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Jean de Zébédée (apôtre)

Thème : Qui sont les apôtres ? · Page 19 sur 26

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EMV 172 · Tome 3, p. 104-115

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Jésus parle du serment, du jeûne et de la prière. Dans son sermon, il s'arrête sur la difficulté de l'homme à être honnête et sur ses faux-serments : trop souvent, l'homme est parjure, et celui qui exige un serment n'a lui-même pas grande confiance envers le prochain. Quand on prononce un serment et qu'on jure quelque chose, en invoquant ce qui nous est le plus cher, on trompe notre prochain : on est voleur, sacrilège, traître et homicide. Or, on ne trompe pas Dieu qui est la Vérité même. Jésus encourage donc les hommes à ne pas prononcer de faux serments, comme dans l'Evangile, et il enjoint autrui à ne pas jurer sur les défunts, si sur la tête de notre famille, ni sur notre corps, qui appartient à Dieu. Que notre oui soit un oui et un non soit un non.

Ensuite, le Christ insiste sur la prière dite avec le coeur, où on cherche à ne pas se faire remarquer et où on n'est pas envahi par les scrupules. Il faut cesser de compter le nombre d'heures où on est en prière : c'est moins les prières sans âme qui comptent que les actions et les paroles dites avec amour. Jésus déclare ainsi qu'on peut tout faire en priant : qu'il s'agisse de réaliser un pain ou de faire notre travail, tant qu'on cherche à aimer en tout. Il faut aussi ne pas avoir peur de demander car Dieu est un Père qui veille sur nous et sur nos besoins.

Puis le Maître explique pourquoi Dieu peut ne pas exaucer notre prière. En effet, il peut nous refuser une grâce parce que cela nous ferait du mal à l'avenir. Parfois, donc, Dieu dit : "Je ne peux pas", parce que dans sa Sagesse, il voit que telle grâce, qui nous semble bonne maintenant, serait néfaste pour nous ensuite.

Enfin, Jésus applique ce qu'il dit sur la prière au jeûne : on ne doit pas s'afficher en public ni s'attrister, mais être joyeux et faire comme si on avait bien mangé. Cacher cet jeûne aux autres sera un acte d'héroïsme et Dieu nous récompensera de ne pas chercher les éloges des hommes. De plus, celui qui fait un jeûne par amour se nourrit d'amour.

Le Sauveur renvoie alors les gens qui écoutent et accueillent deux pauvres. L'un est Ismaël, un homme rejeté par sa fille qui veut faire sa dernière Pâques ; l'autre est femme du nom de Sarath qui est malade. Il guérit cette dernière et Jésus lui demande de veiller sur le vieillard. Le Christ interroge ensuite Simon le Zélote pour savoir s'il peut les confier à Lazare, puisqu'ils sont deux pauvres qui n'ont rien, et celui-ci le lui garantit. L'épisode se finit sur la scène du vieillard heureux d'adopter une nouvelle fille et de trouver un nouveau protecteur.

EMV 174.2-5.8 · Tome 3, p. 126-128

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

La foule s’agite et se sépare en trois groupes : les malades, les pauvres et ceux qui attendent seulement l’enseignement.

Mais, parmi ces derniers, deux, puis trois semblent avoir besoin de quelque chose qui n’est ni la santé, ni l’argent, mais qui est plus nécessaire. Il s’agit d’une femme et de deux hommes. Ils regardent les apôtres, mais n’osent parler. (...)

Jésus est déjà penché sur les malades, et les hosannas de la foule ponctuent chaque miracle.

La femme, qui paraît tout en peine, ose tirer le vêtement de Jean qui parle avec André et sourit.

Il se penche et lui demande :

« Que veux-tu, femme ?

– Je voudrais parler au Maître…

– Es-tu malade ? Tu n’es pas pauvre…

– Je ne suis ni malade ni pauvre, mais j’ai besoin de lui… car il existe des maux sans fièvre et des misères sans pauvreté, or la mienne… la mienne… »

Elle pleure.

« Tu vois, André, cette femme a de la peine et elle voudrait le dire au Maître. Comment allons-nous faire ? »

André regarde la femme et dit :

« C’est sûrement quelque chose dont elle souffre, tant qu’elle ne lui en aura pas parlé… »

La femme approuve d’un signe de tête. André reprend :

« Ne pleure pas… Jean, conduis-la à notre tente. J’y amènerai le Maître. »

Tout sourire, Jean demande qu’on le laisse passer pendant que, dans la direction opposée, André se dirige vers Jésus.

