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Notes du thème

Réprouvés et esclaves accueillis par Jésus

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EMV 136.2-3 · Tome 2, p. 417-419

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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136.2 Simon le Zélote le rejoint :

« Maître, Lazare te prie de venir. Tout est prêt.

– Allons. Et qu’ainsi tombe aussi le dernier doute qu’ils me seraient moins chers à cause de Marie.

– Quel chagrin, Maître ! Seul quelque secret miracle de toi a pu guérir cette douleur. Mais ne sais-tu pas que Lazare a été près de fuir lorsque, à leur retour, elle est sortie de la maison en disant qu’elle abandonnait les tombeaux pour la joie... et d’autres insolences ? Marthe et moi l’avons conjuré de n’en rien faire, aussi parce que... on ne connaît jamais la réaction d’un coeur. S’il l’avait trouvée, je crois qu’il l’aurait punie une fois pour toutes. Ils auraient voulu au moins le silence de sa part à ton sujet...

– Et un miracle immédiat de ma part pour elle. J’aurais pu le faire, mais je ne veux pas de résurrection forcée dans les coeurs. Je forcerai la mort, et elle me rendra sa proie, car je suis le Maître de la mort et de la vie. Mais quand il s’agit des âmes, ce n’est pas une matière inanimée et sans vie, mais ce sont des essences immortelles capables de se redresser par leur propre volonté, si bien que je ne force pas leur résurrection. J’adresse le premier appel et je fournis la première aide, comme quelqu’un qui ouvrirait un tombeau où l’on aurait enfermé une personne encore vivante. Elle y mourrait à la longue si elle restait dans ces ténèbres asphyxiantes, mais j’y laisse entrer l’air et la lumière... et puis j’attends. Si l’âme a la volonté d’en sortir, elle sort. Si elle ne le veut pas, elle s’enténèbre encore plus et s’ensevelit. Mais si elle sort !... Ah ! Si elle sort, en vérité je te dis que personne ne sera plus grand que cette âme ressuscitée ! Seule l’innocence absolue est plus grande que ce mort qui redevient vivant par la force de son propre amour et pour la joie de Dieu... Ce sont là mes plus grands triomphes !

Regarde le ciel, Simon. Tu y vois des étoiles plus ou moins grandes, et des planètes de différentes tailles. Toutes possèdent vie et splendeur grâce à Dieu qui les a faites, mais toutes n’ont pas la même splendeur et la même taille. Dans mon Ciel, également, il en sera ainsi. Tous les rachetés posséderont par moi la vie, et par ma lumière la splendeur. Mais tous n’auront pas une égale splendeur, une égale grandeur. Certains ne seront qu’une simple poussière d’astres, comme celle qui compose la voie lactée. Ceux-là seront les innombrables qui, du Christ, auront eu ou plutôt auront aspiré le minimum indispensable pour n’être pas damnés, et qui parviendront au Ciel uniquement grâce à l’infinie miséricorde de Dieu, après un long purgatoire. D’autres seront plus brillants et plus formés : ce seront les justes qui auront uni leur volonté – note bien, leur volonté, pas leur bonne volonté – à la volonté du Christ et auront obéi à mes paroles pour ne pas être damnés. Puis il y aura les planètes, les volontés bonnes, oh ! D’une splendeur inouïe ! Leur éclat sera celui du diamant pur ou celui des gemmes de diverses couleurs : le rouge du rubis, le violet de l’améthyste, le blond de la topaze, la blancheur éclatante des perles : ceux qui auront fait preuve d’amour jusqu’à en mourir, ceux qui auront embrassé la pénitence par amour, ceux qui auront agi par amour, ceux qui par amour seront restés sans tache.

