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Miracles de Jésus-Christ

Thème : Faits et éléments bibliques dans le Nouveau Testament · Page 3 sur 8

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EMV 68.6-7 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Demandez-lui quelque miracle. Il est puissant. Il guérit. Il lit dans les coeurs. Il répond à toute question.

– Parle-lui, toi, pour moi. Dis-lui que je suis malade. Mon oeil droit est mort, le gauche se dessèche.

– Maître...

– Judas ? »

Jésus, qui caressait une enfant, se retourne.

« Maître, cet homme est presque aveugle et désire voir. Je lui ai dit que tu peux le guérir.

– Je le peux pour qui a la foi. As-tu foi, homme ?

– Je crois dans le Dieu d’Israël. Je viens ici pour me jeter dans la piscine de Bethsaïde. Mais il y a toujours quelqu’un qui me précède.

– Peux-tu croire en moi ?

– Si je crois à l’ange de la piscine, ne dois-je pas croire en toi dont le disciple affirme que tu es le Messie ? »

Jésus sourit. Il se mouille le doigt avec la salive et effleure l'oeil malade.

« Que vois-tu ?

– Je vois les objets sans le brouillard qui les recouvrait auparavant. Et l’autre, tu ne le guéris pas ? »

Jésus sourit de nouveau. Il refait le même geste sur l’oeil a­veugle.

« Que vois-tu maintenant ? demande-t-il en enlevant son doigt de la paupière fermée.

– Ah ! Seigneur Dieu d’Israël ! J’y vois comme quand, enfant, je courais sur les prés. Sois béni pour l’éternité ! »

L’homme pleure, prostré aux pieds de Jésus.

« Va. Sois bon maintenant par reconnaissance pour Dieu. »

68.7 Un lévite, arrivé vers la fin du miracle, demande :

« Par quel pouvoir fais-tu cela ?

– Tu me le demandes ? Je vais te le dire si tu réponds à ma question. D’après toi quel est le plus grand : un prophète qui annonce le Messie ou le Messie en personne ?

– Quelle question ! Le Messie est le plus grand : c’est le Rédempteur promis par le Très-Haut !

– Alors, pourquoi les prophètes ont-ils fait des miracles ? Par quel pouvoir ?

– Par le pouvoir que Dieu leur donnait pour prouver aux foules que Dieu était avec eux.

– Eh bien ! c’est par ce même pouvoir que j’accomplis les miracles. Dieu est avec moi, et je suis avec lui. Je prouve aux foules qu’il en est bien ainsi et que le Messie peut, à plus forte raison et dans une plus large mesure, accomplir ce que les prophètes ont pu faire. »

Pensif, le lévite s’éloigne et tout se termine.

Détail

Jésus parle et Judas encourage le peuple à lui demander un miracle. Jésus en opère un, et à la fin, on lui demande par quelle autorité il fait cela.

EMV 72.3-4 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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72.3 La seule chose qui m’attriste, c’est de constater à quel point l’homme est corrompu par Satan qui pervertit sa pensée. Sa­chez-le, vous tous : il trouble votre manière de penser à tous ! Mais il viendra un jour où vous aurez en vous la force de Dieu, la grâce. Vous aurez la sagesse, avec son Esprit... Alors, vous aurez tout pour juger avec justice.

– Et nous jugerons tous avec justice ?

– Non, Judas.

– Mais, parles-tu pour nous, les disciples, ou pour tous les hommes ?

– Je parle d’abord pour vous, puis pour tous les autres. Quand ce sera l’heure, le Maître suscitera ses ouvriers et les enverra de par le monde...

– Ne le fais-tu pas déjà ?

– Pour l’instant, je ne me sers de vous que pour dire : “ Le Messie est là, venez à lui. ” Mais à ce moment-là, je vous rendrai capables de prêcher en mon nom, d’accomplir des miracles en mon nom...

– Oh ! Même des miracles ?

– Oui, sur les corps et sur les âmes.

– Ah ! Comme on nous admirera! »

Judas jubile à cette idée.

72.4 « Nous ne serons plus avec le Maître à ce moment-là, cependant... pour moi, j’aurai toujours peur d’accomplir quelque chose de divin avec mes moyens humains, dit Jean, en regardant Jésus d’un air pensif, quelque peu triste.

