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EMV 113.1-3 · Tome 2, p. 246-247

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Il [Lazare] parle de Joseph d’Arimathie, en le présentant comme « un homme juste et un véritable Israélite ». Il dit :

« Il n’ose le dire, car il craint le Sanhédrin dont il fait partie, et qui déjà te hait. Mais il espère que tu es bien le Messie annoncé par les prophètes. C’est lui qui m’a demandé de venir pour te connaître et te juger par lui-même, car ce que tes ennemis disaient de toi ne lui paraît pas juste... Des pharisiens sont même venus de Galilée pour t’accuser de péché. Mais Joseph en a jugé ainsi : “ Celui qui fait des miracles a Dieu avec lui. Qui a Dieu avec lui ne peut être dans le péché. Au contraire, il ne peut être qu’un homme aimé par Dieu. ” Il voudrait bien que tu ailles chez lui, à Arimathie. Il m’a demandé de te le dire. Et moi, je t’en prie : exauce à la fois sa prière et la mienne.

– Je suis venu pour les pauvres et pour ceux qui souffrent dans leur âme et leur corps plus que pour les puissants qui ne voient en moi qu’un objet qui les intéresse. Mais j’irai chez Joseph. Je n’ai aucun parti pris contre les puissants. L’un de mes disciples pourrait en témoigner : celui qui, par curiosité et pour se donner de l’importance, est venu chez toi, sans mon ordre... mais il est jeune, il faut l’excuser... Il pourrait témoigner de mon respect pour les castes puissantes qui se proclament d’elles-mêmes “ les tutrices de la Loi ” et... – à ce qu’elles laissent entendre – les soutiens du Très-Haut. Or l’Eternel se soutient tout seul ! Nul docteur n’a jamais fait preuve d’autant de respect que moi pour les officiers du Temple.

– Je le sais et il y en a beaucoup qui le savent, beaucoup... Mais seuls les meilleurs donnent à ton attitude son nom exact. Les autres... l’appellent “ hypocrisie ”.

– Chacun donne ce qu’il a en lui, Lazare.

– C’est vrai. Mais va chez Joseph. Il souhaiterait ta présence pour le prochain sabbat.

– J’irai. Tu peux le lui faire savoir.

EMV 113.3 · Tome 2, p. 247

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

– Je suis venu pour les pauvres et pour ceux qui souffrent dans leur âme et leur corps plus que pour les puissants qui ne voient en moi qu’un objet qui les intéresse. Mais j’irai chez Joseph. Je n’ai aucun parti pris contre les puissants. L’un de mes disciples pourrait en témoigner : celui qui, par curiosité et pour se donner de l’importance, est venu chez toi, sans mon ordre… mais il est jeune, il faut l’excuser… Il pourrait témoigner de mon respect pour les castes puissantes qui se proclament d’elles-mêmes “ les tutrices de la Loi ” et… – à ce qu’elles laissent entendre – les soutiens du Très-Haut. Or l’Eternel se soutient tout seul ! Nul docteur n’a jamais fait preuve d’autant de respect que moi pour les officiers du Temple.

– Je le sais et il y en a beaucoup qui le savent, beaucoup… Mais seuls les meilleurs donnent à ton attitude son nom exact. Les autres… l’appellent “ hypocrisie ”.

– Chacun donne ce qu’il a en lui, Lazare.

– C’est vrai. Mais va chez Joseph. Il souhaiterait ta présence pour le prochain sabbat.

– J’irai. Tu peux le lui faire savoir.

Détail

Lazare demande à Jésus d'aller chez Joseph d'Arimathie et Jésus lui répond. Il en vient à parler de Judas, qui est allé chez son ami de Béthanie sans sa permission.

EMV 114.1 · Tome 2, p. 248

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus est avec Simon et Thomas. Il n’a pas d’autres apôtres avec lui. J’ai l’impression qu’il tient sagement compte des sentiments et des caractères divers des gens qu’il doit fréquenter et que, selon les circonstances, il amène avec lui ceux qu’un hôte peut accepter sans être trop heurté. Ces juifs doivent être plus... susceptibles que des femmelettes romantiques...

