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Notes du thème

Personnages principaux et secondaires

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EMV 108 · Tome 2, p. 205-212

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Jésus est dans un petit village. Sa Mère est présente et il parle d'elle. Celle-ci discute avec la maîtresse de maison. Ensuite, Jésus fait un discours aux vendangeurs. Il parle du travail, de l'honnêteté du travail, et de la valeur de nos actions. Il énonce aussi la crainte du Seigneur et l'amour pour Dieu. Enfin, il les bénit et guérit un enfant paralysé, par l'intercession de sa Mère.

EMV 108.1-2 · Tome 2, p. 205-206

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

108.1 Toutes les campagnes de Galilée sont occupées au joyeux travail de la vendange. Les hommes, grimpés sur de hautes échelles, font la cueillette sur les tonnelles et les pieds de vigne. Les femmes, un panier sur la tête, apportent les grappes rouges et dorées aux fouleurs qui les attendent. Chants, rires, plaisanteries circulent de coteau à coteau, de jardin à jardin. En même temps se répand l’odeur du moût, et les abeilles, en grand nombre, bourdonnant dans une espèce d’ivresse, dansent en un vol rapide sur les sarments encore riches de petites grappes jusqu’aux paniers et aux cuves où les grains qu’elles recherchent disparaissent dans la trouble bouillie du moût. Les enfants, barbouillés de jus comme autant de faunes, poussent des cris d’hirondelles en courant sur l’herbe, dans les cours, sur les chemins.

Jésus s’est dirigé vers un village pas très éloigné du lac, un village de plaine ; celle-ci forme une sorte de cuvette entre deux chaînes montagneuses orientées vers le nord. La plaine est bien irriguée, parce qu’un fleuve (je pense que c’est le Jourdain) la traverse. Jésus passe par la route principale et beaucoup le saluent aux cris de : « Rabbi ! Rabbi ! » Jésus passe et bénit.

Avant d’arriver au village, il y a une riche propriété et, à l’entrée, un couple âgé attend le Maître.

« Entre. Quand le travail va finir, tous se presseront pour t’écouter. Quelle joie tu apportes ! Elle émane de toi comme la sève dans les sarments et devient un vin qui réjouit les coeurs. 108.2C’est ta Mère ? demande le maître de maison.

– Oui. Je vous l’ai amenée parce qu’elle fait désormais partie de la troupe de mes disciples. Elle est la dernière à y avoir été accueillie, mais la première dans l’ordre de la fidélité. Elle est l’Apôtre par excellence. Elle m’a prêché dès avant ma naissance... Mère, viens. Un jour, dans les premiers temps où j’évangélisais, cette douce hôtesse m’a permis de ne pas te regretter, tant elle fut une mère avec ton Fils fatigué.

– Que le Seigneur te donne sa grâce, femme compatissante.

– Je possède la grâce parce que je possède le Messie et toi. Viens. La maison est fraîche et la lumière s’est adoucie. Tu pourras te reposer. Tu dois être fatiguée.

– Il n’y a pour moi d’autre lassitude que la haine du monde. Mais le suivre et l’entendre, voilà mon désir depuis ma plus lointaine enfance.

– Tu savais que tu serais la Mère du Messie ?

– Oh non ! Mais j’espérais vivre assez longtemps pour pouvoir l’entendre et le servir, comme la dernière des évangélisés, mais ô combien fidèle !

– Tu l’entends et tu le sers, et pour cette joie tu as été la première. Je suis mère, moi aussi, et j’ai des fils qui sont sages. Quand je les entends parler, mon coeur bondit de fierté. Et toi, qu’éprouves-tu quand tu l’entends ?

– Une douce extase. Je me perds dans mon néant et la Bonté, qui n’est autre que lui-même, m’élève également à lui. Je vois alors, dans un simple regard, la Vérité éternelle et elle se fait chair et sang de mon âme.

