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Qui sont les apôtres ?

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EMV 80.5 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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80.5 C’est ici que je suis venu. J’ai pris mon âme de Fils de l’homme et me la suis travaillée par les ultimes touches, terminant le labeur de trente années d’anéantissement et de préparation pour aborder avec perfection mon ministère. Maintenant, je vous demande de rester avec moi quelques jours dans cette tanière. Ce séjour sera toujours moins désolé car nous serons quatre amis pour nous défendre contre les tristesses, les peurs, les tentations, les besoins de la chair. Moi, j’étais seul. Ce sera moins pénible parce que maintenant c’est l’été, et ici, en altitude, le vent des sommets tempère la chaleur. Moi, j’y suis venu à la fin de la lune de Tebet et le vent qui descendait des neiges du sommet était glacial. Ce séjour sera moins torturant parce que plus court et parce que nous avons maintenant ce minimum de nourriture qui peut apaiser notre faim. Et, dans les gourdes que je vous ai fait donner par les bergers, il y a assez d’eau pour ce court séjour. Moi... Moi, j’ai besoin d’arracher deux âmes à Satan. Il n’y a que la pénitence qui puisse en venir à bout. Je vous demande de l’aide. Cela servira aussi à votre formation. Vous apprendrez comment on arrache les proies à Mammon : moins par les mots que par le sacrifice... Les mots !... Le vacarme satanique empêche qu’on les écoute... Les âmes qui sont la proie de l’Ennemi sont emportées dans un tourbillon de voix infernales... Voulez-vous rester avec moi ? Mais si vous, vous ne voulez pas, partez. Moi je reste. Nous nous retrouverons à Tecua, près du marché.

– Non, Maître, je ne t’abandonne pas » dit Jean, pendant qu’en même temps Simon s’écrie :

« C’est pour nous élever que tu nous veux avec toi dans cette rédemption. »

Judas... ne me paraît pas très enthousiaste, mais il fait bonne figure au... destin et dit :

« Moi, je reste.

– Prenez alors les gourdes, les sacs et portez-les à l’intérieur et, avant que le soleil ne soit brûlant, coupez du bois et entassez-le près de l’ouverture. La nuit est froide ici, même en été, et toutes les bêtes ne sont pas inoffensives. Allumez tout de suite une branche de cette plante d’acacia gommeux. Cela brûle bien. Nous regarderons dans les fissures pour chasser par le feu aspics et scorpions. Allez-y »...

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Jésus est au massif de la Tentation, où il a jeûné pendant quarante jours. Il dit :

EMV 80.8-11 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Ecoutez. Un jour, un homme m’a demandé si j’avais jamais été tenté. Si je n’avais jamais péché. Si, au cours de la tentation, je n’avais jamais cédé. Et il fut stupéfait de ce que moi, le Messie, j’aie demandé, pour résister, l’aide du Père en disant : “ Père, ne m'induis pas en tentation. ” »

Jésus parle doucement, comme s’il racontait un fait ignoré de tous... Judas baisse la tête comme s’il était gêné. Mais les autres sont tellement attentifs à regarder Jésus qu’ils ne s’en aperçoivent pas.

Jésus continue :

« Maintenant vous, mes amis, vous pourrez savoir ce que cet homme n’a appris que succinctement. Après mon baptême – j’étais pur, mais on ne l’est jamais suffisamment par rapport au Très-Haut, et l’humilité de dire : “ Je suis un homme pécheur ” est déjà un baptême qui purifie le coeur –, après mon baptême, donc, je suis venu ici. J’avais été appelé “ l’Agneau de Dieu ” par celui qui, saint et prophète, voyait la Vérité et voyait l’Esprit descendre sur le Verbe et l’oindre de son chrême d’amour, tandis que la voix du Père emplissait les cieux en proclamant : “ Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute ma complaisance. ” Toi, Jean, tu étais présent quand Jean-Baptiste a répété ces mots... Après mon baptême et bien que je sois pur par nature et par ma personnalité, j’ai voulu “ me préparer. ” Oui, Judas. Regarde-moi. Mes yeux te disent ce que ma bouche tait encore. Regarde-moi, Judas. Regarde ton Maître qui ne s’est pas senti supérieur à l’homme du fait qu’il était le Messie et qui, même sachant qu’il était l’Homme, a voulu l’être en tout, sauf dans la complaisance au mal. Voilà : c’est comme cela. »

Judas a maintenant levé son visage et regarde Jésus, qu’il a en vis-à-vis. La lumière des étoiles fait briller les yeux de Jésus comme si c’étaient deux étoiles éclairant son pâle visage.

80.9 « Pour se préparer à être maître, il faut avoir été écolier. En tant que Dieu, je savais tout. Mon intelligence pouvait aussi me faire comprendre les combats de l’homme par mon intelligence et intellectuellement. Mais un jour, quelque pauvre ami à moi, quelque pauvre fils à moi, aurait pu dire et me dire : “ Tu ne sais pas ce que c’est que d’être un homme et d’avoir sentiments et passions. ” Ç’aurait été un reproche juste. Je suis venu ici, sur ce mont, pour me préparer... non seulement à la mission... mais à la tentation. Voyez-vous ? Là où vous êtes assis, moi je fus tenté. Par qui ? Par un mortel ? Non. Sa puissance aurait été trop faible. J’ai été tenté par Satan, directement.