Détail

Jésus va chez Joseph d'Arimathie et est avec Simon le Zélote et Thomas. Celle-ci fait une remarque sur la diplomatie du Seigneur envers les pharisiens.

EMV 115.3-5 · Tome 2, p. 260-263

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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115.3 Alexandre est sur le point de s’en aller lorsque arrive tout à coup un vrai cyclone d’officiers du Temple et de prêtres.

« Le grand-prêtre t’intime, par notre intermédiaire, de sortir du Temple, toi et le païen profanateur. Et tout de suite ! Vous avez troublé l’offrande de l’encens. Cet homme a pénétré dans un lieu réservé à Israël. Ce n’est pas la première fois qu’à cause de toi, le Temple est en rumeur. Le grand-prêtre, et avec lui les Anciens de service, t’ordonnent de ne plus remettre les pieds ici, à l’intérieur. Va et reste avec tes païens.

– Nous ne sommes pas des chiens, nous non plus. C’est lui qui le dit : “ Il n’y a qu’un seul Dieu qui a créé les juifs et les Romains. ” Si donc c’est sa Maison et si je suis sa créature, je peux y entrer moi aussi, répond Alexandre, blessé par le mépris avec lequel les prêtres prononcent le mot de “ païens ”.

– Tais-toi, Alexandre. Je vais parler » intervient Jésus qui, après avoir donné un baiser à l’enfant, l’a rendu à sa mère et s’est levé.

Il dit au groupe qui vient le chasser :

« Personne ne peut défendre à un fidèle, à un vrai israélite dont personne ne peut prouver qu’il est en état de péché, de prier près du Saint.

– Mais d’expliquer la Loi dans le Temple, oui. Tu en as pris le droit sans l’avoir et sans le demander. Qui es-tu ? Qui te connaît ? Comment usurpes-tu un nom et une place qui ne t’appartiennent pas ? »

115.4 Jésus leur lance un de ces regards ! Puis-il dit :

« Judas de Kérioth, approche. »

Judas ne paraît pas enthousiasmé par cette invitation. Il avait cherché à s’éclipser dès la venue des prêtres et des officiers du Temple (ils n’ont pas une tenue militaire, il doit s’agir d’une charge civile). Mais il lui faut obéir car Pierre et Jude le poussent en avant.

« Judas, réponds, dit Jésus. Et vous, regardez-le. Vous le connaissez. Il est du Temple. Le connaissez-vous ? »

Ils sont bien obligés de répondre oui.

« Judas, qu’est-ce que je t’ai fait faire quand j’ai parlé ici la première fois ? Raconte ton étonnement et comment j’y ai répondu. Parle et sois franc.

– Il m’a dit : “ Appelle l’officier de service pour que je puisse lui demander la permission de faire l’instruction. ” Il s’est nommé et a donné des preuves de son identité et de sa tribu... Moi, j’en étais étonné, car je jugeais qu’il s’agissait d’une formalité inutile puisqu’il dit être le Messie. Alors il m’a dit : “ Ce que je fais est nécessaire et, quand l’heure sera venue, rappelle-toi que je n’ai manqué de respect ni au Temple ni à ses officiers. ” Oui. C’est bien ce qu’il a dit. Par respect pour la vérité, je dois le dire. »

Judas, au début, parlait sans beaucoup d’assurance, comme si la chose l’ennuyait. Mais ensuite, par l’effet de ces brusques revirements qui lui sont propres, il a pris de l’aplomb, au point d’en devenir presque arrogant.

« Je suis surpris que tu le défendes. Tu as trahi la confiance que nous avions en toi, reproche un prêtre à Judas.

– Je n’ai trahi personne. Combien parmi vous appartiennent à Jean-Baptiste ! Sont-ils traîtres pour autant ? Moi, j’appartiens au Christ, voilà tout.

– Eh bien, il ne doit pas parler ici. Qu’il vienne comme fidèle. C’est déjà trop pour un ami des païens, des prostituées, des publicains...

