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Livres de l'Ancien Testament

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EMV 63.3 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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63.3 – Ecoute : j’ai su qu’à Capharnaüm se trouvait ce Rabbi qui est saint, et j’y suis allé...

– Arrête-toi, arrête-toi ! Je suis infecté.

– Peu importe. Je n’ai plus peur de rien. »

L’homme, qui n’est autre que le pauvre bossu guéri et bien traité par Jésus dans le jardin de la belle-mère de Pierre, est en effet arrivé, de son pas rapide, à quelques pas du lépreux. Il a parlé en marchant et il rit, tout heureux.

Mais le lépreux répète :

« Arrête-toi, au nom de Dieu. Si quelqu’un te voit...

– Je m’arrête. Regarde : je mets ici les provisions. Mange, pendant que je parle. »

Il pose le paquet sur une grosse pierre et l’ouvre. Puis il s’écarte de quelques pas pendant que le lépreux s’avance et se jette sur ce festin inaccoutumé.

« Ah ! Ça fait bien longtemps que je ne me suis pas régalé comme ça ! Que c’est bon ! Et dire que je serais allé me reposer comme cela, l’estomac vide. Pas un homme de pitié, aujourd’hui... pas même toi... J’avais mâché des radis...

– Pauvre Abel ! J’y pensais, mais je me disais : “ C’est bien. Il doit être triste en ce moment, mais ensuite il sera heureux ! ”

– Heureux, oui, pour cette bonne nourriture. Mais après...

– Non, tu seras heureux pour toujours. »

Le lépreux hoche la tête.

« Rends-toi compte, Abel, si tu peux avoir la foi, tu seras heureux.

– Mais la foi en qui ?

– Dans le Rabbi. Dans le Rabbi qui m’a guéri.

– Mais je suis lépreux, et au dernier degré, comment peut-il me guérir ?

– Ah ! Il le peut. Il est saint.

– Oui, Elisée lui aussi a guéri Naamân le lépreux... Je le sais... Mais moi... Moi, je ne puis aller au Jourdain.

– Tu seras guéri sans besoin d’eau. Ecoute : ce Rabbi, c’est le Messie, tu comprends ? Le Messie ! C’est le Fils de Dieu. Il guérit tous ceux qui ont foi. Il dit : “ Je le veux ” et les démons s’enfuient, les membres se redressent, et les aveugles recouvrent la vue.

– Ah ! Si j’avais la foi, moi ! Mais comment puis-je voir le Messie ?

– Voilà... je suis venu pour cela. Il est là, dans ce village. Je sais où il se trouve ce soir. Si tu veux... J’ai pensé : “ Je le dis à Abel et si Abel reconnaît avoir la foi, je le conduis au Maître. ”

– Tu es fou, Samuel ? Si je m’approche des maisons, je vais être lapidé !

– Non, pas jusqu’aux maisons. La nuit va tomber, je te conduirai jusqu’à ce petit bois. Ensuite, j’irai appeler le Maître et je te l’amènerai...

– Va, vas-y tout de suite ! J’arrive par mes propres moyens jusqu’à cet endroit. Je marcherai dans le fossé derrière la haie, mais toi, va... va... oh ! Vas-y, mon cher ami ! Si tu savais ce que c’est que de souffrir de cette maladie... Et d’avoir l’espoir de guérir !... »

Le lépreux ne s’occupe même plus de la nourriture. Il pleure et gesticule en implorant son ami.

« Je pars et, toi, arrive. »

L’ancien bossu s’éloigne au pas de course.

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Second Livre des Rois 5, 1-14

2 R 5, 1-14 :

Naaman, général de l’armée du roi d’Aram, était un homme de grande valeur et hautement estimé par son maître, car c’est par lui que le Seigneur avait donné la victoire au royaume d’Aram. Or, ce vaillant guerrier était lépreux. Des Araméens, au cours d’une expédition en terre d’Israël, avaient fait prisonnière une fillette qui fut mise au service de la femme de Naaman. Elle dit à sa maîtresse : « Ah ! si mon maître s’adressait au prophète qui est à Samarie, celui-ci le délivrerait de sa lèpre. » Naaman alla auprès du roi et lui dit : « Voilà ce que la jeune fille d’Israël a déclaré. » Le roi d’Aram lui répondit : « Va, mets-toi en route. J’envoie une lettre au roi d’Israël. » Naaman partit donc ; il emportait dix lingots d’argent, six mille pièces d’or et dix vêtements de fête. Il remit la lettre au roi d’Israël. Celle-ci portait : « En même temps que te parvient cette lettre, je t’envoie Naaman mon serviteur, pour que tu le délivres de sa lèpre. » Quand le roi d’Israël lut ce message, il déchira ses vêtements et s’écria : « Est-ce que je suis Dieu, maître de la vie et de la mort ? Ce roi m’envoie un homme pour que je le délivre de sa lèpre ! Vous le voyez bien : c’est une provocation ! » Quand Élisée, l’homme de Dieu, apprit que le roi d’Israël avait déchiré ses vêtements, il lui fit dire : « Pourquoi as-tu déchiré tes vêtements ? Que cet homme vienne à moi, et il saura qu’il y a un prophète en Israël. » Naaman arriva avec ses chevaux et son char, et s’arrêta à la porte de la maison d’Élisée. Élisée envoya un messager lui dire : « Va te baigner sept fois dans le Jourdain, et ta chair redeviendra nette, tu seras purifié. » Naaman se mit en colère et s’éloigna en disant : « Je m’étais dit : Sûrement il va sortir, et se tenir debout pour invoquer le nom du Seigneur son Dieu ; puis il agitera sa main au-dessus de l’endroit malade et guérira ma lèpre. Est-ce que les fleuves de Damas, l’Abana et le Parpar, ne valent pas mieux que toutes les eaux d’Israël ? Si je m’y baignais, est-ce que je ne serais pas purifié ? » Il tourna bride et partit en colère. Mais ses serviteurs s’approchèrent pour lui dire : « Père ! Si le prophète t’avait ordonné quelque chose de difficile, tu l’aurais fait, n’est-ce pas ? Combien plus, lorsqu’il te dit : “Baigne-toi, et tu seras purifié.” » Il descendit jusqu’au Jourdain et s’y plongea sept fois, pour obéir à la parole de l’homme de Dieu ; alors sa chair redevint semblable à celle d’un petit enfant : il était purifié

EMV 64.3-4 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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64.3 Des enfants sont accourus en criant :

« C’est le Maître ! C’est le Maître ! Voilà Jésus, voilà Jésus ! »

Ils s’attachent à lui, qui les caresse tout en parlant à ses disciples.

« Simon, j’entre dans ta maison. Toi et vous autres allez dire que je suis arrivé, puis amenez-moi les malades. »

Les disciples partent rapidement dans plusieurs directions. Mais tout Capharnaüm sait déjà que Jésus est arrivé grâce aux enfants qui ressemblent à des abeilles sorties de la ruche pour aller vers les fleurs, en l’occurrence les maisons, les rues, les places. Tout joyeux, ils vont et viennent, portant la nou­velle à leur maman, aux passants, aux vieillards assis au soleil, après quoi ils reviennent se faire caresser encore par celui qui les aime. L’un d’eux s’enhardit :

« Parle-nous, parle pour nous, Jésus, aujourd’hui. Nous t’aimons bien, tu sais, et nous sommes meilleurs que les hommes. »

Jésus sourit au petit psychologue et promet :

« Je parlerai pour vous seuls. »

Et, suivi par les enfants, il va à la maison et entre avec sa salutation habituelle :

« Que la paix soit dans cette maison ! »

Les gens affluent dans la grande pièce de derrière, réservée aux filets, cordages, paniers, rames, voiles et provisions. On voit que Pierre l’a mise à la disposition de Jésus. Il a tout entassé dans un coin pour faire de la place. De là, on ne voit pas le lac, on entend seulement le léger clapotis des vagues. On voit en revanche le muret verdâtre du jardin, avec la vieille vigne et le figuier feuillu. Il y a des gens jusque sur la route, débordant de la pièce dans le jardin, et de là sur le chemin.

64.4 Jésus commence à parler. Au premier rang, cinq person­nages... de haut rang ont d’autorité pris la place, grâce à la crainte qu’ils inspirent au peuple. Leurs larges manteaux, leurs riches habits et leur orgueil, tout indique que ce sont des pharisiens et des docteurs. Jésus cependant tient à avoir autour de lui ses petits : une couronne de petits visages innocents, aux yeux lumineux et aux sourires angéliques, qui se lèvent pour le contempler. Jésus parle, et tout en parlant, caresse de temps à autre les cheveux frisés d’un bambin assis à ses pieds qui tient sa tête appuyée sur ses genoux, sur ses bras croisés. Jésus parle assis sur un grand tas de filets et de paniers.

« “ Mon bien-aimé est descendu dans son jardin, aux par­terres embaumés, pour se repaître dans les jardins et pour cueillir des lys... Il se repaît parmi les lys ” : ce sont les mots de Salomon, fils de David, dont je descends, moi, le Messie d’Israël.

Mon jardin ! Quel jardin est plus beau et plus digne de Dieu que le Ciel, celui dont les fleurs sont les anges que Dieu a créés ? Et pourtant non. C’est un autre jardin qu’a voulu le Fils unique du Père, le Fils de l’homme, car pour l’homme, je me suis revêtu de chair sans laquelle je ne pourrais racheter les fautes de la chair de l’homme. Ce jardin aurait pu être de peu inférieur au jardin du Ciel si les fils d’Adam, les fils de Dieu, s’étaient répandus du paradis terrestre, comme les douces abeilles au sortir d’une ruche, pour peupler la terre d’un peuple de saints tout entier destiné au Ciel. Mais l’Ennemi a semé ronces et épines dans le coeur d’Adam et, de là, elles se sont répandues sur la terre. Ce n’est plus un jardin, mais une forêt sauvage et cruelle où réside la fièvre et où se niche le serpent.

