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Notes du thème

Qui sont les apôtres ?

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EMV 78 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Jésus, Jean, Judas et Simon le Zélote arrivent à Kérioth. Les bergers ne sont plus là. Judas est vraiment agité et ne se tient plus. Il demande au Maître de le précer et Simon fait remarquer au Maître que cet homme ne le comprend pas. Jésus soupire, mais ne dit rien.

Ils arrivent à Kérioth, et sont accueillis par la mère de Judas. Celle-ci le salue avec beaucoup de respect, elle lui offre de quoi se rafraichir et elle lui donne des sandales ainsi qu'un manteau. Jésus, au départ, ne dit rien, mais n'en pense pas moins ; puis, quand Marie déclare qu'elle ne connait pas les habitudes des rois, il demande à s'entretenir seul avec son apôtre. Là, il le reprend sévèrement en disant qu'il met des obstacles à sa mission, car Israël est soumis à Rome, et en aucun cas le Christ n'est un Roi de la terre.

Il encourage véritablement Judas à se retirer, à s'en aller du groupe. Puis il décrit sa royauté et quand il sera couronné roi : sur le bois de la croix, avec une écriteau infâme et sous la huée de son peuple. Jésus lui prédit donc sa mort atroce.

Judas est mortifié mais il implore le Maître de le garder, qu'il deviendra bon. Il demande pardon et Jésus, fatigué, lui pardonne. Cependant, l'Iscariothe demande de rester et d'aller dans sa ville, car Judas a dit à tous que le Seigneur allait venir. Jésus décide donc de se plier à ce que Judas a prévu, non pour lui, mais pour sa mère.

Jésus va donc à Kérioth sur un char et le chef de la synagogue l'accueille et lui demande d'aller dans leur lieu de prière. Jésus accepte et donne une prédication au peuple. Il déclare qu'il est le Verbe de Dieu, mais il rappelle que sa royauté est avant spirituelle. Ce qu'il confirme ensuite à des notables de Kérioth.

Le vieux Saül intervient alors et parle de la Nativité du Christ, qu'il est alors venu adorer. Jésus confirme que c'était lui, et le vieillard a alors une vision sur la royauté du Seigneur. Il le voit transfiguré puis avec les Plaies et son Sang. Il meurt après avoir rendu témoignage sur le coeur de Jésus et le groupe devra donc se purifier pour respecter ce que dit la Loi.

EMV 78.1 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

78.1 J’ai l’impression que la partie la plus escarpée, c’est-à-dire le noeud le plus étroit des montagnes de Judée, se trouve entre Hébron et Yutta. Mais je pourrais aussi me tromper, il peut s’agir d’une vallée qui s’ouvre plus largement sur des horizons assez vastes d’où se détachent des monts isolés et non plus une chaîne. Peut-être est-ce une cuvette entre deux chaînes, je ne sais. C’est la première fois que je la vois et je n’y comprends pas grand-chose. Dans des champs assez étroits mais bien tenus, des cultures diverses de céréales : orge, seigle surtout, et aussi de beaux vi­gnobles sur les terres les plus ensoleillées. Puis, en montant, des bois de pins et de sapins et d’autres essences forestières. Une route... discrète permet d’entrer dans un petit village.

« C’est le faubourg de Kérioth. Je te prie de venir à ma maison de campagne. Ma mère t’y attend. Puis nous entrerons dans Kérioth » dit Judas qui ne se tient plus tant il est agité.

Je n’ai pas dit que, maintenant, Jésus est seul avec Judas, Simon et Jean. Les bergers ne sont plus là. Peut-être sont-ils restés dans les pâturages d’Hébron ou retournés à Bethléem.

« Comme tu veux, Judas. Mais nous pouvions aussi nous arrêter ici pour faire connaissance avec ta mère.

– Oh non ! C’est une maison paysanne. Ma mère y vient au temps des récoltes. Mais ensuite elle réside à Kérioth. Et ne veux-tu pas que ma ville te voie ? Ne veux-tu pas lui porter ta lumière ?

– Bien sûr que je le veux, Judas, mais tu sais déjà que je ne regarde pas à l’humilité de l’endroit qui m’accueille.

– Mais aujourd’hui, tu es mon hôte... et Judas sait recevoir. »

Ils font encore quelques mètres au milieu de maisonnettes éparses dans la campagne, et femmes et hommes s’avancent, appelés par les enfants. C’est manifestement de la curiosité provoquée. Judas doit avoir battu le rappel.

« Voici ma pauvre maison. Excuse sa pauvreté. »

Mais la maison n’est pas une masure. C’est un cube de plain-pied, mais vaste et bien entretenu au milieu d’un verger touffu et prospère. Une ruelle privée, très propre, mène de la route à la maison.

« Me permets-tu de passer devant, Maître ?

– Vas-y. »

Judas s’en va.

« Maître, Judas a fait les choses en grand, dit Simon. Je m’en étais douté. Mais maintenant j’en suis sûr. Tu dis, Maître, et tu as bien raison : esprit, esprit... Mais lui... lui ne l’entend pas ainsi. Il ne te comprendra jamais... ou bien tard » rectifie-t-il pour ne pas peiner Jésus.

Jésus soupire et se tait.

EMV 78.1-5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

78.1 J’ai l’impression que la partie la plus escarpée, c’est-à-dire le noeud le plus étroit des montagnes de Judée, se trouve entre Hébron et Yutta. Mais je pourrais aussi me tromper, il peut s’agir d’une vallée qui s’ouvre plus largement sur des horizons assez vastes d’où se détachent des monts isolés et non plus une chaîne. Peut-être est-ce une cuvette entre deux chaînes, je ne sais. C’est la première fois que je la vois et je n’y comprends pas grand-chose. Dans des champs assez étroits mais bien tenus, des cultures diverses de céréales : orge, seigle surtout, et aussi de beaux vi­gnobles sur les terres les plus ensoleillées. Puis, en montant, des bois de pins et de sapins et d’autres essences forestières. Une route... discrète permet d’entrer dans un petit village.

