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Œuvre de Maria Valtorta

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EMV 26.6-9 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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26.6 Marie dit :

« Que personne n’interprète ma pâleur de façon erronée. Elle ne provenait pas de quelque crainte humaine. Humainement, j’aurais dû m’attendre à être lapidée. Mais je n’en avais pas peur. Je souffrais de la douleur de Joseph. Même la pensée qu’il pouvait m’accuser ne me troublait pas. Il me déplaisait seulement qu’il puisse le faire par un excès de rigueur. Lorsque je l’ai vu, cela m’a donné un coup au coeur. C’était le moment où ce juste aurait pu offenser la justice en manquant à la charité. Et que ce juste y manque – alors que cela ne lui arrivait jamais –, voilà qui m’aurait fait extrêmement souffrir.

26.7 Si je n’avais pas porté l’humilité à son extrême limite, comme je l’ai dit à Joseph, je n’aurais pas mérité de porter en moi celui qui, pour effacer l’orgueil de la race humaine, s’anéantissait jusqu’à devenir homme alors qu’il était Dieu.

26.8 Si je t’ai montré cette scène qu’aucun évangile ne relate, c’est que je veux attirer l’attention des hommes, trop étrangère aux conditions essentielles pour plaire à Dieu et accueillir sa venue continuelle dans leur coeur.

Foi. Joseph a cru aveuglément aux paroles du messager céleste. Il ne demandait qu’à croire, parce qu’il était sincèrement convaincu que Dieu est bon et que le Seigneur ne lui aurait pas fait subir, à lui qui avait espéré en Dieu, la douleur d’être trahi, déçu, méprisé par son prochain. Il ne demandait qu’à croire en moi car, honnête comme il l’était, il ne pouvait penser sans souffrir que d’autres puissent ne pas l’être. Il vivait la Loi, or la Loi dit : “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même. ” Nous nous aimons tellement que nous nous croyons parfaits, même quand ce n’est pas le cas. Alors, pourquoi cesser d’aimer notre prochain quand on le pense imparfait ?

Charité absolue, charité qui sait pardonner, qui veut pardonner. Pardonner d’avance, en excusant dans son coeur les défauts de l’autre. Pardonner immédiatement, en accordant au coupable toutes les circonstances atténuantes.

Humilité aussi absolue que la charité. Savoir reconnaître ses manquements – ne serait-ce qu’une simple pensée – et ne pas avoir l’orgueil, pire encore que la faute précédente, de ne pas vouloir reconnaître : “ Je me suis trompé. ” Dieu excepté, tout le monde se trompe. Qui donc peut prétendre : “ Je ne me trompe jamais ” ? Une forme d’humilité est encore plus difficile : celle qui sait taire les merveilles que Dieu accomplit en nous, quand ce n’est pas nécessaire de le faire pour l’en louer, afin de ne pas déprécier l’autre, qui n’a pas reçu ces dons particuliers de Dieu. S’il le veut – s’il le veut ! –, Dieu se révèle lui-même dans son serviteur. Elisabeth m’a “ vue ” telle que j’étais, mon époux m’a connue pour ce que j’étais lorsque l’heure vint pour lui de le savoir.

26.9 Laissez au Seigneur le soin de vous proclamer ses serviteurs. Il y met un empressement plein d’amour, car chaque personne qu’il élève à une mission particulière est une gloire nouvelle ajoutée à sa propre gloire infinie ; c’est en effet le témoignage de ce qu’est l’homme tel que Dieu le voulait : une perfection mi­neure qui reflète son Auteur. Demeurez dans l’ombre et le silence, vous les privilégiés de la grâce, pour pouvoir entendre les paroles uniques qui sont “ vie ”, et pour pouvoir mériter d’avoir au-dessus de vous et en vous le Soleil qui resplendit éternellement.

Oh ! Lumière bienheureuse qui es Dieu, qui fais la joie de tes serviteurs, resplendis sur eux ; qu’ils exultent en toute humilité et te louent, toi, toi seul, qui disperses les superbes, mais élèves les humbles qui t’aiment aux splendeurs de ton Royaume. »

EMV 27 · Tome 1, p. 172-177

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Titre du chapitre : L'édit de recensement. Enseignements sur l’amour pour son époux et sa confiance en Dieu.

