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Aglaé (femme voilée de la Belle-Eau)

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EMV 119.2-3 · Tome 2, p. 290-291

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

– Moi… moi, je voudrais avouer mon erreur… Je l’ai dite à Jean-Baptiste, mais je me suis sauvé, tant il m’a adressé de reproches. Je pense ne plus pouvoir être pardonné, ajoute un autre.

– Qu’as-tu donc fait ?

– Beaucoup de mal. C’est à lui que je le dirai. Qu’en pensez-vous ? Me maudira-t-il ?

– Non, je l’ai entendu parler à Bethsaïde. Je m’y trouvais par hasard. Quelles paroles ! Il parlait d’une pécheresse. Ah ! J’aurais presque voulu être elle pour les mériter, dit un imposant vieillard.

119.3 – Le voilà qui vient, crient plusieurs voix.

– Miséricorde ! J’ai honte ! Dit le coupable, prêt à s’enfuir.

– Où fuis-tu, mon fils ? As-tu le cœur si noir pour haïr la Lumière au point de devoir la fuir ? As-tu tellement péché que tu aies peur de moi, qui suis le Pardon ? Mais quel péché peux-tu avoir commis ? Même si tu avais tué Dieu, tu ne devrais pas craindre, si tu as en toi un repentir sincère. Ne pleure pas ! Ou plutôt, viens, pleurons ensemble. »

Jésus qui, en levant la main, a arrêté sa fuite, le serre maintenant contre lui. Puis il se tourne vers ceux qui attendent et leur dit :

« Un moment seulement, pour soulager ce cœur, puis je viens à vous. »

Il s’éloigne de la maison, mais, en tournant au coin, il se heurte à la femme voilée qui est à son poste d’écoute. Jésus la regarde un moment fixement, puis il fait encore une dizaine de pas et s’arrête :

« Qu’as-tu fait, mon fils ? »

L’homme tombe à genoux. C’est un homme d’une cinquantaine d’années. Un visage brûlé par les passions et dévasté par quelque tourment secret. Il tend les bras et s’écrie :

« Pour dépenser avec les femmes tout l’héritage paternel, j’ai tué ma mère et mon frère… Je n’ai plus eu de paix… Ma nourriture… du sang ! Mon sommeil… un cauchemar… Mon plaisir… Ah ! Sur le sein des femmes, dans leur cri luxurieux, je sentais le cadavre glacé de ma mère morte, j’entendais le râle de mon frère empoisonné. Maudites soient les femmes de plaisir, ces vipères, ces méduses, ces murènes insatiables, elles ont fait ma ruine, ma ruine, ma ruine !

– Ne maudis pas. Moi, je ne te maudis pas…

– Tu ne me maudis pas ?

– Non. Je pleure et je prends sur moi ton péché !… Comme il est lourd ! Il me brise les membres, mais je l’étreins étroitement, pour le consumer à ta place… et à toi, je donne mon pardon. Oui. Je te remets ton grand péché. »

Il étend les mains sur la tête de l’homme qui sanglote et prie :

« Père, c’est pour lui aussi que mon sang sera versé. En attendant, voici mes larmes et ma prière. Père, pardonne-lui car il s’est repenti. Ton Fils, au jugement duquel tout est remis, le veut !… »

Il reste encore quelques minutes dans cette position, puis il se penche, relève l’homme et lui dit :

« Ta faute est remise. A toi, maintenant, d’expier par une vie de pénitence ce qui reste de ton délit.

– Est-ce que Dieu m’a pardonné ? Et ma mère ? Et mon frère ?

– Ce que Dieu pardonne, tous le pardonnent. Va et ne pèche jamais plus. »

L’homme pleure plus fort et lui baise la main. Jésus le laisse à ses larmes. Il retourne vers la maison. La femme voilée fait le geste d’aller à sa rencontre, mais ensuite elle baisse la tête et ne bouge pas. Jésus passe devant elle sans la regarder.

Détail

Jésus prend à l'écart un homme qu'il va confesser. Sur le chemin, il rencontre Aglaé.

EMV 121 · Tome 2, p. 302-311

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

A la Belle-Eau, les apôtres sont agités, car le frère de lait d'Hérode, Manahen, est arrivé pour écouter le Maître. Seulement, Jésus n'est pas encore là, et les Douze sont troublés, faute d'instructions de la part du Seigneur. Rapidement, une dispute éclate entre Pierre et Judas : Simon de Jonas ne veut pas que l'Iscariothe approche Aglaé, et il finit par dire ses quatre vérités à Judas. Les autres apôtres s'interposent, car toute ces disputes fatiguent Jésus et Jude comme Philippe rapportent deux épisodes où ils ont surpris Jésus à pleurer. Le futur traître éclate alors en larmes, et le Sauveur arrive sur ces entrefaites. Pierre se blâme d'avoir été trop dur avec Judas, mais celui-ci admet également qu'il n'est pas bon. Jésus calme le jeu, leur assure que Manahen veut le voir sans aucune mauvaise intention, puis il renvoie les autres et s'entretient avec Judas. Jésus souhaite que son disciple s'examine lui-même et parle avec son âme, pour mieux discerner ses défauts et Judas finit par avouer que le Christ n'est pas juste. En fait, l'homme de Kérioth est jaloux et Jésus remet l'église au milieu du village. Il rappelle qu'il l'a sans cesse défendu face aux autres apôtres, puis Jésus prend congé car il est temps pour lui d'aller voir la foule qui l'attend.

