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EMV 90.4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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90.4 On pousse la porte du dehors.

« Maman, voici mes amis. Entrez. »

Les disciples et les bergers entrent en groupe. Jésus a les mains sur les épaules des deux bergers et les conduit à sa Mère :

« Voici deux fils qui cherchent une mère. Sois leur joie, Femme !

– Je vous salue... Tu es ?... Lévi... et toi ? Je ne sais, mais d’après ton âge, à ce qu’il m’a dit, tu es sûrement Joseph. Ce nom est doux et sacré dans cette maison. Viens, venez. C’est avec joie que je vous dis : ma maison vous accueille et une mère vous embrasse en souvenir de l’amour que vous – et toi par ton père – avez montré à mon bébé. »

C’est pour les bergers un enchantement, une extase.

« Je suis Marie, oui. Tu as vu la Mère heureuse. Je suis toujours la même. Heureuse, maintenant aussi de voir mon Fils parmi des coeurs fidèles.

EMV 90.6 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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90.6 Voilà, Pierre. Voici deux hommes qui m’ont aimé quand je n’avais encore que quelques heures. Plus encore : ils ont déjà souffert pour moi. Ici, c’est un fils qui, à cause de moi, n’a plus ni père ni mère. Mais il a plein de frères en vous tous, n’est-ce pas ?

– Tu le demandes, Maître ? Mais si, par quelque hasard, le Démon t’aimait, je l’aimerais à cause de son amour pour toi. Vous êtes pauvres, vous aussi, je le vois. Alors nous sommes pareils. Venez que je vous embrasse. Je suis pêcheur, mais j’ai le coeur plus tendre qu’un pigeonneau. Et puis sincère. Ne faites pas attention si je suis rude. La rudesse est au-dehors. A l’intérieur, c’est tout miel et beurre. Avec les bons pourtant... car avec les méchants...

– Celui-ci, c’est le nouveau disciple.

– Il me semble l’avoir déjà vu...

– Oui, c’est Judas et, grâce à lui, Jésus fut bien accueilli dans sa ville. Je vous prie de vous aimer, même si vous êtes de régions différentes. Vous êtes tous frères dans le Seigneur.

– C’est en frère que je le traiterai, s’il l’est lui aussi. Et... oui... (Pierre regarde fixement Judas, d’un regard ouvert qui semble donner un avertissement) et... oui... il vaut mieux que je le dise, pour que tu me connaisses bien tout de suite. Je l’avoue : je n’ai guère d’estime pour les Judéens en général, et les habitants de Jérusalem en particulier. Mais je suis honnête, et tu peux te fier à mon honnêteté : je mets de côté toutes les idées que j’ai sur vous et je ne veux voir en toi qu’un disciple fraternel. Maintenant, c’est à toi de ne pas me faire changer d’idée et de conduite.

– Tu as de ces préjugés envers moi aussi, Simon ? demande Simon le Zélote en souriant.

– Oh, je ne t’avais pas vu ! Avec toi ? Ah non ! Pas avec toi. L’honnêteté se lit sur ton visage. La bonté suinte de ton coeur comme une huile odorante à travers un vase poreux. Qui plus est, tu es âgé. Ce n’est pas toujours une qualité. Parfois, plus on vieillit, plus on devient faux et méchant. Mais tu es de ceux qui se comportent comme des vins de qualité. Plus ils vieillissent et plus ils se purifient et se bonifient.

– Tu as bien jugé, Pierre, dit Jésus.

Détail

Jésus présente Lévi et Joseph, deux bergers de Bethléem, à Pierre. Il lui présente aussi Judas (qu'il rencontre pour la première fois) et le premier Pontife fait un commentaire sur l'âme du Zélote.

EMV 90.7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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90.7 Maintenant venez. Pendant que les femmes travaillent pour nous, faisons une halte sous la tonnelle fraîche. Comme il est beau d’être avec ses amis ! Nous irons ensuite, tous ensemble, parcourir la Galilée et même plus loin. Ou plutôt, pas tous. Lévi, maintenant qu’il est satisfait, retournera auprès d’Elie pour lui dire que Marie le salue. N’est-ce pas, Maman ?