De plus, parmi ceux que représentent ces planètes – et ce seront mes gloires de Rédempteur –, certains auront en eux la lumière du rubis, de l’améthyste, de la topaze et de la perle parce que tout en eux sera amour. Ils se seront montrés héroïques pour arriver à se faire pardonner de n’avoir pas su aimer plus tôt, pénitents pour s’imprégner d’expiation, de même qu’Esther, avant de se présenter à Assuérus, s’imprégna de parfums, infatigables pour faire en peu de temps – le peu de temps qui leur reste – ce qu’ils n’ont pas fait au cours des années qu’ils ont perdues dans le péché, purs jusqu’à l’héroïsme pour oublier jusque dans leurs entrailles – pas seulement en leur âme et pensée – que leurs sens existent. Ce seront eux qui attireront par leur splendeur multiforme les yeux des croyants, des purs, des pénitents, des martyrs, des héros, des ascètes, des pécheurs et pour chacune de ces catégories, leur splendeur sera parole, réponse, invitation, assurance…

136.3 Mais allons-y. Nous parlons et, là-bas, on nous attend…

– C’est que, lorsque tu parles, on oublie d’être des vivants. Puis-je dire tout cela à Lazare ? Il me semble qu’il y a là une promesse…

– Tu dois le lui dire. La parole de l’ami peut se poser sur leur bles­sure et ils ne rougiront pas d’avoir rougi devant moi…

Détail

Lazare aurait voulu un miracle immédiat pour Marie, mais Jésus ne force pas la résurrection des cours.

EMV 136.3.4 · Tome 2, p. 419 et p. 420-421

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Nous t’avons fait attendre, Marthe. Mais je parlais à Simon des étoiles et nous avons oublié toutes ces lumières. Vraiment ta maison est un firmament, ce soir...

– C’est non seulement pour nous et les serviteurs que nous avons fait de telles illuminations, mais aussi pour toi et pour tes amis, nos hôtes. Merci d’être venu pour la dernière soirée. C’est maintenant la vraie fête, de la Purification, justement... »

Marthe voudrait en dire plus, mais elle sent les larmes qui lui montent aux yeux, et elle se tait.

« Paix à vous tous » dit Jésus, en entrant dans l’atrium où brillent des dizaines de lampes d’argent toutes allumées et disposées un peu partout.

Lazare s’avance, souriant :

« Paix et bénédiction à toi, Maître, et nombreuses années de sainte félicité. »

Ils s’embrassent.

(...) 136.4 Tout le monde entre dans la salle du banquet. Ici, la plupart des lampes sont en or. Le métal est avivé par la lueur de la lumière et la lumière semble plus brillante, réfléchie par tant d’or. La table a été disposée en U pour faire place à tant de convives et pour faciliter le travail des trancheurs et des serveurs. En plus de Lazare, il y a les apôtres, les bergers et Maximin, le vieux serviteur de Simon.

Marthe surveille la répartition des places et voudrait rester debout. Mais Jésus s’y oppose :

« Aujourd’hui, tu n’es pas l’hôtesse : tu es la soeur, et tu prends place avec moi comme si nous étions du même sang. Nous sommes une famille. Les règles tombent pour laisser la place à l’amour. Ici, à côté de moi, et près de toi Jean. Moi avec Lazare. Mais donnez-moi une lampe. Qu’entre Marthe et moi, une lumière veille... une flamme, pour celles qui sont absentes, mais présentes à notre esprit. Pour celles que nous aimons, que nous attendons, pour les femmes qui nous sont chères mais loin d’ici. Pour toutes. La flamme a des paroles lumineuses, l’amour a des mots enflammés, et elles vont loin, ces paroles, sur les ondes immatérielles des âmes qui se retrouvent toujours, au-delà des monts et des mers, et apportent baisers et bénédictions... Elles apportent tout. N’est-ce pas vrai ? »

Marthe pose la lampe là où Jésus le veut, à une place qui reste vide... et Marthe, comprenant son intention, se penche pour embrasser la main de Jésus qui la pose sur sa tête brune, la bénissant et la réconfortant.