Le Maître fait ainsi un discours à la Belle-Eau sur le Commandement "Tu ne prononceras pas en vain le nom du Seigneur". Il revient sur l'erreur d'Israël, qui croit que les païens blasphèment quand il prononcent le Nom de Dieu. Or, les païens ont le droit de chercher le Seigneur. Jésus ajoute que même ceux qui croient prononcent en vain le nom de Dieu quand leur âme n'ont pas de repentir ou quand ils sont hypocrites. On pourrait alors croire que seuls les petits enfants ont le droit d'appeler le Très-Haut, mais les pécheurs peuvent (et doivent) l'invoquer lorsqu'ils veulent guérir de leurs fautes. Finalement Jésus conclut : "On prononce "en vain" le nom de Dieu si on n'essaie pas de changer en bien".

Il n'y a pas de malade, et quand le Christ s'aperçoit que Manahen s'apprête à repartir, après avoir hésité un moment, il lui demande s'il a un endroit où dormir et s'il a de la nourriture. Le futur disciple révèle alors que non, et Jésus l'invite à la Belle-Eau.

EMV 121.1 · Tome 2, p. 302-303

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

[Pierre dit :] « Tu voudrais que cette femme s’éloigne... Prends garde ! Le Maître ne le veut pas, et moi je dois la protéger. Si tu la touches... moi je ne suis pas le Maître... Cela pour que tu saches comment te conduire.

– Ah ! Qui est-elle donc ? La belle Hérodiade, par hasard ?

– Ne fais pas de l’esprit !

– C’est toi qui m’y pousses. Tu lui fais une garde royale, comme à une reine...

– Le Maître m’a dit : “ Veille à ce qu’on ne la dérange pas et respecte-la. ” C’est ce que je fais.

– Mais qui est-elle, le sais-tu ? demande Thomas.

– Moi, non.

– Allons, dis-le... tu le sais..., insistent plusieurs.

– Je vous jure que je ne sais rien. Le Maître le sait sûrement, mais pas moi.

– Il faut le lui faire demander par Jean. A lui, il dit tout.

– Pourquoi ? dit Judas. Qu’est-ce qu’il a de spécial, Jean ? Est-ce un dieu, ton frère ?

– Non, Judas, c’est le meilleur d’entre nous.

– Vous pouvez vous épargner cette fatigue, dit Jacques, fils d’Alphée. Hier, mon frère l’a vue pendant qu’elle revenait du fleuve avec le poisson que lui avait donné André et c’est lui qui a demandé à Jésus. Il lui a répondu : “ Elle n’a pas de visage. C’est une âme qui cherche Dieu. Pour moi, elle n’est rien d’autre et je veux qu’elle soit considérée comme telle par tous. ” Et il a dit ce “ je veux ” sur un tel ton que je vous conseille de ne pas insister.

– Moi, j’irai la trouver, dit Judas.

– Essaie, si tu en es capable, lance Pierre, rouge comme un coq.

– Tu fais l’espion avec Jésus ?

– Je laisse ce métier aux hommes du Temple. Nous, les gens du lac, c’est par le travail que nous gagnons notre pain, non par la délation. Ne crains pas que Simon, fils de Jonas, t’espionne. Mais ne m’agace pas et ne te permets pas de désobéir au Maître, parce que je suis là, moi...

– Et qui es-tu ? Un pauvre homme comme moi.

– Oui, monsieur. Plus pauvre même, plus ignorant, plus rustre que toi. Je le sais et cela ne m’afflige pas. En revanche, je m’inquiéterais si j’étais pareil à toi pour ce qui est du coeur. Mais le Maître m’a confié cette charge et je m’en acquitte.

Détail

Aglaé est la femme voilée à la Belle-Eau. Jésus a demandé à Pierre qu'on respecte sa présence et son désir de solitude. Mais Judas, lui, voudrait qu'elle s'éloigne, alors le frère d'André s'adresse à l'homme de Kérioth.

EMV 122.6-7.13 · Tome 2, p. 315 et 321

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« Qu’a-t-elle, cette femme ? »

Ils sont déjà dans la cour et Jésus remarque une femme qui pleure.

« Je ne le sais pas. Elle était là déjà hier, et hier aussi elle pleurait. Quand tu parlais avec Manahen, elle a failli venir à ta rencontre, puis elle s’en est allée. Elle doit habiter au village ou dans le voisinage, puisqu’elle est revenue. Elle ne paraît pas malade…

– Que la paix soit avec toi, femme », dit Jésus, en passant auprès d’elle.

Elle répond doucement : « Et avec toi. » Rien d’autre.

Il doit y avoir au moins trois cents personnes. Sous l’appentis il y a des estropiés, des aveugles, des muets ; il y en a un qui est tout agité par un tremblement ; il y a un tout jeune garçon, manifestement hydrocéphale, qu’un homme tient par la main. Il ne fait que geindre, baver, remuer la tête, l’air hébété.