– Répondez-moi, maintenant, dit Jésus sévère mais calme. Quels sont les Anciens de service ?

– Doras et Félix, des juifs. Joachim de Capharnaüm et Joseph d’Iturée.

– J’ai compris. Allons. Rapportez aux trois accusateurs – car Joseph d’Iturée n’a pu en faire partie – que le Temple n’est pas tout Israël et qu’Israël n’est pas le monde entier. Que la bave des serpents, pour très venimeuse qu’elle soit, ne submergera pas la Voix de Dieu, et que son venin ne paralysera pas mes allées et venues parmi les hommes, tant que l’heure ne sera pas venue. Et puis... dites-leur bien qu’ensuite les hommes feront justice des bourreaux et exalteront la Victime en faisant d’elle leur unique amour. Allez. Quant à nous, partons. »

Jésus revêt son lourd manteau foncé et sort, accompagné de ses disciples.

115.5 Ils sont suivis par Alexandre qui a assisté à la discussion ; en dehors de l’enceinte, près de la Tour Antonia, il dit :

« Je te salue, Maître. Et je te demande pardon d’avoir été pour toi une cause de réprimande.

– Ne t’en afflige pas ! Ils cherchaient un prétexte. Ils l’ont trouvé. Si ce n’avait pas été toi, c’en aurait été un autre... Vous, à Rome, vous faites des jeux au Cirque avec des fauves et des serpents, n’est-ce pas ? Eh bien, je t’affirme qu’il n’y a pas de fauve plus féroce et plus perfide que l’homme qui veut en tuer un autre.

– Et moi, je t’affirme qu’au service de César j’ai parcouru toutes les régions romaines. Mais jamais, à l’occasion de milliers de rencontres, je n’ai trouvé quelqu’un de plus divin que toi. Non, nos dieux ne sont pas aussi divins que toi ! Ils sont vindicatifs, cruels, bagarreurs, menteurs. Toi, tu es bon. Tu es vraiment un Homme, mais qui n’est pas seulement homme. Salut, Maître.

– Adieu, Alexandre. Avance dans la Lumière. »

Tout prend fin.

Détail

Alexandre, un soldat romain, est venu à Jésus dans le Temple pour demander la guérison d'un enfant. Jésus a accompli un miracle, mais un païen est entré dans le lieu saint. Cela crée un scandale et les pharisiens veulent chasser le Christ...

EMV 116.1-2 · Tome 2, p. 263-265

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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116.1 Jésus dîne dans la cuisine de la maisonnette de l’Oliveraie avec ses disciples. Ils parlent des événements de la journée. Cependant, il ne s’agit pas de celle que j’ai racontée plus haut car je constate qu’on parle d’autres faits, parmi lesquels la guérison d’un lépreux survenue près des tombeaux sur la route de Bethphagé.

« Il y avait aussi un centurion romain qui regardait » dit Barthélemy, qui ajoute : « Il m’a demandé du haut de son cheval : “ L’homme que tu suis fait souvent des choses semblables ? ” et, à ma réponse affirmative, il s’est écrié : “ Alors, il est plus grand qu’Esculape et il deviendra plus riche que Crésus. ” J’ai répondu : “ Il sera toujours pauvre aux yeux du monde, car il ne reçoit pas, mais il donne, et ne veut que des âmes pour les conduire au Dieu vrai. ” Le centurion m’a regardé avec surprise, puis il a éperonné son cheval et est parti au galop.

– Il y avait aussi une dame romaine dans sa litière. Ce ne pouvait être qu’une femme. Elle avait baissé les rideaux, mais jetait des coups d’oeil au-dehors. Je l’ai bien vue ! » dit Thomas.

Jean intervient :

« Oui, elle était au début du tournant. Elle avait donné l’ordre de s’arrêter quand le lépreux avait crié : “ Fils de David, aie pitié de moi ! ” Un rideau avait bougé et j’ai vu qu’elle t’a observé avec une loupe précieuse, puis elle a eu un rire ironique. Mais quand elle a vu que toi, sur ton seul ordre, tu l’avais guéri... elle m’a appelé pour m’interroger : “ C’est donc lui qu’on donne pour le vrai Messie ? ” J’ai répondu que oui, et elle m’a dit : “ Tu es avec lui ? ” Puis elle a demandé : “ Est-il vraiment bon ? ”

– Alors, tu l’as vue. Comment était-elle ? demandent Pierre et Judas.