Mais les deux hommes affligés observent la manœuvre : l’un d’eux arrête Jean, l’autre arrête André, et, peu après, ils se retrouvent tous deux avec Jean et la femme derrière l’abri de feuillage qui sert de mur à la tente.

André rejoint Jésus au moment où il guérit l’estropié, qui lève ses béquilles comme deux trophées avec l’agilité d’un danseur tout en criant sa bénédiction. André lui murmure :

« Maître, derrière notre tente il y a trois personnes qui pleurent. Mais ce sont des peines de cœur qui ne peuvent être rendues publiques…

– C’est bien. J’ai encore cette fillette et cette femme et puis je viens. Va leur dire d’avoir foi. »

André s’éloigne (...). Les malades sont tous exaucés et ce sont eux qui crient le plus fort dans la foule nombreuse qui applaudit le « Fils de David, gloire de Dieu et notre gloire. »

Jésus se dirige vers la tente.

Judas s’écrie :

« Maître ! Et eux ? »

Jésus se retourne :

« Qu’ils attendent là où ils sont. Eux aussi seront consolés. »

Et il s’en va rapidement derrière les feuillages, là où se trouvent, avec André et Jean, les trois personnes en peine. [Le Christ écoute ces trois personnes, qui s'en vont satisfaites.]

Jésus retourne vers la foule, vers les pauvres et il distribue les oboles comme il le juge bon. Maintenant tout le monde est content et Jésus peut parler.

EMV 174.3 · Tome 3, p. 126-127

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Simon le Zélote passe, l’air sévère ; puis c’est Pierre, affairé, qui harangue une dizaine de diablotins auxquels il promet des olives s’ils restent tranquilles jusqu’à la fin et des claques s’ils font du tapage pendant que le Maître parle ; Barthélemy arrive, âgé et sérieux ; puis ce sont Matthieu et Philippe qui portent dans leurs bras un estropié qui aurait eu trop de mal à se frayer un passage dans la foule compacte ; ensuite, voici les cousins du Seigneur qui donnent le bras à un mendiant presque aveugle et à une pauvre femme, de je ne sais quel âge, qui pleure en racontant à Jacques tous ses malheurs ; puis c’est Jacques, fils de Zébédée, qui tient dans les bras une pauvre fillette, certainement malade, qu’il a prise à sa mère ; celle-ci, anxieuse, le suit pour empêcher la foule de lui faire du mal. Pour finir, viennent, si je puis dire, les deux inséparables, André et Jean, car si ce dernier, avec sa tranquille nature de saint enfant, va avec tous ses compagnons de la même manière, André, à cause de sa grande timidité, préfère demeurer avec son ancien compagnon de pêche et de foi en Jean-Baptiste. Ils étaient tous deux restés au croisement des deux sentiers principaux pour diriger la foule vers leurs places ; désormais la montagne ne présente plus d’autres pèlerins sur ses chemins de pierres et les deux hommes se réunissent pour se diriger vers le Maître avec les offrandes qu’ils ont reçues.

Détail

Thomas et Judas ne sont pas nommés ici, mais ils sont en train de s'occuper des pélerins dans l'EMV 174.2. Ils les divisent en trois groupes : les malades, les pauvres et ceux qui attendent un enseignement de Jésus.

EMV 174.11 · Tome 3, p. 136

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Citation

Dans la foule, certains sont assis sur l’herbe ou sur des pierres, d’autres se tiennent debout. Le collège apostolique n’est pas au complet. Je vois Pierre et André, Jean et Jacques, et j’entends qu’on appelle les deux autres Nathanaël et Philippe. Puis il y en a un autre qui est ou qui n’est pas dans le groupe. C’est peut-être le dernier arrivé : ils l’appellent Simon. Les autres ne sont pas là, à moins que je ne les distingue pas au milieu de la foule nombreuse.

Détail

Vision du 12 août 1944.