« C’est peut-être le fils de cette femme ? demande Jésus.

– Je l’ignore. Simon s’occupe des pèlerins et il est au courant. »

On appelle Simon le Zélote et on l’interroge. Mais l’homme n’est pas avec la femme. Elle est seule.

« Elle ne fait que pleurer et prier. Elle m’a demandé, il y a peu de temps : “ Est-ce que le Maître guérit aussi les cœurs ? ” explique Simon.

– Ce sera quelque femme trahie » commente Pierre.

Pendant que Jésus se dirige vers les malades, Barthélemy et Matthieu se rendent à la purification avec de nombreux pèlerins.

La femme pleure dans son coin et ne bouge pas.

122.7 Jésus ne refuse le miracle à personne. Comme il est beau, celui du simplet à qui, par son souffle, il infuse l’intelligence, en tenant sa grosse tête entre ses longues mains. Tout le monde se presse autour d’eux. Même la femme voilée – peut-être parce qu’il y a beaucoup de monde – ose s’approcher un peu et se tient auprès de la femme en pleurs. (...)

[Jésus donne un discours, puis congédie les personnes présentes sur place.]

122.13 Ceux qui partent s’en vont rapidement. Ceux qui restent entrent dans la troisième pièce. Ils mangent leur pain ou celui que les disciples leur offrent au nom de Dieu. On a disposé des planches et de la paille sur des chevalets rudimentaires et les pèlerins peuvent y dormir.

La femme voilée s’en va d’un pas rapide. Celle qui pleurait auparavant et a continué de pleurer pendant que Jésus parlait, tourne sur place, incertaine, puis se décide à partir.

Détail

Aglaé est citée en 122.7 et 122.13.

EMV 123.2 · Tome 2, p. 323-324

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Citation

Jésus est debout sur un entassement de tables dressées comme une tribune dans l’une des pièces, la dernière. Il parle à très haute voix près de la porte, pour être entendu par ceux qui sont dans la pièce comme par ceux qui se tiennent sous l’appentis et jusque dans la cour inondée par la pluie. Sous leurs sombres manteaux de laine brute sur laquelle l’eau glisse, on dirait des religieux. Les plus faibles se trouvent dans la pièce, les femmes sous l’appentis, les gens robustes, des hommes surtout, dans la cour, exposés à l’eau.

Pierre va et vient, pieds nus, vêtu seulement de son vêtement court et protégé par une toile qu’il s’est mise sur la tête. Il ne perd pas sa bonne humeur, même s’il doit patauger dans l’eau et subir une douche qu’il n’aurait pas voulue. Jean, André et Jacques sont avec lui. Ils transportent avec précaution des malades dans l’autre pièce, guident des aveugles et soutiennent des estropiés.

Jésus attend avec patience que tout le monde soit à sa place et s’afflige seulement que les quatre disciples soient trempés comme une éponge qu’on retire d’un seau d’eau.

« Ce n’est rien, rien ! Nous sommes comme du bois poissé. Ne te tracasse pas. Nous recevons un second baptême, et le baptiseur, c’est Dieu lui-même » répond Pierre à la compassion de Jésus.

Finalement, tout le monde est en place et Pierre pense pouvoir aller mettre un vêtement sec. Et il le fait avec les trois autres. Mais à peine a-t-il rejoint de nouveau le Maître qu’il voit s’avancer vers le coin de l’appentis le manteau gris de la femme voilée. Il ne pense plus qu’à aller vers elle, sans se soucier qu’il lui faudra retraverser la cour en diagonale sous l’averse plus drue et marcher dans les flaques d’eau, frappées par de grosses gouttes, qui giclent jusqu’aux genoux. Il va la trouver, lui prend le coude sans déplacer son manteau et l’entraîne plus haut près du mur de la pièce, à l’abri du déluge, et puis il se plante à côté, raide et immobile comme une sentinelle.

Jésus l’a vu. Il a souri en inclinant la tête pour cacher la luminosité de son sourire.

Détail

Pierre revient avec des brocs d'eau alors qu'il pleut énormément. Mais il voit la femme voilée sur le déluge et retourne sous la pluie pour la mettre à l'abri. Il reste ensuite près d'elle, telle une sentinelle. Il désire réellement la protéger.

EMV 123.4-5 · Tome 2, p. 325-328

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Citation

Après avoir abordé le devoir des époux à l’égard du mariage qui cesse d’être saint quand, par malice, il devient infécond, j’en viens à parler de la fornication proprement dite entre homme et femme par vice réciproque et par paiement en argent ou en cadeaux.

Le corps humain est un temple magnifique qui renferme un autel. Sur l’autel, c’est Dieu qui devrait se trouver. Mais là où se trouve la corruption, Dieu n’est pas. Le corps de l’impur a donc un autel déconsacré et sans Dieu. Semblable à un homme ivre qui se roule dans la fange et dans les vomissements de son ivresse, l’homme s’avilit dans la bestialité de la fornication et devient pire qu’un ver et que la bête la plus immonde.

