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Qui sont les apôtres ?

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EMV 48.2-3 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Pourquoi n’êtes-vous pas venus tous les deux ? » demande André. Pierre, boudeur, ne dit rien.

« Et toi, pourquoi n’es-tu pas venu avec Jacques et moi ? répond Jean à André.

– Je suis allé pêcher. Je n’ai pas de temps à perdre. Tu as disparu avec cet homme...

– Je t’avais fait signe de venir. 48.3 C’est bien lui. Si tu entendais ses paroles !... Nous sommes restés avec lui toute la journée et jusque tard dans la nuit. Maintenant, nous venons vous dire : “ Venez. ”»

– C’est bien lui ? Tu en es sûr ? Nous l’avons à peine vu sur le moment, quand Jean-Baptiste nous l’a montré.

– C’est lui. Il ne l’a pas nié.

Détail

André est à la pêche avec Pierre. Ils reviennent près de la rive quand Jean les appelle et André interroge celui-ci.

EMV 48.2-7 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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48.2 Jean débouche d’une ruelle et se hâte vers le lac. Jacques le suit, mais d’un pas beaucoup plus calme. Jean regarde les barques déjà accostées mais ne trouve pas celle qu’il cherche. Il l’aperçoit alors qu’elle est encore à quelques centaines de mètres de la rive, occupée aux manoeuvres d’accostage. Les mains en porte-voix, il crie très fort un : “ Ohé ! ” prolongé qui doit être l’appel habituel. Quand il voit qu’on l’a entendu, il fait avec les bras de grands gestes qui signifient : « Venez, venez ! »

Les hommes de la barque, s’imaginant je ne sais quoi, foncent à coups de rames, et la barque avance plus rapidement qu’avec la voile, qu’ils amènent, peut-être pour faire plus vite. Lorsqu’ils arrivent à une dizaine de mètres du rivage, Jean n’attend plus. Il enlève son manteau et son long vêtement et les jette sur la grève, se déchausse, relève son vêtement de dessous en le ramenant d’une main jusqu’à l’aine et descend dans l’eau à leur rencontre.

« Pourquoi n’êtes-vous pas venus tous les deux ? » demande André. Pierre, boudeur, ne dit rien.

« Et toi, pourquoi n’es-tu pas venu avec Jacques et moi ? répond Jean à André.

– Je suis allé pêcher. Je n’ai pas de temps à perdre. Tu as disparu avec cet homme...

– Je t’avais fait signe de venir. 48.3C’est bien lui. Si tu entendais ses paroles !... Nous sommes restés avec lui toute la journée et jusque tard dans la nuit. Maintenant, nous venons vous dire : “ Venez. ”»

– C’est bien lui ? Tu en es sûr ? Nous l’avons à peine vu sur le moment, quand Jean-Baptiste nous l’a montré.

– C’est lui. Il ne l’a pas nié.

– N’importe qui peut dire ce qui l’arrange pour s’imposer aux gens crédules. Ce n’est pas la première fois..., bougonne Pierre, mécontent.

– Oh ! Simon ! Ne parle pas comme ça ! C’est le Messie ! Il sait tout ! Il t’entend ! »

Jean est affligé, consterné par les paroles de Simon-Pierre.

« Allons donc ! Le Messie ! Et c’est justement à toi qu’il se montre, ainsi qu’à Jacques et André ! A trois pauvres ignorants ! Il viendra bien autrement, le Messie ! Et il m’entend ! Mon pauvre garçon ! Les premiers soleils du printemps t’ont frappé sur la tête. Allez, viens travailler. Ça vaudra mieux. Laisse tomber tous ces boniments.

– C’est le Messie, je t’assure ! Jean disait des choses saintes, mais celui-là parle en tant que Dieu. A moins d’être le Christ, nul ne peut dire des choses pareilles.