Toutefois, le Bien-Aimé du Père a encore un jardin, sur cette terre où règne Mammon : le jardin où il va se repaître de sa cé­leste nourriture que sont amour et pureté ; le parterre où il cueille les fleurs qui lui sont chères, où ne se trouvent pas les taches de la sensualité, de la convoitise, de l’orgueil. Ceux-ci. (Jésus caresse le plus grand nombre d’enfants qu’il peut, passant la main sur la couronne des petites têtes attentives, une unique caresse qui les effleure et les fait sourire de joie.) Voici mes lys.

Salomon, dans toute sa richesse, n’a pas possédé de plus beau vêtement que le lys qui parfume la vallée, ni de diadème d’une beauté plus immatérielle et d’une grâce plus éclatante que celle du calice au teint de perle d’un lys. Et pourtant, pour mon coeur, il n’y a pas de lys qui vaille un seul de ces tout-petits. Il n’y a pas de parterre, il n’y a pas de jardin de riches, planté uniquement de lys, qui vaille autant qu’un seul de ces enfants purs, innocents, sincères et simples.

O hommes ! O femmes d’Israël ! Et vous, grands et humbles par la fortune et la situation, écoutez ! Vous qui êtes ici pour me connaître et m’aimer, sachez donc quelle est la condition primordiale pour être à moi. Je ne vous dis pas des paroles difficiles. Je ne vous donne pas d’exemples plus difficiles encore. Je vous dis : “ Prenez exemple sur ceux-ci. ”

Qui d’entre vous n’a pas chez lui un fils, un petit-fils, un petit frère encore enfant, encore tout petit ? N’est-il pas un repos, un réconfort, un lien entre les époux, entre les parents, entre les amis, l’un de ces innocents dont l’âme est pure comme une aube sereine, dont le visage dissipe les nuages et fait naître l’espoir, dont les caresses sèchent les larmes et déversent une force vi­tale ? Pourquoi un tel pouvoir chez eux ? Ils sont pourtant faibles, désarmés, encore ignorants. Parce qu’ils ont Dieu en eux, ils ont la force et la sagesse de Dieu. La vraie sagesse : ils savent aimer et croire. Ils savent croire et vouloir. Ils savent vivre dans cet amour et dans cette foi. Soyez comme eux : simples, purs, aimants, sincères, croyants.

Il n’est pas de sage en Israël qui soit plus grand que le plus petit de ceux-ci, dont l’âme est à Dieu et à laquelle appartient son Royaume. Vous qui êtes bénis du Père, aimés par le Fils du Père, vous les fleurs de mon jardin, que ma paix soit sur vous et sur ceux qui vous imiteront par amour pour moi. »

Détail

Jésus rencontre des enfants à Capharnaüm, et il leur promet une prédication rien que pour eux (la prédication a lieu en 64.4).

Annotation

Cantique des Cantiques 6, 2-3

Ct 6, 2-3 : Mon bien-aimé est descendu dans son jardin, dans les parterres d’aromates, pour mener ses brebis paître aux jardins, et pour cueillir des lis. Je suis à mon bien-aimé, mon bien-aimé est à moi, lui qui mène paître ses brebis parmi les lis.

EMV 72.5-6 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Vois-tu, Judas, je viens d’une caste persécutée pour... pour avoir mal compris ce qu’est et comment devait être le Messie. Oui. Si nous l’avions attendu avec une juste compréhension de son être, nous n’aurions pu tomber dans des erreurs qui sont des blasphèmes contre la vérité et une rébellion contre la loi romaine ; c’est pourquoi nous avons été punis par Dieu et par Rome. Nous avons voulu voir dans le Christ un conquérant et un libérateur d’Israël, un nouveau Maccabée, plus grand que le grand Judas... Rien que cela. Et pourquoi ? Parce que nous nous sommes souciés de nos intérêts plus que de ceux de Dieu : de ceux de la patrie et des citoyens. Certes, l’intérêt de la patrie est saint lui aussi. Mais qu’est-ce face au Ciel éternel ? Combien de fois n’ai-je pas réfléchi et vu le vrai visage du Christ durant les longues heures de persécutions d’abord, et de ségrégation ensuite, lorsque, en fugitif, je me cachais dans les tanières des bêtes sauvages, partageant leur litière et leur nourriture, pour échapper à la police romaine et surtout aux délations des faux amis ; ou bien quand, attendant la mort, je goûtais par avance l’odeur du tombeau dans ma caverne de lépreux ! Combien de fois n’ai-je pas vu ton visage...! Le tien, Maître humble et bon, le tien, Maître et Roi de l’esprit, le tien, ô Christ, fils du Père, qui nous conduis au Père et non pas à des cours royales de poussière, ni à une divinité de boue. Toi... Ah, il m’est facile de te suivre...! Etant donné – pardonne ma hardiesse qui se proclame juste – étant donné que je te vois tel que je t’ai pensé, je te reconnais. Je t’ai tout de suite reconnu. Cela n’a pas été te connaître, mais reconnaître Quelqu’un que mon âme avait déjà connu...

– C’est pour cela que je t’ai appelé... et que je t’emmène avec moi, maintenant, dans ce premier voyage que je vais faire en Judée. 72.6 Je veux que tu achèves de me reconnaître... et je veux qu’eux aussi, que l’âge rend moins capables d’accéder à la vérité par une méditation sévère, sachent comment leur Maître est arrivé à cette heure-ci... Vous comprendrez par la suite.

Détail

Simon le Zélote parle à Judas.

Annotation

Premier livre des Macchabées, 3, 1-26 :

1 M 3, 1-26 : Après la mort de Mattathias, son fils Judas, appelé Maccabée, se leva à sa place. Tous ses frères et tous les partisans de son père lui vinrent en aide et menèrent avec allégresse le combat pour Israël.

Judas étendit le renom glorieux de son peuple. Revêtu de son armure, comme un héros, et fort de ses armes de guerre, il livra des batailles, protégeant le camp de son épée. Tel un lion en pleine action, pareil au lionceau rugissant vers sa proie, il traquait les hommes infidèles à la Loi, il les pourchassait et livrait au feu ceux qui troublaient son peuple.

Devant la crainte qu’il inspirait, les hommes infidèles à la Loi furent abaissés et tous les malfaisants, pris de panique. Par sa main advint le salut. À bien des rois il rendit la vie amère, il réjouit Jacob par ses exploits. Son souvenir est à jamais béni.

Il parcourut les villes de Juda, il en extermina les impies. Il détourna la colère qui pesait sur Israël. Son nom retentit jusqu’aux extrémités de la terre et il rassembla ceux qui allaient périr.

Alors, Apollonios rassembla des païens et une troupe importante venue de Samarie, pour combattre Israël. Judas en fut informé. Il sortit à sa rencontre, le battit et le tua. Il y eut de nombreuses victimes, et les survivants s’enfuirent. On ramassa le butin, et Judas s’empara du glaive d’Apollonios, pour s’en servir tous les jours au combat.

Sérone, commandant de l’armée de Syrie, apprit que Judas avait réuni autour de lui un groupe, une assemblée de fidèles, pour marcher au combat. Il se dit : « Je me ferai un nom et je me couvrirai de gloire dans le royaume. Je combattrai Judas et ses compagnons, qui méprisent l’ordre du roi. » Il partit donc à son tour, accompagné d’une forte troupe d’hommes impies, pour tirer vengeance des fils d’Israël.

Tandis qu’il s’approchait de la montée de Bethorone, Judas sortit à sa rencontre avec une poignée d’hommes. À la vue de la troupe qui montait vers eux, ses hommes dirent à Judas : « Comment pourrons-nous, en si petit nombre, lutter contre une foule si nombreuse et si forte ? De plus, nous sommes exténués, car nous n’avons rien mangé aujourd’hui ! » Judas leur répondit : « Il arrive facilement qu’une multitude tombe aux mains d’un petit nombre. Pour le Ciel, peu importe d’opérer le salut au moyen de beaucoup d’hommes ou seulement de quelques-uns. En effet, la victoire au combat ne dépend pas de l’importance de l’armée : c’est du Ciel que vient la force.

Eux, ils viennent vers nous, débordants d’orgueil et de mépris pour la Loi, afin de nous détruire, ainsi que nos femmes et nos enfants, et de nous dépouiller de nos biens. Nous, nous combattons pour nos vies et nos lois. Le Ciel lui-même les écrasera devant nous. Ne les craignez donc pas ! »

Après ces paroles, il se rua sur eux à l’improviste. Sérone et sa troupe furent écrasés devant lui. On les poursuivit dans la descente de Bethorone, jusqu’à la plaine. Huit cents hommes environ tombèrent ; les autres s’enfuirent au pays des Philistins. Judas et ses frères commencèrent à inspirer de la crainte, et la panique s’empara des nations païennes d’alentour. Le nom de Judas parvint jusqu’aux oreilles du roi, et tous les païens commentaient ses actes de guerre.

EMV 73.6 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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– (...) Ne pourrait-il pas être vrai que les bergers et les mages aient dit la vérité, révélée à eux par Dieu ? Pourquoi vouloir croire qu’ils ont été des menteurs ?

– Parce que les années de la prophétie n’étaient pas accomplies. Depuis, nous avons réfléchi... après que le sang qui avait rougi les vasques et les ruisseaux eut ouvert les yeux de notre intelligence.

– Est-ce que le Très-Haut n’aurait pas pu, par excès d’amour pour son peuple, anticiper la venue du Sauveur ? Sur quoi les mages basaient-ils leur affirmation ? Tu m’as dit qu’ils venaient d’orient...

– Sur leurs calculs au sujet d’une nouvelle étoile.

– Or n’est-il pas dit : “ Une étoile naîtra de Jacob et un sceptre s’élèvera d’Israël ” ? Et Jacob n’est-il pas le grand patriarche et ne s’est-il pas arrêté dans cette terre de Bethléem qui lui était chère comme la prunelle de l’oeil, parce que c’est là que mourut sa Rachel bien aimée ?

Et encore, n’est-il pas sorti de la bouche d’un prophète : “ Un rejeton sortira de la souche de Jessé, un surgeon poussera de ses racines ” ? Isaïe, le père de David, est né ici. Le surgeon sur la souche, sciée à la racine par l’usurpation des tyrans, n’est-ce pas la “ Vierge ” qui enfantera le Fils conçu, non pas d’un homme – car alors elle ne serait plus vierge –, mais de la volonté de Dieu, par quoi il sera “ l’Emmanuel ”, car Fils de Dieu, il sera Dieu et, par conséquent, apportera Dieu au milieu du peuple de Dieu, comme son nom l’indique ?