Or, dites-moi, si l’un de vous s’est dépravé au point de vendre son corps comme on vend du blé ou un animal, quel bien vous en est-il venu ? Prenez-vous le coeur en main, examinez-le, interrogez-le, écoutez-le, voyez ses blessures, la douleur qui le fait frissonner et puis parlez et répondez-moi : ce fruit était-il si doux pour mériter cette souffrance d’un coeur qui était né pur et que vous avez contraint à vivre dans un corps impur, à battre pour donner vie et chaleur à la luxure, et l’user dans le vice ?

Dites-moi : mais êtes-vous dépravées au point de ne pas sangloter secrètement en entendant une voix d’enfant qui appelle : “ maman ” et en pensant à votre mère, ô femmes de plaisir échappées de la maison, ou chassées pour que la pourriture de ce fruit pourri ne corrompe pas les autres enfants ? En pensant à votre mère qui peut-être est morte de la douleur de devoir se dire : “ J’ai enfanté un être qui fait ma honte ” ?

N’avez-vous pas senti votre coeur se briser en rencontrant un vieillard que ses cheveux blancs rendaient respectable, à la pensée que vous avez jeté le déshonneur sur ceux de votre père comme de la boue prise à pleines mains, et avec le déshonneur le mépris de son village natal ?

Ne sentez-vous pas le regret vous étreindre les entrailles en voyant le bonheur d’une épouse ou l’innocence d’une jeune fille, et de devoir vous dire : “ Moi, j’ai renoncé à tout cela et je ne l’aurai jamais plus ! ” ?

Ne sentez-vous pas la honte qui vous défigure lorsque vous rencontrez le regard d’un homme plein de convoitise ou de mépris ?

Ne ressentez-vous pas votre misère quand vous avez envie du baiser d’un bébé et que vous n’osez plus dire : “ donne-le-moi ” parce que vous avez tué des vies qui devaient naître, rejetées par vous comme un fardeau ennuyeux et une gêne inutile, détachées de l’arbre qui les avait conçues, et jetées au fumier ? or maintenant ces petites vies vous crient : “ assassines ! ”

Surtout, ne tremblez-vous pas à la pensée du Juge qui vous a créées et qui vous attend pour vous demander : “ Qu’as-tu fait de toi-même ? Est-ce pour cela que je t’ai donné la vie ? Nid de vermine et de pourriture, comment oses-tu te tenir en ma présence ? Tu as eu tout de ce qui était pour toi un dieu : le plaisir. Va au lieu de l’éternelle malédiction. ”

123.5 Qui pleure ? Personne ? Vous dites : personne ? Et pourtant mon âme va à la rencontre d’une autre âme en pleurs. Pourquoi y va-t-elle ? Pour jeter l’anathème à une prostituée ? Non. Parce que son âme me fait pitié. Tout en moi est répulsion pour son corps souillé, qui transpire une sueur immonde. Mais son âme !

Père ! Père ! C’est pour cette âme aussi que j’ai pris chair et que j’ai quitté le Ciel pour être son Rédempteur et celui de tant d’âmes, ses soeurs ! Pourquoi ne devrais-je pas recueillir cette brebis errante, l’amener au bercail, la purifier, l’unir au troupeau, lui donner des pâturages et un amour qui soit parfait comme seul le mien peut l’être ? Mon amour est bien différent de ce à quoi elle donnait jusqu’ici le nom d’amour – qui n’était, en fait, que haine –, c’est un amour très compatissant, complet, très doux pour qu’elle ne pleure plus le temps passé autrement que pour dire : “ J’ai perdu trop de jours loin de toi, éternelle Beauté. Qui me rendra le temps perdu ? Comment savourer, dans le peu de temps qu’il me reste à vivre, ce que j’aurais savouré si j’étais toujours restée pure ? ”

Et pourtant ne pleure pas, âme foulée aux pieds par toute la luxure du monde. Ecoute : tu es une loque dégoûtante, mais tu peux redevenir une fleur. Tu es un fumier, mais tu peux redevenir un parterre embaumé. Tu es un animal immonde, mais tu peux redevenir un ange. Un jour tu l’as été. Tu dansais sur les prés en fleurs, rose parmi les roses, fraîche comme elles, exhalant le parfum de ta virginité. Sereine, tu chantais des chansons d’enfant, puis tu courais vers ta mère, vers ton père et tu leur disais : “ Vous êtes mes amours. ” Et l’invisible gardien qu’a toute créature à son côté souriait devant la blancheur azurée de ton âme...

Et puis, pourquoi ? Pourquoi as-tu arraché tes ailes de petite innocente ? Pourquoi as-tu foulé aux pieds un coeur de père et de mère pour courir vers d’autres coeurs dont tu n’étais pas sûre ? Pourquoi as-tu abaissé ta voix pure en lui faisant prononcer des mots mensongers d’un faux amour ? Pourquoi as-tu brisé la tige de la rose, pourquoi t’es-tu violée toi-même ?

