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Apôtres

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EMV 120.1.6 · Tome 2, p. 298 et 301-302

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

La voix de Jésus retentit dans la pièce comble, parce qu’il pleut et que tout le monde s’y est réfugié. (...)

Jésus parle, appuyé à la crèche vide. Jean et les deux cousins, ainsi que Matthieu et Philippe, sont près de lui, tandis que Judas avec Pierre, Barthélemy, Jacques et André sont à la sortie et organisent l’entrée de ceux qui arrivent encore ; Thomas et Simon circulent parmi les gens, font taire les enfants, recueillent les oboles, écoutent les requêtes.

[Après avoir fait son discours, Jésus guérit quatre malades.]

L’émotion est à son comble. On crie, on bénit, on se bouscule pour voir, on tâche de sortir pour aller l’annoncer au village. Jésus est assailli de tous côtés.

Pierre voit qu’on l’écrase presque et s’écrie :

« Mes amis ! Ils étouffent le Maître ! Venez le dégager ! »

Et en jouant des coudes, et même en donnant quelques coups dans les tibias, les douze réussissent à faire de la place, à libérer Jésus et à l’amener à l’extérieur.

« Demain, c’est moi qui m’en occuperai, dit-il. Toi, tu seras à côté de la porte et les autres au fond. Ils t’ont fait du mal ?

– Non.

– Ils semblaient fous ! Quelles façons !

– Laisse-les faire. Ils étaient heureux… et moi avec eux. Allez baptiser ceux qui le demandent. Je rentre à la maison. Toi, Judas, avec Simon, donnez l’obole aux pauvres. Tout. Nous avons beaucoup plus qu’il ne faut pour des apôtres du Seigneur. Va, Pierre, va. Ne crains pas de trop faire. Je te justifie auprès du Père, puisque je te l’ordonne. Adieu, mes amis. »

Épuisé et en sueur, Jésus s’enferme alors dans la maison pendant que les disciples s’acquittent chacun de sa tâche auprès des pèlerins.

Détail

Jésus donne un discours à la Belle-Eau, à l'intérieur, car il pleut.

EMV 121 · Tome 2, p. 302-311

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

A la Belle-Eau, les apôtres sont agités, car le frère de lait d'Hérode, Manahen, est arrivé pour écouter le Maître. Seulement, Jésus n'est pas encore là, et les Douze sont troublés, faute d'instructions de la part du Seigneur. Rapidement, une dispute éclate entre Pierre et Judas : Simon de Jonas ne veut pas que l'Iscariothe approche Aglaé, et il finit par dire ses quatre vérités à Judas. Les autres apôtres s'interposent, car toute ces disputes fatiguent Jésus et Jude comme Philippe rapportent deux épisodes où ils ont surpris Jésus à pleurer. Le futur traître éclate alors en larmes, et le Sauveur arrive sur ces entrefaites. Pierre se blâme d'avoir été trop dur avec Judas, mais celui-ci admet également qu'il n'est pas bon. Jésus calme le jeu, leur assure que Manahen veut le voir sans aucune mauvaise intention, puis il renvoie les autres et s'entretient avec Judas. Jésus souhaite que son disciple s'examine lui-même et parle avec son âme, pour mieux discerner ses défauts et Judas finit par avouer que le Christ n'est pas juste. En fait, l'homme de Kérioth est jaloux et Jésus remet l'église au milieu du village. Il rappelle qu'il l'a sans cesse défendu face aux autres apôtres, puis Jésus prend congé car il est temps pour lui d'aller voir la foule qui l'attend.

Le Maître fait ainsi un discours à la Belle-Eau sur le Commandement "Tu ne prononceras pas en vain le nom du Seigneur". Il revient sur l'erreur d'Israël, qui croit que les païens blasphèment quand il prononcent le Nom de Dieu. Or, les païens ont le droit de chercher le Seigneur. Jésus ajoute que même ceux qui croient prononcent en vain le nom de Dieu quand leur âme n'ont pas de repentir ou quand ils sont hypocrites. On pourrait alors croire que seuls les petits enfants ont le droit d'appeler le Très-Haut, mais les pécheurs peuvent (et doivent) l'invoquer lorsqu'ils veulent guérir de leurs fautes. Finalement Jésus conclut : "On prononce "en vain" le nom de Dieu si on n'essaie pas de changer en bien".

Il n'y a pas de malade, et quand le Christ s'aperçoit que Manahen s'apprête à repartir, après avoir hésité un moment, il lui demande s'il a un endroit où dormir et s'il a de la nourriture. Le futur disciple révèle alors que non, et Jésus l'invite à la Belle-Eau.

EMV 121.1-5 · Tome 2, p. 302-307

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

[Pierre dit à Judas : ] « Par ailleurs tu voudrais que cette femme s’éloigne... Prends garde ! Le Maître ne le veut pas, et moi je dois la protéger. Si tu la touches... moi je ne suis pas le Maître... Cela pour que tu saches comment te conduire.

– Ah ! Qui est-elle donc ? La belle Hérodiade, par hasard ?