Date de la vision et de la dictée : Dimanche 4 juin 1944

Calendrier : Dimanche 17 novembre de l'an -5

Lieux (carte) : Nazareth

Cycle : Naissance et enfance de Jésus

Résumé : Marie est chez elle. Sa grossesse est bien avancée. Maria la décrit et explique que c'est l'apparence qu'elle aura dans son corps glorifié. Ensuite, elle reprend le récit, et Joseph arrive. Il sourit à son épouse mais il est inquiet. Marie s'en rend compte, et il lui explique qu'un édit vient de paraître. Il se soucie de Marie, qui devra faire ce voyage, mais la Vierge, elle, pense à l'Ecriture Sainte et sent que la naissance aura lieu là-bas. Elle confie ses pensées à Joseph qui devient encore plus alarmé et inquiet, et elle le rassure, en lui parlant de la confiance en Dieu. En l'écoutant, Joseph se calme, sourit, et décide de se mettre à l'ouvrage pour le voyage à venir.

Contenu du chapitre : 27.1 : La grossesse très avancée de Marie et son éternelle jeunesse. 27.2 : L’édit est publié, nous devons aller à Bethléem. 27.3 : C'est là que le Messie doit naître. La confiance en Dieu ! 27.4 : Joseph recouvre le sourire. 27.5 : Ce qui pèse sur les épaules de l’épouse et de l’époux respectivement. 27.6 : La confiance en Dieu résume les vertus théologales. 27.7 : Aucun évènement ne peut survenir sans la permission de Dieu.

EMV 27.5-7 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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27.5 Marie dit :

« Je n’ajouterai pas grand-chose, parce que mes paroles sont déjà tout un enseignement.

J’attire néanmoins l’attention des épouses sur un point : un trop grand nombre d’unions se disloquent par la faute des femmes, qui n’ont pas cet amour qui est tout : gentillesse, pitié, réconfort pour leur mari. La souffrance physique pèse lourdement sur la femme, et pas sur son mari. Mais sur lui pèsent toutes les préoccupations morales : nécessité du travail, décisions à prendre, responsabilité devant les pouvoirs constitués et devant sa propre famille... ah, que de choses pèsent sur l’homme ! Et comme il a, lui aussi, besoin de réconfort ! Eh bien, l’égoïsme est tel que la femme ajoute à son mari fatigué, découragé, abattu, soucieux, le poids de ses plaintes inutiles et parfois injustes. Tout cela parce qu’elle est égoïste. Elle n’aime pas.

Aimer, ce n’est pas rechercher sa propre satisfaction sensible ou intéressée. Aimer, c’est satisfaire celui qu’on aime en dépassant sa propre sensibilité ou son intérêt particulier, c’est fournir à son âme l’aide dont il a besoin pour pouvoir garder ses ailes ouvertes dans les cieux de l’espérance et de la paix.

27.6 Mais il y a un autre point sur lequel j’attire votre attention. J’en ai déjà parlé, mais j’insiste : il s’agit de la confiance en Dieu.

La confiance résume les vertus théologales. Etre confiant sous-entend qu’on a la foi, c’est le signe qu’on espère. C’est aussi faire preuve d’amour. Quand on aime une personne, quand on espère et qu’on croit en elle, c’est qu’on a confiance. Sinon, c’est impossible. Dieu mérite notre confiance. Si nous l’accordons à de pauvres humains qui risquent de ne pas y répondre, pourquoi la refuser à Dieu qui y répond toujours ?

La confiance est aussi humilité. L’orgueilleux prétend : “ Je me suffis à moi-même. Je n’ai aucune confiance en l’autre parce que c’est un incapable, un menteur, un prétentieux. ” Mais l’humble dit : “ Je fais confiance. Pourquoi ne le devrais-je pas ? Pourquoi devrais-je penser que je suis meilleur que lui ? ” Il a donc d’autant plus de raisons de dire à Dieu : “ Pourquoi me défier de Celui qui est bon ? Pourquoi penser que je suis capable d’agir par moi-même ? ” Dieu se donne à l’humble, mais il s’éloigne de l’orgueilleux.

La confiance est encore obéissance. Or Dieu aime l’obéissant. L’obéissance est le signe que nous nous reconnaissons pour ses fils, et que nous reconnaissons Dieu pour notre Père. Et un vrai père ne peut qu’aimer. Dieu est pour nous un vrai Père et un Père parfait.