Détail

Marthe souffre de l'absence de Marie-Madeleine (qui est partie, en prétendant quitter les "tombeaux" pour aller retrouver ses "joies"). Voir 136.2

EMV 136.5-6 · Tome 2, p. 421-422

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Pierre s'exclame : « Ah ! écoutez, mes amis. Nous ne savons pas grand-chose et nous sommes mal renseignés. Nous avons entendu parler d’anges, de crèche, de troupeaux, de Bethléem... Et nous savons qu’il est galiléen et charpentier... Il n’est pas juste que nous ne soyons pas au courant, nous ! J’ai questionné le Maître à la Belle Eau... mais ensuite on a parlé d’autre chose. Celui-ci, qui sait, ne m’a rien dit... Oui, c’est à toi que je parle, Jean, fils de Zébédée. Tu as un beau respect pour moi qui suis âgé ! Tu gardes tout pour toi et tu me laisses grandir comme un disciple borné. Ne le suis-je pas déjà trop ? »

On rit de l’indignation de Pierre, mais lui se tourne vers son Maître :

« Ils rient, mais c’est moi qui ai raison » et puis, s’adressant à Barthélemy, Philippe, Matthieu, Thomas, Jacques et André :

« Allons, dites-le, vous aussi. Protestez avec moi ! Pourquoi ne savons-nous rien, nous ?

– Vraiment... Où étiez-vous à la mort de Jonas ? Et où étiez-vous sur le mont Liban ?

– Tu as raison, mais pour Jonas, moi, du moins, j’ai cru que c’était un délire de mourant, et sur le mont Liban... j’étais fatigué et endormi. Pardonne-moi, Maître, mais c’est la vérité.

– Et ce sera vrai de tant de monde ! Le monde de ceux qui, bien qu’ayant été évangélisés, répondront souvent au Juge éternel, pour excuser leur ignorance malgré l’enseignement de mes apôtres, ce que tu viens de dire : “ Je croyais que c’était du délire... J’étais fatigué et endormi. ” Et souvent ils n’admettront pas la vérité car ils la prendront pour du délire ou ne s’en souviendront pas en raison d’une fatigue due à trop de choses inutiles, passagères, coupables même. Or, une seule chose est nécessaire : connaître Dieu.

– Eh bien ! Maintenant que tu nous as dit ce que nous méritons, raconte-nous les choses telles qu’elles se sont passées... A ton Pierre ! Ensuite, je le dirai aux gens. Sinon... je te l’ai dit : de quoi puis-je leur parler ? Le passé, je l’ignore, les prophéties et le Livre, je ne sais pas les expliquer, l’avenir... ah ! Pauvre de moi ! Qu’est-ce que je vais annoncer, alors ?

– Oui, Maître. Que, nous aussi, nous sachions... Nous savons que tu es le Messie et nous le croyons. Mais, au moins, pour mon compte, j’ai eu du mal à admettre que de Nazareth il pouvait sortir quelque chose de bon... Pourquoi ne nous as-tu pas fait connaître tout de suite ton passé ? dit Barthélemy.

– Pour éprouver ta foi et la luminosité de ton âme.

136.6 Mais maintenant je vais vous parler, bien plus : nous allons vous parler de mon passé. Je raconterai même ce que les bergers ne savent pas, et eux diront ce qu’ils ont vu. Ainsi vous connaîtrez l’aube du Christ.

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Pierre demande à connaître tout l'Évangile de l'Enfance, alors qu'il est à Béthanie, chez Lazare, en compagnie des Bergers, de Jésus et des apôtres. L'ignorance des pécheurs

EMV 136.11 · Tome 2, p. 428-429

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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136.11 – Je veux me rappeler tout cela, mais le pourrai-je ? dit Pierre.

– Sois tranquille, Simon. Demain, je me le fais répéter par les bergers, tranquillement... Dans le verger. Une, deux, trois fois s’il le faut. J’ai une bonne mémoire. Je l’ai développée à mon comptoir et j’en garderai le souvenir pour tout le monde. Quand tu voudras, je pourrai te répéter tout. Je ne tenais pas de comptes à Capharnaüm, et pourtant..., dit Matthieu.

– Oh ! Non, tu ne te trompais pas d’un didrachme !... Je m’en souviens... Parfaitement ! Je te pardonne le passé, et de tout coeur, si tu te rappelles ce récit... et si tu me le répètes souvent. Je veux qu’il m’entre dans le coeur comme dans celui des bergers... comme en Jonas... Oh ! Mourir en prononçant son nom !... »

Jésus regarde Pierre et sourit. Puis il se lève et embrasse sa tête grisonnante.

« Pourquoi, Maître, me donnes-tu ce baiser ?

