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EMV 196.5 · Tome 3, p. 284

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

L’amour de Dieu nous donne Dieu pour ami et enseigne l’amour. Celui qui n’aime pas Dieu, qui est bon, ne peut certainement pas aimer son prochain, qui le plus souvent a des dĂ©fauts.

EMV 196.7-8 · Tome 3, p. 286-288

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

« Parle-nous encore de ta MĂšre. Son enfance est si lumineuse ! Elle nous rend l’ñme vierge par simple reflet ; or, moi, pauvre pĂ©cheur, j’en ai bien besoin !

– Que dois-je vous raconter ? Il y a tant d’épisodes, tous plus doux l’un que l’autre...

– C’est elle qui te les a racontĂ©s ?

– Quelques-uns, oui, mais Joseph beaucoup plus. C’est lui qui m’a fait les plus beaux rĂ©cits quand j’étais petit. Et aussi AlphĂ©e, fils de Sarah, qui Ă©tait de six ans plus ĂągĂ© que ma MĂšre et fut son ami pendant les quelques annĂ©es oĂč elle vĂ©cut Ă  Nazareth.

– Oh, raconte ! » demande instamment Jean.

Ils sont tous en cercle, assis Ă  l’ombre des oliviers avec au milieu Yabeç qui regarde fixement JĂ©sus, comme s’il Ă©coutait un conte paradisiaque.

« Je vais vous rapporter la leçon de chastetĂ© que ma MĂšre a donnĂ©e, quelques jours avant d’entrer au Temple, Ă  son petit ami et Ă  beaucoup d’autres.

Ce jour-lĂ , une jeune fille de Nazareth, parente de Sarah, s’était mariĂ©e. Joachim et Anne avaient Ă©tĂ© invitĂ©s eux aussi aux noces, et avec eux la petite Marie qui, avec d’autres enfants, Ă©tait chargĂ©e de jeter des pĂ©tales effeuillĂ©s sur le chemin de l’épouse. On dit qu’elle Ă©tait trĂšs belle depuis sa plus tendre enfance, et tout le monde se la disputait, aprĂšs la joyeuse entrĂ©e de l’épouse. Il Ă©tait trĂšs difficile de voir Marie parce qu’elle vivait beaucoup Ă  la maison, affectionnant, plus que tout autre lieu, une petite grotte qu’elle appelle toujours la grotte “ de ses fiançailles ”. Aussi, quand on la voyait, blonde, rose, gracieuse, on l’accablait de caresses. On l’appelait : “ Fleur de Nazareth ” ou bien : “ Perle de la GalilĂ©e ” ou encore : “ Paix de Dieu ” en souvenir d’un immense arc-en-ciel qui Ă©tait survenu Ă  l’improviste Ă  son premier vagissement. Effectivement, elle Ă©tait et reste tout cela, et plus encore. C’est la Fleur du Ciel et de la crĂ©ation, c’est la Perle du Paradis et la Paix de Dieu... Oui, la paix. Je suis le Pacifique car je suis le Fils du PĂšre et le fils de Marie : la paix infinie et la paix douce.

Ce jour-lĂ , tous voulaient lui donner des baisers et la prendre sur leurs genoux. Or elle, Ă©cartant les baisers et les contacts, dit avec une gracieuse gravitĂ© : “ Je vous en prie, ne me froissez pas. ” Ils crurent qu’elle parlait de son vĂȘtement de lin ceint d’une bande bleue Ă  la taille et aussi Ă  ses petits poignets et autour de son cou... ou de la petite guirlande de fleurs bleues dont Anne l’avait couronnĂ©e pour tenir en place les boucles lĂ©gĂšres de ses cheveux. Ils l’assurĂšrent qu’ils n’allaient froisser ni son vĂȘtement ni sa guirlande. Mais elle, avec assurance, comme une petite femme de trois ans debout au milieu d’un cercle de grandes personnes, dit avec sĂ©rieux : “ Je ne pense pas Ă  ce qui se rĂ©pare. Je parle de mon Ăąme. Elle appartient Ă  Dieu et je veux que Dieu seul y touche. ” On lui objecta : “ Mais c’est Ă  toi que nous donnons des baisers, pas Ă  ton Ăąme. ” Elle rĂ©torqua : “ Mon corps est le temple de mon Ăąme et l’Esprit en est le prĂȘtre. On n’admet pas le peuple dans l’enceinte des prĂȘtres. Je vous en prie, n’entrez pas dans l’enceinte de Dieu. ”

AlphĂ©e, qui avait alors plus de huit ans et qui l’aimait beaucoup, fut frappĂ© par cette rĂ©ponse. Le lendemain, il la trouva prĂšs de sa petite grotte occupĂ©e Ă  cueillir des fleurs, et il lui demanda : “ Marie, quand tu seras grande, me voudrais-tu pour Ă©poux ? ” Il Ă©tait encore animĂ© par l’effervescence de la fĂȘte nuptiale Ă  laquelle il avait assistĂ©. Mais elle lui rĂ©pondit : “ Je t’aime bien, mais je ne te vois pas comme homme. Je te dis un secret : je vois seulement l’ñme des vivants. Elle, je l’aime beaucoup, de tout mon coeur, mais je ne vois personne d’autre que Dieu comme ‘Vrai Vivant’ Ă  qui je pourrais me donner moi-mĂȘme. ” VoilĂ  un Ă©pisode.

– “ Vrai Vivant ” ! Mais tu sais que c’est une parole profonde ! » s’exclame BarthĂ©lemy.

Souriant, Jésus répond humblement :

« Elle était la MÚre de la Sagesse.

– Elle Ă©tait... ? Mais n’avait-elle pas trois ans ?

– Elle l’était. Je vivais dĂ©jĂ  en elle, car j’étais Dieu en elle, dĂšs sa conception, dans son UnitĂ© et sa trĂšs parfaite TrinitĂ©.