48.4 – Simon, moi je ne suis pas un gamin. Je suis plus âgé, je suis calme et réfléchi. Tu le sais. J’ai peu parlé, mais j’ai beaucoup écouté pendant ces heures où nous sommes restés avec l’Agneau de Dieu. Et je te dis que, vraiment, il ne peut être que le Messie. Pourquoi ne pas croire ? Pourquoi ne pas vouloir le croire ? C’est possible pour toi parce que tu ne l’as pas entendu, mais moi, je crois. Nous sommes pauvres et ignorants ? Il affirme justement qu’il est venu annoncer la bonne nouvelle du Royaume de Dieu, du Royaume de la paix, aux pauvres, aux humbles, aux petits avant d’en parler aux grands. Il a dit : “ Les grands ont déjà leurs jouissances. Elles ne sont pas enviables comparées à celles que je viens apporter. Les grands ont déjà la possibilité d’arriver à comprendre par les ressources de la culture. Mais moi, je viens vers les ‘ petits ’ d’Israël et du monde, vers ceux qui pleurent et espèrent, vers ceux qui cherchent la lumière et ont faim de la vraie manne. Il ne leur vient des savants ni lumière ni nourriture, mais seulement fardeaux, obscurité, chaînes et mépris. J’appelle ‘ ces petits ’. Je suis venu mettre le monde sens dessus dessous. Car j’abaisserai ce qui maintenant est élevé et j’élèverai ce qui maintenant est méprisé. Que celui qui veut vérité et paix, qui veut la vie éternelle vienne à moi. Que celui qui aime la lumière vienne. Je suis la lumière du monde. ” N’est-ce pas ce qu’il a dit, Jean ? »

Jacques a parlé tranquillement, mais avec émotion.

« Oui. Et il a ajouté : “ Le monde ne m’aimera pas. Le grand monde, parce qu’il est corrompu par les vices et les relations idolâtres. Le monde ne voudra pas de moi car, comme fils des ténèbres, il n’aime pas la lumière. Mais la terre n’est pas faite seulement du grand monde. Certains, bien que mêlés au monde, ne sont pas du monde. D’autres sont du monde parce qu’ils y sont emprisonnés comme les poissons pris au filet ” : c’est exactement ce qu’il a dit parce qu’il parlait sur la rive du lac et montrait des filets qu’on amenait à la rive avec leurs poissons. Il a dit aussi : “ Voyez : aucun de ces poissons ne voulait tomber dans le filet. Pareillement, les hommes ne voudraient pas, de propos délibéré, être la proie de Mammon. Pas même les plus mauvais, car ceux-ci, à cause de l’orgueil qui les aveugle, ne s’imaginent pas ne pas avoir le droit d’agir comme ils le font. Leur vrai péché, c’est l’orgueil. Tous les autres en proviennent. Et les hommes qui ne sont pas complètement mauvais voudraient encore moins appartenir à Mammon. Mais ils y tombent par légèreté, par un poids qui les entraîne au fond et qui est la faute d’Adam. Je suis venu enlever cette faute et, en attendant l’heure de la Rédemption, donner à ceux qui croiront en moi une force capable de les libérer des lacets qui les retiennent et de leur rendre la liberté de me suivre, moi, la Lumière du monde. ”

48.5 – Mais alors, s’il a réellement dit ça, il faut aller à lui tout de suite ! »

Pierre, avec ses impulsions si franches qui me plaisent tant, a pris une décision subite. Déjà il la réalise en se hâtant de terminer les opérations de débarquement, car, entre-temps, la barque a atteint le rivage et les manoeuvres finissent de la tirer au sec en déchargeant cordages et voiles.

« Et toi, imbécile d’André, pourquoi n’es-tu pas allé avec eux ?

– Mais... Simon ! Tu m’as reproché de ne pas les avoir persuadés de venir avec moi... Toute la nuit tu as bougonné, et maintenant tu me reproches de n’y être pas allé !

– Tu as raison... Mais moi, je ne l’avais pas vu... toi, oui... et tu devais avoir vu qu’il n’est pas comme nous... Il doit avoir quelque chose de plus beau !

– Oh oui, dit Jean. Il a un visage... ! Et des yeux... ! Pas vrai, Jacques, quel regard... ? Et une voix...! Ah, quelle voix ! Quand il parle, on a l’impression de rêver au Paradis.

– Vite, vite, allons le trouver. Quant à vous – il s’adresse aux manoeuvres –, portez tout à Zébédée et dites-lui de se débrouiller. Nous reviendrons ce soir pour la pêche. »

Ils remettent tous leurs habits et s’en vont.

48.6 Mais Pierre s’arrête après quelques mètres, prend Jean par le bras et lui demande :

« Tu as dit qu’il sait tout et se rend compte de tout...