– Jean, si le Maître le permet, je voudrais te dire ma pensée, intervient Simon.

– Confie-la à Jean ; je désire que vous vous conseilliez mutuellement.

– Tu sais déjà que c’est un conseil ? »

Jésus sourit et se tait.

« Eh bien, alors, je te dis, Jean, que tu ne dois pas, et que nous ne devons pas avoir peur. Appuyons-nous sur la sagesse du Maître saint et sur sa promesse. Si, lui, il nous dit : “ Je vous enverrai ”, cela signifie qu’il sait qu’il peut nous envoyer sans que nous lui fassions du tort, à lui comme à nous, c’est-à-dire à la cause de Dieu qui nous est aussi chère à tous qu’une épouse tout juste mariée. S’il nous promet de revêtir notre misère intellectuelle et spirituelle de l’éclat de la puissance que le Père lui a donnée pour nous, nous devons être certains qu’il le fera et que nous en serons rendus capables, non pas par nous-mêmes, mais grâce à sa miséricorde. Il est donc certain que tout cela arrivera si nous ne mettons pas d’orgueil, de désir humain dans notre action. Je pense que si nous corrompons notre mission, qui est toute spirituelle, par des éléments terrestres, alors même la promesse du Christ ne s’accomplira pas. Ce ne sera pas de l’impuissance de sa part, mais parce que nous étranglerons sa puissance avec le lacet de l’orgueil.

Détail

Les apôtres (Jean, Judas, Simon le Zélote) discutent et vient le sujet des miracles ainsi que l'envoi des disciples, quand Jésus ne sera plus avec eux.

Jésus dit aux trois apôtres :

EMV 76.4-6 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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76.4 « Tu m’as dit que tu veux faire savoir à Isaac que tu es ici, mais sans entrer dans le village ?

– Oui, c’est ce que je veux.

– Alors, ce serait bien de se séparer. Moi, j’irai le trouver. Lévi et Joseph resteront avec le troupeau et avec vous. Je monte à partir d’ici, ce sera plus rapide. »

Et Elie se met à gravir la pente vers un groupe de maisons toutes blanches qui resplendissent au soleil, tout là-haut. J’ai l’impression de le suivre. Le voilà aux premières maisons. Il prend un sentier entre les maisons et les jardins. Il fait quelques dizaines de mètres, puis tourne sur un chemin plus large d’où il entre sur une place.

Je n’ai pas dit que tout cela se passait aux premières heures de la matinée. Je le précise maintenant pour expliquer que le marché se tient encore sur la place. Ménagères et vendeurs parlent à voix haute sous les arbres qui donnent de l’ombre à la place.

Elie va, sans hésiter, jusqu’au point où la place se continue par une route, une route assez belle. C’est peut-être la plus belle du village. Au coin, il y a une masure, ou plutôt une pièce, dont la porte est ouverte. Presque sur le seuil se trouve un pauvre lit avec un infirme squelettique qui demande lamentablement une obole aux passants.

Elie entre en trombe.

« Isaac... c’est moi.

– Toi ? Je ne t’attendais pas. Tu es venu à la dernière lune.

– Isaac... Isaac... Sais-tu pourquoi je suis venu ?

– Je l’ignore... tu es ému... qu’est-ce qui arrive ?

– J’ai vu Jésus de Nazareth ! C’est un homme, maintenant, un rabbi. Il est venu me chercher... et il veut nous voir. Oh ! Isaac, tu te trouves mal ? »

En fait, Isaac s’est laissé aller comme s’il mourait. Mais il se ressaisit :

« Non. C’est la nouvelle... Où est-il ? Comment est-il ? Ah, si je pouvais le voir !

– Il est en bas, dans la vallée. Il m’envoie te dire ceci, exactement ceci : “ Viens, Isaac, car je veux te voir et te bénir. ” Je vais appeler quelqu’un qui m’aide à te descendre.

– C’est ce qu’il a dit ?

– Oui. Mais que fais-tu ?

– J’y vais. »

Isaac repousse ses couvertures, remue ses jambes inertes, les descend du grabat, les appuie au sol. Il se lève, encore un peu incertain et titubant. Tout cela en un clin d’oeil, sous les yeux écarquillés d’Elie qui finit par comprendre et crie... Une bonne femme s’amène, curieuse. Elle voit l’infirme, debout, qui, n’ayant rien d’autre, se drape dans une des couvertures. Elle s’enfuit en criant comme une poule effrayée.