– Béni soit ton coeur ! Il est pur, et c’est pourquoi il comprend le Verbe. Nous, nous sommes plus durs, parce que remplis de fautes...

– C’est pour cela que je voudrais donner à tout le monde mon coeur, car l’amour leur serait lumière pour comprendre. Parce que, crois-le, c’est l’amour qui rend toute entreprise aisée – or moi, je suis la Mère et en moi l’amour coule de source –. »

Les deux femmes continuent à échanger, la plus âgée près de la Mère de mon Seigneur, si jeune, toujours si jeune. Pendant ce temps, Jésus discute avec le maître de maison près des cuves où une foule de vendangeurs ne cessent de déverser des grappes. Les apôtres, assis à l’ombre d’une tonnelle de jasmins, mangent de bon appétit des raisins et du pain.

Détail

Anne et Jude sont un couple âgé qui apparaîtra à certaines reprises dans l'Oeuvre.

EMV 108.4 · Tome 2, p. 209

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Annoncé par les prophètes, le Rejeton de la souche de Jessé est venu. Maintenant, il est parmi vous, tel une grappe merveilleuse qui vous apporte le suc de la Sagesse éternelle et qui ne demande qu’à être cueillie et pressée pour être vin pour les hommes. Vin de joie sans fin pour ceux qui se nourriront de lui. Cependant, malheur à ceux qui, ayant eu ce vin à leur portée, l’auront repoussé et trois fois malheur à ceux qui, après s’en être nourris, l’auront rejeté ou mélangé aux nourritures de Mammon.

EMV 108.7 · Tome 2, p. 211-212

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

108.7 La foule, la petite foule qui s’était rassemblée, pousse un cri de joie et acclame le Messie. Mais aussitôt après, elle se tait et s’ouvre pour laisser passer une mère qui porte sur les bras un garçon d’environ dix ans, paralytique. Au bas de l’escalier, elle le présente comme pour l’offrir à Jésus.

« C’est une de mes servantes, explique le maître de maison. Son fils est tombé l’an dernier du haut de la terrasse et s’est brisé les reins. Toute sa vie, il lui faudra rester couché sur le dos.

– Elle a espéré en toi tous ces derniers mois..., ajoute son épouse.

– Dis-lui de venir à moi. »

Mais la pauvre femme est tellement émue qu’on a l’impression que c’est elle qui est paralysée. Elle tremble de tous ses membres et s’empêtre dans son long vêtement en montant les hautes marches, son fils sur les bras.

Compatissante, Marie s’est levée et descend à sa rencontre :

« Viens, ne crains pas. Mon Fils t’aime. Donne-moi ton enfant, tu monteras plus facilement. Viens, ma fille. Je suis mère, moi aussi. »

Et elle lui prend l’enfant, auquel elle sourit doucement, en montant avec la charge pitoyable qu’elle porte sur ses bras. La mère la suit, en larmes.

Marie se tient maintenant devant Jésus. Elle s’agenouille et dit :

« Mon Fils ! Pour cette mère ! »

Rien d’autre.

Jésus ne demande pas comme d’habitude :

« Que veux-tu que je fasse pour toi ? Crois-tu que je puisse le faire ? »

Non, il dit en souriant :

« Femme, approche. »

La femme va juste à côté de Marie. Jésus lui pose la main sur la tête et dit simplement :

« Réjouis-toi. »

Il n’a pas fini de parler que déjà l’enfant, qui reposait lourdement sur les bras de Marie, les jambes inertes, s’assied brusquement et, avec un cri joyeux : « Maman ! », court se réfugier sur le sein de sa mère.

Les hosannas semblent vouloir pénétrer dans le ciel que rougit le crépuscule.

