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Notes du thème

La Vierge Marie dans l'Evangile de l'Enfance et la vie cachée du Christ

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EMV 92.5 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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92.5 Voyez ma Mère : pouvez-vous imaginer qu’il puisse y avoir en elle la moindre tendance au mal ? Eh bien, étant donné que l’amour la pousse à me suivre, elle quittera sa maison quand mon amour le voudra. Ce matin, elle m’en a encore prié ; alors que c’est elle qui m’a instruit, elle me disait : “ Au nombre de tes disciples, fais qu’il y ait aussi ta Mère, mon Fils. Je veux apprendre ta doctrine. ” Elle, qui a possédé cette doctrine en son sein et d’abord en son esprit, par un don de Dieu à la future Mère de son Verbe incarné, elle me disait : “ Cependant... c’est à toi de juger si je puis venir sans risquer de perdre l’union à Dieu, sans que ce monde, dont tu me dis qu’il pénètre partout avec ses puanteurs, puisse corrompre mon coeur, qui a été, est, et ne veut être qu’à Dieu. Je m’examine et, autant que je sache, il me semble pouvoir le faire, parce que... (et là, elle s’est fait le plus grand éloge sans même y penser), parce que je ne trouve pas de différence entre la paix candide de l’époque où j’étais une fleur du Temple et celle que je possède en moi, maintenant que cela fait plus de trente ans que je suis la maîtresse de la maison. Mais je suis une indigne servante qui connaît mal et juge plus mal encore des choses de l’esprit. Toi, tu es le Verbe, la Sagesse, la Lumière et tu peux être lumière pour ta pauvre Maman qui accepte de ne plus te voir plutôt que de n’être pas agréable au Seigneur. ” Et moi, j’ai dû lui dire, le coeur tremblant d’admiration : “ Maman, je te l’affirme : ce n’est pas le monde qui pourra te corrompre, mais c’est lui qui sera embaumé par toi. ”

Ma Mère, vous l’entendez, a su voir les dangers de la vie au milieu du monde. Même pour elle, ce sont des dangers, même pour elle. Et vous, hommes, vous ne les voyez pas ?

EMV 93.1-3 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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93.1 Jésus sort dans le jardin qui apparaît tout lavé par l’orage de la veille au soir. Il voit sa Mère penchée sur des petites plantes, la rejoint, la salue. Comme il est doux, leur baiser ! Jésus entoure ses épaules de son bras gauche et l’attire à lui en lui donnant un baiser sur le front, à la racine des cheveux, puis il s’incline pour que sa Mère l’embrasse sur la joue. Mais ce qui complète la douceur de ce geste, c’est le regard qui accompagne leur étreinte. Le baiser de Jésus est tout amour, avec pourtant quelque chose de majestueux et de protecteur ; celui de Marie est plein de vénération tout en étant tout amour. Dans ce baiser, on dirait que Jésus est le plus âgé et elle une toute jeune fille qui reçoit le baiser matinal de son père ou d’un frère bien plus grand.

93.2 « Tes fleurs ont-elles beaucoup souffert de la grêle d’hier soir et du vent de la nuit ? demande Jésus.

– Absolument pas, Maître. Mais les feuillages sont un peu ébouriffés » répond, avant Marie, la voix un peu rauque de Pierre.

Jésus lève la tête et aperçoit Simon Pierre qui, vêtu de sa seule tunique courte, s’efforce de redresser des branches tordues en haut du figuier.

« Tu es déjà au travail ?

– Eh ! Nous autres pêcheurs, nous dormons comme les poissons : à toute heure, en tout lieu, pourvu qu’on nous laisse en repos. Nous en prenons l’habitude. Ce matin à l’aube, j’ai entendu grincer la porte et je me suis dit : “ Simon, elle est déjà debout. Allons, vite ! Va l’aider de tes grosses mains. ” Je pensais qu’elle songeait à ses fleurs pendant cette nuit de tempête. Et je ne me suis pas trompé. Ah, je les connais, les femmes !... La mienne se retourne dans le lit comme un poisson dans le filet quand il y a de la tempête, et elle pense à ses plantes... La pauvre ! Je lui dis parfois : “ Je parie que tu t’agites moins quand ton Simon bourlingue sur le lac. ” Mais je suis injuste, car c’est une bonne épouse. On ne dirait pas qu’elle a pour mère... Bon, tais-toi, Pierre. Il ne s’agit pas de cela. Ce n’est pas bien de murmurer et de faire imprudemment connaître ce qu’il vaut mieux taire. Tu vois, Maître, que ta parole est entrée même dans ma tête d’âne ? »

Jésus répond en riant :

« Tu dis tout toi-même. Je n’ai plus qu’à approuver et à admirer ta science de jardinier.

