Aller au contenu

Notes du thème

Monts, massifs et montagnes en Palestine

Page 1 sur 4

Confort de lecture

Aa

EMV 5.1 · Tome 1, p. 34

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

« L’eau, qu’on espère depuis si longtemps et qui semblait proche depuis trois jours, n’est pas encore venue et la campagne brûle. Heureusement que nous avons près d’ici une source au débit si abondant. J’ai ouvert les canaux. C’est un faible soulagement pour les plantes, dont les feuilles sont fanées et couvertes de poussière, mais cela servira à les garder en vie. S’il pouvait pleuvoir… »

Joachim scrute le ciel avec l’anxiété de tout cultivateur, tandis qu’Anne, fatiguée, s’évente à l’aide d’un éventail fait d’une feuille sèche de palmier entrelacée de fils multicolores qui lui donnent sa rigidité.

La parente dit :

« Là-bas, des nuages rapides apparaissent au-delà du grand Hermon. Le vent vient du nord, il rafraîchira. Peut-être donnera-t-il de l’eau.

– Cela fait trois jours qu’il se lève, mais qu’il tombe au lever de la lune. Ce sera encore la même chose. »

Joachim est découragé.

(...) [Ils rentrent lorsqu'une tempête s'abat sur la région. Puis elle se se calme].

L’orage tombe brusquement, après un dernier coup de foudre si violent qu’il jette les trois hommes contre les murs ; et sur le devant de la maison, il laisse en souvenir un trou noir et fumant dans le sol du jardin. Cependant un vagissement traverse la porte d’Anne, pareil à la plainte d’une tourterelle qui, pour la pre­mière fois, ne piaille plus mais roucoule. Au même moment, un immense arc-en-ciel se déploie en demi-cercle sur toute la voûte céleste. Il sort ou du moins paraît sortir du sommet de l’Hermon qui, sous la caresse du soleil, semble d’une couleur d’albâtre d’un blanc rosé des plus délicats. Il s’élève au plus haut d’un ciel de septembre très clair, traverse des étendues vierges de toute impureté, survole les collines de Galilée et la plaine qui apparaît au sud entre deux figuiers, puis encore un autre mont, et paraît poser son extrémité au bout de l’horizon, là où une chaîne de montagnes abruptes bouche la vue.

Annotation

Le grand Hermon ou le Mont Hermon (2 814 mètres d'altitude), visible de Nazareth, est situé à 95 km, en direction du nord-est.

Au même moment, un immense arc-en-ciel se déploie en demi-cercle sur toute la voûte céleste. Il sort ou du moins paraît sortir du sommet de l’Hermon qui, sous la caresse du soleil, semble d’une couleur d’albâtre d’un blanc rosé des plus délicats. De Nazareth (alt +400/450m) si on tourne le dos au soleil couchant (Azimut 278° ce soir-là) pour pouvoir observer un arc-en-ciel, on a le mont Hermon (+2800m) à gauche, le lac de Tibériade (-200m), la plaine et les collines de Galilée (0 à +100m) en face, et les monts Ebal (+938m) et Garizim (+868m) à droite.

Dans des circonstances favorables, un arc en ciel peut être double, et même exceptionnellement triple.

La physique indique qu'un arc en ciel ne peut être observé que le matin ou le soir. Il couvre un champ de 80° à 84.8° s'il est simple, et de 102° à 107.4° s'il est double.

Un simple rapporteur placé sur une carte de Palestine, point zéro sur Nazareth et perpendiculairement à l'azimut 278° permet de vérifier la plausibilité extraordinaire de cette description : elle serait fausse à toute autre époque de l'année, compte tenu de l'orientation du soleil à son coucher.

EMV 46.1-2 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

46.1 Je revois la solitude pierreuse que j’avais déjà vue à ma gauche dans la vision du baptême de Jésus au Jourdain. Je dois cependant y avoir pénétré profondément, parce que je ne vois plus le beau fleuve aux eaux lentes et bleues ni la veine verte qui le longe sur ses deux rives, alimentée par cette artère aquatique. Ici, rien d’autre que la solitude, des pierres, une terre tellement brûlée qu’elle en est réduite à l’état de poussière jaunâtre qu’à chaque instant le vent soulève en petits tourbillons. On dirait le souffle d’une bouche fiévreuse tant ils sont secs et brûlants, et la poussière qui pénètre dans le nez et la gorge est une vraie tor­ture. Ici et là, de très rares petits buissons épineux dont on ne sait comment ils peuvent résister dans cette désolation. On dirait des touffes de cheveux sur le crâne d’un homme chauve. Au-dessus, un ciel d’un bleu impitoyable, en bas le sol aride, et tout autour, des rochers et le silence. C’est tout ce que je vois comme nature.

