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Entourage de Jésus

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EMV 95.5-6 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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95.5 Quand ils arrivent près de la maison de Pierre, sa femme accourt pour dire quelque chose à son mari. Pierre fait signe à Jésus de venir.

« C’est la mère de Jude et de Jacques. Elle veut te parler, mais sans être vue. Comment faire ?

– De cette manière : j’entre dans la maison comme pour me reposer et vous allez tous distribuer l’obole aux pauvres. Prends aussi l’argent de la taxe dont il n’a pas voulu. Va. »

Jésus fait un signe pour les congédier tous, pendant que Pierre se charge de les persuader de l’accompagner.

« Où est leur mère, femme ? demande Jésus à l’épouse de Pierre.

– Sur la terrasse, Maître. Il y a encore de l’ombre et de la fraîcheur. Montes-y. Tu y seras plus libre que dans la maison. »

Jésus gravit le petit escalier. Dans un coin, sous la tonnelle drue que forme la vigne, Marie, femme d’Alphée, est assise sur un petit coffre près du parapet, en vêtements sombres, le visage presque caché par son voile. Elle pleure doucement, sans bruit.

Jésus l’appelle :

« Marie, ma chère tante ! »

Elle lève vers lui un pauvre visage angoissé et lui tend les mains :

« Jésus ! Quelle douleur dans mon coeur ! »

Jésus est tout près. Il la force à rester assise, mais lui-même reste debout, avec son manteau dont il est encore drapé, une main sur l’épaule de sa tante et l’autre entre ses mains.

« Qu’as-tu ? Pourquoi ces larmes ?

– Oh Jésus ! Je me suis échappée de la maison en prétextant : “ Je vais à Cana chercher des oeufs et du vin pour le malade. ” Ta Mère est auprès d’Alphée, elle en prend soin comme elle sait si bien le faire, et je suis tranquille. Mais en réalité, c’est ici que je suis venue. J’ai couru toutes les nuits pour y arriver plus tôt. Je n’en peux plus... Mais la fatigue, ce n’est rien. C’est la douleur de mon coeur qui me fait mal !... Mon Alphée... mon Alphée... mes fils... Ah, pourquoi une telle différence entre eux alors qu’ils sont issus d’un même sang ? On dirait les deux meules d’un moulin qui broient le coeur d’une mère. Jude et Jacques sont avec toi ? Oui ? Alors, tu sais... Ah ! Jésus, pourquoi mon Alphée ne comprend-il pas ? Pourquoi mourir ? Pourquoi veut-il mourir ainsi ? Et Simon et Joseph ? Pourquoi, pourquoi ne sont-ils pas avec toi, mais contre toi ?

– Ne pleure pas, Marie. Moi, je n’ai aucune rancoeur à leur égard. Je l’ai dit aussi à Jude. Je comprends et je compatis. Si c’est pour cela que tu pleures, il ne faut plus pleurer.

– C’est pour ça, oui, car ils t’offensent. C’est aussi parce que... parce que je ne veux pas que mon époux meure en t’étant hostile. Dieu ne lui pardonnera pas... et moi... je ne l’aurai plus, même dans l’autre vie... »

Marie est vraiment effondrée. Elle pleure à chaudes larmes sur la main que Jésus lui a abandonnée, et de temps à autre elle la baise et lève vers lui son pauvre visage défait.

« Non, dit Jésus. Non, ne dis pas cela. Moi, je pardonne, et si c’est moi qui le fais...

95.6 – Oh ! Viens, Jésus. Viens sauver son corps et son âme. Viens... Pour trouver d’autres motifs d’accusation, ils disent même que tu as enlevé deux fils à un père qui va mourir et ils le colportent dans Nazareth. Comprends-tu ? Ils disent aussi : “ Il fait partout des miracles, mais, dans sa propre maison, il ne sait pas en accomplir ! ” Moi, je te défends en disant : “ Que peut-il faire, puisque vous l’avez chassé par vos reproches, et puisque vous ne croyez pas ? ” Alors ils s’en prennent à moi.