– Bah !... une femme...

– Quelle découverte ! » fait Pierre en riant.

Et Judas poursuit :

« Mais elle était belle, jeune, riche ?

– Oui. Il me semble qu’elle était jeune, et belle aussi. Mais je regardais toujours vers Jésus plutôt que de son côté. Je voulais voir si le Maître se remettait en route...

– Imbécile ! Murmure Judas entre ses dents.

– Pourquoi ? intervient Jacques, fils de Zébédée, pour le défendre. Mon frère n’est pas un Ganymède en quête d’aventures. Il a répondu par politesse, mais il n’a pas manqué à sa première qualité.

– Laquelle ? demande Judas.

– Celle d’un disciple qui garde pour son Maître son unique amour. »

Irrité, Judas baisse la tête.

116.2 « D’ailleurs... ce n’est pas bien que l’on vous voie parler avec les Romains, dit Philippe. Déjà ils nous reprochent d’être Galiléens et, pour cette raison, moins “ purs ” que les Judéens. Et cela par naissance. Puis ils nous accusent de séjourner souvent à Tibériade, lieu de rendez-vous des païens, des Romains, des Phéniciens, des Syriens... et de combien de choses encore ne nous accusent-ils pas !

– Tu es bon, Philippe, et tu mets un voile sur ce qu’a de dur la vérité que tu cites. Mais, sans voile, la vérité est celle-ci : de combien de choses ne m’accusent-ils pas, moi, dit Jésus, qui jusqu’alors s’est tu.

– Au fond, ils n’ont pas tout à fait tort. Nous avons trop de contacts avec les païens, lance Judas.

– Crois-tu que les païens sont uniquement ceux qui n’ont pas la loi mosaïque ? demande Jésus.

– Qui d’autre ?

– Judas !... Peux-tu jurer sur notre Dieu que tu n’as pas de paganisme dans ton coeur ? Et que les juifs les plus en vue en sont indemnes ?

– Mais, Maître... pour ce qui est des autres, je n’en sais rien... mais moi... je peux le jurer en ce qui me concerne.

– Dans ta pensée, qu’est-ce que le paganisme ? demande encore Jésus.

– C’est suivre une religion qui n’est pas vraie, adorer les dieux, réplique vivement Judas.

– Quels dieux ?

– Les dieux de la Grèce, de Rome, ceux d’Egypte... en somme les dieux aux mille noms, des êtres imaginaires qui, selon les païens, peuplent leur Olympe.

– Il n’y a pas d’autres dieux ? Seulement les dieux de l’Olympe ?

– Et quels autres ? Ne sont-ils pas déjà trop nombreux ?

– Oui, bien trop nombreux. Mais il en est d’autres, sur les autels desquels tous les hommes viennent brûler de l’encens, même des prêtres, des scribes, des rabbins, des pharisiens, des saducéens, des hérodiens, qui tous appartiennent à Israël, n’est-ce pas ? Non seulement eux, mais même mes disciples.

– Ah, pour cela, non ! Affirment-ils tous unanimement.

– Non ? Mes amis... Lequel d’entre vous n’a pas un culte secret, si ce n’est plusieurs ? Pour l’un, c’est la beauté et l’élégance. Pour un autre, l’orgueil de ses connaissances. Un troisième encense l’espoir de devenir grand, humainement. Un autre encore adore la femme. Certains, l’argent... Un autre se prosterne devant son érudition... et ainsi de suite. En vérité, je vous dis qu’il n’y a pas d’homme qui ne soit marqué par l’idolâtrie. Alors comment mépriser ceux qui sont païens par malchance, lorsque, malgré l’appartenance au Dieu vrai, on reste volontairement païen ?

– Mais nous sommes des hommes, Maître, s’exclament plusieurs.

