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Notes du thème

L'évangélisation et la Parole de Dieu

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EMV 174.21 · Tome 3, p. 146-147

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Je vous ai parlé longuement, mes enfants. Ecoutez mes paroles. Celui qui les écoute et les met en pratique est comparable à un homme réfléchi qui choisit un terrain rocheux pour y construire sa maison. Bien sûr, il peinera pour en creuser les fondations. Il lui faudra travailler avec le pic et le ciseau, avoir les mains calleuses et mal au dos. Mais ensuite, il pourra couler la chaux dans les fentes de la roche et y poser les briques serrées comme dans une muraille de forteresse et la maison s’élèvera, solide comme une montagne. Que viennent les intempéries, les ouragans, que les pluies fassent déborder les fleuves, que les vents soufflent, que les flots la frappent, la maison résistera à tout. Ainsi en est-il de celui dont la foi a de solides fondations. Au contraire, celui qui écoute superficiellement et ne s’efforce pas de graver mes paroles dans son cœur parce qu’il sait que pour cela il devrait se donner de la peine, éprouver de la souffrance, extirper trop de choses, celui-là est semblable à celui qui par paresse et sottise construit sa maison sur le sable. Sitôt que viennent les intempéries, la maison, vite construite, s’écroule aussi rapidement, et ce sot, désolé, regarde les décombres et l’anéantissement de son capital. Encore ne reste-t-il, dans ce cas, qu’une ruine qu’on peut réparer en faisant des frais et en se donnant du mal. Mais pour l’édifice d’une âme qui s’est écroulée parce qu’elle était mal édifiée, il ne reste plus rien pour reconstruire. Dans l’autre vie, pas de construction. Malheur à celui qui n’a que des décombres à présenter !

Annotation

Evangile de Matthieu 7, 24-27

Mt 7, 24-27 : Tout homme donc qui entend ces paroles que je viens de dire, et les met en pratique, sera comparé à un homme sage, qui a bâti sa maison sur la pierre. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, et elle n'a pas été renversée, car elle était fondée sur la pierre. Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison, et elle a été renversée, et grande a été sa ruine. "

Evangile de Luc 6, 47-49

Lc 6, 47-49 : Tout homme qui vient à moi, qui écoute mes paroles, et les met en pratique, je vous montrerai à qui il est semblable. Il est semblable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé bien avant, et en a posé les fondements sur le roc. Une inondation étant survenue, le torrent s'est jeté contre cette maison, et il n'a pu l'ébranler, parce qu'elle était fondée sur le roc. Mais celui qui écoute et ne met pas en pratique, est semblable à un homme qui a bâti sa maison sur la terre, sans fondements ; le torrent est venu se heurter contre elle, et elle est tombée aussitôt, et grande a été la ruine de cette maison. "

EMV 176.3 · Tome 3, p. 155-156

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« C’est la volonté de Dieu qui nous a retenus en ce lieu car, après le chemin déjà parcouru, aller plus loin aurait été violer les préceptes et scandaliser. Or il faut éviter cela jusqu’à ce que la nouvelle Alliance soit écrite.

Il est juste de sanctifier les fêtes et de louer le Seigneur dans les lieux de prière. Mais toute la création peut être lieu de prière si la créature sait le rendre tel en élevant son âme vers le Père. L’arche de Noé à la dérive sur les flots fut un lieu de prière, de même que le ventre de la baleine de Jonas. La maison du pharaon le fut aussi quand Joseph y vivait, tout comme la tente d’Holopherne pour la chaste Judith. Et n’était-il pas vraiment sacré au Seigneur, le lieu corrompu où le prophète Daniel vivait en esclave, sacré par la sainteté de son serviteur qui sanctifiait le lieu au point de mériter les prophéties élevées du Christ et de l’Antéchrist, clés des temps actuels et des derniers temps ? A plus forte raison, cet endroit est saint puisqu’il parle de Dieu, Père et Créateur, par ses couleurs, ses parfums, la pureté de l’air, la richesse des moissons, les perles de la rosée et proclame : “ Je crois. Et vous, veuillez croire, car nous sommes les témoins de Dieu. ” Que cet endroit soit donc la synagogue de ce sabbat et lisons ici les pages éternelles sur les corolles et les épis, éclairés par la lampe sacrée du soleil.