– Tu as raison de dire : “ puisque vous ne croyez pas ”. Comment puis-je en faire là où l'on ne croit pas ?

– Oh, tu peux tout ! Je crois pour tous ! Viens. Fais un miracle... pour ta pauvre tante...

– Je ne le puis. »

Jésus est profondément attristé de le dire. Debout, serrant contre sa poitrine la tête de Marie en larmes, il semble avouer son impuissance à la nature sereine, il semble en faire le témoin de sa peine d’en être empêché par un décret éternel.

La femme pleure plus fort.

« Ecoute, Marie. Sois raisonnable. Je te jure que, si je le pouvais, s’il était bien de le faire, je le ferais. J’arracherais au Père cette grâce pour toi, pour ma Mère, pour Jude et Jacques et aussi, oui, aussi pour Alphée, Joseph et Simon. Mais cela m’est impossible. Actuellement, tu souffres trop et tu ne peux comprendre la justice de mon impuissance. Je t’en parle, mais tu ne la comprendras tout de même pas. Quand vint l’heure du départ de mon père – et tu sais combien il était juste et combien ma Mère l’aimait – je n’ai pas prolongé sa vie. Il n’est pas de règle que la famille où vit un saint soit préservée des inévitables malheurs de la vie. S’il en était ainsi, je devrais rester éternellement sur la terre, et pourtant je mourrai, bientôt, et Marie, ma sainte Mère, ne pourra m’arracher à la mort. Je ne le puis. Mais voilà ce qui m’est possible – et je vais le faire. »

Jésus s’est assis et serre contre son épaule la tête de sa parente.

« Je vais faire ceci : en raison de ta souffrance, je te promets la paix pour ton Alphée, je t’assure que tu n’en seras pas séparée. Je te donne ma parole que notre famille sera réunie au Ciel, rassemblée pour toujours. Tant que je vivrai, et même après, je déverserai toujours dans le coeur de ma chère tante tant de paix, tant de force que je ferai d’elle un apôtre auprès de bien des pauvres femmes qu’il te sera plus facile d’approcher, toi qui es femme. Tu seras pour moi une amie bien-aimée en ce temps d’évangélisation. La mort – ne pleure pas ! – la mort d’Alphée te délivre de tes devoirs d’épouse et t’élève aux devoirs plus sublimes d’un mystique sacerdoce féminin, si nécessaire près de l’autel de la grande Victime et aux yeux de bien des païens dont l’âme sera plus touchée par le saint héroïsme des femmes disciples que par celui des hommes. Ton nom, ma chère tante, sera comme une flamme dans le ciel chrétien... Ne pleure plus. Va en paix. Sois forte, résignée, sainte ! Ma Mère... a été veuve avant toi... Elle te réconfortera comme elle sait le faire. Viens ! Je ne veux pas que tu repartes seule sous ce soleil ; Pierre t’accompagnera en barque jusqu’au Jourdain et de là à Nazareth avec un âne. Sois bonne.

– Bénis-moi, Jésus. Toi, donne-moi la force.

– Oui, je te bénis et te donne un baiser, ma chère tante. »

Il l’embrasse tendrement, et l’étreint encore longuement sur son coeur jusqu’à ce qu’il la voie calmée.

EMV 95.6 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Quand vint l’heure du départ de mon père – et tu sais combien il était juste et combien ma Mère l’aimait – je n’ai pas prolongé sa vie. Il n’est pas de règle que la famille où vit un saint soit préservée des inévitables malheurs de la vie. S’il en était ainsi, je devrais rester éternellement sur la terre, et pourtant je mourrai, bientôt, et Marie, ma sainte Mère, ne pourra m’arracher à la mort.

