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EMV 135.6-8 · Tome 2, p. 413-416

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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135.6 
 La vision reprend lorsque JĂ©sus revient sur la terrasse pour parler aux habitants de BĂ©thanie et des localitĂ©s voisines, accourus pour l’entendre.

« Paix à vous.

Quand bien mĂȘme je me tairais, les vents de Dieu vous apporteraient les paroles de mon amour et de la rancƓur d’autrui. Je sais que vous ĂȘtes en effervescence, car la raison de ma prĂ©sence parmi vous ne vous est pas inconnue. Mais ce ne doit ĂȘtre qu’une manifestation joyeuse, et bĂ©nissez avec moi le Seigneur qui utilise le mal pour rĂ©jouir ses enfants, ramenant par l’aiguillon du mal son Agneau parmi les agneaux pour le mettre Ă  l’abri des loups.

Voyez comme le Seigneur est bon. A l’endroit oĂč j’étais, sont arrivĂ©s, comme des eaux Ă  la mer, un fleuve et une riviĂšre. Un fleuve de douceur affectueuse, une riviĂšre de brĂ»lante amertume. Le premier, c’était votre amour, depuis Lazare et Marthe jusqu’au bout du pays ; la riviĂšre, c’était la hargne injuste de gens qui, ne pouvant venir vers le Bien qui les invite, accusent le Bien d’ĂȘtre le Crime. Et le fleuve disait : “ Reviens, reviens parmi nous. Que nos eaux t’entourent, t’isolent, te dĂ©fendent. Qu’elles te donnent tout ce que te refuse le monde ! ” La riviĂšre empoisonnĂ©e Ă©tait menaçante et voulait tuer par son poison. Mais qu’est-ce qu’une riviĂšre devant un fleuve, et qu’est-elle devant la mer ? Rien. Le poison de la riviĂšre a Ă©tĂ© rĂ©duit Ă  rien car le fleuve de votre amour l’a annihilĂ©, et dans la mer de mon amour ne s’est jetĂ©e que la douceur de votre amour. Mieux, il a fait naĂźtre un bien : il m’a ramenĂ© vers vous. BĂ©nissons-en le TrĂšs-Haut. »

Puissante, la voix de JĂ©sus se rĂ©pand dans l’air calme et silencieux. JĂ©sus, trĂšs beau dans la lumiĂšre du soleil, sourit avec des gestes tranquilles du haut de la terrasse. En bas, les gens l’é­coutent, pleins de joie : c’est une floraison de visages levĂ©s vers lui qui s’épanouissent au son de sa voix harmonieuse. Lazare se tient auprĂšs de JĂ©sus, de mĂȘme que Simon et Jean. Les autres sont dispersĂ©s dans la foule. Marthe elle aussi monte sur la terrasse et s’assied par terre aux pieds de JĂ©sus. Elle regarde vers sa maison que l’on aperçoit par-delĂ  le verger.

« Le monde appartient aux mĂ©chants. Le Paradis appartient aux bons. C’est la vĂ©ritĂ© et la promesse. C’est sur elles que s’appuient notre force et notre assurance. Le monde passe. Le Paradis ne passe pas. Celui qui le conquiert par sa bontĂ© en jouit Ă©ternellement. Alors pourquoi se troubler devant les actes des mĂ©chants ? Vous rappelez-vous les lamentations de Job ? Ce sont les Ă©ternelles lamentations des bons que l’on opprime. Car la chair gĂ©mit, mais elle ne devrait pas gĂ©mir, et plus on la foule aux pieds, plus les ailes de l’ñme devraient s’élever dans la joie du Seigneur.

Croyez-vous qu’ils soient heureux, ceux qui le paraissent parce qu’ils possĂšdent – licitement ou plutĂŽt illicitement – des monceaux de blĂ©, des cuves toutes pleines, et des outres remplies d’huile ? Non. Ils sentent le goĂ»t du sang et des larmes d’autrui dans toute leur nourriture, et leur lit leur paraĂźt hĂ©rissĂ© de ronces tellement ils y sont dĂ©vorĂ©s par leurs remords. Ils volent les pauvres et dĂ©pouillent les orphelins, pillent le prochain pour toujours amasser, ils oppriment ceux qui sont moins puissants et moins pervers qu’eux. Peu importe. Laissez-les faire. Leur royaume est de ce monde. Et Ă  leur mort, que leur restera-t-il ? Rien. A moins qu’on ne veuille appeler trĂ©sor le fardeau des fautes qu’ils portent avec eux et avec lequel ils se prĂ©senteront Ă  Dieu. Laissez-les faire. Ce sont les fils des tĂ©nĂšbres, rĂ©voltĂ©s contre la LumiĂšre, et ils ne peuvent suivre ses sentiers lumineux. Quand Dieu fait briller l’Etoile du matin, ils l’appellent ombre mortelle et la croient contaminĂ©e. Ils prĂ©fĂšrent cheminer Ă  la lueur tĂ©nĂ©breuse de leur or et de leur haine qui ne luisent que parce que les rĂ©alitĂ©s infernales ont la brillante phosphorescence des lacs de perdition. »