– Il a déjà rattaché tous les sarments qui s’étaient défaits, note Marie. Il a étayé le poirier trop chargé et passé des cordages sous le grenadier qui ne s’est développé que d’un côté.

– Oui ! Il ressemble à un vieux pharisien : il penche du côté qui lui plaît. Je l’ai arrangé comme une voile et je lui ai dit : “ Ne sais-tu pas que c’est le juste milieu qui est approprié ? Viens par-là, tête dure, pour ne pas rompre sous le poids. ” je m’occupe maintenant du figuier, mais c’est par égoïsme : je pense à l’appétit de tout le monde pour les figues fraîches et le pain chaud ! Ah ! Hérode Antipas en personne n’a pas un si bon repas ! Mais il faut y aller doucement, car le figuier a des branches tendres comme le coeur d’une fillette quand elle fait son premier aveu d’amour, or moi je suis lourd, et les meilleures figues sont tout en haut. Elles sont déjà toutes ressuyées sous ce premier rayon de soleil. Elles doivent être délicieuses.

93.3 Hé ! Mon garçon ! Ne te contente pas de me regarder. Réveille-toi ! Passe-moi ce panier. »

Jean, qui sort de l’atelier, obéit et grimpe lui aussi sur le gros figuier. Quand les deux pêcheurs en redescendent, Simon le Zélote, Joseph et Judas sont eux aussi sortis de l’atelier. Je ne vois pas les autres.

Marie apporte du pain frais : de petites miches rondes de pain bis. Pierre, avec son petit couteau, les ouvre puis ouvre les figues par-dessus et offre le tout à Jésus, puis à Marie et aux autres. Ils mangent de bon appétit, dans la fraîcheur du jardin resplendissant au soleil d’un matin serein, embelli par la pluie récente qui a purifié l’air.

Pierre dit :

« C’est vendredi... Maître, demain c’est le sabbat...

– Tu ne fais pas une découverte, constate Judas.

– Non. Mais le Maître sait ce que je veux dire...

– Je le sais. Ce soir, nous irons au lac où tu as laissé la barque et nous ferons voile pour Capharnaüm. Demain j’y parlerai. »

Pierre est aux anges.

Thomas, André, Jacques, Philippe, Barthélemy et Jude, qui ont dormi sûrement ailleurs, arrivent en groupe. Tous se saluent.

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Jésus demeure à Nazareth Il y a eu une tempête la veille. Il va retrouver sa Mère.

EMV 93.4 · Tome 2

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93.4 Jésus dit :

« Restons ici réunis. Comme cela, il y aura un nouveau disciple : Maman, viens. »

Ils s’asseyent, qui sur un rocher, qui sur un tabouret, en faisant cercle autour de Jésus qui s’est assis sur le banc de pierre contre la maison. A côté de lui se trouve sa Mère, et à ses pieds Jean qui a préféré rester par terre pour être plus près. Jésus parle doucement et avec majesté, comme toujours.

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Quand Jésus parle du "nouveau disciple", il parle de sa Mère, qui a demandé à son Fils d'apprendre sa doctrine le chapitre précédent.

EMV 93.8 · Tome 2

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93.8 Jésus se tait et se lève pour aller auprès de son cousin qui, baissant la tête, a du mal à retenir ses larmes. Il lui fait une caresse.

« Jude... Moi, j’ai quitté ma Mère pour suivre ma mission. Que cela t’enlève toute hésitation sur l’honnêteté de ta conduite. Si cela n’avait pas été un acte bon, aurais-je pu le faire à l’égard de ma Mère qui, après tout, n’a que moi ? »

Jude passe sur son visage la main de Jésus et acquiesce d’un signe de tête. Mais il n’arrive pas à parler.

« Allons-y nous deux, tout seuls, comme lorsque nous étions enfants, quand Alphée me considérait comme le jeune garçon le plus sensé de Nazareth. Allons porter à ce vieil homme ces belles grappes de raisin doré. Qu’il ne croie pas que je le délaisse et que je lui suis hostile. A ta mère aussi, comme à Jacques, cela fera plaisir. Je lui dirai que demain je serai à Capharnaüm et que son fils est tout à lui. Tu sais, les vieillards sont comme des enfants : ils sont jaloux. Ils s’imaginent toujours qu’on les néglige. Il faut les comprendre... »

Jésus a disparu, laissant dans le jardin les disciples rendus muets par la révélation d’une souffrance et d’une incompréhension entre un père et un fils, à cause de Jésus. Marie a accompagné Jésus jusqu’à la porte, puis elle rentre avec un soupir peiné.

Tout s’achève.