27.7 Troisième point que j’offre à votre méditation : il se base toujours sur la confiance.

Aucun événement ne peut survenir sans la permission de Dieu. Es-tu puissant ? Tu l’es parce que Dieu l’a permis. Es-tu soumis à l’autorité ? C’est parce que Dieu l’a permis. Essaie donc, toi le puissant, de ne pas te servir de ta puissance pour le mal. Ce serait toujours “ ton mal ”, même si au début il paraît être le mal des autres. Car si Dieu permet, il ne permet pas tout pour autant, et si tu dépasses les bornes, il te frappe et te brise. Quant à toi, qui es soumis, essaie de faire de ta condition un aimant qui attire sur toi la protection céleste. Et ne maudis jamais, laisse ce soin à Dieu. C’est à lui, le Seigneur de tous, qu’il revient de bénir et de maudire ses créatures.

Va en paix. »

EMV 28 · Tome 1, p. 178-183

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Titre du chapitre : L’arrivée à Bethléem.

Date de la vision : Lundi 5 juin 1944

Calendrier : Mardi 10 décembre de l'an -5

Lieux (carte) : Bethléem

Cycle : Naissance et enfance de Jésus

Résumé : Marie et Joseph se mettent en route vers Bethléem. Marie est sur l'âne et Joseph marche à pied, car il n'a pas pu obtenir deux ânes. L'époux de la Vierge lui demande si elle est fatiguée, mais cette dernière le rassure. Quand Joseph lui demande si elle a froid, elle le rassure aussi, mais cette fois, son gardien n'est pas satisfait par sa réponse et jauge que ses pieds sont froids. Il lui donne donc une couverture supplémentaire.

Sur le chemin, les époux rencontre Elie, l'un des futurs bergers qui viendra adorer le Christ. Il est accompagné de son troupeau de brebis et leur donne du lait frais. Compte tenu de la condition de Marie, il les renseigne sur Bethléem, et leur déclare qu'elle est noire de monde avec l'édit. L'homme leur donne de précieux conseil si jamais ils n'arrivent pas à trouver un abri, et il les enjoint à aller dans des refuges dans la montagne s'ils ne trouvent réellement rien.

Quand ils reprennent la route, Marie annonce à son époux qu'elle pense que le temps est venu. La Vierge est véritablement heureuse de la nativité de son Fils, mais Joseph n'est pas à la joie et se hâte pour leur trouver un logement. Personne ne les accueille et le soir finit par tomber. Ils sont donc contraint d'aller dans les refuges mentionnés par Elie, mais les plus belles places sont prises. Finalement, on les dirige vers une tanière très pauvre, où il n'y a qu'un boeuf. Ils s'y installent, faute d'avoir mieux, mais comme le dit Joseph, "c'est toujours mieux que rien". L'animal est très docile et accepte les nouveaux visiteurs. Joseph prépare un endroit pour Marie, en réchauffant du foin et puis, quand tout est prêt, il l'encourage à dormir. La vision se finit ainsi.

Contenu du chapitre : 28.1 : En route en plein hiver. 28.2 : Je ne sais si vous trouverez un logement. 28.3 : Il n’y a pas de place à l'auberge. 28.4 : Une sorte de grotte où il y a un bœuf. 28.5 : Joseph s'affaire à l'installation. 28.6 : La vision parle d'elle-même.

EMV 28.1 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Marie est montée sur son âne gris, tout enveloppée dans son lourd manteau. A l’avant de la selle se trouve le dispositif que j’ai déjà vu lors de son voyage à Hébron et, par-dessus, le coffre contenant les objets de première nécessité.

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Marie et Joseph vont à Bethléem, pour l'édit de recensement.

EMV 28.6 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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28.6 « Il n’y a rien à dire de plus », dit Marie. « La vision parle d’elle-même. C’est à vous qu’il revient d’en tirer la leçon de charité, d’humilité et de pureté qui en découle. Repose-toi. Repose-toi en veillant, comme je veillais en attendant Jésus. Il viendra t’apporter sa paix. »

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Marie et Joseph vont à Bethléem, pour l'édit de recensement. On est en hiver et ils ont su trouver la crèche de Bethléem. Suite à la vision, Marie déclare à Maria :

EMV 29 · Tome 1, p. 183-192

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Titre du chapitre : La naissance de Jésus. Efficacité salvatrice de la maternité divine de Marie.

Date de la vision et de la dictée : Mardi 6 juin 1944

Calendrier : Mercredi 11 décembre de l'an -5

Lieux (carte) : Bethléem

Cycle : Naissance et enfance de Jésus

Résumé : Marie et Joseph sont dans la crèche de Bethléem. Joseph s'est endormi, mais Marie, elle, ne dort pas. Elle voit que son époux dort et a un bon sourire, puis elle se met discrètement en position de prière. La Vierge prie intensément. Joseph finit par se réveiller à un moment et adresse quelques paroles à Marie, pour savoir si elle a besoin de quelque chose. Puis, il décide lui aussi de prier près du feu.