196.8 – Mais, excuse-moi si j’ose parler, moi qui suis coupable, mais

Joachim et Anne savaient-ils qu’elle Ă©tait la Vierge Ă©lue ? demande Judas.

– Non, ils l’ignoraient.

– Dans ce cas, comment Joachim pouvait-il dire que Dieu l’avait sauvĂ©e d’avance ? Cela ne fait-il pas allusion Ă  son privilĂšge par rapport Ă  la faute ?

– C’est une allusion. Mais, comme pour tous les prophĂštes, c’est Dieu qui parlait par la bouche de Joachim. Lui non plus n’a pas compris la sublime vĂ©ritĂ© surnaturelle que l’Esprit mettait sur ses lĂšvres, car Joachim Ă©tait un juste, au point de mĂ©riter cette paternitĂ©, et c’était un humble – puisqu’il n’y a pas de justice lĂ  oĂč rĂšgne l’orgueil. Lui, il Ă©tait juste et humble. Il consola sa fille par son amour de pĂšre. Il l’instruisit par sa science de prĂȘtre, car il l’était en tant que tuteur de l’Arche de Dieu. Il la consacra comme pontife par le titre le plus doux : “ La femme sans tache. ” Un jour viendra oĂč un autre Pontife aux cheveux blancs dira au monde : “ Elle est la Femme conçue immaculĂ©e ” ; il donnera aux croyants cette vĂ©ritĂ©, comme un article de foi incontestable, pour que, dans le monde d’alors, en train de s’enfoncer toujours plus dans une grisaille nĂ©buleuse d’hĂ©rĂ©sies et de vices, resplendisse ouvertement la Toute-Belle de Dieu, couronnĂ©e d’étoiles, vĂȘtue des rayons de la lune moins purs qu’elle, et appuyĂ©e sur les astres, la Reine du créé et de l’incréé ; car, dans son Royaume, Dieu-Roi a pour Reine Marie.

– Alors Joachim Ă©tait prophĂšte ?

– C’était un juste. Son Ăąme rĂ©pĂ©tait comme un Ă©cho ce que Dieu disait Ă  son Ăąme aimĂ©e de Dieu.

Détail

Matthieu demande à Jésus de parler de sa MÚre.

Annotation

Je vais vous rapporter la leçon de chastetĂ© que ma MĂšre a donnĂ©e, quelques jours avant d’entrer au Temple, Ă  son petit ami et Ă  beaucoup d’autres. Probablement AlphĂ©e de Sara.

J’étais Dieu en elle, dĂšs sa conception, dans son UnitĂ© et sa trĂšs parfaite TrinitĂ©. Dieu en elle : Maria Valtorta note sur une copie dactylographiĂ©e : Marie, sanctuaire perpĂ©tuel et trĂšs pur en qui le Dieu un et trine fit sa perpĂ©tuelle demeure, ne fut jamais sĂ©parĂ©e de la Sagesse : le Verbe de Dieu fut toujours en elle, vraie Arche qui porte la Parole Ă©ternelle, et aucune crĂ©ature n’a connu aussi bien qu’elle cette Parole qui est Sagesse divine, qui allait prendre chair en elle, et qui allait encore et toujours rester en elle.

Un jour viendra oĂč un autre Pontife aux cheveux blancs dira au monde : “ Elle est la Femme conçue immaculĂ©e ” Le Dogme de l'ImmaculĂ©e conception a Ă©tĂ© proclamĂ© par Pie IX le 8 dĂ©cembre 1854 par la bulle Ineffabilis Deus. C’était un sujet sĂ©culaire de polĂ©miques et ce fut un des motifs de la farouche opposition de la thĂ©ologie Ă©tablie Ă  l’encontre de Maria de Ágreda qui l’exprimait, ayant reçue cette rĂ©vĂ©lation dans ses visions.

(...) La Toute-Belle de Dieu, couronnĂ©e d’étoiles, vĂȘtue des rayons de la lune moins purs qu’elle, et appuyĂ©e sur les astres, la Reine du créé et de l’incréé ; car, dans son Royaume, Dieu-Roi a pour Reine Marie. Cf. Apocalypse 12,1-2.

Livre de l'Apocalypse 12, 1-2

Ap 12, 1-2 : "Un grand signe apparut dans le ciel : une femme, vĂȘtue du soleil, la lune sous les pieds, et sur la tĂȘte une couronne de douze Ă©toiles. Elle Ă©tait enceinte et criait dans le travail et les douleurs de l’enfantement."

EMV 196.7 · Tome 3, p. 286

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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[Marie] est la Fleur du Ciel et de la crĂ©ation, c’est la Perle du Paradis et la Paix de Dieu
 Oui, la paix. Je suis le Pacifique car je suis le Fils du PĂšre et le fils de Marie : la paix infinie et la paix douce.

EMV 196.9 · Tome 3, p. 288-289

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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– Quand allons-nous voir cette Maman, Seigneur ? demande Yabeç dont les yeux traduisent le dĂ©sir.

– Ce soir. Que lui diras-tu, en la voyant ?

– “ Je te salue, Mùre du Sauveur. ” Cela va bien comme ça ?

– TrĂšs bien, confirme JĂ©sus avec une caresse.

– Mais nous n’irons pas au Temple aujourd’hui ? demande Philippe.

– Nous irons avant de partir pour BĂ©thanie. Et toi, Yabeç, tu resteras tranquille ici, n’est-ce pas ?

– Oui, Seigneur. »

L’épouse de Jonas, le rĂ©gisseur de l’oliveraie, qui s’est approchĂ©e tout doucement, demande :

« Pourquoi ne l’y conduis-tu pas ? L’enfant en a envie
 »

Jésus la regarde avec insistance sans parler.