« C’est le faubourg de Kérioth. Je te prie de venir à ma maison de campagne. Ma mère t’y attend. Puis nous entrerons dans Kérioth » dit Judas qui ne se tient plus tant il est agité.

Je n’ai pas dit que, maintenant, Jésus est seul avec Judas, Simon et Jean. Les bergers ne sont plus là. Peut-être sont-ils restés dans les pâturages d’Hébron ou retournés à Bethléem.

« Comme tu veux, Judas. Mais nous pouvions aussi nous arrêter ici pour faire connaissance avec ta mère.

– Oh non ! C’est une maison paysanne. Ma mère y vient au temps des récoltes. Mais ensuite elle réside à Kérioth. Et ne veux-tu pas que ma ville te voie ? Ne veux-tu pas lui porter ta lumière ?

– Bien sûr que je le veux, Judas, mais tu sais déjà que je ne regarde pas à l’humilité de l’endroit qui m’accueille.

– Mais aujourd’hui, tu es mon hôte... et Judas sait recevoir. »

Ils font encore quelques mètres au milieu de maisonnettes éparses dans la campagne, et femmes et hommes s’avancent, appelés par les enfants. C’est manifestement de la curiosité provoquée. Judas doit avoir battu le rappel.

« Voici ma pauvre maison. Excuse sa pauvreté. »

Mais la maison n’est pas une masure. C’est un cube de plain-pied, mais vaste et bien entretenu au milieu d’un verger touffu et prospère. Une ruelle privée, très propre, mène de la route à la maison.

« Me permets-tu de passer devant, Maître ?

– Vas-y. »

Judas s’en va.

« Maître, Judas a fait les choses en grand, dit Simon. Je m’en étais douté. Mais maintenant j’en suis sûr. Tu dis, Maître, et tu as bien raison : esprit, esprit... Mais lui... lui ne l’entend pas ainsi. Il ne te comprendra jamais... ou bien tard » rectifie-t-il pour ne pas peiner Jésus.

Jésus soupire et se tait.

78.2 Judas sort avec une femme sur la cinquantaine environ. Elle est assez grande, mais pas autant que son fils à qui elle a donné ses yeux noirs et ses cheveux frisés. Mais ses yeux sont doux, plutôt tristes, alors que ceux de Judas sont impérieux et fourbes.

« Je te salue, Roi d’Israël, dit-elle en se courbant comme une vraie sujette. Permets à ta servante de te recevoir.

– Paix à toi, femme. Et que Dieu soit avec toi et avec ton fils.

– Oh ! Oui, avec mon fils ! »

C’est plus un soupir qu’une ré­ponse.

« Lève-toi, mère. J’ai une Mère, moi aussi, et je ne puis permettre que tu me baises les pieds. Au nom de ma Mère, je te donne un baiser, femme. C’est ta soeur... en amour et dans la destinée douloureuse des mères de ceux qui sont marqués.

– Que veux-tu dire, Messie ? » demande Judas, un peu inquiet.

Mais Jésus ne répond pas. Il est en train d’embrasser la femme qu’il a relevée et à laquelle il donne un baiser sur les joues. Puis, la tenant par la main, il se dirige vers la maison.

Ils entrent dans une pièce fraîche à laquelle de légers rideaux à rayures donnent de l’ombre. Tout est prêt : des boissons fraîches et aussi des fruits. Mais la mère de Judas appelle d’abord une servante, qui apporte de l’eau et des essuie-mains. La maîtresse voudrait déchausser Jésus et laver ses pieds poussiéreux. Mais Jésus s’y oppose :

« Non, mère. Une mère est une créature trop sainte, surtout quand elle est honnête et bonne comme toi, pour que je te permette de prendre une attitude d’esclave. »

La mère de Judas regarde son fils... d’un étrange regard, puis elle s’é­loigne.

Jésus s’est rafraîchi. Quand il va remettre ses sandales, la femme revient avec une paire de sandales neuves.

« Voici, notre Messie. Je crois avoir bien fait... comme Judas voulait... Il m’a dit : “ Un peu plus longues que les miennes et de même largeur. ”

– Mais, pourquoi, Judas ?

– Tu ne veux pas me permettre de t’offrir un cadeau ? N’es-tu pas mon Roi et mon Dieu ?

– Oui, Judas, mais tu ne devais pas donner tant de dérangement à ta mère. Tu sais comme je suis...

– Je le sais. Tu es saint. Mais tu dois te présenter comme un roi saint. C’est ce qui s’impose. Dans le monde où les neuf dixièmes sont des sots, il faut une présentation qui en impose. Je le sais. »

Jésus a chaussé ses sandales neuves de cuir rouge aux courroies percées avec une empeigne qui monte jusqu’à la cheville. Elles sont beaucoup plus belles que ses simples sandales d’artisan et semblables aux sandales de Judas qui sont des escarpins d’où sortent seulement les bouts de pied.

« Le vêtement aussi, mon Roi. Je l’avais préparé pour mon Judas... Mais il te le donne. C’est du lin, frais et neuf. Permets qu’une mère t’habille... comme s’il s’agissait de son propre fils. »

Jésus se retourne pour regarder Judas... mais ne réplique pas. Il délace la gaine de son vêtement au cou et fait retomber l’ample tunique de ses épaules en restant avec la tunicelle de dessous. La femme lui passe le beau vêtement neuf. Elle lui présente une ceinture qui est un galon tout brodé d’où part un cordon qui finit en gros pompons. Jésus, c’est certain, se sentira bien dans ces vêtements frais et nets. Mais il ne paraît pas en être très heureux. Pendant ce temps, les autres se sont nettoyés.

