EMV 73.7 · Tome 1
L’Evangile tel qu'il m'a été révélé
Citation
– Ah, la haine ! Pourquoi haïr ?
Notes du thème
Confort de lecture
EMV 73.7 · Tome 1
– Ah, la haine ! Pourquoi haïr ?
EMV 73.7 · Tome 1
– Homme, je te le dis : ne hais pas. Ne désire pas le mal. Ne désire pas faire le mal. Il n’y a là aucune faute mais, même s’il y en avait, pardonne. Au nom de Dieu pardonne.
EMV 74.2 · Tome 1
74.2 Partons.
– Où allons-nous, Maître ?
– A Bethléem.
– Encore ? Il me semble que l’air n’y est pas bon pour nous...
– Peu importe. Allons ! Je vous ferai voir où descendirent les mages et où j’étais.
– Alors, excuse-moi, Maître, mais permets-moi de parler. Nous allons faire une chose. A Bethléem et à l’auberge, permets-moi de parler et de poser des questions. Vous, les Galiléens, on ne vous aime pas beaucoup en Judée, et ici moins qu’ailleurs. Alors faisons comme ça : on devine que Jean et toi êtes galiléens rien qu’à votre vêtement. Il est trop simple. Et puis... ces cheveux ! Pourquoi vous obstinez-vous à les porter si longs ? Simon et moi, nous vous donnons notre manteau et vous nous donnez le vôtre : toi, Simon, à Jean et moi au Maître. Voilà... comme ça. Tu vois ? Vous paraîtrez tout de suite un peu plus judéens. Maintenant, ceci. »
Il enlève sa coiffure – un turban à rayures jaunes, marron, rouges, vertes, comme le manteau, maintenu en place par un cordonnet jaune. Il le pose sur la tête de Jésus et l’arrange le long des joues pour cacher ses longs cheveux blonds. Jean prend la coiffure vert très foncé de Simon.
« Ah ! Maintenant, ça va mieux ! Moi, j’ai le sens pratique !
– Oui, Judas, tu as le sens pratique, c’est vrai. Prends garde, cependant, qu’il ne surpasse pas l’autre sens.
– Lequel, Maître ?
– Le sens spirituel.
– Oh non ! Mais, en certains cas, il faut savoir agir en politiques plus qu’en ambassadeurs. Et attention... sois indulgent aussi... C’est pour ton bien... Ne me contredis pas si je dis des choses... des choses... oui, voilà, pas vraies.
– Que veux-tu dire ? Pourquoi mentir ? Je suis la Vérité, et je ne veux le mensonge ni en moi, ni autour de moi.
– Oh, je ne dirai que des demi-mensonges ! Je dirai que nous sommes tous de retour de pays lointains, d’Egypte par exemple, et que nous voulons avoir des nouvelles d’amis qui nous sont chers. Nous dirons que nous sommes des Judéens, de retour d’exil... Au fond, en tout cela, il y a un peu de vrai... et puis, j’en raconte... de plus ou moins fausses.
– Mais, Judas, pourquoi tromper ?
– Laisse tomber, Maître. Le monde se gouverne à coups de tromperies. Elles sont parfois nécessaires. Bien, pour te faire plaisir je dirai seulement que nous venons de loin et que nous sommes judéens. C’est vrai aux trois-quarts. Quant à toi, Jean, ne parle pas. Tu nous trahirais.
– Je resterai muet.
– Et puis, si les choses tournent bien... alors, nous dirons le reste. Mais j’ai peu d’espoir... Je suis rusé et je saisis les choses au vol.
– Je le vois, Judas. Mais je préférerais que tu sois simple.
– C’est peu utile. Dans ton groupe, je serai l’homme des missions difficiles. Laisse-moi faire. »
Jésus est peu enthousiaste, mais il cède.
Judas signale à Jésus qu'il ne dira pas vraiment la vérité auprès des habitants de Bethléem pour savoir ce qu'il s'est passé à l'époque du Massacre des Innocents. Or, Jésus ne veut pas du mensonge autour de lui et en lui.
EMV 74.8 · Tome 1
Je voudrais vous rendre vos enfants, en vie, oui, en vie. Mais, je vous le dis : soyez bons, résignés. Pardonnez, espérez, réjouissez-vous dans l’espérance, avec une joie certaine. Vous ne tarderez pas à retrouver vos enfants, qui sont des anges dans le Ciel, car le Messie va en ouvrir les portes et, si vous êtes justes, la mort sera pour vous la Vie qui arrive et l’Amour qui revient...
Jésus dit à des gens de Bethléem qui ont subi le massacre des Innocents :
EMV 74.9 · Tome 1
Quand on ne veut pas de nous, on ne maudit pas, mais on se retire en priant pour les pauvres fous qui meurent de faim et ne voient pas le Pain.