135.7 « Ma sƓur, JĂ©sus
 oh ! »

Lazare dĂ©couvre Marie qui se glisse derriĂšre une haie du verger de son frĂšre pour arriver le plus prĂšs possible. Elle marche courbĂ©e, mais sa tĂȘte blonde brille comme de l’or sur le fond du buis vert foncĂ©.

Marthe va se lever. Mais JĂ©sus lui pose une main sur la tĂȘte, et elle doit rester oĂč elle est. JĂ©sus hausse encore la voix.

« Que dire de ces malheureux ? Dieu leur a donnĂ© le temps de faire pĂ©nitence et ils en abusent pour pĂ©cher. Mais le Seigneur ne les perd pas de vue, mĂȘme quand il semble le faire. Un moment vient oĂč, comme la foudre qui brise mĂȘme le roc, l’amour de Dieu brise leur cƓur dur, ou bien encore l’accumulation de leurs fautes fait monter jusqu’à leur gueule et leurs narines la marĂ©e de leur fange. Ils ressentent alors – oh oui, ils ressentent enfin ! – le dĂ©goĂ»t de cette saveur et de cette puanteur qui rĂ©pugne aux autres et qui remplit leur cƓur. Alors vient un moment oĂč ils en ont la nausĂ©e et il s’élĂšve en eux un commencement de dĂ©sir de faire le bien.

L’ñme s’écrie alors : “ Et qui m’aidera Ă  revenir au temps de ma jeunesse, quand mon Ăąme Ă©tait dans l’amitiĂ© de Dieu ? Quand sa lumiĂšre brillait dans mon cƓur et que je marchais dans son rayonnement ? Quand, devant ma justice, le monde se taisait, plein d’admiration, et que quiconque me voyait proclamait mon bonheur ? Le monde buvait mon sourire, on accueillait mes paroles comme celles d’un ange et le cƓur de mes proches tressaillait de fiertĂ© dans leur poitrine. Et maintenant que suis-je devenue ? Objet de railleries pour les jeunes, d’horreur pour les vieux. Je suis l’objet de leurs moqueries et ils me crachent leur mĂ©pris au visage. ” Oui, c’est ainsi que parle Ă  certaines heures l’ñme des pĂ©cheurs, des vrais Job, car il n’y a pas de misĂšre plus grande que celle-lĂ , la misĂšre de celui qui a perdu pour toujours l’amitiĂ© de Dieu et son Royaume. Et elle doit faire pitiĂ©, seulement pitiĂ©.

Ce sont des Ăąmes qui, par dĂ©sƓuvrement ou par Ă©tourderie, ont perdu l’éternel Epoux. “ La nuit, dans mon lit, je cherchais l’amour de mon Ăąme et ne le trouvais pas. ” En effet, dans les tĂ©nĂšbres, on ne peut distinguer l’époux, et l’ñme, aiguillonnĂ©e par l’amour, inconsciente parce qu’elle est environnĂ©e par la nuit spirituelle, cherche et veut trouver un rafraĂźchissement Ă  son tourment. Elle croit le trouver dans un amour quelconque. Non. Il n’y a qu’un amour pour l’ñme : Dieu. Elles errent, ces Ăąmes que l’amour de Dieu aiguillonne, Ă  la recherche de l’amour. Il suffirait qu’elles veuillent en elles la lumiĂšre et elles auraient l’Amour pour Ă©poux. Elles errent, comme des malades, cherchant Ă  tĂątons l’amour, et elles rencontrent tous les amours, toutes les choses dĂ©goĂ»tantes auxquelles l’homme a donnĂ© ce nom, mais elles ne trouvent pas l’Amour ; car l’Amour, c’est Dieu et non pas l’or, la jouissance, le pouvoir.

