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Elisabeth et Zacharie

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EMV 30.8 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Tu ne désires rien ? Tu n’as pas de parents à qui faire savoir que ton Fils est né ?

– ­ Si, j’en aurais. Mais ils sont loin d’ici. Ils habitent Hébron.

– J’y vais, moi » dit Elie. « De qui s’agit-il ?

– Zacharie le prêtre et Elisabeth ma cousine.

– Zacharie ? Ah, je le connais bien ! En été, je vais dans ces montagnes, car les pâturages y sont riches et beaux, et je suis l’ami de son berger. Dès que je te saurai bien installée, je partirai chez Zacharie.

– ­ Merci, Elie.

– De rien. C’est un grand honneur pour moi, qui suis un pauvre berger, d’aller parler au prêtre et de lui annoncer : “ Le Sauveur est né. ”

– Non, tu lui diras : “ Marie de Nazareth, ta cousine, a dit que Jésus est né et te demande de venir à Bethléem. ”

– Je le ferai.

– Que Dieu t’en récompense.

EMV 31 · Tome 1, p. 202-208

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Titre du chapitre : Visite de Zacharie. La sainteté de Joseph et l’obéissance aux prêtres.

Date de la vision et de la dictée : Jeudi 8 juin 1944 (Fête-Dieu)

Calendrier : Lundi 30 décembre de l'an -5

Lieux (carte) : Bethléem

Cycle : Naissance et enfance de Jésus

Résumé : Zacharie arrive à Bethléem. C'est Joseph qui vient l'accueillir, car Marie donne du lait à Jésus. Le charpentier prend des nouvelles de Jean, qui grandit très bien, mais qui souffre des dents : il ne l'a donc pas emmené avec lui. Elisabeth non plus n'est pas venue, non seulement pour veiller sur son fils, mais aussi parce qu'il fait très froid. Joseph comprend et il décrit au prêtre les conditions difficiles qu'ils ont vécues après la naissance de Jésus. Comme le dit l'époux de Marie, tout était prêt à Nazareth, mais ils n'avaient rien ici.

La Vierge arrive sur ces entrefaites et elle présente l'Enfant, après avoir salué le prêtre. Zacharie vénère Jésus avec le plus grand des respects. Le vieillard donne alors des cadeaux de sa part et d'Elisabeth. L'Immaculée regrette qu'elle n'ait pas su venir avec Jean et Zacharie assure qu'elle les verra bientôt. En effet, le vieil homme pense qu'ils doivent habiter à Bethléem, pour que, le temps venu, il soit mieux accepté par le Sanhédrin, et pour que Zacharie puisse lui servir de maître.

Joseph et Marie se regardent, ne sont pas spécialement d'accord avec la vision de Zacharie. L'un pense à son travail, l'autre à sa maison et à tout ce qu'ils ont laissé sur place. C'est ce qu'affirme Marie, d'autant qu'aller chercher leurs affaires est difficile, comme ils n'ont aucune maison pour tout entreposer à Bethléem. Puis, surtout, Marie pense à Joseph et Joseph pense à Marie. Son chaste époux est cependant prêt à travailler le double si c'est pour Jésus.

Marie tente enfin d'objecter une dernière fois, en soulignant que le Messie sera appelé Nazaréen, mais Zacharie n'entend pas raison, et les saints parents obtempèrent à son désir...

Marie donne alors une dictée sur la sainteté de Joseph, qui ne se préoccupe pas de travailler plus, de tout abandonner si c'est pour ses deux trésors : Marie et Joseph. Elle parle ensuite de Zacharie, qui est prêtre, mais qui a moins le coeur tourné vers le Ciel que Joseph. Zacharie pense humainement et se pensait plus savant que Marie, au point même de pouvoir servir de maître au Maître. Bien sûr, Marie objecte face à ses propos et celle-ci aurait pu triompher dans leur conversation, mais elle se retire à cause de la dignité du prêtre.

Après avoir souligné qu'un prêtre est généralement éclairé par Dieu, Marie souligne enfin qu'obéir sauve toujours, même si le conseil qu'on reçoit n'est pas absolument parfait. Rester à Bethléem et en Judée fut une bonne chose lorsque survint la fuite en Égypte : de Nazareth, cela aurait été bien plus difficile.

Pour terminer, Marie nous apprend que le respect du prêtre est toujours le signe d'une bonne formation chrétienne. Même s'ils perdent leur flamme apostolique, c'est toujours eux qui font descendre du Paradis le Pain du Ciel, et ce contact les rend "aussi saints qu'un calice sacré". Nous devons donc les considérer comme tels et prier pour eux si leur âme est paralysée et malade. Nous devons prier le Christ pour leur sanctification, car sauver une âme sacerdotale, "c'est sauver un grand nombre d'âmes".