EMV 75.2 · Tome 1
A coups de pierres, comme un lépreux, comme un impur, j’ai été pris pour un assassin... et j’ai dû m’enfuir dans les bois, vivre comme un loup... jusqu’à ce que je trouve un maître. Ah ! ce n’est plus Anne... Celui-ci est dur et cruel... Si une brebis chute et se blesse, si le loup m’emporte un agneau, il me faut être fouetté jusqu’au sang ou bien perdre mes petites économies, travailler dans les bois pour les autres, faire n’importe quoi, mais payer, toujours le triple de la valeur. Mais peu importe. J’ai toujours dit au Très-Haut : “ Fais-moi voir ton Messie, fais-moi savoir au moins qu’il est vivant et tout le reste n’est rien. ” Seigneur, je t’ai dit comment j’ai été traité par les habitants de Bethléem et comment je le suis par mon patron. J’aurais pu rendre le mal pour le mal ou faire le mal en volant, pour ne pas souffrir à cause de mon maître. Mais je n’ai voulu que pardonner, souffrir, être honnête car les anges ont dit : “ Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. ”
Elie raconte comment il a été chassé de Bethléem. Il a dû se retrouver un nouveau maître, dont il ne donne pas le nom.
EMV 77.2 · Tome 1
Quand on juge, "sans malice, par ignorance de la vérité, ce n’est pas une erreur, mais seulement un jugement imparfait comme peut l’être celui d’un enfant. Or", dit Jésus, "enfants, vous l’êtes, pauvres hommes. Et je suis ici votre Maître, pour faire de vous des adultes capables de discerner le vrai du faux, le bon du mauvais, le meilleur du bon."
EMV 77.3 · Tome 1, p. 511
« Qu’est-ce que la vie ? C’est un temps d’attente, je dirais les limbes des Limbes que vous donne le Dieu Père, pour prouver votre nature de bons fils ou de bâtards et pour vous réserver, en fonction de vos actes, un avenir qui ne connaîtra plus ni attentes ni épreuves. Maintenant, dites-moi : serait-il juste que quelqu’un jouisse aussi d’un privilège spécial sa vie durant, sous prétexte qu’il a eu le rare avantage d’avoir la possibilité de servir Dieu d’une manière particulière ? Ne vous semble-t-il pas qu’il a déjà beaucoup reçu et donc qu’il peut s’estimer heureux même s’il ne l’est pas humainement ? Ne serait-il pas injuste que celui qui possède déjà en son coeur la lumière d’une manifestation divine et le sourire approbateur de sa conscience possède encore des honneurs et des biens terrestres ? Qui plus est, ne serait-ce pas imprudent ?
– Maître, je dis que ce serait encore de la profanation. Pourquoi mettre des joies humaines, là où tu es, toi ? Quand quelqu’un te possède (...) il ne lui faut rien avoir d’autre. On ne pose pas d’objet humain sur le propitiatoire... et un vase consacré ne sert que pour des usages saints. Eux, ce sont des consacrés, à partir du jour où ils ont vu ton sourire... et rien, non, rien qui ne soit pas toi ne doit entrer dans le coeur qui te possède. »
EMV 77.6 · Tome 1
« Qui est assez pur pour prétendre : “ Je n’ai jamais désiré la pomme offerte par Eve ? ” dit Jésus d’un ton sévère, avant d’ajouter : montrez-le moi, et j’irai le saluer comme saint. Personne ? Alors si vous vous sentez incapables de l’approcher, non par mépris mais par faiblesse, retirez-vous. Je n’oblige pas les faibles à une lutte inégale.
Quand les disciples commencent à juger durement une prostituée, Jésus intervient :
EMV 77.7 · Tome 1
« Seigneur !
– Femme.
– Ton nom, Seigneur ?
– Jésus.
– Je ne l’ai jamais entendu. Je suis romaine : mime et ballerine. Je ne suis experte qu’en lascivité. Que signifie ce nom ? Le mien, c’est Aglaé et... et il veut dire : vice.
– Le mien veut dire : Sauveur.
– Comment sauves-tu ? Qui ?
– Celui qui recherche le salut en faisant preuve de bonne volonté. Je sauve en enseignant à être pur, à vouloir la douleur ainsi que l’honneur, le bien à tout prix. »
Jésus parle sans aigreur, mais aussi sans se tourner vers la femme.
« Je suis perdue...
– Je suis celui qui va à la recherche de ceux qui sont perdus.
– Je suis morte.
– Je suis celui qui donne la vie.
– Je suis saleté et mensonge.
– Je suis pureté et vérité.
– Tu es aussi bonté, toi qui ne me regarde pas, ne me touche pas, et ne me méprise pas. Pitié pour moi...
– C’est à toi d’abord d’avoir pitié de toi. De ton âme.
– Qu’est-ce que c’est, l’âme ?
– C’est ce qui fait de l’homme un dieu et non un animal. Le vice, le péché la tue et, une fois morte, l’homme devient un animal repoussant.
– Je pourrai te voir encore ?
– Celui qui me cherche me trouve.
– Où habites-tu ?
– Là où les coeurs ont besoin du médecin et des remèdes pour devenir honnêtes.
– Alors... je ne te verrai plus... Là où je suis, on ne veut ni médecin, ni remède, ni honnêteté.
– Rien ne t’empêche de venir là où je suis. Mon nom, on le criera dans les rues et il arrivera jusqu’à toi. Adieu.
– Adieu, Seigneur. Laisse-moi t’appeler “ Jésus ”. Ah, pas par familiarité !... Pour que rentre un peu de salut en moi. Je suis Aglaé. Souviens-toi de moi.
– Oui, adieu. »
Dialogue entre Aglaé, une prostituée, et Jésus.