– Ne fais pas de l’esprit !

– C’est toi qui m’y pousses. Tu lui fais une garde royale, comme à une reine...

– Le Maître m’a dit : “ Veille à ce qu’on ne la dérange pas et respecte-la. ” C’est ce que je fais.

– Mais qui est-elle, le sais-tu ? demande Thomas.

– Moi, non.

– Allons, dis-le... tu le sais..., insistent plusieurs.

– Je vous jure que je ne sais rien. Le Maître le sait sûrement, mais pas moi.

– Il faut le lui faire demander par Jean. A lui, il dit tout.

– Pourquoi ? dit Judas. Qu’est-ce qu’il a de spécial, Jean ? Est-ce un dieu, ton frère ?

– Non, Judas, c’est le meilleur d’entre nous.

– Vous pouvez vous épargner cette fatigue, dit Jacques, fils d’Alphée. Hier, mon frère l’a vue pendant qu’elle revenait du fleuve avec le poisson que lui avait donné André et c’est lui qui a demandé à Jésus. Il lui a répondu : “ Elle n’a pas de visage. C’est une âme qui cherche Dieu. Pour moi, elle n’est rien d’autre et je veux qu’elle soit considérée comme telle par tous. ” Et il a dit ce “ je veux ” sur un tel ton que je vous conseille de ne pas insister.

– Moi, j’irai la trouver, dit Judas.

– Essaie, si tu en es capable, lance Pierre, rouge comme un coq.

– Tu fais l’espion avec Jésus ?

– Je laisse ce métier aux hommes du Temple. Nous, les gens du lac, c’est par le travail que nous gagnons notre pain, non par la délation. Ne crains pas que Simon, fils de Jonas, t’espionne. Mais ne m’agace pas et ne te permets pas de désobéir au Maître, parce que je suis là, moi...

– Et qui es-tu ? Un pauvre homme comme moi.

– Oui, monsieur. Plus pauvre même, plus ignorant, plus rustre que toi. Je le sais et cela ne m’afflige pas. En revanche, je m’inquiéterais si j’étais pareil à toi pour ce qui est du coeur. Mais le Maître m’a confié cette charge et je m’en acquitte.

– Pareil à moi pour ce qui est du coeur ? Et qu’est-ce qu’il y a dans mon coeur pour te dégoûter ? Parle, accuse, attaque...

– ça suffit ! Lance Simon le Zélote, suivi par Barthélemy. Vas-tu en finir, Judas ? Respecte les cheveux blancs de Pierre.

– Je respecte tout le monde, mais je veux savoir ce qu’il y a en moi...

– Tu vas être tout de suite servi... Laissez-moi parler... Il y a de l’orgueil – de quoi remplir cette cuisine ! –, il y a de la fausseté, il y a de la luxure.

– Moi, faux ? »

Tout le monde s’interpose et Judas doit se taire.

121.2 Simon, calme, s’adresse à Pierre :

« Excuse-moi, mon ami, si je te reprends. Il a des défauts. Mais toi aussi tu en as quelques-uns, dont celui de ne pas comprendre les jeunes. Pourquoi ne tiens-tu pas compte de l’âge, de la naissance... de tant de choses ? Regarde : tu agis par affection pour Jésus, mais ne te rends-tu pas compte que ces discussions le fatiguent ? A lui, je ne le dis pas (et il désigne Judas), mais je te fais cette prière à toi, qui es mûr et si honnête. Il a déjà tant de peine avec ses ennemis, alors ne lui en ajoutons pas nous aussi ! Tant d’hostilité l’entoure ! Pourquoi donc en créer jusque dans son nid ?

– C’est vrai, dit Jude. Jésus est très triste et même amaigri. La nuit, je l’entends se tourner et se retourner sur son lit en soupirant. Il y a quelques jours, je me suis levé de nuit et je l’ai vu pleurer en priant. Je lui ai demandé : “ qu’est-ce que tu as ? ” Alors il m’a embrassé et m’a répondu : “ Aime-moi. Comme il est dur d’être le ‘Rédempteur’ ! ”

– Moi aussi, je l’ai trouvé en larmes dans le bois du fleuve, dit Philippe. Et à mon regard interrogatif, il a répondu : “ Sais-tu la différence entre le Ciel et la terre en dehors de celle qui résulte de la présence visible de Dieu ? C’est le manque d’amour entre les hommes. Cela me fait l’effet d’une corde qui m’étrangle. Je suis venu ici jeter le grain aux petits oiseaux pour être aimé par des êtres qui s’aiment les uns les autres. ” »

Judas (il doit être un peu déséquilibré) se jette par terre et pleure comme un gosse.

121.3 Jésus, accompagné de Jean, entre justement à ce moment :

« Mais qu’arrive-t-il ? Pourquoi ces larmes ?...

– C’est ma faute, Maître, dit franchement Pierre. J’ai mal agi. J’ai blâmé Judas trop durement.