« Viens, Maître. Ce sont des fruits de mon modeste verger, et cela c’est de l’hydromel que ma mère fabrique. Toi, Simon, peut-être préfèreras-tu ce vin blanc. Prends. C’est de ma vigne. Et toi, Jean ? Comme le Maître ? »

Judas exulte en versant à boire dans de belles coupes d’argent, pour montrer qu’il a les moyens.

Sa mère parle peu. Elle regarde... regarde... regarde son Judas... et plus encore elle regarde Jésus... Jésus, avant de manger, lui présente le plus beau fruit (ce sont de gros abricots, me semble-t-il, des fruits jaune-rouge, mais ce ne sont pas des pommes) et quand il lui dit : “ Toujours la mère en premier ”, ses yeux s’embuent de larmes.

« Maman, le reste est fait ? demande Judas.

– Oui, mon fils, je crois avoir tout bien fait, mais j’ai toujours vécu ici et je ne connais pas... je ne connais pas les habitudes des rois.

– Quelles habitudes, femme ? Quels rois ? Mais qu’as-tu fait, Judas ?

– Mais n’es-tu pas le roi promis à Israël ? Il est temps que le monde te salue comme tel et cela devait avoir lieu pour la première fois ici, dans ma ville, dans ma maison. Je te vénère sous ce titre. Par amour pour moi et par respect pour ton nom de Messie, de Christ, de Roi que les prophètes t’ont donné par ordre de Yahvé, ne me démens pas.

78.3 – Femme, mes amis, je vous en prie. J’ai besoin de parler avec Judas. Je dois lui donner des ordres précis. »

La femme et les disciples se retirent.

« Judas, qu’as-tu fais ? M’as-tu si peu compris jusqu’à présent ? Pourquoi m’abaisser au point de ne faire de moi qu’un puissant de la terre et même un ambitieux qui recherche cette puissance ? Tu ne comprends pas que c’est rabaisser ma mission et même lui faire obstacle ? Oui, un obstacle, c’est indéniable. Israël est soumis à Rome. Tu sais ce qui s’est passé quand un homme qui a fait figure de chef populaire et laissé soupçonner d’organiser une guerre de libération voulut s’élever contre Rome. Tu as entendu – ces jours-ci précisément – comment on s’est acharné sur un Bébé parce qu’on voyait en lui un futur roi, selon le monde. Et toi ! Et toi !

Oh ! Judas, qu’attends-tu d’une souveraineté matérielle pour moi ? Qu’espères-tu ? Je t’ai donné le temps de réfléchir et de décider. Je t’ai parlé bien clairement, dès la première fois. Je t’ai même repoussé, parce que je savais... parce que je sais, oui, parce que je sais, je lis, je vois ce qu’il y a en toi. Pourquoi vouloir me suivre si tu ne veux pas être tel que je le veux ? Va-t’en, Judas ! Ne te nuis pas et ne me nuis pas... Va. Cela vaut mieux pour toi. Tu n’es pas un ouvrier fait pour ce travail... C’est trop au-dessus de toi. En toi règnent l’orgueil, la cupidité, avec ses trois branches, et encore l’esprit de domination... Ta mère elle-même doit te craindre... sans oublier ta propension au mensonge... Non. Tel ne doit pas être mon disciple. Judas, je ne te hais pas. Je ne te maudis pas. Je te dis seulement – et c’est avec la douleur de ne pouvoir changer quelqu’un que j’aime –, je te dis seulement : va ton chemin, fais-toi une situation dans le monde puisque c’est cela que tu veux, mais ne reste pas avec moi.

Mon chemin !... Ma royauté ! Ah ! Quelles angoisses ils comprennent ! Sais-tu où je serai roi ? Quand on proclamera ma royauté ! Ce sera quand je serai élevé sur un bois infâme, quand j’aurai pour pourpre mon propre sang, pour couronne des é­pines entrelacées, pour enseigne un écriteau infâme, pour trom­pettes, cymbales, orgues et cithares saluant celui qu’on a proclamé roi, les blasphèmes de tout un peuple, de mon peuple. Et sais-tu par l’oeuvre de qui tout cela se produira ? Par un homme qui ne m’aura pas compris. Qui n’aura rien compris. Un coeur de bronze vide, où l’orgueil, la sensualité et l’avarice auront distillé leurs poisons d’où sera né un entrelacement de serpents qui seront pour moi une chaîne et... et pour lui une malédiction. Les autres ne connaissent pas aussi clairement ma destinée. Alors, je t’en prie : n’en parle pas. Que cela reste entre toi et moi. Du reste... c’est un reproche... et tu te tairas pour ne pas dire : “ J’ai été blâmé... ” As-tu compris, Judas ? »

78.4 Judas est rouge au point d’en être violet. Il est debout devant Jésus. Il est confus, tête basse... Puis il se jette à genoux et pleure, la tête sur les genoux de Jésus.

« Je t’aime, Maître, ne me repousse pas. Oui, je suis un orgueilleux, je suis un sot, mais ne me renvoie pas. Non, Maître, ce sera la dernière fois que je chute. Tu as raison, je n’ai pas réfléchi. Mais même dans cette erreur il y a de l’amour. Je voulais te faire honneur... et que les autres le fassent pareillement... parce que je t’aime. Tu l’as dit, il y a trois jours : “ Quand vous vous méprenez sans malice, par ignorance, ce n’est pas une erreur, mais un jugement imparfait, un jugement d’enfant, et moi je suis ici pour vous faire devenir adultes. ” Voici, Maître, je me tiens ici contre tes genoux... Tu m’as dit que tu serais pour moi un père... contre tes genoux, comme si tu étais mon père, et je te demande pardon. Je te demande de faire de moi un “ adulte ”, et un adulte saint... Ne me renvoie pas, Jésus, Jésus, Jésus... Non ! Tout n’est pas mauvais en moi. Tu vois : pour toi, j’ai tout quitté et je suis venu. Tu es pour moi supérieur aux honneurs et aux avantages que j’obtenais en servant les autres. Toi, oui, tu es l’amour du pauvre, du malheureux Judas qui voudrait ne te donner que de la joie et te cause au contraire de la douleur...