La femme comprend et le dit :

« J’ai compris ! Mais je dois avoir encore un petit manteau de Marc. Je vais le chercher. »

Sur ce, elle s’éloigne en courant.

Yabeç tire Jean par la manche :

« Est-ce que les maßtres seront sévÚres ?

– Oh non ! N’aie pas peur ; et puis ce n’est pas pour aujourd’hui. Dans quelques jours, avec la MĂšre de JĂ©sus, tu seras plus sage qu’un docteur » dit Jean pour le rĂ©conforter.

Les autres entendent et sourient de l’apprĂ©hension de Yabeç.

« Mais qui le présentera en qualité de pÚre ? demande Matthieu.

– Moi. C’est naturel ! A moins que
 le MaĂźtre ne veuille le prĂ©senter, dit Pierre.

– Non, Simon. Je ne le ferai pas. Je te laisse cet honneur.

– Merci, MaĂźtre. Mais
 tu seras prĂ©sent toi aussi ?

– Certainement. Nous le serons tous. C’est “ notre ” enfant
 »

Marie, femme de Jonas, revient avec un manteau violet foncĂ© encore en bon Ă©tat. Mais quelle couleur ! Elle-mĂȘme le dit :

« Marc n’a jamais voulu le porter parce que la couleur ne lui plaisait pas. »

Je le crois bien ! C’est affreux ! Et le pauvre Yabeç, avec son teint olivĂątre, a l’air d’un noyĂ© dans cette couleur violente. Mais lui ne se voit pas
 si bien qu’il est heureux de porter ce manteau dans lequel il peut se draper comme un homme


« Le repas est prĂȘt, MaĂźtre. La servante a dĂ©jĂ  enlevĂ© l’agneau de la broche.

– Alors allons-y. »

Et, descendant de l’endroit oĂč ils se trouvent, ils entrent dans la vaste cuisine pour le repas.

Détail

Jésus vient de parler de la Vierge Marie.

EMV 197 · Tome 3, p. 290-294

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Titre du chapitre : Au Temple avec Joseph d’Arimathie. L’heure de l’encens.

Date de la vision : Vendredi 22 juin 1945

Calendrier : Samedi 25 mars 28

(12 Nissan 3788)

Lieux (carte) : Temple de Jérusalem

Cycle : Le second voyage pascal

Résumé : Le groupe apostolique va au Temple avec Yabeç et Jean d'Endor. Pierre agit comme tuteur de l'enfant et celui-ci avoue candidement qu'il ne se souvient pas de la derniÚre fois qu'il est venu au Temple, puisqu'il était bébé. Jésus, lui, se préoccupe de Jean d'Endor qui est intimidé de revenir à la maison du PÚre. Le Christ le rassure et l'absout de tout, ce qui émeut le nouveau converti.

Ils vont prÚs du trésor pour faire leur offrande quand ils rencontre Joseph d'Arimathie. Celui-ci s'étonne de voir un petit garçon avec eux, et Pierre lui explique que le petit va passer son examen de la majorité. Le frÚre d'André demande ainsi à ce que le pharisien vienne à ses cÎtés, pour que les docteurs de la Loi ne causent pas d'ennuis. Joseph salue ensuite le Maßtre et ce dernier lui propose de venir à Béthanie le retrouver. L'homme accepte avec joie et prend congé.

JĂ©sus explique alors Ă  Yabeç ce qu'est l'heure de l'encens, et il lui explique pourquoi il faut prier ; il lui explique Ă©galement combien est grand le ministĂšre du prĂȘtre. Pour finir, ils vont adorer le Seigneur.

Contenu du chapitre : 197.1 : Pierre tient Yabeç par la main. 197.2 : Jésus conforte Jean d'En-Dor. 197.3 : Pierre explique à Yabeç les choses du Temple. 197.4 : Jésus invite Joseph d'Arimathie à Béthanie. 197.5 : La priÚre du soir.

Ancienne édition : Tome 3, chapitre 58

EMV 197.4 · Tome 3, p. 292-293

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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– (...) Oh ! MaĂźtre ! Donne-moi ta bĂ©nĂ©diction !

– Paix Ă  toi, Joseph. Je suis heureux de te voir, qui plus est en bonne santĂ©.

– Moi aussi, MaĂźtre, et les amis eux aussi te verront avec joie. Tu es Ă  GethsĂ©mani ?

– J’y Ă©tais. AprĂšs la priĂšre, je vais Ă  BĂ©thanie.

– Chez Lazare ?

– Non, chez Simon. Il y a aussi ma Mùre et la mùre de mes frùres, ainsi que celle de Jean et de Jacques. Viendras-tu m’y trouver ?

– Tu le demandes ? C’est pour moi une grande joie et un grand honneur. Je t’en remercie. Je viendrai avec plusieurs amis


– Vas-y doucement, Joseph, avec les amis !
 conseille Simon le ZĂ©lote.

– Oh ! Vous les connaissez dĂ©jĂ . La prudence dit : “ Que l’air n’entende pas. ” Mais lorsque vous les verrez, vous comprendrez que ce sont des amis.

– Dans ce cas


– MaĂźtre, Simon-Pierre me parlait de la cĂ©rĂ©monie du petit. Tu es venu au moment oĂč je demandais quand vous avez l’intention de la faire. Je dĂ©sire y assister, moi aussi.

– Le mercredi avant la Pñque. Je veux qu’il fasse sa Pñque en fils de la Loi.

– TrĂšs bien. C’est entendu. Je viendrai vous prendre Ă  BĂ©thanie. Mais lundi je viendrai avec des amis.

– C’est d’accord.

– Maütre, je te quitte. Que la paix soit avec toi. C’est l’heure de l’encens.

– Adieu, Joseph. Que la paix soit avec toi.

Détail

Jésus rencontre Joseph d'Arimathie.