Et, selon la prophétie, ne sera-t-il pas annoncé aux peuples des ténèbres, c’est-à-dire aux païens “ par une grande lu­mière ” ? Or l’étoile vue par les mages ne pourrait-elle pas être l’étoile de Jacob, la grande lumière des deux prophéties de Balaam et d’Isaïe ?

Et le massacre lui-même accompli par Hérode ne rentre-t-il pas dans les prophéties ? “ Un cri s’est élevé... C’est Rachel qui pleure ses fils. ” Il était écrit que les os de Rachel, dans son tombeau d’Ephrata, gémiraient et pleureraient à l’époque où, par le Sauveur, la récompense allait venir au peuple saint. Larmes qui se changeraient ensuite en un sourire céleste, comme l’arc-en-ciel que forment les dernières gouttes d’eau de l’orage, mais qui annonce : “ Voilà : le beau temps vous est accordé. ” »

– Tu es très instruit. Es-tu rabbi ?

– Je le suis.

– Je m’en rends bien compte. Il y a dans tes paroles lu­mière et vérité. Pourtant... trop de blessures saignent encore sur cette terre de Bethléem pour le Messie, vrai ou faux... Je ne lui conseillerais même pas de venir ici. Cette terre le repousserait comme on repousse un bâtard à cause de qui les vrais enfants sont morts. D’ailleurs... si c’était lui... il est mort avec les autres qu’on a égorgés.

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Livre de la Genèse 35, 15-20

Gn 35, 15-20

Et Jacob appela « Béthel » ce lieu où Dieu avait parlé avec lui. Ils levèrent le camp et quittèrent Béthel. Il restait à parcourir une certaine distance pour arriver à Éphrata, quand Rachel accoucha. Et ses couches furent pénibles. Au cours de cet accouchement difficile, la sage-femme lui dit : « N’aie pas peur ! Tu as encore un fils ! » Dans son dernier souffle, au moment de mourir, Rachel l’appela Ben-Oni (c’est-à-dire : Fils-du-deuil) ; mais son père l’appela Benjamin (c’est-à-dire : Fils-de-la-droite). Rachel mourut et on l’enterra sur la route d’Éphrata, c’est-à-dire Bethléem. Jacob érigea une stèle sur sa tombe. Aujourd’hui encore, c’est la stèle de la tombe de Rachel.

Livre des Nombres 24, 15-17

Nb 24, 15-17 : Balaam prononça encore ces paroles énigmatiques : « Oracle de Balaam, fils de Béor, oracle de l’homme au regard pénétrant, oracle de celui qui entend les paroles de Dieu, qui possède la science du Très-Haut. Il voit ce que le Puissant lui fait voir, il tombe en extase, et ses yeux s’ouvrent. Ce héros, je le vois – mais pas pour maintenant – je l’aperçois – mais pas de près : Un astre se lève, issu de Jacob, un sceptre se dresse, issu d’Israël. Il brise les flancs de Moab, il décime tous les fils de Seth.

Premier Livre de Samuel 17, 12

1 S 17, 12 : David était fils de cet Éphratéen de Bethléem en Juda, nommé Jessé et qui avait huit fils. Or, au temps de Saül, cet homme était un vieillard avancé en âge.

Livre d'Isaïe

Is 7, 14 : C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous).

Is 9, 1 : Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi.

Is 11, 1 : Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines.

Livre de Jérémie 31, 15 :

Jr 31, 15 : Ainsi parle le Seigneur : Un cri s’élève dans Rama, une plainte et des pleurs d’amertume. C’est Rachel qui pleure ses fils ; elle refuse d’être consolée, car ses fils ne sont plus.

EMV 74.7-9 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Hommes de Juda ! Hommes de Bethléem, écoutez ! Ecoutez, vous, les femmes de cette terre qui fut sacrée pour Rachel ! Ecoutez un descendant de David, qui a souffert et a été persécuté. Rendu digne de vous adresser la parole, il vous parle pour vous donner lumière et réconfort. Ecoutez. »

Les gens cessent de crier, de se disputer, de faire des achats et s’attroupent.

« C’est un rabbi !

– Il vient sûrement de Jérusalem.

– Qui est-ce ?

– Quel bel homme !

– Quelle voix !

– Quelles manières !

– Eh ! S’il est de la race de David !

– De la nôtre, alors !

– Ecoutons, écoutons ! »

Toute la foule de la place s’est groupée autour de l’escalier, qui ressemble maintenant à une tribune.

« Il est dit dans la Genèse : “ Je mettrai une hostilité entre toi et la femme... Elle t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon. ” Il y est encore dit : “ Je multiplierai les peines de tes grossesses... et la terre produira pour toi épines et chardons. ” C’est la condamnation de l’homme, de la femme et du serpent.

Venu de loin pour vénérer la tombe de Rachel, j’ai entendu dans la brise du soir, dans la rosée de la nuit, dans la plainte matinale du rossignol, l’écho du sanglot de Rachel l’Ancienne, répété par la bouche de nombreuses mères de Bethléem dans le secret des tombeaux ou dans le secret des coeurs. J’ai entendu le rugissement de douleur de Jacob chez les veufs, qui n’ont plus d’é­pouses car la douleur les a tuées... Je pleure avec vous. Mais écoutez, vous les frères de ma terre. Bethléem, terre bénie, la plus petite des cités de Juda, mais la plus grande aux yeux de Dieu et de l’humanité en tant que berceau du Sauveur, comme le dit Michée, a déchaîné la haine de Satan pour cette raison même, parce qu’elle était destinée à devenir le tabernacle sur lequel reposerait la gloire de Dieu, le Feu de Dieu, son Amour incarné.

“ Je mettrai une hostilité entre toi et la femme. Elle t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon. ” Quelle hostilité plus grande que celle qui s’en prend aux enfants, le coeur du coeur de la femme ? Et quel pied est plus puissant que celui de la Mère du Sauveur ? Voilà pourquoi la vengeance de Satan vaincu fut bien naturelle : ce n’est pas vers le talon de la Mère, mais vers le coeur des mères qu’il dirigea son attaque.

Oh, angoisses innombrables des mères de perdre leurs enfants après les avoir engendrés ! Oh, épreuves effroyables d’avoir semé et transpiré pour ses enfants et de rester père sans plus avoir de descendance ! Mais réjouis-toi, Bethléem ! Ton sang le plus pur, le sang des innocents, a ouvert un chemin de flamme et de pourpre au Messie... »

74.8 La foule, dont le murmure ne cesse de croître depuis que Jésus a nommé le Sauveur et sa Mère, marque maintenant plus clairement son agitation.

« Tais-toi, Maître, dit Judas, et partons. »

Mais Jésus ne l’écoute pas. Il continue :

« ... au Messie que la grâce de Dieu le Père a sauvé des tyrans afin de le conserver au peuple, pour le sauver et... »

Une voix stridente de femme crie :

« Cinq, cinq, que j’en avais enfantés, et plus personne dans ma maison ! Pauvre de moi ! »

Elle crie comme une hystérique. C’est le signal du tumulte.

Une autre se roule dans la poussière, déchire ses vêtements, montre son sein mutilé de son mamelon et hurle :

« Là, là, sur cette mamelle ils ont égorgé mon premier-né ! L’épée a tranché sa tête en même temps que mon sein. Oh ! Mon Elisée !

– Et moi ? Et moi ? Voici ma maison ! Trois tombeaux en un seul que veille le père. Mon mari et mes enfants, tous ensemble. Voilà, voilà !... Si c’est le Sauveur, qu’il me rende mes enfants, qu’il me rende mon époux, qu’il me sauve du désespoir, qu’il me sauve de Béelzéboul. »

Ils crient tous :

« Nos fils, nos maris, nos pères, qu’il nous les rende si c’est lui, le Sauveur ! »

Jésus élève ses bras, imposant le silence.

« Frères de ma terre, je voudrais vous rendre vos enfants, en vie, oui, en vie. Mais, je vous le dis : soyez bons, résignés. Pardonnez, espérez, réjouissez-vous dans l’espérance, avec une joie certaine. Vous ne tarderez pas à retrouver vos enfants, qui sont des anges dans le Ciel, car le Messie va en ouvrir les portes et, si vous êtes justes, la mort sera pour vous la Vie qui arrive et l’Amour qui revient...

– Ah ! Tu es le Messie ? Au nom de Dieu, dis-le. »

Jésus baisse les bras de son geste si doux, si affectueux qu’il semble vouloir embrasser et il déclare :

« Je le suis.

– Va-t’en, va-t’en, c’est par ta faute, alors ! »

Une pierre vole au milieu des sifflets et des huées.

74.9 Judas a une belle attitude... Ah, s’il avait été toujours comme cela ! Il se jette devant le Maître, debout sur le mur du balcon, le manteau déployé et il reçoit sans peur les coups de pierres, il en saigne même. Il hurle à Jean et à Simon :

« Emmenez Jésus derrière ces arbres. J’arrive. Allez, au nom du Ciel ! » et à la foule :

« Chiens enragés ! Je suis du Temple et je vous dénoncerai au Temple et à Rome. »

La foule prend peur un instant, mais bientôt elle reprend les jets de pierres, heureusement mal dirigées. Imperturbable, Judas reçoit la grêle, répondant par des injures aux malédictions de la foule. Il attrape même au vol un caillou et l’envoie sur la tête d’un petit vieux qui crie comme une pie qu’on plumerait vivante. Et comme ils essaient de donner l’assaut à son piédestal, il saisit vivement une branche sèche sur le sol – car il est descendu du muret – et la fait tournoyer sur les échines, les têtes, les mains, sans pitié.

Des soldats accourent et, sous la menace des lances, ils s’ouvrent un chemin.

« Qui es-tu ? Pourquoi cette rixe ?

– Un Judéen assailli par ces gens du peuple. Il y avait avec moi un rabbi connu des prêtres. Il parlait à ces chiens ; ils se sont déchaînés et nous ont assaillis.

– Qui es-tu ?