La lumière de la lune vient chercher Marie et à un moment, celle-ci lève la tête, comme si elle répondait à un appel. Elle sourit et la lumière devient de plus en plus forte : elle l'enveloppe totalement. Quand celle-ci redevient supportable aux yeux de Maria, l'Immaculée tient son Fils dans ses bras. Le bébé pleure et elle appelle son époux. Ce dernier est comme foudroyé quand il voit le Sauveur, mais Marie l'invite à s'approcher et l'offre au Père avec Joseph. Puis, elle confie Jésus à son père putatif pendant qu'il va chercher les langes. Celui-ci a au début une sainte réserve, par crainte d'être irrespectueux, mais, une fois qu'il l'a dans ses bras, il abandonne son intention première et en prend soin comme si c'était la prunelle de ses yeux. Avec Marie, ils lui mettent un lange et l'enveloppent dans une couverture qu'ils ont réchauffée près du feu, puis sa Mère demande très justement où ils vont mettre l'Enfant. C'est alors que Joseph propose de la placer dans une mangeoire, près du boeuf, car le bois le protègera des courants d'air, le foin lui servira d'oreiller, et le souffle de l'animal, qui est paisible et tranquille, le réchauffera un peu. Ils font ainsi. Et puis tous deux adorent le Rédempteur qui est descendu du Ciel pour nous sauver.

Marie donne ensuite une dictée à Maria. Elle annonce à Maria un temps de souffrance, mais lui dit que c'est par la douleur qu'on gagne la paix, "tout comme la grâce pour nous-mêmes et pour les autres". Elle parle de Jésus-Homme qui redevint Jésus-Dieu après la Passion, mais qui n'eut pas la paix au moment de son épreuve, car autrement, il n'aurait pas souffert.

Ensuite, la Mère donne une leçon pour tous et elle explique comment elle a participé à la rédemption de la femme par sa maternité divine.

Elle a vaincu l'orgueil en s'humiliant jusqu’au plus profond d'elle-même. Elle a vaincu la cupidité de nos premiers parents en renonçant d'avance à son Enfant. Elle a vaincu la gourmandise, celle du savoir et celle de la jouissance, en acceptant de savoir uniquement ce que Dieu désirait qu'elle sache. La Pleine de Grâce a vaincu la luxure, qui est la gourmandise portée jusqu'à la gloutonnerie. Enfin, elle a redonné à la femme la paix au pied de la Croix, en voyant son Fils mourir. La Vierge est morte à ce moment-là, pour devenir la Mère de la Grâce.

Elle souligne que c'est pour la femme qu'elle a fait tout cela, pour que nous devenions des saintes de Dieu.

Contenu du chapitre : 29.1 : Marie et Joseph en prière. 29.2 : Une lumière transfigure Marie. 29.3 : L'enfant naît d'un éblouissement de lumière. 29.4 : L'enfant offert à Dieu et donné à Joseph. 29.5 : Empressement de le mettre à l'abri du froid. 29.6 : C'est dans la souffrance que l'on gagne la paix. 29.7 : J'ai racheté le quadruple péché d'Ève. 29.8 : Humilité versus orgueil. 29.9 : Renoncement versus cupidité. 29.10 : Faim de Dieu versus gourmandise. 29.11 : Chasteté versus luxure. 29.12 : La paix obtenue au pied de la croix. 29.13 : Participer à la rédemption.

EMV 29.6-13 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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29.6 Marie dit :

« Je t’avais promis qu’il allait venir t’apporter sa paix. Te rappelles-tu la paix qui était en toi au temps de Noël, quand tu m’as vue avec mon Bébé ? C’était alors pour toi un temps de paix, mais voici venir un temps de souffrance. Mais tu le sais, désormais : c’est par la souffrance que l’on gagne la paix, tout comme chaque grâce pour nous-mêmes et pour les autres. Jésus-Homme redevint Jésus-Dieu après ses terribles souffrances de la Passion. Il redevint la Paix. Paix dans le Ciel d’où il était venu et d’où il la répand maintenant sur ceux qui, dans le monde, l’aiment. Mais aux heures de la Passion, lui, il fut privé de la paix du monde. S’il l’avait ressentie, il n’aurait pas souffert. Or il fallait qu’il souffre, et qu’il souffre complètement.

