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Thomas (apôtre)

Thème : Personnages principaux et secondaires · Page 7 sur 12

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EMV 179.2 · Tome 3, p. 164

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Les barques des apôtres, après avoir traversé la brève partie du lac qui sépare Capharnaüm de Bethsaïde, s’amarrent dans cette ville.

Détail

Dans ce chapitre, les Onze sont présents. Jean est parti trouver Jean-Baptiste à Hennon avec la Vierge.

EMV 180.1-2 · Tome 3, p. 173-174

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Je ne sais quelle observation d’un compagnon a donné naissance à la réponse bien frappée de Pierre :

« Il leur arrivera ce qui est arrivé aux bâtisseurs de la tour de Babel. Leur orgueil provoquera l’écroulement de leurs théories et ils en seront écrasés. »

André objecte à son frère :

« Mais Dieu est miséricorde. Il empêchera l’écroulement pour leur donner le temps de se repentir.

– Ne pense pas cela. Pour couronner leur orgueil, ils emploieront la calomnie et la persécution. Ah ! Moi, je le pressens déjà. Des persécutions contre nous, pour nous disperser comme des témoins odieux. Et comme ils attaqueront traîtreusement la Vérité, Dieu exercera sa vengeance et ils périront.

– Aurons-nous la force de résister ? demande Thomas.

– Voilà… moi je ne l’aurais pas, mais je me fie à lui. »

Pierre désigne le Maître qui écoute sans mot dire, debout, la tête un peu inclinée comme pour cacher son visage expressif.

« Je pense que Dieu ne nous fera pas supporter des épreuves supérieures à nos forces, dit Matthieu.

– Ou pour le moins, il augmentera nos forces en proportion des épreuves, conclut Jacques, fils d’Alphée.

– Il le fait déjà. »

Annotation

Il leur arrivera ce qui est arrivé aux bâtisseurs de la tour de Babel. Allusion à Genèse 11,1-9.

Il le fait déjà : c'est Simon le Zélote qui parle. La conversation continue ensuite. Voir la note suivante.

Livre de la Genèse 11, 1-9

Gn 11, 1-9 : Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots. Etant partis de l'Orient, les hommes trouvèrent une plaine dans le pays de Sennaar, et ils s'y établirent. Ils se dirent entre eux : " Allons, faisons des briques, et cuisons-les au feu. " Et ils se servirent de briques au lieu de pierres, et de bitume au lieu de ciment. Ils dirent encore : " Allons, bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet soit dans le ciel, et faisons-nous un monument, de peur que nous ne soyons dispersés sur la face de toute la terre. " Mais Yahweh descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. Et Yahweh dit : " Voici, ils sont un seul peuple et ils ont pour eux tous une même langue ; et cet ouvrage est le commencement de leurs entreprises ; maintenant rien ne les empêchera d'accomplir leurs projets. Allons, descendons, et là même confondons leur langage, de sorte qu'ils n'entendent plus le langage les uns des autres. " C'est ainsi que Yahweh les dispersa de là sur la face de toute la terre, et ils cessèrent de bâtir la ville. C'est pourquoi on lui donna le nom de Babel, car c'est là que Yahweh confondit le langage de toute la terre, et c'est de là que Yahweh les a dispersés sur la face de toute la terre.

EMV 180.7-10 · Tome 3, p. 181-184

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« Avez-vous compris ? Avez-vous autre chose à demander ? Non ? Alors nous pouvons aller nous reposer pour partir demain pour Capharnaüm. Je dois aller encore quelque part avant d’entre­prendre le voyage vers Jérusalem pour la Pâque.

– Passerons-nous encore par Arimathie ? demande Judas.

– Ce n’est pas sûr. Cela dépend des… »

On a frappé violemment à la porte.

« Mais qui cela peut-il être à cette heure ? » dit Pierre en se levant pour aller ouvrir.

C’est Jean qui se présente, bouleversé, couvert de poussière, avec des marques visibles de larmes sur le visage.

« Toi ici ? s’écrient-ils tous. Mais qu’est-il arrivé ? »

Jésus qui s’est levé dit seulement :

« Où est ma Mère ? »

Jean s’avance, va s’agenouiller aux pieds de son Maître en tendant les bras comme pour demander de l’aide, et dit :

« Ta Mère se porte bien, mais elle est en larmes comme moi, comme beaucoup de monde, et elle te prie de ne pas venir en longeant le Jourdain de notre côté. C’est pour cette raison qu’elle m’a renvoyé à toi, parce que… parce que Jean, ton cousin, a été fait prisonnier… »

Et Jean pleure, tandis que les disciples présents sont saisis d’émotion.