Détail

Jésus dit à Marie d'Alphée, affligée de devoir perdre son mari :

EMV 95.6 · Tome 2

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(...) Il n’est pas de règle que la famille où vit un saint soit préservée des inévitables malheurs de la vie. S’il en était ainsi, je devrais rester éternellement sur la terre, et pourtant je mourrai, bientôt, et Marie, ma sainte Mère, ne pourra m’arracher à la mort. Je ne le puis. Mais voilà ce qui m’est possible – et je vais le faire. »

Jésus s’est assis et serre contre son épaule la tête de sa parente.

« Je vais faire ceci : en raison de ta souffrance, je te promets la paix pour ton Alphée, je t’assure que tu n’en seras pas séparée. Je te donne ma parole que notre famille sera réunie au Ciel, rassemblée pour toujours. Tant que je vivrai, et même après, je déverserai toujours dans le coeur de ma chère tante tant de paix, tant de force que je ferai d’elle un apôtre auprès de bien des pauvres femmes qu’il te sera plus facile d’approcher, toi qui es femme. Tu seras pour moi une amie bien-aimée en ce temps d’évangélisation. La mort – ne pleure pas ! – la mort d’Alphée te délivre de tes devoirs d’épouse et t’élève aux devoirs plus sublimes d’un mystique sacerdoce féminin, si nécessaire près de l’autel de la grande Victime et aux yeux de bien des païens dont l’âme sera plus touchée par le saint héroïsme des femmes disciples que par celui des hommes. Ton nom, ma chère tante, sera comme une flamme dans le ciel chrétien... Ne pleure plus. Va en paix. Sois forte, résignée, sainte ! Ma Mère... a été veuve avant toi... Elle te réconfortera comme elle sait le faire. Viens ! Je ne veux pas que tu repartes seule sous ce soleil ; Pierre t’accompagnera en barque jusqu’au Jourdain et de là à Nazareth avec un âne. Sois bonne.

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Jésus console sa tante, qui voit son, mari mourir.

EMV 96 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus prêche à Bethsaïde, en compagnie d'habitants de Capharnaüm. Il leur déclare que les puissants feront tout en oeuvre pour accuser le Christ et les détourner du Messie. Puis, il parle de la Belle de Chorazeïn qu'il a guérie, et il affirme qu'il recommencera à aller vers les pécheurs car il est le Sauveur. Il insiste également à ce que les femmes de Bethsa¨ide pardonne ses adultères et les péchés qu'elle a commis par le passé. Il ne veut pas qu'elles soient des tigresses, mais des douces brebis. Il parle un instant du repentir profond de la Belle, puis du baptême et de l'hypocrisie de certains.

Le sujet étant clos, Jésus parle des co-rédempteurs et du fait que les anges eux-mêmes ne peuvent souffrir. Il souligne que c'est une glorieuse destinée de souffrir, et que les hommes surpassent les anges en cela. Enfin, il insiste sur la pureté, notamment celle du regard et de l'oeil (l'oeil est la lampe du corps). Puis, il évoque le mariage, ainsi que la chasteté et la virginité dans le couple, également. Le discours se termine là. Il va manger à la maison de Philippe et Matthieu a tout écouté discrètement.

EMV 96.3-4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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96.3 Je sais pourquoi vous êtes venus, vous les habitants de Capharnaüm. J’ai parfaitement conscience du péché qu’on m’impute ; c’est au nom de ce péché inexistant qu’on murmure dans mon dos, en insinuant que m’écouter et me suivre est faire oeuvre de complicité avec le pécheur. J’en ai une conscience si claire que je ne crains pas d’en rendre compte aux habitants de Bethsaïde.