– Oui. Imagine-toi que, lorsque nous avons vu la lune haute sur l’horizon, nous nous sommes dit : “ Qui sait ce que fait Simon ? ”, et il a répondu : “ Il est en train de jeter le filet et s’impatiente de devoir le faire seul car vous n’êtes pas sortis avec la barque jumelle un soir où la pêche est si bonne... Il ne sait pas que d’ici peu il ne pêchera plus qu’avec des filets tout autres pour prendre de tout autres proies. ”

– Bonté divine ! C’est tout à fait cela ! Alors il se sera même rendu compte que... que je l’ai presque traité de menteur... Je ne peux pas aller vers lui.

– Oh ! Il est si bon ! Il sait certainement que tu as eu cette pensée. Il le savait déjà. En effet, quand nous l’avons quitté, en disant que nous allions te trouver, il nous a dit : “ Allez, mais ne vous laissez pas vaincre par les premières paroles de mépris. Ceux qui veulent me suivre doivent savoir tenir tête aux moqueries du monde et aux interdictions de la famille, car je suis au-dessus des liens du sang et de la société, et j’en triompherai. Et ceux qui sont avec moi triompheront éternellement. ” Et il a dit encore : “ Sachez parler sans crainte. En vous entendant, il viendra, car c’est un homme de bonne volonté. ”

– C’est ce qu’il a dit ? Alors, je viens. 48.7 Parle, parle-moi encore de lui en chemin. Où est-il ?

– Dans une pauvre maison. Ce doit être chez des amis.

– Mais il est pauvre ?

– Un artisan de Nazareth, nous a-t-il dit.

– Et de quoi vit-il maintenant, s’il ne travaille plus ?

– Nous ne le lui avons pas demandé. Peut-être que sa parenté l’aide.

– Il aurait mieux valu lui apporter des poissons, du pain, des fruits..., quelque chose. Nous allons interroger un rabbi car il ressemble en tout à un rabbi, et plus encore, et nous venons les mains vides ! Ce n’est pas ce qu’attendent nos rabbins...

– Mais lui n’est pas de leur avis. Jacques et moi ne possédions que vingt deniers. Nous les lui avons offerts, comme c’est la coutume pour les rabbis. Mais il n’en voulait pas et, comme nous insistions, il a dit : “ Que Dieu vous les rende avec les bénédictions des pauvres. Venez avec moi. ” Il les a aussitôt distribués à des pauvres gens dont il connaissait le domicile. Nous lui avons demandé : “ Et pour toi, Maître, tu ne gardes rien ? ” Il a répondu : “ La joie de faire la volonté de Dieu et d’être utile à sa gloire. ” Nous avons encore ajouté : “ Tu nous appelles, Maître. Mais nous, nous sommes tout à fait pauvres. Que devons-nous apporter ? ” Il nous a répondu, avec un sourire à nous donner un avant-goût du Paradis : “ C’est un grand trésor que je vous demande ” ; et nous : “ Mais si nous n’avons rien ? ” Alors lui : “ Vous avez un trésor qui a sept noms, que même le plus humble peut posséder mais que le plus riche des rois peut ne pas posséder, et je le veux. Ecoutez-en les noms : charité, foi, bonne volonté, droiture d’intention, continence, sincérité, esprit de sacrifice. C’est ce que j’attends de celui qui me suit, cela seulement, et vous l’avez en vous. Ce trésor dort en vous comme la semence dans le sillon, l’hiver, mais le soleil de mon printemps en fera naître sept épis. ” Voilà ce qu’il a dit.

– Ah ! cela me donne la certitude que c’est le vrai Rabbi, le Messie promis. Il n’est pas dur pour les pauvres, il ne demande pas d’argent... Cela suffit pour reconnaître qu’il est le Saint de Dieu. Allons à lui en toute sécurité. »

Et tout se termine là.

Détail

Contextualisation : On est à Bethsaïde.

Annotation

Jean 1, 40-41 :

André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ.