« Allons... partons par ici pour faire plus vite et échapper à la foule... Vite, Elie. »

Ils sortent en courant par la porte du jardin de derrière et repoussent la fermeture de branches sèches. Une fois dehors, ils filent par un sentier misérable, puis descendent une ruelle au milieu des jardins et de là à travers les prés et les bosquets jusqu’au torrent.

76.5 « Voilà Jésus, dit Elie en le montrant du doigt. Ce grand et bel homme blond, vêtu de blanc avec un manteau rouge... »

Isaac court à travers le troupeau qui broute et avec un cri de triomphe, de joie, d’adoration, se jette aux pieds de Jésus.

« Relève-toi, Isaac. Je suis venu t’apporter paix et bénédiction. Lève-toi, que je voie ton visage. »

Mais Isaac ne peut se lever. C’est trop d’émotions à la fois et il reste sur le sol, des larmes de bonheur dans les yeux.

« Tu es venu tout de suite. Tu ne t’es pas demandé si tu le pouvais...

– Tu m’as demandé de venir... alors je suis venu.

– Il n’a même pas fermé sa porte ni ramassé ses oboles, Maître.

– Peu importe, les anges veilleront sur sa demeure. Es-tu content, Isaac ?

– Oh ! Seigneur !

– Appelle-moi : Maître.

– Oui, Seigneur, mon Maître. Même sans être guéri, j’aurais été bien heureux de te voir. Comment ai-je pu trouver tant de grâce près de toi ?

– En raison de ta foi et de ta patience, Isaac. Je sais combien tu as souffert !

– Ce n’est rien, rien, plus rien ! Je t’ai trouvé ! Tu es en vie ! Tu es ici ! Cela, c’est tout... Le reste, tout le reste appartient au passé. Mais, Seigneur et Maître, maintenant, tu ne t’en vas plus, n’est-ce pas ?

– Isaac, j’ai tout Israël à évangéliser. Je pars... Mais, si je ne puis rester, tu peux toujours me servir et me suivre. 76.6 Veux-tu être mon disciple, Isaac ?

– Oh ! Mais je ne serai pas bon !

– Tu sauras confesser que je suis ? Le confesser en dépit des mépris et des menaces ? Et dire que c’est moi qui t’ai appelé et que tu es venu ?

– Même si tu ne le voulais pas, j’annoncerais tout cela. En cela, je te désobéirais, Maître. Pardonne-moi si je le reconnais. »

Jésus sourit.

« Alors, tu vois que tu es bon pour être disciple ?

– Ah ! S’il ne s’agit que de faire cela ! Je croyais que ce serait plus difficile. Qu’il faudrait aller à l’école des rabbis pour te servir, toi, le Rabbi des rabbis... et aller à l’école si vieux !... »

En fait, l’homme a au moins cinquante ans.

« L’école, tu l’as déjà suivie, Isaac.

– Moi ? Non.

– Si, toi. N’as-tu pas continué à croire et à aimer, à respecter et bénir Dieu et ton prochain, à ne pas être envieux, à ne pas désirer ce qui appartient à autrui et même ce que tu avais possédé mais que tu n’avais plus, à ne dire que la vérité même si cela te portait tort, à ne pas commettre l’adultère avec Satan en faisant des péchés ? N’as-tu pas fait tout cela, au cours de ces trente années de malheurs ?

– Si, Maître.

– Tu vois que tu es déjà allé à l'école. Continue ainsi et ajoute la révélation de mon existence dans le monde. Il n’y a rien d’autre à faire.

– Je t’ai déjà prêché, Seigneur Jésus. Aux enfants qui venaient, quand je suis arrivé dans ce village, boiteux, mendiant mon pain et faisant encore quelques travaux de tonte ou de traite et puis, lorsque le mal s’est aggravé au-dessous de la taille, quand ils venaient autour de mon lit. Je parlais de toi aux enfants de ce temps-là, comme aussi aux enfants de maintenant, leurs fils... Les enfants sont bons et croient toujours. Je leur parlais du temps de ta naissance... des anges... de l’étoile et des mages... et de ta Mère... Ah ! Dis-moi, elle est vivante ?

– Elle est vivante et te salue. Elle parlait toujours de vous.