29.7 Moi, Marie, j’ai racheté la femme par ma maternité divine. Mais ce ne fut que le début de la rédemption de la femme. Me refusant à toute union humaine en faisant voeu de virginité, j’avais repoussé toute satisfaction charnelle et mérité la grâce de Dieu. Mais cela n’était pas suffisant, car la faute d’Eve était un arbre à quatre branches : orgueil, cupidité, gourmandise et luxure. Elles devaient donc être coupées toutes les quatre avant de stériliser l’arbre jusqu’aux racines.

29.8 C’est en m’humiliant jusqu’au plus profond de moi-même que j’ai vaincu l’orgueil.

Je me suis humiliée devant tout le monde. Je ne parle pas de mon humilité face à Dieu : toute créature la doit au Très-Haut. Son Verbe la possédait. Je devais l’avoir, moi qui étais une simple femme. Mais as-tu jamais réfléchi aux humiliations que j’ai dû subir de la part des hommes, qui plus est sans me défendre de quelque manière que ce soit ? Joseph lui-même, qui était juste, m’avait accusée dans son coeur. Les autres, qui n’étaient pas justes, avaient péché en me calomniant sur ma grossesse et, telle une vague amère, la rumeur de leurs paroles était venue se briser contre mon humanité.

Ce furent les premières des humiliations innombrables que me valurent ma vie de Mère de Jésus et du genre humain : humiliations de la pauvreté, de la fuite, des reproches des parents et amis qui, par ignorance de la vérité, taxaient de faiblesse ma conduite maternelle envers mon Jésus devenu jeune homme, humiliations encore au cours des trois années de son ministère, humiliations cruelles à l’heure du Calvaire, jusqu’à devoir reconnaître que je n’avais pas de quoi acheter de lieu de sépulture pour mon Fils ni des aromates.

29.9 J’ai vaincu la cupidité de nos premiers parents en renonçant d’avance à mon Enfant.

Une mère ne renonce jamais à son enfant, à moins d’y être forcée. Si la patrie, l’amour d’une épouse ou Dieu lui-même l’ar­rachent à son coeur, elle se rebiffe contre la séparation. C’est naturel. Son fils grandit dans son sein, et le lien qui le tient uni à nous n’est jamais complètement rompu. Le canal vital de l’ombilic a beau être coupé, il reste toujours un nerf qui part du coeur de la mère et se greffe sur le coeur de son enfant, un nerf spirituel et plus vivant, plus sensible qu’un nerf physique. Et elle le sent s’étirer jusqu’à la souffrance si l’amour de Dieu ou d’un être, ou encore les exigences de la patrie éloignent le fils de sa mère. Et il se brise en déchirant le coeur si la mort arrache un enfant à sa mère.

En ce qui me concerne, j’ai renoncé à mon Fils dès l’instant où je l’ai eu. Je l’ai donné à Dieu, je vous l’ai donné. Moi, je me suis dépouillée du Fruit de mon sein pour réparer le vol par Eve du fruit de Dieu.

29.10 J’ai vaincu la gourmandise, celle du savoir et celle de la jouissance, en acceptant de savoir uniquement ce que Dieu voulait que je sache, sans demander ni à lui ni à moi plus que ce qui m’était dit. J’ai cru, sans chercher plus loin. J’ai vaincu la gourmandise de la jouissance, parce que je me suis refusée à toute satisfaction charnelle. Ma chair, je l’ai mise sous mes pieds. La chair, cet instrument de Satan, je l’ai gardée avec Satan sous mon talon pour m’en faire un escabeau qui me permette de m’approcher du Ciel. Le Ciel, voilà mon but ! C’est là où est Dieu, ma seule faim, une faim qui, loin d’être gourmandise, est un besoin béni de Dieu, qui ne veut nous voir d’appétit que pour lui seul.

29.11 J’ai vaincu la luxure, qui est la gourmandise portée jusqu’à la gloutonnerie. Tout vice non réfréné conduit en effet à un vice plus grand. Et la gourmandise d’Eve – déjà coupable – la conduisit à la luxure. Il ne lui a pas suffi de se satisfaire seule, elle voulut amener sa faute à une intensité raffinée : elle a connu la luxure et l’a fait connaître à son compagnon. J’en ai renversé les termes et, au lieu de descendre, je me suis toujours élevée. Au lieu de faire déchoir, j’ai toujours entraîné vers le haut et, de mon compagnon qui était un homme honnête, j’ai fait un ange.