– Non... c’est moi... c’est moi le coupable. Je te fais de la peine... je ne suis pas bon... je mets du désordre, de la mauvaise humeur, de la désobéissance, je suis... Pierre a raison. Mais aidez-moi donc à être bon ! Car j’ai quelque chose, là, dans le coeur, qui me fait faire ce que je ne voudrais pas. C’est plus fort que moi... et je ne te cause que de la souffrance, Maître, quand je ne voudrais t’apporter que la joie... Crois-moi ! Ce n’est pas de la fausseté...

– Mais oui, Judas. Je n’en doute pas. Tu es venu à moi avec un coeur pleinement sincère, dans un élan réel. Mais tu es jeune... Personne, pas même toi, ne te connait comme je te connais. Allons, lève-toi et viens ici. Nous dicuterons tous les deux en tête-à-tête. (...) Allez. Je reste avec Judas. »

Les disciples s’en vont.

121.4 Jésus regarde Judas encore larmoyant et lui demande :

« Eh bien ! N’as-tu rien à me dire ? Je sais tout ce qui te concerne, mais je veux l’apprendre de toi. Pourquoi ces pleurs ? Et surtout : pourquoi cette instabilité qui fait de toi un perpétuel mécontent ?

– Oh oui, Maître ! Tu l’as dit. Je suis d’une nature jalouse. Tu le sais certainement et je souffre de voir que... de voir tant de choses. C’est ce qui me rend inquiet et... injuste. Et je deviens mauvais, alors que je ne le voudrais pas, non...

– Ne recommence pas à pleurer ! De qui es-tu jaloux ? Habitue-toi à parler avec ta vraie âme. Tu parles beaucoup et même trop. Mais avec quoi ? Avec l’instinct et la pensée. Tu suis un fatigant et continuel travail pour dire ce que tu veux dire : je parle de toi, de ton moi, car pour ce que tu dois dire des autres ou aux autres, rien ne te retient ni ne t’arrête. Il en est de même pour la chair. Elle est ton cheval fou. Tu ressembles à un aurige auquel le directeur des courses a donné deux chevaux fous. L’un, c’est les sens. L’autre... veux-tu savoir quel est l’autre ? Oui ? C’est l’erreur que tu ne veux pas dompter. Toi, qui es un aurige habile mais imprudent, tu te fies à ton savoir-faire et tu crois que cela suffit. Tu veux arriver le premier... tu ne perds pas de temps à changer au moins un cheval. Au lieu de cela, tu les excites et les cravaches. Tu veux être “ le vainqueur ”. Tu veux les applaudissements... Ne sais-tu pas que toute victoire est certaine lorsqu’on la conquiert par un travail constant, patient et prudent ? Parle avec ton âme. C’est d’elle que je veux que vienne ton aveu. Ou bien dois-je te dire, moi, ce qui se trouve au fond de toi ?

– Je trouve que, toi non plus, tu n’es pas juste et pas d’accord avec toi-même, et j’en souffre.

– Pourquoi m’accuses-tu ? En quoi ai-je fauté à tes yeux ?

– Quand j’ai voulu te conduire chez mes amis, tu n’as pas voulu, et tu as dit : “ Je préfère rester avec les humbles. ” Par la suite, Simon et Lazare t’ont conseillé de te mettre sous la protection d’un homme puissant, et tu as accepté. Tu donnes la préférence à Pierre, à Simon, à Jean... Tu...

– Quoi encore ?

– Rien d’autre, Jésus.

– Fariboles !... Ce sont des bulles dans l’écume de l’eau. Tu me fais de la peine car tu es un pauvre être qui se torture alors qu’il pourrait être heureux. Peux-tu dire qu’il est luxueux, ce logement ? Peux-tu dire qu’il n’y a pas eu une raison importante pour me pousser à l’accepter ? Si Sion ne se comportait pas avec ses prophètes comme une marâtre, serais-je ici comme un homme qui craint la justice humaine et se réfugie dans un lieu d’asile ?

– Non.

– Et alors ? Peux-tu dire que je ne t’ai pas donné des missions, à toi comme aux autres ? Peux-tu dire que j’ai été dur avec toi quand tu as eu des manquements ? Tu n’as pas été sincère... Les vignes... Oh ! Les vignes ! Quel nom avaient-elles, ces vignes ? Tu n’as pas été complaisant avec ceux qui souffraient ou se rachetaient. Tu n’as pas non plus été respectueux envers moi. Et les autres l’ont vu... Pourtant, une seule voix s’est élevée pour te défendre, toujours : la mienne. Les autres auraient le droit d’être jaloux car, s’il y en a un que j’ai protégé, c’est bien toi. »

Judas pleure, humilié et ému.

121.5 « Je m’en vais. C’est l’heure où j’appartiens à tout le monde. Quant à toi, reste ici et réfléchis.

– Pardonne-moi, Maître. Je ne puis avoir la paix si je n’obtiens pas ton pardon. Ne t’attriste pas à cause de moi. Je suis un mauvais garçon... J’aime et je tourmente... J’en fais autant avec ma mère... et avec toi... Ce serait la même chose avec mon épouse si demain j’en avais une... Il vaudrait mieux que je meure !...