– C’est vrai. Mais alors... ayez de la charité pour tous, car moi, je suis venu pour tous et vous n’êtes pas au-dessus de moi.

– Mais, en attendant, ils nous accusent, et ta mission en est entravée.

– Elle ira quand même de l’avant. »

Détail

Le Romain cité est peut-être Publius Quintilianus ; la Romaine dans la litière est quant à elle Claudia Procula. On en a la confirmation dans l'EMV 154.8 et dans l'EMV 563.5.

EMV 116.1 · Tome 2, p. 275-276

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus gravit le sentier escarpé qui mène au plateau sur lequel est construite Béthanie.

Cette fois, il ne suit pas la route principale. Il a pris le sentier plus raide, mais plus direct, qui monte du nord-ouest vers l’est, et qui est beaucoup moins fréquenté, peut-être à cause de sa forte déclivité. Seuls les voyageurs pressés l’utilisent, ainsi que ceux qui conduisent des troupeaux et préfèrent éviter la circulation de la route principale ou ceux qui, comme Jésus aujourd’hui, ne veulent pas se faire remarquer d’un grand nombre de personnes. Il monte en avant en parlant tout bas avec Simon le Zélote. Il est suivi d’un premier groupe où se trouvent ses cousins avec Jean et André, puis d’un autre groupe comprenant Jacques, fils de Zébédée, Matthieu, Thomas, Philippe ; en dernier viennent Barthélemy avec Pierre et Judas.

Détail

Avant son départ à la Belle-Eau, les Douze accompagne Jésus chez Lazare. Ils sont mentionnés par Maria Valtorta.

EMV 116.2 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Citation

« Dans ta pensée, qu’est-ce que le paganisme ? demande encore Jésus.

– C’est suivre une religion qui n’est pas vraie, adorer les dieux, réplique vivement Judas.

– Quels dieux ?

– Les dieux de la Grèce, de Rome, ceux d’Egypte... en somme les dieux aux mille noms, des êtres imaginaires qui, selon les païens, peuplent leur Olympe.

– Il n’y a pas d’autres dieux ? Seulement les dieux de l’Olympe ?

– Et quels autres ? Ne sont-ils pas déjà trop nombreux ?

– Oui, bien trop nombreux. Mais il en est d’autres, sur les autels desquels tous les hommes viennent brûler de l’encens, même des prêtres, des scribes, des rabbins, des pharisiens, des saducéens, des hérodiens, qui tous appartiennent à Israël, n’est-ce pas ? Non seulement eux, mais même mes disciples.

– Ah, pour cela, non ! Affirment-ils tous unanimement.

– Non ? Mes amis... Lequel d’entre vous n’a pas un culte secret, si ce n’est plusieurs ? Pour l’un, c’est la beauté et l’élégance. Pour un autre, l’orgueil de ses connaissances. Un troisième encense l’espoir de devenir grand, humainement. Un autre encore adore la femme. Certains, l’argent... Un autre se prosterne devant son érudition... et ainsi de suite. En vérité, je vous dis qu’il n’y a pas d’homme qui ne soit marqué par l’idolâtrie. Alors comment mépriser ceux qui sont païens par malchance, lorsque, malgré l’appartenance au Dieu vrai, on reste volontairement païen ?

– Mais nous sommes des hommes, Maître, s’exclament plusieurs.

– C’est vrai. Mais alors... ayez de la charité pour tous, car moi, je suis venu pour tous et vous n’êtes pas au-dessus de moi.

– Mais, en attendant, ils nous accusent, et ta mission en est entravée.

