C’est en toute vérité qu’ils pouvaient répéter ce que dit le Livre quand il chante les louanges de la Sagesse dans le livre du même nom : Voir Sg 8,2 ci-dessous.
Anne, fille d’Aaron, était la femme forte dont parle notre aïeul. Salomon, d’où descend Jésus. Auteur des "Proverbes de Salomon, fils de David, roi d’Israël" (Proverbes 1,1). Pour la citation, voir Proverbes 31,10-27
Joachim avait donc deux fois épousé la sagesse “ en l’aimant plus qu’une autre femme ” : la sagesse de Dieu contenue dans le coeur de la femme juste. Voir Sg 8, 9 ci-dessous.
Pour être l’emblème de la “femme forte”, il ne lui manquait que d’être couronnée d’enfants, car c’est la gloire d’une épouse, la justification du mariage, dont parle Salomon. Voir Pr 31, 28.
Devenue une vieille femme, épouse de Joachim depuis des dizaines d’années, elle restait pour lui “ l’épouse de sa jeunesse, sa joie, sa biche bien-aimée, sa gracieuse gazelle ”. Voir Pr 5, 18-19. La tradition quasi unanime rapporte qu'Anne était mariée depuis plus de 20 ans, (soit 4 lustres) (cf P.V. Charland, Les trois légendes de Madame Saincte Anne, volume 1 1898, page 11), et qu'elle eut Marie dans sa vieillesse. Cette tradition est également confirmée par Marie d'Agreda (La Cité mystique de Dieu – Livre 1, Chapitre 15, § 209, page 518), comme par Anne-Catherine Emmerich (La Vie de la Vierge Marie, Presses de la Renaissance, 2006, page 45).
Dans leur tristesse d’être sans enfant, ils se disaient l’un à l’autre des “mots de réconfort dans leurs soucis et leurs malheurs" : voir Sg 8, 9 ci-dessous.
Les paroles du livre de la Sagesse paraissent avoir été écrites pour eux : “ J’aurai à cause d’elle gloire parmi les foules... J’aurai à cause d’elle l’immortalité et je laisserai un souvenir éternel à ceux qui viendront après moi. ” Voir Sg 8, 9-10.
Livre de la Sagesse 8, 2 et 8, 9-10
Sg 8, 2 : Je l'aimai et la recherchai dès ma jeunesse; je cherchai à l'avoir pour épouse, et j'étais épris de sa beauté.
Sg 8, 9-10 : Aussi ai-je résolu de la prendre pour compagne de ma vie, sachant qu'elle serait pour moi une conseillère de tout bien, et une consolation dans mes soucis et mes peines. Par elle, me disais-je, j'aurai de la gloire dans les assemblées, et, jeune encore, de l'honneur auprès des vieillards.
Livre des Proverbes 5, 18-19
Pr 5, 18-19 : Que ta source soit bénie, et mets ta joie dans la femme de ta jeunesse. Biche charmante, gracieuse gazelle, — que ses charmes t'enivrent en tout temps, sois toujours épris de son amour !
Livre des Proverbes 31, 10-31
Pr 31, 10-31 :
LA FEMME FORTE.
ALEPH. Qui peut trouver une femme forte ? Son prix l'emporte de loin sur celui des perles.
BETH. Le cœur de son mari a confiance en elle, et les profits ne lui feront pas défaut.
GHIMEL. Elle lui fait du bien, et non du mal, tous les jours de sa vie.
DALETH. Elle recherche de la laine et du lin, et travaille de sa main joyeuse.
HÉ. Elle est comme le vaisseau du marchand, elle apporte son pain de loin.
VAV. Elle se lève lorsqu'il est encore nuit, et elle donne la nourriture à sa maison, et la tâche à ses servantes.
ZAÏN. Elle pense à un champ, et elle l'acquiert ; du fruit de ses mains, elle plante une vigne.
HETH. Elle ceint de force ses reins, et elle affermit ses bras.
TETH. Elle sent que son gain est bon ; sa lampe ne s'éteint pas pendant la nuit. YOD. Elle met la main à la quenouille, et ses doigts prennent le fuseau.
CAPH. Elle tend la main au malheureux, elle ouvre la main à l'indigent.
LAMED. Elle ne craint pas la neige pour sa maison, car toute sa maison est vêtue de cramoisi.
MEM. Elle se fait des couvertures, le byssus et la pourpre sont ses vêtements.
NUN. Son époux est bien connu aux portes de la ville, lorsqu'il siège avec les anciens du pays.
SAMECH. Elle fait des chemises et les vend, et elle livre des ceintures au marchand.
AÏN. La force et la grâce sont sa parure, et elle se rit de l'avenir.
PHÉ. Elle ouvre la bouche avec sagesse, et les bonnes paroles sont sur sa langue.
TSADÉ. Elle surveille les sentiers de sa maison, et elle ne mange pas le pain d'oisiveté.
QOPH. Ses fils se lèvent et la proclament heureuse ; son époux se lève et lui donne des éloges :
RESCH. « Beaucoup de filles se sont montrées vertueuses ; mais toi, tu les surpasses toutes. »
SCHIN. Trompeuse est la grâce, et vaine est la beauté ; la femme qui craint Yahweh est celle qui sera louée.
THAV. Donnez-lui du fruit de ses mains, et que ses œuvres disent sa louange aux portes de la ville.