Contenu du chapitre : 31.1 : Arrivée de Zacharie seul à qui Joseph raconte les péripéties de la Nativité. 31.2 : "L'Hostie" dans les bras de Zacharie. 31.3 : Des cadeaux d'Élisabeth pour l'enfant. 31.4 : Le Messie doit grandir à Bethléem. 31.5 : Zacharie convainc le couple de s'établir à Bethléem. 31.6 : La sainteté de Joseph. 31.7 : Zacharie versus Joseph. 31.8 : Les vrais prêtres et les autres. 31.9 : L'obéissance sauve toujours. 31.10 : Le respect à l'égard du prêtre est toujours une marque d'intégrité chrétienne.

EMV 31.1 · Tome 1

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31.1 Je revois la longue pièce où j’avais vu la rencontre des Mages avec Jésus et leur adoration. Je comprends que je me trouve dans la maison hospitalière où la sainte Famille a été accueillie. J’assiste à l’arrivée de Zacharie, mais Elisabeth n’est pas avec lui.

La maîtresse de maison sort en courant à la rencontre de l’hôte qui arrive, elle le conduit près d’une porte et frappe. Puis, discrètement, elle se retire.

Joseph ouvre et pousse un cri de joie à la vue de Zacharie. Il le fait entrer dans une chambre aussi étroite qu’un couloir.

« Marie donne le sein à l’Enfant. Attends un peu. Assieds-toi, tu dois être fatigué. »

Il fait place à son hôte sur son lit et s’assied à côté de lui.

J’entends Joseph lui demander des nouvelles de son petit Jean, et Zacharie répond :

« Il grandit avec la vigueur d’un poulain. Mais en ce moment, il souffre un peu des dents, c’est la raison pour laquelle nous avons préféré ne pas l’amener. Il fait très froid, aussi Elisabeth n’est-elle pas venue elle non plus. Elle ne pouvait le laisser sans lait. Elle en est désolée, mais cette saison est tellement rigoureuse !

– Le temps est en effet très sévère, répond Joseph.

– L’homme que vous m’avez envoyé m’a appris que vous n’aviez pas de toit au moment de la naissance. Qui sait ce que vous avez dû souffrir...

– Beaucoup, en effet. Mais notre peur était plus grande que notre inconfort. Nous redoutions que cela ne nuise à l’Enfant. Les premiers jours, nous avons dû rester sur place. Nous, nous n’avons manqué de rien, car les bergers ont annoncé cette bonne nouvelle aux habitants de Bethléem et beaucoup nous ont apporté des cadeaux. Mais il manquait une maison, il manquait une chambre bien abritée, et Jésus pleurait beaucoup, surtout la nuit, à cause du vent qui entrait de tous côtés... Je faisais bien du feu, mais peu, parce que la fumée faisait tousser le Bébé... et le froid demeurait. Deux animaux n’apportent que peu de chaleur, surtout là où l’air entre de partout ! Nous manquions d’eau chaude pour le laver, de linge propre pour le changer. Ah, il a beaucoup souffert ! Et Marie souffrait de le voir souffrir. Je souffrais moi aussi... Alors tu peux imaginer, elle qui est sa Mère ! Elle lui donnait son lait et ses larmes, son lait et son amour... Maintenant, ici, ça va mieux. J’avais préparé un berceau bien confortable et Marie l’avait garni d’un petit matelas douillet. Mais il est à Nazareth ! Ah, s’il avait été là, tout aurait été bien différent !

– Mais le Christ devait naître à Bethléem. Les prophètes l’avaient annoncé. »

EMV 31.1 · Tome 1

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J’entends Joseph lui demander des nouvelles de son petit Jean, et Zacharie répond :

« Il grandit avec la vigueur d’un poulain. Mais en ce moment, il souffre un peu des dents, c’est la raison pour laquelle nous avons préféré ne pas l’amener. Il fait très froid, aussi Elisabeth n’est-elle pas venue elle non plus. Elle ne pouvait le laisser sans lait. Elle en est désolée, mais cette saison est tellement rigoureuse !

– Le temps est en effet très sévère, répond Joseph.

EMV 31.2 · Tome 1

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31.2 Marie, qui les a entendus parler, entre. Elle est entièrement vêtue de laine blanche. Elle a retiré l’habit sombre qu’elle portait pour le voyage et dans la grotte, et elle porte un vêtement tout blanc que je lui ai déjà vu à d’autres reprises. Elle n’a rien sur la tête et tient dans ses bras Jésus, qui dort, rassasié de lait, dans ses langes blancs.