Son fils serré sur son coeur, la femme ne sait que dire et demande :

« Que dois-je faire pour te prouver mon bonheur ? »

Jésus lui répond, en lui faisant encore une caresse :

« Etre bonne, aimer Dieu et ton prochain, et élever ton fils dans cet amour. »

Mais la femme n’est toujours pas satisfaite. Elle voudrait... elle voudrait... et finit par demander :

« Un baiser de toi et de ta Mère à mon petit. »

Jésus se penche et l’embrasse, puis Marie fait de même. Et pendant que la femme s’éloigne, radieuse, au milieu des acclamations d’un cortège d’amis, Jésus explique à la maîtresse de maison :

« Il n’en fallait pas plus. Il était dans les bras de ma Mère. Même si elle n’avait rien dit, je l’aurais guéri. Elle est heureuse quand elle peut consoler une affliction et moi, je veux lui faire plaisir. »

Jésus et Marie échangent un de ces regards que seul celui qui en a vu peut comprendre, tant leur signification est profonde.

EMV 109 · Tome 2, p. 212-227

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Jésus arrive à la plaine d'Esdrelon. Il y rencontre quatre paysans de Yokhanan, qui travaille dans les champs. Pierre se décide à les aider pendant qu'ils parlent avec le Maître. Les quatre hommes sont impressionnés, mais finissent par ne plus avoir peur et par questionner le Christ. Ils lui parlent alors de Jonas et de la dureté de Doras. Jésus va justement chez le pharisien et une confrontation assez violente a alors lieu. Doras veut impressionner Jésus par ses richesses, mais le Seigneur ne demande que Jonas, et Doras finit par obtempérer à sa demande en commandant à des serviteurs de l'amener. Jésus, cependant, suit ses domestiques et arrive jusqu'au berger de Bethléem. Ce dernier est mourant, et le Messie dit à ses apôtres de prendre le lit sur lequel repose Jonas : ils vont à Nazareth. Avant de partir, il pose l'anathème sur les terres de Doras. Celui-ci veut qu'il retire sa malédiction, mais le Christ le laisse au Dieu du Sinaï. Enfin, le groupe apostolique arrive à Nazareth et Jonas meurt entre Jésus et Marie.

EMV 109.1-7.13 · Tome 2, p. 212-219 et. p. 224

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

109.1 Je revois la plaine d’Esdrelon, de jour, un jour plutôt couvert de fin d’automne. Il a dû pleuvoir pendant la nuit, une de ces premières pluies des tristes mois d’hiver, car la terre est mouillée, sans être boueuse. Le vent souffle, un vent imprégné d’humidité qui arrache les feuilles jaunies et vous pénètre jusqu’aux os.

Dans les champs, quelques rares couples de boeufs au labour retournent, péniblement, la terre grasse et lourde de cette plaine fertile pour la préparer aux semailles. Et un spectacle qui me fait peine à voir, en certains endroits, ce sont les hommes eux-mêmes qui font le travail des boeufs, tirant la charrue de toute la force de leurs bras et même de leur poitrine, s’arc-boutant sur le sol déjà remué, s’épuisant comme des esclaves à ce travail pénible même pour de robustes bouvillons.

Jésus aussi regarde ce spectacle. Son visage devient triste jusqu’aux larmes.

Les disciples – onze, car Judas est encore absent et les bergers ne sont plus là – parlent entre eux et Pierre dit :

« La barque aussi est petite, pauvre et fatigante... Mais c’est cent fois mieux que ce travail de bêtes de somme ! »

Puis il demande :

« Maître, est-ce qu’il s’agit déjà des serviteurs de Doras ? »

C’est Simon le Zélote qui répond :

« Je ne le pense pas. Ses champs sont au-delà de ce verger, me semble-t-il. Et nous ne les voyons pas encore. »

109.2 Mais Pierre, toujours curieux, quitte la route et longe un talus entre deux champs. Sur le bord, quatre laboureurs maigres et en sueur se sont assis un instant. La fatigue les fait haleter. Pierre les interroge :

« Vous êtes à Doras ?

– Non. Mais nous appartenons à un de ses parents, Yokhanan. Et toi, qui es-tu ?