EMV 197.5 · Tome 3, p. 293

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Le matin, c’est le commencement du jour. Et il est bon que l’homme bĂ©nisse le Seigneur pour en ĂȘtre bĂ©ni pendant la journĂ©e, dans tous ses travaux. Mais le soir, c’est encore plus solennel. La lumiĂšre dĂ©croĂźt, le travail cesse, la nuit arrive. La lumiĂšre qui dĂ©croĂźt nous rappelle la chute dans le mal ; d’ailleurs, rĂ©ellement, les mauvaises actions ont lieu habituellement de nuit. Pourquoi ? Parce que l’homme n’est plus occupĂ© par son travail. Il lui arrive plus facilement d’ĂȘtre circonvenu par le Malin qui lui adresse ses incitations et ses cauchemars. Aussi est-ce bien, aprĂšs avoir remerciĂ© Dieu de sa protection pendant la journĂ©e, de le supplier d’éloigner de nous les fantĂŽmes de la nuit et les tentations. La nuit, le sommeil
 c’est le symbole de la mort. Mais heureux ceux qui, aprĂšs avoir vĂ©cu avec la bĂ©nĂ©diction du Seigneur, s’endorment, non dans les tĂ©nĂšbres, mais dans une lumineuse aurore.

EMV 197.5 · Tome 3, p. 293

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Le matin, c’est le commencement du jour. Et il est bon que l’homme bĂ©nisse le Seigneur pour en ĂȘtre bĂ©ni pendant la journĂ©e, dans tous ses travaux.

EMV 198 · Tome 3, p. 294-303

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Titre du chapitre : Jésus rencontre sa mÚre, à Béthanie. Yabeç (Jabé) change son nom en Marziam.

Date de la vision : Samedi 23 juin 1945.

Calendrier : Samedi 25 mars 28 (12 Nissan 3788)

Lieux (carte) : Béthanie

Cycle : Le second voyage pascal

RĂ©sumĂ© : Le groupe apostolique arrive Ă  BĂ©thanie. JĂ©sus y retrouve sa MĂšre, et il abandonne un temps Yabeç. Celui-ci est impressionnĂ© par le nombre de nouveaux-venus - car il y a Lazare, Marthe, Maximin, Marie d'AlphĂ©e, Marie SalomĂ©, Isaac de Yutta, Timon, Joseph d'EmmaĂŒs - et finalement, le petit n'arrive pas Ă  contenir son chagrin. Il appelle sa mĂšre, ce qui attire derechef l'attention de JĂ©sus et de Marie. Celle-ci le prend alors dans ses bras et console l'enfant.

Le Christ lui prĂ©sente ensuite Jean d'Endor, et ils vont Ă  la maison de Simon le ZĂ©lote. LĂ , JĂ©sus apprend Ă  Lazare que Joseph d'Arimathie viendra. Ils parlent briĂšvement des terres de Doras puis reviennent sur le sort de Yabeç. Les femmes sont bouleversĂ©es par ce qui lui est arrivĂ© et JĂ©sus lui donne finalement son nouveau nom : il s'appellera Marziam. C'est l'Ă©quivalent du nom de Marie. Lazare, quant Ă  lui, propose d'adopter l'enfant, et Pierre est dĂ©sespĂ©rĂ© Ă  la perspective de ne plus avoir la charge du petit. JĂ©sus remercie donc son ami de BĂ©thanie, mais dĂ©clare que ce sera l'enfant du groupe apostolique. AprĂšs avoir Ă©noncĂ© Sarah et IsmaĂ«l, que JĂ©sus avait envoyĂ© chez Lazare, aprĂšs le sermon sur la montagne, Pierre discute avec Marie du vĂȘtement de Marziam pour sa fĂȘte. En attendant, Marthe emmĂšne le jeune protĂ©gĂ© de JĂ©sus pour lui donner d'anciens vĂȘtements de Lazare, lorsqu'il Ă©tait enfant. Entretemps, les adultes parlent de Jean-Baptiste et des bergers de la NativitĂ© : JĂ©sus apprendra Ă  Isaac que les paysans de Yokhanan viendront pour la PĂąque et le disciple se chargera de les accueillir.

Enfin, Marie et JĂ©sus s'entretiennent au soir pour parler d'AglaĂ©, qui viendra Ă  JĂ©rusalem avec Suzanne pour la fĂȘte pascale. JĂ©sus l'y retrouvera.

Contenu du chapitre : 198.1 : Plusieurs viennent de BĂ©thanie au-devant de JĂ©sus qui va au-devant de sa MĂšre. 198.2 : Marie essuie les larmes de Yabeç. 198.3 : Et souhaite la paix Ă  Jean d'En-Dor. 198.4 : Dans la maison de Simon le zĂ©lote. Les femmes s’activent pour recevoir tout ce monde. 198.5 : Pourquoi Yabeç, orphelin, a Ă©tĂ© recueilli. 198.6 : Pierre ne veut pas se faire retirer Yabeç que Lazare propose d’adopter. 198.7 : Il saura subvenir Ă  tous ses besoins matĂ©riels. 198.8 : Marie change le nom Yabeç en Marziam (Margziam). 198.9 : Des nouvelles en particulier de l’arrestation du Baptiste. 198.10 : Yabeç se prĂ©sente avec un nouveau vĂȘtement que lui a donnĂ© Marthe. 198.11 : JĂ©sus et Marie s'entretiennent de la visite d'AglaĂ©.

Ancienne édition : Tome 3, chapitre 59.

EMV 198.1-10 · Tome 3, p. 294-302

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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198.1 Par la route ombragĂ©e qui relie le mont des Oliviers Ă  BĂ©thanie – et je pourrais dire que la montagne avec ses verts contreforts arrive jusqu’à la campagne de BĂ©thanie –, JĂ©sus et ses disciples marchent rapidement jusqu’à la ville de Lazare.