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Jésus vient de réconforter Jude, qui subit les critiques de son père car il suit le Christ.

EMV 94 · Tome 2

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Jésus est à Capharnaüm. Il sort de la maison de Pierre. On lui demande d'enseigner le peuple, ce qu'il accepte, mais il veut aller voir quelqu'un avant. Et ainsi, il part avec Pierre et André voir la Belle de Chorazeïn, une lépreuse qu'André a convertie. La femme croit grâce à l'apôtre et demande la vie de l'âme pour pouvoir mourir en paix. Jésus lui donne l'absolution et lui demande d'aller se baigner dans le lac. Quand elle en sort, elle est guérie et en bénit le Seigneur. Celui-ci lui donne sa paix puis s'éloigne. La seconde partie de la vision le montre à Capharnaüm. Il parle du mauvais comportmeent de David, qui a fait mourir un homme pour avoir sa femme (ce qui était répréhendé par Dieu) et ensuite, il cite son psaume où il se repent. Ensuite, il parle de l'histoire de Sansom dans le Livre des Juges. Il invite l'homme à ne pas tenter le Seigneur son Dieu, même dans sa bonté. Il pardonne, pardonne, pardonne, mais il faut avoir la bonne volonté de ne plus commettre son péché. Puis, il parle brièvement de la Belle de Chorazeïn qu'il a guérie et il demande pour elle la charité des citoyens de Capharnaüm.

EMV 95.5 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Je me suis échappée de la maison en prétextant : “ Je vais à Cana chercher des oeufs et du vin pour le malade. ” Ta Mère est auprès d’Alphée, elle en prend soin comme elle sait si bien le faire, et je suis tranquille. Mais en réalité, c’est ici que je suis venue. J’ai couru toutes les nuits pour y arriver plus tôt. Je n’en peux plus... Mais la fatigue, ce n’est rien. C’est la douleur de mon coeur qui me fait mal !... Mon Alphée... mon Alphée... mes fils... Ah, pourquoi une telle différence entre eux alors qu’ils sont issus d’un même sang ?

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Marie donne des soins à Alphée, l'oncle de Jésus, pendant que Marie d'Alphée est partie trouver Jésus. Celle-ci déclare :

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EMV 95.6 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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(...) Il n’est pas de règle que la famille où vit un saint soit préservée des inévitables malheurs de la vie. S’il en était ainsi, je devrais rester éternellement sur la terre, et pourtant je mourrai, bientôt, et Marie, ma sainte Mère, ne pourra m’arracher à la mort. Je ne le puis. Mais voilà ce qui m’est possible – et je vais le faire. »

Jésus s’est assis et serre contre son épaule la tête de sa parente.

« Je vais faire ceci : en raison de ta souffrance, je te promets la paix pour ton Alphée, je t’assure que tu n’en seras pas séparée. Je te donne ma parole que notre famille sera réunie au Ciel, rassemblée pour toujours. Tant que je vivrai, et même après, je déverserai toujours dans le coeur de ma chère tante tant de paix, tant de force que je ferai d’elle un apôtre auprès de bien des pauvres femmes qu’il te sera plus facile d’approcher, toi qui es femme. Tu seras pour moi une amie bien-aimée en ce temps d’évangélisation. La mort – ne pleure pas ! – la mort d’Alphée te délivre de tes devoirs d’épouse et t’élève aux devoirs plus sublimes d’un mystique sacerdoce féminin, si nécessaire près de l’autel de la grande Victime et aux yeux de bien des païens dont l’âme sera plus touchée par le saint héroïsme des femmes disciples que par celui des hommes. Ton nom, ma chère tante, sera comme une flamme dans le ciel chrétien... Ne pleure plus. Va en paix. Sois forte, résignée, sainte ! Ma Mère... a été veuve avant toi... Elle te réconfortera comme elle sait le faire. Viens ! Je ne veux pas que tu repartes seule sous ce soleil ; Pierre t’accompagnera en barque jusqu’au Jourdain et de là à Nazareth avec un âne. Sois bonne.

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Jésus console sa tante, qui voit son, mari mourir.

EMV 100.2-9 · Tome 2

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100.2 Les voici arrivés à Nazareth. Des femmes voient Jésus et le saluent, des hommes et des enfants également. Mais on n’entend pas ici, comme dans les autres bourgades, les acclamations au Messie : ce sont des amis qui saluent, plus ou moins chaleureusement, l’Ami qui revient. Chez beaucoup je remarque une curiosité ironique à la vue du groupe hétéroclite qui accompagne Jésus. Cela ne ressemble vraiment pas à une cour de dignitaires royaux ni à un cortège pompeux de prêtres. En sueur, couverts de poussière, vêtus très modestement, sauf Judas, Matthieu, Simon et Barthélemy – je les ai mis par ordre décroissant d’élégance –, ils ressemblent plus à un groupe d’hommes du peuple en voyage qui se rendent à un marché qu’à la suite d’un roi. Ce Roi n’a pour lui que l’ascendant de la taille et celui de son aspect.