Dès que j’ai possédé Dieu et avec lui ses infinies richesses, je me suis hâtée de m’en dépouiller en disant : “ Voici, que ta volonté soit faite pour lui et par lui. ” Une personne chaste est celle qui fait preuve de retenue, non seulement dans sa chair, mais aussi dans ses affections et ses pensées. Je devais être la Femme chaste pour réduire à rien la femme impudique de la chair, du coeur et de l’esprit. Dès lors, je n’ai jamais abandonné cette retenue, en ne disant même pas de mon Fils – qui n’était qu’à moi seule sur la terre comme il n’était qu’à Dieu au Ciel – : “ Il est à moi et je le veux. ”

29.12 Toutefois, cela ne suffisait pas encore pour rendre à la femme la paix perdue par Eve. C’est au pied de la croix que je vous l’ai obtenue, en voyant mourir celui que tu as vu naître. En me sentant arracher les entrailles au cri de mon Enfant qui mourait, je me suis vidée de toute féminité : je n’étais plus chair, mais ange. Marie, l’Epouse vierge de l’Esprit, est morte à ce moment précis. La Mère de la grâce est restée, celle dont la torture vous a engendrés à la grâce et vous l’a donnée. C’est au pied de la croix que la femelle que j’avais reconsacrée en tant que femme la nuit de Noël a acquis le moyen de devenir créature des Cieux.

C’est pour vous que j’ai fait tout cela, en me refusant toute satisfaction sensuelle, si sainte fût-elle. Eve vous avait réduites à l’état de femelles à peine supérieures aux compagnes des animaux, mais j’ai fait de vous – à condition que vous le vouliez – les saintes de Dieu. J’ai atteint ce sommet pour vous. Comme je l’avais fait pour Joseph, je vous ai élevées vers les hauteurs. Le rocher du Calvaire est mon Mont des Oliviers. C’est là que j’ai pris mon élan pour porter jusqu’aux Cieux l’âme à nouveau sanctifiée de la femme, en même temps que ma propre chair, glorifiée pour avoir porté le Verbe de Dieu. Par là, j’ai effacé en moi jusqu’à la dernière trace d’Eve, la dernière racine de cet arbre à quatre rameaux toxiques et aux racines plongées dans la sensualité qui avait entraîné l’humanité à sa chute et qui vous mordra les entrailles jusqu’à la fin des siècles et jusqu’à la dernière femme. C’est de là où je resplendis dans le rayonnement de l’Amour que je vous appelle et vous indique le remède pour vous vaincre vous-mêmes : la grâce de mon Seigneur et le sang de mon Fils.

29.13 Quant à toi, ma voix, repose ton âme dans la lumière de cette aube de Jésus et trouves-y la force nécessaire pour les crucifixions à venir, qui ne te seront pas épargnées : car c’est ici que nous te voulons et on n’y arrive que par la souffrance ; c’est ici que nous te voulons, et l’on y monte d’autant plus haut qu’on a supporté davantage de souffrances pour obtenir la grâce au monde.

Va en paix. Je suis avec toi. »

EMV 30 · Tome 1, p. 192-201

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Titre du chapitre : L’annonce aux bergers, premiers adorateurs du Verbe fait homme.

Date de la vision et de la dictée : Mercredi 7 juin 1944 (Vigile du Corps du Christ)

Calendrier : Mercredi 11 décembre de l'an -5

Lieux (carte) : Bethléem

Cycle : Naissance et enfance de Jésus

Résumé : La vision de Maria commence dans la campagne de Bethléem. Il y a une lumière très vive dans le ciel, qui attire l'attention des animaux et des hommes. Un des bergers sort et appelle ses comparses, interpellé par ce phénomène. L'un des plus jeunes se met même à pleurer, jusqu'à ce qu'il se rassénère et semble subjuguer par quelque chose : il ne fait même plus attention aux autres et s'avance. Cela fait cogiter ses compagnons, qui râlent un peu, mais le jeune Lévi leur parle d'une lumière qui descend. Puis, il voit le premier un ange et tous se mettent à genoux pour accueillir le serviteur du Seigneur. Le messager angélique leur transmet l'heureuse nouvelle de la naissance du Sauveur, puis, une multitude d'anges chantent le Gloria. Ils retournent ensuite au Ciel, laissant les bergers seuls. Mais ceux-ci ne tergivergisent pas : ils s'en vont en direction de la crèche, en prenant une belle couverture pour l'Enfant, et une brebis qui pourra donner du lait chaud.