Zacharie se lève respectueusement et s’incline avec vénération, puis il s’approche et regarde Jésus avec les marques du plus grand respect. S’il se tient penché, c’est moins pour mieux le voir que pour lui rendre hommage. Marie le lui présente, et Zacharie le prend avec une telle adoration qu’il semble soulever un ostensoir. Et c’est effectivement l’Hostie qu’il prend dans ses bras, l’Hostie déjà offerte et dont le sacrifice sera consommé lorsqu’elle se sera donnée aux hommes en nourriture d’amour et de rédemption. Puis Zacharie rend Jésus à Marie.

EMV 31.3 · Tome 1

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31.3 Tous s’asseyent et Zacharie répète à Marie la raison pour laquelle Elisabeth n’est pas venue, et la peine qu’elle en éprouve.

« Les mois derniers, elle avait préparé du linge pour ton Fils béni. Je te l’ai apporté. Il est sur le chariot, en bas. »

Il se lève et sort, pour revenir avec un gros paquet accompagné d’un autre plus petit. Du premier – dont Joseph le débarrasse immédiatement comme du second - il tire aussitôt ses cadeaux : une couverture de laine bien moelleuse, tissée à la main, du linge et de petits vêtements. Du second, il sort du miel, de la farine très blanche, du beurre et des pommes pour Marie, ainsi que des galettes pétries et cuites par Elisabeth, et bien d’autres choses encore qui montrent l’affection maternelle de la reconnaissante cousine de Marie pour la jeune mère.

« Tu diras à Elisabeth que je lui en suis très reconnaissante, tout comme je te le suis. J’aurais beaucoup aimé la voir, mais je comprends ses raisons. J’aurais aussi voulu revoir le petit Jean...

– ­ Vous le verrez au printemps : nous viendrons chez vous.

– Nazareth est trop loin, dit Joseph.

EMV 31.4-5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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31.4 – Nazareth ? Mais vous devez rester ici ! Le Messie doit grandir à Bethléem. C’est la cité de David. Le Très-Haut l’a conduit, par le biais de la volonté de César, à naître sur la terre de David, la terre sainte de Judée. Pourquoi l’emmener à Nazareth ? Vous savez comment les juifs jugent les Nazaréens. Demain, cet Enfant devra être le Sauveur de son peuple. Il ne faut pas que la capitale méprise son Roi sous prétexte qu’il vient d’une terre qu’ils dénigrent. Vous savez aussi bien que moi combien le Sanhédrin est susceptible et comme les trois castes principales sont méprisantes... D’ailleurs, en restant ici, non loin de moi, je pourrai vous aider quelque peu et mettre tout ce que j’ai au service du Nouveau-Né, moins en biens matériels qu’en dons moraux. Et lorsqu’il sera en âge de comprendre, je serai très heureux de lui servir de maître comme à mon enfant, pour que, une fois devenu grand, il me bénisse. Nous devons garder à l’esprit la grandeur de son destin et donc penser qu’il doit pouvoir se présenter au monde avec toutes les cartes en main pour gagner facilement sa partie. Certes, il possèdera la Sagesse. Mais le simple fait qu’un prêtre lui aura servi de maître le fera accepter plus aisément par les pharisiens difficiles à convaincre et par les scribes. Cela lui facilitera sa mission. »

31.5 Marie regarde Joseph et Joseph regarde Marie. Un échange de questions muettes s’engage par-dessus la tête innocente de l’Enfant, qui dort, tout rose et ignorant. Et ce sont des questions empreintes de tristesse. Marie pense à sa petite maison, Joseph à son travail. Ici, tout est à recommencer, à un endroit où, il y a quelques jours à peine, ils étaient des inconnus. Il n’y a ici aucun de ces objets chers laissés là-bas et préparés avec tant d’amour pour l’Enfant.

C’est bien ce que dit Marie :

« Mais comment faire ? Nous avons tout laissé là-bas. Joseph a tellement travaillé pour mon Jésus, sans s’épargner ni effort ni argent ! Il le faisait de nuit pour pouvoir travailler pendant la journée pour les autres et gagner ainsi de quoi acheter les plus beaux bois, la laine la plus moelleuse, le lin le plus blanc pour tout préparer pour Jésus. Il avait construit des ruches et entrepris des travaux de maçonnerie pour organiser autrement la maison, afin que le berceau puisse être mis dans ma chambre et y rester jusqu’à ce que Jésus ait grandi, et pour pouvoir y créer de la place pour un lit, puisque Jésus couchera dans ma chambre tant qu’il sera un jeune garçon.