Ils font quelques mètres, puis Pierre et Jean s’éloignent sur la droite, tandis que Jésus et les autres s’avancent jusqu’à une petite place remplie d’enfants qui crient autour d’une vasque pleine d’eau où les mères vont puiser.

100.3 Un homme aperçoit Jésus et fait un signe de joyeux étonnement. Il se hâte vers lui et le salue :

« Bon retour ! Je ne t’attendais pas si tôt ! Tiens : embrasse mon dernier petit-enfant. C’est le petit Joseph. Il est né en ton absence. »

Et il lui tend un bébé qu’il tient dans les bras.

« Tu l’as appelé Joseph ?

– Oui, je ne l’oublie pas, lui qui était un peu de ma parenté. Plus qu’un parent, c’était pour moi un grand ami. J’ai donné à mes petits-enfants les noms qui m’étaient les plus chers : Anne, mon amie de ma petite enfance, et Joachim. Puis Marie... Ah ! Quelle fête à sa naissance ! Je me souviens qu’ils me l’ont donnée à embrasser en disant : “ Tu vois ce bel arc-en-ciel ? C’est le pont par lequel elle est descendue du ciel. C’est le chemin que prennent les anges ” et, c’est vrai, elle ressemblait à un petit ange tant elle était belle... Maintenant voici Joseph. Si j’avais su que tu revenais si tôt, je t’aurais attendu pour la circoncision.

– Je te remercie de ton amour pour mes grands-parents et pour mon père et ma mère. C’est un bel enfant. Qu’il soit juste pour l’éternité comme Joseph le Juste. »

Jésus berce le petit qui lui fait des risettes pleines de lait.

« Si tu m’attends, je viens avec toi. J’attends que les amphores soient pleines. Je ne veux pas que ma fille Marie se fatigue. Et même, regarde ce que je fais. Je donne les brocs à tes disciples, s’ils veulent les prendre, et je parle un peu seul à seul avec toi.

– Mais bien sûr que nous les prenons ! Nous ne sommes pas des rois assyriens, s’exclame Thomas, saisissant aussitôt un broc.

– Alors, attention. Marie, femme de Joseph, n’est pas à la maison. Elle est chez son beau-frère, sais-tu ? Mais la clé est chez moi. Faites-la-vous remettre pour entrer dans la maison, dans l’atelier, je veux dire.

– Oui, oui, entrez même dans la maison, je viendrai plus tard. »

Les apôtres s’en vont et Jésus reste avec Alphée, fils de Sarah.

« Je voulais te dire... Je suis vraiment ton ami... Quand on est un vrai ami, plus âgé, et de la même ville, on peut parler. Je crois que je dois parler... Moi... je ne veux pas te donner de conseil. Tu sais mieux que moi. Je veux seulement t’avertir que... oh, je ne veux pas faire l’espion, ni te faire voir ta famille sous un mauvais jour. Mais je crois en toi, Messie et... et cela me fait de la peine, voilà, de voir qu’ils disent que tu n’es pas toi, je veux dire pas le Messie, que tu es un malade, que tu ruines la famille et ta parenté. La ville... Tu sais, Alphée est très estimé et la ville les écoute eux aussi, et maintenant il est malade et il fait pitié... Parfois la pitié elle-même pousse à des actes injustes. Vois, j’y étais, le soir où Jude et Jacques t’ont défendu, toi et la liberté de te suivre... Oh, quelle scène ! Je ne sais comment ta Mère y résiste ! Et cette pauvre Marie, femme d’Alphée ? Les femmes sont toujours victimes dans certaines situations de famille.

– En ce moment, mes cousins sont chez leur père...

– Chez leur père ? Ah, je les plains ! Ce vieillard est vraiment hors de lui et, c’est sûrement l’âge et la maladie, mais il se conduit comme un fou. S’il n’était pas fou, il me ferait encore davantage pitié car... il y perdrait son âme.

– Penses-tu qu’il va maltraiter ses fils ?

– J’en suis certain. Je le regrette pour eux et pour les femmes... Où vas-tu ?

– A la maison du vieil Alphée.

– Non, Jésus ! Ne te fais pas manquer de respect !

– Mes cousins m’aiment plus qu’eux-mêmes, et il est juste que je leur montre un égal amour... Et il y a là-bas deux femmes qui me sont chères... J’y vais. Ne me retiens pas. »

Jésus se hâte vers la maison d’Alphée, pendant que l’autre reste, pensif, au milieu de la rue.

