EMV 114.8-9 · Tome 2, p. 255-257
L’Evangile tel qu'il m'a été révélé
Citation
114.8 Il y a un moment de silence. Jésus se tourne vers Gamaliel :
« Et toi, tu ne demandes pas de miracles pour croire ?
– Ce ne seront pas les miracles d’un homme de Dieu qui m’enlèveront l’aiguillon que je porte au coeur pour trois questions qui restent sans réponse.
– Quelles questions ?
– Le Messie est-il vivant ? Etait-ce celui-là ? Est-ce celui-ci ?
– C’est lui, je te le dis, Gamaliel ! S’exclame Joseph. Ne te rends-tu pas compte qu’il est saint ? Différent des autres ? Puissant ? Oui ? Et alors, qu’attends-tu pour croire ? »
Gamaliel ne répond pas à Joseph. Il s’adresse à Jésus :
« Une fois... ne m’en veux pas, Jésus, si je suis tenace dans mes idées... Une fois, quand le grand et sage Hillel vivait encore, j’ai cru, et lui comme moi, que le Messie était en Israël. Grand éclair du soleil divin en cette froide journée d’un hiver qui ne voulait pas finir ! C’était la Pâque... Les gens tremblaient à cause des moissons gelées... Moi, après avoir entendu certaines paroles, j’ai dit : “ Israël est sauvé ! A partir d’aujourd’hui, abondance dans les champs et bénédiction dans les coeurs ! L’Attendu s’est manifesté par son premier éclair. ” Et je ne me suis pas trompé. Vous pouvez tous vous rappeler quelle récolte il y a eu en cette année de treize mois, comme celle-ci et ça continue...
– Quelles paroles as-tu entendues ? Qui les prononçait ?
– C’était quelqu’un qui sortait de l’enfance... mais Dieu resplendissait sur son visage innocent et doux... Il y a dix-neuf ans que j’y repense et que je garde ce souvenir... et je cherche à entendre de nouveau cette voix... qui disait des paroles de sagesse... Quelle est la partie du monde qui l’accueille ? Moi, je pense... que c’était Dieu. Sous l’apparence d’un enfant pour ne pas effrayer l’homme. Tel un éclair qui sillonne rapidement le ciel à l’orient et au couchant, au nord et au midi, lui, le Divin, sous son apparence de miséricordieuse beauté, avec la voix et le visage d’un enfant, mais une pensée divine, il parcourt la terre pour dire aux hommes : “ C’est moi. ” Telle est ma pensée... Quand reviendra-t-il en Israël ?... Quand ? Et je pense : quand Israël sera un autel pour son pied divin ; alors mon coeur gémit en voyant l’abjection d’Israël : jamais. Oh, quelle dure réponse ! Or elle est vraie ! La Sainteté peut-elle descendre en la personne de son Messie tant que l’abomination est en nous ?
– Elle le peut et le fait parce qu’elle est Miséricorde » répond Jésus.
114.9 Gamaliel le regarde d’un air pensif puis demande :
« Quel est ton vrai nom ? »
Jésus se lève alors, imposant, et dit :
« Je Suis Celui qui Suis. La Pensée et la Parole du Père. Je suis le Messie du Seigneur.
– Toi ?... Je ne puis le croire. Grande est ta sainteté. Mais voici ce que cet enfant, auquel je crois, a dit autrefois : “ Je donnerai un signe... Ces pierres frémiront quand viendra mon heure. ” J’attends ce signe pour croire. Peux-tu me le donner pour me convaincre que tu es, toi, l’Attendu ? »
Les deux hommes, maintenant debout, grands, solennels, l’un dans son ample vêtement de lin blanc, l’autre dans son simple habit de laine rouge foncé, l’un âgé, l’autre jeune, aux yeux dominateurs et profonds tous les deux, se regardent fixement.
Puis Jésus baisse son bras droit qui était plié sur sa poitrine et, comme s’il jurait, s’écrie :
« Tu veux ce signe, et tu l’auras ! Je te répète ces mots d’autrefois : “ Les pierres du Temple du Seigneur frémiront à mes dernières paroles. ” Attends ce signe, docteur d’Israël, homme juste, puis crois si tu veux obtenir le pardon et le salut. Bienheureux serais-tu dès maintenant si tu pouvais déjà croire ! Mais tu ne le peux. Des siècles de croyance erronée au sujet d’une juste promesse, et un monceau d’orgueil te barrent comme un mur le chemin de la vérité et de la foi.
– Tu dis bien. J’attendrai ce signe. Adieu. Que le Seigneur soit avec toi.
– Adieu, Gamaliel. Que l’Esprit éternel t’éclaire et te conduise. »
Tous saluent Gamaliel qui s’en va avec Nicodème, Jean et Simon (le membre du Sanhédrin). Restent Jésus, Joseph, Lazare, Thomas, Simon le Zélote et Corneille.
« Il ne se rend pas !... Je voudrais que tu le comptes au nombre de tes disciples. Ce serait un poids décisif en ta faveur... mais je n’y parviens pas, dit Joseph.
– Ne t’en afflige pas. Aucune influence ne pourra me sauver de l’orage qui déjà se prépare. Mais Gamaliel, s’il ne se prononce pas en ma faveur, ne se prononcera pas non plus contre le Christ. C’est un homme qui attend... »
Tout prend fin.
Détail
Juste après le départ de Félix, un pharisien invité à un banquet par Joseph d'Arimathie, Jésus demande à Gamaliel s'il souhaite un miracle. Le docteur raconte alors le moment où Jésus était parmi les docteurs.