46.2 Un énorme rocher, façonné comme j’essaie de le dessiner, forme un embryon de grotte. Assis sur une grosse pierre traînée à l’intérieur, Jésus se tient adossé à la paroi à l’endroit que je signalepar un +.

(dessin visible dans le tome 1 de "L'Evangile tel qu'il m'a été révélé" ch 46 p 351)


Il s’y repose du soleil brûlant. Mon conseiller intérieur m’indique que cette pierre sur laquelle il est assis lui sert aussi d’agenouilloir et d’oreiller quand il prend quelques brèves heures de repos, enroulé dans son manteau à la lueur des étoiles et dans l’air froid de la nuit. En effet, tout près de là, se trouve la besace que je lui ai vu prendre à son départ de Nazareth. C’est tout ce qu’il possède et, comme elle est flasque, je comprends qu’elle a été vidée du peu de nourriture qu’y avait mise Marie.

EMV 79.1 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

– Où trouvons-nous les bergers ?

– A cinq milles d’Hébron, sur les rives du fleuve dont tu parlais.

– De l’autre côté de cette colline, alors.

– Plus loin.

– Il fait très chaud. L’été... Où allons-nous ensuite, Maître ?

– A un endroit encore plus chaud, mais je vous prie de venir. Nous voyagerons de nuit. Les étoiles sont si claires qu’il n’y a guère d’obscurité. Je veux vous montrer un endroit...

– Une ville ?

– Non... un endroit... qui vous fera comprendre le Maître... peut-être mieux que ses paroles.

EMV 79.7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

– Et nous ?

– Vous, vous viendrez, comme je l’ai dit, pour voir ma préparation. Moi aussi, je me suis préparé à la mission.

– En allant chez un rabbi ?

– Non.

– Auprès de Jean-Baptiste ?

– Je n’en ai reçu que le baptême.

– Et alors ?

– Bethléem a parlé par les pierres et les coeurs. Là aussi, où je te conduis, Judas, les pierres, et un coeur, le mien, parleront et répondront à ta question. »

Détail

Jésus donne ses instructions aux bergers Élie, Lévi, Joseph et Isaac après les avoir retrouvés. À ce moment-là, Judas intervient et demande ce que le groupe apostolique va faire.

EMV 80 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Détail

Jésus arrive au massif de la Tentation, accompagné de Jean, de Judas et de Simon le Zélote. C'est un lieu désolé. Judas croit qu'il n'y est resté que quelques heures, mais le Seigneur le détrompe. Il explique qu'il y est venu pour se préparer à sa Mission. L'Iscariothe pensait qu'il aurait été auprès de quelques maîtres et rabbis, mais qui pouvait enseigner quelque chose au Verbe de Dieu ?

Jésus explique ensuite que les hommes ont une destinée et qu'ils doivent choisir entre l'Ami ou Satan. Il propose finalement aux apôtres de rester quelques jours ici, pour leur enseigner aussi la force de la pénitence. Jean et Simon le Zélote acceptent volontiers. Judas est moins enthousiaste, mais n'ose pas s'en aller.

Après quelques jours, la vision de Maria continue. Jésus précise que son séjour au désert a duré quarante jours et a eu lieu durant l'hiver. Il explique son baptême, donné par Jean, puis la Tentation par le Démon. Il parle notamment de sa nature d'Homme Dieu et répond aussi à la question de Judas s'il a pu être tenté ou non. À la fin de son discours, il demande que les disciples ne parlent pas de l'hostilité du monde envers Jésus à Marie. Elle en souffrirait trop...

EMV 80.1-2 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

80.1 Une aurore superbe dans un lieu sauvage. Une aurore au sommet d’une pente montagneuse. A peine la première lueur du jour. Dans le ciel, les dernières étoiles visibles et un fin croissant de la lune décroissante qui reste, telle une virgule d’argent, sur le velours sombre du ciel.