J’étais épuisé. Voilà quarante jours que je n’avais rien mangé... Mais tant que j’avais été perdu dans l’oraison, tout s’était anéanti dans la joie de parler avec Dieu, plus qu’anéanti : devenu supportable. Je le ressentais comme un désagrément matériel, qui se bornait à la matière seule... Puis je suis revenu au monde... sur les routes du monde... et j’ai ressenti les besoins de tout homme qui vit dans ce monde. J’ai eu faim. J’ai eu soif. J’ai senti le froid vif de la nuit du désert. J’ai senti mon corps brisé par le manque de repos, de lit, et à cause du long chemin accompli dans de telles conditions d’épuisement qu’elles m’empêchaient d’aller plus loin...

Car j’ai une chair, moi aussi, mes amis. Une vraie chair. Et elle est sujette aux mêmes faiblesses qu’éprouvent toutes les chairs. Et avec la chair, j’ai un coeur. Oui. De l’homme, j’ai pris la première et la deuxième des trois parties qui constituent l’homme. J’ai pris la matière avec ses exigences et la sensibilité avec ses passions. Si, par l’effet de ma volonté, j’ai fait plier dès avant leur naissance toutes les passions qui ne sont pas bonnes, j’ai laissé croître, puissantes comme des cèdres centenaires, les saintes passions de l’amour filial, de l’amour de la patrie, des amitiés, du travail, de tout ce qui est excellent et saint. Et ici, j’ai éprouvé la nostalgie de ma Mère éloignée, j’ai ressenti le besoin de ses soins sur ma fragilité d’homme. Ici, j’ai senti se renouveler la souffrance de m’être séparé de la seule personne qui m’aime parfaitement. Ici, j’ai éprouvé la souffrance qui m’était réservée et la douleur de sa douleur, pauvre Maman, qui n’aura plus de larmes tant elle devra en répandre pour son Fils et à cause des hommes. Ici, j’ai ressenti la lassitude du héros et de l’ascète qui, en une heure de prémonition, se rend compte de l’inutilité de son effort... J’ai pleuré... La tristesse... quel appel magique pour Satan ! Ce n’est pas un péché d’être triste si le moment est torturant. Ce qui en est un, c’est de s’abandonner à la tristesse et de tomber dans l’inertie ou le désespoir. Mais Satan arrive tout de suite quand il voit quelqu’un tomber dans la langueur spirituelle.

Il est venu, en habits de voyageur serviable. Il prend toujours un aspect sympathique... J’avais faim... et j’avais mes trente ans dans le sang. Il m’a offert son aide et il a commencé par me susurer : “ Dis à ces pierres de se transformer en pain. ” Mais, encore avant ... oui... encore avant, il m’avait parlé de la femme... Ah ! Il sait bien en parler ! Il la connaît à fond. Il a commencé par la corrompre pour s’en faire une alliée dans son oeuvre de corruption. Je ne suis pas seulement le Fils de Dieu. Je suis Jésus, l’artisan de Nazareth. A cet homme qui me parlait alors, me demandant si je connaissais la tentation et m’accusait presque d’être injustement heureux parce que je n’avais pas péché, à cet homme j’ai dit : “ L’acte s’apaise par la satisfaction. La tentation repoussée ne disparaît pas, mais se fait plus forte, surtout parce que Satan l’excite. ” J’ai repoussé la double tentation de la faim de la femme et de la faim de pain. Et sachez que Satan me proposait la première, et il n’avait pas tort, d’après le jugement des hommes, comme la meilleure alliée pour m’imposer dans le monde.

La Tentation, qui n’était pas vaincue par mon : “ Ce n’est pas seulement des sens que vit l’homme ”, m’a alors parlé de ma mission. Elle voulait séduire le Messie après avoir tenté l’homme jeune. Elle me poussa à anéantir les indignes ministres du Temple par le biais d’un miracle... Le miracle, flamme du Ciel, ne se prête pas à se faire cercle d’osier pour qu’on s’en tresse une couronne... Et on ne tente pas Dieu en lui demandant des miracles à des fins humaines. C’est cela que voulait Satan. Le motif présenté était un prétexte ; la vérité était : “ Glorifie-toi d’être le Messie ”, pour m’amener à l’autre concupiscence, celle de l’orgueil.

