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Soixante-douxe disciples

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EMV 103 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Jésus se déplace avec Jonathas et les disciples pour retrouver Benjamin et Daniel, deux bergers de la Nativité. Ils parlent d'Hérode et de Philippe, son frère, ainsi de Kouza qui sert le Tétrarque. Puis, ils en viennent à parler des martyrs qui donneront leurs vies pour le Christ et Jésus parle du martyre de Pierre. Plus tard, la vision continue, et le groupe parle de Doras ainsi que de la façon dont il a rendu Jonas esclave. Vient enfin la rencontre avec les bergers Daniel et Benjamin, qui sont évidemment tout heureux de revoir leur Seigneur.

EMV 103.1-2 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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103.1 Jésus marche à côté de Jonathas le long d’une chaussée verte et ombragée. Derrière, les apôtres discutent.

Mais Pierre se détache, va en avant et, franc comme toujours, demande à Jonathas :

« Mais la route qui va à Césarée de Philippe n’était-elle pas plus courte ? Nous avons pris celle-là... et quand allons-nous arriver ? Toi, quand tu accompagnais ta maîtresse, tu avais pris l’autre ?

– Avec une malade, j’ai tout risqué. Mais tu dois penser que j’appartiens au personnel d’un courtisan d’Hérode Antipas et, après cet adultère incestueux, Philippe ne voit pas d’un bon oeil les courtisans d’Hérode... Ce n’est pas pour moi, tu sais, que je crains. Mais je ne veux pas vous causer des ennuis et vous créer des ennemis, à vous et au Maître en particulier. Il faut que la Parole parvienne dans la tétrarchie de Philippe comme dans celle d’Hérode Antipas... or, s’ils vous haïssent, comment cela serait-il possible ? Au retour, vous prendrez l’autre route, si vous la croyez meilleure.

– Je loue ta prudence, Jonathas, mais au retour je compte passer par le territoire de la Phénicie, dit Jésus.

– Elle est prise dans les ténèbres de l’erreur.

– J’irai sur les frontières pour leur rappeler qu’il existe une Lumière.

– Tu crois que Philippe se vengerait sur un serviteur du tort que lui a fait son frère ? demande Pierre à Jonathas.

– Oui, Pierre. Ils se valent bien l’un l’autre. Ils sont dominés par les instincts les plus bas et ne font aucune distinction. Ils ressemblent à des animaux et non à des hommes, tu peux me croire.

– Et pourtant nous, je veux dire Jésus, en tant que parent de Jean-Baptiste, devrait lui être cher. Au fond, Jean, en parlant au nom de Dieu, a parlé aussi en faveur de Philippe.

– Il ne vous demanderait même pas d’où vous venez ni qui vous êtes. Si on vous voyait avec moi, si on me reconnaissait ou si j’étais dénoncé par un ennemi de la maison d’Hérode Antipas comme serviteur de son Procurateur, on vous emprisonnerait tout de suite. Si vous saviez quelle fange il y a derrière les vêtements de pourpre ! Vengeances, abus, dénonciations, luxure et vols, voilà la nourriture de leur âme. D’ailleurs, leur âme... c’est une manière de dire, car je crois qu’ils n’ont même plus d’âme. Vous le voyez. Ça s’est bien terminé, mais pourquoi Jean a-t-il été libéré ? Par suite d’une vengeance entre deux officiers de la cour. L’un d’eux, pour se débarrasser de l’autre qu’Hérode Antipas avait favorisé en lui donnant la garde de Jean, et aussi pour toucher un gros sac, ouvrit pendant la nuit les portes de la prison... Je crois qu’il avait étourdi son rival avec du vin épicé et le matin suivant... le malheureux fut décapité à la place de Jean-Baptiste qui s’était évadé. Ils sont répugnants, je te le dis.

– Et ton patron y reste ? Il me paraît bon.

– Oui, mais il ne peut faire autrement. Son père et son grand-père appartenaient à la cour d’Hérode le Grand, et le fils doit forcément y rester. Il n’approuve pas, mais il ne peut que se borner à garder son épouse loin de cette Cour vicieuse.