Annotation

Contrairement aux apparences, ce commentaire est parfaitement cohérent : Jean, Jacques, Pierre et André ont été "vus" le 25 février 1944. La vision de la rencontre avec Nathanaël et Philippe a lieu le 13 octobre 1944, deux mois après la scène décrite ici et celle avec Simon le Zélote le 26 octobre 1944.

EMV 175.3.5 · Tome 3, p. 147-152

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Les gens s’agglutinent autour du Maître, forment un cercle qui ne veut s’ouvrir à aucun prix. Mais, entre-temps, le soleil est descendu. C’est le commencement du repos sabbatique. Les villages sont loin. Mais les gens ne regrettent pas leur maison, leurs provisions, rien. Les apôtres s’en préoccupent pourtant et ils en parlent à Jésus. Même les disciples les plus âgés s’en soucient. Il y a des femmes et des enfants et, si la nuit est tiède et l’herbe des prés soyeuse, les étoiles ne sont pas du pain et les pierres des talus ne procurent pas de quoi se nourrir.

Jésus est le seul à ne pas s’en soucier. En attendant, les gens mangent ce qui leur reste comme si de rien n’était et Jésus le fait remarquer à ses disciples :

« En vérité, je vous dis que ces gens-là vous sont supérieurs ! Regardez avec quelle insouciance ils expédient ce qui leur reste. Je leur ai dit : “ Que ceux qui ne peuvent croire que demain Dieu donnera de la nourriture à ses enfants, se retirent ”, et eux sont restés. Dieu ne démentira pas son Messie et ne décevra pas ceux qui espèrent en lui. »

Les apôtres haussent les épaules et ne s’occupent plus d’autre chose. (...)

[Le scribe Jean leur est venu en aide et Jésus dit :]

« Et maintenant, que dois-je vous dire pour votre incrédulité ? Le Père ne nous a-t-il pas envoyé du pain pour nous tous par les mains de quelqu’un dont la caste m’est hostile ? Ah ! Hommes de peu de foi… Mais allez dormir dans les foins moelleux. Je vais prier le Père pour qu’il ouvre vos cœurs et pour le remercier de sa bonté. Paix à vous. »

Détail

Bien qu'aucun ne soit distinctement nommé, les Douze sont présents dans ce chapitre. Face à leur manque de foi et de confiance en la Providence du Père pour nourrir la foule, Jésus leur dira ceci en EMV 175.5, après que le scribe Jean leur soit venu en aide.

EMV 176.1-2 · Tome 3, p. 153-154

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Jésus, pendant la nuit, s’est un peu éloigné en remontant plus haut sur la montagne, de sorte que l’aurore le fait voir debout sur un escarpement. Pierre, qui l’aperçoit, l’indique à ses compagnons et ils montent vers lui.

« Maître, pourquoi n’es-tu pas venu avec nous ? demandent plusieurs.

– J’avais besoin de prier.

– Mais tu as aussi grand besoin de te reposer.

– Mes amis, pendant la nuit, une voix m’est venue du Ciel pour me demander de prier pour les bons et les mauvais, et aussi pour moi-même.

– Pourquoi ? Tu en as besoin, toi ?

– Comme les autres. Ma force se nourrit de prière et ma joie de faire ce que veut mon Père. Le Père m’a indiqué deux noms de personnes, et une douleur pour moi. Ces trois choses qu’il m’a dites exigent beaucoup de prières. »

Jésus est très triste et regarde ses disciples d’un œil qui paraît supplier en demandant quelque chose, ou bien qui interroge. Il se pose sur un tel ou tel autre, et en dernier lieu sur Judas et s’y arrête.

L’apôtre le remarque et demande :

« Pourquoi me regardes-tu ainsi ?

– Ce n’est pas toi que je voyais. Mon œil contemplait autre chose…

– Quoi donc ?

– La nature du disciple. Tout le bien et tout le mal qu’un disciple peut apporter, peut faire pour son Maître. Je pensais aux disciples des prophètes et à ceux de Jean. Et je pensais aux miens. Je priais donc pour Jean, pour les disciples et pour moi…

– Tu es triste et fatigué, ce matin, Maître. Partage ton chagrin à ceux qui t’aiment, propose Jacques, fils de Zébédée.

– Oui, dis-le, et s’il y a quelque chose qui puisse te soulager, nous le ferons » ajoute son cousin Jude.