100.4 Jésus marche rapidement. Je le vois atteindre la bordure du jardin d’Alphée. Il est rejoint par les pleurs d’une femme et les hurlements incohérents d’un homme. Jésus parcourt encore plus vite les derniers mètres qui le séparent de la maison, à travers le jardin tout vert.

Il va arriver sur le seuil de la maison, quand sa Mère apparaît à la porte et voit son fils.

« Maman !

– Jésus ! »

Deux cris d’amour.

Jésus va entrer, mais Marie dit :

« Non, mon Fils. »

Et elle se met sur le seuil, les bras ouverts, les mains serrées aux montants de la porte, une vraie barrière de chair et d’amour, et elle répète :

« Non, mon Fils, ne fais pas cela.

– Laisse, Maman, il ne va rien se passer. »

Jésus est très calme, même si la grande pâleur de Marie doit sûrement le troubler. Il saisit son fin poignet, détache sa main de l’huisserie, et passe.

Dans la cuisine sont répandus sur le sol les oeufs réduits à l’état de pâtée visqueuse, les grappes de raisin, le pot de miel apportés de Cana.

D’une autre pièce parvient la voix plaintive d’un vieillard qui jure, accuse, se lamente, dans une de ces colères séniles si injustes, si impuissantes, pénibles à voir et douloureuse à subir :

« Ma maison est détruite, elle est devenue la fable de tout Nazareth, et me voilà ici, seul, sans aide, blessé au coeur, atteint dans mon respect, dans mes besoins ! Voilà ce qu’il te reste, Alphée, pour avoir agi en vrai fidèle ! Et pourquoi ? Pourquoi ? Pour un fou. Un fou qui rend fous mes imbéciles de fils. Ah ! Ah ! Quelles souffrances ! »

Et la voix de Marie, femme d’Alphée, en larmes, qui supplie :

« Sois bon, Alphée, sois bon ! Tu ne vois pas que tu te fais du mal ? Viens, que je t’aide à te coucher... Toi qui as toujours été bon, toujours juste... Pourquoi, maintenant, te montres-tu comme ça avec toi, avec moi, avec ces pauvres enfants ?...

– Non, non ! Ne me touche pas ! Je ne veux pas ! Bons, mes fils ? Ah oui, vraiment ! Ce sont deux ingrats ! Ils m’apportent du miel après m’avoir rempli d’amertume. Ils m’apportent des oeufs et des fruits après m’avoir mangé le coeur ! Va-t’en, je te dis ! Va-t’en. Je ne veux pas de toi. Je veux Marie. Elle, elle sait comment faire. Où est maintenant cette faible femme qui ne sait pas se faire obéir de son Fils ? »

Chassée, Marie, femme d’Alphée, entre dans la cuisine au moment où Jésus est sur le point d’entrer dans la chambre d’Alphée. Elle le voit et s’écroule sur lui, en sanglotant de désespoir, tandis que la Vierge Marie, humble et patiente, se rend auprès du vieillard colérique.

« Ne pleure pas, ma tante. J’y vais à mon tour.

– Non ! Ne te fais pas insulter ! Il semble fou. Il a son bâton. Non, Jésus, non. Il a frappé même ses fils.

– Il ne me fera rien. »

Doucement mais fermement, Jésus écarte sa tante et entre.

100.5 « Paix à toi, Alphée. »

Le vieillard, qui allait se coucher avec mille plaintes et reproches adressés à Marie sous prétexte qu’elle ne sait pas s’y prendre (alors qu’il venait de dire qu’elle seule savait comment faire), se retourne brusquement.

« Toi ici ? Tu viens te moquer de moi ? Même ça ?

– Non. Je viens t’apporter la paix. Pourquoi es-tu aussi inquiet ? Tu te fais du mal. Maman, laisse. C’est moi qui vais le soulever. Je ne te ferai pas mal et tu n’auras pas d’effort à faire. Maman, soulève les couvertures. »

Jésus prend délicatement ce petit tas d’os râlant, flasque, méchant, pleurant, misérable, et l’allonge avec beaucoup de précautions, comme s’il s’agissait d’un nouveau-né, sur le lit.

« Voilà, comme ça. Comme je le faisais pour mon père. Plus haut, ce coussin. Il te tiendra soulevé et tu respireras mieux. Maman, mets-lui sous les reins ce petit coussin. Il sera plus moelleux. Arrangeons la lumière, maintenant, pour qu’elle ne lui blesse pas les yeux, mais laisse passer l’air pur. Voilà qui est fait. Maintenant... j’ai vu une décoction sur le feu. Apporte-la, Maman. Et bien sucrée. Tu transpires et tu es en train de prendre froid. Cela va te faire du bien. »

Obéissante, Marie sort.