Jésus devient très pâle, mais ne se trouble pas. Il se contente de dire :

« Relève-toi et raconte.

– J’allais vers le sud avec ta Mère et les femmes. Isaac et Timon nous accompagnaient eux aussi : trois femmes et trois hommes. J’ai obéi à ton ordre de conduire Marie auprès de Jean… ah ! Tu savais bien que c’était le dernier adieu !… Que ce devait être le dernier adieu. Les orages des jours derniers nous ont obligés à nous arrêter quelques heures, mais cela a suffi pour que Jean ne puisse plus revoir Marie… Nous sommes arrivés à la sixième heure et il avait été capturé au chant du coq…

– Mais où ? Comment ? Par qui ? Dans sa grotte ? »

Tout le monde questionne, tous veulent savoir.

« Il a été trahi. On s’est servi de ton Nom pour le trahir !

– Quelle horreur ! Mais qui était-ce ? » crient-ils tous.

Frissonnant, Jean répond tout bas cette horreur que l’air lui-même ne devrait pas entendre :

« Par l’un de ses disciples… »

L’émotion est à son comble. Les uns maudissent, d’autres pleurent, d’autres, abasourdis, restent immobiles comme des statues.

180.8 Jean s’agrippe au cou de Jésus et s’écrie :

« J’ai peur pour toi ! Oui, pour toi, pour toi ! Les saints sont trahi par des traîtres qui se vendent pour de l’or, pour de l’or et par peur des grands, par l’appât d’une récompense, par… par soumission à Satan. Pour des milliers de raisons ! Oh, Jésus, Jésus, Jésus ! Quelle douleur ! Mon premier maître ! Mon Jean qui m’a donné à toi !

– Du calme ! Il ne m’arrivera rien pour le moment.

– Mais plus tard, plus tard ? Je me regarde… je les regarde, eux que voici… j’ai peur de tous, même de moi. Celui qui te trahira sera l’un de nous…

– Mais tu es fou ? Tu t’imagines que nous ne le mettrions pas en pièces ? » hurle Pierre.

Et Judas :

« Il est vraiment fou ! Moi, je ne trahirai jamais. Mais si je me sentais affaibli au point de pouvoir le faire, je me tuerais. Cela vaut mieux que d’être le meurtrier de Dieu. »

Jésus se dégage de l’étreinte de Jean et secoue rudement Judas en lui disant :

« Ne blasphème pas ! Rien ne pourra t’affaiblir à moins que tu n’y consentes. Et si cela arrivait, il te faudrait pleurer et ne pas commettre un crime qui s’ajoute au déicide. Devient faible celui qui rompt le lien vivant avec Dieu. »

180.9 Puis il se tourne vers Jean qui pleure, la tête appuyée sur la table :

« Exprime-toi avec ordre. Je souffre moi aussi. C’était mon sang et mon Précurseur.

– Je n’ai vu que ses disciples, une partie d’entre eux, consternés et furieux contre le traître. Les autres ont accompagné Jean à sa prison pour être auprès de lui à sa mort.

– Mais il n’est pas encore mort… La dernière fois, il a pu s’enfuir, dit Simon le Zélote qui aime beaucoup Jean, pour essayer de le réconforter.

– Il n’est pas encore mort, mais il mourra, répond Jean.

– Oui, il mourra. Il le sait, comme moi, je le sais. Rien ni personne ne le sauvera cette fois. Quand ? Je l’ignore. Je sais qu’il ne sortira pas vivant des mains d’Hérode.

– Oui, d’Hérode. Ecoute : il est allé vers cette gorge par laquelle nous sommes passés, nous aussi, en revenant en Galilée, entre les monts Ebal et Garizim, parce que le traître lui avait dit : “ Le Messie est mourant après avoir été assailli par des ennemis. Il veut te voir pour te confier un secret. ” Il est donc parti avec le traître et quelques autres. A l’ombre du vallon se trouvaient les soldats d’Hérode, qui se sont saisis de lui. Les autres se sont enfuis et ont porté la nouvelle aux disciples restés près d’Hennon. Ils venaient d’arriver quand je les ai rejoints avec ta Mère. Et ce qui est horrible, c’est que c’était un homme de notre région… et que ce sont les pharisiens de Capharnaüm qui sont à la tête du complot pour le capturer. Ils étaient allés le trouver en prétendant que tu avais été leur hôte et que, de là, tu étais parti pour la Judée… Il ne serait pas sorti de son refuge pour un autre que toi… »

180.10 Un silence de mort succède au récit de Jean. Jésus semble à bout : ses yeux d’un bleu très sombre sont comme embués. Il se tient la tête penchée, la main encore posée sur l’épaule de Jean et agitée par un léger tremblement. Personne n’ose parler.