Parmi vous, habitants de Bethsaïde, il y a des anciens qui, pour diverses raisons, n’ont pas oublié la Belle de Chorazeïn. Il y a des hommes qui ont péché avec elle, des femmes qu’elle a fait pleurer. Je n’étais pas encore venu dire : “ Aimez celui qui vous cause du tort ” ! Après les pleurs, vint la jubilation d’apprendre qu’elle était atteinte de la pourriture, passée de ses entrailles impures à la surface de son corps magnifique. C’était le symbole de la lèpre – plus grave – qui avait rongé son âme adultère, homicide, prostituée. Soixante-dix fois sept fois adultère avec tout ce qui s’appelait “ homme ” et avait de l’argent. Homicide autant de fois, de ses enfantements bâtards ; prostituée par vice et non par besoin.

Ah ! Comme je vous comprends, femmes trahies ! Je comprends votre joie quand on vous a appris : “ La chair de la Belle est plus puante et plus pourrie que celle d’une charogne qui gît dans le fossé d’un grand chemin et est devenue la proie des corbeaux et des vers. ” Mais je vous dis : sachez pardonner. Dieu s’est chargé de votre vengeance, et puis Dieu a pardonné. A votre tour de pardonner. Moi, je lui ai pardonné en votre nom, parce que je sais que vous êtes bonnes, femmes de Bethsaïde, qui me saluez du cri : “ Béni soit l’Agneau de Dieu ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! ” Si je suis l’Agneau – et vous le reconnaissez –, si je viens parmi vous, moi l’Agneau, vous devez toutes devenir de douces brebis, même celles auxquelles une douleur, lointaine désormais, d’épouses trahies a donné l’instinct de fauve qui défend sa nichée. Je ne pourrais rester parmi vous si vous étiez des tigresses et des hyènes, car je suis l’Agneau.

Celui qui vient au nom très saint de Dieu rassembler les justes et les pécheurs pour les amener au Ciel est allé vers cette femme repentie et lui a dit : “ Sois purifiée. Va, et expie. ” J’ai fait cela un jour de sabbat, ce dont on m’accuse. Accusation officielle. La seconde est d’avoir approché une prostituée. Une femme qui avait été prostituée, mais qui n’était plus qu’une âme pleurant son péché.

Eh bien ! je vous dis : je l’ai fait et le ferai encore. Apportez-moi le Livre : scrutez-le, étudiez-le, dans toute sa profondeur. Trouvez, si possible, un passage qui défend au médecin de soigner un malade, à un lévite de s’occuper de l’autel, à un prêtre d’écouter un fidèle, uniquement parce que c’est le sabbat. Si vous en trouvez un et me le montrez, je me battrai la poitrine et je reconnaîtrai : “ Seigneur, j’ai péché en ta présence et en présence des hommes. Je ne suis pas digne de ton pardon, mais si tu veux prendre pitié de ton serviteur, je te bénirai jusqu’à mon dernier soupir. ” Car cette âme était malade, et les malades ont besoin du médecin. C’était un autel profané et il était nécessaire qu’un lévite le purifie. C’était un fidèle qui allait pleurer dans le vrai Temple du vrai Dieu et il avait besoin du prêtre pour l’y introduire. En vérité, je vous dis que je suis Médecin, Lévite, Prêtre. En vérité je vous dis que si, au lieu de faire mon devoir, je laisse se perdre ne serait-ce qu’une seule âme poussée par le désir du salut, en ne la sauvant pas, le Dieu Père m’en demandera compte et me punira pour la perte de cette âme.

Voilà mon péché, d’après les puissants de Capharnaüm. Bien sûr, j’aurais pu attendre le lendemain du sabbat pour la guérir. Mais pourquoi attendre vingt-quatre heures de plus pour remettre dans la paix de Dieu un coeur contrit ? Ce coeur faisait preuve d’une humilité vraie, d’une réelle sincérité, d’une douleur parfaite. J’ai lu dans ce coeur. Son corps était encore lépreux, mais son coeur était déjà guéri par le baume des années de repentir, de larmes, d’expiation. Ce coeur avait besoin d’une seule chose pour être approché de Dieu sans pour cela rendre impur par ce voisinage l’air de sainteté qui entoure Dieu : ma consécration renouvelée. Je l’ai faite. Elle est sortie du lac pure, certes dans sa chair, mais plus encore dans son coeur.