Pierre parle avec Barthélemy et Philippe, mais je ne comprends pas ce qu’ils disent.

Jésus répond :

« Etre bons. Efforcez-vous d’être bons et fidèles. Voilà ce qui me soulage. Il n’y a rien d’autre, Pierre. Tu as entendu ? Laisse de côté les soupçons. Aimez-moi et aimez-vous. Ne vous laissez pas séduire par ceux qui me haïssent. Aimez surtout la volonté de Dieu.

– Eh ! Mais si tout vient d’elle, même nos erreurs en viendront ! S’exclame Thomas avec l’air d’un philosophe.

– Tu crois cela ? Il n’en est pas ainsi.

176.2 Mais beaucoup de gens se sont éveillés et regardent ici. Descendons, et sanctifions ce jour saint par la parole de Dieu. »

Annotation

L'aurore le fait voir debout sur un escarpement. C'est donc maintenant le matin du sabbat. 

Je priais donc pour Jean, pour les disciples et pour moi… On apprend, dix jours plus tard, l'arrestation de Jean Baptiste (EMV 180.7).

« Aimez surtout la volonté de Dieu.

– Eh ! Mais si tout vient d’elle, même nos erreurs en viendront ! S’exclame Thomas avec l’air d’un philosophe.

– Tu crois cela ? Il n’en est pas ainsi. Jésus élude sa réponse à Thomas, car il en fait ensuite un sujet de méditation pour tous. Il explique ce point en 176.4-5.

EMV 177.1 · Tome 3, p. 158

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Jésus, venant de la campagne, entre à Capharnaüm. Il est accompagné des douze ou plutôt des onze apôtres, car Jean n’est pas là.

Annotation

On apprendra chez Pierre, à Bethsaïde, que Jésus l'a envoyé "en avant" avec Isaac pour mener Marie chez le Baptiste (EMV 180.7).

EMV 178.1 · Tome 3, p. 161

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Je vois Jésus se diriger vers la rive du lac avec les Onze, car Jean est toujours absent.

Annotation

Jean est parti avec Isaac vers Enon où s’est réfugié le Baptiste.

EMV 180.2 · Tome 3, p. 175

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

– Si Jean était là, il le dirait mieux que moi, mais moi je le dis comme je sais.

Détail

Simon le Zélote essaie de formuler une idée sur Dieu et il évoque Jean de Zébédée.

Annotation

On sait depuis l'EMV 177.1 et l'EMV 178.1 que Jean a été envoyé en mission à Enon par Jésus.

EMV 180.7-10 · Tome 3, p. 181-184

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« Avez-vous compris ? Avez-vous autre chose à demander ? Non ? Alors nous pouvons aller nous reposer pour partir demain pour Capharnaüm. Je dois aller encore quelque part avant d’entre­prendre le voyage vers Jérusalem pour la Pâque.

– Passerons-nous encore par Arimathie ? demande Judas.

– Ce n’est pas sûr. Cela dépend des… »

On a frappé violemment à la porte.

« Mais qui cela peut-il être à cette heure ? » dit Pierre en se levant pour aller ouvrir.

C’est Jean qui se présente, bouleversé, couvert de poussière, avec des marques visibles de larmes sur le visage.

« Toi ici ? s’écrient-ils tous. Mais qu’est-il arrivé ? »

Jésus qui s’est levé dit seulement :

« Où est ma Mère ? »

Jean s’avance, va s’agenouiller aux pieds de son Maître en tendant les bras comme pour demander de l’aide, et dit :

« Ta Mère se porte bien, mais elle est en larmes comme moi, comme beaucoup de monde, et elle te prie de ne pas venir en longeant le Jourdain de notre côté. C’est pour cette raison qu’elle m’a renvoyé à toi, parce que… parce que Jean, ton cousin, a été fait prisonnier… »

Et Jean pleure, tandis que les disciples présents sont saisis d’émotion.

Jésus devient très pâle, mais ne se trouble pas. Il se contente de dire :

« Relève-toi et raconte.