– Elle ira quand même de l’avant. »

EMV 116.3 · Tome 2, p. 265-267

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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116.3 Pierre, peut-être parce qu’il est assis à côté de Jésus, est tellement aux anges qu’il en est tout miel :

« A propos de femmes, voici quelques jours qu’une femme toute voilée ne cesse de nous suivre, en fait depuis que tu as parlé la première fois à Béthanie, après le retour de Judée. J’ignore comment elle fait pour connaître nos intentions. Je sais qu’elle est presque toujours là, soit après les derniers rangs de gens qui t’écoutent si tu parles, soit derrière ceux qui te suivent si tu marches, ou encore derrière nous, quand nous allons t’annoncer dans les campagnes. A Béthanie, la première fois, elle m’a murmuré derrière son voile : “ Cet homme qui va parler, c’est bien Jésus de Nazareth ? ” Je lui ai répondu que oui et le soir même elle était derrière un tronc d’arbre à t’écouter. Puis je l’avais perdue de vue. Mais, maintenant, ici, à Jérusalem, je l’ai vue deux ou trois fois. Aujourd’hui, je lui ai demandé : “ As-tu besoin de lui ? Tu es malade ? Tu veux une obole ? ” Elle m’a toujours répondu non par un signe de tête, car elle ne parle avec personne.

– Un jour elle m’a demandé : “ Où habite Jésus ? ”, dit Jean. Et je lui ai répondu : “ A Gethsémani. ”

– Bravo, imbécile ! Lance Judas, en colère. Il ne fallait pas. Tu aurais dû lui répliquer : “ Dévoile-toi. Fais-toi connaître et je te le dirai. ”

– Mais depuis quand devons-nous demander cela ? ! S’exclame Jean, simple et innocent.

– Les autres, on les voit. Celle-là est toute voilée. C’est peut-être une espionne, ou une lépreuse. Elle ne doit pas nous suivre et savoir quoi que ce soit. Si c’est une espionne, c’est pour nous faire du mal. Peut-être est-elle payée par le Sanhédrin...

– Ah, le Sanhédrin utilise de tels procédés ? demande Pierre. En es-tu sûr ?

– Absolument certain. J’ai appartenu au Temple, et je sais.

– Ça par exemple ! Commente Pierre. La raison que le Maître vient de nous indiquer lui va comme un gant...

– Quelle raison ? »

Judas est déjà rouge de colère.

« Que même parmi les prêtres, il y a des païens.

– En quoi cela a-t-il à voir avec le fait de payer un espion ?

– C’est tout simple : pourquoi payent-ils ? Pour abattre le Messie et assurer leur triomphe. Ils s’élèvent donc sur l’autel avec leur âme malpropre sous une apparence pure, répond Pierre avec son bon sens populaire.

– Bon, en somme, abrège Judas, cette femme est un danger pour nous ou pour la foule. Pour la foule si c’est une lépreuse, pour nous si c’est une espionne.

– Ou plutôt pour lui, tout au plus, réplique Pierre.

– Mais si lui tombe, nous tombons aussi...

– Ah ! Ah ! Fait Pierre en riant : si on tombe, l’idole tombe en morceaux, on a risqué son temps, sa réputation et peut-être sa peau, et alors ah ! Ah !... et alors il vaut mieux chercher à empêcher sa chute ou... s’éloigner à temps, n’est-ce pas ? Pour moi, au contraire, regarde. Je l’embrasse plus étroitement. S’il tombe, abattu par ceux qui sont traîtres de Dieu, je veux tomber avec lui. »

Pierre, de ses bras courts, enlace étroitement Jésus.

Tout attristé, Jean, qui est en face de Jésus, dit :

« Je ne croyais pas avoir fait tant de mal, Maître. Frappe-moi, maltraite-moi, mais sauve-toi. Malheur si j’étais la cause de ta mort ! Ah, je ne pourrais plus retrouver la paix ! Je sens que mon visage fondrait en larmes et que mes yeux en seraient brûlés. Qu’ai-je donc fait ! Judas a raison : je suis un sot !