EMV 48.4 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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48.4 – Simon, moi je ne suis pas un gamin. Je suis plus âgé, je suis calme et réfléchi. Tu le sais. J’ai peu parlé, mais j’ai beaucoup écouté pendant ces heures où nous sommes restés avec l’Agneau de Dieu. Et je te dis que, vraiment, il ne peut être que le Messie. Pourquoi ne pas croire ? Pourquoi ne pas vouloir le croire ? C’est possible pour toi parce que tu ne l’as pas entendu, mais moi, je crois. Nous sommes pauvres et ignorants ? Il affirme justement qu’il est venu annoncer la bonne nouvelle du Royaume de Dieu, du Royaume de la paix, aux pauvres, aux humbles, aux petits avant d’en parler aux grands. Il a dit : “ Les grands ont déjà leurs jouissances. Elles ne sont pas enviables comparées à celles que je viens apporter. Les grands ont déjà la possibilité d’arriver à comprendre par les ressources de la culture. Mais moi, je viens vers les ‘ petits ’ d’Israël et du monde, vers ceux qui pleurent et espèrent, vers ceux qui cherchent la lumière et ont faim de la vraie manne. Il ne leur vient des savants ni lumière ni nourriture, mais seulement fardeaux, obscurité, chaînes et mépris. J’appelle ‘ ces petits ’. Je suis venu mettre le monde sens dessus dessous. Car j’abaisserai ce qui maintenant est élevé et j’élèverai ce qui maintenant est méprisé. Que celui qui veut vérité et paix, qui veut la vie éternelle vienne à moi. Que celui qui aime la lumière vienne. Je suis la lumière du monde. ” N’est-ce pas ce qu’il a dit, Jean ? »

Détail

Jacques de Zébédée parle de sa rencontre avec Jésus. Il est avec Simon de Jonas et il dit :

EMV 48.5 · Tome 1

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« Et toi, imbécile d’André, pourquoi n’es-tu pas allé avec eux ?

– Mais... Simon ! Tu m’as reproché de ne pas les avoir persuadés de venir avec moi... Toute la nuit tu as bougonné, et maintenant tu me reproches de n’y être pas allé !

– Tu as raison... Mais moi, je ne l’avais pas vu... toi, oui... et tu devais avoir vu qu’il n’est pas comme nous... Il doit avoir quelque chose de plus beau !

– Oh oui, dit Jean. Il a un visage... ! Et des yeux... ! Pas vrai, Jacques, quel regard... ? Et une voix...! Ah, quelle voix ! Quand il parle, on a l’impression de rêver au Paradis.

– Vite, vite, allons le trouver. Quant à vous – il s’adresse aux manoeuvres –, portez tout à Zébédée et dites-lui de se débrouiller. Nous reviendrons ce soir pour la pêche. »

Ils remettent tous leurs habits et s’en vont.

Détail

Jean et Jacques de Zébédée parlent de leur rencontre avec Jésus. D'abord sceptique, Pierre est de plus en plus convaincu et il parle à son frère :

EMV 49 · Tome 1

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Détail

Maria voit Jean de Zébédée. Il aperçoit le Maître et l'interpelle. Les deux hommes discutent. Jésus priait et réfléchissait à ce qu'il allait dire à la synagogue, mais voyant spirituellement que Jean le cherchait, il est allé à sa rencontre. Le fils de Zébédée lui demande si Jésus l'aime et le Christ lui renvoie la question. Jean lui révèle alors qu'il l'aime beaucoup, que son âme, selon lui, le cherchait depuis toujours. Quand le Sauveur lui demande ce qu'il fera s'il doit quitter son père, sa mère, ses frères et ses soeurs, ainsi que la vie, la femme et l'amour, Jean répond que l'amour du Christ lui tiendra lieu de père, de mère, de frères, de soeur et de femme. Quand Jésus évoque sa mort, Jean ne veut pas du tout que cela arrive et il lui demande la permission d'aimer son Seigneur. Ce que Jésus lui accorde. Le frère de Jacques est heureux.

Ils parlent ensuite d'André et de Pierre, puis Jésus va vers la synagogue. En chemin, il console l'enfant Jacques, qui est sur le point de pleurer parce qu'il a couru trop vite. Ils évoquent brièvement les enfants lors de l'Exode ainsi que les Limbes, et le petit reçoit la promesse qu'il ira tout de suite au Ciel à sa mort s'il est bon. Cela donne l'occasion à Jean d'interroger le Maître sur sa parenté. Il confirme qu'il n'a ni neveux, ni frères ni soeurs, mais des cousins et sa Mère. Enfin, Jésus va prêcher à la synagogue.