Ils arrivent... Mais ne savent pas comment s'y prendre. Aussi, ils invitent le plus jeune, Lévi, à regarder ce qu'il se passe. Le pâtre regarde, leur dit que la Vierge s'occupe de son bébé qui pleure à cause de la faim et du froid. Les bergers veulent que Lévi se présente, mais le jeune homme souhaite que ce soit Elie qui s'avance, puisqu'il a déjà rencontré Marie et Joseph dans l'EMV 28. Les bergers se font ainsi connaître et peuvent adorer l'enfant. Ils leur offrent leurs cadeaux et font entrer Elie qui est resté à l'entrée, sans oser approcher. Jésus peut ainsi recevoir du lait chaud.

Les bergers font remarquer que la Sainte Famille ne peut rester ici et ils promettent de les aider et de répandre la nouvelle de la naissance du Seigneur. Quand Joseph leur fait remarquer qu'ils sont pauvres, et qu'ils ne pourront pas les dédommager, ils affirment qu'ils ne veulent rien. Au contraire, ils veulent servir l'Enfant et ses parents. Quand Marie répond à leurs questions et fait savoir qu'elle a Zacharie et Elisabeth comme parents, Elie se propose pour aller le trouver et lui dire que Marie de Nazareth lui demande de venir à Bethléem.

Chaque berger se présente enfin par son nom et puis ils se retirent... en y laissant toutefois leurs coeurs, comme le précise Maria Valtorta.

Jésus donne alors une dictée et déclare que les bergers sont les premiers adorateurs du Verbe. Ils ont toutes les qualités requises pour être des âmes eucharistiques, car ils ont une foi certaine, ils ont la générosité, l'humilité, le désir, la promptitude de l'obéissance, et enfin l'amour. Le Christ souligne enfin que celui qui a une âme d'enfant, comme Lévi, sait davantage voir Dieu et a davantage l'audace de s'adresser à Marie. Il nous invite à prier Marie, car qui va à Marie Le trouve et qui Le demande à Marie le reçoit par sa Mère.

Contenu du chapitre : 30.1 : Dans la campagne une lune éblouissante. 30.2 : Un pastoureau attiré par une lumière plus vive. 30.3 : Un ange apparaît et parle aux bergers. 30.4 : Une foule d'anges chante le Gloria. 30.5 : Le berger de la veille indique la crèche. 30.6 : Ce que voit le jeune berger derrière le manteau de l’entrée. 30.7 : Une peau de brebis et du lait chaud en présents. 30.8 : Élie trouvera une maison et avertira Zacharie. 30.9 : Les douze bergers se nomment et donnent un baiser à l'enfant. 30.10 : Éloges des bergers. 30.11 : Qui va à Marie me trouve.

EMV 30 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Vigile de la fête du Saint Sacrement.

J’écris en présence de Jésus, mon Maître. Pour moi, entièrement pour moi. Après tant d’absence, le revoici tout à moi.

Vous direz : « Comment donc? Voici presque un mois que tu as recommencé à l’entendre et à le voir, et tu dis que le revoici après une telle absence ? » Je réponds encore une fois ce que je vous ai dit de vive voix et écrit à plusieurs reprises.

Une chose est de voir, une autre d’entendre. Et surtout, une chose est de voir et d’entendre pour les autres, une autre de voir et d’entendre pour moi seule, pour moi exclusivement. Dans le premier cas, je suis spectatrice et je répète ce que je vois et ce que j’entends; Or, cela me réjouit, car ce sont toujours des choses qui donnent beaucoup de joie, il est aussi vrai qu’il s’agit d’une joie extérieure, pour ainsi dire. Ce terme rend mal ce que je sens tellement bien, mais je n’en trouve pas de meilleur.

En résumé, rendez-vous compte que ma joie est semblable à celle d’une personne qui lit un beau livre ou voit une belle scène. Il s’émeut, la savoure, en admire l’harmonie et pense: « Qu’il serait beau d’être à la place de cette personne! » Dans le second cas, en revanche, c'est-à-dire quand ce que je vois et entends m’est destiné, alors je suis moi-même "cette personne". La parole que j'entends, le personnage que je vois sont pour moi. C’est Jésus et moi, Marie et moi, Jean et moi. Ils sont vivants, vrais, réels, proches, non pas devant moi et comme si je voyais se dérouler une pellicule cinématographique, mais ils se tiennent à côté de mon lit, ils marchent dans la chambre, ils s’appuient aux meubles, ou encore ils sont assis ou debout, comme des personnes vivantes, mes hôtes: c’est bien différent d’une vision destinée à tout le monde. En un mot, tout cela "est mien".