– Il vaudrait mieux que tu te repentes. Mais tu es pardonné. Adieu. »

Jésus sort et arrive à la porte.

Pierre est dehors :

« Viens, Maître. Il est déjà tard, et il y a beaucoup de monde. D’ici peu la nuit va tomber. Et tu n’as même pas mangé... C’est ce garçon qui est la cause de tout.

– Ce “ garçon ” a besoin de vous tous pour n’être plus la cause de tout cela. Tâche de t’en souvenir, Pierre. Si c’était ton fils, le plaindrais-tu ?...

– Hum ! Oui et non. Je le plaindrais... mais... je lui apprendrais aussi quelque chose, même s’il était déjà un homme, comme à un méchant gamin. Mais si c’était mon fils, il ne serait pas comme ça...

– Ca suffit.

– Oui, ça suffit, mon Seigneur. »

Détail

Les apôtres sont agités à cause de la présence de Manahen, un proche d'Hérode, et Pierre parle de la femme voilée, présente à la Belle-Eau. Aucun ne connaît son identité, mais Jésus a demandé à son apôtre qu'on ne la dérange pas. Dès lors, Pierre s'adresse à Judas et s'ensuit une altercation entre eux. Jésus revient ensuite, calme le jeu, les rassure sur Manahen puis quand il est seul avec l'Iscariothe, il parle à Judas. Quand il sort, il parle à Pierre et l'enjoint à voir le mauvais disciple comme son fils.

EMV 121.1 · Tome 2, p. 302-303

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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121.1 Tous les disciples sont sens dessus dessous. On dirait une ruche bourdonnante tant ils sont agités. Ils parlent, guettent dehors, regardent dans tous les sens… Jésus n’est pas là. Enfin ils prennent une décision pour régler ce qui les agite et Pierre ordonne à Jean :

« Va chercher le Maître. Il est dans le bois du côté du fleuve. Dis-lui de venir tout de suite ou bien de nous dire ce que nous devons faire. »

Jean s’éloigne au galop.

Judas dit :

« Moi, je ne comprends pas pourquoi tant d’agitation et d’impolitesse. Je serais allé à lui et je l’aurais accueilli avec les honneurs dus à son rang. Sa visite est un honneur pour nous. Donc…

– Je n’en sais rien, moi, dit Pierre. Il est peut-être différent de son frère de lait… Mais… qui se trouve avec les hyènes en prend l’odeur et l’instinct. Par ailleurs tu voudrais que cette femme s’éloigne… Prends garde ! Le Maître ne le veut pas, et moi je dois la protéger. Si tu la touches… moi je ne suis pas le Maître… Cela pour que tu saches comment te conduire.

– Ah ! Qui est-elle donc ? La belle Hérodiade, par hasard ?

– Ne fais pas de l’esprit !

– C’est toi qui m’y pousses. Tu lui fais une garde royale, comme à une reine…

– Le Maître m’a dit : “ Veille à ce qu’on ne la dérange pas et respecte-la. ” C’est ce que je fais.

– Mais qui est-elle, le sais-tu ? demande Thomas.

– Moi, non.

– Allons, dis-le… tu le sais…, insistent plusieurs.

– Je vous jure que je ne sais rien. Le Maître le sait sûrement, mais pas moi.

– Il faut le lui faire demander par Jean. A lui, il dit tout.

– Pourquoi ? dit Judas. Qu’est-ce qu’il a de spécial, Jean ? Est-ce un dieu, ton frère ?

– Non, Judas, c’est le meilleur d’entre nous.

– Vous pouvez vous épargner cette fatigue, dit Jacques, fils d’Alphée. Hier, mon frère l’a vue pendant qu’elle revenait du fleuve avec le poisson que lui avait donné André et c’est lui qui a demandé à Jésus. Il lui a répondu : “ Elle n’a pas de visage. C’est une âme qui cherche Dieu. Pour moi, elle n’est rien d’autre et je veux qu’elle soit considérée comme telle par tous. ” Et il a dit ce “ je veux ” sur un tel ton que je vous conseille de ne pas insister.

Détail

Jean obéit tout de suite à Pierre quand il lui ordonne d'aller trouver Jésus. Et quand Judas s'irrite contre le Bien-Aimé, son frère prend sa défense.

EMV 121.1-3 · Tome 2, p. 302-305

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

121.1 Tous les disciples sont sens dessus dessous. On dirait une ruche bourdonnante tant ils sont agités. Ils parlent, guettent dehors, regardent dans tous les sens… Jésus n’est pas là. Enfin ils prennent une décision pour régler ce qui les agite et Pierre ordonne à Jean :

« Va chercher le Maître. Il est dans le bois du côté du fleuve. Dis-lui de venir tout de suite ou bien de nous dire ce que nous devons faire. »

Jean s’éloigne au galop.