96.4 Combien de ceux qui sont entrés dans les eaux du Jourdain pour obéir à l’ordre du Précurseur n’en sont pas sortis aussi purs qu’elle ! Car leur baptême n’était pas l’acte volontaire, sincère, loyal, d’une âme qui voulait se préparer à mon avènement, mais une formalité pour paraître parfaits en sainteté aux yeux du monde. Ce n’était donc rien de plus qu’hypocrisie et orgueil, deux péchés qui venaient s’ajouter au monceau de fautes qui existaient déjà dans leurs coeurs. Le baptême de Jean n’était qu’un symbole. Il voulait dire : “ Purifiez-vous de l’orgueil, humiliez-vous en vous avouant pécheurs ; purifiez-vous de vos péchés de luxure en vous lavant de ce qui en reste en vous. ” Le baptême efficace est celui qui répond à la volonté de votre âme de devenir pure pour le banquet de Dieu. Il n’est pas de faute si grande qu’elle ne puisse être lavée par le repentir d’abord, par la grâce ensuite, enfin par le Sauveur. Il n’est pas de si grand pécheur qu’il ne puisse lever son visage humilié et sourire à une espérance de rédemption. Il lui suffit de renoncer complètement à la faute, de résister héroïquement à la tentation, d’avoir une volonté sincère de renaître.

EMV 96.4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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96.4 Combien de ceux qui sont entrés dans les eaux du Jourdain pour obéir à l’ordre du Précurseur n’en sont pas sortis aussi purs qu’elle ! Car leur baptême n’était pas l’acte volontaire, sincère, loyal, d’une âme qui voulait se préparer à mon avènement, mais une formalité pour paraître parfaits en sainteté aux yeux du monde. Ce n’était donc rien de plus qu’hypocrisie et orgueil, deux péchés qui venaient s’ajouter au monceau de fautes qui existaient déjà dans leurs coeurs. Le baptême de Jean n’était qu’un symbole. Il voulait dire : “ Purifiez-vous de l’orgueil, humiliez-vous en vous avouant pécheurs ; purifiez-vous de vos péchés de luxure en vous lavant de ce qui en reste en vous. ” Le baptême efficace est celui qui répond à la volonté de votre âme de devenir pure pour le banquet de Dieu. Il n’est pas de faute si grande qu’elle ne puisse être lavée par le repentir d’abord, par la grâce ensuite, enfin par le Sauveur. Il n’est pas de si grand pécheur qu’il ne puisse lever son visage humilié et sourire à une espérance de rédemption. Il lui suffit de renoncer complètement à la faute, de résister héroïquement à la tentation, d’avoir une volonté sincère de renaître.

EMV 96.5-7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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96.5 Je vais maintenant vous dire une vérité qui pourrait paraître blasphématoire à mes ennemis. Mais vous, vous êtes mes amis. Je parle d’abord pour vous, mes disciples que j’ai déjà choisis, puis pour vous tous qui m’écoutez. Je vous l’affirme : les anges — ces esprits purs et parfaits qui vivent dans la lumière de la très sainte Trinité et en elle sont comblés de joie — ont, en dépit de leur perfection, une infériorité par rapport à vous qui êtes si loin du Ciel. Ils le reconnaissent d’ailleurs. Ils ont l’infériorité de ne pouvoir se sacrifier et souffrir pour coopérer à la rédemption de l’homme. Qu’en pensez-vous ? Dieu ne prend pas un ange pour lui dire : “ Sois le rédempteur de l’humanité. ” Mais il prend son Fils. Certes, ce sacrifice a une valeur incalculable et une puissance infinie. Mais bien que sa bonté de Père ne veuille pas faire de différence entre le Fils de son amour et les fils de sa puissance, il sait qu’il manque quelque chose à la somme des mérites qu’il faut opposer à la somme des péchés que d’heure en heure l’humanité accumule. Or il ne prend pas d’autres anges pour combler la mesure, il ne leur dit pas : “ Souffrez pour imiter le Christ ”, mais c’est à vous qu’il s’adresse, à vous les hommes. Il vous dit : “ Souffrez, sacrifiez-vous, soyez semblables à mon Agneau. Soyez des corédempteurs... ” Ah ! Je vois des cohortes d’anges qui, cessant un instant de tourner dans une extase d’adoration autour de la Trinité qui est leur pivot, s’agenouillent, tournés vers la Terre et disent : “ Bénis soyez-vous, vous qui pouvez souffrir avec le Christ et pour le Dieu éternel, le nôtre et le vôtre ! ”