Repens-toi, fille de Dieu. Le repentir est renouvellement, purification, élan vers les hauteurs. L’homme ne peut-il pas te pardonner ? Ton père lui-même ne le pourrait-il plus ? Dieu, lui, le peut. Car la bonté de Dieu ne peut se comparer à la bonté humaine et sa miséricorde est infiniment plus grande que la misère de l’homme. Honore-toi toi-même, en rendant, par une vie honnête, ton âme digne d’honneur. Justifie-toi auprès de Dieu, en ne péchant plus contre ton âme. Fais-toi un nom nouveau auprès de Dieu. Voilà ce qui a de la valeur. Tu es le vice. Deviens l’honnêteté. Deviens le sacrifice. Deviens la martyre de ton repentir. Tu as bien su martyriser ton coeur pour faire jouir la chair. Maintenant, sache martyriser ta chair pour donner une paix éternelle à ton coeur.

Va. Allez tous. Chacun avec son fardeau et ses pensées. Réfléchissez. Dieu vous attend tous et ne rejette aucun de ceux qui se repentent. Que le Seigneur vous donne la lumière pour connaître votre âme. Allez. »

Détail

Jésus parle de la fornication, du goût de cendres qu'on a quand on vit de la luxure. Il pose des questions à notre âme, mais l'invite plus encore à se repentir. Dans le cas présent, il parle à Aglaé

EMV 123.7-8 · Tome 2, p. 330-332

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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123.7 – Bref, que voulez-vous ? demande sèchement Jacques, fils d’Alphée.

– Et toi, qui es-tu ?

– Je suis Jacques, fils d’Alphée, Alphée, fils de Jacob, fils de Mathan, fils d’Eléazar, et si tu veux, je te nomme tous mes ancêtres jusqu’au roi David dont je descends. Je suis aussi le cousin du Messie. Je te prie donc de parler avec moi, qui suis de souche royale et de race juive, s’il déplaît à ta grandeur de parler avec un honnête israélite qui connaît Dieu mieux que Gamaliel et que Caïphe. Allons. Parle.

– Ton Maître et parent se fait suivre par des prostituées. Cette femme voilée est l’une d’elles. Je l’ai vue au moment où elle vendait de l’or. Et je l’ai reconnue. C’est la maîtresse de Chammaï, elle l’a quitté. Cela déshonore ton parent.

– De qui ? De Chammaï le rabbin ? Alors ce doit être une vieille carcasse. Donc pas de danger…, dit Judas en plaisantant.

– Tais-toi, fou ! De Chammaï d’Elchi, le préféré d’Hérode.

– Tiens, tiens ! Cela veut dire qu’elle ne le préfère plus, le préféré. C’est elle qui était sa maîtresse. Pas toi. Alors pourquoi te mets-tu en peine ? réplique Judas sur un ton plein d’ironie.

– Homme, ne penses-tu pas que tu te déshonores en faisant l’espion ? demande Jude. Et ne penses-tu pas que c’est celui qui pèche qui se déshonore, et non pas celui qui cherche à relever le pécheur ? Quel déshonneur en résulte-t-il pour mon Maître et frère si, par son enseignement, il fait parvenir sa voix jusqu’aux oreilles profanées par la bave des luxurieux de Sion ?

– Sa voix ? Ah, ah ! Il a trente ans, ton Maître et cousin, et il n’en est que plus hypocrite que les autres ! Et toi, et vous tous, vous dormez comme des sourds, la nuit…

– Reptile impudent, hors d’ici ou je t’étrangle », crie Pierre, à qui font écho Jacques et Jean, pendant que Simon se borne à dire :

« Quelle honte ! Ton hypocrisie est si grande qu’elle ressort et déborde et tu baves comme une limace sur une fleur pure. Sors d’ici et deviens un homme car pour l’instant tu n’es que venin. Je te reconnais, Samuel. Tu as toujours le même cœur. Que Dieu te pardonne, mais va-t’en loin de moi. »

Mais pendant que Judas et Jacques, fils d’Alphée, retiennent le bouillant Pierre, voici qu’intervient Jude. Par sa démarche, il ressemble plus que jamais à son cousin Jésus dont il a la même flamme bleue dans les yeux et la même expression imposante. Il crie comme un tonnerre :

« Celui qui cherche à déshonorer l’innocent se déshonore lui-même. Dieu a créé les yeux et la langue pour accomplir des œuvres saintes. Le calomniateur les profane et les avilit, en leur faisant accomplir des œuvres mauvaises. Je ne me souillerai pas moi-même par un acte mauvais contre tes cheveux blancs. Mais je te rappelle que les méchants haïssent l’homme intègre et que le sot épanche sa malveillance, sans même réfléchir qu’il se trahit. Qui vit dans les ténèbres échange pour un reptile le rameau fleuri. Mais qui vit dans la lumière voit les choses telles qu’elles sont, et il les défend si on les attaque, par amour de la justice. Nous, nous vivons dans la lumière. Nous sommes la chaste et belle génération des fils de la lumière, et notre Chef, c’est le Saint qui ne connaît ni la femme ni le péché. Nous le suivons et le défendons contre ses ennemis, pour lesquels, comme il nous l’a enseigné, nous n’éprouvons aucune haine : bien au contraire, nous prions pour eux. Apprends, vieillard, la leçon d’un jeune homme parvenu à la maturité parce que la Sagesse lui a appris à ne pas tenir des propos irréfléchis et à ne pas être, en fait de bien, un propre à rien. Va et rapporte à celui qui t’a envoyé que ce n’est pas dans la maison profanée du mont Moriah, mais dans cette pauvre demeure que Dieu réside dans sa gloire. Adieu. »

Les cinq hommes n’osent pas répliquer et s’en vont.