Pas encore vaincu par mon : “ Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu ”, il a cherché à me circonvenir par la troisième force de sa nature : l’or. Ah, l’or ! Pour ceux qui sont affamés de pain ou de jouissance, le pain est une grande chose, et la femme plus encore. Pour l’homme, l’acclamation des foules compte énormément... Dans ces trois domaines, que de fautes se commettent ! Mais l’or... l’or... Clé qui ouvre, moyen de corruption, c’est l’alpha et l’oméga de quatre-vingt-dix-neuf actions sur cent des hommes. Pour le pain et la femme, l’homme devient voleur. Pour le pouvoir, il va jusqu’à l’homicide. Mais, pour l’or, il devient idolâtre. Le roi de l’or, Satan, m’a offert son or pour que je l’adore... Je l’ai transpercé par les paroles éternelles : “ Tu n’adoreras que le Seigneur ton Dieu. ”

C’est ici que cela s’est passé. »

80.10 Jésus s’est levé. Il paraît plus grand qu’à l’ordinaire dans la plaine qui l’entoure, à la lumière légèrement phosphorescente qui tombe des étoiles. Les disciples se lèvent eux aussi. Jésus continue à parler en fixant intensément Judas.

« Alors sont venus les anges du Seigneur... L’Homme avait remporté la triple victoire. L’Homme savait ce que voulait dire être homme et il avait vaincu. Il était épuisé. Ce combat avait été plus épuisant que le jeûne prolongé... Mais l’esprit dominait... Je crois que les Cieux ont tressailli à mon affirmation complète de créature douée de connaissance. C’est à partir de ce moment, je crois, qu’est venu en moi le pouvoir de faire des miracles. J’avais été Dieu. J’étais devenu l’Homme. Maintenant, triomphant des tendances animales liées à la nature humaine, j’étais devenu l’Homme-Dieu. Je le suis. Et comme Dieu, je puis tout. Comme homme, j’ai l’expérience de tout. Vous aussi, agissez comme moi, si vous voulez faire ce que je fais. Et faites-le en mémoire de moi.

Cet homme s’étonnait que j’aie demandé l’aide du Père et que je l’aie prié de ne pas m’induire en tentation. Par conséquent, de ne pas m’abandonner au risque d’une tentation qui dépasserait mes forces. Je crois que cet homme, maintenant qu’il sait, ne s’en étonnera plus. Agissez-vous aussi de même en mémoire de moi, et aussi pour vaincre comme moi. Quand vous me verrez fort dans toutes les épreuves de la vie, victorieux dans les combats contre les cinq sens, de la sensibilité et des sentiments, ne doutez jamais de ma nature de véritable être humain, et en plus d’être divin. Souvenez-vous de tout cela.

80.11 Je vous avais promis de vous conduire là où vous auriez pu connaître le Maître... depuis l’aube de son jour – une aube aussi pure que celle qui va se lever – jusqu’au midi de sa vie, ce midi d’où je suis parti pour aller à la rencontre du soir humain de ma vie... J’ai dit à l’un de vous : “ Moi aussi, je me suis préparé. ” Vous voyez que c’était vrai. Je vous remercie de m’avoir tenu compagnie dans ce retour à mon lieu de naissance et à mon lieu de pénitence. Les premiers contacts avec le monde m’avaient déjà donné la nausée et découragé. Il est trop laid. Désormais, mon âme s’est nourrie de la moelle du lion : la fusion avec le Père dans l’oraison et la solitude. Je peux retourner dans le monde pour reprendre ma croix, ma première croix de Rédempteur : celle du contact avec le monde, avec le monde où trop rares sont les âmes qui s’appellent Marie, qui s’appellent Jean...

Détail

Résumé : Leçon sur la tentation du Christ. On y aborde Satan, la tentation du Seigneur, le fait qu'il est l'Homme-Dieu et donc le Fils de l'Homme...

Annotation

Matthieu 3, 13-17 et 4, 1-11 : Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie.

Alors Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim.

Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »

Alors le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. » Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. »

Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient.

Marc 1, 9-13

En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. Et aussitôt, en remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Il y eut une voix venant des cieux : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. » Aussitôt l’Esprit pousse Jésus au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.

Luc 3, 21- 22 et 4,1-13 : Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Jésus, rempli d’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim.

Le diable lui dit alors : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. » Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain. »

Alors le diable l’emmena plus haut et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre. Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. » Jésus lui répondit : « Il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte. »

Puis le diable le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi, à ses anges, l’ordre de te garder ; et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui fit cette réponse : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé.

Jean 1, 29-34 : Le lendemain, voyant Jésus venir vers lui, Jean déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. » Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.” Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »

EMV 80.8 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Maintenant vous, mes amis, vous pourrez savoir ce que cet homme n’a appris que succinctement. Après mon baptême – j’étais pur, mais on ne l’est jamais suffisamment par rapport au Très-Haut, et l’humilité de dire : “ Je suis un homme pécheur ” est déjà un baptême qui purifie le coeur –, après mon baptême, donc, je suis venu ici. J’avais été appelé “ l’Agneau de Dieu ” par celui qui, saint et prophète, voyait la Vérité et voyait l’Esprit descendre sur le Verbe et l’oindre de son chrême d’amour, tandis que la voix du Père emplissait les cieux en proclamant : “ Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute ma complaisance. ” Toi, Jean, tu étais présent quand Jean-Baptiste a répété ces mots... Après mon baptême et bien que je sois pur par nature et par ma personnalité, j’ai voulu “ me préparer. ” Oui, Judas. Regarde-moi. Mes yeux te disent ce que ma bouche tait encore. Regarde-moi, Judas. Regarde ton Maître qui ne s’est pas senti supérieur à l’homme du fait qu’il était le Messie et qui, même sachant qu’il était l’Homme, a voulu l’être en tout, sauf dans la complaisance au mal. Voilà : c’est comme cela. »

Annotation

Matthieu 3, 13-17 et 4, 1-11 : Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie.