Beaucoup ne comprendront pas encore cette grandeur. Elle est trop élevée pour l’homme. Mais quand l’Hostie sera immolée, quand le Grain éternel ressuscitera pour ne plus jamais mourir, après avoir été moissonné, battu, décortiqué et enseveli dans les entrailles du sol, alors viendra l’Illuminateur spirituel et il éclairera les âmes, même les plus lentes, demeurées cependant fidèles au Christ Rédempteur. Alors vous comprendrez que je n’ai pas blasphémé, mais que je vous ai annoncé la plus haute dignité de l’homme : celle d’être corédempteur, même si d’abord il n’était qu’un pécheur.

96.6 En attendant, préparez-vous à cette destinée avec pureté de coeur et d’intention. Plus purs vous serez, mieux vous comprendrez. Car l’impureté, quelle qu’elle soit, est toujours une fumée qui obscurcit la vue et appesantit l’intelligence.

Soyez purs. Commencez à l’être dans votre corps pour passer ensuite à l’âme. Commencez par les cinq sens pour passer aux sept passions. Commencez par l’oeil : le sens de la vue est roi, il ouvre la voie à la plus mordante et la plus complexe des faims. L’oeil voit la chair de la femme et désire la chair. L’oeil voit l’opulence des riches et désire l’or. L’oeil voit la puissance de ceux qui gouvernent et désire le pouvoir. Ayez donc un regard paisible, honnête, sobre, pur, et vous aurez des désirs paisibles, honnêtes, sobres et purs. Votre coeur sera d’autant plus pur que votre regard le sera. Veillez avec soin sur votre regard, toujours si avide de découvrir des pommes tentatrices. Ayez un regard chaste si vous voulez être chastes dans votre corps. Si vous avez la chasteté de la chair, vous aurez la chasteté des richesses et de la puissance. Vous aurez toutes les chastetés et serez les amis de Dieu. Ne craignez pas qu’on vous raille si vous êtes chastes. Craignez seulement d’être les ennemis de Dieu.

Un jour, j’ai entendu dire : “ Le monde te ridiculisera comme menteur ou comme eunuque si tu montres que tu n’as pas d’attrait pour la femme. ” En vérité, je vous dis que Dieu a établi le mariage pour vous élever à l’imiter par la procréation et à coopérer avec lui pour peupler le Ciel. Mais il y a un état plus élevé, devant lequel s’inclinent les anges qui en voient la sublimité sans pouvoir l’imiter. Cet état, parfait quand il dure de la naissance à la mort, n’est cependant pas fermé à ceux qui ne sont plus vierges, mais qui réduisent à rien leur fécondité d’hommes ou de femmes, qui délaissent leur virilité animale pour ne devenir féconds et virils que spirituellement. C’est l’état d’eunuque, sans imperfection naturelle ni mutilation violente ou volontaire. Cet état n’interdit pas d’approcher de l’autel ; dans les siècles à venir, au contraire, ceux qui s’y obligent serviront l’autel et l’entoureront. C’est l’état le plus élevé car il sépare la volonté de tout ce qui n’est pas l’appartenance à Dieu seul, gardant pour lui la chasteté du corps et du coeur pour conserver éternellement la pureté lumineuse chère à l’Agneau.