– Cela suffit, Judas. Une fois de plus, je te pardonne... »

Jésus paraît fatigué...

« Je te pardonne, dans l’espoir... dans l’espoir qu’à l’avenir tu me comprendras.

– Oui, Maître, oui. Et maintenant pourtant, maintenant ne m’écrase pas sous le poids d’un démenti qui ferait de moi un objet de dérision. Tout Kérioth sait que je venais avec le Descendant de David, le Roi d’Israël, et il s’est préparé à te recevoir dans cette ville qui est la mienne... J’avais cru bien faire... de te faire voir comme on le doit pour inspirer la crainte et l’obéissance et de le faire voir à Jean, à Simon, et par eux aux autres qui t’aiment, mais te traitent d’égal à égal... Même ma mère serait humiliée d’être la mère d’un fils menteur et insensé. A cause d’elle, mon Seigneur... et je te jure que je...

– Ne me fais pas de serment à moi, mais jure-toi à toi-même, si tu le peux, de ne plus pécher en ce sens. A cause de ta mère et des habitants, je ne ferai pas l’affront de partir sans m’arrêter. Relève-toi.

– Que vas-tu dire aux autres ?

– La vérité...

– Oh ! Non !

– La vérité : que je t’ai donné des ordres pour aujourd’hui. Il y a toujours manière de dire la vérité sans offenser la charité. Allons. Appelle ta mère et les autres. »

Jésus est plutôt sévère. Il ne se remet à sourire que lorsque Judas revient avec sa mère et les disciples. La femme scrute le visage de Jésus, mais elle y lit de la bienveillance. Elle se rassure. J’ai l’impression que c’est une âme en peine.

« Voulons-nous aller à Kérioth ? Je suis reposé et je te remercie, mère, de toutes tes bontés. Que le Ciel te récompense et, pour la charité dont tu as fait preuve pour moi, qu’il accorde repos et joie au conjoint que tu pleures. »

La femme cherche à lui baiser la main, mais Jésus lui pose la main sur la tête, en la caressant, et ne la laisse pas faire.

« Le char est prêt, Maître. Viens. »

Dehors, en effet, voilà qu’arrive un char tiré par des boeufs. C’est un beau char, pratique, sur lequel on a disposé, pour servir de sièges, des coussins ; une toile rouge a été étendue au-dessus.

« Monte, Maître.

– La mère, d’abord. »

La femme monte, puis Jésus et les autres.

« Ici, Maître. » (Judas ne l’appelle plus roi).

Jésus s’assied devant avec Judas près de lui. A l’arrière, la femme et les disciples. Le conducteur pique les boeufs et les stimule en marchant à côté.

78.5 Le trajet est court. Quatre cents mètres, guère plus, et on aperçoit les premières maisons de Kérioth, qui me paraît être une petite bourgade bien ordinaire. Dans la rue ensoleillée, un petit garçon regarde, puis part comme une flèche. Quand le char parvient aux premières maisons, les notables et le peuple sont là pour l’accueillir, avec des tentures et des rameaux, et encore des rameaux et des tentures tout au long des rues, d’une maison à l’autre. Cris de joie et courbettes profondes, jusqu’à terre. Jésus – désormais il ne peut se dérober – salue et bénit du haut de son trône branlant.

Le char continue, puis tourne au-delà d’une place dans une autre rue. Il s’arrête devant une maison dont le portail est grand ouvert avec, sur le seuil, deux ou trois femmes. On s’arrête. On descend.

« Ma maison est à toi, Maître.

– Paix à elle, Judas, paix et sainteté. »

Ils entrent. Après le vestibule, il y a une salle spacieuse avec des divans bas et des meubles ornés de marqueteries. Avec Jésus et les autres, entrent les notables du pays. Courbettes, curiosité, ambiance de fête solennelle.

Un vieillard imposant prononce un discours :

« Ta présence est un grand événement pour le village de Kérioth, Seigneur. Un grand événement ! Quel jour heureux ! C’est un événement de t’avoir dans ses murs, et aussi de constater qu’un de ses fils est pour toi un ami et un collaborateur. Béni soit-il pour t’avoir connu avant tout autre ! Béni sois-tu cent fois pour t’être manifesté : toi, l’Attendu des générations et des générations. Parle, Seigneur et Roi. Nos coeurs attendent ta parole comme une terre, desséchée par un été brûlant, attend les premières douces pluies de septembre.

– Merci, qui que tu sois. Merci. Et merci à ces habitants qui ont tourné leur coeur vers le Verbe du Père, vers le Père dont je suis le Verbe, pour que vous sachiez que ce n’est pas au Fils de l’homme – qui vous parle –, mais au Très-Haut qu’il faut rendre grâces et honneurs pour ce temps de paix où il a rétabli sa paternité brisée avec les fils des hommes. Louange au Seigneur véritable, au Dieu d’Abraham qui a montré sa pitié et son amour à son peuple et lui a accordé le Rédempteur promis. Gloire et louange, non pas à Jésus, qui est le serviteur de l’éternelle Volonté, mais à cette Volonté d’amour.

– Tu parles en saint... Je suis le chef de la synagogue. Ce n’est pas le sabbat, mais viens dans ma maison pour expliquer la Loi, toi sur qui repose l’onction de la Sagesse, mieux que l’huile qui consacre les rois.

– Je vais venir.

– Mon Seigneur est peut-être fatigué...

– Non, Judas, jamais fatigué de parler de Dieu et jamais désireux de décevoir les coeurs.

– Viens, alors, insiste le chef de la synagogue. Tout Kérioth est là, dehors à t’attendre.