– J’allais vers le sud avec ta Mère et les femmes. Isaac et Timon nous accompagnaient eux aussi : trois femmes et trois hommes. J’ai obéi à ton ordre de conduire Marie auprès de Jean… ah ! Tu savais bien que c’était le dernier adieu !… Que ce devait être le dernier adieu. Les orages des jours derniers nous ont obligés à nous arrêter quelques heures, mais cela a suffi pour que Jean ne puisse plus revoir Marie… Nous sommes arrivés à la sixième heure et il avait été capturé au chant du coq…

– Mais où ? Comment ? Par qui ? Dans sa grotte ? »

Tout le monde questionne, tous veulent savoir.

« Il a été trahi. On s’est servi de ton Nom pour le trahir !

– Quelle horreur ! Mais qui était-ce ? » crient-ils tous.

Frissonnant, Jean répond tout bas cette horreur que l’air lui-même ne devrait pas entendre :

« Par l’un de ses disciples… »

L’émotion est à son comble. Les uns maudissent, d’autres pleurent, d’autres, abasourdis, restent immobiles comme des statues.

180.8 Jean s’agrippe au cou de Jésus et s’écrie :

« J’ai peur pour toi ! Oui, pour toi, pour toi ! Les saints sont trahi par des traîtres qui se vendent pour de l’or, pour de l’or et par peur des grands, par l’appât d’une récompense, par… par soumission à Satan. Pour des milliers de raisons ! Oh, Jésus, Jésus, Jésus ! Quelle douleur ! Mon premier maître ! Mon Jean qui m’a donné à toi !

– Du calme ! Il ne m’arrivera rien pour le moment.

– Mais plus tard, plus tard ? Je me regarde… je les regarde, eux que voici… j’ai peur de tous, même de moi. Celui qui te trahira sera l’un de nous…

– Mais tu es fou ? Tu t’imagines que nous ne le mettrions pas en pièces ? » hurle Pierre.

Et Judas :

« Il est vraiment fou ! Moi, je ne trahirai jamais. Mais si je me sentais affaibli au point de pouvoir le faire, je me tuerais. Cela vaut mieux que d’être le meurtrier de Dieu. »

Jésus se dégage de l’étreinte de Jean et secoue rudement Judas en lui disant :

« Ne blasphème pas ! Rien ne pourra t’affaiblir à moins que tu n’y consentes. Et si cela arrivait, il te faudrait pleurer et ne pas commettre un crime qui s’ajoute au déicide. Devient faible celui qui rompt le lien vivant avec Dieu. »

180.9 Puis il se tourne vers Jean qui pleure, la tête appuyée sur la table :

« Exprime-toi avec ordre. Je souffre moi aussi. C’était mon sang et mon Précurseur.

– Je n’ai vu que ses disciples, une partie d’entre eux, consternés et furieux contre le traître. Les autres ont accompagné Jean à sa prison pour être auprès de lui à sa mort.

– Mais il n’est pas encore mort… La dernière fois, il a pu s’enfuir, dit Simon le Zélote qui aime beaucoup Jean, pour essayer de le réconforter.

– Il n’est pas encore mort, mais il mourra, répond Jean.

– Oui, il mourra. Il le sait, comme moi, je le sais. Rien ni personne ne le sauvera cette fois. Quand ? Je l’ignore. Je sais qu’il ne sortira pas vivant des mains d’Hérode.

– Oui, d’Hérode. Ecoute : il est allé vers cette gorge par laquelle nous sommes passés, nous aussi, en revenant en Galilée, entre les monts Ebal et Garizim, parce que le traître lui avait dit : “ Le Messie est mourant après avoir été assailli par des ennemis. Il veut te voir pour te confier un secret. ” Il est donc parti avec le traître et quelques autres. A l’ombre du vallon se trouvaient les soldats d’Hérode, qui se sont saisis de lui. Les autres se sont enfuis et ont porté la nouvelle aux disciples restés près d’Hennon. Ils venaient d’arriver quand je les ai rejoints avec ta Mère. Et ce qui est horrible, c’est que c’était un homme de notre région… et que ce sont les pharisiens de Capharnaüm qui sont à la tête du complot pour le capturer. Ils étaient allés le trouver en prétendant que tu avais été leur hôte et que, de là, tu étais parti pour la Judée… Il ne serait pas sorti de son refuge pour un autre que toi… »

180.10 Un silence de mort succède au récit de Jean. Jésus semble à bout : ses yeux d’un bleu très sombre sont comme embués. Il se tient la tête penchée, la main encore posée sur l’épaule de Jean et agitée par un léger tremblement. Personne n’ose parler.

