11 octobre.
Avant-hier et hier, silence et nuit. Mais pas de découragement. En effet, si la bonté de Dieu a épargné mon corps épuisé et brisé par la souffrance que lui donne la fatigue de l'écriture, Il m'a réconforté l'esprit avec son invisible présence, toute pour moi, blanche et souriante. Et toute la sérénité de ces yeux saints s'est déversée dans mon coeur.
Oh ! mon trésor inconnu du monde ! Même du monde qui m'est le plus proche : même de ceux qui vivent avec moi et qui me voient simplement occupée à lire mes prières, ou à faire de la dentelle, à manger un fruit ou à parler de choses ordinaires, et ils ne savent pas que la "meilleure partie" de mon être ne fait qu'adorer le Dieu que je vois et parler avec Lui et l'écouter. Parfois, je me prends à sourire en pensant que ceux qui sont avec moi ne savent pas Qui est avec moi. Et alors aussi, il se trouve que je souffre quand en présence du Saint, de l'Invisible, du Pur, de l'Adorable on tient des conversations qui ne sont ni saintes, ni pures, ni charitables. Les gens ne peuvent pas savoir et je ne puis pas parler... Mais quel choc j'en reçois, et quelle vigilance j'exerce pour réparer avec des actes d'amour, de foi, d'espérance, de pureté le choc que ressent mon Jésus de ces conversations ! Ce choc doit être bien fort, puisqu'en moi, pauvre ver, il cause déjà tant de peine, du fait que mon Jésus m'a communiqué un petit quelque chose de sa façon de sentir et de penser.
Ce matin, je ressens cette joie active qui en moi est toujours le prélude de sa parole. Je m'explique comme je peux. J'ai une Joie passive quand, comme hier et avant-hier, je jubile de la Présence, sans qu'Elle m'appelle à le servir. J'ai une joie active quand une impression indescriptible me dit : "Servante de ton Jésus, Lui t'appelle, sers-Le. "Alors je passe de la sérénité à la joie de l'esprit, de la paix à une légèreté qui me soulève. Si je pouvais me mouvoir, je crois que j'irais en haut et en bas dans la maison, ou miteux à l'extérieur par l'exubérance de cette joie et de cette force qui pénètre en moi. Comme je suis alors, je ne puis me libérer qu'en chantant... Puis il entre en moi une douce langueur qui change mon visage, langueur où je me fonds en une douceur qui n'est pas de cette terre. Et puis, je passe au travail vrai, proprement dit : écrire sous la dictée ou décrire ce qui se présente à moi. S'il s'agit de dictée et qui se rapporte à un passage de la Bible, Jésus commence par me faire ouvrir le Livre au passage qu'Il veut expliquer. Si au contraire la dictée se fait sans références spéciales, alors Il ne me fait prendre en mains ni la Bible ni un autre livre sacré. Si c'est la vision qui se présente, comme je l'ai dit, avec une image initiale qui est généralement le point culminant de la vision, et puis se déroule en suivant l'ordre, à peine elle se présente j'éprouve une joie encore plus vive. Quand la vision se développe dans l'ordre, je commence par le début, quand se présente pour commencer le point culminant, je décris ce point, et puis, quand se montre ce qui précède je l'écris et puis ce qui suit (il en fut ainsi de la vision du rabbin Gamaliel, au mois d'août, dans les dix premiers jours du mois, je crois).
Jésus m'a dit de le répéter une fois de plus pour mieux mettre en lumière qui Il est ou qui veut rester dans la nuit sur mon cas. Et maintenant, Il me dit d'ouvrir la Bible. Alors, aujourd’hui, c'est une dictée.