– Ne pourrait-il pas dire : “ Cela me dégoûte ” et s’en aller ?

– Il le pourrait, mais, si bon qu’il soit, il n’en est pas encore capable. Cela entraînerait une mort certaine. Et qui donc veut mourir par une fidélité spirituelle portée à son plus haut degré ? Un saint comme Jean-Baptiste. Mais nous, pauvres de nous... ! »

103.2 Jésus, qui les a laissés parler entre eux, intervient :

« Dans quelque temps, sur tous les points de la terre connue, on verra, aussi nombreux que les fleurs sur un pré en avril, les saints heureux de mourir pour cette fidélité à la grâce et pour l’amour de Dieu !

EMV 103.3-5 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Après une assez longue interruption, je recommence à avoir la vision : ils ont déjà quitté la plaine pour gravir une montagne boisée, sur un chemin qui ne cesse de monter. Ce ne doit pourtant pas être le même jour car, si précédemment la matinée était torride, c’est maintenant une belle aurore naissante qui, sur toutes les tiges d’herbes, allume des diamants liquides. Ils ont franchi des bois et encore des bois de conifères qu’ils dominent maintenant de plus haut et qui, tels des dômes de verdure, accueillent entre leurs troncs les pèlerins infatigables.

Vraiment, ce Mont Liban est une chaîne extraordinaire. Je ne sais si on appelle Liban tout cet ensemble ou bien cette seule montagne. Ce que je sais en revanche, c’est que je vois des massifs boisés se dresser dans tout un enchevêtrement de crêtes et d’escarpements, de vallées et de plateaux le long desquels courent, pour retomber ensuite dans les vallées, des torrents qui ressemblent à des rubans d’argent d’un vert légèrement bleuté. Des oiseaux de toutes sortes remplissent de leurs chants et de leurs vols les bois de conifères. On hume à cette heure matinale tout un parfum de résine. Si l’on se tourne vers la vallée, ou plutôt vers l’occident, on aperçoit la mer qui rit au loin, immense, paisible, solennelle, et toute la côte qui s’étend au nord, au sud, avec ses villes, ses ports et les rares cours d’eau, qui se jettent dans la mer en traçant à peine une virgule brillante sur la terre aride, vu leur faible niveau d’eau que le soleil d’été sèche, et une traînée jaunâtre sur le bleu de la mer.

« Ce sont de beaux paysages, s’extasie Pierre.

– Il ne fait plus aussi chaud, dit Simon.

– Avec ces arbres le soleil nous gêne peu..., ajoute Matthieu.

103.4 – C’est d’ici que l’on a pris les cèdres du Temple ? demande Jean.

– Oui, c’est d’ici. Ce sont ces forêts qui donnent les bois les plus beaux. Le maître de Daniel et de Benjamin en possède un très grand nombre, sans compter de riches troupeaux. On les scie sur place et on les porte à la vallée par ces canaux ou à la main. C’est un travail difficile quand les troncs doivent être employés tout entiers comme ce fut le cas pour le Temple. Mais le patron paie bien et il a beaucoup de gens à son service. Et puis, il est assez bon. Il n’est pas comme ce féroce Doras.

(...) 103.5 – Nous voici sur les terres d’Elisée. Les pâturages sont encore loin, mais à cette heure, les brebis sont presque toujours au bercail à cause du soleil. Je vais voir si elles y sont. »

Sur ce, Jonathas part au pas de course. Il revient quelque temps après avec deux pâtres grisonnants et robustes qui se précipitent au bas de la pente pour rejoindre Jésus.

« Paix à vous.

– Oh ! Notre Bébé de Bethléem ! » dit l’un ; et l’autre : « Paix de Dieu venue à nous, sois bénie. »

Les hommes sont prosternés sur l’herbe. On ne salue pas un autel aussi profondément qu’ils saluent le Maître.

« Relevez-vous. Je vous retourne votre bénédiction et je suis heureux de le faire, car elle vient joyeusement sur ceux qui en sont dignes.