Alors Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim.

Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »

Alors le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. » Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. »

Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient.

Marc 1, 9-13

En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. Et aussitôt, en remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Il y eut une voix venant des cieux : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. » Aussitôt l’Esprit pousse Jésus au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.

Luc 3, 21- 22 et 4,1-13 : Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Jésus, rempli d’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim.

Le diable lui dit alors : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. » Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain. »

Alors le diable l’emmena plus haut et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre. Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. » Jésus lui répondit : « Il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte. »

Puis le diable le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi, à ses anges, l’ordre de te garder ; et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui fit cette réponse : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé.

Jean 1, 29-34 : Le lendemain, voyant Jésus venir vers lui, Jean déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. » Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.” Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »

EMV 80.11 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Maintenant, écoutez, surtout toi, Jean. Nous revenons vers ma Mère et vers nos amis. Je vous en prie : ne rapportez pas à ma Mère la dureté qui s’est opposée à l’amour de son Fils. Elle en souffrirait trop. Elle souffrira tellement de cette cruauté de l’homme... mais ne lui en présentons pas le calice dès maintenant. Il sera si amer quand il lui sera tendu ! Si amer, que tel un poison, il se glissera comme un serpent dans ses viscères saints et dans ses veines et les mordra, lui glacera le coeur. Ah ! Ne dites pas à ma Mère que Bethléem et Hébron m’ont repoussé comme un chien ! Pitié pour elle ! Toi, Simon, tu es âgé et bon, tu es réfléchi et ne parleras pas, je le sais. Toi, Judas, tu es judéen et tu ne parleras pas par fierté patriotique. Mais toi, Jean, toi qui es galiléen et jeune, ne tombe pas dans le péché d’orgueil, de critique, de cruauté. Tais-toi. Plus tard... plus tard tu raconteras aux autres ce que maintenant je te prie de taire. Même aux autres. Il y a déjà tant à dire en ce qui concerne le Christ. Pourquoi y mêler ce qui vient de Satan contre le Christ ? Mes amis : me promettez-vous tout cela ?

– Oh ! Maître, bien sûr que nous te le promettons ! Sois tranquille !

– Merci. Allons jusqu’à cette petite oasis. Il y a là une source, une citerne pleine d’eau fraîche, de l’ombre, de la verdure. La route vers le fleuve passe à côté. Nous pourrons y trouver nourriture et repos jusqu’au soir. A la clarté des étoiles, nous atteindrons le fleuve, le gué. Nous attendrons Joseph, ou nous nous joindrons à lui, s’il est déjà revenu. Allons. »

Ils se mettent en route, tandis qu’à l’orient une première lueur rose annonce qu’un nouveau jour se lève.

Détail

Jésus demande aux apôtres, après qu'il soit allé à Bethléem, à Kérioth et au mont de la Tentation :

EMV 81 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Jésus rencontre pour la première fois les bergers Siméon, Matthias, Jean. Il est aussi accompagné du berger Joseph, de Simon le Zélote, et de Jean. D'abord intimidés, les bergers sont vite mis à l'aise et racontent que Jean est incarcéré. Ils pourraient le libérer avec une somme suffisante. Or le groupe a les bijoux d'Aglaé. Judas est envoyé les vendre en compagnie de Jean. Simon le Zélote avoue alors son malaise vis-à-vis de l'Iscariothe.

EMV 81.1-3.7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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81.1 Je revois le gué du Jourdain : la verte avenue qui longe le fleuve sur ses deux berges, très fréquentée par les voyageurs en raison de son ombrage. Des files d’ânons accompagnés par des hommes vont et viennent. Sur le bord du fleuve, trois hommes font paître quelques brebis. Sur la route, Joseph regarde en haut et en bas.

Au loin, là où une route débouche sur cette avenue fluviale, Jésus apparaît avec trois disciples. Joseph appelle les bergers, et ceux-ci poussent les brebis sur la route en les faisant cheminer sur la berge herbeuse. Ils se hâtent à la rencontre de Jésus.

« Moi, je n’ose guère... Que lui dirai-je en guise de salutation ?

– Oh, il est si bon ! Tu lui diras : “ Que la paix soit avec toi ! ” Lui aussi salue toujours de cette manière.

– Lui, oui... mais nous...

– Et moi, qui suis-je ? Je ne suis même pas un de ses premiers adorateurs, et il m’aime tellement, tellement !