Jésus rompt le silence :

« Nous irons en Judée par un autre chemin. Mais je dois aller à Capharnaüm demain, le plus tôt possible. Reposez-vous. Je monte dans les oliviers. J’ai besoin d’être seul. »

Il sort sans rien ajouter.

« Il va certainement pleurer, murmure Jacques, fils d’Alphée.

– Suivons-le, mon frère, dit Jude.

– Non, laissez-le pleurer. Seulement, sortons doucement et soyons à l’écoute. Je crains des pièges de tous côtés, répond Simon le Zélote.

– Oui, allons-y. Nous, les pêcheurs, allons sur le rivage : si quelqu’un vient du large, nous le verrons. Vous, parmi les oliviers. Il est sûrement à sa place habituelle, près du noyer. A l’aube, nous préparerons les barques pour partir au plus vite. Quelles vipères ! Eh ! Je l’avais bien dit, moi ! Dis, mon garçon, sa Mère est-elle bien en sûreté ?

– Oh oui ! Même les bergers disciples de Jean sont partis avec elle. André… nous ne le verrons plus, notre Jean !

– Tais-toi ! Tais-toi ! On dirait le chant du coucou… L’un précède l’autre et… et…

– Par l’Arche sainte ! Taisez-vous ! Si vous parlez encore de malheur au Maître, je commence par vous faire apprécier le goût de ma rame sur vos reins ! » crie Pierre, furieux.

« Quant à vous, dit-il ensuite à ceux qui restent parmi les oliviers, prenez des bâtons, de grosses branches. Il y en a là, dans le bûcher, et dispersez-vous avec vos armes. Le premier qui s’ap­proche de Jésus pour lui nuire, qu’on le tue.

– Les disciples ! Les disciples ! Il faut être prudent avec les nouveaux ! » s’exclame Philippe.

Le nouveau disciple se sent blessé et demande :

« Doutes-tu de moi ? C’est lui qui m’a choisi et voulu.

– Pas de toi, mais des scribes et des pharisiens, et de ceux qui les adorent. C’est de là que viendra la ruine, soyez-en sûrs. »

Ils sortent et s’éparpillent, les uns dans les barques, les autres dans les oliviers des collines, et tout prend fin.

Détail

Dans les précédents chapitres, Jean de Zébédée devait accompagner la Vierge à Hennon pour voir Jean.

Annotation

« Ta Mère se porte bien, mais elle est en larmes comme moi, comme beaucoup de monde, et elle te prie de ne pas venir en longeant le Jourdain de notre côté. » (...) « Nous irons en Judée par un autre chemin. » Jésus confirme en EMV 187.3 qu'il respecte ce souhait de sa mère, et en reparle à Marie en EMV 198.1/2.

Nous sommes arrivés à la sixième heure et il avait été capturé au chant du coq… Gallicinium, "le chant du coq", correspondait à la dernière veille : de 3h à 6h du matin.

« Par l’un de ses disciples… » Ce fait, qui ne semble être évoqué par aucune tradition, indique que Le Précurseur a lui aussi été trahi par un des siens.

Moi, je ne trahirai jamais. Mais si je me sentais affaibli au point de pouvoir le faire, je me tuerais. Cela vaut mieux que d’être le meurtrier de Dieu. C’est le germe de l'idée de suicide, que Judas mettra en œuvre après sa trahison (EMV 605.1/13).

Oui, il mourra. Il le sait, comme moi, je le sais. Jésus ne l'avait d'ailleurs pas caché à Jean lui-même, en lui rendant visite au EMV 148.2. La mort du Baptiste est annoncée en EMV 270.7.

Il est allé vers cette gorge par laquelle nous sommes passés, nous aussi, en revenant en Galilée. C'était lors de la rencontre avec la samaritaine Fotinaï en EMV 143.4.

Les pharisiens de Capharnaüm qui sont à la tête du complot pour le capturer. Ce sont probablement Joachim et Élie de Capharnaüm qui ont organisé ce complot. (Voir EMV 182.1).