96.7 J’ai parlé pour le peuple et pour ceux du peuple qui sont choisis. Maintenant, avant d’entrer pour rompre le pain et partager le sel dans la maison de Philippe, je vais tous vous bénir : les bons pour les récompenser, les pécheurs pour leur mettre au coeur le courage d'approcher Celui qui est venu pour pardonner. Que la paix soit avec vous tous. »

EMV 96.7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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96.7 J’ai parlé pour le peuple et pour ceux du peuple qui sont choisis. Maintenant, avant d’entrer pour rompre le pain et partager le sel dans la maison de Philippe, je vais tous vous bénir : les bons pour les récompenser, les pécheurs pour leur mettre au coeur le courage d'approcher Celui qui est venu pour pardonner. Que la paix soit avec vous tous. »

Jésus descend de la barque et passe à travers la foule qui se presse autour de lui. Au coin d’une maison se tient encore Matthieu qui, de là, a écouté le Maître, sans rien oser de plus. Arrivé à sa hauteur, Jésus s’arrête et, comme s’il bénissait tout le monde, bénit une seconde fois, regarde Matthieu et rejoint le groupe des siens, suivi du peuple. Il disparaît dans une maison.

Tout prend fin.

Détail

Jésus achève un discours à Bethsaïde. Philippe habite donc dans cette ville. Matthieu est présent (voir 96.1 à 96.6 si on veut lire la leçon).

EMV 97 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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À Capharnaüm, les petits Jeanne et Tobie se disputent à cause de figues. Le grand frère a fait tomber sur sa soeur un bâton sans le vouloir, et cela l'a blessée. Jésus les réconcilie et cueille pour eux des figues. Puis il rejoint les apôtres. Pierre, toujours fidèle à lui-même, bougonne parce qu'Élie de Capharnaüm est passé et a toujours été si désagréable. Mais Jésus assure qu'il tâchera de faire la paix avec eux en se montrant respectueux.

Ils arrivent sur la place de Capharnaüm et Jésus appelle Matthieu à le suivre. Les disciples sont stupéfaits, l'accueil de Matthieu est mitigé, Judas est glacial. Ils vont chez le publicain qui veut faire une grande fête pour sa conversion. Quand il sort, Judas fait des reproches et Pierre lui dit ses quatre vérités. Jésus est sévère et leur demande de bien agir au retour de Matthieu et de ses amis.

Le repas se passe. Trois pharisiens - Élie, Simon, Urie - demandent à entrer, ce que Jésus permet, pour ne pas que leur malice exagère ce qu'il se passe. Les pharisiens sont évidemment méprisants malgré les paroles de Jésus et ils s'en vont. Mais Jésus dit de laisser faire et que leur bonne conscience les justifie.

EMV 97.1-2 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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97.1 Presque aussitôt après, je vois ce qui suit :

Encore la place du marché de Capharnaüm. Mais c’est à une heure plus chaude où le marché est déjà fini et il ne reste sur la place que des désoeuvrés qui discutent et des enfants qui jouent.

Jésus, au milieu de son groupe, vient du lac vers la place, en caressant les enfants qui accourent à sa rencontre et en s’intéressant à leurs confidences.

Une petite fille lui montre une grande éraflure saignante sur son front et elle accuse son petit frère de la lui avoir faite.

« Pourquoi as-tu fait mal à ta soeur ? Ce n’est pas bien.

– Je ne l’ai pas fait exprès. Je voulais cueillir ces figues, et j’ai pris un bâton, mais il était trop lourd et il est tombé sur elle... Je les cueillais aussi pour elle.

– C’est vrai, Jeanne ?

– C’est vrai.