Judas dit :

« Moi, je ne comprends pas pourquoi tant d’agitation et d’impolitesse. Je serais allé à lui et je l’aurais accueilli avec les honneurs dus à son rang. Sa visite est un honneur pour nous. Donc…

– Je n’en sais rien, moi, dit Pierre. Il est peut-être différent de son frère de lait… Mais… qui se trouve avec les hyènes en prend l’odeur et l’instinct. Par ailleurs tu voudrais que cette femme s’éloigne… Prends garde ! Le Maître ne le veut pas, et moi je dois la protéger. Si tu la touches… moi je ne suis pas le Maître… Cela pour que tu saches comment te conduire.

– Ah ! Qui est-elle donc ? La belle Hérodiade, par hasard ?

– Ne fais pas de l’esprit !

– C’est toi qui m’y pousses. Tu lui fais une garde royale, comme à une reine…

– Le Maître m’a dit : “ Veille à ce qu’on ne la dérange pas et respecte-la. ” C’est ce que je fais.

– Mais qui est-elle, le sais-tu ? demande Thomas.

– Moi, non.

– Allons, dis-le… tu le sais…, insistent plusieurs.

– Je vous jure que je ne sais rien. Le Maître le sait sûrement, mais pas moi.

– Il faut le lui faire demander par Jean. A lui, il dit tout.

– Pourquoi ? dit Judas. Qu’est-ce qu’il a de spécial, Jean ? Est-ce un dieu, ton frère ?

– Non, Judas, c’est le meilleur d’entre nous.

– Vous pouvez vous épargner cette fatigue, dit Jacques, fils d’Alphée. Hier, mon frère l’a vue pendant qu’elle revenait du fleuve avec le poisson que lui avait donné André et c’est lui qui a demandé à Jésus. Il lui a répondu : “ Elle n’a pas de visage. C’est une âme qui cherche Dieu. Pour moi, elle n’est rien d’autre et je veux qu’elle soit considérée comme telle par tous. ” Et il a dit ce “ je veux ” sur un tel ton que je vous conseille de ne pas insister.

– Moi, j’irai la trouver, dit Judas.

– Essaie, si tu en es capable, lance Pierre, rouge comme un coq.

– Tu fais l’espion avec Jésus ?

– Je laisse ce métier aux hommes du Temple. Nous, les gens du lac, c’est par le travail que nous gagnons notre pain, non par la délation. Ne crains pas que Simon, fils de Jonas, t’espionne. Mais ne m’agace pas et ne te permets pas de désobéir au Maître, parce que je suis là, moi…

– Et qui es-tu ? Un pauvre homme comme moi.

– Oui, monsieur. Plus pauvre même, plus ignorant, plus rustre que toi. Je le sais et cela ne m’afflige pas. En revanche, je m’inquiéterais si j’étais pareil à toi pour ce qui est du cœur. Mais le Maître m’a confié cette charge et je m’en acquitte.

– Pareil à moi pour ce qui est du cœur ? Et qu’est-ce qu’il y a dans mon cœur pour te dégoûter ? Parle, accuse, attaque…

– ça suffit ! Lance Simon le Zélote, suivi par Barthélemy. Vas-tu en finir, Judas ? Respecte les cheveux blancs de Pierre.

– Je respecte tout le monde, mais je veux savoir ce qu’il y a en moi…

– Tu vas être tout de suite servi… Laissez-moi parler… Il y a de l’orgueil – de quoi remplir cette cuisine ! –, il y a de la fausseté, il y a de la luxure.

– Moi, faux ? »

Tout le monde s’interpose et Judas doit se taire.

121.2 Simon, calme, s’adresse à Pierre :

« Excuse-moi, mon ami, si je te reprends. Il a des défauts. Mais toi aussi tu en as quelques-uns, dont celui de ne pas comprendre les jeunes. Pourquoi ne tiens-tu pas compte de l’âge, de la naissance… de tant de choses ? Regarde : tu agis par affection pour Jésus, mais ne te rends-tu pas compte que ces discussions le fatiguent ? A lui, je ne le dis pas (et il désigne Judas), mais je te fais cette prière à toi, qui es mûr et si honnête. Il a déjà tant de peine avec ses ennemis, alors ne lui en ajoutons pas nous aussi ! Tant d’hostilité l’entoure ! Pourquoi donc en créer jusque dans son nid ?

– C’est vrai, dit Jude. Jésus est très triste et même amaigri. La nuit, je l’entends se tourner et se retourner sur son lit en soupirant. Il y a quelques jours, je me suis levé de nuit et je l’ai vu pleurer en priant. Je lui ai demandé : “ qu’est-ce que tu as ? ” Alors il m’a embrassé et m’a répondu : “ Aime-moi. Comme il est dur d’être le ‘Rédempteur’ ! ”

– Moi aussi, je l’ai trouvé en larmes dans le bois du fleuve, dit Philippe. Et à mon regard interrogatif, il a répondu : “ Sais-tu la différence entre le Ciel et la terre en dehors de celle qui résulte de la présence visible de Dieu ? C’est le manque d’amour entre les hommes. Cela me fait l’effet d’une corde qui m’étrangle. Je suis venu ici jeter le grain aux petits oiseaux pour être aimé par des êtres qui s’aiment les uns les autres. ” »

Judas (il doit être un peu déséquilibré) se jette par terre et pleure comme un gosse.