Il ne serait pas sorti de son refuge pour un autre que toi… Enon (ou Hennon), en limite de la Décapole et de la Samarie, était hors de la juridiction d'Hérode. Jean y était à l'abri.

EMV 181.3 · Tome 3, p. 188

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Les gens se dispersent lentement. Il ne reste dans le jardin que les huit apôtres, plus Elie, son frère, sa mère et le vieil Isaac qui se nourrit l’âme à regarder son Sauveur.

EMV 182.2 · Tome 3, p. 194

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Ils sont de nouveau seuls, le Maître avec ses apôtres, et ils marchent dans la fraîche campagne, sur une route que Jésus a prise, à l’étonnement de Pierre qui voulait en prendre une autre.

« Cela nous éloigne du lac…

– Nous arriverons bien à temps pour ce que je dois faire. »

Les apôtres ne parlent plus et se dirigent vers un petit village, quelques maisons dispersées dans la campagne.

Annotation

Ils marchent dans la fraîche campagne, sur une route que Jésus a prise, à l’étonnement de Pierre qui voulait en prendre une autre. Jésus évite ainsi Capharnaüm, en passant plus à l'intérieur des terres.

« Cela nous éloigne du lac… » « Nous arriverons bien à temps pour ce que je dois faire. » Depuis plusieurs jours Jésus prépare sa venue à Magdala... "Le Père (Dieu) m'a indiqué deux noms de personnes…" : voir EMV 176.1.

EMV 183.1 · Tome 3, p. 197-198

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Le collège apostolique au complet se tient autour de Jésus. Assis sur l’herbe, à l’ombre d’un bouquet d’arbres, près d’un ruisseau, tous mangent du pain et du fromage, et boivent de l’eau du ruisseau qui est fraîche et limpide. Leurs sandales poussiéreuses montrent qu’ils ont déjà fait beaucoup de chemin et que, vraisemblablement, les disciples ne demanderaient qu’à se reposer dans l’herbe haute et fraîche.

Mais l’infatigable Marcheur n’est pas de cet avis. A peine juge-t-il l’heure la plus chaude passée qu’il se lève et se dirige vers la route. Il regarde… puis se retourne et dit simplement :

« Allons. »

Annotation

Le collège apostolique au complet se tient autour de Jésus. Assis sur l’herbe, à l’ombre d’un bouquet d’arbres, près d’un ruisseau, tous mangent du pain et du fromage, et boivent de l’eau du ruisseau qui est fraîche et limpide. C'est la parfaite continuité de la scène précédente, pourtant donnée un an plus tard ! Ils sont au bord du wadi Amud. Les ruisseaux entre Capharnaüm et Magdala (wadi Amud et wadi Zalmond) sont évoqués aussi en EMV 460.3.

EMV 184.6-7 · Tome 3, p. 206-208

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« Benjamin, est-ce que cette histoire te plaît ? Oui ? Bravo ! Et ta maman, où est-elle ? »

C’est Jacques, fils d’Alphée, qui répond :

« A la fin de la parabole, elle est sortie et elle est partie au pas de course par cette rue.

– Elle est peut-être allée à la mer pour voir si son époux arrivait, dit Thomas.

– Non. Elle est allée chez sa veille mère pour y chercher mes frères. Maman les conduit là-bas pour pouvoir travailler, dit l’enfant qui s’appuie en toute confiance sur les genoux de Jésus.

– Et toi, tu restes ici, homme ? Tu dois être un bel aspic, si elle te garde toi seul ! Observe Barthélemy.

– Je suis le plus grand et je l’aide…

– A gagner son paradis, pauvre femme ! Quel âge as-tu ? demande Pierre.

– Dans trois ans, je serai fils de la loi, répond fièrement le gamin.

– Sais-tu lire ? demande Thaddée.

– Oui… mais je progresse lentement parce que… parce que le maître me met à la porte presque tous les jours…

– Je l’avais bien dit ! Lance Barthélemy.

– Mais je fais ça parce que le maître est vieux et laid et il dit toujours les mêmes choses qui font dormir ! S’il était comme lui (et il montre Jésus), je serais attentif. Est-ce que tu frappes, toi, ceux qui dorment ou qui jouent ?

– Je ne frappe personne, mais je dis à mes élèves : “ Soyez attentifs, pour votre bien et par amour pour moi ”, répond Jésus.