– Lequel est-ce ?

– Le plus grand, le plus blond.

– Nous lui parlerons de Jean-Baptiste, Mathias ?

– Oh oui !

– Ne croira-t-il pas que nous le lui avons préféré ?

– Mais non, Siméon. S’il est le Messie, il voit dans les coeurs et il verra dans le nôtre qu’en Jean-Baptiste nous ne cherchions que lui.

– Tu as raison. »

Les deux groupes sont maintenant à quelques mètres l’un de l’autre. Jésus sourit déjà de son sourire qu’on ne saurait décrire. Joseph presse le pas. Les brebis se mettent à trotter, elles aussi, poussées par les pâtres.

« Que la paix soit avec vous » dit Jésus en levant les bras comme pour les étreindre. Et il précise : « Que la paix soit avec vous, Siméon, Jean et Mathias, mes fidèles et les fidèles de Jean le prophète ! Paix à toi, Joseph », puis il l’embrasse sur la joue. Les trois autres sont maintenant à genoux. « Venez, mes amis, sous ces arbres, sur la grève du fleuve, et parlons. »

Ils descendent et Jésus s’assied sur une souche qui dépasse, les autres par terre. Jésus sourit et les regarde très attentivement, un par un :

« Laissez-moi connaître vos visages. Vos âmes, je les connais déjà, comme des âmes de justes qui recherchent le bien qu’ils aiment, contre tous les intérêts du monde. Je vous apporte le salut d’Isaac, d’Elie et de Lévi. Et un autre salut : celui de ma Mère.

81.2 Avez-vous des nouvelles de Jean-Baptiste ? »

Les hommes, jusqu’alors rendus muets par la timidité, se rassurent. Ils retrouvent la parole :

« Il est encore en prison, et notre coeur tremble pour lui, car il est aux mains d’un homme cruel, dominé par une créature infernale et entouré d’une cour corrompue. Nous l’aimons... Tu sais que nous l’aimons et qu’il mérite notre amour. Depuis que tu as quitté Bethléem, nous avons été frappés par les hommes... mais plus que par leur haine, nous étions désolés, abattus comme des arbres que le vent a brisés pour t’avoir perdu, toi. Nous avons ensuite traversé des années de peine, comme quelqu’un qui aurait les paupières cousues, cherchant le soleil et ne pouvant le voir parce qu’il est lui aussi en prison et ne peut pas même le reconnaître à la tiédeur qu’il sent sur sa peau. C’est alors que nous avons pris conscience que Jean-Baptiste était l’homme de Dieu prédit par les prophètes pour préparer le chemin de son Christ, et nous sommes allés à lui. Nous nous sommes dit : “ S’il le précède, en allant vers lui, nous le trouverons. ” Car c’est toi, Seigneur, celui que nous cherchions.

– Je le sais, et vous m’avez trouvé. Je suis avec vous.

– Joseph nous a dit que tu es venu chez Jean-Baptiste. Nous n’y étions pas ce jour-là. Peut-être étions-nous allés quelque part pour lui. Dans les services spirituels qu’il nous demandait, nous le servions avec beaucoup d’amour, de même que nous l’écoutions avec amour malgré sa grande sévérité, parce que, même s’il n’était pas toi, le Verbe, c’étaient tout de même les paroles de Dieu qu’il disait.

– Je le sais. 81.3 Et lui, vous ne le connaissez pas ? dit-il en montrant Jean.

– Nous le voyions avec d’autres Galiléens dans les foules les plus fidèles à Jean-Baptiste. Et, sauf erreur, tu es celui dont le nom est Jean et dont il disait, à nous ses intimes : “ Voilà : je suis le premier, lui le dernier. Ensuite ce sera : lui le premier et moi le dernier. ” On n’a jamais compris ce qu’il voulait dire. »

Jésus se tourne vers Jean, à sa gauche, et l’attire contre son coeur avec un sourire encore plus lumineux... Il explique :

« Il voulait dire qu’il était le premier à dire : “ Voici l’Agneau ”, et que Jean serait le dernier des amis du Fils de l’homme à parler aux foules de l’Agneau ; mais que, dans le coeur de l’Agneau, Jean est le premier parce qu’il lui est cher plus que tout autre homme. Voilà ce que Jean-Baptiste voulait dire. Mais, quand vous le verrez – car vous le verrez encore et le servirez encore, jusqu’à l’heure dite –, assurez-le qu’il n’est pas le dernier dans le coeur du Christ. C’est moins par le sang que par la sainteté qu’il est aimé autant que Jean. Et vous, gardez-en le souvenir. Si l’humilité du saint lui fait proclamer qu’il est “ le dernier ”, la Parole de Dieu le proclame pareil au disciple qui m’est cher. Dites-lui que j’aime Jean parce qu’il porte son nom et que je retrouve en lui les traits de Jean-Baptiste chargé de préparer les âmes au Christ.

– Nous le lui dirons... Mais le verrons-nous encore ?

– Vous le reverrez.