– Allons. »

Ils sortent. Jésus entre Judas et le chef. Puis, autour, les no­tables et la foule, la foule, la foule. Jésus passe et bénit.

EMV 79 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Jésus marche avec ses disciples en direction d'Hébron. Jean, Judas, Simon le Zélote sont présents. Son but est de rejoindre les bergers, notamment Lévi et Isaac. Judas râle à cause de l'incident de Kérioth, où Saül est mort contre le coeur de Jésus, mais le Seigneur le reprend. Il affirme également qu'il faut être fidèles à la Loi et montrer l'exemple. Le groupe apostolique retrouve les bergers, et Elie raconte qu'Aglaé lui a donné ses bijoux à Hébron. Ils discutent de ce qu'il faut en faire, mais le Christ ne donne aucun ordre pour le moment. Il donne une courte parabole sur Aglaé et sur les âmes qui se repentent comme elles. Les apôtres voudraient bien faire marche arrière et retourner la voir, mais Jésus ne le veut pas et décide qu'ils partent tout de suite vers le massif de la Tentation.

EMV 79.1 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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79.1 Jésus marche avec ses disciples sur une route, le long d’un torrent. Le long... c’est une façon de parler : le torrent est en contrebas ; en haut, le long de la côte, il y a une route en lacets, comme on en trouve souvent dans les régions montagneuses.

Jean, chargé comme un portefaix d’un gros sac bien rempli, est rouge pivoine. Judas, quant à lui, porte celui de Jésus en plus du sien. Simon a seulement le sien et les manteaux. Jésus a repris ses sandales et son vêtement. La mère de Judas a donc dû le faire laver parce qu’il n’a pas de faux plis.

« Que de fruits ! Quels beaux vignobles sur ces collines ! Dit Jean auquel la chaleur et la fatigue ne font pas perdre sa bonne humeur. Maître, est-ce le cours d’eau sur les rives duquel nos pères cueillirent les grappes miraculeuses ?

– Non, c’est l’autre, plus au sud. Mais toute la région était un endroit béni aux fruits excellents.

– Maintenant, elle ne l’est plus autant, bien qu’elle soit encore belle.

– Trop de guerres ont dévasté son sol. C’est ici que s’est fait Israël... mais pour cela, il a dû le féconder de son sang et de celui des ennemis.

Annotation

Livre des Nombres, 13, 23-24 : Ils allèrent jusqu’à la vallée d’Eshkol où ils coupèrent un sarment et une grappe de raisin. Ils la portaient à deux au moyen d’une perche. Ils avaient aussi cueilli des grenades et des figues. On appela cet endroit la vallée d’Eshkol (c’est-à-dire : la Grappe) à cause de la grappe que les fils d’Israël avaient coupée là-bas.

EMV 79.3 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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79.3 Ils ont contourné le coteau. A l’ombre d’un bois, sur l’autre versant, se trouvent les troupeaux d’Elie. Assis à l’ombre, les bergers les gardent. Ils voient Jésus et accourent.

« La paix soit avec vous ! Vous êtes ici ?

– Nous pensions à toi... et à cause du retard, nous nous demandions s’il fallait aller à ta rencontre ou obéir... nous avons décidé de venir jusqu’ici pour t’obéir, à toi et à notre amour en même temps. Tu aurais dû être arrivé depuis plusieurs jours.

– Nous avons dû nous arrêter...

– Mais... rien de grave ?

– Non, rien, mon ami. La mort d’un fidèle sur mon coeur. Rien d’autre. »

Judas intervient :

« Que veux-tu qu’il arrive, berger ? Quand les choses sont bien préparées... Bien sûr, il faut savoir les préparer et préparer les coeurs à les recevoir. Ma cité a rendu au Christ tous les honneurs. N’est-ce pas vrai, Maître ?

– C’est vrai.

Détail

Orgueil et vanité de Judas

EMV 79.4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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79.4 « Maître, dit Elie, cette femme... cette femme qui se trouve dans la maison de Jean... tu étais parti depuis trois jours et nous faisions paître les troupeaux sur les prés d'Hébron – ces prés sont à tout le monde et on ne pouvait pas nous en chasser – quand cette femme nous a envoyé une servante avec cette bourse, en disant qu'elle voulait nous parler... Je ne sais pas si j'ai bien fait mais, la première fois, j'ai rendu la bourse et j'ai dit : “ Je ne veux rien entendre "... Puis, elle m'a fait dire : “ Viens, au nom de Jésus " et j'y suis allé... Elle a attendu le départ de son... bref, de l'homme dont elle est la maîtresse... Que de choses elle a voulu... oui, elle voulait savoir. Mais moi... j'ai dit peu de choses, par prudence. C'est une courtisane. Je craignais quelque piège pour toi. Elle m'a demandé qui tu es, où tu résides, ce que tu fais, si tu es un seigneur... J'ai dit : “ C'est Jésus de Nazareth. Il habite partout car c'est un maître et il enseigne dans toute la Palestine. " J'ai ajouté que tu es un homme pauvre, simple, un artisan que la Sagesse a pénétré de sagesse... Rien de plus.

– Tu as bien fait » dit Jésus.

Au même instant Judas s'écrie :

« Tu as mal fait ! Pourquoi n'as-tu pas dit que c'était le Messie et le Roi du monde ? Chasse-la, cette orgueilleuse Romaine sous l'éclat de la splendeur de Dieu !

– Elle ne m'aurait pas compris. D'ailleurs étais-je certain qu'elle était sincère ? Quand tu l'as vue, tu as dit, toi, qui elle est. Pouvais-je jeter les choses saintes – or tout ce qui touche Jésus est saint – dans sa bouche à elle ? Pouvais-je mettre Jésus en danger en lui donnant trop d'informations ? Que le mal provienne de tous les autres, mais pas de moi !

– Nous, Jean, allons proclamer qu'il est le Maître, expliquer la vérité sainte.

– Moi, non, à moins que Jésus ne me l'ordonne.