– Que je le bénis, tout comme Isaac et les autres. Mon Fils m’a promis de m’emmener avec lui... et je viendrai chez vous, les premiers amis de mon Bébé.

– Maître, je voudrais que Lévi porte à Lazare le document que tu sais.

– Prépare-le, Simon. Aujourd’hui, c’est fête. Demain soir, Lévi partira, à temps pour arriver avant le sabbat. Venez, mes amis... »

Ils sortent dans le jardin tout vert, et tout prend fin.

Détail

Jésus a présenté deux bergers de Bethléem à sa Mère (Lévi et Joseph). Il lui présente également Judas, Jean, Simon le Zélote. Après que Pierre soit rentré, il conclut :

EMV 91.1 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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91.1 Je vois Jésus avec Pierre, André, Jean, Jacques, Philippe, Thomas, Barthélemy, Jude, Simon et Judas ainsi que le berger Joseph, qui sortent de sa maison et vont hors de Nazareth, mais dans le voisinage immédiat, dans un bosquet d’oliviers.

Il dit :

« Venez autour de moi. Pendant ces mois de présence et d’absence, je vous ai soupesés et étudiés. Je vous ai connus et j’ai connu le monde par expérience humaine. Maintenant j’ai décidé de vous envoyer dans le monde. Mais auparavant, je dois vous instruire, pour vous rendre capables d’affronter le monde avec la douceur et la sagacité, le calme et la constance, la conscience et la science de votre mission. Ce temps de soleil brûlant empêche de longues pérégrinations en Palestine, et je veux l’employer à vous instruire et à former en vous des disciples. Comme un musicien, j’ai senti ce qu’il y a en vous de discordant et je viens vous donner le ton pour l’harmonie céleste que vous devez transmettre au monde, en mon nom. Je retiens ce fils (il désigne Joseph) car je lui délègue la charge de porter à ses compagnons mes paroles, pour qu’il se forme là un noyau solide qui m’annonce en faisant connaître, non seulement mon existence, mais aussi les caractéristiques les plus essentielles de mon enseignement. (...) »

EMV 93 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus demeure à Nazareth Il y a eu une tempête la veille. Il va retrouver sa Mère et après l'avoir embrassée tendrement, lui demande si ses plantes ont souffert. Mais Pierre veille et est un véritable jardinier. Il évoque légèrement Porphyrée, mais est vaillant et essaie de ne pas médire sur sa belle-mère. Jésus lui confirme en tout cas qu'il viendra à Capharnaüm et il est ravi. Arrivent les autres disciples. Sont donc présent Simon de Jonas, Jean, Judas, Simon le Zélote, Thomas, André, Jacques, Philippe et le berger Joseph. Jude Thaddée est là ce qui n'était pas le cas le chapitre précédent. Le Christ parle en tout cas de la formation apostolique, et fait pour cela des comparaisons avec la nature (l'orage, les terres gelées en hiver). Puis, il s'arrête sur la souffrance de Jude, qui souffre de voir le comportement d'Alphée à l'approche de la mort. Il parle ainsi du martyre de la famille, du fait qu'il faut toujours savoir répondre à l'appel de Dieu et privilégier le Seigneur avant le sang. Le Maître donne bien sûr une grande importance à l'amour filial, mais la famille ne doit pas être un frein dans notre montée vers Dieu.

EMV 93.2-3 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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– Il a déjà rattaché tous les sarments qui s’étaient défaits, note Marie. Il a étayé le poirier trop chargé et passé des cordages sous le grenadier qui ne s’est développé que d’un côté.

– Oui ! Il ressemble à un vieux pharisien : il penche du côté qui lui plaît. Je l’ai arrangé comme une voile et je lui ai dit : “ Ne sais-tu pas que c’est le juste milieu qui est approprié ? Viens par-là, tête dure, pour ne pas rompre sous le poids. ” je m’occupe maintenant du figuier, mais c’est par égoïsme : je pense à l’appétit de tout le monde pour les figues fraîches et le pain chaud ! Ah ! Hérode Antipas en personne n’a pas un si bon repas ! Mais il faut y aller doucement, car le figuier a des branches tendres comme le coeur d’une fillette quand elle fait son premier aveu d’amour, or moi je suis lourd, et les meilleures figues sont tout en haut. Elles sont déjà toutes ressuyées sous ce premier rayon de soleil. Elles doivent être délicieuses.

