Jean, fils de Zébédée, est grand même dans l’humilité
49.9 A propos de cette vision, Jésus me dit :
« Je veux que toi et que tous vous remarquiez l’attitude de Jean, un de ses côtés qui échappe toujours. Vous l’admirez parce qu’il est pur, aimant, fidèle, mais vous ne remarquez pas qu’il fut grand même en humilité. Lui, à qui l’on doit la venue de Pierre vers moi, il tait modestement ce détail.
L’apôtre de Pierre, et par conséquent le premier de mes apôtres, ce fut Jean : le premier à me reconnaître, le premier à m’adresser la parole, le premier à me suivre, le premier à m’annoncer. Et pourtant, voyez ce qu’il dit : “ André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean et suivi Jésus. Il rencontre en premier lieu son frère Simon et lui dit : ‘ Nous avons trouvé le Messie ’ – ce qui veut dire Christ. Il l’amena à Jésus. ”
Comme il n’était pas seulement bon mais aussi juste, il sait qu’André est embarrassé de n’avoir qu’un caractère renfermé et timide, il sait qu’il voudrait bien agir mais sans y parvenir, et il désire que le souvenir de sa bonne volonté passe à la postérité. Il veut qu’André paraisse être le premier apôtre du Christ auprès de Simon bien que sa timidité et son effacement auprès de son frère lui aient valu un échec dans son apostolat.
49.10 Parmi tous ceux qui font quelque chose pour moi, qui sait imiter Jean et ne se proclame pas lui-même apôtre incomparable ? Ils ne réfléchissent pas que leur réussite vient d’un ensemble de choses, qu’il ne s’agit pas seulement de sainteté, mais aussi d’audace humaine, de chance, du hasard qui veut que l’on se trouve auprès d’autres personnes moins hardies ou moins chanceuses, mais peut-être plus saintes qu’eux-mêmes.
Lorsque vous réussissez à agir bien, ne vous en glorifiez pas comme si le mérite n’en revenait qu’à vous. Louez Dieu, patron des ouvriers apostoliques. Ayez le regard limpide et le coeur sincère pour remarquer et rendre à qui de droit la louange qui lui revient. Un regard limpide pour discerner les apôtres qui s’offrent en sacrifice et sont les premiers vrais leviers dans le travail des autres. Dieu seul les voit, ces timides qui semblent ne rien faire et sont au contraire ceux qui dérobent au Ciel le feu qui anime les audacieux. Un coeur sincère doit dire : “ Moi, je travaille, mais celui-ci a plus d’amour que moi, prie mieux que moi, s’immole comme je ne sais le faire et comme Jésus a dit :
‘ ... retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte et prie ton Père qui est là, dans le secret. ’ Moi qui vois son humble et sainte vertu, je veux la faire connaître et dire : “ Moi, je suis l’instrument actif ; lui, la force qui me permet d’agir parce que, greffé comme il l’est sur Dieu, c’est par son canal que je reçois la force d’en Haut. ”
Et la bénédiction du Père qui descend pour récompenser la personne humble qui s’immole en silence pour procurer la force aux apôtres, descendra aussi sur l’apôtre qui reconnaît sincèrement l’aide surnaturelle et silencieuse qui lui vient de cette personne, et le mérite de cet humble que les hommes superficiels ne remarquent pas.
Apprenez-le tous.
49.11 Jean est mon préféré ? Oui, mais justement, ne me ressemble-t-il pas en cela aussi ? Il est pur, aimant, obéissant, mais humble aussi. Je me mirais en lui et en lui je voyais mes vertus. C’est pourquoi je l’aimais comme un second moi-même. Je voyais sur lui le regard du Père qui le reconnaissait pour un petit Christ. Et ma Mère me disait : “ En lui, j’ai le sentiment d’avoir un second fils. Il me semble te voir, toi, reproduit en lui qui n’est qu’un homme. ”
Ah ! Comme la Pleine de Sagesse t’a bien connu, mon bien-aimé ! Les deux azurs de vos coeurs d’une pureté parfaite se sont unis en un voile unique pour me faire une protection d’amour et sont devenus un seul amour, avant même que je donne ma Mère à Jean et Jean à ma Mère. Ils s’étaient aimés parce qu’ils s’étaient reconnus semblables : Enfants et frères du Père et du Fils. »