– Joseph peut aller chercher ce que vous avez laissé là-bas.

– Mais où le mettre ? Tu le sais, Zacharie, nous sommes pauvres. Nous n’avons que notre travail et notre maison. L’un et l’autre nous permettent d’aller de l’avant sans avoir faim. Mais ici... nous trouverons peut-être du travail. Mais il nous faudra toujours nous occuper de trouver une maison. Cette brave femme ne peut nous héberger continuellement. Et moi, je ne peux imposer à Joseph davantage de sacrifices qu’il n’en fait déjà pour moi !

– Oh, moi ! Ce n’est rien pour moi... Je pense plutôt à la douleur de Marie de ne pas vivre chez elle... »

Marie a deux grosses larmes aux yeux.

« Je pense que cette maison doit lui être aussi chère que le Paradis en raison du miracle qui s’y est accompli... Même si je parle peu, je comprends beaucoup. Si ce n’était pas pour cela, je me sacrifierais volontiers. Je travaillerais deux fois plus, voilà tout. Je suis assez fort et jeune pour travailler le double de ce que je faisais et pourvoir à tout. Et si Marie n’en souffre pas trop... si tu dis qu’il est bien d’agir ainsi... pour ma part, me voici. Je fais ce qui vous semble le plus juste. Il me suffit que cela soit utile pour Jésus.

– Cela lui sera sûrement utile. Pensez-y et vous en verrez les raisons.

– On dit également que le Messie sera appelé Nazaréen..., objecte Marie.

– C’est juste. Du moins, faites en sorte qu’il grandisse en Judée jusqu’à ce qu’il devienne adulte. Le prophète dit : “ Et toi, Bethléem Ephrata, tu seras la plus grande parce que de toi sortira le Sauveur. ” Il ne parle pas de Nazareth. Ce nom lui sera peut-être donné pour une raison que nous ignorons. Mais sa terre, c’est celle-ci.

– C’est toi qui le dis, prêtre, et nous... nous... avec quelle douleur nous t’écoutons... et nous te donnons raison. Mais quelle souffrance ! Quand reverrai-je cette maison où je suis devenue mère ? »

Marie pleure doucement. Comme je comprends son chagrin, ah, comme je le comprends !

La vision s’arrête sur ces larmes de Marie.

Détail

Après la Nativité, Zacharie va visiter Joseph et Marie. Il est est opposé à ce que la Sainte Famille retourne à Nazareth.

EMV 31.7 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Zacharie est un prêtre. Joseph ne l’est pas, mais vois comme celui qui ne l’est pas a le coeur tourné vers le Ciel plus que le prêtre. Zacharie pense humainement, et c’est humainement qu’il interprète les Ecritures : il se laisse trop guider par le bon sens humain ; ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’il le fait­. Il en a déjà été puni, mais il retombe dans ce travers, bien que moins gravement. Au sujet de la naissance de Jean, il avait dit : “ Comment cela pourrait-il se produire puisque je suis vieux et que ma femme est stérile ? ” Il affirme maintenant : “ Pour aplanir son chemin, le Christ doit grandir ici ” et, avec cette racine d’orgueil qui persiste chez les meilleurs, il pense pouvoir être utile, lui, à Jésus. Non pas utile comme Joseph veut l’être en le servant, mais utile en lui servant de maître... Dieu le lui a pardonné parce que son intention était bonne. Mais le “ Maître ” avait-il donc besoin d’avoir des maîtres ?

J’ai essayé de lui faire voir la lumière dans les prophéties. Mais il se sentait plus savant que moi et accommodait à sa façon son interprétation. J’aurais pu insister et l’emporter. Mais - et c’est là la seconde observation que je te fais faire - je fais preuve de respect envers le prêtre en raison de sa dignité, et non en raison de ses connaissances.

Détail

Marie fait référence à la vision donnée dans l'EMV 31.1-5.

EMV 45.6 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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(...) Jean, mon cousin Jean, avait été purifié de la faute quand la Pleine de Grâce s’était penchée avec amour pour embrasser celle qui, de stérile, était devenue féconde, Elisabeth. Le bébé avait tressailli de joie dans son sein en sentant les écailles de la faute tomber de son âme comme une croûte tombe d’une plaie au moment de la guérison. L’Esprit Saint, qui avait fait de Marie la Mère du Sauveur, commença son oeuvre de salut à travers Marie, Ciboire vivant du Salut incarné pour cet enfant qui allait naître et était destiné à m’être uni, moins par le sang que par la mission qui fit de nous comme les lèvres qui forment la parole. Jean était les lèvres et moi la Parole. Il était le Précurseur dans l’Evangile et par sa destinée de martyr. Moi, celui qui transmet ma divine perfection à l’Evangile inauguré par Jean et son martyre pour la défense de la Loi de Dieu.