121.3 Jésus, accompagné de Jean, entre justement à ce moment :

« Mais qu’arrive-t-il ? Pourquoi ces larmes ?…

– C’est ma faute, Maître, dit franchement Pierre. J’ai mal agi. J’ai blâmé Judas trop durement.

– Non… c’est moi… c’est moi le coupable. Je te fais de la peine… je ne suis pas bon… je mets du désordre, de la mauvaise humeur, de la désobéissance, je suis… Pierre a raison. Mais aidez-moi donc à être bon ! Car j’ai quelque chose, là, dans le cœur, qui me fait faire ce que je ne voudrais pas. C’est plus fort que moi… et je ne te cause que de la souffrance, Maître, quand je ne voudrais t’apporter que la joie… Crois-moi ! Ce n’est pas de la fausseté…

– Mais oui, Judas. Je n’en doute pas. Tu es venu à moi avec un cœur pleinement sincère, dans un élan réel. Mais tu es jeune… Personne, pas même toi, ne te connait comme je te connais. Allons, lève-toi et viens ici. Nous dicuterons tous les deux en tête-à-tête. En attendant, parlons de celui pour qui vous m’avez appelé. Quel mal y a-t-il à ce que Manahen soit venu aussi ? Quelqu’un ne peut-il pas, tout en étant parent d’Hérode, avoir soif du Dieu vrai ? Vous craignez pour moi ? Mais non. Fiez-vous en ma parole. Cet homme ne vient que dans une intention honnête.

– Pourquoi, alors, ne s’est-il pas fait connaître ? demandent les disciples.

– Parce que, justement, il vient comme “ âme ”, non pas en tant que frère de lait d’Hérode. S’il s’est entouré de silence, c’est parce qu’il pense que, devant la parole de Dieu, la parenté avec un roi ne compte pas… Nous respecterons son silence.

– Mais si, au contraire, c’est lui qui l’a envoyé ?

– Qui ? Hérode ? Non, n’ayez pas peur.

– Mais qui l’envoie, alors ? Comment te connaît-il ?

– C’est par mon cousin Jean lui-même. Croyez-vous qu’en prison il ne m’aura pas prêché ? Et aussi par Kouza… par la voix de la foule… par la haine même des pharisiens… Même les frondaisons et l’air parlent de moi, désormais. Le caillou a été jeté dans l’eau immobile, et le bâton a frappé le bronze. Les vagues forment des cercles toujours plus vastes, portant aux eaux lointaines la révélation, et le son la livre à l’espace… La terre a appris à dire : “ Jésus ” et jamais plus elle ne se taira. Allez, et soyez courtois avec lui comme tout un chacun. Allez. Je reste avec Judas. »

Les disciples s’en vont.

EMV 121.1-2 · Tome 2, p. 304

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

– Tu fais l’espion avec Jésus ?

– Je laisse ce métier aux hommes du Temple. Nous, les gens du lac, c’est par le travail que nous gagnons notre pain, non par la délation. Ne crains pas que Simon, fils de Jonas, t’espionne. Mais ne m’agace pas et ne te permets pas de désobéir au Maître, parce que je suis là, moi…

– Et qui es-tu ? Un pauvre homme comme moi.

– Oui, monsieur. Plus pauvre même, plus ignorant, plus rustre que toi. Je le sais et cela ne m’afflige pas. En revanche, je m’inquiéterais si j’étais pareil à toi pour ce qui est du cœur. Mais le Maître m’a confié cette charge et je m’en acquitte.

– Pareil à moi pour ce qui est du cœur ? Et qu’est-ce qu’il y a dans mon cœur pour te dégoûter ? Parle, accuse, attaque…

– Ca suffit ! Lance Simon le Zélote, suivi par Barthélemy. Vas-tu en finir, Judas ? Respecte les cheveux blancs de Pierre.

– Je respecte tout le monde, mais je veux savoir ce qu’il y a en moi…

– Tu vas être tout de suite servi… Laissez-moi parler… Il y a de l’orgueil – de quoi remplir cette cuisine ! –, il y a de la fausseté, il y a de la luxure.

– Moi, faux ? »

Tout le monde s’interpose et Judas doit se taire.

121.2 Simon, calme, s’adresse à Pierre :

« Excuse-moi, mon ami, si je te reprends. Il a des défauts. Mais toi aussi tu en as quelques-uns, dont celui de ne pas comprendre les jeunes. Pourquoi ne tiens-tu pas compte de l’âge, de la naissance… de tant de choses ? Regarde : tu agis par affection pour Jésus, mais ne te rends-tu pas compte que ces discussions le fatiguent ? A lui, je ne le dis pas (et il désigne Judas), mais je te fais cette prière à toi, qui es mûr et si honnête. Il a déjà tant de peine avec ses ennemis, alors ne lui en ajoutons pas nous aussi ! Tant d’hostilité l’entoure ! Pourquoi donc en créer jusque dans son nid ?