– Parce que tu as été prophète. Tu mourras en prononçant mon nom. J’ai embrassé l’Esprit qui parlait en toi. »

Détail

Jésus et les bergers viennent de raconter tout l'Évangile de l'Enfance.

EMV 137 · Tome 2, p. 429-436

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus revient à la Belle-Eau. Il envoie Judas faire des achats les plus urgents. André parle avec le Maître, pour lui confier sa souffrance : la femme voilée, Aglaé, n'est plus là, parce que les pharisiens s'en sont pris à elle. Il redoute qu'elle n'arrive pas au salut, mais le Christ lui assure qu'elle n'est pas morte et qu'elle sera sauvée. Le Seigneur lui demande s'il veut savoir comment cela se fera et André ne désire rien savoir : il se satisfait juste des paroles et de la promesse du Christ. Son Maître est alors heureux et dit que c'est le privilège du véritable apôtre, qui ne doit pas chercher à connaître comment il sauve les âmes. Jésus donne ainsi une leçon sur les prêtres. Puis, Jésus s'enquiert d'Aglaé, André explique donc ce qu'il s'est passé. Les pharisiens s'en sont pris à elle en leur absence et elle a fui. Judas revient sur ces entrefaites et révèle qu'il y a un piège des pharisiens . Il a interrompu un scribe qui insultait Jésus, puis s'est souvenu que la violence n'était pas bonne et l'a relâché. Pierre est très content de son attitude et l'aurait bien aidé, mais l'attitude vengeresse des Douze ne plaît pas au Maître qui les reprend. Il leur annonce qu'il va confronter les pharisiens, ce qui a effectivement lieu. Il leur demande de ne pas lutter contre lui, Verbe de Dieu, mais le groupe préfère les maudire et lui ordonne de quitter les lieux. Jésus s'en ira donc demain, après avoir salué les bons qui sont ici.

EMV 137.1.3 · Tome 2, p. 429-432

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus parle avec Judas, à qui il confie la charge d’aller au village faire les achats les plus urgents.

Quand il reste seul, André le rejoint. Timide comme toujours, il dit doucement :

« Peux-tu m’écouter, Maître ?

– Oui, viens avec moi, marchons »

Et il allonge le pas, suivi de l’apôtre, pour s’éloigner de quelques mètres des autres.

« La femme n’est plus là, Maître ! » dit André, sur un ton peiné.

Et il explique :

« On l’a poursuivie et elle s’est enfuie. Elle était blessée et saignait. Le régisseur l’a vue. Je suis parti en avant, en disant que j’allais voir s’il n’y avait pas quelque piège, mais c’est parce que je voulais aller la chercher sur-le-champ. J’espérais tant l’amener à la lumière ! J’ai tellement prié ces jours-ci à cette intention !... Maintenant elle fuit ! Elle va se perdre. Si je savais où la trouver, je la rejoindrais... Je ne dirais pas cela aux autres, mais à toi oui, parce que tu me comprends. Tu sais qu’il n’y a aucune sensualité dans cette recherche, mais seulement le désir – d’ailleurs si grand que c’en est un vrai tourment – d’amener au salut une soeur...

– Je le sais, André, et je te dis : malgré tout ce qui s’est passé, ton désir se réalisera. Une prière faite dans cette intention n’est jamais perdue, Dieu s’en sert et elle sera sauvée.

– Tu l’assures ? Ah ! Ma douleur se fait plus douce !

137.2 – Ne voudrais-tu pas savoir ce qu’elle va devenir ? est-ce qu’il ne t’importe même pas de ne pas être celui qui me l’amènera ? Ne te demandes-tu pas comment elle va faire ? »

Jésus sourit doucement, avec un éclair de lumière dans ses yeux bleus posés sur l’apôtre qui marche à ses côtés. Il a un de ces sourires et de ces regards qui sont un des secrets de Jésus pour conquérir les coeurs.

