EMV 200.5 · Tome 3, p. 319-320
L’Evangile tel qu'il m'a été révélé
Citation
Aglaé, qui est toujours restée à genoux, se penche pour baiser les pieds du Seigneur. Elle n’ose faire plus. Puis elle reprend son sac et le retourne. Il en tombe des vêtements simples, un petit sac qui résonne et une amphore d’un délicat albâtre rose.
Aglaé remet les vêtements dans le sac et saisit le sachet :
« Voici pour tes pauvres. C’est le reste de mes bijoux. Je n’ai gardé que l’argent de ma nourriture durant le voyage… car, même si tu ne me l’avais pas dit, je serais partie dans un lieu éloigné. Maintenant, ceci c’est pour toi. Certes, c’est moins suave que le parfum de ta sainteté, mais c’est tout ce que la terre peut donner de meilleur. Et je m’en servais pour faire le pire… Le voilà. Que Dieu m’accorde d’exhaler un parfum au moins égal à celui-ci, en ta présence au Ciel. »
Sur ce, elle enlève à l’amphore son bouchon précieux et en renverse le contenu sur le sol. Une odeur pénétrante de roses s’élève à flots du carrelage imprégné de cette essence précieuse.
Aglaé ramasse l’amphore vide :
« En souvenir de cette heure » dit-elle, puis elle s’incline une nouvelle fois pour baiser les pieds de Jésus, se relève, se retire à reculons, sort, ferme la porte…
On entend son pas qui s’éloigne vers l’escalier, sa voix qui échange quelques mots avec Marie, puis le bruit des sandales sur les marches de l’escalier, et plus rien. D’Aglaé, il ne reste que le petit sachet aux pieds de Jésus et l’arôme pénétrant répandu dans toute la pièce.
Jésus se lève… ramasse le sachet et le met sur son sein, se dirige vers une ouverture qui donne sur le chemin, sourit à la vue de la femme qui, seule, s’éloigne dans son manteau de femme juive en direction de Bethléem. Il fait un geste de bénédiction, puis va sur la terrasse et appelle :
« Maman ! »
Marie monte vivement l’escalier :
« Tu l’as rendue heureuse, mon Fils. Elle est partie, courageuse et paisible.
– Oui, Mère. Quand André reviendra, envoie-le-moi avant les autres. »