– Oh, dignes, nous... !

– Oui, vous, qui êtes toujours fidèles.

– Qui ne l’aurait été ? Qui pourrait faire oublier cet instant ? Qui pourrait dire : “ Ce que nous avons vu n’est pas réel ? ” Qui pourrait oublier que tu nous as souri des mois durant, lorsque, revenant le soir avec nos troupeaux, nous t’appelions et que tu battais des mains au son de nos flûtes ?... Tu t’en souviens, Daniel ? Presque toujours vêtu de blanc dans les bras de ta Mère, tu nous apparaissais dans un rayon de soleil sur le pré d’Anne ou à la fenêtre : on aurait dit une fleur posée sur la neige du vêtement de ta mère.

– Et cette fois où tu es venu, quand tu faisais tes premiers pas, caresser un agnelet moins frisé que toi ? Comme tu étais heureux ! Et nous, nous ne savions que faire de nous-mêmes, car nous sommes rustres. Nous aurions voulu être des anges pour te paraître moins grossiers...

– Ah, mes amis ! Je voyais votre coeur et c’est encore lui que je vois maintenant.

– Et tu nous souris comme en ce temps-là !

– Et tu es venu jusqu’ici, chez de pauvres bergers !

– Chez mes amis. Maintenant, je suis content. Je vous ai tous retrouvés et je ne vous perdrai plus. Pouvez-vous accorder l’hospitalité au Fils de l’homme et à ses amis ?

– Oh, Seigneur ! Mais tu le demandes ? Le pain et le lait ne nous manquent pas, mais si nous n’avions qu’une seule bouchée de pain nous te la donnerions pour te garder avec nous. N’est-ce pas, Benjamin ?

– Nous te donnerions notre coeur en nourriture, Seigneur ! Nous t’avons tellement désiré !

– Alors allons-y. Nous allons parler de Dieu...

– Et de tes parents, Seigneur, de Joseph, qui était si bon, de Marie... Ah, ta Mère ! Vous voyez ce narcisse couvert de rosée ? Sa tête est belle et pure, on dirait une étoile de diamant. Mais Marie... Ah, ce narcisse n’est qu’une pourriture en comparaison d’elle ! Un seul de ses sourires vous purifiait. C’était une fête de la rencontrer, sa parole vous sanctifiait. Toi aussi, Benjamin, tu te souviens de ses paroles.

– Oui, je peux te les redire, Seigneur, car tout ce qu’elle nous a dit, dans les mois où nous avons pu l’entendre, est écrit ici (et il se frappe la poitrine). C’est la page de notre sagesse et nous la comprenions nous aussi car c’est une parole d’amour. Et l’amour... Ah ! L’amour, c’est une chose que tout le monde comprend ! Viens, Seigneur, entre dans cette heureuse demeure et bénis-la. »

Ils entrent dans une pièce près du vaste bercail et tout prend fin.

Détail

La description du mont du Liban a été placée dans cette note, car c'est à cet endroit que Daniel et Benjamin travaillent.

EMV 103.4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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103.4 – C’est d’ici que l’on a pris les cèdres du Temple ? demande Jean.

– Oui, c’est d’ici. Ce sont ces forêts qui donnent les bois les plus beaux. Le maître de Daniel et de Benjamin en possède un très grand nombre, sans compter de riches troupeaux. On les scie sur place et on les porte à la vallée par ces canaux ou à la main. C’est un travail difficile quand les troncs doivent être employés tout entiers comme ce fut le cas pour le Temple. Mais le patron paie bien et il a beaucoup de gens à son service. Et puis, il est assez bon. Il n’est pas comme ce féroce Doras. Pauvre Jonas ! Répond Jonathas.

– Mais comment se fait-il que ses serviteurs soient presque des esclaves ? Je disais à Jonas : “ Laisse-le tomber et viens avec nous. Simon aura toujours du pain pour toi ” ; mais il m’a répondu : “ Cela m’est impossible à moins de me racheter. ” Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? demande Pierre.