Pauvres, pauvres Ăąmes ! Si elles Ă©taient moins paresseuses, elles se seraient levĂ©es au premier appel de l’Epoux Ă©ternel pour aller vers Dieu qui appelle : “ Suis-moi ”, vers Dieu qui dit : “ Ouvre-moi ”, de sorte qu’elles ne seraient pas allĂ©es ouvrir la porte avec l’élan de leur amour rĂ©veillĂ© quand l’Epoux déçu est dĂ©jĂ  loin. Disparu
 Et elles n’auraient pas profanĂ© cet Ă©lan saint d’un besoin d’aimer dans une boue qui dĂ©goĂ»te l’animal immonde tant elle est saumĂątre et couverte de ronces, et celles-ci n’étaient pas des fleurs mais seulement des aiguilles qui la dĂ©chirent au lieu de la couronner. Elles n’auraient pas connu le mĂ©pris des gardes de service, de tous les gens qui, comme Dieu mais pour des motifs opposĂ©s, ne perdent pas de vue le pĂ©cheur et le montrent du doigt pour le tourner en dĂ©rision et le critiquer.

Pauvres Ăąmes frappĂ©es, dĂ©pouillĂ©es, blessĂ©es par tout le monde ! Seul Dieu ne s’unit pas Ă  cette lapidation de mĂ©pris sans pitiĂ©.

Mais il fait tomber ses larmes pour guĂ©rir ses blessures et revĂȘtir sa crĂ©ature d’un vĂȘtement qui brille comme le diamant. C’est toujours sa crĂ©ature
 Dieu seul
 et avec le PĂšre, les enfants de Dieu. BĂ©nissons le Seigneur. Il a voulu que, pour les pĂ©cheurs, je doive revenir ici pour vous dire : “ Pardonnez, pardonnez toujours. Faites sortir de tout mal un bien, de toute offense une grĂące. ” Je ne vous dis pas seulement “ faites-le ”, je vous dis : rĂ©pĂ©tez mon geste. J’aime, et je bĂ©nis mes ennemis puisque, grĂące Ă  eux, j’ai pu revenir vers vous, mes amis.

La paix soit sur vous tous. »

Les gens agitent des voiles et des rameaux en l’honneur de JĂ©sus et puis s’éloignent tout doucement.

135.8 « L’auront-ils vue, cette impudente ?

– Non, Lazare. Elle Ă©tait derriĂšre la haie, bien cachĂ©e. Nous pouvions la voir d’ici, de la terrasse. Pas les autres.

– Elle nous avait promis de


– Pourquoi ne devait-elle pas venir ? N’est-elle pas une fille d’Abraham, elle aussi ? Je veux que vous, mes frĂšres, et vous aussi, mes disciples, vous promettiez de ne pas lui faire de rĂ©flexions. Laissez-la faire. Elle se moquera de moi ? Laissez-la faire. Elle pleurera ? Laissez-la faire. Elle voudra rester ? Laissez-la faire. Elle voudra fuir ? Laissez-la faire. C’est le secret du RĂ©dempteur et des rĂ©dempteurs : faire preuve de patience, de bontĂ©, de constance et prier. Rien d’autre. Tout geste est de trop pour certaines maladies
 Adieu, mes amis. Je reste pour prier. Quant Ă  vous, que chacun aille remplir sa tĂąche. Et que Dieu vous accompagne. »

Détail

Lazare et Marthe écoutent la prédication de Jésus, qui est revenu à Béthanie à cause de l'hostilité du Sanhédrin. Durant le discours de Jésus, Marie-Madeleine s'invite, ce qui agite la famille de Béthanie.

EMV 135.7

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Il n’y a qu’un amour pour l’ñme : Dieu. Elles errent, ces Ăąmes que l’amour de Dieu aiguillonne, Ă  la recherche de l’amour. Il suffirait qu’elles veuillent en elles la lumiĂšre et elles auraient l’Amour pour Ă©poux. Elles errent, comme des malades, cherchant Ă  tĂątons l’amour, et elles rencontrent tous les amours, toutes les choses dĂ©goĂ»tantes auxquelles l’homme a donnĂ© ce nom, mais elles ne trouvent pas l’Amour ; car l’Amour, c’est Dieu et non pas l’or, la jouissance, le pouvoir.