La montagne semble indépendante, sans lien avec d’autres chaînes. Mais c’est un vrai mont, pas une colline. Le sommet est beaucoup plus haut et pourtant on découvre, à mi-hauteur, un large horizon qui prouve qu’on s’est élevé de beaucoup au-dessus du niveau du sol. La lumière incertaine de l’aube, d’un blanc verdâtre qui devient plus clair, se fraie une route dans l’air frisquet du matin, tandis que se révèlent les contours et les détails que dissimulait d’abord la brume qui précède le jour ; elle est toujours plus sombre qu’une nuit car, au moment du passage de la nuit au jour, la lumière des astres diminue et semble même s’effacer. Je vois ainsi que cette montagne est rocheuse, dénudée, coupée d’anfractuosités qui forment des grottes, des antres et des refuges. C’est vraiment un lieu sauvage. Aux seuls endroits où un peu de terre s’est accumulée pour pouvoir recueillir l’eau du ciel et la conserver, on voit des touffes de verdure, des plantes qui n’ont guère qu’une tige épineuse, avec un rare feuillage, et, à ras de terre, des buissons ligneux de végétaux qui ressemblent à des baguettes vertes, mais dont j’ignore le nom.

En bas se trouve une étendue, plus aride encore, plate, pierreuse, et qui devient toujours plus aride à mesure qu’on s'approche d’un lieu obscur, plus long que large, au moins cinq fois plus long que large. Je pense qu’il s’agit d’une oasis luxuriante qu’ont fait naître des eaux souterraines dans ce paysage désolé. Cependant, quand la lumière devient plus vive, je vois que c’est une étendue d’eau. Une eau stagnante, sombre, morte. Un lac d’une tristesse infinie. Dans cette lumière encore incertaine, cela me remet en mémoire la vision du monde mort. Le lac semble attirer à lui l’image sombre du ciel, et toute la tristesse du paysage environnant. Il semble refléter dans ses eaux immobiles le vert sombre des plantes épineuses et des herbes rigides – qui, sur des kilomètres et des kilomètres, en plaine et sur les pentes, forment l’unique parure du sol –, et en faire un philtre de tristesse noire qui s’en dégage et se répand sur tout l’environnement. Quelle différence avec le lumineux et riant lac de Génésareth !

Si on lève les yeux vers le ciel, d’une absolue sérénité, qui s’éclaire petit à petit, si l’on regarde la lumière qui de l’orient se répand comme une marée lumineuse, l’âme redevient joyeuse. Mais la vue de cette immense mer d’eau morte vous serre le coeur. Aucun oiseau ne la survole. Aucun animal sur ses rives. Rien.

80.2 Pendant que je contemple cette désolation, la voix de Jésus vient me secouer : « Nous voici arrivés là où je voulais. » Je me retourne. Je le vois derrière moi, en compagnie de Jean, Simon et Judas, près de la pente rocheuse de la montagne, là où arrive un sentier... il vaudrait mieux dire : là où un long travail des eaux, à la saison des pluies, a érodé le calcaire, creusant au cours des siècles un canal à peine dessiné qui sert à l’écoulement des eaux venant des sommets et qui est maintenant un chemin pour les chèvres sauvages plutôt que pour les hommes.

Jésus regarde autour de lui et répète :

« Oui, c’est là que je voulais vous amener. C’est là que le Christ s’est préparé à sa mission.

– Mais il n’y a rien, ici !

– Il n’y a rien, tu l’as dit.

– Avec qui étais-tu ?

– Avec mon âme et avec le Père.

– Ah, c’était une halte de quelques heures !

– Non, Judas, pas de quelques heures, mais de plusieurs jours...

– Mais qui te servait ? Où as-tu dormi ?

– J’avais pour serviteurs les onagres qui, la nuit, venaient dormir dans leur tanière... dans celle-ci où, moi aussi, je m’étais réfugié. J’avais à mon service les aigles qui m’annonçaient : “ Il fait jour ” de leur cri perçant quand ils partaient en chasse. J’avais pour amis les petits lièvres qui venaient brouter les herbes sauvages, pour ainsi dire à mes pieds... Ma nourriture et ma boisson, c’était ce qui est nourriture et boisson pour les fleurs du désert : la rosée de la nuit, la lumière du soleil. Rien d’autre.

– Mais pourquoi ?