– Voilà comment opère Doras, et il n’est pas le seul en Israël : quand il découvre un bon serviteur, il l’amène par quelque subtile astuce à devenir esclave. Il met à son débit des sommes inexactes que le pauvre homme ne peut payer, et quand il en arrive à une certaine somme, il dit : “ Désormais, tu es mon esclave pour dettes. ”

– Oh, quelle honte ! Et c’est un pharisien !

– Oui. Jonas a pu payer tant qu’il a eu des économies... mais ensuite... Une année, ce fut la grêle, une autre la sécheresse. Le blé et la vigne rapportèrent peu de chose et Doras multiplia ses pertes par dix et encore par dix... Puis Jonas fut malade par excès de travail. Alors Doras lui prêta une somme pour qu’il se soigne, mais exigea un intérêt de douze pour un et – Jonas, n’ayant pas de quoi le rembourser –, l’ajouta au reste. Bref : quelques années après, il devint esclave à cause de ses dettes. Et Doras ne le laissera jamais partir... Il trouvera toujours des raisons et de nouvelles dettes... »

Jonathas est triste en pensant à son ami.

« Et ton maître ne pouvait-il pas...

– Quoi ? Le faire traiter en homme ? Qui peut se mettre à dos les pharisiens ? Doras est l’un des plus puissants. Je crois même qu’il est parent du grand-prêtre... Du moins, on le prétend. Une fois, quand j’ai appris que Jonas avait risqué de mourir sous les coups de bâton, j’ai tant pleuré que Kouza m’a dit : “ C’est moi qui vais le racheter pour te faire plaisir. ” Mais Doras lui a ri au nez et n’a rien voulu savoir. Pardi ! Cet homme-là possède les terres les plus riches d’Israël... mais, je te le jure : elles sont engraissées par le sang et les larmes de ses serviteurs. »

Jésus et Simon le Zélote échangent un regard. Tous deux sont attristés.

« Et le maître de Daniel, est-il bon ?

– Il est humain, au moins. Il est exigeant mais n’accable pas. Et comme les bergers sont honnêtes, il les traite amicalement. Ils sont à la tête du troupeau. Moi, il me connaît et me respecte parce que je suis le serviteur de Kouza... et que je pourrais servir ses intérêts... Mais pourquoi, Seigneur, l’homme est-il si égoïste ?

– Parce que l’amour a été étranglé au paradis terrestre ; mais je suis venu dénouer le lacet et rendre la vie à l’amour.

Détail

Jonathas, le groupe apotoslique et Jésus sont sur le mont du Liban.

EMV 104 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus est dans une ville que Maria ne nomme pas : selon une note de maria-valtorta.org, il pourrait s'agir du golfe de Ptolémaïs. André lui demande de venir pour une affaire de coeur : un homme veut répudier son épouse car il est stérile. Jésus arrive à stopper la dispute. Pierre, qui est curieux, à suivi son frère et son Maître et ne peut réfréner sa curiosité. Après ça, Joseph, le Berger de Bethléem, apporte une lettre de Marie à Jésus : Alphée est mort. Il lit également une missive de Lazare, qui l'informe que Doras leur donnera Jonas, à la condition qu'il paie le double de la somme, ainsi que Jésus vienne dans sa demeure. Lazare a accepté au nom de son Maître. Le Christ décide alors de retourner à Nazareth, mais avant, il

EMV 104.1 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus est assis dans une pauvre maison, près du port, une maison de pêcheurs certainement, peut-être des amis de Pierre ou de jean, car je vois qu’ils sont à l’aise dans la maison et familiers avec ses habitants. Je ne vois pas le berger Joseph, ni bien sûr Judas, toujours absent. Jésus parle familièrement avec les habitants du logis et d’autres qui sont venus pour l’écouter. Mais ce n’est pas une vraie prédication. Ce sont des paroles qui apportent des conseils, du réconfort, comme lui seul peut en donner.

Détail

À Ptolémaïs

EMV 104.5 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Homme curieux ! Que devrais-je te faire ? demande-t-il en chemin à Pierre.