– Dans ce cas, tu vois bien que ton frère n’a pas voulu te faire du mal. Il voulait même te faire plaisir. Alors faites tout de suite la paix et donnez-vous un baiser. Les bons frères et même les bons enfants ne doivent jamais connaître la rancoeur. Allons... »

En larmes, les deux enfants s’embrassent. Ils pleurent tous deux : l’une de la souffrance de l’égratignure, l’autre de la douleur d’avoir fait souffrir.

Jésus sourit devant ce baiser baigné de larmes.

« Voilà ! Maintenant, comme je vois que vous êtes sages, je vais vous cueillir des figues moi-même, et sans bâton. »

Je le crois bien ! Grand comme il est, avec ses longs bras, il y arrive sans peine. Il fait la cueillette et la distribution.

Une femme accourt :

« Prends, prends, Maître, je vais t’apporter du pain.

– Non, non, ce n’est pas pour moi. C’est pour Jeanne et Tobie. Ils en avaient envie.

– Et vous avez dérangé le Maître pour ça ? Ah ! Ils ne manquent pas de culot ! Pardonne-leur, Seigneur.

– Femme, c’était pour faire la paix... et je l’ai faite avec l’objet même du litige : les figues. Mais les enfants ne dérangent jamais. Les figues bien sucrées, c’est un plaisir pour eux, et ce qui fait mon plaisir à moi, c’est leur douce âme innocente. Elle m’enlève tant d’amertume...

– Maître... ce sont les seigneurs qui ne t’aiment pas, mais nous, le peuple, nous t’aimons bien. Eux, on les compte sur les doigts, alors que nous, nous sommes si nombreux !

– Je le sais, femme. Merci de ton réconfort. Que la paix soit avec toi. Adieu, Jeanne ! Adieu, Tobie ! Soyez gentils. Sans vous faire de mal et sans vous vouloir du mal, n’est-ce pas ?

– Oui, oui, Jésus » répondent les deux petits.

97.2 Jésus se met en route et dit en souriant :

« Maintenant que tout s’est apaisé grâce aux figues, allons à... Où pensez-vous que nous allons ? »

Les apôtres ne savent pas ; les uns indiquent un endroit, les autres proposent ailleurs. Jésus secoue toujours la tête et rit.

Pierre intervient :

« J’y renonce à moins que tu ne le dises... J’ai des idées noires aujourd’hui. Tu ne l’as pas vu, mais quand nous avons débarqué, Elie, le pharisien, était présent. Plus jaune encore que d’habitude. Et il nous regardait d’un air !

– Laisse-le donc regarder !

– Hé ! Bien obligé ! Mais je t’assure, Maître, que pour faire la paix avec celui-là, il faudra plus de deux figues !

– Qu’ai-je dit à la mère du petit Tobie ? “ J’ai fait la paix avec l’objet même du litige. ” De la même manière, je tâcherai de faire la paix avec les notables de Capharnaüm en leur témoignant du respect, puisque selon eux je les ai offensés. D’ailleurs, cela satisfera quelqu’un d’autre.

– Qui ? »

Jésus ne répond pas à cette question et poursuit :

« Je ne réussirai pas, probablement, car il leur manque la volonté de faire la paix. Mais écoutez-moi : dans toutes les disputes, si le plus prudent savait céder et ne pas s’acharner à vouloir avoir raison, s’il se montrait conciliant, quitte à partager en deux l’objet du litige – même si, je veux bien l’admettre, il est dans son bon droit –, ce serait mieux et plus saint. On ne nuit pas forcément par désir de nuire. Il arrive qu’on fasse du mal sans le vouloir. Pensez toujours à cela et pardonnez. Elie et les autres croient servir Dieu avec justice en agissant comme ils le font. Je chercherai, avec patience et constance, avec beaucoup d’humilité et de bonne grâce, à les persuader qu’un temps nouveau est venu et que Dieu veut désormais être servi d’après mon enseignement. La ruse de l’apôtre, c’est la bonne grâce, son arme la constance, le secret de la réussite, l’exemple et la prière pour ceux qu’il faut convertir. »