– Pour bien me préparer, comme tu dis, à ma mission. Les choses bien préparées réussissent bien. C’est toi qui l’as dit. Et mon affaire n’était pas la petite et vaine affaire de me mettre en avant, moi, le Serviteur du Seigneur, mais de faire comprendre aux hommes qui est le Seigneur et ainsi de le faire aimer en esprit de vérité. Pauvre serviteur du Seigneur qui pense à son triomphe et non à celui de Dieu ! Qui cherche à en tirer profit, qui songe à s’élever sur un trône fabriqué... fabriqué avec les intérêts de Dieu, avilis jusqu’à traîner par terre, eux qui sont des intérêts célestes. Celui-là n’est plus un serviteur, même s’il en garde l’aspect extérieur. C’est un marchand, un trafiquant, un être faux qui se trompe lui-même, qui trompe les hommes et voudrait tromper Dieu... un malheureux qui se prend pour un prince, mais est un esclave... Esclave du démon, son roi et son maître de mensonge. Ici, dans cette tanière, le Christ a vécu de mortifications et de prière pendant bien des jours pour se préparer à sa mission.

Détail

Quand Maria évoque le lac et déclare que cela lui rappelle la vision du monde mort, elle fait référence à la vision du 29 janvier 1944, dans les Cahiers de 1944.

EMV 80.2-3.5 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

La voix de Jésus vient me secouer : « Nous voici arrivés là où je voulais. » Je me retourne. Je le vois derrière moi, en compagnie de Jean, Simon et Judas, près de la pente rocheuse de la montagne, là où arrive un sentier... il vaudrait mieux dire : là où un long travail des eaux, à la saison des pluies, a érodé le calcaire, creusant au cours des siècles un canal à peine dessiné qui sert à l’écoulement des eaux venant des sommets et qui est maintenant un chemin pour les chèvres sauvages plutôt que pour les hommes.

Jésus regarde autour de lui et répète :

« Oui, c’est là que je voulais vous amener. C’est là que le Christ s’est préparé à sa mission.

– Mais il n’y a rien, ici !

– Il n’y a rien, tu l’as dit.

– Avec qui étais-tu ?

– Avec mon âme et avec le Père.

– Ah, c’était une halte de quelques heures !

– Non, Judas, pas de quelques heures, mais de plusieurs jours...

– Mais qui te servait ? Où as-tu dormi ?

– J’avais pour serviteurs les onagres qui, la nuit, venaient dormir dans leur tanière... dans celle-ci où, moi aussi, je m’étais réfugié. J’avais à mon service les aigles qui m’annonçaient : “ Il fait jour ” de leur cri perçant quand ils partaient en chasse. J’avais pour amis les petits lièvres qui venaient brouter les herbes sauvages, pour ainsi dire à mes pieds... Ma nourriture et ma boisson, c’était ce qui est nourriture et boisson pour les fleurs du désert : la rosée de la nuit, la lumière du soleil. Rien d’autre.

– Mais pourquoi ?

– Pour bien me préparer, comme tu dis, à ma mission. Les choses bien préparées réussissent bien. C’est toi qui l’as dit. Et mon affaire n’était pas la petite et vaine affaire de me mettre en avant, moi, le Serviteur du Seigneur, mais de faire comprendre aux hommes qui est le Seigneur et ainsi de le faire aimer en esprit de vérité. Pauvre serviteur du Seigneur qui pense à son triomphe et non à celui de Dieu ! Qui cherche à en tirer profit, qui songe à s’élever sur un trône fabriqué... fabriqué avec les intérêts de Dieu, avilis jusqu’à traîner par terre, eux qui sont des intérêts célestes. Celui-là n’est plus un serviteur, même s’il en garde l’aspect extérieur. C’est un marchand, un trafiquant, un être faux qui se trompe lui-même, qui trompe les hommes et voudrait tromper Dieu... un malheureux qui se prend pour un prince, mais est un esclave... Esclave du démon, son roi et son maître de mensonge. Ici, dans cette tanière, le Christ a vécu de mortifications et de prière pendant bien des jours pour se préparer à sa mission.

80.3 Et où voudrais-tu que je sois allé me préparer, Judas ? »

Judas est perplexe, désorienté. Il répond finalement :

« Mais je ne sais pas... Je pensais... chez quelque rabbi... auprès des esséniens... Je ne sais.

– Mais pouvais-je trouver un rabbi qui m’en apprenne davantage que ce que me révélaient la puissance et la sagesse de Dieu ? moi, le Verbe éternel du Père, j’étais présent quand le Père créa l’homme et je sais de quelle âme immortelle et animée, de quelle capacité de libre jugement le Créateur l’a doté. Comment aurais-je donc pu aller chercher science et compréhension chez des gens qui nient l’immortalité de l’âme en niant la résurrection finale, qui nient le libre arbitre de l’homme en renvoyant dos à dos vertus et vices, actions saintes et mauvaises réglées par une destinée qu’ils disent fatale et invincible ? Ah non ! (...)