– Tu as peur ? Que veux-tu que cela te fasse ? En as-tu du dégoût ? Le Maître n'en a pas éprouvé !

– Ni peur, ni dégoût. J'ai pitié d'elle. Mais je pense que, si Jésus l'avait voulu, il aurait pu s'arrêter pour l'instruire. Il ne l'a pas fait... Il ne nous revient pas de le faire.

– A ce moment-là, elle ne montrait aucun signe de conversion... Mais maintenant...

Détail

Élie a été appelé par Aglaé à Hébron. Elle lui a donné ses bijoux. Judas a des réactions... très spontanées et propose à Jean de faire demi-tour, mais celui-ci s'y refuse, sauf si Jésus le lui ordonne.

EMV 79.4-7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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79.4 « Maître, dit Elie, cette femme... cette femme qui se trouve dans la maison de Jean... tu étais parti depuis trois jours et nous faisions paître les troupeaux sur les prés d’Hébron – ces prés sont à tout le monde et on ne pouvait pas nous en chasser – quand cette femme nous a envoyé une servante avec cette bourse, en disant qu’elle voulait nous parler... Je ne sais pas si j’ai bien fait mais, la première fois, j’ai rendu la bourse et j’ai dit : “ Je ne veux rien entendre ”... Puis, elle m’a fait dire : “ Viens, au nom de Jésus ” et j’y suis allé... Elle a attendu le départ de son... bref, de l’homme dont elle est la maîtresse... Que de choses elle a voulu... oui, elle voulait savoir. Mais moi... j’ai dit peu de choses, par prudence. C’est une courtisane. Je craignais quelque piège pour toi. Elle m’a demandé qui tu es, où tu résides, ce que tu fais, si tu es un seigneur... J’ai dit : “ C’est Jésus de Nazareth. Il habite partout car c’est un maître et il enseigne dans toute la Palestine. ” J’ai ajouté que tu es un homme pauvre, simple, un artisan que la Sagesse a pénétré de sagesse... Rien de plus.

– Tu as bien fait » dit Jésus.

Au même instant Judas s’écrie :

« Tu as mal fait ! Pourquoi n’as-tu pas dit que c’était le Messie et le Roi du monde ? Chasse-la, cette orgueilleuse Romaine sous l’éclat de la splendeur de Dieu !

– Elle ne m’aurait pas compris. D’ailleurs étais-je certain qu’elle était sincère ? Quand tu l’as vue, tu as dit, toi, qui elle est. Pouvais-je jeter les choses saintes – or tout ce qui touche Jésus est saint – dans sa bouche à elle ? Pouvais-je mettre Jésus en danger en lui donnant trop d’informations ? Que le mal provienne de tous les autres, mais pas de moi !

– Nous, Jean, allons proclamer qu’il est le Maître, expliquer la vérité sainte.

– Moi, non, à moins que Jésus ne me l’ordonne.

– Tu as peur ? Que veux-tu que cela te fasse ? En as-tu du dégoût ? Le Maître n’en a pas éprouvé !

– Ni peur, ni dégoût. J’ai pitié d’elle. Mais je pense que, si Jésus l’avait voulu, il aurait pu s’arrêter pour l’instruire. Il ne l’a pas fait... Il ne nous revient pas de le faire.

– A ce moment-là, elle ne montrait aucun signe de conversion... Mais maintenant... 79.5Elie, fais voir la bourse. »

Et Judas renverse sur un pan de son manteau – car il s’est assis sur l’herbe – le contenu de la bourse. Anneaux, pendentifs, bracelets, un collier, tout roule : jaune d’or sur le jaune foncé du vêtement de Judas.

– Un tas de bijoux !... Qu’en faisons-nous ?

– Cela peut se vendre, estime Simon.

– Ce sont des choses compromettantes, objecte Judas qui pourtant les admire.

– Je le lui ai dit, moi aussi, en les prenant. J’ai ajouté : “ Ton maître va te battre. ” Elle m’a répondu : “ Ce ne sont pas ses affaires ; c’est à moi. J’en fais ce que je veux. Je sais que c’est l’or du péché... mais il sera purifié s’il sert pour qui est pauvre et saint. Pour qu’il se souvienne de moi ”, et elle pleurait.

– Vas-y, Maître.

– Non.

– Envoie Simon.

– Non.

– Alors, j’y vais, moi.

– Non. »

Les “ non ” de Jésus sont secs et impérieux.

« Ai-je mal fait, Maître, de lui parler et d’accepter cet or ? demande Elie qui voit Jésus soucieux.

– Tu n’as pas mal agi, mais il n’y a rien de plus à faire.

79.6 – Mais peut-être cette femme veut-elle se racheter et a-t-elle besoin qu’on l’instruise, objecte encore Judas.

– En elle se trouvent déjà bien des étincelles capables d’allumer l’incendie dans lequel son vice peut se consumer, laissant son âme à nouveau redevenue vierge par l’effet du repentir. Il y a peu de temps, je vous ai parlé du levain qui agit sur toute la pâte et en fait un pain sanctifié. Ecoutez une courte parabole.

Cette femme, c’est la farine, une farine où le Malin a mélangé ses poussières d’enfer. Moi, je suis le levain : cela signifie que ma parole est le levain. Mais s’il y a trop de son dans la farine, ou si on y a mélangé des graviers et du sable, et de la cendre encore en plus, peut-on faire du pain, même si le levain est excellent ? Non. Il faut extraire patiemment de la farine, son, cendres, gravier et sable. La miséricorde passe et offre le crible... Le premier : il est fait de courtes vérités fondamentales. Il est nécessaire qu’elles soient comprises par la personne prise dans le filet d’une complète ignorance, du vice, des erreurs du paganisme. Si l’âme les accueille, elle commence sa première purification.