93.3 Hé ! Mon garçon ! Ne te contente pas de me regarder. Réveille-toi ! Passe-moi ce panier. »

Jean, qui sort de l’atelier, obéit et grimpe lui aussi sur le gros figuier. Quand les deux pêcheurs en redescendent, Simon le Zélote, Joseph et Judas sont eux aussi sortis de l’atelier. Je ne vois pas les autres.

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Pierre travaille dans le jardin de Marie. Celle-ci dit à son Fils :

EMV 93.5-8 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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93.5 L’un de vous, aujourd’hui, est triste parce que son père voit venir la mort, qui plus est le coeur fermé à la Vérité et à son fils qui la suit. Plus que fermé, d’ailleurs : hostile. Encore ne lui a-t-il pas dit l’injuste : “ Va-t’en ” dont je parlais hier, en se proclamant lui-même supérieur à Dieu. Mais son coeur serré et ses lèvres closes ne sont pas même capables de dire encore : “ Suis la voix qui t’appelle. ” Je ne prétendrais pas, moi qui vous parle, et son fils pas davantage, voir s’ouvrir ces lèvres pour dire : “ Viens, et qu’avec toi vienne le Maître. Et que Dieu soit béni pour s’être choisi un serviteur de ma maison, en créant ainsi une parenté plus élevée que celle du sang avec le Verbe du Seigneur. ” Mais, moi pour son bien, et son fils pour des raisons encore plus complexes, nous souhaiterions au moins entendre de lui des paroles qui ne soient plus hostiles.

Mais, qu’il ne pleure pas, ce fils. Qu’il sache qu’il n’y a en moi ni rancoeur ni mépris à l’égard de son père, mais seulement de la pitié. Je suis venu et j’ai attendu, tout en sachant l’inutilité de cette attente, pour qu’un jour son fils ne me dise pas : “ Ah, pourquoi n’es-tu pas venu ? ” Je suis venu le persuader que tout est inutile quand le coeur se ferme avec animosité. Je suis venu aussi réconforter la bonne personne qui souffre de cette scission dans la famille, comme sous l’effet d’un couteau qui sépare des faisceaux de fibres... Mais que ce fils, aussi bien que cette bonne mère soient persuadés que, moi, je ne réponds pas au ressentiment par le ressentiment.

93.6 Je respecte l’honnêteté d’un croyant âgé, qui est fidèle malgré la déviation de sa foi, au point où en est restée sa religion jusqu’à aujourd’hui.

Il y en a tant comme lui en Israël... C’est pour cela que je vous dis : je serai mieux reçu par les païens que par les fils d’Abraham. L’humanité a corrompu l’idée du Sauveur et en a abaissé la royauté surnaturelle à une pauvre idée de souveraineté humaine. Il me faut fendre la dure écorce du judaïsme, pénétrer, blesser pour arriver au fond, et porter, là où est l’âme du judaïsme, la fécondation de la Loi nouvelle.

Ah ! Il est bien vrai qu’Israël, qui a poussé autour du noyau vital de la Loi du Sinaï, est devenu semblable à un fruit monstrueux dont la pulpe à couches toujours plus fibreuses et plus dures, protégées à l’extérieur par une carapace résistante à toute pénétration, empêche même la sortie du germe. Et pourtant l’Eternel juge le moment venu de créer le nouvel arbre de la foi au Dieu un et trine. Moi, pour permettre à la volonté de Dieu de s’accomplir et au judaïsme de devenir le christianisme, je dois entailler, percer, pénétrer, aller jusqu’au noyau et le réchauffer de mon amour pour qu’il se réveille et se gonfle, germe, croisse continuellement et devienne l’arbre puissant du christianisme, cette religion parfaite, éternelle, divine. Et en vérité, je vous dis que le judaïsme ne se laissera percer que dans la proportion de un pour cent.