– Ce que tu veux, mais en attendant j’y ai assisté... »

Ils entrent dans la maison, congédient le peuple qui commente les paroles qu’il a entendues et se mettent à table.

Pierre est encore curieux.

« Maître, ils auront vraiment un fils ?

– M’as-tu jamais vu promettre des choses qui n’arrivent pas ? Te semble-t-il que je puisse me permettre d’utiliser la confiance dans le Père pour mentir et décevoir ?

– Non... mais... tu pourrais en faire autant à tous les époux ?

– Je le pourrais, mais je ne le fais que là où je vois qu’un fils pourrait pousser ses parents à se sanctifier. Là où il serait un obstacle, je ne le fais pas. »

Pierre ébouriffe ses cheveux grisonnants et se tait.

Détail

Pierre vient d'assister à la réconciliation d'un couple. Pour rappel, il n'a pas d'enfants et a toujours souhaité en avoir un. Dans ce chapitre, il a entendu la prière du Christ pour qu'Aava et son mari soient féconds et aient des enfants. Jésus sort ensuite à la maison et il dit à son apôtre (qui l'a suivi alors que ce n'était pas nécessaire) :

EMV 104.6 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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(...) Voilà qu’arrive le berger Joseph, tout couvert de poussière comme après une longue marche.

« Toi ? Comment cela se fait-il ? demande Jésus après l’avoir embrassé pour le saluer.

– J’ai des lettres pour toi. Ta Mère me les a données. L’une vient d’elle. Les voici. »

Joseph présente trois petits rouleaux d’une espèce de fin parchemin, attachés par un ruban. Le plus volumineux a aussi un sceau pour le fermer. Un autre est seulement noué. Le troisième a un sceau brisé.

« Voilà celui de ta Mère » dit Joseph en indiquant celui qui a un noeud.

Jésus le déroule et le lit, tout bas d’abord, puis à haute voix. (...) [On y apprend que c'est Isaac qui est venu apporter une lettre de Lazare à Marie, en allant à Nazareth. Peut-être Joseph a--t-il accompagné le disciple. Après avoir dlu les lettres, Jésus dit :]

« Donnez à dîner à Joseph, puis allons nous reposer. Je vais préparer une réponse pour Lazare... Isaac est encore à Nazareth ?

– Il m’attend. [C'est le berger Joseph qui répond.]

– Nous nous y rendrons tous.

EMV 104.6.8 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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104.6 Voilà qu’arrive le berger Joseph, tout couvert de poussière comme après une longue marche.

« Toi ? Comment cela se fait-il ? demande Jésus après l’avoir embrassé pour le saluer.

– J’ai des lettres pour toi. Ta Mère me les a données. L’une vient d’elle. Les voici. »

Joseph présente trois petits rouleaux d’une espèce de fin parchemin, attachés par un ruban. Le plus volumineux a aussi un sceau pour le fermer. Un autre est seulement noué. Le troisième a un sceau brisé.

« Voilà celui de ta Mère » dit Joseph en indiquant celui qui a un noeud.

Jésus le déroule et le lit, tout bas d’abord, puis à haute voix.

« “ A mon Fils aimé, paix et bénédiction. Il m’est arrivé, à la première heure des calendes de la lune d’Ellul, un messager de Béthanie. C’était le berger Isaac auquel j’ai donné un baiser de paix et de réconfort en ton nom et pour lui prouver ma reconnaissance. Il m’a apporté ces deux lettres que je t’envoie, me disant verbalement que ton ami Lazare de Béthanie te prie de condescendre à sa prière. Jésus bien aimé, mon Fils béni et mon Seigneur, je voudrais moi aussi te demander deux choses : la première de te rappeler que tu m’as promis d’appeler ta pauvre Maman pour l’instruire dans ta Parole ; la seconde de ne pas venir à Nazareth sans m’en avoir d’abord parlé. ” »

Jésus arrête brusquement, se lève, et va se placer entre Jacques et Jude. Il les serre étroitement dans ses bras et termine en répétant par coeur ces mots :

« “ Alphée est retourné dans le sein d’Abraham à la dernière pleine lune, et grand a été le deuil de la cité... ” »

Les deux fils pleurent sur la poitrine de Jésus. Il termine :

« “ A sa dernière heure, il aurait voulu t’avoir auprès de lui, mais tu étais loin. C’est pourtant un réconfort pour Marie qui voit en cela l’assurance du pardon de Dieu, ce qui doit donner la paix même à mes neveux. ” Vous entendez ? C’est Elle qui le dit, et elle sait de quoi elle parle.