80.5 C’est ici que je suis venu. J’ai pris mon âme de Fils de l’homme et me la suis travaillée par les ultimes touches, terminant le labeur de trente années d’anéantissement et de préparation pour aborder avec perfection mon ministère. Maintenant, je vous demande de rester avec moi quelques jours dans cette tanière. Ce séjour sera toujours moins désolé car nous serons quatre amis pour nous défendre contre les tristesses, les peurs, les tentations, les besoins de la chair. Moi, j’étais seul. Ce sera moins pénible parce que maintenant c’est l’été, et ici, en altitude, le vent des sommets tempère la chaleur. Moi, j’y suis venu à la fin de la lune de Tebet et le vent qui descendait des neiges du sommet était glacial. Ce séjour sera moins torturant parce que plus court et parce que nous avons maintenant ce minimum de nourriture qui peut apaiser notre faim. Et, dans les gourdes que je vous ai fait donner par les bergers, il y a assez d’eau pour ce court séjour. Moi... Moi, j’ai besoin d’arracher deux âmes à Satan. Il n’y a que la pénitence qui puisse en venir à bout. Je vous demande de l’aide. Cela servira aussi à votre formation. Vous apprendrez comment on arrache les proies à Mammon : moins par les mots que par le sacrifice... Les mots !... Le vacarme satanique empêche qu’on les écoute... Les âmes qui sont la proie de l’Ennemi sont emportées dans un tourbillon de voix infernales... Voulez-vous rester avec moi ? Mais si vous, vous ne voulez pas, partez. Moi je reste. Nous nous retrouverons à Tecua, près du marché.

– Non, Maître, je ne t’abandonne pas » dit Jean, pendant qu’en même temps Simon s’écrie :

« C’est pour nous élever que tu nous veux avec toi dans cette rédemption. »

Judas... ne me paraît pas très enthousiaste, mais il fait bonne figure au... destin et dit :

« Moi, je reste.

– Prenez alors les gourdes, les sacs et portez-les à l’intérieur et, avant que le soleil ne soit brûlant, coupez du bois et entassez-le près de l’ouverture. La nuit est froide ici, même en été, et toutes les bêtes ne sont pas inoffensives. Allumez tout de suite une branche de cette plante d’acacia gommeux. Cela brûle bien. Nous regarderons dans les fissures pour chasser par le feu aspics et scorpions. Allez-y »...

Détail

Le Christ s'est préparé à sa mission.

Tebet : Mois à cheval sur décembre et janvier.

EMV 80.6-7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

80.6 ... Le même endroit sur la montagne. Seulement, il fait maintenant nuit. Une nuit tout étoilée. Une beauté du ciel nocturne comme, je crois, on ne peut en voir que dans ces pays déjà presque tropicaux. Des étoiles d’une taille et d’un brillant merveilleux. Les principales constellations ressemblent à des grappes de diamants, à de claires topazes, à de pâles saphirs, à de douces opales, à de tendres rubis. Elles tremblent, s’allument, s’éteignent, comme les regards quand les paupières les voilent un instant, et retrouvent un éclat d’autant plus merveilleux. De temps à autre, une étoile filante strie le ciel et disparaît vers on ne sait quel horizon, formant un trait lumineux qui paraît être le cri de joie d’un météore, charmé de voler ainsi dans ces prairies illimitées.

Jésus est assis à l’entrée de la caverne et parle aux trois hommes, en demi-cercle devant lui. Ils ont allumé du feu car, au milieu du groupe qu’ils forment, un tas de tisons a encore des lueurs de braises et rougit de son reflet les quatre visages.