EMV 136 · Tome 2, p. 416-429

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À BĂ©thanie, on cĂ©lĂšbre la FĂȘte des EncĂ©nies - aussi appelĂ©e la FĂȘte de la LumiĂšre ou la FĂȘte de la DĂ©dicace. C'est le premier anniversaire de JĂ©sus sans sa MĂšre. Le Christ vagabonde dans le jardin, il Ă©coute un rossignol. Puis, aprĂšs avoir bĂ©ni le PĂšre pour ce chant, il reste un temps avec Simon, il lui parle du Ciel et des places qu'y auront les diffĂ©rents saints et bienheureux. Ensuite, arrive Marthe, qui est chagrinĂ©e, car Marie-Madeleine est partie rĂ©cemment, elle voulait quitter ce "tombeau" pour retrouver ses joies. Ils vont Ă  table et sont rejoints par les bergers de BethlĂ©em, ce qui console JĂ©sus de l'absence de sa MĂšre. AprĂšs que le Seigneur ait remerciĂ© Lazare et Marthe, en Ă©tant assez dĂ©licat pour Ă©voquer Marie-Madeleine et consoler Marthe, ils en viennent Ă  parler de l'Evangile de l'Enfance : de l'ImmaculĂ©e Conception, Ă  sa PrĂ©sentation au Temple, ses fiançailles avec Joseph, la NativitĂ©, la Fuite en Egypte, le retour en GalilĂ©e, le recouvrement au Temple. Pour finir, Pierre souhaite se souvenir de tout cela, mais a peur de ne pas y arriver : Matthieu lui assure qu'il a une bonne mĂ©moire et qu'il le lui racontera. Enfin, Pierre souhaite mourir en prononçant le nom de JĂ©sus et celui-ci lui confirme que cela arrivera.

EMV 136 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Me trouvant au repos depuis trois jours, j'ouvre la Bible. Je l'ouvre au hasard, pour lire seulement quelque chose qui soit encore une parole venant de Dieu. Je tombe sur les versets 25-31 du psaume 17 au livre premier. Et le Seigneur parle.

"N'est-ce pas, peut-ĂȘtre ce que tu peux dire de toi ? Il fut un temps oĂč je t'aimais avec, de ma part, toute la perfection possible, mais toi, tu ne m'aimais pas le plus parfaitement que tu pouvais. En effet, au fond de ton coeur tu pensais aussi Ă  Moi mais il s'y trouvait des affections plus fortes encore que celle que tu me donnais. Alors tu ne mĂ©ritais pas que je te rĂ©compense. Te rappelles-tu ce temps ? Pour Moi je me le rappelle. Tu Ă©tais sortie du pensionnat toute parfumĂ©e de Dieu comme une vierge du Temple parfumĂ©e par l'encens rituel. Et Moi, je t'avais dĂ©jĂ  choisie. Quand t'ai-je choisie ? Veux-tu le savoir ? C'Ă©tait rĂ©ellement quand ton Ăąme fut créée, car aucune destinĂ©e humaine n'est inconnue pour la pensĂ©e Ă©ternelle. Mais la petite Marie gardĂ©e en vie par ma volontĂ©, malgrĂ© les circonstances malheureuses de ta naissance et celles qui t'accompagnĂšrent pendant les mois oĂč tu Ă©tais un petit ange qu'on allaite, cette petite fut mienne quand elle rĂ©pandit ses premiĂšres larmes en me voyant descendu de la Croix. Tu m'as recherchĂ©. Et Moi, je me suis donnĂ© avec un sourire de complaisance. Ce sourire a rĂ©pĂ©tĂ© pour toi au Ciel et Il a dit au PĂšre et au Paraclet son ‘’Laissez venir Ă  Moi les petits’’.

Il n'y a que les lĂšvres des tout petits qui enlĂšvent la souffrance de ses blessures, de ceux qui sont tout petits par leur Ăąge ou qui consentent Ă  l'ĂȘtre, de ceux qui, par leur amour et leur obĂ©issance au MaĂźtre ‘’deviennent semblable Ă  des tout petits pour possĂ©der le Royaume des Cieux’’ ... Les dĂ©lices de Dieu, Marie, la Vierge MĂšre, c'est la parfaite Toute Petite qui jubile dans le Royaume des Cieux. Les Ăąmes des adultes qui sont ‘’toutes petites’’, sont rares comme les perles parfaitement rondes et d'une mirifique grandeur.