– Donne-moi la lettre, supplie Jacques.

– Non, cela te ferait du mal.

– Pourquoi ? Que peut-elle dire de plus pénible que la mort d’un père ?

– Qu’il nous a maudits, soupire Jude.

– Non, non pas cela, assure Jésus.

– Tu dis cela... pour ne pas nous affliger. Mais c’est la vérité.

– Lis, alors. »

Jude lit :

« “ Jésus, je te prie – et Marie t’en prie elle aussi – de ne pas venir à Nazareth avant la fin du deuil. L’affection des Nazaréens pour Alphée les rend injustes envers toi, et ta Mère en pleure. Notre bon ami Alphée, fils de Sarah, me console et calme le pays. Il y a eu beaucoup de bruit au sujet du récit d’Aser et d’Ismaël pour la femme de Kouza. Mais Nazareth est maintenant une mer agitée par des vents contraires. Je te bénis, mon Fils, et je te demande pour mon âme paix et bénédiction. Paix à mes neveux. Maman. ” »

Les apôtres font des commentaires et réconfortent les deux frères en pleurs. (...) [Jésus] est très soucieux, pensif. Il ne sort de sa méditation que pour dire :

« Donnez à dîner à Joseph, puis allons nous reposer. Je vais préparer une réponse pour Lazare... Isaac est encore à Nazareth ?

– Il m’attend.

– Nous nous y rendrons tous.

– Oh non ! Ta Mère dit... »

Tous sont en émoi.

« Silence. C’est ma volonté. Ma Mère laisse parler son coeur aimant. Moi, je juge avec ma raison. Je préfère effectuer cette démarche pendant que Judas n’est pas là, et tendre une main amie à mes cousins Simon et Joseph, pleurer avec eux avant la fin du deuil. Puis nous reviendrons à Capharnaüm, à Génésareth, sur le lac en somme, pour attendre la fin de la lune de Tisri. Nous prendrons les Marie avec nous. Votre mère a besoin d’amour, nous lui en donnerons. Et la mienne a besoin de paix. Je suis sa paix.

– Tu crois qu’à Nazareth... demande Pierre.

– Je ne crois rien.

– Ah bien ! Parce que, s’ils devaient lui faire du mal ou la faire souffrir !... Ils auraient à faire avec moi ! » dit Pierre tout ébouriffé.

Jésus lui fait une caresse, mais il est pensif ; je dirais même qu’il est triste. Puis il va s’asseoir entre Jude et Jacques et les tient dans ses bras pour les consoler.

Les autres parlent doucement pour ne pas troubler leur douleur.

EMV 104.6 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« “ A mon Fils aimé, paix et bénédiction. Il m’est arrivé, à la première heure des calendes de la lune d’Ellul, un messager de Béthanie. C’était le berger Isaac auquel j’ai donné un baiser de paix et de réconfort en ton nom et pour lui prouver ma reconnaissance. Il m’a apporté ces deux lettres que je t’envoie, me disant verbalement que ton ami Lazare de Béthanie te prie de condescendre à sa prière. Jésus bien aimé, mon Fils béni et mon Seigneur, je voudrais moi aussi te demander deux choses : la première de te rappeler que tu m’as promis d’appeler ta pauvre Maman pour l’instruire dans ta Parole ; la seconde de ne pas venir à Nazareth sans m’en avoir d’abord parlé. ” »

Détail

Isaac réside en Judée et semble donc proche de Béthanie. Il transmet ainsi une lettre de Lazare à Marie, ce qui permet à la Vierge d'écrire une lettre à son Fils.