– C’est vrai, dit Jude. Jésus est très triste et même amaigri. La nuit, je l’entends se tourner et se retourner sur son lit en soupirant. Il y a quelques jours, je me suis levé de nuit et je l’ai vu pleurer en priant. Je lui ai demandé : “ qu’est-ce que tu as ? ” Alors il m’a embrassé et m’a répondu : “ Aime-moi. Comme il est dur d’être le ‘Rédempteur’ ! ”

– Moi aussi, je l’ai trouvé en larmes dans le bois du fleuve, dit Philippe. Et à mon regard interrogatif, il a répondu : “ Sais-tu la différence entre le Ciel et la terre en dehors de celle qui résulte de la présence visible de Dieu ? C’est le manque d’amour entre les hommes. Cela me fait l’effet d’une corde qui m’étrangle. Je suis venu ici jeter le grain aux petits oiseaux pour être aimé par des êtres qui s’aiment les uns les autres. ” »

Détail

Judas et Pierre se chamaillent et l'Iscariothe déclare :

EMV 121.2 · Tome 2, p. 304

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« Jésus est très triste et même amaigri. La nuit, je l’entends se tourner et se retourner sur son lit en soupirant. Il y a quelques jours, je me suis levé de nuit et je l’ai vu pleurer en priant. Je lui ai demandé : “ qu’est-ce que tu as ? ” Alors il m’a embrassé et m’a répondu : “ Aime-moi. Comme il est dur d’être le ‘Rédempteur’ ! ”

– Moi aussi, je l’ai trouvé en larmes dans le bois du fleuve, dit Philippe. Et à mon regard interrogatif, il a répondu : “ Sais-tu la différence entre le Ciel et la terre en dehors de celle qui résulte de la présence visible de Dieu ? C’est le manque d’amour entre les hommes. Cela me fait l’effet d’une corde qui m’étrangle. Je suis venu ici jeter le grain aux petits oiseaux pour être aimé par des êtres qui s’aiment les uns les autres. ” »

Détail

Jude parle de son cousin et dit :

EMV 121.4.5 · Tome 2, p. 305-307

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Allez. Je reste avec Judas. »

Les disciples s’en vont.

121.4 Jésus regarde Judas encore larmoyant et lui demande :

« Eh bien ! N’as-tu rien à me dire ? Je sais tout ce qui te concerne, mais je veux l’apprendre de toi. Pourquoi ces pleurs ? Et surtout : pourquoi cette instabilité qui fait de toi un perpétuel mécontent ?

– Oh oui, Maître ! Tu l’as dit. Je suis d’une nature jalouse. Tu le sais certainement et je souffre de voir que... de voir tant de choses. C’est ce qui me rend inquiet et... injuste. Et je deviens mauvais, alors que je ne le voudrais pas, non...

– Ne recommence pas à pleurer ! De qui es-tu jaloux ? Habitue-toi à parler avec ta vraie âme. Tu parles beaucoup et même trop. Mais avec quoi ? Avec l’instinct et la pensée. Tu suis un fatigant et continuel travail pour dire ce que tu veux dire : je parle de toi, de ton moi, car pour ce que tu dois dire des autres ou aux autres, rien ne te retient ni ne t’arrête. Il en est de même pour la chair. Elle est ton cheval fou. Tu ressembles à un aurige auquel le directeur des courses a donné deux chevaux fous. L’un, c’est les sens. L’autre... veux-tu savoir quel est l’autre ? Oui ? C’est l’erreur que tu ne veux pas dompter. Toi, qui es un aurige habile mais imprudent, tu te fies à ton savoir-faire et tu crois que cela suffit. Tu veux arriver le premier... tu ne perds pas de temps à changer au moins un cheval. Au lieu de cela, tu les excites et les cravaches. Tu veux être “ le vainqueur ”. Tu veux les applaudissements... Ne sais-tu pas que toute victoire est certaine lorsqu’on la conquiert par un travail constant, patient et prudent ? Parle avec ton âme. C’est d’elle que je veux que vienne ton aveu. Ou bien dois-je te dire, moi, ce qui se trouve au fond de toi ?

– Je trouve que, toi non plus, tu n’es pas juste et pas d’accord avec toi-même, et j’en souffre.

– Pourquoi m’accuses-tu ? En quoi ai-je fauté à tes yeux ?

– Quand j’ai voulu te conduire chez mes amis, tu n’as pas voulu, et tu as dit : “ Je préfère rester avec les humbles. ” Par la suite, Simon et Lazare t’ont conseillé de te mettre sous la protection d’un homme puissant, et tu as accepté. Tu donnes la préférence à Pierre, à Simon, à Jean... Tu...

– Quoi encore ?

– Rien d’autre, Jésus.

– Fariboles !... Ce sont des bulles dans l’écume de l’eau. Tu me fais de la peine car tu es un pauvre être qui se torture alors qu’il pourrait être heureux. Peux-tu dire qu’il est luxueux, ce logement ? Peux-tu dire qu’il n’y a pas eu une raison importante pour me pousser à l’accepter ? Si Sion ne se comportait pas avec ses prophètes comme une marâtre, serais-je ici comme un homme qui craint la justice humaine et se réfugie dans un lieu d’asile ?