Mais les tous petits par l'Ăąge possĂšdent tous cette Ăąme, comme si elle n'avait Ă©tĂ© pas encore profanĂ©e, qui fait les dĂ©lices de Dieu et le soulagement du Christ. Et le Fils t'a voulue dĂšs ce moment. Chaque larme innocente t'a valu un baiser Ă  Lui, chaque baiser une grĂące, chaque grĂące t'a fiancĂ©e au Divin Amour. Ce n'est pas une erreur de regarder en arriĂšre pour pouvoir entonner le Magnificat et le Miserere. Le Magnificat, tu pouvais le chanter jusqu'Ă  ta sortie du pensionnat. Tu Ă©tais toute Ă  Dieu. Un seul autel en toi, et un seul amour. Le lis au calice Ă  peine entr'ouvert n'Ă©tait comblĂ© que par la rosĂ©e cĂ©leste et les rayons divins. Puis, le monde est venu et avec lui beaucoup d'autres autels et beaucoup d'autres amours. Ceux qui ont usurpĂ© "ma’’ place. Et ils restĂšrent tant que je le voulus.

J'aurais pu aussi ne pas vouloir. Il y aura quelqu'un pour dire : "Ç'a Ă©tĂ© une expĂ©rience dangereuse". Non, c'Ă©tait nĂ©cessaire. Les apĂŽtres furent humiliĂ©s par leur dĂ©fection au Christ. À ce moment, toutes les branches de l'humanitĂ© corrompue prirent le dessus en eux et de nouveau tout ce qui trouble l'homme les saisit, les secoua et les excita. Ils comprirent alors que dans la mesure oĂč ils Ă©taient devenus diffĂ©rents, cela ne venait pas de leur unique mĂ©rite, mais du fait qu'ils Ă©taient avec JĂ©sus. En eux, l'orgueil, corrupteur de l'homme fut broyĂ©. Il est nĂ©cessaire que cela soit fait pour tous ceux qui sont choisis en vue d'une destinĂ©e spĂ©ciale pour qu'ils ne perdent pas leur vocation en perdant mon amour. L'un aprĂšs l'autre sont tombĂ©s ceux qui avaient usurpĂ© ma place en toi. Et ton Dieu seul est redevenu ton Roi auquel tu as chantĂ© le Miserere de ton sage repentir.

Maintenant, ma fille, regarde le passĂ© et le prĂ©sent. Regarde le temps de tes multiples amours, pour l'homme, pour la science, pour toi-mĂȘme, et regarde le moment actuel oĂč, de nouveau, il n'y a plus pour toi qu'un seul amour. Pour Moi. Et dis-moi. Dis-le Moi avec ton Ăąme, en n'Ă©coutant qu'elle seule, car il n'y a qu'elle dont la voix est vĂ©ridique et prĂ©cieuse. Est-ce que tu n'as pas tout maintenant ? Depuis que tu es mienne, est-ce que tu n'as pas tout ? Beaucoup, les sots, diront : "Elle n'a rien ! Pas de santĂ©, pas de joie, pas de bien-ĂȘtre" Mais ton Ăąme, qui voit avec ses propres yeux, dit : "Je possĂšde tout, mĂȘme ce qui est un saint superflu". Si on peut appeler superflu ce qui sort de ce qui n'est pas strictement nĂ©cessaire pour monter vers Dieu. Tu as la mission particuliĂšre de porte-parole. Mais cela est un don et il n'est pas nĂ©cessaire de le possĂ©der pour ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ©, tu possĂšdes l'assentiment de Dieu Ă  tous tes dĂ©sirs. Pourquoi ? Parce que, comme dit le psaume (XVII, 21-25) : "Le Seigneur m'a traitĂ© selon ma justice, selon la puretĂ© de mes mains, qui n'Ă©chappe pas Ă  ton regard"