« Oui, le séjour est terminé. Ce séjour-ci. La dernière fois, il a duré quarante jours... Et je vous le répète : c’était encore l’hiver sur ces pentes... et je n’avais pas de nourriture. C’était un peu plus difficile que cette fois, n’est-ce pas ? Je sais que vous aussi avez souffert maintenant. Le peu que nous avions et que je vous donnais n’était rien, en particulier pour une faim de jeunes. C’était tout juste suffisant pour vous empêcher de tomber de faiblesse. L’eau, il y en avait encore moins avec la chaleur torride du jour. Vous me direz que cela n’existait pas en hiver. Mais il y avait alors un vent sec qui descendait de la cime en brûlant les poumons et s’élevait de la plaine, chargé de la poussière du désert, et desséchait plus encore que cette chaleur estivale que l’on peut adoucir en suçant ces fruits acidulés qui sont presque mûrs. A ce moment-là, la montagne ne donnait que vent et herbes brûlées par le gel autour des acacias squelettiques. Je ne vous ai pas tout remis, car j’ai réservé les derniers pains et le dernier fromage avec la dernière gourde pour le retour... Je sais ce que fut le retour, épuisé comme je l’étais dans la solitude du désert... Rassemblons nos affaires et partons. La nuit est encore plus claire que celle par laquelle nous sommes arrivés. Il n’y a pas de lune, mais le ciel pleut de la lumière. Partons. Gardez le souvenir de cet endroit. Sachez vous rappeler la manière dont s’est préparé le Christ et dont se préparent les apôtres. C’est comme je l’ai enseigné que les apôtres doivent se préparer. »

80.7 Ils se lèvent. Simon remue les braises à l’aide d’une branche, les ravive, avant de les disperser avec les pieds, en y jetant des herbes sèches, puis il allume à la flamme un rameau d’acacia qu’il tient levée à l’entrée de la grotte pendant que Judas et Jean rassemblent les manteaux, les sacs et les outres de peau dont une seule est encore pleine. Puis il éteint le rameau en le secouant contre la roche, se charge de son sac et, comme tous les autres, met son manteau en l’attachant à la taille pour qu’il ne gêne pas la marche.

Ils descendent sans plus parler l’un derrière l’autre par un sentier très raide, mettant en fuite de petits animaux qui broutent les rares herbes qui résistent encore au soleil. Le chemin est long et difficile. Finalement, ils arrivent à la plaine. La marche n’est pas très aisée non plus, ici, où pierres et éclats de pierres roulent traîtreusement sous le pied – et blessent même, parce que la terre réduite en poussière les cache et qu’on ne peut les éviter –, et où des buissons épineux brûlés par le soleil griffent les pieds et gênent la marche en s’accrochant au bas des vêtements. Mais c’est le trajet le plus direct.

Là-haut, les étoiles sont toujours plus belles.

Ils cheminent ainsi pendant des heures. La terre est toujours plus stérile et plus triste. Des éclats scintillants brillent dans des petites fissures du sol, dans des trous parmi les aspérités du terrain. On dirait des éclats de brillants ternis. Jean se baisse pour les regarder.

« C’est le sel du sous-sol. Il en est saturé. Il affleure avec les crues du printemps, puis se dessèche. Voilà pourquoi il n’y a ici aucune vie. Par des veines profondes, la mer Orientale répand la mort à plusieurs stades alentour. Là seulement où des sources d’eau douce s’opposent à son action, on peut trouver des arbres pour s’abriter », explique Jésus.

EMV 80.7-8 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

80.7 Ils se lèvent. Simon remue les braises à l’aide d’une branche, les ravive, avant de les disperser avec les pieds, en y jetant des herbes sèches, puis il allume à la flamme un rameau d’acacia qu’il tient levée à l’entrée de la grotte pendant que Judas et Jean rassemblent les manteaux, les sacs et les outres de peau dont une seule est encore pleine. Puis il éteint le rameau en le secouant contre la roche, se charge de son sac et, comme tous les autres, met son manteau en l’attachant à la taille pour qu’il ne gêne pas la marche.

Ils descendent sans plus parler l’un derrière l’autre par un sentier très raide, mettant en fuite de petits animaux qui broutent les rares herbes qui résistent encore au soleil. Le chemin est long et difficile. Finalement, ils arrivent à la plaine. La marche n’est pas très aisée non plus, ici, où pierres et éclats de pierres roulent traîtreusement sous le pied – et blessent même, parce que la terre réduite en poussière les cache et qu’on ne peut les éviter –, et où des buissons épineux brûlés par le soleil griffent les pieds et gênent la marche en s’accrochant au bas des vêtements. Mais c’est le trajet le plus direct.

Là-haut, les étoiles sont toujours plus belles.

Ils cheminent ainsi pendant des heures. La terre est toujours plus stérile et plus triste. Des éclats scintillants brillent dans des petites fissures du sol, dans des trous parmi les aspérités du terrain. On dirait des éclats de brillants ternis. Jean se baisse pour les regarder.