– Non, Jean, tu n’es pas sot et tu as bien agi. Laissez-la toujours venir. Et respectez son voile. Elle peut l’avoir mis en guise de défense dans un combat entre péché et soif de rédemption. Savez-vous quelles blessures frappent un être quand de tels combats surviennent ? Connaissez-vous ses pleurs et le rouge qui lui monte au front ? Tu as dit, Jean, mon cher fils au bon coeur d’enfant, que ton visage se creuserait sous l’effet de tes pleurs intarissables si tu avais été pour moi une cause de mal. Mais sache que lorsqu’une conscience qui s’éveille commence à ronger une chair qui a été péché, pour la détruire et triompher par l’esprit, elle doit forcément consumer tout ce qui a été attraits de la chair, et la créature vieillit, se fane sous l’ardeur de ce feu qui la travaille. Ce n’est qu’après, une fois la rédemption achevée, qu’elle se refait une beauté nouvelle, sainte et plus parfaite, car c’est la beauté de l’âme qui affleure dans le regard, le sourire, la voix, l’honnête hauteur du front sur lequel est descendu et resplendit comme un diadème le pardon de Dieu.

– Alors, je n’ai pas mal agi ?...

– Non, et Pierre non plus. Laissez-la faire.

Détail

Jésus a peu de temps auparavant parler de l'idolâtrie qui peut se cacher chez ses apôtres et chez les membres d'Israël. À présent, Pierre parle d'une femme voilée qui viendra à la Belle-Eau.

EMV 116.4 · Tome 2, p. 268-269

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« (...) Maître, voici Nicodème » dit Jean en entrant le premier.

On se salue puis Simon prend Jean avec lui et sort de la cuisine pour les laisser seuls.

« Maître, pardonne-moi si j’ai voulu te parler en secret. Je me méfie, pour toi et pour moi, de beaucoup de gens. Ma conduite n’est pas uniquement lâche. Il y a aussi de la prudence et le désir de t’aider plus que si je t’appartenais ouvertement. Tu as beaucoup d’ennemis. Je suis du petit nombre de ceux qui, ici, t’admirent. J’ai pris conseil auprès de Lazare. Lazare est puissant par sa naissance. On le craint parce qu’il est en faveur près de Rome, juste aux yeux de Dieu, sage par maturité d’esprit et par sa culture. Il est à la fois ton véritable ami et le mien. C’est pour cela que j’ai voulu m’entretenir avec lui et je suis heureux qu’il ait eu le même avis que moi. Je lui ai rapporté les dernières... discussions du Sanhédrin à ton sujet.

– Les dernières accusations. Dis la vérité toute nue, telle qu’elle est.

– Les dernières accusations. Oui, Maître. J’étais sur le point de dire : “ Eh bien, moi aussi, je suis des siens ”, pour qu’au moins, dans cette assemblée, il y ait quelqu’un en ta faveur. Mais Joseph, qui s’était approché de moi, m’a dit tout bas : “ Tais-toi. Gardons secrète notre manière de voir. Je te parlerai après. ” Et, à la sortie, il m’a dit, oui, réellement : “ Cela vaut mieux ainsi. S’ils savent que nous sommes disciples, ils nous tiendront à l’écart de leurs pensées et de leurs décisions, et ils peuvent lui nuire et nous nuire. S’ils pensent que nous sommes simplement intéressés par son enseignement, ils n’agiront pas en cachette de nous. ” J’ai compris qu’il avait raison. Ils sont tellement... mauvais ! J’ai encore mes intérêts et mes devoirs... et Joseph aussi... Tu comprends, Maître.

– Je ne vous fais aucun reproche. (...) »

EMV 116.7 · Tome 2, p. 270-271

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116.7 – Maître, tu es triste et déçu. Tu as raison. Tous t’écoutent, et croient en toi uniquement pour obtenir des miracles. Même un courtisan d’Hérode qui devait forcément avoir corrompu sa bonté naturelle dans cette cour incestueuse, et même encore des soldats romains croient en toi. Il n’y a que nous, de Sion, qui sommes si durs... Mais pas tous. Tu le vois... Maître, nous savons que tu es venu de la part de Dieu, et qu’il n’existe pas de plus grand docteur que toi. Même Gamaliel le dit. Personne ne peut faire les miracles que tu fais, s’il n’a pas Dieu avec lui. Cela, même les savants comme Gamaliel le croient. Alors comment se fait-il que nous ne puissions avoir la foi que possèdent les petits d’Israël ?

Détail

Jésus a annoncé à Nicodème qu'il se retirait un temps de la Judée et ce dernier lui répond.