« Mais moi... mais moi... Pourquoi es-tu bon avec moi ?

– Parce que je t’aime, tu le sais.

– Moi, je t’en voulais... mais maintenant...

– Maintenant ne m’en veux plus. Je le sais. Mais moi je t’aime bien, et cela me suffit. Plus tard, tu m’aimeras.

– Et alors... aïe, quelles souffrances ! Et alors, s’il est vrai que tu m’aimes, pourquoi faire offense à mes cheveux blancs ?

– Je ne t’offense pas, Alphée, en aucune façon. Je t’honore.

– Tu m’honores ? Je suis la fable de Nazareth, voilà.

– Pourquoi parler ainsi, Alphée ? En quoi est-ce que je fais de toi la fable de Nazareth ?

– A propos de mes enfants. Pourquoi sont-ils rebelles ? Pour toi. Pourquoi se moque-t-on ? A cause de toi.

– Dis-moi : si, à Nazareth, on faisait ton éloge en raison du sort de tes fils, est-ce que tu éprouverais la même douleur ?

– Dans ce cas, non ! Mais Nazareth ne fait pas mon éloge. Elle le ferait si tu étais réellement un conquérant. Mais m’abandonner pour un homme qui n’est pas loin d’être un fou et qui va de par le monde en s’attirant haines et railleries, pauvre parmi les pauvres ! Ah, qui ne rirait ! Ma pauvre maison ! Pauvre maison de David, comment tu finis ! Et je devrais vivre assez longtemps pour voir ce malheur ? Te voir, toi le dernier rejeton de cette race glorieuse, sombrer dans la folie par trop de servilité ? Ah ! Malheur sur nous à partir du jour où mon faible frère s’est laissé unir à cette femme insipide et pourtant autoritaire, qui a eu tout pouvoir sur lui. Je l’avais bien dit, alors : “ Joseph n’est pas fait pour le mariage. Il sera malheureux. ” Et il l’a été. Lui, il savait comme elle était, et en fait de mariage il n’avait jamais rien voulu savoir. Malédiction à la loi des orphelines héritières ! Malédiction au destin. Malédiction sur ce mariage. »

La “ Vierge héritière ” est revenue avec la décoction, à temps pour entendre les jérémiades de son beau-frère. Elle est encore plus pâle, mais sa grâce patiente n’en est pas troublée. Elle s’approche d’Alphée et, avec un doux sourire, l’aide à boire.

« Tu es injuste, Alphée. Mais tu as si mal qu’on te pardonne tout, dit Jésus qui lui soulève la tête.

– Ah oui, j’ai bien mal ! Tu prétends être le Messie ! Tu fais des miracles. C’est ce qu’on dit. Au moins, pour me payer des fils que tu m’as pris, guéris-moi. Guéris-moi... et je te pardonnerai.

– C’est à toi de pardonner à tes fils. Comprends leur âme, et je te soulagerai. Si tu as de la rancune, je ne peux rien faire.

– Pardonner ? »

Le vieillard fait un saut qui, naturellement, exaspère ses souffrances, et cela le rend de nouveau furieux.

« Pardonner ? Jamais ! Va-t’en ! Va-t’en, si c’est cela que tu dois me dire ! Va-t’en ! Je veux mourir sans qu’on me trouble davantage. »

Jésus fait un geste de résignation.

« Adieu, Alphée. Je m’en vais... Dois-je vraiment partir ? Mon oncle... dois-je vraiment partir ?

– Si tu ne me satisfais pas, oui, va-t’en. Et dis à ces deux serpents que leur vieux père meurt avec de la rancune contre eux.

– Non, pas cela. Ne perds pas ton âme. Ne m’aime pas si tu veux, ne crois pas que je suis le Messie, mais ne hais pas. Ne hais pas, Alphée. Ridiculise-moi, dis que je suis fou, mais ne hais pas.

– Mais pourquoi m’aimes-tu, si je t’insulte ?

– Parce que je suis Celui que tu ne veux pas reconnaître : je suis l’Amour. Maman, je vais à la maison.

– Oui, mon Fils, je vais venir dans quelque temps.

– Je te laisse ma paix, Alphée. Si tu me veux, envoie-moi chercher, à n’importe quelle heure, et je viendrai. »

Jésus sort, calme comme si rien ne s’était passé. Il est seulement plus pâle.

« Oh ! Jésus, Jésus, pardonne-lui, gémit Marie, femme d’Alphée.