123.8 Les disciples s’interrogent. Faut-il le rapporter ou non à Jésus qui est encore avec les malades guéris ? Mieux vaut le lui dire. Ils vont à lui, l’appellent et ils lui racontent tout.

Jésus sourit tranquillement et répond :

« Je vous remercie d’avoir pris ma défense… mais que voulez-vous y faire ? Chacun donne ce qu’il a.

– Pourtant, ils ont un peu raison. On a des yeux pour voir et beaucoup voient. Elle est toujours à la porte, comme un chien. Cela te porte tort, disent plusieurs.

– Laissez-la. Ce ne sera pas elle, la pierre qui me frappera la tête. Et si elle se rachète… ma joie me paiera bien de toutes ces critiques ! »

Tout se termine sur cette douce réponse.

Détail

Des pharisiens parlent aux apôtres et Jacques d'Alphée intervient. Ils en viennent à parler d'Aglaé.

EMV 124 · Tome 2, p. 332-337

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Il pleut à la Belle-Eau. Il n'y a aucun pèlerin. La bonne humeur règne cependant sur le groupe apostolique, et les apôtres finissent par découvrir que la femme voilée vit dans un abri très précaire. Ils décident donc de l'assister. Judas avoue qu'il sait où elle se réfugie, mais il a réussi à lutter contre sa curiosité et à ne pas découvrir qui elle était. Jésus le félicite et les Douze se demandent ce qu'il faut faire pour la femme voilée. Jésus leur demande de décider, car c'est une situation où l'estime qu'on a d'eux "est en cause" et il n'a pas à faire pression sur leur droit à la protéger. Chacun donne alors son avis, et il est décidé de l'amener dans une pièce à part, là où ils accueillent les malades. Quand Aglaé est en sécurité, Jésus leur parle brièvement de l'amour du prochain, et des âmes qui ne changent pas parce que leurs maîtres n'agissent pas saintement.

EMV 124.2-5 · Tome 2, p. 333-337

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« Toi qui t’y connais en matière de temps, qu’en dis-tu ? Ça va durer longtemps comme ça ? demande à Pierre Judas, qui est tout changé depuis quelques jours.

– Maintenant, je peux te le dire. Je vais faire l’astrologue » dit Pierre.

Il va à la porte, l’entrouvre un peu plus, passe à l’extérieur la tête et une main. Puis il annonce :

« Vent faible du midi : chaleur et brouillard... Hum ! Il y a peu de... »

Pierre se tait, puis rentre doucement, laisse la porte entrebâillée, et guette.

« Qu’y a-t-il ? » demandent trois ou quatre disciples.

Mais, de la main, Pierre fait signe de se taire. Il regarde. Puis il murmure :

« C’est cette femme. Elle a bu de l’eau du puits et elle a pris un fagot resté dans la cour. Elle est trempée. Elle n’a sûrement pas chaud... Elle s’en va... Je la suis. Je veux voir... »

Il sort sans bruit.

« Mais où peut-elle demeurer pour être toujours près d’ici ? demande Thomas.

– Et rester ici par ce temps ! Ajoute Matthieu.

– Elle va certainement au village parce qu’avant-hier elle y achetait du pain, dit Barthélemy.

– Elle reste ainsi voilée avec une belle constance ! Constate Jacques, fils d’Alphée.

– Ou à cause de quelque motif sérieux, observe Thomas.

– Ce sera sûrement celle dont ce juif parlait hier ? demande Jean. Ils sont toujours si faux ! »

Jésus ne souffle mot, comme s’il était sourd. Tous le regardent, ils sont sûrs que lui, il sait. Mais il est en train de travailler avec un couteau sur un morceau de bois tendre, qui tout doucement se transforme en une grosse fourchette bien pratique pour sortir les légumes de l’eau bouillante. Quand il l’a achevée, il offre son travail à Thomas qui s’est donné complètement à son métier de cuisinier.

« Tu es vraiment habile, Maître. Mais... 124.3 nous diras-tu qui elle est ?

– Une âme. Pour moi, vous êtes tous des “ âmes ”. Rien d’autre. Hommes, femmes, vieillards, enfants, vous êtes des âmes, des âmes et encore des âmes. Les bébés sont des âmes pures, les enfants des âmes d’azur, les jeunes gens des âmes roses, les justes des âmes d’or, les pécheurs des âmes noires comme la poix. Mais tous sont seulement des âmes. Rien d’autre que des âmes. Et je souris aux âmes pures car il me semble sourire à des anges ; je me repose dans les fleurs de rose et d’azur des bons adolescents ; je me réjouis dans les âmes précieuses des justes ; je peine et je souffre pour rendre précieuses et lumineuses les âmes des pécheurs. Quant aux visages, aux corps, ils ne sont rien. C’est par vos âmes que je vous connais et vous reconnais.