Jésus rompt le silence :

« Nous irons en Judée par un autre chemin. Mais je dois aller à Capharnaüm demain, le plus tôt possible. Reposez-vous. Je monte dans les oliviers. J’ai besoin d’être seul. »

Il sort sans rien ajouter.

« Il va certainement pleurer, murmure Jacques, fils d’Alphée.

– Suivons-le, mon frère, dit Jude.

– Non, laissez-le pleurer. Seulement, sortons doucement et soyons à l’écoute. Je crains des pièges de tous côtés, répond Simon le Zélote.

– Oui, allons-y. Nous, les pêcheurs, allons sur le rivage : si quelqu’un vient du large, nous le verrons. Vous, parmi les oliviers. Il est sûrement à sa place habituelle, près du noyer. A l’aube, nous préparerons les barques pour partir au plus vite. Quelles vipères ! Eh ! Je l’avais bien dit, moi ! Dis, mon garçon, sa Mère est-elle bien en sûreté ?

– Oh oui ! Même les bergers disciples de Jean sont partis avec elle. André… nous ne le verrons plus, notre Jean !

– Tais-toi ! Tais-toi ! On dirait le chant du coucou… L’un précède l’autre et… et…

– Par l’Arche sainte ! Taisez-vous ! Si vous parlez encore de malheur au Maître, je commence par vous faire apprécier le goût de ma rame sur vos reins ! » crie Pierre, furieux.

« Quant à vous, dit-il ensuite à ceux qui restent parmi les oliviers, prenez des bâtons, de grosses branches. Il y en a là, dans le bûcher, et dispersez-vous avec vos armes. Le premier qui s’ap­proche de Jésus pour lui nuire, qu’on le tue.

– Les disciples ! Les disciples ! Il faut être prudent avec les nouveaux ! » s’exclame Philippe.

Le nouveau disciple se sent blessé et demande :

« Doutes-tu de moi ? C’est lui qui m’a choisi et voulu.

– Pas de toi, mais des scribes et des pharisiens, et de ceux qui les adorent. C’est de là que viendra la ruine, soyez-en sûrs. »

Ils sortent et s’éparpillent, les uns dans les barques, les autres dans les oliviers des collines, et tout prend fin.

Détail

Dans les précédents chapitres, Jean de Zébédée devait accompagner la Vierge à Hennon pour voir Jean.

Annotation

« Ta Mère se porte bien, mais elle est en larmes comme moi, comme beaucoup de monde, et elle te prie de ne pas venir en longeant le Jourdain de notre côté. » (...) « Nous irons en Judée par un autre chemin. » Jésus confirme en EMV 187.3 qu'il respecte ce souhait de sa mère, et en reparle à Marie en EMV 198.1/2.

Nous sommes arrivés à la sixième heure et il avait été capturé au chant du coq… Gallicinium, "le chant du coq", correspondait à la dernière veille : de 3h à 6h du matin.

« Par l’un de ses disciples… » Ce fait, qui ne semble être évoqué par aucune tradition, indique que Le Précurseur a lui aussi été trahi par un des siens.

Moi, je ne trahirai jamais. Mais si je me sentais affaibli au point de pouvoir le faire, je me tuerais. Cela vaut mieux que d’être le meurtrier de Dieu. C’est le germe de l'idée de suicide, que Judas mettra en œuvre après sa trahison (EMV 605.1/13).

Oui, il mourra. Il le sait, comme moi, je le sais. Jésus ne l'avait d'ailleurs pas caché à Jean lui-même, en lui rendant visite au EMV 148.2. La mort du Baptiste est annoncée en EMV 270.7.

Il est allé vers cette gorge par laquelle nous sommes passés, nous aussi, en revenant en Galilée. C'était lors de la rencontre avec la samaritaine Fotinaï en EMV 143.4.

Les pharisiens de Capharnaüm qui sont à la tête du complot pour le capturer. Ce sont probablement Joachim et Élie de Capharnaüm qui ont organisé ce complot. (Voir EMV 182.1).

Il ne serait pas sorti de son refuge pour un autre que toi… Enon (ou Hennon), en limite de la Décapole et de la Samarie, était hors de la juridiction d'Hérode. Jean y était à l'abri.