Je vous ai nommé Daniel. Je vous ai dit : “ Que cet endroit soit notre synagogue. ” Il nous rappelle le joyeux “ Bénissez ” des trois saints enfants au milieu des flammes de la fournaise : “ Cieux et eaux, rosées et giboulées, glaces et neiges, feux et couleurs, lumières et ténèbres, éclairs et nuées, montagnes et collines, toute chose germant sur la terre, oiseaux, poissons et bêtes sauvages, louez et bénissez le Seigneur avec les hommes saints et humbles de cœur. ” Voilà le résumé du cantique : il est d’un grand enseignement pour les humbles et les saints. Nous pouvons prier et mériter le Ciel partout. Nous le méritons quand nous faisons la volonté du Père.

Détail

On est à l'aurore, donc au matin du sabbat (EMV 176.1). Jésus va vers les dormeurs qui s'éveillent, et la foule qui l'a suivie, car il souhaite sanctifier "ce jour saint par la parole de Dieu" (EMV 176.2).

Annotation

Après le chemin déjà parcouru, aller plus loin aurait été violer les préceptes et scandaliser. Par respect du précepte limitant les déplacements sabbatiques, qui trouve son fondement dans Exode 16,29.

L’arche de Noé à la dérive sur les flots fut un lieu de prière, de même que le ventre de la baleine de Jonas. Cf Genèse 7.7 et Jonas 2, 2.

Gn 7, 7 : "Noé entra dans l'arche avec ses fils, sa femme et les femmes de ses fils pour échapper aux eaux du déluge."

Jon 2, 2 : Et des entrailles du poisson Jonas pria Yahweh, son Dieu.

La maison du pharaon le fut aussi quand Joseph y vivait, tout comme la tente d’Holopherne pour la chaste Judith. Cf Genèse 39, 2 et 41, 40 ainsi que Judith 12, 5 et Judith 13, 4-5.

Gn 39, 2 : Yahweh fut avec Joseph, qui faisait prospérer toutes choses ; il habitait dans la maison de son maître, l'Egyptien.

Gn 41, 40 : Et Pharaon dit à Joseph : " Voici que je t'établis sur tout le pays d'Egypte. "

Jdt 12, 5 : En y entrant, elle demanda qu'on lui accordât la faculté de sortir, la nuit et avant le jour, pour aller prier et invoquer le Seigneur.

Jdt 13, 4-5 : Holoferne était étendu sur son lit, plongé dans l'assoupissement d'une complète ivresse. Judith avait dit à sa servante de se tenir dehors devant la chambre, et de faire le guet.

Et n’était-il pas vraiment sacré au Seigneur, le lieu corrompu où le prophète Daniel vivait en esclave, sacré par la sainteté de son serviteur qui sanctifiait le lieu au point de mériter les prophéties élevées du Christ et de l’Antéchrist, clés des temps actuels et des derniers temps ? Daniel 1, 21 | Daniel 7, 2-14 | Daniel 9, 24-27 | Daniel 12, 5-12.

Dn 1, 21 : Daniel demeura là jusqu'en l'an un du roi Cyrus.