– Mais oui, Marie. Il n’est même pas nécessaire de le faire. On pardonne tout à une personne qui souffre. Il est déjà plus calme, maintenant. La grâce travaille à l’insu des coeurs. Et puis il y a tes larmes, et certainement la souffrance de Jude et de Jacques, ainsi que leur fidélité à leur vocation. Que la paix vienne dans ton coeur angoissé, ma tante. »

Il l’embrasse et sort dans le jardin pour aller à la maison.

100.6 Au moment où il sort dans la rue, voici qu’entre Pierre et derrière lui Jean, essoufflés après avoir couru.

« Maître ! Mais qu’est-il donc arrivé ? Jacques m’a dit : “ Cours chez moi. Qui sait comment Jésus est traité ? ” Mais, non, je me trompe. Alphée, celui de la fontaine, est entré et il a dit à Jude : “ Jésus est chez toi. ” C’est alors que Jacques a dit cela... Tes cousins sont atterrés. Moi je n’y comprends rien, mais je te vois... et je suis rassuré.

– Ce n’est rien, Pierre. Un pauvre malade que les souffrances rendent intolérant. Maintenant, tout est fini.

– Ah, je m’en réjouis ! Et toi, pourquoi es-tu ici ? »

Pierre interpelle Judas qui accourt lui aussi. Le ton n’est pas très doux.

« toi aussi, tu es là, il me semble.

– On m’a prié de venir et je suis venu.

– Moi aussi, je suis venu. Si le Maître était en danger, dans sa patrie, moi, qui l’ai déjà défendu en Judée, je peux aussi le défendre en Galilée.

– Nous suffisons à celà. Mais en Galilée ce n’est pas nécessaire.

– Ah ! En effet, sa patrie le rejette comme une nourriture indigeste. C’est bien. J’en suis content pour toi qui t’es scandalisé d’un petit incident survenu en Judée, où il est inconnu. Ici, en revanche !... »

Sur ces mots, Judas sifflote d’un air moqueur.

« Ecoute, mon garçon. Je suis peu en humeur de te supporter. Arrête donc, si tu tiens à... quelque chose. Maître, ils t’ont fait du mal ?

– Mais non, mon Pierre. Je te l’assure. 100.7 Hâtons-nous d’aller con­soler mes cousins. »

Ils partent et entrent dans le grand atelier. Jude et Jacques se tiennent près du grand établi de menuisier, Jacques debout, Jude assis sur un tabouret, le coude appuyé sur le banc, la tête posée sur la main.

Jésus s’avance vers eux en souriant, pour leur témoigner tout de suite son affection :

« Alphée est plus tranquille, maintenant. Les douleurs se calment et la paix revient tout à fait. Soyez tranquilles, vous aussi.

– Tu l’as vu ? Et maman ?

– J’ai vu tout le monde. »

Jude demande :

« Même nos frères ?

– Non, ils n’étaient pas là.

– Si, ils étaient là ! Ils n’ont pas voulu se montrer à toi. Mais à nous, oui. Ah ! Si nous avions commis un crime, ils ne nous auraient pas traités de la sorte. Et nous qui venions de Cana, volant par la joie de le revoir et de lui apporter des choses qui lui plaisent ! Nous l’aimons et... et il ne nous comprend plus... il n’a plus confiance en nous. »

Jude plie son bras et pleure, la tête sur le banc. Jacques est plus fort, mais son visage reflète un vrai martyre intérieur.

« Ne pleure pas, Jude. Et toi, ne t’abandonne pas à la souffrance.

– Oh Jésus ! Nous sommes ses fils et... il nous a maudits. Mais malgré notre déchirement, non, nous ne revenons pas en arrière ! Nous sommes à toi, et c’est avec toi que nous demeurerons, même si, pour nous en détacher, on nous menace de mort ! S’écrie Jacques.

– Et tu te prétendais incapable d’héroïsme ? Moi, je le savais. Mais toi, tu le dis de toi-même. En vérité tu seras fidèle même devant la mort. Et toi aussi. »

Jésus les caresse, mais eux souffrent. Les pleurs de Jude résonnent sous la voûte de pierre.

100.8 C'est pour moi l’occasion de mieux voir l’âme des disciples.

Pierre, avec son honnête visage attristé, s’écrie :

« Eh oui ! C’est une souffrance... Quelle tristesse ! Mais, mes enfants (il les secoue affectueusement), il n’est pas donné à tous de mériter ces mots... Moi... moi je me rends compte que je suis chanceux, par l’appel que Jésus m’a fait. Cette brave femme qu’est mon épouse ne cesse de me seriner : “ C’est comme si j’étais répudiée, puisque tu n’es plus à moi. Mais je dis : ‘ Heureuse répudiation ! ’ ” Dites-le, vous aussi. Vous perdez un père, mais vous gagnez Dieu. »

Etant orphelin, le berger Joseph ignore qu’un père puisse être occasion de peine, si bien qu’il s’étonne :

« Je croyais être le plus malheureux, parce que sans père. Mais je m’aperçois qu’il vaut mieux le pleurer mort qu’ennemi. »

Jean se borne à embrasser et caresser ses compagnons.