– Je suis Simon, fils de Jonas, pêcheur de Galilée jusqu’à la lune de Ziv. Maintenant, Pierre de Jésus de Nazareth, le Messie de la Bonne Nouvelle. »

Pierre le dit avec le respect et la fierté de quelqu’un qui dirait : « J’appartiens au haut et divin César de Rome », si ce n’est même plus. Son honnête visage s’illumine vraiment de la joie de proclamer son appartenance à Jésus.

« Oh ! Le Messie ! Où est-il donc ? demandent les quatre malheureux.

– C’est celui-là, ce grand blond vêtu de rouge foncé. Celui qui regarde par ici, maintenant, et sourit en m’attendant.

– Oh !... Si nous nous approchions de lui... il nous chasserait ?

– Vous chasser ?... Pourquoi ? C’est l’ami des malheureux, des pauvres, de ceux qu’on opprime, et il me semble que vous... vous êtes vraiment de ceux-là...

– Si nous le sommes ? Jamais comme ceux de Doras. Au moins, nous avons du pain à discrétion et on ne nous fouette que si nous laissons tomber le travail, mais...

– De sorte que si maintenant ce beau monsieur Yokhanan vous trouvait ici, à parler, vous...

– Il nous fouetterait comme il ne fouette pas ses chiens... »

Pierre émet un sifflement de surprise. Puis il dit :

« Dans ce cas, il vaut mieux faire comme ça... »

Les mains en entonnoir sur sa bouche, il crie à toutes forces :

« Maître, viens ici. Il y a des coeurs qui souffrent et qui désirent ta présence.

– Mais que dis-tu ? Lui, venir à nous ? Mais nous sommes d’ignobles serviteurs ! »

Les quatre hommes sont effrayés d’une pareille hardiesse.

« Mais les coups de fouet ne sont pas agréables. Et si ce beau pharisien nous tombe dessus, je ne voudrais pas en avoir une part, moi aussi... » dit Pierre en riant et en secouant de sa grosse main le plus effrayé des quatre.

109.3 Jésus arrive à longues enjambées. Les quatre hommes sont indécis. Ils voudraient bien courir à sa rencontre, mais le respect les paralyse. Pauvres êtres que la méchanceté humaine a rendus si craintifs ! Ils tombent à plat ventre sur le sol, adorant dans cette position le Messie qui vient à eux.

« Que la paix soit sur tous ceux qui me désirent. Celui qui me désire veut faire le bien et moi, je l’aime comme un ami. Levez-vous. Qui êtes-vous ? »

Les quatre hommes lèvent à peine le visage et restent à genoux, muets.

Pierre intervient :

« Ce sont quatre serviteurs du pharisien Yokhanan, un parent de Doras. Ils voudraient te parler, mais... s’il survient, ils seront frappés à coups de bâtons, alors je t’ai dit : “ Viens. ” Debout, les garçons ! Il ne va pas vous manger ! Ayez confiance ! Pensez que c’est pour vous un ami.

– Nous... nous avons entendu parler de toi... Jonas nous disait...

– Je viens pour lui. Je sais qu’il m’a annoncé. Que savez-vous de moi ?

– Que tu es le Messie. Qu’il t’a vu tout petit, que les anges ont chanté la paix aux bons à ton arrivée, que tu as été persécuté... mais que tu t’es sauvé et que maintenant tu as recherché tes bergers et... et que tu les aimes. C’est ce qu’il disait. Et nous pensions : s’il est assez bon pour aimer et rechercher des bergers, il voudra sûrement nous faire à nous aussi un peu de bien... Nous avons tant besoin que quelqu’un nous aime...

– Moi, je vous aime. 109.4 Vous souffrez beaucoup ?

– Ah, combien !... Mais ceux de Doras, plus encore. Si Yokhanan nous trouvait ici à parler !... Mais aujourd’hui, il est à Guerguesa. Il n’est pas encore revenu de la fête des Tentes. Néanmoins, son intendant nous donnera ce soir notre nourriture après avoir mesuré le travail effectué. Mais peu importe. Nous rattraperons le temps perdu en nous passant de repos lors du repas de la sixième heure.