[Jésus discute avec les Bergers du fait que Jean est emprisonné et qu'il faut un certain montant pour le libérer. Il est décidé que Judas vendra les bijoux d'Aglaé. Quand l'Iscariothe s'en va, le Maître reprend à l'attention des Bergers :]

81.7 « Je voudrais vous être agréable, dit Jésus.

– Tu nous le seras toujours, Maître. Que le Très-Haut te bénisse pour nous ! Cet homme est ton ami ?

– Il l’est. Il ne te paraît pas possible qu’il le soit ? »

Jean, le berger, baisse la tête et se tait. Le disciple Simon prend la parole :

« Seul celui qui est bon sait voir. Moi, je ne suis pas bon et je ne vois pas ce que voit la Bonté. Je vois l’extérieur. Celui qui est bon pénètre jusqu’à l’intérieur. Toi aussi, Jean, tu vois comme moi, mais le Maître est bon... et il voit... »

EMV 81.3 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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– Et lui, vous ne le connaissez pas ? dit-il en montrant Jean.

– Nous le voyions avec d’autres Galiléens dans les foules les plus fidèles à Jean-Baptiste. Et, sauf erreur, tu es celui dont le nom est Jean et dont il disait, à nous ses intimes : “ Voilà : je suis le premier, lui le dernier. Ensuite ce sera : lui le premier et moi le dernier. ” On n’a jamais compris ce qu’il voulait dire. »

Jésus se tourne vers Jean, à sa gauche, et l’attire contre son coeur avec un sourire encore plus lumineux... Il explique :

« Il voulait dire qu’il était le premier à dire : “ Voici l’Agneau ”, et que Jean serait le dernier des amis du Fils de l’homme à parler aux foules de l’Agneau ; mais que, dans le coeur de l’Agneau, Jean est le premier parce qu’il lui est cher plus que tout autre homme. Voilà ce que Jean-Baptiste voulait dire. Mais, quand vous le verrez – car vous le verrez encore et le servirez encore, jusqu’à l’heure dite –, assurez-le qu’il n’est pas le dernier dans le coeur du Christ. C’est moins par le sang que par la sainteté qu’il est aimé autant que Jean. Et vous, gardez-en le souvenir. Si l’humilité du saint lui fait proclamer qu’il est “ le dernier ”, la Parole de Dieu le proclame pareil au disciple qui m’est cher. Dites-lui que j’aime Jean parce qu’il porte son nom et que je retrouve en lui les traits de Jean-Baptiste chargé de préparer les âmes au Christ.

– Nous le lui dirons... Mais le verrons-nous encore ?

– Vous le reverrez.

Détail

Jésus discute avec des bergers de Bethléem, disciples de Jean-Baptiste.

EMV 81.5-6 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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81.5 – Judas, tu as dit que ces bijoux sont très beaux.

– Beaux et de grande valeur.

– Combien peuvent-ils valoir ? Il me semble que tu t’y entends.

– Oui, je m’y entends. Pourquoi veux-tu connaître leur valeur, Maître ? Veux-tu les vendre ? Pourquoi ?

– Peut-être... Dis-moi, combien peuvent-ils valoir ?

– Vendus dans de bonnes conditions, au moins... au moins six talents.

– En es-tu sûr ?

– Oui, Maître. Le collier à lui seul, gros et lourd, vaut au moins trois talents. Je l’ai bien examiné. Et aussi les bracelets... Je me demande comment les poignets fins d’Aglaé pouvaient en supporter le poids.

– C’était des menottes pour elle, Judas.

– C’est vrai, Maître... mais beaucoup voudraient avoir de ces menottes-là !

– Tu crois ? Qui ?

– Mais... beaucoup !

– Oui, beaucoup qui n’ont de l’homme que le nom... Connaîtrais-tu un acheteur éventuel ?

– En somme, tu veux les vendre ? Et pour Jean-Baptiste ? Mais, regarde : c’est de l’or maudit !

– Oh ! Incohérence humaine ! Tu viens de dire, avec un désir évident, que beaucoup voudraient avoir cet or, et puis tu l’appelles maudit ? Judas, Judas !... C’est de l’or maudit, oui, maudit. Mais elle a dit : “ Il sera sanctifié en servant au pauvre et au saint. ” C’est pour cela qu’elle l’a donné, pour que le bénéficiaire prie pour sa pauvre âme qui, comme une chrysalide, est en train de pousser dans la semence de son coeur. Qui est plus saint et plus pauvre que Jean-Baptiste ? Il est, par sa mission, l’égal d’Elie, mais pour ce qui est de la sainteté, il est plus grand qu’Elie. Il est plus pauvre que moi. Moi, j’ai une Mère et une maison... Quand on en a – qui plus est pures et saintes comme les miennes –, on n’est jamais un délaissé. Lui n’a plus de maison et même plus le tombeau de sa mère. Tout a été violé, profané par la perversité humaine.