André le regarde de ses doux yeux bruns et répond :

« Il me suffit de savoir qu’elle vient à toi. D’ailleurs, moi ou un autre, qu’est-ce que cela peut bien faire ? Et comment elle le fera ? Tu le sais et il n’est pas nécessaire que je le sache. Ce que tu m’assures me suffit pleinement et j’en suis heureux. »

Jésus lui passe le bras derrière les épaules et l’attire à lui en une étreinte affectueuse qui met en extase le bon André. Et il lui parle en le tenant ainsi :

« C’est le privilège du véritable apôtre. Tu vois, mon ami, ta vie et celle des futurs apôtres ressemblera toujours à cela. Parfois vous saurez que vous êtes des “ sauveurs ”. Mais, le plus souvent, vous sauverez sans le savoir les personnes que vous voudriez le plus sauver. Ce n’est qu’au Ciel que vous verrez venir à votre rencontre, ou monter au Royaume éternel, ceux que vous aurez sauvés. Et votre joie de bienheureux augmentera pour chaque personne sauvée. Parfois, vous le saurez dès cette terre. Ce sont les joies que je vous donne pour vous infuser une vigueur encore plus grande pour de nouvelles conquêtes. Mais bienheureux le prêtre qui n’aura pas besoin d’être ainsi aiguillonné pour accomplir son devoir ! Bienheureux celui qui ne se désole pas parce qu’il ne voit pas de triomphes, et qui ne dit pas : “ Je ne fais plus rien parce que je n’ai aucune satisfaction. ” La satisfaction de l’apôtre, considérée comme l’unique encouragement au travail, dénote une absence de formation apostolique, abaisse l’apostolat, qui est une chose spirituelle, au niveau d’un travail humain ordinaire. Il ne faut jamais tomber dans l’idolâtrie du ministère. Ce n’est pas vous qui devez être adorés, mais le Seigneur votre Dieu. A lui seul la gloire de ceux qui sont sauvés. A vous la tâche de sauver, en attendant, au temps du Ciel, la gloire d’avoir été des “ sauveurs. ”

137.3 Mais tu me disais que le régisseur l’a vue. Raconte-moi.

– Trois jours après notre départ, des pharisiens sont venus te chercher. Ils ne nous ont pas trouvés, naturellement. Ils ont fait le tour du village et des maisons de la campagne en se donnant comme désireux de te voir. Mais personne ne l’a cru. Ils se sont installés à l’hôtellerie en la débarrassant orgueilleusement de tous ceux qui s’y trouvaient, disant qu’ils ne voulaient pas de contacts avec des étrangers inconnus qui pouvaient même les profaner. Et, tous les jours, ils allaient à la maison. Après quelques jours, ils y ont rencontré cette pauvre femme, qui venait toujours là dans l’espoir de te trouver et d’avoir ta paix. Ils l’ont mise en fuite et l’ont poursuivie jusqu’à son refuge dans l’étable du régisseur. Ils ne l’ont pas attaquée tout de suite, parce que ce dernier était arrivé avec ses fils, armés de matraques. Mais le soir, quand elle est sortie, ils sont revenus avec d’autres. Lorsqu’elle est allée à la fontaine, ils lui ont lancé des pierres en la traitant de “ prostituée ” et en la montrant du doigt pour que le village la méprise. Et comme elle s’enfuyait, ils l’ont rattrapée, maltraitée, lui ont arraché son voile et son manteau pour que tout le monde la voie. Ils l’ont frappée et ont fait valoir leur autorité au chef de la synagogue pour qu’il la maudisse, la fasse lapider, et te maudisse toi aussi, qui l’avais amenée dans le village. Mais il a refusé d’obéir et attend maintenant l’anathème du Sanhédrin. Le régisseur l’a arrachée aux mains de ces canailles et l’a secourue. Mais pendant la nuit elle est partie, laissant un bracelet avec ce mot écrit sur un morceau de parchemin : “ Merci. Prie pour moi. ” Le régisseur dit qu’elle est jeune et très belle, bien que très pâle et amaigrie. Il l’a cherchée dans la campagne car elle était sérieusement blessée, mais sans la trouver. Et il ne sait pas comment elle aura pu aller loin. Peut-être est-elle morte en quelque endroit... sans pouvoir être sauvée...

– Non.

– Non ? Elle n’est pas morte ? Ou elle n’est pas perdue ?