Donc aujourd’hui, et même depuis hier après-midi, Jésus est ici, vêtu de son habituel vêtement en laine blanche, d’un blanc plutôt ivoire si différent en poids et en nuance du vêtement splendide qu’il porte au ciel et qui semble d’un lin immatériel et si pur qu’il paraît être de la lumière filée. Il est ici, avec ses belles mains longues et fuselées d’un blanc qui tend au vieil ivoire, avec son beau visage long et pâle où brillent ses yeux bleu sombre dominateurs mais doux entre des cils épais d’un châtain scintillant de blond-roux. Il est ici avec ses beaux cheveux longs et soyeux, d’un blond-roux plus vif dans les mèches exposées à la lumière et plus cuivré au fond des plis.

Il est ici! Il est ici! Il me sourit et me regarde écrire sur lui. Tout comme il le faisait à Viareggio... et comme il ne le faisait plus depuis la semaine sainte... puisqu’il m’a alors donné toute cette désolation, devenue une fièvre presque de désespoir lorsque, à la souffrance d’être privée de lui, s’unit celle d’être privée de vivre là où, du moins, je l’avais vu et où je pouvais dire: « Il s’est appuyé ici, il s'est assis là, là encore il s’est penché pour me poser la main sur la tête », là encore où mes parents étaient morts. Oh! Qui n’en a pas fait l’expérience ne peut comprendre cela !

Ce n’est pas que nous revendiquions la possession de tout cela. Nous savons bien que ce sont des grâces gratuites et que nous ne méritons pas de les obtenir, tout comme nous ne pouvons exiger qu'elles durent quand elles nous sont accordées. Nous le savons. D’ailleurs, plus elles nous sont accordées, plus nous nous anéantissons dans l’humilité, en reconnaissant notre misère répugnante face à l’infinie Beauté et à la divine Richesse qui se donnent à nous.

Mais que dites-vous, mon Père? Un fils ne désire-t-il pas voir son père et sa mère? Une femme ne désire-t-elle pas voir son mari ? Et quand la mort ou une longue absence les en empêche, ne souffrent-ils pas et ne trouvent-ils pas quelque réconfort à vivre là où ceux-ci ont vécu? S’ils doivent quitter cet endroit, ne souffrent-ils pas doublement parce qu’ils perdent jusqu’au lieu où leur amour fut aimé par l’être absent? Peut-on reprocher quoi que ce soit à ceux qui souffrent de cette peine? Non. Et moi? Jésus n’est-il pas mon père et mon époux? Ne m’est-il pas plus cher, bien plus cher que le plus cher des pères et des époux?

Jugez de ce qu’il en est d’après la façon dont j’ai supporté la mort de ma mère. J’ai souffert, savez-vous? Je pleure encore, car je l’aimais bien, malgré son caractère. Mais vous avez vu comment j’ai surmonté ce moment. Jésus était là. Or il m’est plus cher que ma mère. Dois-je vous dire quelque chose? J’ai souffert et je souffre davantage aujourd’hui de la mort de ma mère — qui a eu lieu il y a huit mois — qu’à l’époque. Car, pendant ces deux derniers mois, je n’avais pas Jésus pour moi, ni Marie pour moi, et même maintenant, il suffit qu’ils me quittent un instant pour que je sente plus que jamais ma désolation d’orpheline malade, et je plonge de nouveau dans la douleur rude et humaine de ces jours inhumains.

J'écris sous les yeux de Jésus, si bien que je n’exagère ni ne déforme rien. Ce n’est pas mon habitude, d’ailleurs. Mais même si ce l’était, il serait impossible de persister sous ce regard.

J’ai écrit cela ici, où je n’ai pas coutume de le faire car je ne viens pas mêler mon pauvre moi aux visions de Marie [8] je sais bien que je dois continuer à décrire ses gloires. Sa maternité, à tous ses instants, n’a-t-elle pas été une couronne de gloires ?

Je vais très mal, et écrire me coûte beaucoup. Je suis une loque, ensuite. Mais pour la faire connaître, pour qu’elle soit plus aimée, je ne compte pas. Mes épaules me font-elles souffrir? Mon coeur cède‑t‑il ? Ma tête me torture-t-elle? La fièvre augmente-t-elle? Peu importe! Que Marie soit connue, toute belle et chère comme je la vois par bonté de Dieu et par sa bonté à elle, et cela me suffit.

Détail

Texte présent uniquement dans l'édition de 1985, tome 1, chapitre 49, pp.177-179.