– Oui, c’est ça ! Par amour, oui. Pas par peur.

– Si tu deviens bon, le maître t’aimera.

– Tu n’aimes que celui qui est bon ? Il y a un instant, tu as dit que tu t’es montré patient envers celui qui n’était pas bon… »

La logique des enfants est rigoureuse…

« Je suis bon avec tous. Mais j’aime beaucoup, beaucoup, celui qui devient bon et avec lui je suis vraiment, vraiment bon. »

L’enfant réfléchit, puis il lève la tête et demande à Matthieu :

« Toi, comment as-tu fait pour devenir bon ?

– Je l’ai aimé. »

184.7

L’enfant réfléchit encore, puis il regarde les douze et dit à Jésus :

« Ils sont tous bons, eux ?

– Bien sûr qu’ils le sont !

– Tu en es certain ? Parfois, je suis sage, mais c’est quand je veux faire… de plus grosses bêtises. »

Tout le monde rit bruyamment. Le petit bonhomme en veine de franchise se mêle à ces rires. Même Jésus rit, il le serre sur son cœur et lui donne un baiser.

L’enfant, qui désormais est bien avec tout le monde, veut jouer et dit :

« Maintenant je vais te dire qui est bon. »

Et il commence son choix. Il les observe tous et va directement vers Jean et André, qui sont proches, et dit :

« Toi et toi, venez ici. »

Puis il choisit les deux Jacques et les réunit aux deux premiers. Il prend ensuite Jude. Il reste très pensif devant Simon le Zélote et Barthélemy et dit :

« Vous êtes vieux, mais vous êtes bons. »

Il les réunit eux aussi aux autres. Il examine Pierre, qui subit ce test en faisant des œillades comiques, et il le trouve bon. Matthieu aussi passe l’examen, et Philippe de même. A Thomas, il dit :

« Tu ris trop. Moi, je suis sérieux. Ne sais-tu pas que mon maître dit que celui qui rit toujours ratera son examen ? »

Mais en somme, Thomas passe aussi, avec une mauvaise note mais il est reçu à l’examen. Puis l’enfant retourne vers Jésus.

« Eh, dis donc, gamin, il y a encore moi. Je ne suis pas un arbre. Je suis jeune et beau. Pourquoi ne m’examines-tu pas ? dit Judas.

– Parce que tu ne me plais pas. Maman dit que quand quelque chose ne plaît pas, on ne doit pas y toucher. On le laisse sur la table, pour que d’autres, à qui cela peut plaire, puissent le prendre. Et elle ajoute que, si quelqu’un nous offre quelque chose qui ne plaît pas, on ne doit pas dire : “ Cela ne me plaît pas ”, mais : “ Merci, je n’ai pas faim. ” Moi, je n’ai pas faim de toi.

– comment ? Regarde : si tu me dis que je suis bon, je t’offre cette pièce de monnaie.

– Qu’est-ce que j’en ferais ? Qu’est-ce qu’on achète avec un mensonge ? Maman dit que les deniers qu’on gagne par une tromperie deviennent de la paille. Une fois, je me suis fait donner par ma grand-mère, grâce à un mensonge, une didrachme pour m’acheter des fouaces au miel et, pendant la nuit, elle est devenue de la paille. Je l’avais mise dans ce trou sous la porte pour la prendre le matin et j’y ai trouvé une botte de paille.

– Mais pourquoi est-ce que je ne te semble pas bon ? Qu’est-ce que j’ai ? Le pied fourchu ? Suis-je laid ?

– Non, mais tu me fais peur.

– pourquoi donc ? demande Judas en s’approchant de lui.

– Je ne sais pas. Laisse-moi tranquille. Ne me touche pas, sinon je te griffe.

– Quel hérisson ! Il est fou. »

Judas rit jaune.

« Je ne suis pas fou. C’est toi qui es méchant. »

Sur ce, il court se réfugier sur le sein de Jésus qui le caresse sans mot dire.

Les apôtres échangent des plaisanteries sur l’incident, qui est peu reluisant pour Judas.

Détail

Jésus vient de donner une parabole et un enfant, Benjamin de Magdala, est présent.

EMV 185.1-6 · Tome 3, p. 211-213

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

185.1 Maintenant que tout le monde dort, je vous fais part de ma joie. J’ai “ vu ” l’évangile d’aujourd’hui.

Remarquez que ce matin, en le lisant, je m’étais dit : « Voici un épisode évangélique que je ne verrai jamais car il se prête peu à une vision. » Au contraire, au moment où j’y pensais le moins, il est justement venu me combler de joie.