– Judas de Kérioth, précédemment au Temple, maintenant disciple du Rabbi Jésus de Galilée. Ami du pharisien Simon, du sadducéen Yokhanan, du conseiller du Sanhédrin Joseph d’Arimathie et enfin, ce que tu peux vérifier, d’Eléazar, fils d’Hanne, le grand ami du proconsul.

– Je vérifierai. Où vas-tu ?

– Avec mon ami, à Kérioth puis à Jérusalem.

– Va, nous te protégerons. »

Judas passe au soldat des pièces de monnaie. Ce doit être une chose défendue, mais... habituelle, car le soldat empoche en vitesse, salue respectueusement et sourit. Judas saute en bas de son estrade. Il court par bonds à travers le champ inculte et rejoint ses compagnons.

« Tu es bien blessé ?

– Ce n’est rien, Maître, et puis, c’est pour toi... Je leur ai riposté, aussi. Je dois être tout souillé de sang...

– Oui, sur la joue. Il y a ici un filet d’eau. »

Jean trempe un petit linge et lave la joue de Judas.

« Cela m’ennuie, Judas, mais... tu vois... même en leur disant que nous étions judéens, selon ton sens pratique...

– Ce sont des bêtes. Je crois que tu en seras persuadé, Maître, et que tu n’insisteras pas.

– Oh non ! Pas par peur, mais parce que c’est inutile pour l’instant. Quand on ne veut pas de nous, on ne maudit pas, mais on se retire en priant pour les pauvres fous qui meurent de faim et ne voient pas le Pain. Prenons ce chemin à l’écart. Je crois qu’on pourra gagner la route d’Hébron... chez les bergers, si nous les trouvons.

– Pour nous faire attaquer à coups de pierres ?

– Non, pour leur dire : “ C’est moi. ”

– ça alors ! Ils nous donneront sûrement des coups de bâton ! Depuis trente ans qu’ils souffrent à cause de toi !

– Nous verrons bien. »

Ils passent par un bois touffu, ombragé, frais, et je les perds de vue.

Détail

Résumé : Jésus est venu sur les ruines de la maison d'Anne. Il se décide alors à parler au peuple de Bethléem, qui ont perdu leurs enfants avec le massacre des Innocents.

Annotation

Livre de la Genèse 3, 14-19

Gn 3, 14-19 : Alors le Seigneur Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, tu seras maudit parmi tous les animaux et toutes les bêtes des champs. Tu ramperas sur le ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. »

Le Seigneur Dieu dit ensuite à la femme : « Je multiplierai la peine de tes grossesses ; c’est dans la peine que tu enfanteras des fils. Ton désir te portera vers ton mari, et celui-ci dominera sur toi. »

Il dit enfin à l’homme : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé le fruit de l’arbre que je t’avais interdit de manger : maudit soit le sol à cause de toi ! C’est dans la peine que tu en tireras ta nourriture, tous les jours de ta vie. De lui-même, il te donnera épines et chardons, mais tu auras ta nourriture en cultivant les champs. C’est à la sueur de ton visage que tu gagneras ton pain, jusqu’à ce que tu retournes à la terre dont tu proviens ; car tu es poussière, et à la poussière tu retourneras. »

Livre de Jérémie 31, 15

Jr 31, 15 : Ainsi parle le Seigneur : Un cri s’élève dans Rama, une plainte et des pleurs d’amertume. C’est Rachel qui pleure ses fils ; elle refuse d’être consolée, car ses fils ne sont plus.

Livre de Michée 5, 1

Mi 5, 1 : Et toi, Bethléem Éphrata, le plus petit des clans de Juda, c’est de toi que sortira pour moi celui qui doit gouverner Israël. Ses origines remontent aux temps anciens, aux jours d’autrefois.

EMV 78.6-7 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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78.6 La synagogue donne sur la place. Ils entrent. Jésus se dirige vers l’endroit d’où l’on enseigne. Il commence à parler, tout blanc dans son superbe vêtement, le visage inspiré, les bras étendus en son geste habituel.

« Peuple de Kérioth : le Verbe de Dieu parle. Ecoutez. Celui qui vous parle n’est que la Parole de Dieu. Sa souveraineté vient du Père et retournera au Père lorsqu’il aura évangélisé Israël. Que les coeurs et les esprits s’ouvrent à la vérité pour ne pas stagner dans l’erreur où naît la confusion.

Isaïe a dit : “ Tout vol fait à main armée et tout manteau roulé dans le sang seront mis à brûler, dévorés par le feu. Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné. Il a reçu le pouvoir sur ses épaules et on lui a donné ce nom : Conseiller-merveilleux, Dieu-fort, Père-éternel, Prince-de-paix. ” Voilà mon nom. Laissons aux Césars et aux tétrarques leurs proies. Pour moi, je ferai un vol, mais pas un vol qui mérite d’être puni par le feu. Au contraire, j’arracherai au feu de Satan quantité de proies pour les amener au Royaume de paix dont je suis le Prince et au siècle futur : l’éternité dont je suis le Père.

David, de la souche de qui je viens – comme il avait été prédit par ceux qui ont joui de la vision, à cause de leur sainteté agréée par Dieu pour porter sa parole –, David dit encore : “ Dieu a choisi un seul... mon fils... mais l’oeuvre est grande, car ce palais n’est pas destiné à un homme, mais à Yahvé Dieu. ” Il en est bien ainsi : Dieu, le Roi des rois, a choisi un seul, son Fils, pour construire dans les coeurs sa maison. Et il a déjà préparé les matériaux. Que d’or de charité ! Que de cuivre, d’argent, de fer, de bois rares et de pierres précieuses ! Tout cela est en réserve dans son Verbe et il emploie ces matériaux pour édifier en vous la demeure de Dieu. Mais si l’homme n’aide pas le Seigneur, c’est inutilement que le Seigneur voudra construire sa maison. A l’or, on répond par l’or, à l’argent par l’argent, au cuivre par le cuivre, au fer par le fer. Cela veut dire qu’il faut rendre amour pour amour, continence pour servir la Pureté, constance pour être fidèle, force pour tenir bon. Et puis porter aujourd’hui la pierre, demain le bois ; aujourd’hui le sacrifice, demain le travail ; et édifier, édifier toujours le temple de Dieu en vous.

Le Maître, le Messie, le Roi de l’Israël éternel, du peuple éternel de Dieu vous appelle. Mais il veut que vous soyez purs pour cette oeuvre. A bas l’orgueil, à Dieu les louanges. A bas les pensées humaines : c’est à Dieu qu’appartient le Royaume. Avec humilité dites avec moi : “ Tout t’appartient, Père. A toi tout ce qui est bon. Apprends-nous à te connaître et à te servir en vérité. ” Dites : “ Qui suis-je ? ” Et reconnaissez que vous ne serez quelque chose que lorsque vous serez des demeures purifiées où Dieu pourra descendre et se reposer.

Tous pèlerins et étrangers sur cette terre, sachez vous unir et marcher vers le Royaume promis. Le chemin, ce sont les commandements, accomplis non par crainte du châtiment, mais par amour pour toi, Père saint. L’arche, c’est un coeur parfait où se trouve la manne nourrissante de la sagesse et où fleurit le rameau d’une volonté pure. Et, pour que la maison soit éclairée, venez à la lumière du monde. C’est moi qui vous l’apporte. Je vous apporte la lumière. Rien d’autre. Je ne possède pas de richesses et je ne promets pas d’honneurs terrestres, mais je possède toutes les richesses surnaturelles de mon Père, et à ceux qui suivront Dieu avec amour et charité, je promets l’honneur éternel du Ciel.

Que la paix soit avec vous. »

78.7 Un peu inquiets, les gens, qui ont écouté avec attention, murmurent. Jésus parle avec le chef de la synagogue. D’autres personnes, peut-être les notables, viennent se joindre au groupe.

« Maître... mais n’es-tu pas le Roi d’Israël ? On nous avait dit...

– Je le suis.

– Mais, tu as dit...

– Que je ne possède ni ne promets les richesses du monde. Je ne puis dire que la vérité. Il en est ainsi. Je connais vos pensées. Mais l’erreur vient d’une faute d’interprétation et du très grand respect que vous avez à l’égard du Très-Haut. On vous a dit : “ Le Messie vient ”, et vous avez pensé, comme beaucoup en Israël, que Messie et roi, c’était la même chose. Elevez plus haut votre esprit. Observez ce beau ciel d’été. Vous avez l’impression qu’il finit là, que sa limite se trouve là où l’air ressemble à une voûte de saphir ? Non, plus loin il y a d’autres couches plus pures, des azurs plus nets, jusqu’à l’azur inimaginable du paradis où le Messie conduira les justes, morts dans le Seigneur. Il y a la même différence entre la royauté messianique qu’imagine l’homme et la royauté réelle, qui est toute divine...

– Mais pourrons-nous, nous pauvres hommes, lever les yeux jusqu’à ces hauteurs ?

– Il suffit de le vouloir, et si vous le voulez, je vous aiderai.

– Comment devons-nous t’appeler, si tu n’es pas roi ?

– Maître, Jésus, comme vous voulez. Je suis le Maître et je suis Jésus, le Sauveur. »

Annotation

Livre d'Isaïe 9, 4-5

Is 9, 4-5 : “Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin.” 1

Premier Livre des Chroniques 29, 1

1 Chr 29, 1 : “Le roi David s’adressa à toute l’assemblée : « Mon fils Salomon, le seul que Dieu a choisi, est jeune et faible, alors que l’ouvrage à accomplir est considérable, car cette citadelle n’est pas destinée à un homme, mais au Seigneur Dieu.”

EMV 79.1 · Tome 2

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79.1 Jésus marche avec ses disciples sur une route, le long d’un torrent. Le long... c’est une façon de parler : le torrent est en contrebas ; en haut, le long de la côte, il y a une route en lacets, comme on en trouve souvent dans les régions montagneuses.

Jean, chargé comme un portefaix d’un gros sac bien rempli, est rouge pivoine. Judas, quant à lui, porte celui de Jésus en plus du sien. Simon a seulement le sien et les manteaux. Jésus a repris ses sandales et son vêtement. La mère de Judas a donc dû le faire laver parce qu’il n’a pas de faux plis.