– Ah ! Si je pouvais la voir !

– Tu la verras. Tu viendras dans ma maison, un jour. Marie te saluera en t’appelant : mon ami.

– Marie... Oui. Son nom, dans ma bouche est doux comme le miel.

EMV 80.10 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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L’Homme avait remporté la triple victoire. L’Homme savait ce que voulait dire être homme et il avait vaincu. Il était épuisé. Ce combat avait été plus épuisant que le jeûne prolongé... Mais l’esprit dominait... Je crois que les Cieux ont tressailli à mon affirmation complète de créature douée de connaissance. C’est à partir de ce moment, je crois, qu’est venu en moi le pouvoir de faire des miracles. J’avais été Dieu. J’étais devenu l’Homme. Maintenant, triomphant des tendances animales liées à la nature humaine, j’étais devenu l’Homme-Dieu. Je le suis. Et comme Dieu, je puis tout. Comme homme, j’ai l’expérience de tout. Vous aussi, agissez comme moi, si vous voulez faire ce que je fais. Et faites-le en mémoire de moi.

Détail

Après la tentation du Christ par Satan dans l'Évangile :

EMV 88.4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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– Et tu guéris aussi les malades ? Lévi m’a parlé d’Isaac. Ce miracle lui est-il réservé parce qu’il est ton berger, ou bien y en aura-t-il pour tous ?

– Pour les bons, le miracle est une juste récompense. Pour les moins bons, il sert à les amener à une bonté véritable. Pour les mauvais aussi, parfois, il sert à les secouer, à les persuader que j’existe et que Dieu est avec moi. Le miracle est un don et ce don est destiné aux bons. Mais celui qui est miséricorde et voit combien les hommes sont lourds et que seul un événement prodigieux peut les secouer, y recourt aussi pour pouvoir dire : “ J’ai tout fait pour vous, et cela n’a servi à rien. Dites-moi donc, vous-mêmes, ce que je dois faire de plus. ”

EMV 91.4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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91.4 N’avez-vous aucune question ?

– Je voudrais te demander : nous n’allons plus revenir en Judée ? demande Judas.

– Qui prétend cela ?

– Toi, Maître. Tu as dit que tu prépares Joseph pour qu’il instruise les autres en Judée ! On t’y a fait trop de mal pour que tu y retournes ?

– Que t’ont-ils fait en Judée ? » demande Thomas, curieux ; en même temps, Pierre s’exclame avec véhémence :

« Ah ! Alors, j’avais raison de dire que tu en étais revenu fatigué. Que t’ont-ils fait, les “ parfaits ”, en Israël ?

– Rien, mes amis. Rien de plus que ce que je trouverai encore ici. Si je faisais tout le tour de la terre, je trouverais partout un mélange d’amis et d’ennemis. Mais, Judas, je t’avais prié de te taire...

– C’est vrai, mais... je ne puis me taire quand je vois que tu préfères la Galilée à ma patrie. Tu es injuste, voilà ! Même là-bas tu avais eu droit à des honneurs...

– Judas ! Judas... oh ! Judas ! Tu me fais un reproche injuste ! Et tu t’accuses toi-même en te laissant gagner par la colère et la jalousie. J’avais fait mon possible pour ne faire connaître que le bien reçu dans ta Judée et, sans mentir, j’avais pu, avec joie, parler de ce bien pour vous faire aimer, vous de Judée. Avec joie. Car, pour le Verbe de Dieu, il n’existe ni frontières, ni régions, ni antagonismes, ni inimitiés, ni différences. Je vous aime tous, vous les hommes. Tous... Comment peux-tu dire que je préfère la Galilée, alors que j’ai voulu accomplir mes premiers miracles et me manifester d’abord sur le sol sacré du Temple et de la Cité sainte, chère à tout israélite ? Comment peux-tu me traiter de partial si, des onze que vous êtes – ou plutôt dix car, pour mon cousin, il n’est pas question d’amitié mais de parenté –, quatre sont judéens ? Et si j’y ajoute les bergers, tous judéens, tu vois de combien de Judéens je suis l’ami. Comment peux-tu dire que je ne vous aime pas si, moi qui sais, j’ai organisé le voyage de façon à donner mon nom à un bébé d’Israël et à recueillir le dernier soupir d’un juste d’Israël ? Comment peux-tu dire que je ne vous aime pas, vous les Judéens si, pour faire connaître le lieu de ma naissance et celui de ma préparation à la mission j’ai voulu deux Judéens contre un seul Galiléen ? Tu me reproches de me montrer injuste. Mais examine-toi, Judas, et vois si l’injuste ce n’est pas toi. »

Détail

A propos des disciples et des Douze, ainsi que de la Judée en général.