La seconde arrive par le crible de l’âme elle-même, qui confronte son être avec l’Etre qui s’est manifesté. Elle a horreur d’elle-même et commence son travail. Par une opération toujours plus précise, après les pierres, après le sable, après la cendre, elle en arrive aussi à enlever ce qui est déjà de la farine, mais avec des grains encore grossiers, trop grossiers pour donner un pain excellent. A ce moment-là, tout est prêt. Alors la miséricorde revient et se mélange à cette farine préparée – cela aussi est préparation, Judas –, elle la fait lever et la transforme en pain. Mais c’est une longue opération qui requiert la “ volonté ” de l’âme.

Cette femme... cette femme possède déjà en elle-même ce minimum qu’il était juste de lui donner et qui peut lui servir à accomplir son travail. Laissons-la faire, si elle le veut, sans la troubler. Tout est trouble pour l’âme qui travaille sur soi : la curiosité, le zèle inconsidéré, les intransigeances aussi bien qu’une pitié exagérée.

79.7 – Alors, nous n’y allons pas ?

– Non, et pour que nul d’entre vous n’en soit tenté, nous partons tout de suite. Dans le bois, il y a de l’ombre. Nous ferons halte au fond de la vallée du Térébinthe et, là, nous nous séparerons. Elie retournera à ses pâturages avec Lévi, pendant que Joseph m’accompagnera jusqu’au gué de Jéricho. Puis... nous nous retrouverons encore. Toi, Isaac, continue ce que tu as fait à Yutta et va d’ici à Docco en passant par Arimathie et Lydda. Nous nous retrouverons là-bas. Il y a la Judée à préparer et tu sais comment t’y prendre : comme tu l’as fait à Yutta.

– Et nous ?

– Vous, vous viendrez, comme je l’ai dit, pour voir ma préparation. Moi aussi, je me suis préparé à la mission.

– En allant chez un rabbi ?

– Non.

– Auprès de Jean-Baptiste ?

– Je n’en ai reçu que le baptême.

– Et alors ?

– Bethléem a parlé par les pierres et les coeurs. Là aussi, où je te conduis, Judas, les pierres, et un coeur, le mien, parleront et répondront à ta question. »

Détail

Élie a été appelé par Aglaé à Hébron. Elle lui a donné ses bijoux. Judas a des réactions... très spontanées et propose de faire demi-tour, mais Jésus s'y refuse et leur donne une parabole sur la pécheresse.

EMV 79.7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

– Et nous ?

– Vous, vous viendrez, comme je l’ai dit, pour voir ma préparation. Moi aussi, je me suis préparé à la mission.

– En allant chez un rabbi ?

– Non.

– Auprès de Jean-Baptiste ?

– Je n’en ai reçu que le baptême.

– Et alors ?

– Bethléem a parlé par les pierres et les coeurs. Là aussi, où je te conduis, Judas, les pierres, et un coeur, le mien, parleront et répondront à ta question. »

Détail

Jésus donne ses instructions aux bergers Élie, Lévi, Joseph et Isaac après les avoir retrouvés. À ce moment-là, Judas intervient et demande ce que le groupe apostolique va faire.

EMV 80.2-4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

80.2 Pendant que je contemple cette désolation, la voix de Jésus vient me secouer : « Nous voici arrivés là où je voulais. » Je me retourne. Je le vois derrière moi, en compagnie de Jean, Simon et Judas, près de la pente rocheuse de la montagne, là où arrive un sentier... il vaudrait mieux dire : là où un long travail des eaux, à la saison des pluies, a érodé le calcaire, creusant au cours des siècles un canal à peine dessiné qui sert à l’écoulement des eaux venant des sommets et qui est maintenant un chemin pour les chèvres sauvages plutôt que pour les hommes.

Jésus regarde autour de lui et répète :

« Oui, c’est là que je voulais vous amener. C’est là que le Christ s’est préparé à sa mission.

– Mais il n’y a rien, ici !

– Il n’y a rien, tu l’as dit.

– Avec qui étais-tu ?

– Avec mon âme et avec le Père.

– Ah, c’était une halte de quelques heures !

– Non, Judas, pas de quelques heures, mais de plusieurs jours...

– Mais qui te servait ? Où as-tu dormi ?

– J’avais pour serviteurs les onagres qui, la nuit, venaient dormir dans leur tanière... dans celle-ci où, moi aussi, je m’étais réfugié. J’avais à mon service les aigles qui m’annonçaient : “ Il fait jour ” de leur cri perçant quand ils partaient en chasse. J’avais pour amis les petits lièvres qui venaient brouter les herbes sauvages, pour ainsi dire à mes pieds... Ma nourriture et ma boisson, c’était ce qui est nourriture et boisson pour les fleurs du désert : la rosée de la nuit, la lumière du soleil. Rien d’autre.

– Mais pourquoi ?

– Pour bien me préparer, comme tu dis, à ma mission. Les choses bien préparées réussissent bien. C’est toi qui l’as dit. Et mon affaire n’était pas la petite et vaine affaire de me mettre en avant, moi, le Serviteur du Seigneur, mais de faire comprendre aux hommes qui est le Seigneur et ainsi de le faire aimer en esprit de vérité. Pauvre serviteur du Seigneur qui pense à son triomphe et non à celui de Dieu ! Qui cherche à en tirer profit, qui songe à s’élever sur un trône fabriqué... fabriqué avec les intérêts de Dieu, avilis jusqu’à traîner par terre, eux qui sont des intérêts célestes. Celui-là n’est plus un serviteur, même s’il en garde l’aspect extérieur. C’est un marchand, un trafiquant, un être faux qui se trompe lui-même, qui trompe les hommes et voudrait tromper Dieu... un malheureux qui se prend pour un prince, mais est un esclave... Esclave du démon, son roi et son maître de mensonge. Ici, dans cette tanière, le Christ a vécu de mortifications et de prière pendant bien des jours pour se préparer à sa mission.