Je suis infiniment, divinement libĂ©ral avec les justes et ceux qui ont le coeur pur. Je suis bon avec les faibles, je suis parfaitement bon avec ceux qui savent ĂȘtre forts pour mon amour. Et, puisque je suis l'Amour, je dois me faire violence Ă  Moi-mĂȘme pour ne pas ĂȘtre faible mĂȘme Ă  l'Ă©gard de ceux qui ont des manquements. À ceux-ci, j'accorde la misĂ©ricorde de mon Fils. À mes fils, j'accorde la multitude de mes dons. Je les sauve, les illumine, les libĂšre et les fortifie toujours plus. Je les conduis, en les tenants par la main, sur ma route immaculĂ©e, en les instruisant par ma Parole, trempĂ©e au feu de l'Amour Divin. Il en est ainsi pour toi, mon Ăąme, qui as mis en Moi ton amour et toute ta confiance, N'aie pas peur, fleur de Dieu. Il n'en est pas une seule, des fleurs microscopiques des rĂ©gions glacĂ©es aux fleurs gĂ©antes de la zone torride, que j'abandonne sans la rosĂ©e, la lumiĂšre et la chaleur nĂ©cessaire Ă  leur vie gracieuse. Et ce ne sont que des tiges vĂ©gĂ©tales ! Mais les fleurs de mes Ăąmes, quels soins aura d'elles leur CrĂ©ateur ? N'aie pas peur, fleur de Dieu, emperlĂ©e du Sang et des larmes du Fils et de la Vierge. OrnĂ©e de ces gemmes et de ta fidĂ©litĂ©, tu m'es tellement chĂšre ! Chante, et pour toujours le Magnificat. Le PĂšre, le Fils, le Paraclet sont avec toi."

Oh ! Seigneur, Seigneur ! Tu le dis et c'est certainement la vĂ©ritĂ©. Tout aura Ă©tĂ© nĂ©cessaire. Mais qu'est-ce qui n'a pas Ă©tĂ© pour moi ton abandon de l'an dernier ! Tu le vois. Tu n'ignores pas les impressions des coeurs. Il y a des blessures qui font mal, mĂȘme aprĂšs leur cicatrisation dĂšs qu'on les effleure avec la plus grande lĂ©gĂšretĂ©. Des blessures qui font souffrir par rĂ©action nerveuse dĂšs qu'on va les toucher ou qu'on va toucher le membre correspondant. Les nerfs coupĂ©s font souffrir, mĂȘme aprĂšs que la blessure est fermĂ©e. Ton abandon, mĂȘme maintenant que Tu m'as reprise sur ton Coeur est une blessure qui me fait toujours souffrir car elle a coupĂ© le nerf qui m'unissait Ă  Toi. Je ne te demande pas : pourquoi l'as-Tu fait ? Mais je te dis seulement : Tu sais ce qu'a Ă©tĂ© pour moi ton abandon ! Aujourd'hui j'ai tremblĂ© en Ă©crivant 10 avril, car cela fait un an aujourd'hui que Tu as laissĂ© ta fleur misĂ©rable sans rosĂ©e, sans lumiĂšre, sans chaleur. Peu s'en est fallu que je n'en sois morte. Car je t'ai tout donnĂ© et si je possĂ©dais encore quelque chose, je te le donnerais. Mais ne me donne plus jamais une semblable Ă©preuve.

Tu vois que ma misĂšre ne peut la supporter. Je chante, oui. Je chante mon Magnificat ! Je te dis aussi : je n'ai certainement pas mĂ©ritĂ© que Tu fasses en moi "de grandes choses." Mais mon chant est pour toujours mĂȘlĂ© de larmes. Comme un enfant, qui est passĂ© par une pĂ©riode d'enfance abandonnĂ©e, n'a plus le sourire serein des enfants heureux, pareillement il m'est toujours prĂ©sent ton abandon de l'an passĂ©. JĂ©sus a raison ! Marie a raison. Ce qu'on ne peut supporter dans "nos passions" c'est ton abandon, PĂšre.

On rallume, pendant que j'écris cela, la petite lumiÚre qui brûle toujours devant Jésus. La petite étoile qui brille avec mon coeur et devant mon Jésus Crucifié. Cela faisait une année qu'elle était éteinte..: Ma cellule, mon tabernacle, mon paradis n'avait plus de lumiÚre. Et cela me peinait tant... J'ai tout eu de ton amour, mais tout aussi de ta rigueur. TénÚbres, solitude et aussi ce que ton Fils a appelé "enfer"... Je suis restée comme un oiseau qui par hasard a échappé à ses tortionnaires. J'ai peur... De tous cÎtés je vois filets et cages et torture. Seigneur, pitié...

Détail

Extrait : Le texte suivant, datĂ© du 10 avril 1945, figurait dans l’édition de 1985, mais il a Ă©tĂ© supprimĂ© de la nouvelle Ă©dition pour ĂȘtre intĂ©grĂ© dans Les Cahiers de 1945 Ă  1950 Ă  la date du jour (10/4/45).

Contexte : un an plus tĂŽt, le 10 avril 1944, Maria Valtorta a connu l'abandon de Dieu, ce qui l'a fait terriblement souffrir.