Voilà pourquoi je ne considère pas comme réprouvé cet israélite qui ne veut pas de moi et qui ne voudrait pas me donner son fils. Aussi, je dis au fils : ne pleure pas pour la chair et le sang qui souffrent de se voir repoussés par la chair et le sang qui les ont engendrés. Je lui dis encore : ne pleure pas non plus pour l’esprit. Ta souffrance oeuvre plus que tout au profit de l’âme du tien et du sien, de ce père qui est le tien et ne comprend ni ne voit. 93.7J’ajoute même : ne te fais pas de scrupule d’appartenir plus à Dieu qu’à ton père.

Et à tous je vous dis : Dieu est plus que votre père, que votre mère, que vos frères. Je ne suis pas venu pour unir la chair et le sang à la manière terrestre, mais d’une manière spirituelle et céleste. Aussi me faut-il séparer ce qui est chair et sang pour prendre avec moi les âmes capables, dès cette terre, de s’élever à la hauteur du Ciel pour en faire les serviteurs du Ciel. Je suis donc venu appeler les “ forts ” et les rendre encore plus forts, car ce sont eux qui composent l’armée des doux. Doux pour les frères, forts à égard de leur moi et du moi de leur sang familial.

Ne pleure pas, mon cousin. Ta souffrance, je te l’assure, oeuvre auprès de Dieu au profit de ton père et de tes frères plus que n’importe quelle parole, non seulement de toi, mais même de moi. La parole ne rentre pas là où le préjugé fait barrière, crois-le bien. Mais la grâce entre. Et le sacrifice, c’est l’aimant qui attire la grâce.

En vérité, je vous dis que lorsque j’appelle quelqu’un au service de Dieu, il n’y a pas d’obéissance plus élevée que de répondre à cet appel. Et il faut le faire sans même s’arrêter à calculer à quel point et de quelle façon les autres réagiront à notre fidélité à l’appel de Dieu. Il ne faut pas même s’arrêter pour ensevelir son père. Vous serez récompensés pour cet héroïsme. D’ailleurs, cette récompense ne sera pas pour vous seuls, mais aussi pour ceux dont vous vous séparez avec un cri qui vient du coeur, pour ceux dont la parole vous frappe souvent plus durement qu’une gifle parce qu’ils vous accusent d’être des fils ingrats et vous maudissent, dans leur égoïsme, comme si vous étiez des rebelles. Non : vous êtes loin d’être des rebelles... vous êtes des saints. Les premiers ennemis des personnes appelées sont les membres même de leur famille. Mais entre amour et amour, il faut savoir distinguer, et aimer surnaturellement. C’est dire qu’il faut aimer davantage le Maître du surnaturel que les serviteurs de ce Maître. Il convient d’aimer ses parents en Dieu et non pas plus que Dieu. »

93.8 Jésus se tait et se lève pour aller auprès de son cousin qui, baissant la tête, a du mal à retenir ses larmes. Il lui fait une caresse.

« Jude... Moi, j’ai quitté ma Mère pour suivre ma mission. Que cela t’enlève toute hésitation sur l’honnêteté de ta conduite. Si cela n’avait pas été un acte bon, aurais-je pu le faire à l’égard de ma Mère qui, après tout, n’a que moi ? »

Jude passe sur son visage la main de Jésus et acquiesce d’un signe de tête. Mais il n’arrive pas à parler.

« Allons-y nous deux, tout seuls, comme lorsque nous étions enfants, quand Alphée me considérait comme le jeune garçon le plus sensé de Nazareth. Allons porter à ce vieil homme ces belles grappes de raisin doré. Qu’il ne croie pas que je le délaisse et que je lui suis hostile. A ta mère aussi, comme à Jacques, cela fera plaisir. Je lui dirai que demain je serai à Capharnaüm et que son fils est tout à lui. Tu sais, les vieillards sont comme des enfants : ils sont jaloux. Ils s’imaginent toujours qu’on les néglige. Il faut les comprendre... »

Jésus a disparu, laissant dans le jardin les disciples rendus muets par la révélation d’une souffrance et d’une incompréhension entre un père et un fils, à cause de Jésus. Marie a accompagné Jésus jusqu’à la porte, puis elle rentre avec un soupir peiné.