– La volonté de se racheter est déjà absolution. Quand bien même elle serait morte, elle serait pardonnée parce qu’elle a recherché la vérité en foulant aux pieds l’erreur. Mais elle n’est pas morte. Elle gravit les premières pentes de la montagne du rachat. Je la vois... Courbée sous les larmes du repentir. Mais sa peine la rend de plus en plus forte, pendant que son fardeau s’allège. Je la vois. Elle va à la rencontre du Soleil. Quand elle aura gravi toute la montée, elle sera dans la gloire du Soleil-Dieu. Elle monte... Aide-la par ta prière.

– Oh ! Mon Seigneur ! »

André est presque abasourdi de pouvoir aider une âme à se sauver. Jésus sourit avec encore plus de douceur :

« Il faudra ouvrir les bras et le coeur au chef de la synagogue persécuté, et aller bénir le bon régisseur. Allons trouver nos compagnons pour leur en parler. »

EMV 137.4 · Tome 2, p. 432

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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137.4 Ils retournent sur leurs pas et rejoignent les dix apôtres qui se sont arrêtés à l’écart, comprenant qu’André dialogue confidentiellement avec le Maître.

Détail

André et Jésus ont été brièvement en colloque tous les deux et Maria mentionne le comportement des dix autres apôtres. Judas n'est pas présent.

EMV 138 · Tome 2, p. 436-440

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Adieu aux âmes de la Belle-Eau. Le régisseur explique ce qu'il s'est passé avec Aglaé et le Maître bénit sa droiture d'esprit. Jésus parle ensuite sur le chemin avec les apôtres : il leur dit qu'il ne veut pas un Royaume humain, et qu'il ne le conquerra pas par la violence. Enfin, Jésus va consoler le chef de synagogue à la Belle-Eau. Il va être maudit par le Sanhédrin, donc il va être retiré de ses fonctions. L'homme, dans son humilité, croit qu'il ne pourra plus lever les yeux vers Dieu, et regrette, non pas la perte de sa fonction prestigieuse, mais la perte de l'amitié avec Dieu. Il est donc pris par les scrupules et Jésus le rassure : il n'a pas péché. La condamnation du Sanhédrin tombera, mais le Christ l'invite plutôt à marcher à sa suite et Timon est heureux.

EMV 138.1 · Tome 2, p. 436-437

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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138.1 « Seigneur, je n’ai fait que mon devoir envers Dieu, envers mon maître et envers ma conscience. Cette femme, je l’ai surveillée tant qu’elle a été mon hôte et je l’ai toujours vue honnête. Si à une époque elle a été une pécheresse, elle ne l’est plus aujourd’hui. Pourquoi devrais-je enquêter sur un passé qu’elle a effacé et annulé ? J’ai de jeunes fils qui ne sont pas laids. Elle n’a jamais montré son visage – réellement beau – ni prononcé le moindre mot. Je peux dire que j’ai entendu le son de sa voix argentine quand elle a crié à cause de sa blessure. Sinon, le peu qu’elle demandait – et toujours à moi ou à ma femme –, elle le murmurait derrière son voile, et si doucement qu’on avait du mal à comprendre. Vois aussi comme elle a été prudente. Quand elle a craint que sa présence puisse nuire, elle est partie... Je lui avais promis de la défendre et de l’aider, mais elle ne s’en est pas prévalue. Non, ce n’est pas ainsi qu’agissent les femmes perdues ! Je prierai pour elle, comme elle me l’a demandé, et même sans ce souvenir. Prends-le Seigneur. Fais-en des aumônes, pour son profit spirituel. Faites par toi, elles lui vaudront certainement la paix. »

Le régisseur parle respectueusement à Jésus. C’est un bel homme, au visage honnête et au corps trapu. Derrière lui se tiennent six jeunes garçons qui ressemblent à leur père, six visages francs et intelligents, et aussi son épouse, une petite femme fine, très douce, qui écoute son mari comme elle écouterait un dieu, ne cessant de l’approuver par des signes de tête.