Annotation

Psaume 17, 25-31 : Le Seigneur me donne selon ma justice, selon la pureté des mains que je lui tends.

Tu es fidĂšle envers l'homme fidĂšle, sans reproche avec l'homme sans reproche ; envers qui est loyal, tu es loyal, tu ruses avec le pervers.

Tu sauves le peuple des humbles ; les regards hautains, tu les rabaisses. Tu es la lumiÚre de ma lampe, Seigneur mon Dieu, tu éclaires ma nuit.

Grùce à toi, je saute le fossé, grùce à mon Dieu, je franchis la muraille.

Ce Dieu a des chemins sans reproche, la parole du Seigneur est sans alliage, il est un bouclier pour qui s'abrite en lui.

EMV 136.2 · Tome 2, p. 418-419

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Regarde le ciel, Simon. Tu y vois des Ă©toiles plus ou moins grandes, et des planĂštes de diffĂ©rentes tailles. Toutes possĂšdent vie et splendeur grĂące Ă  Dieu qui les a faites, mais toutes n’ont pas la mĂȘme splendeur et la mĂȘme taille. Dans mon Ciel, Ă©galement, il en sera ainsi. Tous les rachetĂ©s possĂ©deront par moi la vie, et par ma lumiĂšre la splendeur. Mais tous n’auront pas une Ă©gale splendeur, une Ă©gale grandeur. Certains ne seront qu’une simple poussiĂšre d’astres, comme celle qui compose la voie lactĂ©e. Ceux-lĂ  seront les innombrables qui, du Christ, auront eu ou plutĂŽt auront aspirĂ© le minimum indispensable pour n’ĂȘtre pas damnĂ©s, et qui parviendront au Ciel uniquement grĂące Ă  l’infinie misĂ©ricorde de Dieu, aprĂšs un long purgatoire. D’autres seront plus brillants et plus formĂ©s : ce seront les justes qui auront uni leur volontĂ© – note bien, leur volontĂ©, pas leur bonne volontĂ© – Ă  la volontĂ© du Christ et auront obĂ©i Ă  mes paroles pour ne pas ĂȘtre damnĂ©s. Puis il y aura les planĂštes, les volontĂ©s bonnes, oh ! D’une splendeur inouĂŻe ! Leur Ă©clat sera celui du diamant pur ou celui des gemmes de diverses couleurs : le rouge du rubis, le violet de l’amĂ©thyste, le blond de la topaze, la blancheur Ă©clatante des perles : ceux qui auront fait preuve d’amour jusqu’à en mourir, ceux qui auront embrassĂ© la pĂ©nitence par amour, ceux qui auront agi par amour, ceux qui par amour seront restĂ©s sans tache.

De plus, parmi ceux que reprĂ©sentent ces planĂštes – et ce seront mes gloires de RĂ©dempteur –, certains auront en eux la lumiĂšre du rubis, de l’amĂ©thyste, de la topaze et de la perle parce que tout en eux sera amour. Ils se seront montrĂ©s hĂ©roĂŻques pour arriver Ă  se faire pardonner de n’avoir pas su aimer plus tĂŽt, pĂ©nitents pour s’imprĂ©gner d’expiation, de mĂȘme qu’Esther, avant de se prĂ©senter Ă  AssuĂ©rus, s’imprĂ©gna de parfums, infatigables pour faire en peu de temps – le peu de temps qui leur reste – ce qu’ils n’ont pas fait au cours des annĂ©es qu’ils ont perdues dans le pĂ©chĂ©, purs jusqu’à l’hĂ©roĂŻsme pour oublier jusque dans leurs entrailles – pas seulement en leur Ăąme et pensĂ©e – que leurs sens existent. Ce seront eux qui attireront par leur splendeur multiforme les yeux des croyants, des purs, des pĂ©nitents, des martyrs, des hĂ©ros, des ascĂštes, des pĂ©cheurs et pour chacune de ces catĂ©gories, leur splendeur sera parole, rĂ©ponse, invitation, assurance...

Détail

Jésus parle du Ciel à Simon le Zélote.