185.2 Voici ce que j’ai vu : une barque à voile pas bien grande mais pas petite non plus, une barque de pêche sur laquelle cinq ou six personnes peuvent aisément se mouvoir. Elle fend les eaux d’un lac d’un bleu intense.

Jésus dort à la poupe. Il est vêtu de blanc comme à l’ordinaire. Il a la tête posée sur le bras gauche, et il a placé sous son bras et sa tête son manteau gris-bleu replié plusieurs fois. Il est assis, pas allongé, sur le fond de la barque et appuie sa tête sur la tablette qui se trouve à l’extrémité de la poupe — j’ignore le nom que lui donnent les marins. Il dort tranquillement. Il est fatigué. Il est en paix.

Pierre est au gouvernail, André s’occupe des voiles, Jean et deux autres dont je ne sais qui ils sont, remettent en ordre amarres et filets au fond de la barque, comme s’ils avaient l’intention de se préparer à pêcher, peut-être pendant la nuit. Je pourrais dire que le jour décline car le soleil descend déjà à l’ouest. Les disciples ont tous remonté leur tunique à la taille en la passant dans leur ceinture pour être plus libres de leurs mouvements et se déplacer dans la barque en passant par-dessus rames, sièges, paniers et filets sans être gênés par leurs vêtements. Ils ont tous enlevé leur manteau.

185.3 Je vois le ciel s’obscurcir et le soleil se cacher derrière des nuages d’orage ayant débouché à l’improviste de derrière le sommet d’une colline. Le vent les pousse rapidement vers le lac. Le vent pour l’instant est en hauteur et le lac est encore tranquille. Il prend seulement une teinte plus sombre et se plisse en surface. Ce ne sont pas encore des vagues, mais ça commence déjà à bouger.

Pierre et André observent le ciel et le lac et se disposent à manœuvrer pour accoster. Mais le vent s’abat sur le lac, et en quelques minutes, tout bouillonne et écume. Les flots s’entre­choquent et heurtent le bateau, le soulèvent, l’abaissent, le retournent en tous sens, empêchant la manœuvre du gouvernail tout comme le vent gêne celle de la voile qu’il faut carguer.

Jésus dort. Ni les pas, ni les voix excitées des disciples, pas plus que le sifflement du vent et le choc des vagues contre les flancs du bateau et la proue ne l’éveillent. Ses cheveux flottent au vent et il reçoit quelques embruns. Mais il dort. Jean passe de la proue à la poupe et le couvre de son manteau qu’il a tiré de dessous une tablette. C’est un geste d’amour plein de délicatesse.

La tempête devient de plus en plus brutale. Le lac est noir comme si on y avait versé de l’encre, strié par l’écume des vagues. La barque engloutit de l’eau et se trouve poussée au large par le vent. Les disciples peinent à manœuvrer et à écoper l’eau projetée par les vagues. Mais cela ne sert à rien. Ils pataugent maintenant dans l’eau qui leur arrive à mi-jambe et la barque ne cesse de s’alourdir.

185.4 Pierre perd son calme et sa patience. Il passe le gouvernail à son frère, et va en titubant vers Jésus, qu’il secoue vigoureusement.

Jésus se réveille et lève la tête.

« Sauve-nous, Maître, nous périssons ! » lui crie Pierre (il lui faut crier pour se faire entendre).

Jésus regarde fixement son disciple, il regarde les autres puis regarde le lac :

« As-tu foi que je puisse vous sauver ?

– Vite, Maître ! » crie Pierre, alors qu’une vraie montagne d’eau, partant du milieu du lac, se dirige rapidement sur la pauvre barque. On dirait une trombe tant elle est élevée et effrayante. Les disciples qui la voient venir s’agenouillent et s’agrippent où et comme ils le peuvent, persuadés que c’est la fin.

Jésus se lève, debout sur la tablette de la proue. Sa figure blanche se détache sur la tempête livide. Il étend les bras vers la lame et dit au vent : « Arrête et tais-toi » et à l’eau : « Calme-toi. Je le veux. »

Alors l’énorme vague se dissout en écume qui retombe sans dégâts. Un dernier rugissement s’éteint en murmure, tout comme le sifflement du vent se change en soupir. Alors sur le lac pacifié revient la sérénité du ciel, et l’espérance et la foi dans le cœur des disciples.