Il lit un extrait du Livre de Jérémie, et s'adresse au peuple d'Israël qui pleure à cause de l'occupation étrangère. Certains disent qu'ils ont encore le Temple mais le Seigneur rappelle que la prière n'est sainte que si on a en nous l'amour du prochain. Les riches qui font de grandes offrandes, mais qui ont un coeur dur, ne sont pas agréés par Dieu. Aussi, le Christ les enjoint à être de bonne volonté, à être sincères et bons. Il rappelle que la Loi est simple, si on donne aux Commandements une lumière d'amour. Après avoir fait une allusion à l'Eucharistie, il encourage les âmes à aimer.

Son discours fini, il retrouve Pierre et André. Jésus énonce le caractère de Pierre : c'est un homme qui devrait s'abstenir de juger sans s'être d'abord informé, mais il reconnaît sincèrement ses torts. Le Maître demande aussi à André pourquoi il n'est pas venu plus tôt et Pierre avoue que c'est lui qui l'a retenu. Le pêcheur avoue également ses faiblesses et Jésus lui donne déjà des premiers conseils. Pour le moment, Dieu ne lui demande pas de s'arracher le coeur et de se séparer de ses affections les plus saintes, mais il lui demande de pratiquer la justice, aimer la miséricorde, et de s'appliquer totalement à suivre son Dieu. Cela plaît à Pierre. André, lui, ne dit rien, mais le Seigneur promet qu'il deviendra un lion. Les Galiléens le quittent, mais Jean veut le suivre à Jérusalem. Simon de Jonas l'encourage à aller voir le Christ et Jésus accepte que Jean l'accompagne.

Jésus donne pour finir une dictée sur l'humilité de Jean. C'est lui qui amène Pierre au Sauveur, mais comme le fils du tonnerre connaissait la timidité d'André, et comme Jean était juste, celui-ci s'efface dans son Evangile et laisse croire qu'André est le premier apôtre du Seigneur.

Combien, en comparaison, se proclament comme de grands apôtres alors que leur réussite vient d'un ensemble de choses, non seulement de sainteté, mais aussi d'audace humaine, de chance, du fait que certaines personnes sont moins hardies que nous, mais peut-être plus saintes que nous.

Le Christ nous encourage à ne pas se glorifier quand on agit bien : on doit toujorus avoir un regard limpide et "rendre à qui de droit la louage qui lui revient". Il faut reconnaître les apôtres grâce à qui on peut faire notre travail efficacement. Il faut savoir dire : "Je suis l'instrument actif, mais celui-ci a plus d'amour que moi, prie mieux que moi, et c'est grâce à lui que j'ai la force d'agir.

Jean est le préféré, il est le pur, l'aimant, l'obéissant, et il est très humble. En cela, Jésus se mirait en lui et sa Mère avait l'impression d'avoir un second fils.

EMV 49.1-2 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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49.1 A 14 h, je vois ceci :

Jésus s’avance par un petit chemin, un sentier entre deux champs. Il est seul. Jean s’avance vers lui par un autre sentier à travers champs et finit par le rejoindre en passant par un trou dans la haie.

Jean, dans la vision d’hier comme dans celle d’aujourd’hui, est tout jeunet : un visage rose et imberbe d’homme à peine formé et blond par-dessus le marché. En outre, pas trace de moustache ou de barbe, mais seulement le teint rose de ses joues lisses et de ses lèvres rouges ; ajoutez-y la joyeuse lumière de son beau sourire et de son regard pur, non pas tant pour la couleur de turquoise foncée de ses yeux que pour la limpidité de l’âme vierge qui y transparaît. Ses cheveux châtain clair, longs et soyeux ondulent en raison de sa marche rapide, presque au pas de course.

Sur le point de passer la haie, il s’écrie :

« Maître ! »

Jésus s’arrête et se retourne en souriant.

« Maître, je t’ai tant désiré ! On m’a dit, dans la maison où tu séjournes, que tu étais parti vers la campagne... mais sans plus de précision. Et je craignais de ne pas te voir. »

Jean parle, légèrement penché par respect. Il est néanmoins plein d’une affectueuse confiance, comme on le voit à son attitude et au regard qu’il élève vers Jésus tout en gardant la tête légèrement penchée sur l’épaule.