« C’est le sel du sous-sol. Il en est saturé. Il affleure avec les crues du printemps, puis se dessèche. Voilà pourquoi il n’y a ici aucune vie. Par des veines profondes, la mer Orientale répand la mort à plusieurs stades alentour. Là seulement où des sources d’eau douce s’opposent à son action, on peut trouver des arbres pour s’abriter », explique Jésus.

80.8 Ils marchent encore. Puis Jésus s’arrête près de la grotte où je l’ai vu tenté par Satan.

« Arrêtons-nous ici. Asseyez-vous. D’ici peu ce sera le chant du coq. Cela fait six heures que nous marchons et vous devez avoir faim et soif, être fatigués. Prenez. Mangez et buvez assis ici autour de moi, pendant que je vous dis encore une chose que vous rapporterez aux amis et au monde. »

Détail

Entre le Massif de la Tentation, où Jésus s'est préparé à sa mission et a jeûné 40 jours, et la grotte de la Tentation où Jésus a été tenté par le Diable, il faut marcher six heures.

EMV 85.1-2 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

Allons enseigner mes disciples. Là, dans la douce Galilée, verte et aux eaux fraîches. 85.2 Tu n’y es jamais allé ?

– Une fois, en passant et en hiver, dans un de mes pénibles déplacements d’un médecin à l’autre. Elle m’a plu...

– Oh ! Elle est belle, et en toute saison. En hiver et plus encore aux autres saisons. Maintenant, en été, elle a des nuits tellement angéliques... Oui, elles semblent faites pour que s’y déploient des vols d’anges, tant elles sont pures. Le lac... le lac, dans son cadre de montagnes plus ou moins proches, semble fait pour parler de Dieu aux âmes qui le cherchent. C’est un morceau de ciel tombé dans la verdure, et le firmament ne l’abandonne pas, mais s’y mire avec ses astres et en multiplie ainsi le nombre... comme pour les présenter au Créateur, disséminés sur une plaque de saphir. Les oliviers descendent presque jusqu’aux eaux et sont pleins de rossignols. Eux aussi chantent leur louange au Créateur qui les fait vivre à cet endroit si doux et si tranquille.

Et ma ville de Nazareth ! Elle s’offre au baiser du soleil, toute blanche et verte, riante, entre les deux géants du grand et du petit Hermon et le piédestal des monts qui soutiennent le Thabor, piédestal aux douces pentes toutes vertes qui dressent en face du soleil leur Thabor souvent neigeux, mais si beau quand le soleil en enveloppe le sommet ! Il prend alors des couleurs d’albâtre teinté de rose, pendant que, en face, le mont Carmel se change en lapis-lazuli à certaines heures de grand soleil où les marbres, les eaux, les bosquets et les prés y dessinent des veines de couleurs variées, et une délicate améthyste au lever du jour ; puis un béryl bleu-violet vers le soir, et un seul bloc de sardoine quand la lune le montre tout sombre sous sa lumière argentée et laiteuse. Et, en bas, au midi, se trouve le tapis fertile et fleuri de la plaine d’Esdrelon.

Et puis... et puis, oh ! Simon ! Il y a là-bas une fleur ! C’est une fleur qui vit dans la solitude en exhalant pureté et amour pour son Dieu et pour son Fils : il y a ma Mère. Tu feras sa connaissance, Simon, et tu me diras s’il est sur la terre une créature comme elle, même en fait de grâce humaine. Elle est belle, mais ce qui émane de son intérieur surpasse toute cette beauté. Si un homme brutal la dévêtait, la balafrait et la renvoyait errante, elle aurait encore tout l’aspect d’une reine en robe royale, car sa sainteté la revêtirait d’un manteau de splendeur. Le monde pourra bien me faire tout le mal possible, je lui pardonnerai tout parce que pour venir au monde et le racheter, je l’ai eue, elle, l’humble et grande Reine du monde. Le monde l’ignore, mais c’est par elle qu’il a eu le Bien et qu’il l’aura encore davantage au cours des siècles.

Nous voici au Temple. Nous observons la forme judaïque du culte, mais, en vérité, je te dis que la vraie Maison de Dieu, l’Arche Sainte, c’est son coeur, dont le voile est sa chair très pure, sur laquelle ses vertus tissent une merveilleuse broderie.