Dn 7, 2-14 : Daniel prit la parole et dit : " Je voyais dans ma vision pendant la nuit, et voici que les quatre vents du ciel fondaient sur la grande mer, Et quatre grandes bêtes montèrent de la mer, différentes l'une de l'autre. La première était semblable à un lion et avait des ailes d'aigle. Je contemplais, jusqu'au moment où ses ailes furent arrachées, et où elle fut enlevée de terre, et dressée sur ses pieds, comme un homme, et où un cœur d'homme lui fut donné. Et voici une autre bête, une deuxième, ressemblant à un ours ; elle dressait l'un de ses côtés, et trois côtes étaient dans sa gueule entre ses dents, et on lui disait : " Lève-toi, mange beaucoup de chair ! Après cela, je regardais, et voici une autre bête semblable a un léopard ; elle avait sur son dos quatre ailes d'oiseau, et la bête avait quatre têtes ; et la domination lui fut donnée. Après cela je regardais dans les visions de la nuit, et voici une quatrième bête, terrible, effrayante et extraordinairement forte ; elle avait de grandes dents de fer ; elle dévorait et brisait, et le reste elle le foulait aux pieds ; elle était différente de toutes les bêtes qui l'avaient précédée, et elle avait dix cornes. Je considérais les cornes, et voici qu'une autre corne, petite, s'éleva au milieu d'elles, et trois des premières cornes furent arrachées par elle ; et voici que cette corne avait des yeux comme des yeux d'homme, et une bouche qui disait de grandes choses.

Je regardais, jusqu'au moment où des trônes furent placés, et où un vieillard s'assit. Son vêtement était blanc comme de la neige, et les cheveux de sa tête étaient comme de la laine pure. Son trône était des flammes de feu ; les roues, un feu ardent. Un fleuve de feu coulait, sortant de devant lui ; mille milliers le servaient, et une myriade de myriades se tenaient debout devant lui. Le Juge s'assit, et des livres furent ouverts. Je regardais alors, à cause du bruit des grandes paroles que la corne proférait ; je regardais, jusqu'au moment où la bête fut tuée, et son corps détruit et livré à la flamme de feu. Au reste des bêtes aussi, on avait ôté leur domination, et la durée de leur vie avait été fixée jusqu'à un temps et un moment.

Je regardais dans les visions de la nuit, et voici que sur les nuées vint comme un Fils d'homme ; il s'avança jusqu'au vieillard, et on le fit approcher devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et règne, et tous les peuples, nations et langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera jamais détruit.

Dn 9, 24-27 : Soixante-dix semaines ont été déterminées sur ton peuple et sur ta ville sainte pour enfermer la prévarication, pour sceller les péchés et pour expier l'iniquité, et pour amener la justice éternelle, pour sceller vision et prophète et pour oindre le Saint des saints. Sache donc et comprends : depuis la sortie d'une parole ordonnant de rebâtir Jérusalem jusqu'à un oint, un chef, il y a sept semaines, et soixante-deux semaines ; elle sera rebâtie, places et enceinte, dans la détresse des temps. Et après soixante-deux semaines, un oint sera retranché, et personne pour lui. Et le peuple d'un chef qui viendra détruira la ville et le sanctuaire, et sa fin sera dans l'inondation, et jusqu'à la fin il y aura guerre, ce qui est décrété touchant la dévastation. Il conclura une alliance ferme avec un grand nombre pendant une semaine ; et, au milieu de la semaine, il fera cesser le sacrifice et l'oblation, et sur l'aile des abominations viendra un dévastateur, et cela jusqu'à ce que la destruction et ce qui a été décrété se répandent sur le dévasté.

Dn 12, 5-12 : Moi, Daniel, je regardai et voici que deux autres hommes se tenaient debout, l'un sur une rive du fleuve, l'autre sur l'autre rive du fleuve. 6L'un d'eux parla à l'homme vêtu de lin, qui était au-dessus des eaux du fleuve : " Jusqu'à quand le terme de ces choses merveilleuses ? " Et j'entendis l'homme vêtu de lin qui était au-dessus des eaux ; il leva vers le ciel sa main droite et sa main gauche, et il jura par celui qui vit éternellement que ce serait dans un temps, des temps et une moitié de temps, et que, quand on aurait achevé de briser la force du peuple saint, alors s'accompliront toutes ces choses. Et moi, j'entendis, mais sans comprendre, et je dis : " Mon seigneur, quelle sera la fin de ces choses ? " Il dit : " Va, Daniel, car les paroles sont serrées et scellées jusqu'au temps de la fin. Il y en aura beaucoup qui seront purifiés, blanchis et éprouvés ; et les méchants feront le mal, et aucun méchant ne comprendra ; mais les intelligents comprendront. Depuis le temps où sera interrompu le sacrifice perpétuel, et où sera dressée l'abomination du dévastateur, il y aura mille deux cent quatre-vingt-dix jours. Heureux celui qui attendra et arrivera jusqu'à mille trois cent trente-cinq jours !"