– Non.

– Et alors ? Peux-tu dire que je ne t’ai pas donné des missions, à toi comme aux autres ? Peux-tu dire que j’ai été dur avec toi quand tu as eu des manquements ? Tu n’as pas été sincère... Les vignes... Oh ! Les vignes ! Quel nom avaient-elles, ces vignes ? Tu n’as pas été complaisant avec ceux qui souffraient ou se rachetaient. Tu n’as pas non plus été respectueux envers moi. Et les autres l’ont vu... Pourtant, une seule voix s’est élevée pour te défendre, toujours : la mienne. Les autres auraient le droit d’être jaloux car, s’il y en a un que j’ai protégé, c’est bien toi. »

Judas pleure, humilié et ému.

121.5 « Je m’en vais. C’est l’heure où j’appartiens à tout le monde. Quant à toi, reste ici et réfléchis.

– Pardonne-moi, Maître. Je ne puis avoir la paix si je n’obtiens pas ton pardon. Ne t’attriste pas à cause de moi. Je suis un mauvais garçon... J’aime et je tourmente... J’en fais autant avec ma mère... et avec toi... Ce serait la même chose avec mon épouse si demain j’en avais une... Il vaudrait mieux que je meure !...

– Il vaudrait mieux que tu te repentes. Mais tu es pardonné. Adieu. »

Détail

Judas vient de se disputer avec Pierre au sujet de la femme voilé, et Simon de Jonas lui dit qu'il est rempli d'orgueil, de fausseté et de luxure. Judas finit finalement en larmes lorsqu'on lui rapporte les pleurs et les souffrances de Jésus, et celui-ci arrive sur ces entrefaites. Après avoir calmé le jeu, le Seigneur reste alors avec Judas.

EMV 121.4 · Tome 2, p. 306-307

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

– Pourquoi m’accuses-tu ? En quoi ai-je fauté à tes yeux ?

– Quand j’ai voulu te conduire chez mes amis, tu n’as pas voulu, et tu as dit : “ Je préfère rester avec les humbles. ” Par la suite, Simon et Lazare t’ont conseillé de te mettre sous la protection d’un homme puissant, et tu as accepté. Tu donnes la préférence à Pierre, à Simon, à Jean… Tu…

– Quoi encore ?

– Rien d’autre, Jésus.

– Fariboles !… Ce sont des bulles dans l’écume de l’eau. Tu me fais de la peine car tu es un pauvre être qui se torture alors qu’il pourrait être heureux. Peux-tu dire qu’il est luxueux, ce logement ? Peux-tu dire qu’il n’y a pas eu une raison importante pour me pousser à l’accepter ? Si Sion ne se comportait pas avec ses prophètes comme une marâtre, serais-je ici comme un homme qui craint la justice humaine et se réfugie dans un lieu d’asile ?

– Non.

– Et alors ? Peux-tu dire que je ne t’ai pas donné des missions, à toi comme aux autres ? Peux-tu dire que j’ai été dur avec toi quand tu as eu des manquements ? Tu n’as pas été sincère… Les vignes… Oh ! Les vignes ! Quel nom avaient-elles, ces vignes ? Tu n’as pas été complaisant avec ceux qui souffraient ou se rachetaient. Tu n’as pas non plus été respectueux envers moi. Et les autres l’ont vu… Pourtant, une seule voix s’est élevée pour te défendre, toujours : la mienne. Les autres auraient le droit d’être jaloux car, s’il y en a un que j’ai protégé, c’est bien toi. »

Judas pleure, humilié et ému.

Détail

Jalousie de Judas à l'encontre de Pierre, Jean, Simon le Zélote et Lazare. Jésus répond à ses accusations et évoque par ailleurs les vignes dont Judas devait prendre soin dans l'EMV 102 et que Pierre évoque dans l'EMV 112.

EMV 121.10 · Tome 2, p. 311

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

121.10 Simon le Zélote, qui était aujourd’hui chargé de baptiser, revient du fleuve avec les derniers qui ont reçu le baptême. Jésus les bénit et puis il dit à Simon :

« Cet homme est un pèlerin qui cherche un abri au nom de Dieu. Et, au nom de Dieu, nous le saluons comme ami. »

Simon s’incline, et l’homme également. Ils entrent dans la pièce et Manahen attache son cheval à la mangeoire. Jean, averti par un signe de Jésus, accourt, apportant de l’herbe et un seau d’eau. Pierre accourt aussi avec un lumignon à huile car il fait déjà sombre.

« Je serai très bien ici. Que Dieu vous récompense » dit le cavalier ; puis il pénètre, entre Jésus et Simon, dans la cuisine éclairée par un feu de brindilles qu’on a allumé.

Tout se termine.

Détail

Jésus accueille Manahen à la Belle-Eau. Il dormira avec eux.