81.6 Quel est donc l’acheteur ?

– Il y en a un à Jéricho et beaucoup à Jérusalem. Mais celui de Jéricho ! Ah ! C’est un rusé levantin, batteur d’or, usurier, brocan­teur, entremetteur, un voleur sûrement, homicide peut-être... certainement poursuivi par Rome. Il se fait appeler Isaac pour paraître hébreu, mais son vrai nom est Diomède. Je le connais bien...

– Ça se voit ! » interrompt Simon le Zélote qui parle peu, mais observe tout. Et il demande :

« Comment as-tu fait pour si bien le connaître ?

– Mais... tu sais... Pour faire plaisir à des amis influents. Je suis allé le voir... et j’ai fait des affaires... Nous, au Temple... tu sais...

– Oui !... Vous faites tous les métiers », conclut Simon avec une froide ironie.

Judas rougit, mais se tait.

« Peut-il acheter ? demande Jésus.

– Je crois. L’argent ne lui manque jamais. Bien sûr, il faut savoir vendre car c’est un grec astucieux et s’il se rend compte qu’il a affaire à une personne honnête, à une... colombe qui sort du nid, il la plume à souhait. Mais s’il a affaire à un vautour comme lui...

– Vas-y toi, Judas. Tu es le type qu’il faut. Tu as la ruse du renard et la rapacité du vautour. Oh ! Pardonne-moi, Maître. J’ai parlé avant toi ! Ajoute Simon le Zélote.

– Je suis de ton avis et je dis donc à Judas d’y aller. Jean, accompagne-le, nous nous retrouverons au coucher du soleil. Le lieu du rendez-vous sera près de la place du marché. Va et fais pour le mieux. »

Judas se lève aussitôt. Jean a les yeux implorants d’un petit chien que l’on chasse. Mais Jésus a repris la conversation avec les bergers et ne s’en aperçoit pas. Et Jean se met en route à la suite de Judas.

Détail

Jésus parle avec les bergers de Bethléem de Jean-Baptiste. Il pourrait être libéré moyennant argent. Or ils ont les bijoux d'Aglaé et Judas peut les vendre à un certain Diomède.

EMV 81.6-7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

81.6 Quel est donc l’acheteur ?

– Il y en a un à Jéricho et beaucoup à Jérusalem. Mais celui de Jéricho ! Ah ! C’est un rusé levantin, batteur d’or, usurier, brocan­teur, entremetteur, un voleur sûrement, homicide peut-être... certainement poursuivi par Rome. Il se fait appeler Isaac pour paraître hébreu, mais son vrai nom est Diomède. Je le connais bien...

– Ça se voit ! » interrompt Simon le Zélote qui parle peu, mais observe tout. Et il demande :

« Comment as-tu fait pour si bien le connaître ?

– Mais... tu sais... Pour faire plaisir à des amis influents. Je suis allé le voir... et j’ai fait des affaires... Nous, au Temple... tu sais...

– Oui !... Vous faites tous les métiers », conclut Simon avec une froide ironie.

Judas rougit, mais se tait.

« Peut-il acheter ? demande Jésus.

– Je crois. L’argent ne lui manque jamais. Bien sûr, il faut savoir vendre car c’est un grec astucieux et s’il se rend compte qu’il a affaire à une personne honnête, à une... colombe qui sort du nid, il la plume à souhait. Mais s’il a affaire à un vautour comme lui...

– Vas-y toi, Judas. Tu es le type qu’il faut. Tu as la ruse du renard et la rapacité du vautour. Oh ! Pardonne-moi, Maître. J’ai parlé avant toi ! Ajoute Simon le Zélote.

– Je suis de ton avis et je dis donc à Judas d’y aller. Jean, accompagne-le, nous nous retrouverons au coucher du soleil. Le lieu du rendez-vous sera près de la place du marché. Va et fais pour le mieux. »

Judas se lève aussitôt. Jean a les yeux implorants d’un petit chien que l’on chasse. Mais Jésus a repris la conversation avec les bergers et ne s’en aperçoit pas. Et Jean se met en route à la suite de Judas.

81.7 « Je voudrais vous être agréable, dit Jésus.

– Tu nous le seras toujours, Maître. Que le Très-Haut te bénisse pour nous ! Cet homme est ton ami ?

– Il l’est. Il ne te paraît pas possible qu’il le soit ? »

Jean, le berger, baisse la tête et se tait. Le disciple Simon prend la parole :

« Seul celui qui est bon sait voir. Moi, je ne suis pas bon et je ne vois pas ce que voit la Bonté. Je vois l’extérieur. Celui qui est bon pénètre jusqu’à l’intérieur. Toi aussi, Jean, tu vois comme moi, mais le Maître est bon... et il voit...

– Que vois-tu, Simon, en Judas ? Je t’ordonne de parler.

– Voilà : je pense, en le regardant, à certains endroits mystérieux qui semblent être des antres de fauves ou des marais fétides. On n’en voit qu’un grand enchevêtrement et on les évite de loin par peur. Alors que... alors qu’il y a aussi, par derrière, des tourterelles et des rossignols et le sol abonde en sources bienfaisantes et en herbes salutaires. Je veux croire que Judas est comme cela. ... Je le crois parce que tu l’as pris, toi qui sais...

