La manifestation divine
45.6 Jésus dit :
« Jean nâavait pas besoin de signe pour lui-mĂȘme. Son Ăąme, sanctifiĂ©e dĂšs le sein de sa mĂšre, possĂ©dait cette vue de lâintelligence surnaturelle qui aurait Ă©tĂ© le lot de tous les hommes sans la faute dâAdam.
Si lâhomme Ă©tait restĂ© en Ă©tat de grĂące, dans lâinnocence et la fidĂ©litĂ© Ă son CrĂ©ateur, il aurait reconnu Dieu Ă travers les apparences extĂ©rieures. Il est dit dans la GenĂšse que le Seigneur Dieu parlait familiĂšrement avec lâhomme innocent et que lâhomme, loin de sâĂ©vanouir au son de cette voix, la discernait sans se tromper. Tel Ă©tait le destin de lâhomme : voir et comprendre Dieu, comme un fils Ă lâĂ©gard de son pĂšre. Puis la faute est venue et lâhomme nâa plus osĂ© regarder Dieu, il nâa plus su dĂ©couvrir et comprendre Dieu. Et il le sait de moins en moins.
Mais Jean, mon cousin Jean, avait Ă©tĂ© purifiĂ© de la faute quand la Pleine de GrĂące sâĂ©tait penchĂ©e avec amour pour embrasser celle qui, de stĂ©rile, Ă©tait devenue fĂ©conde, Elisabeth. Le bĂ©bĂ© avait tressailli de joie dans son sein en sentant les Ă©cailles de la faute tomber de son Ăąme comme une croĂ»te tombe dâune plaie au moment de la guĂ©rison. LâEsprit Saint, qui avait fait de Marie la MĂšre du Sauveur, commença son oeuvre de salut Ă travers Marie, Ciboire vivant du Salut incarnĂ© pour cet enfant qui allait naĂźtre et Ă©tait destinĂ© Ă mâĂȘtre uni, moins par le sang que par la mission qui fit de nous comme les lĂšvres qui forment la parole. Jean Ă©tait les lĂšvres et moi la Parole. Il Ă©tait le PrĂ©curseur dans lâEvangile et par sa destinĂ©e de martyr. Moi, celui qui transmet ma divine perfection Ă lâEvangile inaugurĂ© par Jean et son martyre pour la dĂ©fense de la Loi de Dieu.
Jean nâavait besoin dâaucun signe, mais pour lâĂ©paisseur de lâesprit des autres, un signe Ă©tait nĂ©cessaire. Sur quoi Jean aurait-il fondĂ© son affirmation sinon sur une preuve irrĂ©cusable que les yeux des hommes lents Ă voir et les oreilles paresseuses auraient perçue ?
45.7 De mĂȘme, je nâavais pas besoin de baptĂȘme. Mais la sagesse du Seigneur avait jugĂ© que ce devait ĂȘtre lâinstant et la façon de nous rencontrer. En faisant sortir Jean de sa grotte dans le dĂ©sert et moi de ma maison, il nous a unis Ă ce moment prĂ©cis pour ouvrir sur moi le Ciel et descendre lui-mĂȘme, en Colombe divine, sur celui qui aurait Ă baptiser les hommes avec cette Colombe ; il voulut aussi faire descendre du Ciel cette annonce encore plus puissante que lâannonciation de lâange, puisquâelle provenait de mon PĂšre : â Voici mon Fils bien-aimĂ©, en qui je mets ma complaisance. â Cela afin que les hommes nâaient pas dâexcuse ou de doute pour savoir sâils devaient me suivre ou non.
45.8 Les manifestations du Christ ont Ă©tĂ© nombreuses. La preÂmiĂšre aprĂšs la NativitĂ© fut celle des mages, la seconde au Temple, la troisiĂšme sur les rives du Jourdain. Puis vinrent les autres manifestations innombrables que je te ferai connaĂźtre, car mes miracles sont des manifestations de ma nature divine jusquâaux derniĂšres, celles de ma RĂ©surrection et de mon Ascension au Ciel.
Ma patrie fut comblĂ©e de mes manifestations. Comme des semences jetĂ©es aux quatre points cardinaux, elles se produiÂsirent dans toutes les couches sociales et en tout lieu de vie : aux bergers, aux puissants, aux savants, aux incrĂ©dules, aux pĂ©cheurs, aux prĂȘtres, aux dominateurs, aux enfants, aux soldats, aux Juifs, aux paĂŻens. De nos jours encore, elles se rĂ©pĂštent mais, comme autrefois, le monde ne les accepte pas ou plutĂŽt il nâaccueille pas les miracles actuels et il oublie ceux du passĂ©. Eh bien, je ne renonce pas. Je me rĂ©pĂšte pour vous sauver, pour vous amener Ă la foi en moi.
45.9 Sais-tu, Maria, ce que tu fais ? Ce que je fais, plutĂŽt, en te dĂ©voilant lâEvangile ? Câest une tentative plus forte pour amener les hommes vers moi. Tu lâas dĂ©sirĂ© par des priĂšres ardentes. Je ne me borne plus Ă la parole. Elle les fatigue et les Ă©loigne. Câest un pĂ©chĂ©, mais câest comme ça. Jâai recours Ă la vision, Ă la vision de mon Ăvangile et je lâexplique pour la rendre plus claire et plus attrayante.
A toi, je donne le rĂ©confort de la vision. A tous, je donne le moyen de dĂ©sirer me connaĂźtre. Et si une fois encore elle ne sert Ă rien, si, comme des enfants cruels, ils rejettent le don sans en comprendre la valeur, Ă toi, mon don restera et Ă eux ira mon indignation. Je pourrai, une fois encore leur faire cet ancien reproche : â Nous avons jouĂ© de la flĂ»te et vous nâavez pas dansĂ©. Nous avons entonnĂ© des lamentations et vous nâavez pas pleurĂ©. â
Mais peu nâimporte. Laissons les â inconvertibles â accumuler sur leurs tĂȘtes des charbons ardents et tournons-nous vers les brebis qui cherchent Ă connaĂźtre le Pasteur. Le Pasteur, câest moi et tu es la houlette qui les conduit Ă moi. »
45.10 Comme vous le voyez, je me suis hĂątĂ©e de mettre par Ă©crit ces dĂ©tails qui, Ă cause de leur peu dâimportance, mâavaient Ă©chappĂ© et que vous avez dĂ©sirĂ© obtenir.