– Et elle, quelle âme est-elle ? demande Thomas.

– Une âme moins curieuse que celle de mes amis, car elle ne s’enquiert pas, ne pose pas de questions, va et vient sans parler et sans regarder.

– Je croyais que c’était une femme de mauvaise vie ou une lépreuse, mais je me suis ravisé, car... Maître, si je te dis quelque chose, tu ne me feras pas de reproches ? »

Judas Iscariote pose cette question en allant s’asseoir par terre contre les genoux de Jésus, tout à fait changé, humble, bon, vraiment plus beau avec cet air modeste que lorsqu’il est le fier et orgueilleux Judas.

« Je ne te ferai pas de reproches. Parle.

– Je sais où elle habite. Je l’ai suivie un soir... en faisant semblant de sortir prendre de l’eau, car je me suis aperçu qu’elle vient au puits quand il fait sombre... Un matin, j’ai trouvé par terre une épingle à cheveux en argent... juste au bord du puits... et j’ai compris que c’était elle qui l’avait perdue. Eh bien, elle habite une petite cabane de bois dans la forêt. Peut-être ce réduit sert-il aux paysans. Il est pourtant à moitié pourri. Elle l’a couvert de branches en guise de toit. C’était peut-être pour cela qu’elle emportait le fagot. C’est une tanière. Je ne sais comment elle peut y rester. Elle serait bonne tout au plus pour un gros chien ou un tout petit âne. C’était un soir où il y avait clair de lune, et j’ai bien vu. La cabane est à moitié enfouie dans des ronces, mais vide à l’intérieur, et sans porte. Tout cela m’a détrompé et j’ai compris que ce n’était pas une femme de mauvaise vie.

– Tu ne devais pas le faire, mais, sois sincère, n’as-tu rien fait de plus ?

– Non, Maître. J’aurais voulu la voir parce que c’est depuis Jéricho que je la remarque et il me semble reconnaître sa démarche si légère quand elle se rend quelque part où elle a à faire. Sa personne aussi doit être souple... et belle. Oui, on le devine malgré tous ces vêtements... Mais je n’ai pas osé l’observer pendant qu’elle se couchait par terre. Peut-être a-t-elle quitté son voile. Mais je l’ai respectée... »

Jésus le regarde très fixement puis il dit :

« Et tu en as souffert. Mais tu as dit la vérité. Et moi, je te dis que je suis content de toi. Une autre fois, cela te coûtera encore moins d’être bon. En toute chose, c’est le premier pas qui coûte. Bravo, Judas ! » et il lui fait une caresse.

124.4 Pierre rentre :

« Mais, Maître, cette femme est folle ! Sais-tu où elle habite ? Presque sur la rive du fleuve dans une bicoque de bois sous un buisson. Il a peut-être servi autrefois à un pêcheur ou à un bûcheron... Qui sait ? Je n’aurais jamais pensé que dans cet endroit humide, dans un fossé, au milieu d’un amas de ronces, il y avait une pauvre femme. Et je lui ai dit : “ Parle et sois sincère. Es-tu lépreuse ? ” Elle m’a répondu dans un souffle : “ Non. ” “ Jure-le ”, ai-je dit. Elle a alors répondu : “ Je le jure. ” “ Fais attention, car si tu l’es et tu ne le dis pas, si tu viens près de la maison et que j’apprends que tu es impure, je te fais lapider. Mais si tu es poursuivie, si tu es voleuse ou meurtrière, et que tu restes ici par peur de nous, ne crains aucun mal. Maintenant, sors de là. Tu ne vois pas que tu es dans l’eau ? As-tu faim ? As-tu froid ? Tu trembles. Je suis âgé, tu le vois. Je ne te fais pas la cour. Agé et honnête. Ecoute-moi donc. ” Voilà ce que j’ai dit, mais elle n’a pas voulu venir. Nous allons la trouver morte, car elle est vraiment dans l’eau. »

Jésus est pensif. Il regarde les douze visages qui le regardent aussi. Puis il dit :

« Que devons-nous faire, à votre avis ?

– Mais, Maître, c’est à toi de décider.

– Non. Je veux que ce soit vous qui jugiez. C’est une situation où l’estime que l’on a de vous aussi est en cause. Et ce n’est pas à moi de faire pression sur votre droit à la protéger.

– Au nom de la miséricorde, moi je dis qu’on ne peut la laisser là » dit Simon.

Barthélemy ajoute :

« Je dirais de la mettre pour aujourd’hui dans la grande pièce. Les pèlerins n’y vont-ils pas ? Elle peut y aller, elle aussi.

– D’ailleurs, c’est une créature comme toutes les autres, ajoute André.

– Et puis, aujourd’hui, il ne vient personne, par conséquent..., constate Matthieu.

– Je proposerais de l’abriter aujourd’hui et d’en parler demain au régisseur. C’est un brave homme, dit Jude.

– Tu as raison, bravo ! Et il a bon nombre d’étables vides. Une étable, c’est toujours un palais royal en comparaison de cette espèce de barque défoncée ! S’exclame Pierre.

– Va le lui dire, alors, l’encourage Thomas.