André soupire et se tait. Il brûle de parler, mais sa timidité lui serre la gorge.

Thomas, Philippe, Matthieu et Nathanaël parlent doucement dans un coin, avec le respect qu’on éprouve devant une vraie douleur.

Jacques, fils de Zébédée, prie, à voix basse, pour que Dieu donne sa paix.

Quant à Simon le Zélote, comme son attitude me plaît ! Il quitte son coin et s’approche des deux disciples en peine. Il pose une main sur la tête de Jude, l’autre bras enserre la taille de Jacques et il dit :

« Ne pleure pas, mon fils. Jésus nous l’avait dit, à toi et à moi : “ Je vous unis : toi, qui, pour moi, perds un père, et toi qui as un coeur de père sans avoir d’enfant. ” Nous n’avions pas compris combien ces paroles étaient prophétiques. Mais lui le savait. Voilà : je vous en prie. Je suis âgé et j’ai toujours rêvé qu’on m’appelle “ père ”. Acceptez-moi comme tel, et moi, comme père, je vous bénirai matin et soir. Je vous en prie, acceptez-moi comme père. »

Les deux acquiescent en sanglotant plus fortement.

100.9 Marie la très-sainte entre et accourt près des deux affligés. Elle caresse la chevelure d’ébène de Jude et la joue de Jacques. Elle est blanche comme un lys.

Jude lui prend la main, la baise et demande :

« Que fait-il ?

– Il dort, mon fils. Votre maman vous envoie son baiser » et elle les embrasse tous les deux.

La voix rauque de Pierre explose :

« Allons, viens ici un moment, je veux te dire quelque chose. »

Je vois Pierre saisir de sa robuste main un bras de Judas et l’emmener dehors, dans la rue. Puis il revient seul.

« Où l’as-tu envoyé ? demande Jésus.

– Où ? Prendre l’air. Car si l’air ne l’avait pas calmé, moi, je le lui aurais donné d’une autre façon... ce n’est qu’à cause de toi que je ne l’ai pas fait. Ah ! Maintenant, ça va mieux. Celui qui rit devant la souffrance est une vipère, et moi, les serpents, je les chasse... Oui, heureusement que tu es là... je l’ai seulement envoyé au clair de lune. Il se pourrait... mais moi je deviendrais plutôt un scribe, chose que Dieu seul est capable de faire de moi qui ai tout juste conscience d’être au monde­ ; mais lui, même avec l’aide de Dieu, je doute qu’il devienne bon. C’est Simon, fils de Jonas, qui te l’assure, et je ne me trompe pas. Non ! Ne t’en fais pas ! Il a été heureux de sortir et de ne pas partager notre peine. Son coeur est plus sec qu’un caillou sous le soleil d’août. Allons, les enfants ! Il y a là une Mère plus douce qu’il n’en pourrait y avoir au Ciel. Il y a là un Maître meilleur que tout le paradis. Il y a là bien des coeurs honnêtes qui vous aiment sincèrement. Les averses, ça fait du bien : ça fait tomber la poussière. Demain, vous serez plus frais que des fleurs, plus légers que des oiseaux pour suivre notre Jésus. »

Et c’est sur ces simples et bonnes paroles de Pierre que tout se termine.

Détail

Saint Joseph est énoncé à deux reprises en 100.5 ; Marie d'Alphée est présente en 100. 4 et 100.5 ; on parle de Joseph et de Simon d'Alphée en 100.6. Judas et Pierre arrivent à partir de 100.6.

EMV 100.10 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

Je n’avais pas besoin de conseils, mais quand nous étions seuls, pendant que les disciples étaient dispersés dans des familles amies ou dans les bourgades voisines, durant mes séjours à Nazareth, comme il m’était doux de parler à cette douce amie qu’est ma Mère, et de lui demander conseil pour m’entendre confirmer, par sa bouche pleine de grâce et de sagesse, tout ce que, déjà, j’avais vu. Avec elle, je n’ai jamais été autre chose que “ le Fils ”. Et, de tous les enfants des femmes, il n’y a jamais eu de mère plus “ mère ” qu’elle, avec toute la perfection des vertus maternelles, humaines et morales, et il n’y a jamais eu de fils plus “ fils ” que moi en fait de respect, de confiance, d’amour.