80.3 Et où voudrais-tu que je sois allé me préparer, Judas ? »

Judas est perplexe, désorienté. Il répond finalement :

« Mais je ne sais pas... Je pensais... chez quelque rabbi... auprès des esséniens... Je ne sais.

– Mais pouvais-je trouver un rabbi qui m’en apprenne davantage que ce que me révélaient la puissance et la sagesse de Dieu ? moi, le Verbe éternel du Père, j’étais présent quand le Père créa l’homme et je sais de quelle âme immortelle et animée, de quelle capacité de libre jugement le Créateur l’a doté. Comment aurais-je donc pu aller chercher science et compréhension chez des gens qui nient l’immortalité de l’âme en niant la résurrection finale, qui nient le libre arbitre de l’homme en renvoyant dos à dos vertus et vices, actions saintes et mauvaises réglées par une destinée qu’ils disent fatale et invincible ? Ah non !

Vous avez une destinée, oui. Vous en avez une. Dans l’esprit de Dieu qui vous a créés, il existe pour vous une destinée. Le Père la désire pour vous, et c’est une destinée d’amour, de paix, de gloire : “ la sainteté qui fait de vous ses fils. ” Tel est le destin qui, présent à la pensée divine au moment où Adam fut créé avec de la boue, sera présent jusqu’à la création de la dernière âme humaine.

Mais le Père ne vous fait pas violence dans votre condition de roi. Le roi, s’il est prisonnier, n’est plus roi : il est déchu. Vous êtes rois parce que vous êtes libres dans votre petit royaume individuel, dans votre moi. En lui, vous pouvez faire ce que vous voulez, comme vous voulez.

80.4 En face, aux frontières de votre petit royaume, vous avez un Roi ami et deux puissances ennemies. L’Ami vous montre les règles qu’il a édictées pour rendre heureux ceux qui sont à lui. Il vous les montre. Il vous dit : “ Les voilà ! Avec elles, l’éternelle victoire vous est assurée. ” Il vous les montre, lui, le Sage et le Saint, pour que vous puissiez, si vous le voulez, les mettre en pratique et en retirer une gloire éternelle. Les deux puissances ennemies sont Satan et la chair. Sous le nom de chair, je mets la vôtre et celle du monde : c’est-à-dire les pompes et les séductions du monde, autrement dit la richesse, les fêtes, les honneurs, les pouvoirs qui viennent du monde et qui s’y trouvent, et qu’on n’acquiert pas toujours honnêtement et dont on sait encore moins user honnêtement si l’homme y parvient à la suite d’un ensemble de circonstances.

Satan, le maître de la chair et du monde, s’adresse à nous par lui-même et par la chair. Lui aussi a ses règles, ô combien !... Et puisque le “ moi ” est entouré de chair et que la chair recherche la chair comme les parcelles de fer se dirigent vers l’aimant, et parce que le chant du Séducteur est plus doux que les trilles du rossignol amoureux au clair de lune dans le parfum de la roseraie, il est plus facile de suivre ces règles-là, de se soumettre à ces puissances, de leur dire : “ Je vous considère comme des amies. Entrez. ”

Entrez... Avez-vous jamais vu un allié rester toujours honnête, sans demander le cent pour un pour l’aide qu’il apporte ? C’est ce qu’elles font. Elles entrent... et elles deviennent maîtresses. Maîtresses ? Non : tyranniques. Elles vous lient, vous les hommes, à leurs bancs de galériens, elles vous y enchaînent, elles ne vous laissent plus dégager le cou de leur joug et leur fouet imprime sur vous des marques sanglantes si vous cherchez à leur échapper. Ah ! Se faire frapper jusqu’à en devenir une masse de chair broyée, devenue inutilisable au point que leur pied cruel la repousse, ou mourir sous leurs coups.

Si vous savez vous livrer à ce martyre, vous livrer à ce martyre, alors passe la Miséricorde, la seule qui puisse encore avoir pitié de cette répugnante misère pour laquelle le monde – un des deux maîtres –, éprouve du dégoût et sur laquelle l’autre maître – Satan – décoche ses flèches vengeresses. Et la Miséricorde, la seule à passer à ses côtés, se penche, l’accueille, la soigne, la guérit et lui dit : “ Viens, ne crains pas. Ne te regarde pas. Tes plaies ne sont plus que des cicatrices, mais tellement innombrables qu’elles te feraient horreur, tant elles te défigurent. Mais, moi, ce n’est pas elles que je regarde, je regarde ta volonté. En raison de cette bonne volonté, tu es marquée d’un signe. Et en raison de ce signe, je te dis : Je t’aime, viens avec moi ”, et elle la porte dans son Royaume. Alors vous comprenez que Miséricorde et Amitié royale sont une même personne. Vous retrouvez les règles que l’Ami vous avait montrées et que vous n’aviez pas voulu suivre. Maintenant vous en avez la volonté... et vous arrivez à la paix de la conscience d’abord, à la paix de Dieu ensuite.

Dites-moi donc. Est-ce que cette destinée a été imposée par Un seul à tous, ou bien chacun, personnellement, l’a-t-il voulue pour lui-même ?

– C’est chacun qui l’a voulue.

– Tu juges bien, Simon. Pouvais-je, moi, aller trouver ceux qui nient la bienheureuse résurrection et le don de Dieu pour me former ?

Détail

Réactions de Judas quand ils sont sur le massif de la Tentation. Jésus lui enseigne alors qu'il devait se préparer, non pas dans le but de se mettre en avant, lui qui est le Serviteur du Seigneur, mais dans le but de faire "comprendre aux hommes qui est le Seigneur". Il insiste sur combien est misérable le serviteur qui pense à son triomphe humain plutôt qu'à celui de Dieu. Enfin, quand Judas suppose que le Christ a été se former chez les esséniens, Jésus réfute sa proposition et insiste sur la liberté de l'homme et sa destinée d'enfant de Dieu.