« Que de fruits ! Quels beaux vignobles sur ces collines ! Dit Jean auquel la chaleur et la fatigue ne font pas perdre sa bonne humeur. Maître, est-ce le cours d’eau sur les rives duquel nos pères cueillirent les grappes miraculeuses ?

– Non, c’est l’autre, plus au sud. Mais toute la région était un endroit béni aux fruits excellents.

– Maintenant, elle ne l’est plus autant, bien qu’elle soit encore belle.

– Trop de guerres ont dévasté son sol. C’est ici que s’est fait Israël... mais pour cela, il a dû le féconder de son sang et de celui des ennemis.

Annotation

Livre des Nombres, 13, 23-24 : Ils allèrent jusqu’à la vallée d’Eshkol où ils coupèrent un sarment et une grappe de raisin. Ils la portaient à deux au moyen d’une perche. Ils avaient aussi cueilli des grenades et des figues. On appela cet endroit la vallée d’Eshkol (c’est-à-dire : la Grappe) à cause de la grappe que les fils d’Israël avaient coupée là-bas.

EMV 92.6 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Ah ! Vraiment Satan est aux aguets ! Seuls les vigilants seront victorieux. Et les autres ? Vous vous interrogez sur les autres ? Pour les autres, ce qui est écrit sera.

– Qu’est-ce qui est écrit, Maître ?

– “ Caïn se jeta sur Abel et le tua. Le Seigneur demanda à Caïn : ‘ Où est ton frère ? Qu’en as-tu fait ? La voix de son sang crie vers moi. Voici : tu seras maudit sur toute la terre qui a connu le goût du sang humain par la main d’un frère qui a ouvert les veines de son frère, et jamais plus cette horrible soif de la terre pour le sang humain ne cessera. La terre, empoisonnée par ce sang, sera pour toi stérile plus qu’une femme dont l’âge a tari la fécondité. Tu fuiras en cherchant la paix et du pain, et tu ne les trouveras pas. Ton remords te fera voir du sang sur toute fleur, sur toute plante, sur toute eau et sur toute nourriture. Le ciel et la mer te paraîtront être du sang, et du ciel comme de la terre et de la mer te parviendront trois voix : celle de Dieu, celle de l’Innocent, celle du Démon. Et pour ne pas les entendre, tu te donneras la mort. ’ ”

– La Genèse ne dit pas cela, observe Pierre.

– Non, pas la Genèse. C’est moi qui le dis, et je ne me trompe pas. Je le dis pour les nouveaux Caïn des nouveaux Abel. Pour ceux qui, pour n’avoir pas veillé sur eux-mêmes et sur l’Ennemi, ne feront qu’un avec lui.

– Mais il n’y en aura pas parmi nous, n’est-ce pas, Maître ?

– Jean, quand le voile du Temple se déchirera, une grande vérité brillera sur Sion tout entière.

– Quelle vérité, mon Seigneur ?

– Que les fils des ténèbres ont été en vain au contact de la Lumière. Gardes-en le souvenir, Jean.

– Serai-je, moi, un fils des ténèbres ?

– Non, pas toi, mais souviens-t’en pour expliquer le Crime au monde.

– Quel crime, Seigneur ? Celui de Caïn ?

– Non, celui-là était le premier accord de l’hymne de Satan. Je parle du Crime parfait, du Crime inconcevable. Pour le comprendre, il faut le regarder au soleil de l’Amour divin et à travers l’esprit de Satan. Car seul l’Amour parfait et la Haine parfaite, seuls le Bien infini et le Mal infini peuvent expliquer une telle offrande et un tel péché. Vous entendez ? On dirait que Satan écoute et hurle son désir de l’accomplir. Partons avant que le nuage n’é­clate en éclairs et en grêle. »

Et ils descendent en courant, bondissant et sautant dans le jardin de Marie, pendant que la tempête se déchaîne avec violence.

Détail

Remarque : Description du châtiment de Caïn. Judas aussi, après avoir trahi le Christ, verra du Sang en toute chose, le Sang de son Seigneur, Celui qu'il aura trahi.

Contestation émise vis-à-vis de l'Oeuvre : Satan s'est incarné en Judas. On en parle ici.

Annotation

Livre de la Genèse - 4, 8-16

Gn 4, 8-16 : Caïn dit à son frère Abel : « Sortons dans les champs. » Et, quand ils furent dans la campagne, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua.

Le Seigneur dit à Caïn : « Où est ton frère Abel ? » Caïn répondit : « Je ne sais pas. Est-ce que je suis, moi, le gardien de mon frère ? » Le Seigneur reprit : « Qu’as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie de la terre vers moi ! Maintenant donc, sois maudit et chassé loin de cette terre qui a ouvert la bouche pour boire le sang de ton frère, versé par ta main. Tu auras beau cultiver la terre, elle ne produira plus rien pour toi. Tu seras un errant, un vagabond sur la terre. »

Alors Caïn dit au Seigneur : « Mon châtiment est trop lourd à porter ! Voici qu’aujourd’hui tu m’as chassé de cette terre. Je dois me cacher loin de toi, je serai un errant, un vagabond sur la terre, et le premier venu qui me trouvera me tuera. »

Le Seigneur lui répondit : « Si quelqu’un tue Caïn, Caïn sera vengé sept fois. » Et le Seigneur mit un signe sur Caïn pour le préserver d’être tué par le premier venu qui le trouverait.

Caïn s’éloigna de la face du Seigneur et s’en vint habiter au pays de Nod, à l’est d’Éden.

EMV 94.7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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94.7 Jésus a pris place. Après avoir récité des cantiques et des prières avec le peuple, il se retourne pour parler. Le chef de la synagogue lui demande s’il veut un rouleau, mais Jésus répond :

« Je n’en ai pas besoin. J’ai déjà le sujet. »

Il commence alors :

« Après avoir péché, le grand roi d’Israël, David de Bethléem, pleura, le coeur contrit, criant à Dieu son repentir et demandant à Dieu son pardon. David avait eu l’esprit embrumé par la sensualité, et cela l’avait empêché de voir la face de Dieu et de comprendre ses paroles.

J’ai dit : la face. Dans le coeur de l’homme, il est un lieu qui garde le souvenir de la face de Dieu, un lieu particulièrement élevé qui est notre “ Saint des Saints ” ; c’est de là que lui proviennent les saintes inspirations et résolutions. Cet endroit parfume comme un autel, brille comme un bûcher, résonne de chants comme la demeure des séraphins. Mais quand le péché répand en nous ses fumées, ce lieu s’obscurcit tellement que lumière, parfum et chants disparaissent, pour ne plus laisser que l’odeur suffocante d’une lourde fumée et un goût de cendre. Et lorsque la clarté revient, parce qu’un serviteur de Dieu la porte au malheureux sans lumière, alors il voit sa laideur, sa déchéance et, horrifié de lui-même, s’écrie comme le roi David : “ Pitié pour moi, mon Dieu, en ta bonté, en ta grande tendresse efface mon péché. ” Il ne dit pas : “ Je ne peux être pardonné, et pour cela je reste dans mon péché ”, mais au contraire : “ Je suis humilié, j’ai le coeur brisé, mais je te prie, toi qui sais comment je suis né dans le péché, de m’asperger et de me purifier pour que je redevienne blanc plus que la neige des sommets. ” Et il ajoute : “ Mon sacrifice n’est pas un holocauste de béliers et de boeufs, mais un coeur brisé, car je sais que c’est cela que tu veux de nous et que tu n’en as pas de mépris. ”

Voilà ce que disait David après son péché et après que Nathan, le serviteur du Seigneur, l’eut amené à se repentir. A plus forte raison, c’est cela que doivent dire les pécheurs, maintenant que le Seigneur leur envoie, non pas un de ses serviteurs, mais le Rédempteur lui-même, son Verbe. C’est lui le Juste, le Maître, non seulement des hommes, mais des êtres du Ciel et des enfers. Il est sorti du milieu de son peuple, comme la lumière jaillit de l’aurore qui, au lever du soleil, resplendit dans un air sans nuages.

Annotation

Deuxième livre de Samuel, chapitre 11-12 - 2 S 11-12 : Au retour du printemps, à l’époque où les rois se mettent en campagne, David envoya Joab en expédition, avec ses officiers et toute l’armée d’Israël ; ils massacrèrent les fils d’Ammone et mirent le siège devant Rabba. David était resté à Jérusalem. Un soir, il se leva de sa couche pour se promener sur la terrasse du palais. De là, il aperçut une femme en train de se baigner. Cette femme était très belle. David fit demander qui elle était, et on lui répondit : « Mais c’est Bethsabée, fille d’Éliam, la femme d’Ourias le Hittite ! » Alors David envoya des gens la chercher. Elle vint chez lui ; il coucha avec elle, alors qu’elle s’était purifiée de ses règles. Après quoi, elle retourna chez elle. La femme devint enceinte, et elle fit savoir à David : « Je suis enceinte ! » Alors David expédia ce message à Joab : « Envoie-moi Ourias le Hittite. » Et Joab l’envoya à David.

Lorsque Ourias fut arrivé auprès de lui, David lui demanda comment allaient Joab, et l’armée, et la guerre. Puis il lui dit : « Descends chez toi, prends du repos. » Ourias sortit du palais, et l’on portait derrière lui une portion de la table du roi. Mais Ourias se coucha à l’entrée du palais avec les serviteurs de son maître ; il ne descendit pas chez lui. On annonça à David : « Ourias n’est pas descendu chez lui. » David dit à Ourias : « N’arrives-tu pas de voyage ? Pourquoi n’es-tu pas descendu dans ta maison ? »

Ourias dit à David : « L’Arche ainsi qu’Israël et Juda habitent sous des huttes. Joab, mon seigneur, et les serviteurs de mon seigneur le roi campent en rase campagne. Et moi, j’irais dans ma maison manger, boire et coucher avec ma femme ! Par ta vie, par ta propre vie, je ne ferai pas une chose pareille ! » David dit à Ourias : « Reste ici aujourd’hui encore, et demain je te renverrai. » Ourias resta donc à Jérusalem ce jour-là et le lendemain. David l’invita à manger et à boire à sa table, et il l’enivra. Le soir, Ourias sortit et alla se coucher à nouveau avec les serviteurs de son maître ; mais il ne descendit pas chez lui.