Tout s’achève.

Détail

Concernant le "Va t'en" mentionné par le Christ, il s'agit d'une leçon donnée en 92.2.

EMV 95 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jacques d'Alphée rejoint Jésus à Capharnaüm, avec son frère Jude. Il explique que toute la famille est contre eux, et quand il a appris qu'il fallait placer Dieu au-dessus de son père, il a pris cette décision d'aller retrouver le Saint de Dieu. Les cousins croient en effet depuis le début qu'il est le Messie. Jésus l'accueille. Il souffre de ce rejet d'Alphée, mais spirituellement, en tant que Verbe de Dieu, il jubile de cette décision.

Voilà qu'ils doivent donner l'impôt à Matthieu. Pierre parle mal sur son compte et c'est Jésus qui se présente au futur disciple. Ils ont un bref échange. Après quoi le Christ fait un discours où il parle de l'argent et du repentir.

Une fois qu'il a terminé, on lui dit que Marie d'Alphée est présente. Celle-ci est dévastée pour son Alphée qui rejette Dieu. Elle lui demande un miracle, mais le Seigneur ne le puit, car il n'est pas bon de le faire. Mais il promet le salut éternel pour son Alphée, et il donne des mots d'encouragement à sa tante.

EMV 95.1-2 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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95.1 C’est un matin de marché à Capharnaüm. La place est pleine de marchands d’objets les plus disparates.

Jésus, qui arrive du lac, voit venir à lui ses cousins Jude et Jacques. Il se hâte à leur rencontre et, après les avoir embrassés affectueusement, leur demande avec empressement :

« Votre père ? Qu’en est-il ?

– En ce qui concerne sa vie, rien de nouveau, répond Jude.

– Alors, pourquoi es-tu venu ? Je t’avais dit de rester. »

Jude baisse la tête et se tait, mais c’est Jacques qui explose :

« C’est ma faute s’il ne t’a pas obéi. Oui, c’est ma faute. Mais je n’ai pu continuer à supporter cela. Ils sont tous contre nous. Et pourquoi ? Est-ce que j’agis mal en t’aimant ? Est-ce que nous faisons mal ? Jusqu’à présent j’étais retenu par le scrupule de mal agir. Mais maintenant que je sais, maintenant que tu m’as dit qu’il faut placer Dieu même au-dessus de son père, je n’ai pas pu le supporter plus longtemps. Oh ! J’ai essayé d’être respectueux, de faire entendre raison, de redresser les idées. J’ai dit : “ Pourquoi me combattez-vous ? S’il est bien le prophète, le Messie, pourquoi voulez-vous que le monde puisse dire : ‘ Sa famille lui était hostile. Au milieu d’un monde qui le suivait, elle s’y opposait ’ ? Et pourquoi, si c’est le malheureux que vous prétendez, ne devons-nous pas, nous qui sommes de la famille, l’assister dans sa démence pour empêcher qu’elle ne lui porte tort, à lui comme à nous ? ” Oh ! Jésus, je parlais comme ça pour raisonner humainement, selon leur manière de voir. Mais tu sais bien que Jude et moi, nous ne te croyons pas fou. Tu sais bien que nous voyons en toi le Saint de Dieu. Tu sais que toujours nous t’avons regardé comme notre grande Etoile. Mais ils n’ont pas voulu nous comprendre, ni même nous écouter. Alors je suis parti. Mis en demeure de choisir entre toi, Jésus, ou ma famille, c’est toi que j’ai choisi. Me voilà, si du moins tu veux de moi. Mais si tu ne veux pas, alors je serais le plus malheureux des hommes, parce que je n’aurais plus rien : ni ton amitié ni l’amour de ma famille.