– Les jeunes n’ont pas encore parlé, fait remarquer Jésus.

– Pour moi, tout ce que tu fais est bien » dit son cousin Jacques.

Quant à l’autre Jacques et son frère :

« Nous sommes d’accord.

– Je pense seulement au cas malheureux où quelque pharisien en serait informé, intervient Philippe.

– Oh ! même si nous partions dans les nuages, dit Judas, crois-tu qu’ils ne nous accuseraient pas ? Ils n’accusent pas Dieu parce qu’il est loin. Mais s’ils pouvaient être aussi prêts de lui qu’Abraham, Jacob et Moïse, ils lui feraient des reproches... Qui est exempt de fautes pour eux ?

– Alors, allez lui dire de venir s’abriter dans le logement des pèlerins. Toi, Pierre, vas-y avec Simon et Barthélemy. Vous êtes âgés et ferez moins d’impression à la femme. Et dites-lui que nous lui donnerons une nourriture chaude et un vêtement sec. C’est celui qu’a laissé Isaac. Vous voyez que tout sert, même un vêtement de femme donné à un homme... »

Les jeunes rient parce qu’il doit y avoir eu quelque amusante plaisanterie à propos de l’habit en question.

Les trois plus âgés partent... et reviennent peu de temps après.

« Elle ne voulait pas... mais elle a fini par venir. Nous lui avons juré que nous ne la dérangerions jamais. Maintenant, je lui porte de la paille et le vêtement. Donne-moi des légumes et un pain. Elle n’a rien à manger aujourd’hui. En fait... qui va en tournée sous un tel déluge ? »

Le brave Pierre sort avec ses trésors.

124.5 « Et maintenant, dit Jésus, cet ordre vaut pour tous : on ne va à son logement pour aucun motif. Demain nous pourvoirons. Habituez-vous à faire le bien pour le bien, sans curiosité, sans désirer à ce propos une distraction, ni pour toute autre raison. Vous voyez ? Vous vous plaigniez de ne rien faire d’utile aujourd’hui. Nous avons aimé notre prochain : que pouvions-nous faire de plus grand ? Si c’est une malheureuse – et cela est certain –, notre aide ne peut-elle lui apporter un réconfort, une chaleur, une protection bien plus profonde que ce peu de nourriture, ce pauvre vêtement, ce toit sûr que nous lui avons procuré ? Si c’est une coupable, une pécheresse, un être qui cherche Dieu, notre amour ne sera-t-il pas le plus bel enseignement, la parole la plus puissante, l’indication la plus nette pour la mettre sur le chemin de Dieu ? »

Pierre entre tout doucement et écoute son Maître.

« Voyez, mes amis : il y a beaucoup de maîtres en Israël et ils parlent, ils parlent... Or les âmes restent telles qu’elles sont. Pourquoi ? Parce que les âmes entendent les paroles des maîtres, mais ne voient pas leurs actes. Alors l’un détruit l’autre, et les âmes restent là où elles en étaient, si encore elles ne reviennent pas en arrière. Mais quand un maître fait ce qu’il dit et agit saintement en toute chose, même s’il ne fait que des actes matériels comme donner un pain, un vêtement, un logement à la chair souffrante de son prochain, il arrive à faire progresser les âmes et à les mener jusqu’à Dieu. Ce sont en effet ses propres actes qui annoncent à ses frères : “ Il y a un Dieu, et Dieu est ici. ” Ah, l’amour ! En vérité, je vous dis que celui qui aime se rachète lui-même et sauve les autres.

– Tu as raison, Maître. Cette femme m’a dit : “ Béni soit le Sauveur et celui qui l’a envoyé, et vous tous avec lui. ” Elle a voulu me baiser les pieds, au pauvre homme que je suis, et elle pleurait derrière son voile épais... Enfin !... Espérons qu’il ne va pas arriver quelque engoulevent de Jérusalem... Sinon, qui leur échappera ?

– Notre conscience nous sauve du jugement de notre Père. Cela suffit » dit Jésus.

Et il s’assied à table après avoir béni et offert la nourriture.

Tout prend fin.

Détail

Les apôtres découvrent que la femme voilée est dans un abri très précaire. Ils veulent en prendre soin. Ils décident donc de lui donner un abri, après que chacun se soit exprimé sur le sujet (en 124.3). Jésus donne alors une leçon sur les âmes et l'amour du prochain.

EMV 127 · Tome 2, p. 352-359

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Détail

Jésus rencontre pour la première fois trois disciples de Jean-Baptiste. Celui-ci est libre et est heureux de voir venir les âmes au Christ. Il dit que lui doit diminuer, pendant que Jésus doit grandir. Les disciples rapportent également des commentaires du Précurseur sur Aglaé (la femme voilée de la Belle-Eau), puis, Jésus parle de Jean et de son âme sans tâche grâce à la Visitation de Marie. Après cela, la conversation se termine et Jésus parle aux gens présents sur le "Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu". Il s'arrête beaucoup sur la mort de Doras, qui ne prenait plus soin de son âme, et n'avait de soin que pour son corps, la terre et ses propres richesses. Il aurait mieux valu qu'il se repente, plutôt qu'il ne meure impénitent.