– Dis, mon garçon, est-ce que je ne serais pas capable de faire avancer ce truc-là ? Est-ce un travail difficile ? demande Pierre.

– Difficile, non, mais fatigant. C’est un travail de force.

– De la force, j’en ai. Montre-moi. Si j’y arrive, tu parles ! Et moi je fais le boeuf. Jean, André et Jacques, regardez la leçon. Nous passons des poissons aux vers de terre. Allons-y ! »

Pierre saisit la traverse du timon. A chaque charrue, il y a deux hommes, un de chaque côté du timon. Il regarde et imite tous les mouvements du paysan. Fort et reposé comme il est, il fait du bon travail et l’homme le félicite.

« Je suis un maître laboureur, s’exclame le bon Pierre, tout content. Allons, Jean ! Viens ici. Un boeuf et un bouvillon par charrue. A l’autre, Jacques et ce veau muet qu’est mon frère. Allons ! Oh ! Hisse ! »

Et les deux couples de laboureurs se mettent à retourner la terre et à tracer des sillons le long du champ. Une fois au bout du champ, ils retournent la charrue et commencent un nouveau sillon. On dirait qu’ils ont toujours fait ce travail de paysan.

109.5 « Comme ils sont bons, tes amis ! Dit le plus hardi des serviteurs de Yokhanan. C’est toi qui les as rendus comme ça ?

– J’ai donné une direction à leur bonté, comme tu le fais avec la serpe de l’émondeur. Mais la bonté était déjà présente en eux. Maintenant elle s’épanouit, parce qu’il y a quelqu’un pour en prendre soin.

– Ils sont humbles aussi. Ils sont tes amis, et pourtant ils rendent un tel service à de pauvres serviteurs !

– On ne peut être avec moi sans aimer l’humilité, la douceur, la continence, l’honnêteté et l’amour, par-dessus tout l’amour, parce que celui qui aime Dieu et son prochain possède par suite toutes les vertus et gagne le Ciel.

– Nous aussi, nous pourrons l’avoir, nous qui n’avons le temps ni de prier, ni d’aller au Temple, ni même de lever la tête au-dessus du sillon ?

– Répondez : y a-t-il en vous de la haine pour celui qui vous traite aussi durement ? Y a-t-il en vous de la révolte et des reproches à Dieu de vous avoir placés parmi les derniers de la terre ?

– Oh non, Maître ! C’est notre sort. Mais quand, recrus de fatigue, nous nous jetons sur notre couche, nous disons : “ Eh bien, le Dieu d’Abraham sait que nous n’en pouvons plus et que nous ne pouvons que lui dire : ‘ Sois béni, Seigneur ! ’ ” et nous disons aussi : “ Aujourd’hui encore, nous avons vécu sans pécher ”... Tu sais... Nous pourrions encore frauder un petit peu et manger un fruit avec notre pain, ou verser de l’huile sur les légumes cuits à l’eau. Mais le maître a dit : “ Les serviteurs ont assez avec le pain et les légumes cuits et, au temps de la moisson, un peu de vinaigre dans l’eau pour étancher la soif et donner des forces. ” Alors nous obéissons. Enfin... ça pourrait être pire.

– Et moi, je vous dis qu’en vérité le Dieu d’Abraham sourit à vos coeurs, et qu’il tourne un visage sévère vers ceux qui l’insultent au Temple par des prières mensongères, alors qu’ils n’aiment pas leurs semblables.

– Mais entre eux ils s’aiment ! Du moins... c’est l’impression qu’ils donnent, car ils se témoignent leur respect par des courbettes et des cadeaux. Ce n’est qu’avec nous qu’ils sont sans amour. Mais nous, nous sommes différents d’eux. C’est juste.