EMV 75.4 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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75.4 Et les autres ? Vous étiez douze : Elie, Lévi, Samuel, Jonas, Isaac, Tobie, Jonathas, Daniel, Siméon, Jean, Joseph et Benjamin. Ma Mère me répétait toujours vos noms, les noms de mes premiers amis.

– Oh ! »

Les bergers sont toujours plus émus.

« Où sont les autres ?

– Le vieux Samuel est mort de vieillesse il y a vingt ans de cela. Joseph a été tué en se battant à la porte de son enclos, pour donner le temps à son épouse – qui était mère depuis quelques heures – de s’enfuir avec celui-ci que j’ai recueilli par amour pour mon ami, et pour... et pour avoir encore des enfants autour de moi. J’ai pris aussi Lévi avec moi... Il était persécuté. Benjamin est berger sur le mont Liban, avec Daniel. Siméon, Jean et Tobie – qui maintenant a pris le nom de Mathias en souvenir de son père, tué lui aussi – sont disciples de Jean. Jonas est dans la plaine d’Esdrelon, au service d’un pharisien. Isaac a les reins malades, il est dans une misère absolue, et il est seul, à Yutta. Nous l’aidons comme nous pouvons... mais nous sommes tous battus et ce sont des gouttes d’eau dans un incendie. Jonathas est maintenant serviteur chez un grand de la cour d’Hérode.

– Comment avez-vous pu, spécialement Jonathas, Jonas, Daniel et Benjamin, trouver ces emplois ?

– Je me souvenais de Zacharie, ton parent... Ta Mère m’avait envoyé à lui. Et quand nous nous sommes trouvés aux prises avec la furie des juifs, fugitifs et maudits, je les lui ai adressés. Il s’est montré bon. Il nous a protégés, nourris, il nous a cherché des patrons, comme il le pouvait. J’avais déjà pris tout le troupeau d’Anne passé à l’hérodien... et je suis resté avec lui... Une fois adulte, Jean-Baptiste a commencé à prêcher, et Siméon, Jean et Tobie l’ont suivi.

– Mais, maintenant, Jean-Baptiste est prisonnier.

– Oui. Et eux circulent aux environs de Machéronte, avec un petit troupeau. Il leur a été donné par un riche, un disciple de Jean ton parent, pour écarter les soupçons.

– Je voudrais les voir tous.

– Oui, Seigneur. Nous irons leur annoncer : “ Venez, il est vivant. Il se souvient de nous et nous aime. ”

– Et il veut les compter au nombre de ses amis.

– Oui, Seigneur.

– Mais pour commencer, nous irons voir Isaac. Quant à Samuel et Joseph, où sont-ils enterrés ?

– Samuel, à Hébron. Il est resté au service de Zacharie. Joseph... n’a pas de tombeau, Seigneur. Il a brûlé avec sa maison.

– Il sera bientôt dans la gloire, non pas dans les flammes des hommes cruels, mais dans les flammes du Seigneur. Je vous l’assure ; à toi, Joseph, fils de Joseph, je te l’assure. Viens que je t’embrasse en guise de remerciement à ton père.

– Et mes enfants ?

– Ce sont des anges, Elie. Des anges qui rediront le “ Gloria ” quand le Sauveur sera couronné.

– Couronné roi ?

– Non, Rédempteur. Oh ! Cortège des justes et des saints ! D’abord, les phalanges, blanches et pourpres des petits martyrs ! Et, une fois que sera ouverte la porte des limbes, nous monterons ensemble au Royaume où l’on ne meurt plus. Et puis vous verrez et retrouverez vos pères, mères et enfants dans le Seigneur ! Ayez foi.

– Oui, Seigneur.

– Appelez-moi : Maître.

Détail

Résumé : Jésus a retrouvé Elie et Lévi, deux bergers de la Nativité. Il explique où sont les autres pâtres, ce qu'a fait Zacharie pour eux, et qui a suivi Jean-Baptiste quand il a commencé sa mission de Précurseur.

J'avais déjà pris tout le trouveau d'Anne passé à l'hérodien... et je suis resté avec lui... une note de la deuxième étidtion fait la précision suivante.

Cela signifie : *le troupeau que je gardais pour le compte d'Anne avait été pris par l'hérodien, si bien que je suis passé au service de ce dernier.