Mes premiers miracles : comprendre ceux des premières manifestations publiques de Jésus, qui excluent le miracle - le premier dans l'absolu - accompli aux noces de Cana en Galilée pour manifester la puissance de la Mère (comme c'est précisé en 52.9).

EMV 94.2-6 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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94.2 La barque fait un court trajet à la voile puis les deux pêcheurs la manoeuvrent dans une crique entre deux collines peu élevées. Ces collines paraissent n’en avoir fait qu’une à l’origine, et s’être creusées au milieu par l’érosion ou à la suite d’un tremblement de terre, formant un fjord minuscule ; n’étant pas norvégien, ce dernier n’est pas bordé de sapins, mais seulement d’oliviers ébouriffés qui ont poussé, on ne sait trop comment, sur les pentes escarpées, entre des rochers éboulés et d’autres qui affleurent. Ils entrelacent leurs frondaisons, tordues par les vents qui viennent du lac et qui ici doivent souffler fort. Elles forment une sorte de toit sous lequel bondit un petit torrent capricieux, bruyant parce que tout en cascades, et tout écumant avec ses chutes de roche en roche, mais ce n’est en réalité qu’un nain parmi les cours d’eau.

André saute à l’eau pour accoster au plus près et amarrer la barque à un tronc d’olivier, pendant que Pierre cargue la voile et installe une planche pour servir de pont à Jésus.

« Mais, dit-il, je te conseillerais de te déchausser, d’enlever ton habit et de faire comme nous. Ce fou (il indique le petit torrent) fait tournoyer l’eau du lac et le pont n’est pas sûr avec ce roulis. »

Jésus obéit sans discuter. Une fois à terre, ils remettent leurs sandales et Jésus reprend son long vêtement. Les autres restent avec leurs sous-vêtements foncés.

94.3 « Où est-elle ? demande Jésus.

– Elle se sera cachée, en entendant des voix. Tu sais... avec ce qu’elle a sur elle...

– Appelle-la. »

Pierre crie à haute voix :

« Je suis le disciple du Rabbi de Capharnaüm et le Rabbi est ici. Sors. »

Personne ne donne signe de vie.

« Elle est méfiante, explique André. Un jour, quelqu’un l’a appelée en disant : “ Viens, voilà de la nourriture ”, mais c’est à coups de pierres qu’il l’a reçue. C’est alors que nous l’avons vue pour la première fois, parce que, moi du moins, je ne me souvenais pas du temps où elle était la Belle de Chorazeïn.

– Et qu’avez-vous fait ?

– Nous lui avons jeté un pain, des poissons et un lambeau de toile, un morceau de voile déchirée que nous gardions pour nous essuyer, parce qu’elle était nue. Puis nous nous sommes enfuis pour ne pas nous contaminer.

– Comment êtes-vous revenus, alors ?

– Maître... Tu étais parti et nous ne pensions qu’à te faire connaître toujours plus. Nous avons pensé à tous les malades, à tous les aveugles, aux estropiés, aux muets... et aussi à elle. Nous avons dit : “ Essayons. ” Tu sais... beaucoup... oh, par notre faute certainement, nous ont traités de fous et n’ont pas voulu nous écouter. D’autres, au contraire, nous ont crus. C’est moi qui lui ai parlé, à elle directement. Je suis venu seul, avec la barque, au clair de lune. Je l’appelais, je lui disais : “ Sur la pierre, au pied de l’olivier, il y a du pain et des poissons. Viens sans crainte ”, et je m’en allais. Elle devait attendre de me voir disparaître, car je ne la voyais jamais. La sixième fois, je l’ai vue, debout sur la rive à l’endroit précis où tu es. Elle m’attendait. Quelle horreur ! Si je ne me suis pas enfui, c’est parce que j’ai pensé à toi.