Je vous ai nommé Daniel. Je vous ai dit : “ Que cet endroit soit notre synagogue. ” Il nous rappelle le joyeux “ Bénissez ” des trois saints enfants au milieu des flammes de la fournaise : cf. Daniel 3, 52-90.

Dn 3, 52-90 : Vous êtes béni, Seigneur, Dieu de nos pères, digne d'être loué, glorifié et exalté à jamais. Béni est votre nom saint et glorieux, digne de suprême louange et exaltation à tout jamais. Vous êtes béni dans le temple de votre sainte gloire, digne de suprême louange et gloire à jamais. Vous élus béni sur le trône de votre royaume, digne de suprême louange et exaltation à jamais. Vous êtes béni, vous dont le regard pénètre les abîmes, et qui êtes assis sur les Chérubins, digne de suprême louange et exaltation à jamais. Vous êtes béni au firmament du ciel, digne de louange et de gloire à jamais.

Bénissez toutes le Seigneur, œuvres du Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Anges du Seigneur, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Cieux, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Eaux et tout ce qui est au-dessus des cieux, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Puissances du Seigneur, bénissez toutes le Seigneur ; louez-le, et exaltez-le à jamais.

Soleil et lune, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Astres du ciel, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Pluies et rosées, bénissez toutes le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Vents que Dieu déchaîne, bénissez tous le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

Feux et chaleurs, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Froid et chaleur, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Rosées et givres, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Gelées et frimas, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Glaces et neiges, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

Nuits et jours, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Lumière et ténèbres, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Eclairs et sombres nuages, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Que la terre bénisse le Seigneur ; qu'elle le loue et l'exalte à jamais !

Montagnes et collines, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Plantes qui croissez sur la terre, bénissez toutes le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Fontaines, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Mers et fleuves, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

Monstres et tout ce qui s'agite dans les eaux, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Oiseaux du ciel, bénissez tous le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Bêtes sauvages et troupeaux, bénissez tous le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Enfants des hommes, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Qu'Israël bénisse le Seigneur ; qu'il le loue et l'exalte à jamais !

Prêtres du Seigneur, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Serviteurs du Seigneur, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Esprits et âmes des justes, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Saints et humbles de cœur, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Ananias, Azarias et Misaël, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

Car il nous à tirés du schéol, et délivrés de la puissance de la mort ; il nous à sauvés du milieu de la fournaise de flamme brûlante, et tirés du milieu du feu. Célébrez le Seigneur, car il est bon, car sa miséricorde dure à jamais. Vous tous, hommes pieux, bénissez le Seigneur, le Dieu des dieux ; louez-le et célébrez-le, car sa miséricorde dure à jamais.

EMV 178.2 · Tome 3, p. 162

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Ici, on exige sacrifice, obéissance, charité envers tous, ainsi que l’esprit d’adaptation en tout, avec tous. Car la compréhension attire. Celui qui veut soigner doit se pencher sur toutes les plaies. Après, ce sera la pureté du Ciel. Mais ici, nous sommes dans la boue et il faut arracher à la boue, sur laquelle nous posons les pieds, les victimes déjà submergées. Ne pas relever ses vêtements, ni s’éloigner parce que la boue est plus profonde à cet endroit. La pureté, c’est en nous qu’elle doit être. Il faut en être pénétré de façon que rien ne puisse plus entrer. Peux-tu tout cela ?