– Oui. Moi qui sais... Il y a beaucoup de replis dans le coeur de cet homme... Néanmoins il ne manque pas de bons côtés. Tu l’as vu à Bethléem, et aussi à Kérioth. Si ce bon côté humain, qui n’est que bonté humaine, s’élevait à la hauteur d’une bonté spirituelle, alors Judas serait tel que tu voudrais qu’il soit. Il est jeune...

– Jean aussi est jeune...

– Et dans ton coeur tu achèves : et il est meilleur. Mais Jean, c’est Jean ! Aime-le, Simon, ce pauvre Judas... Je t’en prie. Si tu l’aimes... il te paraîtra meilleur.

– Je m’y efforce, pour toi... Mais c’est lui qui brise tous mes efforts comme on le fait des roseaux d’une rivière... Néanmoins, Maître, je n’ai qu’une loi : faire ce que tu veux. C’est pourquoi j’aime Judas, en dépit de quelque chose qui crie en moi, contre lui et dans ma conscience.

– Quoi donc, Simon ?

– Je ne sais pas exactement... Quelque chose comme le cri de la sentinelle dans la nuit... et qui me dit : “ Ne dors pas ! Sois vigilant ! ” Je ne sais pas... Cela n’a pas de nom. Mais c’est... c’est un cri qui s’élève en moi contre lui.

– N’y pense plus, Simon, n’essaye pas de le préciser. Certaines vérités ne sont pas bonnes à connaître... et leur connaissance pourrait être pour toi cause de méprises. Laisse faire ton Maître. Toi, donne-moi ton amour et pense qu’il me fait plaisir... »

Détail

Jésus demande à Judas qui est l'acheteur qui pourrait se procurer les bijoux d'Aglaé. Simon intervient alors et quand Judas s'en va, avec Jean, le Zélote parle avec le Maître de l'Iscariothe. Ils énoncent aussi Jean de Zébédée.

EMV 81.7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

81.7 « Je voudrais vous être agréable, dit Jésus.

– Tu nous le seras toujours, Maître. Que le Très-Haut te bénisse pour nous ! Cet homme est ton ami ?

– Il l’est. Il ne te paraît pas possible qu’il le soit ? »

Jean, le berger, baisse la tête et se tait. Le disciple Simon prend la parole :

« Seul celui qui est bon sait voir. Moi, je ne suis pas bon et je ne vois pas ce que voit la Bonté. Je vois l’extérieur. Celui qui est bon pénètre jusqu’à l’intérieur. Toi aussi, Jean, tu vois comme moi, mais le Maître est bon... et il voit...

– Que vois-tu, Simon, en Judas ? Je t’ordonne de parler.

– Voilà : je pense, en le regardant, à certains endroits mystérieux qui semblent être des antres de fauves ou des marais fétides. On n’en voit qu’un grand enchevêtrement et on les évite de loin par peur. Alors que... alors qu’il y a aussi, par derrière, des tourterelles et des rossignols et le sol abonde en sources bienfaisantes et en herbes salutaires. Je veux croire que Judas est comme cela. ... Je le crois parce que tu l’as pris, toi qui sais...

– Oui. Moi qui sais... Il y a beaucoup de replis dans le coeur de cet homme... Néanmoins il ne manque pas de bons côtés. Tu l’as vu à Bethléem, et aussi à Kérioth. Si ce bon côté humain, qui n’est que bonté humaine, s’élevait à la hauteur d’une bonté spirituelle, alors Judas serait tel que tu voudrais qu’il soit. Il est jeune...

– Jean aussi est jeune...

– Et dans ton coeur tu achèves : et il est meilleur. Mais Jean, c’est Jean ! Aime-le, Simon, ce pauvre Judas... Je t’en prie. Si tu l’aimes... il te paraîtra meilleur.

– Je m’y efforce, pour toi... Mais c’est lui qui brise tous mes efforts comme on le fait des roseaux d’une rivière... Néanmoins, Maître, je n’ai qu’une loi : faire ce que tu veux. C’est pourquoi j’aime Judas, en dépit de quelque chose qui crie en moi, contre lui et dans ma conscience.

– Quoi donc, Simon ?

– Je ne sais pas exactement... Quelque chose comme le cri de la sentinelle dans la nuit... et qui me dit : “ Ne dors pas ! Sois vigilant ! ” Je ne sais pas... Cela n’a pas de nom. Mais c’est... c’est un cri qui s’élève en moi contre lui.

– N’y pense plus, Simon, n’essaye pas de le préciser. Certaines vérités ne sont pas bonnes à connaître... et leur connaissance pourrait être pour toi cause de méprises. Laisse faire ton Maître. Toi, donne-moi ton amour et pense qu’il me fait plaisir... »

Détail

Jésus parle aux bergers de Bethléem.