Le matin suivant, David écrivit une lettre pour Joab, et la fit porter par Ourias. Il disait dans cette lettre : « Mettez Ourias en première ligne, au plus fort de la mêlée, puis repliez-vous derrière lui ; qu’il soit frappé et qu’il meure ! » Joab, qui assiégeait la ville, plaça Ourias à un endroit où il savait que les ennemis étaient en force. Les assiégés firent une sortie contre Joab. Il y eut des tués dans l’armée, parmi les serviteurs de David, et Ourias le Hittite mourut aussi.

Joab envoya raconter à David tous les détails du combat. Il donna cet ordre au messager : « Quand tu en auras fini de rapporter au roi tous les détails du combat, il se peut que le roi entre en fureur et te dise : “Pourquoi vous êtes-vous tant approchés de la ville en livrant bataille ? Ne saviez-vous pas qu’on tire du haut du rempart ? Qui donc autrefois a frappé Abimélek, fils de Yeroubbèsheth ? N’est-ce pas une femme qui, du haut d’un rempart, a jeté une meule sur lui ? Et il en est mort, à Tébès. Pourquoi vous êtes-vous approchés du rempart ?” Alors, tu lui diras : “Ton serviteur Ourias le Hittite est mort, lui aussi !” »

Le messager partit et vint raconter à David tout ce pour quoi Joab l’avait envoyé. Le messager dit à David : « Ces gens-là étaient plus forts que nous. Ils ont fait une sortie contre nous, en rase campagne. Mais nous les avons poursuivis jusqu’à l’entrée de la porte. C’est là que les tireurs ont tiré sur tes serviteurs, du haut du rempart, et qu’il y a eu des morts parmi les serviteurs du roi. Ton serviteur Ourias le Hittite est mort, lui aussi. » David répondit au messager : « Voici ce que tu diras à Joab : “Ne prends pas en mal cette affaire : l’épée dévore tantôt ici, tantôt là. Renforce ton assaut contre la ville et renverse-la !” C’est ainsi que tu réconforteras Joab. »

La femme d’Ourias, apprenant que son mari était mort, le pleura. Le deuil passé, David l’envoya chercher pour la recueillir chez lui. Elle devint sa femme et lui donna un fils. Mais ce que David venait de faire était mal aux yeux du Seigneur.

Le Seigneur envoya vers David le prophète Nathan qui alla le trouver et lui dit : « Dans une même ville, il y avait deux hommes ; l’un était riche, l’autre était pauvre. Le riche avait des moutons et des boeufs en très grand nombre. Le pauvre n’avait rien qu’une brebis, une toute petite, qu’il avait achetée. Il la nourrissait, et elle grandissait chez lui au milieu de ses fils ; elle mangeait de son pain, buvait de sa coupe, elle dormait dans ses bras : elle était comme sa fille.

Un voyageur arriva chez l’homme riche. Pour préparer le repas de son hôte, celui-ci épargna ses moutons et ses boeufs. Il alla prendre la brebis du pauvre, et la prépara pour l’homme qui était arrivé chez lui. » Alors, David s’enflamma d’une grande colère contre cet homme, et dit à Nathan : « Par le Seigneur vivant, l’homme qui a fait cela mérite la mort ! Et il remboursera la brebis au quadruple, pour avoir commis une telle action et n’avoir pas épargné le pauvre. »

Alors Nathan dit à David : « Cet homme, c’est toi ! Ainsi parle le Seigneur Dieu d’Israël : Je t’ai consacré comme roi d’Israël, je t’ai délivré de la main de Saül, puis je t’ai donné la maison de ton maître, j’ai mis dans tes bras les femmes de ton maître ; je t’ai donné la maison d’Israël et de Juda et, si ce n’est pas assez, j’ajouterai encore autant. Pourquoi donc as-tu méprisé le Seigneur en faisant ce qui est mal à ses yeux ? Tu as frappé par l’épée Ourias le Hittite ; sa femme, tu l’as prise pour femme ; lui, tu l’as fait périr par l’épée des fils d’Ammone. Désormais, l’épée ne s’écartera plus jamais de ta maison, parce que tu m’as méprisé et que tu as pris la femme d’Ourias le Hittite pour qu’elle devienne ta femme. Ainsi parle le Seigneur : De ta propre maison, je ferai surgir contre toi le malheur. Je t’enlèverai tes femmes sous tes yeux et je les donnerai à l’un de tes proches, qui les prendra sous les yeux du soleil. Toi, tu as agi en cachette, mais moi, j’agirai à la face de tout Israël, et à la face du soleil ! »

David dit à Nathan : « J’ai péché contre le Seigneur ! » Nathan lui répondit : « Le Seigneur a passé sur ton péché, tu ne mourras pas. Cependant, parce que tu as bafoué le Seigneur, le fils que tu viens d’avoir mourra. » Et Nathan retourna chez lui. Le Seigneur frappa l’enfant que la femme d’Ourias avait donné à David, et il tomba gravement malade. David implora Dieu pour le petit enfant : il jeûna strictement, et, quand il rentrait chez lui, il passait la nuit couché par terre. Les anciens de sa maison insistaient auprès de lui pour qu’il se relève, mais il refusa, et ne prit avec eux aucune nourriture. Le septième jour, l’enfant mourut. Les serviteurs de David n’osaient pas lui annoncer que l’enfant était mort. Ils se disaient en effet : « Lorsque l’enfant était vivant, nous lui avons parlé, et il ne nous a pas écoutés. Maintenant, comment lui dire que l’enfant est mort ? Il ferait un malheur ! »

Voyant ses serviteurs chuchoter entre eux, David comprit que l’enfant était mort. Il demanda aux serviteurs : « L’enfant est-il mort ? » Ils répondirent : « Il est mort. » Alors David se releva de terre, se baigna, se parfuma et changea de vêtement. Il entra dans la Maison du Seigneur et se prosterna. Puis il rentra chez lui ; il demanda qu’on lui serve de la nourriture et il mangea. Ses serviteurs lui dirent : « Mais que fais-tu ? Pour l’enfant, quand il était en vie, tu as jeûné et pleuré, et maintenant qu’il est mort, tu te relèves et tu prends de la nourriture ! » Il répondit : « Tant que l’enfant était encore en vie, j’ai jeûné et j’ai prié en me disant : Qui sait ? Le Seigneur aura peut-être pitié de moi, et l’enfant vivra ! Mais maintenant qu’il est mort, à quoi bon jeûner ? Pourrais-je encore le faire revenir ? C’est moi qui m’en irai le rejoindre, mais lui ne reviendra pas vers moi. » David consola Bethsabée sa femme : il la retrouva et coucha avec elle. Elle lui donna un fils qu’il nomma Salomon. Le Seigneur l’aima, et il le fit savoir par le prophète Nathan qui lui donna, à cause du Seigneur, le nom de Yedidya : Aimé-du-Seigneur.

Joab attaqua la ville de Rabba, celle des fils d’Ammone. Comme il allait s’emparer de la ville royale, il envoya des messagers à David pour lui dire : « J’ai attaqué Rabba et j’ai même pris la ville basse. Rassemble maintenant le reste des troupes et viens dresser ton camp devant la ville pour t’en emparer ; sinon c’est moi qui le ferai, et la ville porterait mon nom ! » Ayant donc rassemblé toutes les troupes, David marcha sur Rabba, lui donna l’assaut et s’en empara. David enleva la couronne qui était sur la tête de leur roi ; elle pesait un talent d’or et était ornée d’une pierre précieuse. On la mit sur la tête de David. Puis celui-ci emporta de la ville une très grande quantité de butin. Quant à sa population, il l’emmena, lui imposa le travail de la scie, des pics de fer et des haches, et l’affecta aux fours à briques. Il traita ainsi toutes les villes des fils d’Ammone. Puis David et toutes ses troupes revinrent à Jérusalem.

Psaume 51 : Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché. Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense. Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi. Contre toi, et toi seul, j'ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait. Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice, être juge et montrer ta victoire.

Moi, je suis né dans la faute, j'étais pécheur dès le sein de ma mère. Mais tu veux au fond de moi la vérité ; dans le secret, tu m'apprends la sagesse. Purifie-moi avec l'hysope, et je serai pur ; lave-moi et je serai blanc, plus que la neige. Fais que j'entende les chants et la fête : ils danseront, les os que tu broyais.

Détourne ta face de mes fautes, enlève tous mes péchés. Crée en moi un coeur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. Ne me chasse pas loin de ta face, ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d'être sauvé ; que l'esprit généreux me soutienne. Aux pécheurs, j'enseignerai tes chemins ; vers toi, reviendront les égarés. Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur, et ma langue acclamera ta justice. Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange.

Si j'offre un sacrifice, tu n'en veux pas, tu n'acceptes pas d'holocauste. Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un coeur brisé et broyé. Accorde à Sion le bonheur, relève les murs de Jérusalem. Alors tu accepteras de justes sacrifices, oblations et holocaustes ; alors on offrira des taureaux sur ton autel.

EMV 94.8 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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94.8 Vous avez déjà lu comment l’homme en proie à Mammon est plus faible qu’un tuberculeux sur le point de mourir, même si auparavant il était “ le fort ”. Vous savez comment Samson fut réduit à rien après avoir cédé à la sensualité. Je veux que vous connaissiez la leçon que nous donne Samson, fils de Manoah, destiné à vaincre les Philistins qui opprimaient Israël. La première condition pour remplir sa mission était que, dès sa conception, il soit tenu vierge de tout ce qui excite bassement les sens et associe les viscères de l’homme à des chairs impures, en d’autres termes le vin, les boissons fermentées et les viandes grasses qui allument dans les reins un feu impur. Seconde condition pour être le libérateur : avoir été consacré au Seigneur dès l’enfance et le rester par un naziréat perpétuel. Etre consacré demande que l’on se garde non seulement dans une sainteté extérieure, mais aussi dans une sainteté intérieure. Alors Dieu est avec lui.