EMV 178.3.5 · Tome 3, p. 162-163

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Jésus se remet en route et, attiré par deux yeux qui le regardent, il dit à un jeune homme grand et robuste qui s’est arrêté pour laisser passer le cortège, mais qui semble se diriger ailleurs :

« Suis-moi. »

Le jeune homme sursaute, change de couleur, cligne des yeux comme s’il était ébloui par de la lumière, puis il ouvre la bouche pour parler, mais ne trouve pas de réponse. Finalement, il dit :

« Je te suivrai, mais mon père est mort à Chorazeïn et je dois l’ensevelir. Laisse-moi faire, et je viendrai ensuite.

– Suis-moi. Laisse les morts ensevelir leurs morts. Toi, la Vie t’a déjà aspiré. Tu l’as désiré, d’ailleurs. Ne déplore pas le vide que la Vie a créé autour de toi afin de t’avoir pour disciple. Les mutilations de l’affection sont des racines pour les ailes qui poussent chez l’homme changé en serviteur de la vérité. Abandonne la corruption à son sort. Elève-toi vers le Royaume où rien n’est corrompu. Tu y trouveras aussi la perle incorruptible de ton père. Dieu appelle et passe. Demain, tu ne trouverais plus ton cœur d’aujourd’hui ni l’invitation de Dieu. Viens. Va annoncer le Royaume de Dieu. »

L’homme, adossé à un muret, reste les bras ballants. Il porte des sachets certainement remplis d’arômes et de bandelettes. La tête inclinée, il réfléchit aux deux amours qui s’opposent : celui de Dieu et celui de son père.

Jésus attend et le regarde, puis il prend un petit enfant et le serre sur son cœur en disant :

« Dis avec moi : “ Je te bénis, Père, et j’invoque ta lumière pour ceux qui pleurent dans les nuées de la vie. Je te bénis, Père, et j’invoque ta force pour celui qui est comme un bébé qui a besoin qu’on le soutienne. Je te bénis, Père, et j’invoque ton amour pour que tu fasses oublier tout ce qui n’est pas toi à tous ceux qui ne savent pas croire, mais qui trouveraient en toi tout bien, ici et au Ciel. ” »

Et le petit, un enfant d’environ quatre ans, répète de sa petite voix les paroles saintes, ses menottes jointes pour la prière dans la main droite de Jésus qui tient ses poignets potelés comme si c’étaient deux tiges de fleurs.

L’homme se décide. Il donne ses paquets à un compagnon et vient à Jésus qui dépose l’enfant par terre après l’avoir béni. Il prend par les épaules le jeune homme et avance ainsi, pour le réconforter et le soutenir dans son effort.

(...) On a atteint la rive. Jésus monte dans la barque de Pierre en lui chuchotant quelques mots. Je vois Jésus sourire et Pierre faire un geste d’émerveillement. Mais il ne dit rien. L’homme qui n’est pas allé ensevelir son père pour suivre Jésus monte aussi.

Annotation

Evangile de Matthieu 8, 21-22

Mt 8, 21-22 : Un autre de ses disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Jésus lui dit : « Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. »

Evangile de Luc 9, 57-62

Lc 9, 57-62 : En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. » Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. » Il dit à un autre : « Suis-moi. » L’homme répondit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. »

EMV 178.4 · Tome 3, p. 163-164

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Un troisième homme l’interroge :

« Moi aussi, je voudrais venir avec lui, mais avant de te suivre, je voudrais faire mes adieux à mes parents. Me le permets-tu ? »

Jésus le regarde fixement et répond :

« il y a en toi trop de racines qui plongent dans l’humain. Arrache-les et, si tu n’y arrives pas, coupe-les. Il faut venir au service de Dieu en pleine liberté d’esprit. Rien ne doit lier celui qui se donne.