Je ne puis décrire la majesté de Jésus. Il faut la voir pour la comprendre. Je la savoure intérieurement, car elle m’est encore présente et je revois à la fois combien le sommeil de Jésus était paisible et combien son empire sur les vents et les flots était puissant.

185.5 Jésus dit ensuite :

« Je ne te commente pas l’évangile dans le sens où tous le commentent. Je vais t’éclairer ce qui précède le passage de l’évangile.

Pourquoi est-ce que je dormais ? Est-ce que par hasard je ne savais pas que la bourrasque allait arriver ? Si, je le savais. J’étais seul à le savoir. Dans ce cas, pourquoi est-ce que je dormais ?

Les apôtres étaient des hommes, Maria. Animés de bonne volonté, mais encore tellement “ hommes ” ! L’homme se croit toujours capable de tout. Quand, ensuite, il est réellement capable de quoi que ce soit, il est plein de suffisance et d’attachement à son “ savoir faire ”.

Pierre, André, Jacques et Jean étaient de bons pêcheurs, par conséquent ils se croyaient insurpassables dans la manœuvre des bateaux. Quant à moi, j’étais pour eux un grand “ rabbi ”, mais une nullité comme marin. C’est pourquoi ils me jugeaient incapable de les aider et, quand ils montaient dans la barque pour traverser la mer de Galilée, ils me priaient de rester assis parce que je ne pouvais rien faire d’autre. Leur affection y était aussi pour quelque chose, car ils ne voulaient pas m’imposer des fatigues matérielles. Mais l’attachement à leur “ savoir faire ” dépassait encore leur affection.

Je ne m’impose que dans des cas exceptionnels, Maria. Généralement, je vous laisse libres et j’attends. Ce jour-là, j’étais fatigué et on me priait de me reposer, c’est-à-dire de les laisser faire, eux qui étaient si capables. Je me suis donc endormi. Dans mon sommeil, se mêlait aussi cette constatation que l’homme est “ homme ” et qu’il veut agir par lui-même sans se rendre compte que Dieu ne demande qu’à l’aider. En ces “ sourds spirituels ”, en ces “ aveugles spirituels ”, je voyais tous les sourds et aveugles spirituels qui, des siècles durant, iraient à leur ruine pour avoir voulu “ agir par eux-mêmes ”, alors que je suis penché sur leurs besoins en attendant qu’ils m’appellent à l’aide.

Quand Pierre a crié : “ Sauve-nous ! ”, mon amertume est tombée comme un caillou qu’on lâche. Je ne suis pas “ homme ”, je suis l’Homme-Dieu. Je n’agis pas comme vous agissez. Vous, quand quelqu’un a repoussé votre conseil ou votre aide, et que vous le voyez dans l’embarras, même si vous n’êtes pas méchants au point de vous en réjouir, vous l’êtes assez pour rester, dédaigneux, indifférents, à le regarder sans vous émouvoir de son appel à l’aide. Par votre attitude, vous lui faites comprendre : “ Lorsque j’ai voulu t’aider, tu n’as pas voulu ? Maintenant, débrouille-toi. ” Mais moi, je suis Jésus. Je suis le Sauveur. Et je sauve, Maria. Je sauve toujours, dès qu’on m’appelle.

185.6 Les pauvres hommes pourraient objecter : “ Alors pourquoi permets-tu aux tempêtes isolées ou généralisées de se former ? ”

Si, par ma puissance, je détruisais le mal, quel qu’il soit, vous arriveriez à vous prendre pour les auteurs du bien qui, en réalité, est un don de ma part, et vous ne vous souviendriez plus jamais de moi. Plus jamais.

Vous avez besoin, mes pauvres enfants, de la souffrance pour vous rappeler que vous avez un Père, comme le fils prodigue qui se rappela qu’il avait un père quand il eut faim. Les malheurs servent à vous persuader de votre néant, de votre déraison, cause de tant d’erreurs, de votre méchanceté, cause de tant de deuils et de douleurs, et de vos fautes, cause de punitions que vous vous infligez à vous-mêmes, tout comme de mon existence, de ma puissance, de ma bonté.

