprends.

– Oui, je comprends. 110.6 Donne-moi ce marteau. Ce n’est pas comme ça qu’il faut faire. Tu abîmes le bois. Donne-moi aussi ce poinçon, mais après l’avoir rougi au feu. Il percera mieux le bois et nous y passerons sans difficulté une cheville de fer. Laisse-moi faire. J’étais menuisier...

– Toi, travailler pour moi ? Non !

– Laisse-moi faire. Tu me donnes l’hospitalité. Moi, je t’aide. Il faut s’aimer entre hommes, en donnant chacun ce qu’il peut.

– Tu donnes la paix. Tu donnes la sagesse. Tu donnes des miracles. Tu donnes déjà beaucoup, beaucoup !

– Je donne aussi le travail. Allez, obéis... »

Jésus, qui n’a gardé que son habit, travaille rapidement et avec dextérité au timon abîmé. Il perce, attache, cheville, l’essaie jusqu’à ce qu’il le voie solide.

« Il pourra encore servir longtemps, jusqu’à l’année prochaine. Tu pourras le changer à ce moment-là.

– Je le crois bien. Cette charrue est passée par tes mains et me bénira la terre.

– Ce n’est pas la raison pour laquelle elle sera bénie, Jacob.

– Pourquoi, alors, mon Seigneur ?

– Parce que tu fais preuve de miséricorde. Tu ne te renfermes pas dans la rancoeur de l’égoïsme et de l’envie, mais tu reçois mon enseignement et le mets en pratique. Bienheureux les miséricordieux. Ils obtiendront miséricorde.

– En quoi est-ce que j’en fais preuve pour toi, mon Seigneur ? C’est à peine si j’ai une place et la nourriture dont tu as besoin. Je n’ai que de la bonne volonté, et jamais je n’ai tant souffert d’être pauvre pour n’avoir pas de quoi vous faire honneur, à toi et à tes amis.

– Ton désir suffit. En vérité, je te dis que même un seul verre d’eau donné en mon nom est une grande chose aux yeux de Dieu. J’étais un voyageur fatigué sous la bourrasque : tu m’as abrité. L’heure du repas arrive et tu me dis : “ Je t’offre ce que j’ai. ” La nuit tombe, et tu m’offres un toit ami. Que veux-tu faire de plus ? Fais confiance, Jacob. Le Fils de l’homme ne fait pas attention au luxe de la réception et de la nourriture. Il regarde les sentiments du coeur. Le Fils de Dieu dit au Père : “ Père, bénis mes bienfaiteurs et tous ceux qui, en mon nom, sont miséricordieux pour leurs frères. ” Cela, je le dis pour toi. »

110.7 Pendant que Jésus travaillait à la herse, la servante a parlé avec le maître, et elle revient avec du pain, du lait qu’elle vient de traire, quelques pommes ratatinées et un plateau d’olives.

« Je n’ai rien d’autre, dit l’homme en s’excusant.

– Moi, je vois parmi ta nourriture une nourriture que tu ne vois pas ! Et je m’en nourris, car elle a une saveur céleste.

– Tu te nourris, peut-être, toi, Fils de Dieu, d’une nourriture que t’apportent les anges ? Peut-être vis-tu d’un pain spirituel.

– Oui, l’âme a plus de valeur que le corps, et pas seulement en moi. Mais je ne me nourris pas de pain angélique, bien plutôt de l’amour du Père et des hommes. Je le trouve aussi sur ta table, et j’en bénis le Père qui par amour m’a conduit à toi, et je te bénis de m’accueillir avec amour et de me donner l’amour. Voilà ma nourriture : que la volonté de mon Père soit faite.

– Alors bénis cette nourriture et fais-en l’offrande à Dieu à ma place. Aujourd’hui, tu es pour moi le chef de famille et toujours tu seras mon Maître et mon Ami. »

Jésus prend le pain et l’offre en le tenant haut levé entre ses mains. Il prie, avec un psaume, je crois. Puis il s’assied, rompt le pain et le distribue...

Tout se termine ainsi.

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