Il n’y est pas encore entrĂ© qu’on le reconnaĂźt et que des messagers volontaires se rĂ©pandent dans tous les sens pour annoncer sa venue. GrĂące Ă  cela, Lazare et Maximin accourent d’un cĂŽtĂ©, Isaac avec Timon et Joseph de l’autre, et en troisiĂšme lieu Marthe avec Marcelle, qui relĂšve son voile afin de se baisser pour baiser le vĂȘtement de JĂ©sus ; tout de suite aprĂšs surviennent Marie, femme d’AlphĂ©e, et Marie SalomĂ© qui vĂ©nĂšrent le MaĂźtre, puis embrassent leurs fils. Pendant ce temps, le petit Yabeç — que JĂ©sus tient toujours par la main —, ballottĂ© au milieu de tous ces gens qui arrivent, Ă©carquille les yeux avec stupĂ©faction ; de son cĂŽtĂ©, Jean d’En-Dor, se sentant Ă©tranger, se retire Ă  part au fond du groupe. Et voici que s’avance, sur le sentier qui mĂšne Ă  la maison de Simon, la MĂšre de JĂ©sus.

JĂ©sus laisse tomber la main de Yabeç et repousse doucement ses amis pour se hĂąter vers elle. Les mots bien connus dĂ©chirent l’air, se dĂ©tachant comme un solo d’amour au-dessus du bourdonnement de la foule : « Mon Fils ! » ; « Maman ! » Ils s’embrassent ; on sent, dans le baiser de Marie, l’angoisse de celle qui a craint pendant si longtemps et qui, maintenant, au moment de la dĂ©livrance de la terreur qui l’a possĂ©dĂ©e, ressent la fatigue de l’effort qu’elle a fait Ă  la mesure du danger qu’il a couru


Jésus, qui le comprend, lui fait une caresse et dit :

« En plus de mon ange gardien, j’avais le tien, MĂšre, pour veiller sur moi. Il ne pouvait rien m’arriver de mal.

– louĂ© soit le Seigneur. Mais j’ai tant souffert !

– Je voulais venir plus rapidement, mais j’ai dĂ» emprunter une autre route pour t’obĂ©ir. Et cela a Ă©tĂ© un bien, parce que ton ordre, ma MĂšre, comme toujours, a produit de belles fleurs.

– Ton obĂ©issance, mon Fils !

– Ton sage commandement, MĂšre
 »

Ils se sourient comme deux amoureux. Mais est-il possible que cette femme soit la mĂšre de cet homme ? OĂč sont les seize annĂ©es de diffĂ©rence ? La fraĂźcheur et la grĂące du visage et du corps virginal font de Marie la sƓur de son Fils qui est, lui, dans la plĂ©nitude de son splendide dĂ©veloppement humain.

« Tu ne me demandes pas la raison de cette belle floraison ? demande Jésus sans cesser de sourire.

– Je sais que mon JĂ©sus ne me cache rien.

– ChĂšre Maman ! »

Il lui donne encore un baiser


Les gens qui se sont tenus à quelques mùtres paraissent ne pas observer la scùne. Mais je parie qu’il n’y en a pas un, de tous ces yeux qui semblent regarder ailleurs, qui ne se porte un instant sur ce doux tableau.

198.2 Celui qui regarde plus que tout autre, c’est Yabeç. JĂ©sus l’a abandonnĂ© quand il a couru embrasser sa MĂšre et ce pauvre enfant est restĂ© seul car, dans l’empressement des questions et des rĂ©ponses, on n’a plus prĂȘtĂ© attention Ă  lui
 Il examine attentivement, puis incline la tĂȘte, lutte contre le chagrin
 mais Ă  la fin il n’y tient plus et fond en larmes en gĂ©missant : « Maman ! Maman ! »

Tous, et JĂ©sus et Marie les premiers, se retournent, tous tentent d’y remĂ©dier ou se demandent quel est cet enfant.

Marie, femme d’AlphĂ©e, accourt, ainsi que Pierre — ils Ă©taient ensemble — en demandant tous deux :

« Pourquoi pleures-tu ? »

Mais avant que Yabeç, étreint par son grand chagrin, puisse retrouver son souffle pour parler, Marie accourt et le prend dans ses bras :

« Oui, mon petit enfant, la Maman ! Ne pleure plus et excuse- moi si je ne t’ai pas vu plus tĂŽt. Voici, mes amis, mon petit enfant
 »

On se rend compte que Jésus, en parcourant ces quelques mÚtres, doit lui avoir confié :

« C’est un petit orphelin que j’ai pris avec moi. »

Le reste, Marie l’a devinĂ©. L’enfant pleure encore, mais avec moins de peine, et comme Marie le tient dans ses bras et l’em­brasse, il finit par sourire, son visage encore tout baignĂ© de larmes.

« Viens que je t’essuie toutes ces larmes. Tu ne dois plus pleurer ! Donne-moi un baiser
 »

Yabeç
 ne demandait que cela et, aprùs tant de caresses d’hommes barbus, il est heureux d’embrasser la joue si douce de Marie.

198.3 Pendant ce temps, JĂ©sus a recherchĂ© et trouvĂ© Jean d’En-Dor, et il va le prendre dans le coin oĂč il se tient, Ă  l’écart. Tandis que les apĂŽtres saluent Marie, JĂ©sus vient Ă  elle tenant par la main Jean d’En-Dor :

« MĂšre, voici l’autre disciple. Ces deux fils, c’est ton ordre qui les a obtenus.

– Ton obĂ©issance, mon Fils », rĂ©pĂšte Marie. Et elle salue l’homme en disant : « La paix est avec toi. »

L’homme, cet homme rude, inquiet, qui avait dĂ©jĂ  bien changĂ© depuis ce matin oĂč le caprice de Judas avait amenĂ© JĂ©sus Ă  En-Dor, finit de se dĂ©pouiller de son passĂ© alors qu’il s’incline devant Marie. Je crois qu’il en est ainsi, tant le visage qui se redresse aprĂšs la profonde inclination paraĂźt serein, rĂ©ellement “ pacifiĂ© ”.