Mais la chair est la chair, et Satan est la Tentation. Or, pour combattre Dieu dans un coeur et dans ses saints décrets, la Tentation se sert de la chair qui excite l’homme : la femme. C’est alors que la force du “ fort ” frémit et qu’il devient un faible qui gâche les dons que Dieu lui avait accordés. Et maintenant, écoutez : Samson fut lié avec sept cordes de nerfs frais, puis avec sept cordes neuves, enfin fixé au sol avec sept tresses de sa chevelure. Il avait toujours été victorieux. Mais on ne met pas en vain le Seigneur à l’épreuve, pas même dans le domaine de sa bonté. Ce n’est pas permis. Lui pardonne, pardonne, pardonne. Mais il exige la volonté de sortir du péché pour continuer à pardonner. Il est bien sot, celui qui implore : “ Seigneur, pardon ” et ensuite ne fuit pas ce qui le pousse continuellement au péché ! Samson, victorieux trois fois, n’a pas fui Dalila, la sensualité, le péché, et, excédé à en mourir – dit le Livre –, sa force d’âme une fois amoindrie – dit encore le Livre –, il révéla son secret : “ Ma force réside dans mes sept tresses. ”

N’y a-t-il personne parmi vous qui, sous le découragement dû à son péché, ne sente sa vie spirituelle s’affaiblir – car rien n’accable autant que la conscience du mal consenti – et ne soit sur le point de se livrer vaincu à l’Ennemi ? Non, qui que tu sois, ne le fais pas. Samson livra à la tentation le secret pour vaincre ses sept vertus : les sept tresses symboliques, ses vertus, autrement dit sa fidélité au naziréat. Epuisé, il s’endormit sur le sein de la femme et fut vaincu. Il devint aveugle, esclave, impuissant pour avoir refusé de rester fidèle à son voeu. Il ne redevint le “ fort ”, le “ libérateur ”, que lorsque la douleur d’un vrai repentir lui rendit sa vigueur...

Repentir, patience, constance, héroïsme : alors, ô pécheurs, je vous promets que vous serez vos propres libérateurs. En vérité, je vous assure qu’il n’est pas de baptême qui vaille ni de rite qui serve, s’il n’y a ni repentir ni volonté de renoncer au péché. En vérité, je vous assure qu’il n’y a pas pécheur si grand qu’il ne puisse faire renaître par ses larmes les vertus que son péché a arrachées de son coeur.

Annotation

Histoire de Samson - Jg 13-16 : Chapitre 13 : Les fils d’Israël recommencèrent à faire ce qui est mal aux yeux du Seigneur, et le Seigneur les livra entre les mains des Philistins pendant quarante ans. Il y avait un homme de Soréa, du clan de Dane, nommé Manoah. Sa femme était stérile et n’avait pas eu d’enfant. L’ange du Seigneur apparut à cette femme et lui dit : « Tu es stérile et tu n’as pas eu d’enfant. Mais tu vas concevoir et enfanter un fils. Désormais, fais bien attention : ne bois ni vin ni boisson forte, et ne mange aucun aliment impur, car tu vas concevoir et enfanter un fils. Le rasoir ne passera pas sur sa tête, car il sera voué à Dieu dès le sein de sa mère. C’est lui qui entreprendra de sauver Israël de la main des Philistins. »

La femme s’en alla dire à son mari : « Un homme de Dieu est venu me trouver ; il avait l’apparence d’un ange de Dieu tant il était imposant. Je ne lui ai pas demandé d’où il venait, et il ne m’a pas fait connaître son nom. Mais il m’a dit : “Tu vas devenir enceinte et enfanter un fils. Désormais ne bois ni vin ni boisson forte, et ne mange aucun aliment impur, car l’enfant sera voué à Dieu dès le sein de sa mère et jusqu’au jour de sa mort !” »

Alors, Manoah implora le Seigneur et dit : « Je t’en prie, Seigneur, que l’homme de Dieu que tu as envoyé revienne vers nous, et qu’il nous enseigne ce que nous devrons faire pour l’enfant qui va naître. » Dieu écouta la voix de Manoah, et l’ange de Dieu revint trouver la femme, qui était assise dans le champ, en l’absence de son mari. Aussitôt, elle courut annoncer à son mari : « Voici que m’est apparu l’homme qui est venu me trouver l’autre jour. »

Manoah se leva et suivit sa femme ; il vint vers l’homme et lui dit : « Est-ce toi, l’homme qui a parlé à cette femme ? » Il répondit : « C’est moi. » Manoah dit : « Maintenant que ta parole va se réaliser, quelle sera la règle de conduite à l’égard de l’enfant, et que devra-t-il faire ? » L’ange du Seigneur dit à Manoah : « Que ta femme s’abstienne de tout ce que je lui ai interdit : elle ne doit rien manger qui provienne du fruit de la vigne ; qu’elle ne boive ni vin ni boisson forte ; qu’elle ne mange aucun aliment impur ; tout ce que je lui ai ordonné, qu’elle l’observe. »

Manoah dit à l’ange du Seigneur : « Permets, je t’en prie, que nous te retenions et que nous te préparions un chevreau. » L’ange du Seigneur répondit à Manoah : « Même si tu me retenais, je ne mangerais pas de ton pain. Offre plutôt un holocauste au Seigneur. » Manoah ne savait pas que l’homme était l’ange du Seigneur. Il lui dit : « Quel est ton nom, pour que nous puissions t’honorer lorsque tes paroles se réaliseront ? » L’ange du Seigneur lui répondit : « Pourquoi demandes-tu mon nom, alors qu’il est merveilleux ? » Manoah prit le chevreau et l’offrande de céréales et, sur le rocher, il en fit l’holocauste au Seigneur, à celui qui fait des merveilles. Manoah et sa femme regardaient. Or, quand la flamme monta de l’autel vers le ciel, l’ange du Seigneur monta dans la flamme de l’autel. Voyant cela, Manoah et sa femme tombèrent face contre terre.

Désormais l’ange du Seigneur ne leur apparut plus. Manoah comprit que c’était l’ange du Seigneur. Il dit à sa femme : « Nous allons sûrement mourir, car nous avons vu Dieu. » Mais sa femme lui dit : « Si le Seigneur voulait nous faire mourir, il n’aurait accepté de notre main ni holocauste ni offrande ; il ne nous aurait pas donné pareilles choses à voir, et à entendre maintenant. » La femme enfanta un fils, et elle lui donna le nom de Samson. L’enfant grandit, le Seigneur le bénit, et l’Esprit du Seigneur commença à s’emparer de lui à Mahané-Dane, entre Soréa et Eshtaol.

Chapitre 14 : Samson descendit à Timna et y remarqua une femme parmi les filles des Philistins. Il remonta l’annoncer à son père et à sa mère, et il leur dit : « À Timna, j’ai remarqué une femme parmi les filles des Philistins. Prenez-la-moi donc pour femme. » Son père lui dit, ainsi que sa mère : « N’y a-t-il pas assez de femmes parmi les filles de tes frères et dans tout mon peuple, pour que tu ailles prendre femme chez les Philistins, ces incirconcis ? » Mais Samson répondit à son père : « Prends-la-moi. Elle me plaît. »

Son père et sa mère ne savaient pas que le Seigneur inspirait ce choix et qu’il cherchait une occasion de conflit avec les Philistins qui, en ce temps-là, dominaient Israël. Samson descendit donc à Timna avec son père et sa mère. Alors qu’ils arrivaient aux vignes de Timna, voici qu’un jeune lion se précipita sur lui en rugissant. L’Esprit du Seigneur s’empara de lui, et, sans rien en main, Samson déchira le lion, comme on déchire un chevreau. Il ne raconta pas à son père et à sa mère ce qu’il avait fait.

Puis il continua sa route. Il parla à la femme, elle lui plut. Il revint quelques jours après pour la prendre, mais il fit un détour pour revoir le cadavre du lion. Il y avait dans sa carcasse un essaim d’abeilles et du miel. Il en recueillit dans ses mains et, chemin faisant, il en mangea. Arrivé chez son père et sa mère, il leur en donna, et ils en mangèrent. Mais il ne leur raconta pas qu’il avait recueilli le miel dans la carcasse du lion. Son père descendit alors chez cette femme, et Samson y donna un festin, comme le font habituellement les jeunes gens.

Dès qu’on le vit, on lui donna trente compagnons pour rester avec lui. Samson leur dit : « Je vais vous proposer une énigme. Si vous me l’expliquez au cours des sept jours du festin, et que vous en trouviez le sens, je vous donnerai trente tuniques et trente habits de rechange. Si vous ne pouvez me l’expliquer, c’est vous qui me donnerez trente tuniques et trente habits de rechange. » Ils lui dirent alors : « Propose ton énigme, nous écoutons. »

Samson leur dit : « De celui qui mange est sorti ce qui se mange, et du fort est sorti le doux. » Au bout de trois jours, les jeunes gens n’avaient pas encore pu expliquer l’énigme. Ils dirent à la femme de Samson : « Séduis ton mari, pour qu’il nous explique l’énigme. Sinon, nous te brûlerons, toi et la maison de ton père. Est-ce pour nous déposséder que vous nous avez invités, oui ou non ? » La femme de Samson se mit à pleurer tout contre lui. Elle lui disait : « Tu ne fais que me haïr, tu ne m’aimes pas ! Cette énigme que tu as proposée aux fils de mon peuple, tu ne me l’as pas expliquée ! » Il lui répondit : « Je ne l’ai même pas expliquée à mon père et à ma mère ! Et à toi, je l’expliquerais ! »

Elle pleura tout contre lui pendant les sept jours que dura le festin, et, le septième jour, à force d’être harcelé, il finit par lui expliquer l’énigme. Et elle l’expliqua à son tour aux fils de son peuple. Au septième jour, avant le coucher du soleil, les gens de la ville dirent à Samson : « Qu’y a-t-il de plus doux que le miel, de plus fort que le lion ? » Samson leur dit : « Si vous n’aviez pas labouré avec ma génisse, vous n’auriez pas trouvé mon énigme. »

L’Esprit du Seigneur s’empara de lui. Il descendit à Ascalon, tua trente de ses habitants, prit leurs vêtements et donna les habits de rechange à ceux qui avaient expliqué l’énigme. Puis, plein de colère, il remonta vers la maison de son père. Quant à la femme de Samson, elle fut donnée à l’un de ses compagnons, dont il avait fait son ami.