Elle m’a demandé : “ Qui es-tu ? Pourquoi as-tu pitié ? ”

Je lui ai répondu :

“ Parce que je suis disciple de la Pitié. ”

“ Qui est-il ? ”

“ C’est Jésus de Galilée. ”

“ Et il vous enseigne à avoir pitié de nous ? ”

“ De tout le monde. ”

“ Mais sais-tu seulement qui je suis ? ”

“ Tu es la Belle de Chorazeïn, maintenant la lépreuse. ”

“ Et il est possible d’éprouver de la pitié pour moi ? ”

“ Lui, il dit que sa pitié s’adresse à tous, et nous, pour être comme lui, nous devons avoir de la pitié pour tous. ”

Ici, Maître, la lépreuse a blasphémé sans le vouloir. Elle a dit :

“ Alors, lui aussi doit avoir été un grand pécheur. ”

J’avais envie de lui rétorquer : “ Sois maudite à cause de ta langue ”, mais je lui ai dit : “ Non, c’est le Messie, le saint de Dieu. ” Je ne lui ai rien dit d'autre parce que j’ai pensé : “ Dans sa détresse, elle ne peut penser à la miséricorde divine. ”

Elle s’est alors mise à pleurer et elle a dit :

“ Oh ! S’il est le Saint, il ne peut pas, non il ne peut pas avoir pitié de la Belle. Pour la lépreuse, il le pourrait... mais pour la Belle, non. Et moi qui espérais... ”

J’ai demandé :

“ Qu’espérais-tu, femme ? ”

“ La guérison... retourner dans le monde... parmi les hommes... mourir mendiante, mais parmi les hommes... pas comme une bête sauvage, dans une tanière de fauves auxquels je fais horreur. ”

Je lui ai dit :

“ Me jures-tu que si tu reviens au monde tu seras honnête ? ”

“ Oui, Dieu m’a punie justement pour mes péchés. Je me repens profondément. Mon âme subit l’expiation, mais déteste le péché, éternellement. ”

Il m’a alors semblé pouvoir lui promettre le salut en ton nom. Elle m’a dit :

“ Reviens, reviens encore... Parle-moi de lui. Que mon âme le connaisse avant que mon oeil ne le voie... ”

Et je venais lui parler de toi, comme je le peux...

– Et moi, je viens apporter le salut à la première convertie de mon André. »

(c’est André, en effet, qui a parlé tout le temps pendant que Pierre est parti remonter le torrent en sautant de pierre en pierre, et en hélant la lépreuse).

94.4 Enfin, elle montre son horrible visage entre les branches d’un olivier. Elle voit, et pousse un cri.

« Descends donc, crie Pierre. Je ne veux pas te lapider ! Là, tu le vois, c’est le Rabbi Jésus. »

La femme se laisse dévaler sur la pente. J’emploie ce terme car elle descend à toute allure, et elle arrive aux pieds de Jésus avant que Pierre ne revienne près du Maître.

« Pitié, Seigneur !

– Peux-tu croire que je puisse avoir pitié ?

– Oui, parce que tu es saint et que je me suis repentie. Je suis le péché, mais tu es la miséricorde. Ton disciple a été le premier à faire preuve de miséricorde à mon égard. Il est venu me donner du pain et la foi. Purifie-moi, Seigneur, mais l’âme avant la chair. Car je suis trois fois impure et, si tu dois me donner une purification, une seule, c’est pour mon âme pécheresse que je te la demande. Avant d’avoir entendu tes paroles, qu’il me répétait, je me disais : “ Guérir pour retourner parmi les hommes. ” Maintenant que je sais, je dis : “ Etre pardonnée pour obtenir la vie éternelle. ”

– Et je t’accorde ce pardon. Rien d’autre que cela, pourtant...

– Béni sois-tu ! Je vivrai en paix avec Dieu dans ma tanière... libre... ah, délivrée des remords et des peurs. Je n’ai plus peur de la mort, maintenant que je suis pardonnée ! Je n’ai plus peur de Dieu, maintenant que tu m’as absoute !

94.5 – Va au lac, lave-toi et restes-y jusqu’à ce que je t’appelle. »

La femme, misérable fantôme de femme squelettique, rongée par la lèpre, la chevelure en désordre, raide, toute blanche, se lève, descend dans l’eau du lac, et elle s’y plonge avec son vêtement en loques qui la couvre bien peu.