Annotation

Livre d'Esther 2, 1-18

Est 2, 1-18

AprĂšs ces Ă©vĂ©nements, quand la colĂšre du roi AssuĂ©rus se fut apaisĂ©e, il se souvint de Vasti, de sa conduite et des dĂ©cisions prises Ă  son sujet. Les gens qui Ă©taient au service du roi dirent alors : « Qu’on cherche pour le roi des jeunes filles vierges, agrĂ©ables Ă  voir ; qu’il Ă©tablisse dans toutes les provinces de son royaume des commissaires, pour rassembler Ă  Suse-la-Citadelle, dans la maison des femmes, toutes les jeunes filles vierges et agrĂ©ables Ă  voir, sous l’autoritĂ© de HĂ©guĂ©, eunuque du roi, gardien des femmes, qui leur donnera ce qui est nĂ©cessaire Ă  leur toilette.

La jeune fille qui plaira au roi deviendra reine à la place de Vasti. » Le conseil plut au roi, et il le suivit. Or il y avait dans Suse-la-Citadelle un Juif du nom de Mardochée, fils de Jaïre, fils de Shiméï, fils de Qish, homme de Benjamin ; il avait été emmené de Jérusalem par le roi de Babylone Nabucodonosor, parmi les captifs déportés avec Jékonias, roi de Juda.

Il Ă©levait alors Hadassa – c’est Esther –, fille de son oncle, qui Ă©tait orpheline de pĂšre et de mĂšre. La jeune fille avait belle prestance et elle Ă©tait agrĂ©able Ă  voir. À la mort de son pĂšre et de sa mĂšre, MardochĂ©e l’avait adoptĂ©e comme fille. Lorsque furent connus l’ordre du roi et son Ă©dit, de nombreuses jeunes filles furent rassemblĂ©es Ă  Suse-la-Citadelle, sous l’autoritĂ© de HĂ©guĂ©. Esther fut choisie parmi elles et conduite dans la maison du roi, sous l’autoritĂ© de HĂ©guĂ©, gardien des femmes.

La jeune fille lui plut et gagna sa faveur. Il se hĂąta de lui donner ce qui Ă©tait nĂ©cessaire Ă  sa toilette et Ă  sa subsistance, il lui attribua sept suivantes, venant de la maison du roi, et l’installa avec ses suivantes dans le meilleur appartement de la maison des femmes. Esther n’avait rĂ©vĂ©lĂ© ni son peuple ni son origine, car MardochĂ©e le lui avait interdit.

Chaque jour, MardochĂ©e passait devant la cour de la maison des femmes, pour savoir comment allait Esther et comment on la traitait. Chaque jeune fille devait se prĂ©senter Ă  son tour au roi AssuĂ©rus, au terme d’une annĂ©e, oĂč elle avait accompli son temps rĂ©glementaire de prĂ©paration : pendant six mois, elle usait d’huile de myrrhe, et, pendant six mois, de baumes et de crĂšmes de beautĂ© pour les femmes. Quand elle se prĂ©sentait au roi, chaque jeune fille obtenait tout ce qu’elle demandait pour l’emporter avec elle en passant de la maison des femmes au palais royal. Elle s’y rendait le soir et, le lendemain matin, elle passait dans la seconde maison des femmes, sous l’autoritĂ© de Shaashgaz, l’eunuque royal chargĂ© des concubines. Elle ne revenait pas chez le roi, Ă  moins que le roi ne la dĂ©sire et ne la rappelle nommĂ©ment.

Pour Esther, fille d’AbihaĂŻl, l’oncle de ce MardochĂ©e qui l’avait adoptĂ©e comme fille, quand vint le tour de se rendre chez le roi, elle ne demanda rien d’autre que ce qu’avait indiquĂ© HĂ©guĂ©, l’eunuque du roi, gardien des femmes. Et Esther gagnait la bienveillance de tous ceux qui la voyaient. Esther fut amenĂ©e au roi AssuĂ©rus, au palais royal, au dixiĂšme mois, qui est le mois de TĂ©veth, la septiĂšme annĂ©e de son rĂšgne. Et le roi la prĂ©fĂ©ra Ă  toutes les autres femmes. Elle gagna sa bienveillance et sa faveur plus que toutes les autres jeunes filles. Il mit sur sa tĂȘte la couronne royale et la fit reine Ă  la place de Vasti.

Le roi fit alors un grand banquet pour ses princes et ses serviteurs, le banquet d’Esther. Il accorda des allĂ©gements aux provinces et fit des largesses avec une libĂ©ralitĂ© royale.

EMV 136.3 · Tome 2, p. 419

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

Voir dans son contexte

Citation

Lorsque tu parles, on oublie d’ĂȘtre des vivants.

Détail

Simon le Zélote dit au Christ :