Chapitre 15 : Quelque temps après, à l’époque de la moisson des blés, Samson rendit visite à sa femme en apportant un chevreau, et déclara : « Je veux entrer dans la chambre à coucher de ma femme. » Mais le père de sa femme ne lui permit pas d’entrer, et il dit à Samson : « Je me suis dit que, vraiment, tu la haïssais, et je l’ai donnée à ton compagnon. Sa soeur cadette ne vaut-elle pas mieux qu’elle ? Qu’elle soit ta femme à la place de l’aînée ! »

Samson leur dit : « Cette fois, je serai quitte envers les Philistins si je leur fais du mal. » Il partit, attrapa trois cents renards, prit des torches et, mettant les renards queue contre queue, il plaça une torche entre les deux queues, au milieu. Puis il mit le feu aux torches et lâcha les renards dans les blés mûrs des Philistins ; il incendia aussi bien les meules que les épis, et même les vignes et les oliviers. Les Philistins demandèrent : « Qui a fait cela ? » On leur répondit : « C’est Samson, gendre du Timnite, car celui-ci a repris sa femme et l’a donnée à son compagnon. » Alors les Philistins montèrent et ils brûlèrent la femme et son père.

Samson dit alors : « Puisque vous agissez de la sorte, je ne m’arrêterai qu’après m’être vengé de vous ! » Il les battit à plate couture, et ce fut une terrible défaite. Puis il descendit dans une faille du rocher d’Étam, où il demeura. Les Philistins montèrent camper en Juda, et firent une incursion à Lèhi. Les hommes de Juda leur dirent : « Pourquoi êtes-vous montés nous combattre ? » Ils répondirent : « C’est pour ligoter Samson, pour le traiter comme il nous a traités. »

Trois mille hommes de Juda descendirent vers la faille du rocher d’Étam, et ils dirent à Samson : « Ne sais-tu pas que les Philistins sont nos maîtres ? Que nous as-tu fait là ? » Samson répondit : « Je les ai traités comme ils m’ont traité. » Ils lui dirent : « C’est pour te ligoter que nous sommes descendus, pour te livrer aux Philistins. » Samson leur dit : « Jurez-moi que vous ne me tuerez pas vous-mêmes. » Ils répondirent : « Non, nous voulons seulement te ligoter et te livrer aux Philistins. Nous ne voulons pas te mettre à mort. » Ils le lièrent avec deux cordes neuves et le firent remonter du rocher.

Comme il approchait de Lèhi, les Philistins vinrent à sa rencontre avec des cris de joie, mais alors l’Esprit du Seigneur s’empara de lui : les cordes qui lui liaient les bras devinrent comme des fils de lin consumés par le feu, et les liens qui retenaient ses mains se dénouèrent. Puis, trouvant une mâchoire d’âne encore fraîche, il étendit la main pour s’en saisir, et avec elle abattit mille hommes. Samson dit : « Avec une mâchoire d’âne, valant deux ânesses, avec une mâchoire d’âne, j’ai abattu mille hommes. » Dès qu’il eut achevé de parler, il jeta la mâchoire loin de lui et il appela ce lieu Ramath-Lèhi (c’est-à-dire : Hauteur de la Mâchoire).

Comme Samson avait très soif, il invoqua le Seigneur en disant : « C’est toi qui as accordé à ton serviteur cette grande victoire. Vas-tu maintenant me laisser mourir de soif et tomber aux mains des incirconcis ? » Alors, Dieu fendit la cavité qui se trouve à Lèhi, et il en sortit de l’eau. Samson en but, il reprit ses esprits et se ranima. Voilà pourquoi on a donné à cette source le nom d’Enn-ha-Qoré (c’est-à-dire : la Source de celui qui invoque). Elle se trouve à Lèhi jusqu’à ce jour. Samson jugea Israël, à l’époque des Philistins, pendant vingt ans.

Chapitre 16 : Samson se rendit à Gaza. Il y vit une prostituée et entra chez elle. On dit aux gens de Gaza : « Samson est venu ici. » Ils firent des rondes et guettèrent toute la nuit à la porte de la ville. Ils se tinrent tranquilles toute la nuit, en se disant : « Attendons la lumière du matin, et alors nous le tuerons. »

Mais Samson resta couché jusqu’au milieu de la nuit. Il se leva alors, saisit les battants de la porte de la ville et les deux montants, les arracha avec leur verrou, les mit sur ses épaules et les emporta au sommet de la montagne qui est en face d’Hébron. Après ces événements, il s’éprit d’une femme de la vallée de Soreq, nommée Dalila.

Les princes des Philistins vinrent la trouver et lui dirent : « Séduis Samson : vois en quoi réside sa grande force et comment on peut triompher de lui. Alors nous le ligoterons pour le maîtriser, et nous te donnerons chacun onze cents pièces d’argent. » Dalila dit à Samson : « Explique-moi, je t’en prie, d’où vient ta grande force, et comment tu devrais être ligoté pour qu’on te maîtrise. » Samson lui dit : « Si on me liait avec sept cordes d’arc neuves, qui n’ont pas été séchées, je perdrais ma vigueur, et je serais comme n’importe quel homme. »

Les princes des Philistins firent apporter à Dalila sept cordes neuves qui n’avaient pas été séchées, et Dalila le lia avec ces cordes. Des hommes étaient embusqués dans sa chambre. Elle lui cria : « Les Philistins sont sur toi, Samson ! » Celui-ci rompit les cordes qui enserraient ses bras, comme se rompt un cordon d’étoupe à l’approche du feu. On ne découvrit donc pas le secret de sa force.

Dalila dit alors à Samson : « Tu t’es moqué de moi ; tu as menti. Révèle-moi maintenant comment tu devrais être ligoté. » Il lui répondit : « Si on me liait avec des cordes neuves et non travaillées, je perdrais ma vigueur, et je serais comme n’importe quel homme. » Dalila le lia avec des cordes neuves, puis elle lui cria : « Les Philistins sont sur toi, Samson ! » Des hommes étaient embusqués dans sa chambre ; mais il rompit les cordes qui lui enserraient les bras comme si c’était du fil.

Dalila dit encore à Samson : « Jusqu’ici, tu t’es moqué de moi, et tu m’as menti. Révèle-moi comment tu devrais être ligoté ! » Samson lui dit : « Si tu tissais les sept tresses de ma chevelure avec la chaîne d’un tissu, et si tu les resserrais avec un peigne de tisserand, alors je perdrais ma vigueur, et je serais comme n’importe quel homme. » Elle le laissa s’endormir, tissa les tresses de sa chevelure avec la chaîne, les resserra avec le peigne, puis elle lui cria : « Les Philistins sont sur toi, Samson ! » Samson s’éveilla, et il arracha le peigne, la navette et la chaîne.

Dalila lui dit alors : « Comment peux-tu me dire : “Je t’aime”, alors que tu ne m’ouvres pas ton coeur ! Voici trois fois que tu te joues de moi. Tu ne m’as pas révélé d’où vient ta grande force ! » Tous les jours, elle le harcelait, répétant les mêmes paroles. Samson, excédé à en mourir, lui ouvrit tout son coeur. Il lui dit : « Le rasoir n’a jamais passé sur ma tête, car je suis voué à Dieu depuis le sein de ma mère. Si j’étais rasé, je perdrais toute ma vigueur, et je serais comme n’importe quel homme. »

Dalila vit qu’il lui avait ouvert tout son coeur, et elle fit appeler les princes des Philistins en leur disant : « Venez, car cette fois, il m’a ouvert tout son coeur. » Les princes des Philistins se rendirent chez elle, avec l’argent en main. Elle le laissa s’endormir sur ses genoux, et elle fit appel à un homme qui rasa les sept tresses de sa chevelure. Alors, il commença à faiblir, et sa vigueur l’abandonna. Dalila lui cria : « Les Philistins sont sur toi, Samson ! » Il s’éveilla et dit : « J’en sortirai comme les autres fois et je me dégagerai. » Mais il ne savait pas que le Seigneur s’était éloigné de lui. Les Philistins le saisirent et lui crevèrent les yeux ; ils l’emmenèrent à Gaza et le lièrent avec une double chaîne de bronze. Samson tournait une meule dans sa prison.

Mais, après qu’il eût été rasé, ses cheveux recommencèrent à pousser. Les princes des Philistins se réunirent pour offrir un grand sacrifice à Dagone, leur dieu, et se livrer à des réjouissances. Ils disaient : « Notre dieu a livré entre nos mains Samson, notre ennemi. » Dès que le peuple le vit, il loua son dieu et l’acclama en disant : « Notre dieu a livré entre nos mains notre ennemi, celui qui dévastait notre pays et qui multipliait nos morts. » Et comme leur coeur était joyeux, ils dirent : « Appelez Samson, et qu’il nous divertisse ! » On envoya chercher Samson dans sa prison, et il se livra à des bouffonneries devant eux, puis on le plaça entre les colonnes.

Samson dit au garçon qui le tenait par la main : « Guide-moi et fais-moi toucher les colonnes sur lesquelles repose le temple, pour que je m’y appuie. » Le temple était rempli d’hommes et de femmes. Il y avait là tous les princes des Philistins et, sur la terrasse, environ trois mille hommes et femmes qui s’étaient divertis en regardant Samson.

Il invoqua le Seigneur en disant : « Je t’en prie, Seigneur Dieu, souviens-toi de moi, rends-moi ma force encore une fois et que, d’un seul coup, je me venge des Philistins pour mes deux yeux. » Il tâta alors les deux colonnes du milieu, sur lesquelles reposait le temple, prit appui contre l’une avec son bras droit, et contre l’autre avec son bras gauche. Il s’écria : « Que je meure avec les Philistins ! » Puis il pesa de toutes ses forces, et l’édifice s’effondra sur les princes et sur tout le peuple qui se trouvait là. Ceux qu’il fit mourir en mourant furent plus nombreux que ceux qu’il avait fait mourir pendant sa vie.

Ses frères et toute la maison de son père descendirent et l’emportèrent. Ils remontèrent et l’ensevelirent entre Coréa et Eshtaol, dans le tombeau de Manoah, son père. Samson avait jugé Israël pendant vingt ans.