Voilà le message de l’évangile d’aujourd’hui. “ Votre ” évangile de l’heure présente, mes pauvres enfants. Appelez-moi. Jésus ne dort que parce qu’il est angoissé de vous voir sans amour pour lui. Appelez-moi et je viendrai. » […]

Annotation

Maintenant que tout le monde dort, je vous fais part de ma joie. J’ai “ vu ” l’évangile d’aujourd’hui. Les catéchèses quotidiennes de Maria Valtorta, consignées dans la série des « Cahiers », ont commencées en avril 1943, mais les visions de l’Évangile n’ont réellement débutées qu’en janvier 1944. Il s’agit donc d’une des toutes premières visions. Rappelons qu’elles ne suivent pas un ordre chronologique.

Jésus dort à la poupe. À l’arrière du bateau.

Jésus se lève, debout sur la tablette de la proue. Sa figure blanche se détache sur la tempête livide. Il étend les bras vers la lame et dit au vent : « Arrête et tais-toi » et à l’eau : « Calme-toi. Je le veux. » Selon M.L. un lecteur, cet épisode de la tempête apaisée est à rapprocher du Psaume 106 (Hébreu 107), 23-30. Ce rapprochement a dû être présent, après coup, dans la tête des apôtres qui, comme leurs contemporains, connaissaient par cœur les Psaumes. Cela donne un éclairage supplémentaire aux commentaires que Jésus en fait à Maria Valtorta.

Evangile de Matthieu 8, 23-27

Mt 8, 23-27 : Comme Jésus montait dans la barque, ses disciples le suivirent. Et voici que la mer devint tellement agitée que la barque était recouverte par les vagues. Mais lui dormait. Les disciples s’approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. » Mais il leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs, hommes de peu de foi ? » Alors, Jésus, debout, menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. Les gens furent saisis d’étonnement et disaient : « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »

Evangile de Marc 4, 37-41

Mc 4, 37-41 : Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait. Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

Evangile de Luc 8, 23-25

Lc 8, 23-25 : Pendant qu’ils naviguaient, Jésus s’endormit. Une tempête s’abattit sur le lac. Ils étaient submergés et en grand péril. Les disciples s’approchèrent et le réveillèrent en disant : « Maître, maître ! Nous sommes perdus ! » Et lui, se réveillant, menaça le vent et les flots agités. Ils s’apaisèrent et le calme se fit. Alors Jésus leur dit : « Où est votre foi ? » Remplis de crainte, ils furent saisis d’étonnement et se disaient entre eux : « Qui est-il donc, celui-ci, pour qu’il commande même aux vents et aux flots, et que ceux-ci lui obéissent ? »

EMV 186.2 · Tome 3, p. 215-216

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus entreprend la montée d’un sentier abrupt qui grimpe presque à pic sur le rocher. Les apôtres le suivent par ce chemin difficile jusqu’au sommet du rocher, qui s’adoucit en un plateau planté de chênes sous lesquels paissent de nombreux porcs.

« Ces animaux puants ! S’exclame Barthélemy. Ils nous empêchent de passer…

– Non, ils ne nous empêchent pas de passer. Il y a de la place pour tous » répond calmement Jésus.

D’ailleurs les gardiens, à la vue de juifs, cherchent à rassembler les porcs sous les chênes pour dégager le sentier. Les apôtres passent donc, en faisant mille grimaces, au milieu des ordures laissées par les animaux ; ceux-ci ont beau être bien gras, ils cherchent à grossir encore en fouillant le sol de leur groin.

Jésus est passé sans faire tant d’histoires, en disant aux gardiens du troupeau :

« Que Dieu vous récompense pour votre gentillesse. »

Les gardiens, de pauvres gens à peine moins sales que leurs porcs, mais en revanche infiniment plus maigres, le regardent avec étonnement et discutent. L’un d’eux dit :

« Mais n’est-ce pas un juif ? »

A quoi les autres répondent :

« Mais tu ne vois pas qu’il a des franges à son vêtement ? »

Les Douzes apôtres se réunissent, maintenant qu’ils peuvent avancer en groupe sur un petit chemin suffisamment large.

EMV 186.6 · Tome 3, p. 220

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« Donnez leur un vêtement. Ils ne peuvent rester comme ça. »

Simon le Zélote ouvre un sac et donne une de ses tuniques. Thomas donne la seconde. Les deux hommes sont encore un peu étourdis, comme s’ils sortaient d’un lourd sommeil plein de cauchemars.

« Donnez-leur à manger. Qu’ils recommencent à vivre en hommes. »

Pendant qu’ils mangent le pain et les olives qu’on leur a donnés et boivent à la gourde de Pierre, Jésus les observe.

Détail

Jésus vient de libérer deux possédés.