– Mais, Seigneur, la chair et le sang sont toujours chair et sang ! J’arriverai lentement à la liberté dont tu parles…

– Non. Non, tu n’y arriverais jamais plus. Dieu est exigeant, de même qu’il est infiniment généreux quand il récompense. Si tu veux être disciple, il faut embrasser la croix et venir. Autrement, on reste au nombre des simples fidèles. Ce n’est pas une voie jonchée de pétales de roses que celle d’un serviteur de Dieu. Ses exigences sont absolues. Personne, après avoir mis la main à la charrue pour labourer les champs des cœurs et y jeter la semence de la doctrine de Dieu, ne peut se retourner pour regarder ce qu’il a quitté, et ce qu’il a perdu, ce qu’il pouvait posséder en suivant la voie commune. Celui qui agit ainsi n’est pas apte au Royaume de Dieu. Travaille-toi toi-même. Virilise-toi toi-même, puis viens. Pas maintenant. »

Annotation

Seul Luc 9,61-62 rapporte cette rencontre. L'évangéliste évoque succinctement l'allégorie du laboureur qui ne se retourne pas en arrière ! Jésus fait plusieurs fois souvenir de son conseil (EMV 276.6 | EMV 302.1 et EMV 551.6).

Evangile de Luc 9, 61-62

Lc 9, 61-62 : Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. » Jésus lui répondit : « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

EMV 179.3 · Tome 3, p. 165-166

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Pierre avoue alors sa grande peine :

« C’est que je suis cabochard et facilement distrait. Quand tu parles sur une place, sur une montagne, au milieu d’une si grande foule, moi, je ne sais pourquoi, je comprends tout, mais je ne me rappelle rien. Je l’ai dit aussi à mes compagnons et ils m’ont donné raison. Les autres, je veux dire le peuple qui t’écoute, te comprend et se souvient de ce que tu dis. Combien de fois n’avons-nous pas entendu quelqu’un reconnaître : “ Je n’ai plus fait cela parce que tu l’as dit ”, ou encore : “ Je suis venu parce qu’un jour je t’ai entendu dire telle autre chose qui m’a frappé. ” Nous, au contraire… hum ! C’est comme l’eau d’une rivière qui passe sans s’arrêter. La rive ne l’a plus, cette eau est passée. Il en arrive de nouveau, encore et toujours. Mais elle passe… Et moi, je pense avec terreur que, s’il en est comme tu le dis, le moment viendra où tu ne seras plus là pour jouer le rôle du fleuve et… et moi… Qu’aurai-je à donner à ceux qui ont soif, si je ne garde pas une seule goutte de ce que tu me donnes ? »

Les autres appuient également les plaintes de Pierre, se lamentant de ne jamais rien retrouver de tout ce qu’ils entendent quand ils voudraient se le rappeler pour répondre aux nombreuses personnes qui les interrogent.

Jésus sourit et répond :

« Mais je n’en ai pas l’impression. Les gens sont très contents de vous aussi…

– Oh, oui ! Pour ce que nous faisons ! Te faire de la place, et pour cela jouer des coudes, porter les malades, recueillir les oboles et dire : “ Oui, le Maître, c’est lui ! ” La belle affaire !

– Ne te rabaisse pas trop, Simon.

– Je ne me rabaisse pas, je me connais.

– C’est la plus difficile des sagesses. Mais je veux t’enlever cette grande peur. Une fois que j’ai parlé et que vous n’avez pu tout comprendre et retenir, demandez-moi sans craindre de paraître ennuyeux ou de me décourager. Nous avons toujours des heures d’intimité. Ouvrez-moi alors votre cœur. Je donne beaucoup à tant de gens ! Et que ne vous donnerais-je pas, à vous que j’aime comme Dieu ne le pourrait davantage ? Tu as parlé de l’eau qui passe sans que la rive en garde rien. Un jour viendra où tu t’apercevras que chaque vague a déposé en toi une semence et que chaque semence a donné naissance à une plante. Tu trouveras à ta portée fleurs et plantes pour tous les cas, et tu seras étonné de toi-même en disant : “ Mais que m’a donc fait le Seigneur ? ” car alors tu seras racheté de l’esclavage du péché et tes vertus actuelles se seront élevées à une haute perfection.

– C’est toi qui le dis, Seigneur, et je me fie à cette parole.