198.4 Tout le monde se dirige vers la maison de Simon : Marie avec Yabeç dans ses bras, JĂ©sus qui tient par la main Jean d’En-Dor et puis, autour et derriĂšre, Lazare et Marthe, les apĂŽtres avec Maximin, Isaac, Joseph, Timon.

Ils entrent dans la maison sur le seuil de laquelle le vieux serviteur de Simon vénÚre Jésus et son maßtre.

« Paix Ă  toi, Joseph, ainsi qu’à cette maison », dit JĂ©sus en levant la main pour bĂ©nir, aprĂšs l’avoir posĂ©e sur la tĂȘte blanche du vieil homme.

Une fois passé leur premier mouvement de joie, Lazare et Marthe se montrent un peu tristes, et Jésus les interroge :

« Pourquoi donc, mes amis ?

– Parce que tu n’es pas avec nous, et parce que tout le monde vient Ă  toi exceptĂ© l’ñme que nous voudrions tout Ă  toi.

– Affermissez votre patience, votre espĂ©rance, votre priĂšre. Et puis, je suis avec vous. Cette maison !
 Cette maison n’est que le nid d’oĂč le Fils de l’homme volera chaque jour vers de chers amis, si voisins dans l’espace mais, Ă  considĂ©rer les choses surnaturellement, infiniment plus proches dans l’amour. Vous ĂȘtes dans mon cƓur et je suis dans le vĂŽtre. Peut-on ĂȘtre plus proches que cela ? Mais ce soir nous serons ensemble. Veuillez vous asseoir Ă  ma table.

– Ah ! Pauvre de moi ! Et moi qui reste Ă  flĂąner ici ! Viens, SalomĂ©, nous avons du travail ! »

Le cri de Marie, femme d’AlphĂ©e, fait sourire tout le monde, alors que la bonne parente de JĂ©sus se lĂšve rapidement pour vaquer Ă  ses occupations.

Mais Marthe la rejoint :

« Marie, ne te fais pas de souci pour la nourriture. Je vais donner des ordres. Contente-toi de prĂ©parer les tables. Je t’enverrai les siĂšges qui seront nĂ©cessaires et tout ce qu’il faut. Viens, Marcelle. Je reviens tout de suite, MaĂźtre.

198.5 – J’ai vu Joseph d’Arimathie, Lazare. Il vient lundi ici avec des amis.

– Oh ! Alors, ce jour-là, tu m’appartiens !

– Oui. Il vient pour que nous soyons ensemble, et aussi pour organiser une cĂ©rĂ©monie qui concerne Yabeç. Jean, conduis l’enfant sur la terrasse. Il s’amusera. »

Jean, toujours obĂ©issant, se lĂšve aussitĂŽt de sa place, et peu aprĂšs on entend le babil de l’enfant et le bruit de ses petits pieds sur la terrasse qui entoure la maison.

« Cet enfant, explique JĂ©sus Ă  sa MĂšre, Ă  ses amis, aux femmes, parmi lesquelles se trouve Marthe qui s’est empressĂ©e pour ne pas perdre une minute de joie auprĂšs du MaĂźtre, c’est le petit-fils d’un paysan de Doras. Je suis passĂ© par Esdrelon


– Est-il vrai que les champs sont dĂ©solĂ©s et qu’il veut les vendre ?

– Pour ĂȘtre dĂ©solĂ©s, ils le sont ! Pour ce qui est de la vente, je l’ignore. Un paysan de Yokhanan m’en a parlĂ©, mais je ne sais pas si c’est sĂ»r.

– S’il vendait
 je les achĂšterais volontiers pour te procurer un asile mĂȘme au milieu de ce nid de serpents.

– Je ne crois pas que tu y parviennes. Yokhanan est dĂ©cidĂ© Ă  les acquĂ©rir.

– Nous verrons
 Mais continue ton rĂ©cit. Qui sont ces paysans ? Il a dispersĂ© tous ceux qui s’y trouvaient.

– Oui. Ceux-ci viennent de ses terres de JudĂ©e, au moins le vieillard qui est le parent de l’enfant. Il le gardait dans le bois comme un animal sauvage, pour que Doras ne l’aperçoive pas
 et il y Ă©tait depuis l’hiver


– Oh, le pauvre enfant ! Mais pourquoi ? »

Les femmes sont toutes bouleversées.

« Parce que son pĂšre et sa mĂšre ont Ă©tĂ© ensevelis sous l’éboulement qui a eu lieu aux environs d’EmmaĂŒs. Tous : pĂšre, mĂšre, frĂšres. Lui, il a Ă©chappĂ© Ă  la mort parce qu’il n’était pas Ă  la maison. On l’a conduit chez son vieux grand-pĂšre. Mais que pouvait faire un paysan de Doras ? Toi, Isaac, tu as parlĂ© de moi comme d’un sauveur, mĂȘme pour ce cas.

– Ai-je mal fait, Seigneur ? demande humblement Isaac.

– Tu as bien fait. Dieu le voulait. Le vieillard m’a confiĂ© l’enfant qui doit aussi devenir majeur ces jours-ci.

– Oh, le pauvre ! Il est si petit Ă  douze ans ! Mon Jude mesurait le double Ă  cet Ăąge-là
 Et JĂ©sus ? Quelle fleur ! » dit Marie, femme d’AlphĂ©e.

Salomé ajoute :

« MĂȘme mes fils Ă©taient bien plus forts ! »

Et Marthe murmure :

« Vraiment, il est petit ! Je croyais qu’il n’avait pas encore dix ans.

– Ah ! La faim, c’est effroyable ! Or il a souffert de la faim depuis qu’il est au monde. Et maintenant
 Que pouvait bien lui donner le vieil homme, si là-bas tout le monde meurt de faim ? dit Pierre.