– Non, dans le Royaume de mon Père ce n’est pas juste et la manière de juger sera différente. Ce n'est pas aux riches et aux puissants, en tant que tels, que reviendront les honneurs, mais seulement à ceux qui auront toujours aimé Dieu plus qu’eux-mêmes et plus que toute autre chose comme l’argent, le pouvoir, les femmes, la table ; ceux qui auront aimé leurs semblables que sont tous les hommes, riches comme pauvres, connus comme inconnus, instruits ou sans culture, bons ou mauvais. Oui, même les mauvais, il faut les aimer. Non pour leur méchanceté, mais par pitié pour leurs âmes qu’ils blessent à mort. Il faut les aimer d’un amour qui supplie le Père céleste de les guérir et de les racheter. Dans le Royaume des Cieux seront bienheureux ceux qui auront honoré le Seigneur avec vérité et justice, et respecté ceux qui les ont mis au monde ainsi que leur parenté en signe d’amour ; ceux qui n’auront volé d’aucune façon et en rien, c’est-à-dire ceux qui auront donné et demandé ce qui est juste, même pour le travail des serviteurs ; ceux qui n’auront tué personne ni détruit la réputation d’autrui, et n’auront pas eu le désir de tuer, même si d’autres sont cruels au point de pousser le coeur au mépris et à la révolte ; ceux qui n’auront pas fait de faux serments pour nuire à leur prochain ou offenser la vérité ; ceux qui n’auront pas commis d’adultère ni de péché de la chair, quels qu’ils soient ; ceux qui, doux et résignés, auront toujours accepté leur sort sans envier les autres. C’est à ceux-là qu’appartient le Royaume des Cieux, et le mendiant lui-même peut être là-haut un roi bienheureux, alors que le Tétrarque sera, en fait de pouvoir, réduit à moins que rien, à un sort pire que le néant : il sera une proie pour Mammon s’il a agi contre la loi éternelle du Décalogue. »

109.6 Les hommes l’écoutent, bouche bée.

Près de Jésus se trouvent Barthélemy, Matthieu, Simon, Philippe, Thomas, Jacques et Jude, fils d’Alphée. Les quatre autres continuent leur travail, rouges, en sueur, mais joyeux. Pierre suffit à maintenir la gaieté.

« Ah ! Comme Jonas avait raison de te dire : “ Saint ! ” Tout en toi est saint, tes paroles, ton regard, ton sourire. Nous n’avons jamais eu conscience de notre âme comme à présent !

– Cela fait longtemps que vous n’avez pas vu Jonas ?

– Depuis qu’il est malade.

– Malade ?

– Oui, Maître. Il n’en peut plus. Il se traînait déjà auparavant, mais depuis les travaux de l’été et la vendange, il ne tient plus debout. Et pourtant... il le fait travailler, ce... Oh, tu dis qu’il faut aimer tout le monde. Mais il est bien difficile d’aimer une hyène ! Or Doras est pire qu’une hyène.

– Jonas l’aime...

– Oui, Maître. Et j’affirme que c’est un saint, comme ceux qui, par fidélité au Seigneur notre Dieu, ont été martyrisés.

– Tu as bien parlé. Comment t’appelles-tu ?

– Michée, et lui Saul et cet autre Joël, et ce dernier Isaïe.

– Je rappellerai vos noms au Père. Vous dites que Jonas est très malade ?

– Oui. Sitôt le travail fini, il se jette sur sa couche et nous ne le voyons pas. C’est ce que nous disent les autres serviteurs de Doras.

– Il est au travail à cette heure-ci ?

– S’il tient debout, oui. Il devrait se trouver au-delà de cette pommeraie.

– La récolte de Doras a été bonne ?

– Célèbre dans toute la région ! On a dû étayer les arbres à cause des fruits d’une grosseur miraculeuse, et Doras a dû faire fabriquer de nouvelles cuves, car le raisin ne pouvait trouver place dans celles qu’il avait déjà, tellement la quantité était grande.