« J’ai vu que tu me cherchais et je suis venu vers toi.

– Tu m’as vu ? Où étais-tu, Maître ?

– J’étais là. »

Jésus lui indique un bosquet d’arbres éloignés qu’à cause de la couleur de leur frondaison je pense être des oliviers.

« J’étais là. Je priais et je pensais à ce que je dirai ce soir à la synagogue. Mais à peine t’ai-je vu que j’ai tout interrompu.

– Mais comment as-tu fait pour me voir, puisque c’est tout juste si je peux apercevoir cet endroit, caché comme il l’est derrière cet escarpement ?

– Et pourtant tu le vois ! Je suis venu à ta rencontre parce que je t’ai vu. Ce que ne peut faire l’oeil, l’amour le réalise.

– Oui, l’amour le fait. 49.2 Tu m’aimes donc, Maître ?

– Et toi, m’aimes-tu, Jean, fils de Zébédée ?

– Beaucoup, Maître. Il me semble que je t’ai toujours aimé. Avant de te connaître, avant déjà, mon âme te cherchait et quand je t’ai vu, elle m’a dit : “ Voilà celui que tu cherches. ” Je crois que je t’ai rencontré parce que mon âme t’a reconnu.

– Tu dis vrai, Jean, c’est exact. Moi aussi, je suis venu à ta ren­contre parce que mon âme t’a reconnu. Combien de temps m’aimeras-tu ?

– Toujours, Maître. Je ne veux plus en aimer d’autres que toi.

– Tu as père et mère, des frères, des soeurs, tu as la vie et, avec la vie, la femme et l’amour. Comment feras-tu pour tout quitter pour moi ?

– Maître... je ne sais... mais il me semble – si ce n’est pas de l’orgueil de le dire –­, que ton amour de prédilection me tiendra lieu de père et de mère, de frères et soeurs et aussi de femme. De tout, oui, je serai rassasié de tout si tu m’aimes.

– Et si mon amour te vaut souffrances et persécutions ?

– Ce ne sera rien, Maître, si tu m’aimes.

– Et le jour où il me faudra mourir...

– Non ! Tu es jeune, Maître... pourquoi mourir ?

– Parce que le Messie est venu prêcher la Loi dans sa vérité et pour accomplir la Rédemption. Or le monde a horreur de la Loi et ne veut pas de rédemption. C’est pour cela qu’il persécute les envoyés de Dieu.

– Ah ! Que cela n’arrive pas ! Ne fais pas un tel pronostic de mort devant celui qui t’aime ! Mais si tu devais mourir, je t’aimerais encore, toi. Permets-moi de t’aimer. »

Jean a un regard suppliant. Plus penché que jamais, il marche à côté de Jésus et semble lui mendier son amour.

Jésus s’arrête. Il le regarde. Il le pénètre de son regard profond, puis il lui pose la main sur sa tête inclinée.

« Je veux que tu m’aimes.

– Oh ! Maître ! »

Jean est heureux. Bien qu’une larme fasse briller ses yeux, il rit, de sa bouche jeune, bien dessinée. Il prend la main divine, l’embrasse au dos et la serre contre son coeur.

Détail

Description physique de Jean

EMV 49.3 · Tome 1

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49.3 Ils se remettent en route.

« Tu as dit que tu me cherchais...

– Oui. Pour te dire que mes amis veulent te connaître... et parce que j’avais très envie d’être encore avec toi ! Je t’ai quitté depuis quelques heures à peine... mais je ne pouvais déjà plus rester sans toi !

– Tu as donc été un bon annonciateur du Verbe ?

– Mais Jacques aussi, Maître, a parlé de toi de façon... à les convaincre.

– De sorte que celui qui se défiait encore a été persuadé. Il n’était d’ailleurs pas coupable car la cause de sa réserve était la prudence. Allons le rassurer tout à fait.

– Il avait un peu peur...

– Non, il ne faut pas avoir peur de moi ! Je suis venu pour les bons et surtout pour ceux qui sont dans l’erreur. Je veux sauver, non pas condamner. Avec les gens honnêtes je serai pleinement miséricorde.

– Et avec les pécheurs ?