– Oui, il a beaucoup souffert. Mais il est trùs bon et intelligent. Je l’ai pris pour consoler le vieillard et l’enfant.

198.6 – Tu l’adoptes ? demande Lazare.

– Non. Je ne le peux pas. »

– Dans ce cas, c’est moi qui le prends. »

Pierre voit se dissiper son espoir et pousse un vrai gémissement :

« Seigneur ! Tout pour lui ? »

Jésus sourit :

« Lazare, tu as dĂ©jĂ  beaucoup fait et je t’en suis reconnaissant. Mais cet enfant, je ne peux te le confier. C’est “ notre ” enfant Ă  nous tous. Il fait la joie des apĂŽtres et du MaĂźtre. De plus, il grandirait ici dans le luxe. Je veux lui faire don de mon manteau royal : “ l’honnĂȘte pauvretĂ© ”, celle que le Fils de l’homme veut pour lui-mĂȘme, pour pouvoir approcher les plus grandes misĂšres sans humilier personne. Tu as reçu encore rĂ©cemment un cadeau de moi


– Ah oui ! Le vieux patriarche et sa fille. La femme est trùs active, et le vieil homme est bon.

– OĂč sont-ils maintenant ? Je veux dire : Ă  quel endroit ?

– Mais ici, Ă  BĂ©thanie ! Crois-tu que j’aurais voulu Ă©loigner la bĂ©nĂ©diction que tu m’envoyais ? La femme travaille au lin. Ce travail demande des mains lĂ©gĂšres et expertes. Quant au vieillard, Ă©tant donnĂ© qu’il voulait absolument travailler, je l’ai mis aux ruches. Hier – n’est-ce pas, ma sƓur ? –, sa longue barbe Ă©tait toute dorĂ©e : les abeilles, en essaimant, s’y Ă©taient toutes attachĂ©es, et il leur parlait comme Ă  ses filles. Il est heureux.

– Je le crois bien ! Sois bĂ©ni ! Dit JĂ©sus.

– Merci, Maütre. 198.7 Mais cet enfant t’occasionnera des frais ! Me permettrais-tu au moins


– C’est moi qui m’occupe de son vĂȘtement de fĂȘte ! » s’écrie Pierre.

Tout le monde rit de son impulsivité.

« TrĂšs bien, mais il aura besoin d’autres vĂȘtements. Simon, sois gentil. Moi aussi, je suis sans enfants. Permets que Marthe et moi nous nous consolions en lui faisant faire de petits habits. »

Pierre, ainsi sollicitĂ©, s’émeut tout de suite :

« Les habits
 oui
 mais le vĂȘtement de mercredi, c’est moi qui m’en charge. Le MaĂźtre me l’a promis, et il a dit que j’irai avec sa MĂšre l’acheter demain. »

Pierre dit tout cela par crainte de quelque changement à son détriment.

Jésus sourit :

« Oui, MĂšre. Je te prie d’accompagner Simon, demain. Sinon, cet homme va mourir d’angoisse. Tu le conseilleras pour le choix.

– Moi, j’ai dit : vĂȘtement rouge et ceinture verte. Cela ira trĂšs bien, mieux que cette couleur qu’il porte maintenant.

– Le rouge ira trĂšs bien, rĂ©pond doucement Marie. JĂ©sus lui aussi portait un vĂȘtement rouge. Mais je dirais que, sur le rouge, il vaudrait mieux une ceinture rouge, ou du moins avec une broderie rouge.

– Moi, je faisais cette proposition parce que je vois que Judas, qui est brun, est trùs beau avec ces bandes vertes sur son habit rouge.

– Mais elles ne sont pas vertes, mon ami ! Dit en riant Judas.

– Non ? Et quelle couleur est-ce alors ?

– On appelle cette couleur “ veine d’agate ”.

– Et que veux-tu que j’en sache ? ! Elle me paraissait verte. Je l’ai vue aussi sur les feuilles
 »

Marie intervient avec bienveillance :

« Simon a raison. C’est exactement la couleur que prennent les feuilles aux premiĂšres pluies de Tisri


– VoilĂ  ! Et comme les feuilles sont vertes, je disais que la ceinture Ă©tait verte » conclut Pierre, satisfait.

La douce Marie a apporté paix et joie jusque dans ce petit détail.

198.8 « Appelez l’enfant ! » demande Marie.

Il arrive aussitĂŽt, avec Jean.

« Comment t’appelles-tu ? demande Marie avec une caresse.

– Je m’appelle
 je m’appelais Yabeç. Mais maintenant j’attends un nom


– Tu en attends un ?

– Oui, Yabeç veut un nom qui signifie que je l’ai sauvĂ©. Tu le chercheras, MĂšre. Un nom d’amour et de salut. »

Marie réfléchit
 puis elle dit :

« Marjiam (Maarhgziam). Tu es la petite goutte dans la mer de ceux qui sont sauvés par Jésus. Il te plaßt ? Ce nom, outre le salut, sera aussi mon souvenir de moi.

– Il est trùs beau, dit l’enfant tout content.

– Mais n’est-ce pas un nom de femme ? demande BarthĂ©lemy.

– Avec un “ l ” final au lieu d’un “ m ”, quand cette petite goutte d’humanitĂ© sera adulte, vous pourrez changer son nom en nom d’homme. Maintenant, il porte le nom que lui a donnĂ© la MĂšre. N’est-ce pas ? »

L’enfant approuve et Marie le caresse.

Sa belle-sƓur tñte le petit manteau de Yabeç et l’interpelle :

« C’est de la belle laine, mais elle a une de ces couleurs ! Qu’en dis-tu ? Je le teindrai en rouge trĂšs foncĂ©. Cela ira bien.