– Alors Doras aura sûrement récompensé son serviteur !

– Récompensé ? Ah, Seigneur, comme tu le connais mal !

– Mais Jonas m’a dit que, il y a quelques années, il a été frappé à mort pour la perte de quelques grappes et qu’il est devenu esclave pour dettes, le maître l’ayant accusé de la perte d’un peu de moisson. Cette année, il aurait donc dû le récompenser, puisqu’il a obtenu une abondance aussi miraculeuse.

– Non. Il l’a fouetté avec férocité, l’accusant de n’avoir pas obtenu la même abondance les années précédentes, sous prétexte qu’il n’avait pas soigné la terre comme il le fallait.

– Mais cet homme est une bête fauve ! S’exclame Matthieu.

– Non. Il n’a plus d’âme, dit Jésus. 109.7 Je vous laisse, mes enfants, avec ma bénédiction. Avez-vous du pain et de la nourriture pour aujourd’hui ?

– Nous avons ce pain. »

Il montre une miche de pain noir qu’il tire d’un sac jeté par terre.

« Prenez ma nourriture. Je n’ai que cela, mais je suis chez Doras aujourd’hui et...

– Toi, chez Doras ?

– Oui, pour racheter Jonas. Vous ne le saviez pas ?

– Personne ne sait rien, ici. Mais... méfie-toi, Maître. Tu es comme une brebis dans la gueule du loup.

– Il ne pourra rien me faire. Prenez ma nourriture. Jacques, donne ce que nous avons, même votre vin. Réjouissez-vous un peu, vous aussi, mes pauvres amis. C’est bon pour l’âme et pour le corps. Pierre ! Allons-y.

– J’arrive, Maître. Il n’y a plus que ce sillon à finir. »

Puis il court vers Jésus, congestionné de fatigue. Il s’essuie avec son manteau – qu’il avait enlevé –, le remet et rit, tout heureux.

Les quatre hommes n’en finissent plus de remercier.

« Tu repasseras par ici, Maître ?

– Oui. Attendez-moi. Vous saluerez Jonas. Pouvez-vous le faire ?

– Bien sûr. Le champ devait être labouré pour ce soir. Plus des deux tiers sont déjà faits, si bien, si vite ! Ils sont forts, tes amis ! Que Dieu vous bénisse ! Aujourd’hui, pour nous, c’est beaucoup plus que la fête des Azymes. Ah, que Dieu vous bénisse tous ! Tous ! Tous ! »

(...) [Jésus récupère Jonas qui est mourant chez Doras.]

109.13 Jésus ne s’occupe que de Jonas. Il cherche les sentiers les moins mauvais, ceux qui sont en meilleur état, jusqu’à ce qu’ils arrivent à un carrefour près des champs de Yokhanan. Les quatre paysans accourent pour saluer leur ami qui s’en va et Jésus qui les bénit.

EMV 109.2 · Tome 2, p. 213

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

109.2 Mais Pierre, toujours curieux, quitte la route et longe un talus entre deux champs. Sur le bord, quatre laboureurs maigres et en sueur se sont assis un instant. La fatigue les fait haleter. Pierre les interroge :

« Vous êtes à Doras ?

– Non. Mais nous appartenons à un de ses parents, Yokhanan. Et toi, qui es-tu ?

– Je suis Simon, fils de Jonas, pêcheur de Galilée jusqu’à la lune de Ziv. Maintenant, Pierre de Jésus de Nazareth, le Messie de la Bonne Nouvelle. »

Pierre le dit avec le respect et la fierté de quelqu’un qui dirait : « J’appartiens au haut et divin César de Rome », si ce n’est même plus. Son honnête visage s’illumine vraiment de la joie de proclamer son appartenance à Jésus.

Détail

Profession de foi de Pierre devant des paysans de Yokhanan.