– Aussi. Par malhonnêtes, j’entends parler de ceux qui sont spirituellement malhonnêtes et qui, hypocritement, se font passer pour bons, alors que leurs actes sont mauvais, des gens qui ne cherchent que leur propre intérêt, même aux dépens du prochain. Avec eux, je serai sévère.

– Ah ! Alors Simon peut être tranquille, il est franc comme personne d’autre.

– C’est ainsi qu’il me plaît et que je veux voir tout le monde.

– Il a tant de choses à te dire, Simon.

– Je l’entendrai après avoir parlé à la synagogue. J’ai fait prévenir les pauvres et les malades en plus des riches et des gens en bonne santé. Tous ont besoin de la Bonne Nouvelle. »

EMV 49.7 · Tome 1

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49.7 Jésus sort sur la petite place. Au seuil de la porte se tiennent Jean et Jacques avec Pierre et André.

« La paix soit avec vous » dit Jésus, qui ajoute : « Voici l’homme qui, pour être juste, a besoin de s’abstenir de juger sans s’être d’abord informé, mais qui sait reconnaître honnêtement ses torts. Simon, tu as voulu me voir ? Me voici. Et toi, André, pourquoi n’es-tu pas venu plus tôt ? »

Les deux frères se regardent, bien embarrassés. André murmure :

« Je n’osais pas... »

Pierre, tout rouge, ne dit rien. Mais quand il entend Jésus dire à son frère : « Etait-ce un mal de venir ? Il n’y a que le mal qu’on ne doit pas oser faire », il intervient franchement :

« C’est à cause de moi qu’il est resté. Lui, il voulait me conduire à toi sur-le-champ. Mais moi... J’ai dit... Oui, j’ai dit : “ Je n’y crois pas ”, et je n’ai pas voulu. Ah, maintenant, cela va mieux !... »

Jésus sourit, puis il dit :

« Et je te dis que je t’aime pour ta sincérité.

– Mais moi... moi, je ne suis pas bon. Je ne suis pas capable de faire ce que tu as dit à la synagogue. Je suis irascible et, si quelqu’un m’offense... eh bien... Je suis avide et j’aime avoir de l’argent... et dans ma vente de poissons... eh bien... pas toujours... je ne suis pas toujours sans frauder. Et je suis ignorant. Alors j’ai peu de temps à te suivre pour avoir la lumière. Comment faire ? Je voudrais devenir comme tu dis... mais...

– Ce n’est pas difficile, Simon. Tu connais un peu l’Ecriture ? Oui ? Eh bien ! pense au prophète Michée. Dieu attend de toi ce que dit Michée. Il ne te demande pas de t’arracher le coeur ni de sacrifier tes affections les plus saintes. Non, il ne te le demande pas pour l’instant. Un jour, sans que Dieu te le demande, tu te donneras aussi toi-même à Dieu. Mais il attend qu’un soleil et une ondée aient fait de toi, qui n’es qu’un brin d’herbe, un robuste palmier dans toute sa gloire. Pour le moment, il te demande ceci : pratiquer la justice, aimer la miséricorde, t’appliquer totalement à suivre ton Dieu. Efforce-toi de faire cela et le passé de Simon sera effacé, et tu deviendras l’homme nouveau, l’ami de Dieu et de son Christ. Non plus Simon mais Céphas, la Pierre solide sur laquelle je m’appuie.

– Voilà qui me plaît ! Ça, je le comprends. La Loi, c’est cela... c’est cela... voilà, je n’arrive plus à l’observer telle que les rabbins l’ont fait devenir !... Mais comme tu l’expliques, oui. Il me semble que j’y arriverai. Et tu m’aideras. Tu restes dans cette maison ? J’en connais le propriétaire.

– Je reste ici, mais je vais aller à Jérusalem, après quoi je prêcherai dans toute la Palestine. Je suis venu pour cela. Mais je reviendrai souvent ici.

– Je viendrai encore t’écouter. Je veux être ton disciple. Un peu de lumière m’entrera dans la tête.

– Dans le coeur, Simon, surtout dans le coeur. Et toi, André, tu ne dis rien ?

– J’écoute, Maître.

– Mon frère est timide.

– Il deviendra un lion. La nuit tombe. Que Dieu vous bénisse et vous donne bonne pêche ! Allez.

– Paix à toi. »

Ils s’en vont.

Annotation

Jean 1, 39-42 :

André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ. André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.