– nous le ferons demain soir, car alors il aura son nouveau vĂȘtement. Maintenant, nous ne pouvons le lui enlever. »

Marthe dit à l’enfant :

« Viendrais-tu avec moi, mon petit ? Je t’emmĂšne tout prĂšs d’ici pour voir plein de choses, et puis on revient ici
 »

Yabeç ne refuse pas. Il ne refuse jamais rien
 mais il paraĂźt un peu intimidĂ© de partir avec une femme presque inconnue. Il dit timidement et avec gentillesse :

« Est-ce que Jean pourrait venir avec moi ?

– Mais bien sĂ»r ! »

Et ils s’en vont.

198.9 Pendant leur absence, les conversations se poursuivent entre les différents groupes : récits, commentaires, soupirs sur la dureté des hommes


Isaac raconte ce qu’il a pu apprendre sur Jean-Baptiste. Certains prĂ©tendent qu’il est Ă  MachĂ©ronte, d’autres Ă  TibĂ©riade. Les disciples ne sont pas encore de retour


« Mais ne l’avaient-ils pas suivi ?

– Si. Mais, prĂšs de Docco, ceux qui l’avaient arrĂȘtĂ© ont traversĂ© le fleuve avec leur prisonnier, et on ne sait pas s’ils sont remontĂ©s vers le lac ou descendus Ă  MachĂ©ronte. Jean, Mathias et SimĂ©on se sont lancĂ©s Ă  leur recherche pour s’informer et ils ne l’abandonneront sĂ»rement pas.

– Et toi, Isaac, tu n’abandonneras certainement pas ce nouveau disciple. Pour l’instant, il reste avec moi. Je veux qu’il fasse la Pñque avec moi.

– Moi, je la ferai Ă  JĂ©rusalem, chez Jeanne. Elle m’a vu et m’a offert une chambre pour moi et mes compagnons. Ils viennent tous, cette annĂ©e. Et nous serons avec Jonathas.

– MĂȘme ceux du Liban ?

– Eux aussi. Mais les disciples de Jean ne pourront peut-ĂȘtre pas venir.

– Ceux de Yokhanan viennent, tu le sais ?

– Vraiment ? Je serai Ă  la porte, prĂšs des prĂȘtres qui immolent. Je les verrai et je les amĂšnerai avec moi.

– Attends-les pour la derniĂšre heure. Ils n’ont qu’un temps limitĂ©. Mais ils ont l’agneau.

– Moi aussi. Magnifique. C’est Lazare qui me l’a donnĂ©. Nous immolerons celui-ci, et l’autre, le leur, leur servira pour le retour. »

198.10 Marthe rentre avec Jean et l’enfant qui porte une petite chemise de lin blanc avec un vĂȘtement de dessus rouge. Sur le bras, il a aussi un petit manteau rouge.

« Tu les reconnais, Lazare ? Tu vois que tout sert ? »

Le frùre et la sƓur se sourient.

Jésus dit :

« Je te remercie, Marthe.

– Oh mon Seigneur ! J’ai la manie de tout garder. Je l’ai hĂ©ritĂ©e de ma mĂšre. J’ai encore beaucoup de vĂȘtements de mon frĂšre. Ils me sont chers parce que ma mĂšre les a touchĂ©s. De temps en temps, j’en enlĂšve une piĂšce pour quelque enfant. Je vais maintenant les donner Ă  Margziam. Ils sont un peu longs, mais on peut les raccourcir. Lazare, devenu majeur, n’en a plus voulu
 Un beau caprice, un vrai caprice d’enfant
 et ma mĂšre lui a cĂ©dĂ© parce qu’elle adorait son Lazare. »

Marthe le caresse avec amour, et Lazare prend sa trĂšs belle main, la baise et dit :

« Et pas toi ? »

Ils se sourient.

« C’est providentiel, soulignent plusieurs.

– Oui, mon caprice a Ă©tĂ© un bienfait. Peut-ĂȘtre me sera-t-il pardonnĂ© pour cette raison. »

Le dĂźner est prĂȘt et chacun gagne sa place


Annotation

Ton ordre, ma MĂšre, comme toujours, a produit de belles fleurs. Yabeç (Marziam) et Jean d’En-Dor (FĂ©lix). La lettre de Marie a Ă©tĂ© transmise dans l'EMV 133.

Est-il possible que cette femme soit la mĂšre de cet homme ? OĂč sont les seize annĂ©es de diffĂ©rence ? Marie a donc 46 ou 47 ans.

Tout le monde se dirige vers la maison de Simon. Celle de Simon le Zélote.

Le vieux patriarche et sa fille. La femme est trÚs active, et le vieil homme est bon. Ismaël et Sarah du Sermon sur la Montagne. Voir l'EMV 172.9 et l'EMV 173.5.

C’est exactement la couleur que prennent les feuilles aux premiùres pluies de Tisri
 A la mi-septembre.

[Marie dit :] Marjiam (Maarhgziam). Tu es la petite goutte dans la mer de ceux qui sont sauvĂ©s par JĂ©sus. Il te plaĂźt ? Ce nom, outre le salut, sera aussi mon souvenir de moi. (...) [JĂ©sus dit :] Avec un “ l ” final au lieu d’un “ m ”, quand cette petite goutte d’humanitĂ© sera adulte, vous pourrez changer son nom en nom d’homme. Maintenant, il porte le nom que lui a donnĂ© la MĂšre. N’est-ce pas ? Remarques Ă©tonnantes de prĂ©cisions. Seul un spĂ©cialiste de l'hĂ©breu ancien et de ses diffĂ©rentes prononciations serait capable de dĂ©chiffrer la pertinence de ces propos. En tous cas, ce n'Ă©tait certainement pas la science de Maria Valtorta qui donne pourtant ici des grandes prĂ©cisions.

Les bergers du Liban, c'est-Ă -dire Daniel et Benjamin.