EMV 109.3 · Tome 2, p. 214

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

– Nous... nous avons entendu parler de toi... Jonas nous disait...

– Je viens pour lui. Je sais qu’il m’a annoncé. Que savez-vous de moi ?

– Que tu es le Messie. Qu’il t’a vu tout petit, que les anges ont chanté la paix aux bons à ton arrivée, que tu as été persécuté... mais que tu t’es sauvé et que maintenant tu as recherché tes bergers et... et que tu les aimes. C’est ce qu’il disait. Et nous pensions : s’il est assez bon pour aimer et rechercher des bergers, il voudra sûrement nous faire à nous aussi un peu de bien... Nous avons tant besoin que quelqu’un nous aime...

– Moi, je vous aime.

Détail

Jésus parle à des paysans de Yokhanan.

EMV 109.5 · Tome 2, p. 215

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

109.5 « Comme ils sont bons, tes amis ! Dit le plus hardi des serviteurs de Yokhanan. C’est toi qui les as rendus comme ça ?

– J’ai donné une direction à leur bonté, comme tu le fais avec la serpe de l’émondeur. Mais la bonté était déjà présente en eux. Maintenant elle s’épanouit, parce qu’il y a quelqu’un pour en prendre soin.

– Ils sont humbles aussi. Ils sont tes amis, et pourtant ils rendent un tel service à de pauvres serviteurs !

– On ne peut être avec moi sans aimer l’humilité, la douceur, la continence, l’honnêteté et l’amour, par-dessus tout l’amour, parce que celui qui aime Dieu et son prochain possède par suite toutes les vertus et gagne le Ciel.

Détail

Judas n'est pas présent.

Mots-clés

EMV 109.5 · Tome 2, p. 216-217

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

– Entre eux ils s’aiment ! Du moins... c’est l’impression qu’ils donnent, car ils se témoignent leur respect par des courbettes et des cadeaux. Ce n’est qu’avec nous qu’ils sont sans amour. Mais nous, nous sommes différents d’eux. C’est juste.

– Non, dans le Royaume de mon Père ce n’est pas juste et la manière de juger sera différente. Ce n'est pas aux riches et aux puissants, en tant que tels, que reviendront les honneurs, mais seulement à ceux qui auront toujours aimé Dieu plus qu’eux-mêmes et plus que toute autre chose comme l’argent, le pouvoir, les femmes, la table ; ceux qui auront aimé leurs semblables que sont tous les hommes, riches comme pauvres, connus comme inconnus, instruits ou sans culture, bons ou mauvais. Oui, même les mauvais, il faut les aimer. Non pour leur méchanceté, mais par pitié pour leurs âmes qu’ils blessent à mort. Il faut les aimer d’un amour qui supplie le Père céleste de les guérir et de les racheter. Dans le Royaume des Cieux seront bienheureux ceux qui auront honoré le Seigneur avec vérité et justice, et respecté ceux qui les ont mis au monde ainsi que leur parenté en signe d’amour ; ceux qui n’auront volé d’aucune façon et en rien, c’est-à-dire ceux qui auront donné et demandé ce qui est juste, même pour le travail des serviteurs ; ceux qui n’auront tué personne ni détruit la réputation d’autrui, et n’auront pas eu le désir de tuer, même si d’autres sont cruels au point de pousser le coeur au mépris et à la révolte ; ceux qui n’auront pas fait de faux serments pour nuire à leur prochain ou offenser la vérité ; ceux qui n’auront pas commis d’adultère ni de péché de la chair, quels qu’ils soient ; ceux qui, doux et résignés, auront toujours accepté leur sort sans envier les autres. C’est à ceux-là qu’appartient le Royaume des Cieux, et le mendiant lui-même peut être là-haut un roi bienheureux, alors que le Tétrarque sera, en fait de pouvoir, réduit à moins que rien, à un sort pire que le néant : il sera une proie pour Mammon s’il a agi contre la loi éternelle du Décalogue. »