« Pourquoi l’as-tu envoyée se laver ? Il est vrai que sa puanteur rendrait malade, mais... je ne comprends pas, dit Pierre.

– Femme : sors et viens ici. Prends le linge qui est sur la branche » (c’est celui avec lequel Jésus s’est essuyé après être passé de la barque à la terre).

La femme obéit et sort, toute nue, car elle a laissé ses loques dans l’eau, pour prendre le linge sec. Le premier à s’écrier, c’est Pierre qui la regarde, alors qu’André, plus réservé, lui tourne le dos. Mais en entendant son frère, il se retourne et crie à son tour. La femme avait les yeux tellement fixés sur Jésus, qu’elle ne s’occupait de rien d’autre, mais en entendant ces cris, en voyant ces mains qui la désignent, elle se regarde... et elle constate que, en même temps que ses loques, elle a laissé sa lèpre dans le lac. Elle ne court pas, comme on pourrait le penser. Elle s’écroule sur la rive, se pelotonne sur elle-même, honteuse de sa nudité, émue au point qu’elle demeure incapable d’autre chose que de pleurer en une longue plainte, interminable, plus déchirante que des cris.

Jésus s’approche... arrive près d’elle... jette sur elle le linge, lui fait sur la tête une légère caresse et lui dit :

« Adieu. Sois bonne. Tu as mérité la grâce par la sincérité de ton repentir. Grandis dans la foi au Christ. Et obéis à la loi de la purification. »

La femme pleure toujours... C’est seulement quand elle entend le bruit de la planche que Pierre retire sur la barque, qu’elle lève la tête, tend les bras et s’écrie :

« Merci, Seigneur. Merci, béni sois-tu. Béni, béni sois-tu !... »

Jésus lui fait un geste d’adieu avant que la barque ne contourne l’éperon du petit fjord et disparaisse...

EMV 95.6 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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95.6 – Oh ! Viens, Jésus. Viens sauver son corps et son âme. Viens... Pour trouver d’autres motifs d’accusation, ils disent même que tu as enlevé deux fils à un père qui va mourir et ils le colportent dans Nazareth. Comprends-tu ? Ils disent aussi : “ Il fait partout des miracles, mais, dans sa propre maison, il ne sait pas en accomplir ! ” Moi, je te défends en disant : “ Que peut-il faire, puisque vous l’avez chassé par vos reproches, et puisque vous ne croyez pas ? ” Alors ils s’en prennent à moi.

– Tu as raison de dire : “ puisque vous ne croyez pas ”. Comment puis-je en faire là où l'on ne croit pas ?

– Oh, tu peux tout ! Je crois pour tous ! Viens. Fais un miracle... pour ta pauvre tante...

– Je ne le puis. »

Jésus est profondément attristé de le dire. Debout, serrant contre sa poitrine la tête de Marie en larmes, il semble avouer son impuissance à la nature sereine, il semble en faire le témoin de sa peine d’en être empêché par un décret éternel.

La femme pleure plus fort.

« Ecoute, Marie. Sois raisonnable. Je te jure que, si je le pouvais, s’il était bien de le faire, je le ferais. J’arracherais au Père cette grâce pour toi, pour ma Mère, pour Jude et Jacques et aussi, oui, aussi pour Alphée, Joseph et Simon. Mais cela m’est impossible. Actuellement, tu souffres trop et tu ne peux comprendre la justice de mon impuissance. Je t’en parle, mais tu ne la comprendras tout de même pas.

Détail

Marie d'Alphée parle de son mari qui est mourant, et de Joseph et Simon d'Alphée, ses deux fils, qui accusent le Christ d'avoir emmené avec lui Jude et Jacques d'Alphée.

EMV 105.4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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– Tu guéris les mourants, mais, lui, tu ne l’as pas guéri, dit Joseph avec âpreté.

– Il ne croyait pas en moi.

– C’est vrai, Joseph, reconnaît son frère Simon.

– Il ne croyait pas et n’abandonnait pas sa rancune. Là où se trouvent incrédulité et haine, je ne peux rien. C’est pour cela que je vous dis : ne haïssez plus vos frères.

Détail

Alphée, l'oncle de Jésus, est mort et l'un de ses fils l'accuse. Il fait notamment référence à Jeanne de Kouza, qui était mourante dans l'EMV 102.