– Nous en sommes là ? Oh ! Mon Jacques, mon pauvre Jacques ! Je n’aurais pas voulu te voir souffrir ainsi, car je t’aime. Mais si Jésus comme homme pleure avec toi, Jésus le Verbe jubile pour toi. Viens ! Je suis certain que ta joie d’apporter Dieu aux hommes augmentera d’heure en heure jusqu’à atteindre la pleine extase à la dernière heure de la terre et à l’heure éternelle du Ciel. »

95.2 Jésus se retourne et hèle ses disciples qui s’étaient arrêtés par délicatesse quelques mètres plus loin.

« Venez, mes amis. Mon cousin Jacques fait maintenant partie de mes amis et par conséquent il est aussi le vôtre. Ah ! Comme j’ai désiré ce moment, ce jour pour lui, mon parfait ami d’enfance, celui qui fut mon frère pendant notre jeunesse ! »

Les disciples font fête au nouveau venu et à Jude qu’ils n’avaient plus vu depuis quelques jours.

EMV 95.5-6 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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95.5 Quand ils arrivent près de la maison de Pierre, sa femme accourt pour dire quelque chose à son mari. Pierre fait signe à Jésus de venir.

« C’est la mère de Jude et de Jacques. Elle veut te parler, mais sans être vue. Comment faire ?

– De cette manière : j’entre dans la maison comme pour me reposer et vous allez tous distribuer l’obole aux pauvres. Prends aussi l’argent de la taxe dont il n’a pas voulu. Va. »

Jésus fait un signe pour les congédier tous, pendant que Pierre se charge de les persuader de l’accompagner.

« Où est leur mère, femme ? demande Jésus à l’épouse de Pierre.

– Sur la terrasse, Maître. Il y a encore de l’ombre et de la fraîcheur. Montes-y. Tu y seras plus libre que dans la maison. »

Jésus gravit le petit escalier. Dans un coin, sous la tonnelle drue que forme la vigne, Marie, femme d’Alphée, est assise sur un petit coffre près du parapet, en vêtements sombres, le visage presque caché par son voile. Elle pleure doucement, sans bruit.

Jésus l’appelle :

« Marie, ma chère tante ! »

Elle lève vers lui un pauvre visage angoissé et lui tend les mains :

« Jésus ! Quelle douleur dans mon coeur ! »

Jésus est tout près. Il la force à rester assise, mais lui-même reste debout, avec son manteau dont il est encore drapé, une main sur l’épaule de sa tante et l’autre entre ses mains.

« Qu’as-tu ? Pourquoi ces larmes ?

– Oh Jésus ! Je me suis échappée de la maison en prétextant : “ Je vais à Cana chercher des oeufs et du vin pour le malade. ” Ta Mère est auprès d’Alphée, elle en prend soin comme elle sait si bien le faire, et je suis tranquille. Mais en réalité, c’est ici que je suis venue. J’ai couru toutes les nuits pour y arriver plus tôt. Je n’en peux plus... Mais la fatigue, ce n’est rien. C’est la douleur de mon coeur qui me fait mal !... Mon Alphée... mon Alphée... mes fils... Ah, pourquoi une telle différence entre eux alors qu’ils sont issus d’un même sang ? On dirait les deux meules d’un moulin qui broient le coeur d’une mère. Jude et Jacques sont avec toi ? Oui ? Alors, tu sais... Ah ! Jésus, pourquoi mon Alphée ne comprend-il pas ? Pourquoi mourir ? Pourquoi veut-il mourir ainsi ? Et Simon et Joseph ? Pourquoi, pourquoi ne sont-ils pas avec toi, mais contre toi ?

– Ne pleure pas, Marie. Moi, je n’ai aucune rancoeur à leur égard. Je l’ai dit aussi à Jude. Je comprends et je compatis. Si c’est pour cela que tu pleures, il ne faut plus pleurer.

– C’est pour ça, oui, car ils t’offensent. C’est aussi parce que... parce que je ne veux pas que mon époux meure en t’étant hostile. Dieu ne lui pardonnera pas... et moi... je ne l’aurai plus, même dans l’autre vie... »

Marie est vraiment effondrée. Elle pleure à chaudes larmes sur la main que Jésus lui a abandonnée, et de temps à autre elle la baise et lève vers lui son pauvre visage défait.