Jésus prend le bracelet en or et le passe à Pierre en lui disant :

« Pour les pauvres. »

Puis il se retourne vers le régisseur :

« Tous n’ont pas ta droiture en Israël. Tu es sage parce que tu distingues le bien du mal et tu suis le bien sans mettre en valeur l’intérêt humain qu’il y a à l’accomplir. Au nom du Père éternel, je vous bénis, toi, tes fils, ton épouse, ta maison. Demeurez toujours dans ces dispositions spirituelles, le Seigneur sera toujours avec vous et vous aurez la vie éternelle. Maintenant je m’en vais, mais il n’est pas dit qu’on ne se reverra plus. Je reviendrai et vous pourrez toujours venir me trouver. Pour tout ce que vous avez fait pour moi et pour cette pauvre créature, que Dieu vous donne sa paix. »

Le régisseur, ses enfants et en dernier lieu sa femme s’agenouillent et baisent les pieds de Jésus qui, après un dernier geste de bénédiction, s’éloigne avec ses disciples et prend la route du village.

Détail

Le régisseur a défendu la femme voilée des pharisiens, en l'absence de Jésus. Elle était sous sa charge pendant son séjour là-bas et veillait sur elle, jusqu'à ce que la haine des docteurs de la Loi n'arrive chez lui et blesse Aglaé. L'homme déclare cependant qu'il n'a fait que son devoir. Le Seigneur loue son intégrité et sa droiture d'esprit. Cette note est mise dans "Pratiquer le Bien" et "Être bon" pour avoir un exemple concret dans l'EMV. Les personnages de sa famille sont anonymes.

EMV 138.2 · Tome 2, p. 437-438

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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138.2 « Et si ces brutes sont encore ici ? demande Philippe.

– On ne peut empêcher personne de marcher sur les routes, répond Jude.

– Non, mais, pour eux, nous sommes “ anathèmes ”.

– Ah ! Laisse-les donc faire ! Tu t’en soucies ?

– Cela ne m’inquiète que dans la mesure où le Maître veut éviter les violences. Et eux, qui le savent, s’en prévalent » murmure Pierre dans sa barbe.

Il croit sûrement que Jésus, qui discute avec Simon et Judas, ne l’entend pas. Mais Jésus entend. Il se tourne, moitié sévère, moitié souriant :

« Tu crois que je pourrais vaincre par la violence ? Mais c’est un pauvre procédé humain, et qui ne sert que pour un temps, pour des victoires humaines. Combien de temps dure l’oppression ? Le temps qu’elle suscite, chez les personnes soumises, des réactions qui, en s’unissant, produisent une plus grande violence qui met à terre l’oppression. Je ne veux pas un royaume temporaire. Je veux un royaume éternel : le Royaume des Cieux. Combien de fois vous l’ai-je dit ? Combien de fois devrai-je vous le répéter ? Ne le comprendrez-vous jamais ? Oui, il viendra un moment où vous le comprendrez.

– Quand, mon Seigneur ? J’ai hâte de comprendre pour être moins ignorant, dit Pierre.

– Quand ? Quand vous serez moulus comme le grain entre les pierres de la douleur et du repentir. Vous pourriez et même vous devriez comprendre auparavant. Mais pour cela vous devriez briser votre humanité et laisser libre votre âme. Or vous ne savez pas faire cet effort sur vous-même. Mais vous comprendrez... vous comprendrez. A ce moment-là, vous comprendrez que je ne pouvais utiliser la violence comme moyen humain pour établir le Royaume des Cieux, autrement dit le Royaume de l’esprit. Mais, en attendant, n’ayez pas peur. Ces hommes qui vous inquiètent ne vous feront rien. Il leur suffit de m’avoir chassé.

– Mais n’était-il pas plus facile de faire prévenir le chef de la synagogue de venir chez le régisseur ou de nous attendre sur la grand-route ?

– Oh ! Quel homme prudent est aujourd’hui mon Thomas ! Mais ce n’était pas facile, ou plutôt ç’aurait été plus facile, mais ce n’était pas juste. Lui, il a montré de l’héroïsme à mon égard. Il a été insulté dans sa maison à cause de moi. Il est juste que j’aille chez lui le consoler. »

Thomas hausse les épaules et garde le silence.

Détail

Le groupe apostolique a été chassé de la Belle-Eau et les apôtres parlent entre eux des pharisiens qui les ont chassés.