EMV 85.1-2 · Tome 2
L’Evangile tel qu'il m'a été révélé
Citation
Allons enseigner mes disciples. Là, dans la douce Galilée, verte et aux eaux fraîches. 85.2 Tu n’y es jamais allé ?
– Une fois, en passant et en hiver, dans un de mes pénibles déplacements d’un médecin à l’autre. Elle m’a plu...
– Oh ! Elle est belle, et en toute saison. En hiver et plus encore aux autres saisons. Maintenant, en été, elle a des nuits tellement angéliques... Oui, elles semblent faites pour que s’y déploient des vols d’anges, tant elles sont pures. Le lac... le lac, dans son cadre de montagnes plus ou moins proches, semble fait pour parler de Dieu aux âmes qui le cherchent. C’est un morceau de ciel tombé dans la verdure, et le firmament ne l’abandonne pas, mais s’y mire avec ses astres et en multiplie ainsi le nombre... comme pour les présenter au Créateur, disséminés sur une plaque de saphir. Les oliviers descendent presque jusqu’aux eaux et sont pleins de rossignols. Eux aussi chantent leur louange au Créateur qui les fait vivre à cet endroit si doux et si tranquille.
Et ma ville de Nazareth ! Elle s’offre au baiser du soleil, toute blanche et verte, riante, entre les deux géants du grand et du petit Hermon et le piédestal des monts qui soutiennent le Thabor, piédestal aux douces pentes toutes vertes qui dressent en face du soleil leur Thabor souvent neigeux, mais si beau quand le soleil en enveloppe le sommet ! Il prend alors des couleurs d’albâtre teinté de rose, pendant que, en face, le mont Carmel se change en lapis-lazuli à certaines heures de grand soleil où les marbres, les eaux, les bosquets et les prés y dessinent des veines de couleurs variées, et une délicate améthyste au lever du jour ; puis un béryl bleu-violet vers le soir, et un seul bloc de sardoine quand la lune le montre tout sombre sous sa lumière argentée et laiteuse. Et, en bas, au midi, se trouve le tapis fertile et fleuri de la plaine d’Esdrelon.
Et puis... et puis, oh ! Simon ! Il y a là-bas une fleur ! C’est une fleur qui vit dans la solitude en exhalant pureté et amour pour son Dieu et pour son Fils : il y a ma Mère. Tu feras sa connaissance, Simon, et tu me diras s’il est sur la terre une créature comme elle, même en fait de grâce humaine. Elle est belle, mais ce qui émane de son intérieur surpasse toute cette beauté. Si un homme brutal la dévêtait, la balafrait et la renvoyait errante, elle aurait encore tout l’aspect d’une reine en robe royale, car sa sainteté la revêtirait d’un manteau de splendeur. Le monde pourra bien me faire tout le mal possible, je lui pardonnerai tout parce que pour venir au monde et le racheter, je l’ai eue, elle, l’humble et grande Reine du monde. Le monde l’ignore, mais c’est par elle qu’il a eu le Bien et qu’il l’aura encore davantage au cours des siècles.
Nous voici au Temple. Nous observons la forme judaïque du culte, mais, en vérité, je te dis que la vraie Maison de Dieu, l’Arche Sainte, c’est son coeur, dont le voile est sa chair très pure, sur laquelle ses vertus tissent une merveilleuse broderie.