« Non, dit Jésus. Non, ne dis pas cela. Moi, je pardonne, et si c’est moi qui le fais...

95.6 – Oh ! Viens, Jésus. Viens sauver son corps et son âme. Viens... Pour trouver d’autres motifs d’accusation, ils disent même que tu as enlevé deux fils à un père qui va mourir et ils le colportent dans Nazareth. Comprends-tu ? Ils disent aussi : “ Il fait partout des miracles, mais, dans sa propre maison, il ne sait pas en accomplir ! ” Moi, je te défends en disant : “ Que peut-il faire, puisque vous l’avez chassé par vos reproches, et puisque vous ne croyez pas ? ” Alors ils s’en prennent à moi.

– Tu as raison de dire : “ puisque vous ne croyez pas ”. Comment puis-je en faire là où l'on ne croit pas ?

– Oh, tu peux tout ! Je crois pour tous ! Viens. Fais un miracle... pour ta pauvre tante...

– Je ne le puis. »

Jésus est profondément attristé de le dire. Debout, serrant contre sa poitrine la tête de Marie en larmes, il semble avouer son impuissance à la nature sereine, il semble en faire le témoin de sa peine d’en être empêché par un décret éternel.

La femme pleure plus fort.

« Ecoute, Marie. Sois raisonnable. Je te jure que, si je le pouvais, s’il était bien de le faire, je le ferais. J’arracherais au Père cette grâce pour toi, pour ma Mère, pour Jude et Jacques et aussi, oui, aussi pour Alphée, Joseph et Simon. Mais cela m’est impossible. Actuellement, tu souffres trop et tu ne peux comprendre la justice de mon impuissance. Je t’en parle, mais tu ne la comprendras tout de même pas. Quand vint l’heure du départ de mon père – et tu sais combien il était juste et combien ma Mère l’aimait – je n’ai pas prolongé sa vie. Il n’est pas de règle que la famille où vit un saint soit préservée des inévitables malheurs de la vie. S’il en était ainsi, je devrais rester éternellement sur la terre, et pourtant je mourrai, bientôt, et Marie, ma sainte Mère, ne pourra m’arracher à la mort. Je ne le puis. Mais voilà ce qui m’est possible – et je vais le faire. »

Jésus s’est assis et serre contre son épaule la tête de sa parente.

« Je vais faire ceci : en raison de ta souffrance, je te promets la paix pour ton Alphée, je t’assure que tu n’en seras pas séparée. Je te donne ma parole que notre famille sera réunie au Ciel, rassemblée pour toujours. Tant que je vivrai, et même après, je déverserai toujours dans le coeur de ma chère tante tant de paix, tant de force que je ferai d’elle un apôtre auprès de bien des pauvres femmes qu’il te sera plus facile d’approcher, toi qui es femme. Tu seras pour moi une amie bien-aimée en ce temps d’évangélisation. La mort – ne pleure pas ! – la mort d’Alphée te délivre de tes devoirs d’épouse et t’élève aux devoirs plus sublimes d’un mystique sacerdoce féminin, si nécessaire près de l’autel de la grande Victime et aux yeux de bien des païens dont l’âme sera plus touchée par le saint héroïsme des femmes disciples que par celui des hommes. Ton nom, ma chère tante, sera comme une flamme dans le ciel chrétien... Ne pleure plus. Va en paix. Sois forte, résignée, sainte ! Ma Mère... a été veuve avant toi... Elle te réconfortera comme elle sait le faire. Viens ! Je ne veux pas que tu repartes seule sous ce soleil ; Pierre t’accompagnera en barque jusqu’au Jourdain et de là à Nazareth avec un âne. Sois bonne.

– Bénis-moi, Jésus. Toi, donne-moi la force.

– Oui, je te bénis et te donne un baiser, ma chère tante. »

Il l’embrasse tendrement, et l’étreint encore longuement sur son coeur jusqu’à ce qu’il la voie calmée.