EMV 100.3 · Tome 2
L’Evangile tel qu'il m'a été révélé
Citation
100.3 Un homme aperçoit Jésus et fait un signe de joyeux étonnement. Il se hâte vers lui et le salue :
« Bon retour ! Je ne t’attendais pas si tôt ! Tiens : embrasse mon dernier petit-enfant. C’est le petit Joseph. Il est né en ton absence. »
Et il lui tend un bébé qu’il tient dans les bras.
« Tu l’as appelé Joseph ?
– Oui, je ne l’oublie pas, lui qui était un peu de ma parenté. Plus qu’un parent, c’était pour moi un grand ami. J’ai donné à mes petits-enfants les noms qui m’étaient les plus chers : Anne, mon amie de ma petite enfance, et Joachim. Puis Marie... Ah ! Quelle fête à sa naissance ! Je me souviens qu’ils me l’ont donnée à embrasser en disant : “ Tu vois ce bel arc-en-ciel ? C’est le pont par lequel elle est descendue du ciel. C’est le chemin que prennent les anges ” et, c’est vrai, elle ressemblait à un petit ange tant elle était belle... Maintenant voici Joseph. Si j’avais su que tu revenais si tôt, je t’aurais attendu pour la circoncision.
– Je te remercie de ton amour pour mes grands-parents et pour mon père et ma mère. C’est un bel enfant. Qu’il soit juste pour l’éternité comme Joseph le Juste. »
Jésus berce le petit qui lui fait des risettes pleines de lait.
« Si tu m’attends, je viens avec toi. J’attends que les amphores soient pleines. Je ne veux pas que ma fille Marie se fatigue. Et même, regarde ce que je fais. Je donne les brocs à tes disciples, s’ils veulent les prendre, et je parle un peu seul à seul avec toi.
– Mais bien sûr que nous les prenons ! Nous ne sommes pas des rois assyriens, s’exclame Thomas, saisissant aussitôt un broc.
– Alors, attention. Marie, femme de Joseph, n’est pas à la maison. Elle est chez son beau-frère, sais-tu ? Mais la clé est chez moi. Faites-la-vous remettre pour entrer dans la maison, dans l’atelier, je veux dire.
– Oui, oui, entrez même dans la maison, je viendrai plus tard. »
Les apôtres s’en vont et Jésus reste avec Alphée, fils de Sarah.
« Je voulais te dire... Je suis vraiment ton ami... Quand on est un vrai ami, plus âgé, et de la même ville, on peut parler. Je crois que je dois parler... Moi... je ne veux pas te donner de conseil. Tu sais mieux que moi. Je veux seulement t’avertir que... oh, je ne veux pas faire l’espion, ni te faire voir ta famille sous un mauvais jour. Mais je crois en toi, Messie et... et cela me fait de la peine, voilà, de voir qu’ils disent que tu n’es pas toi, je veux dire pas le Messie, que tu es un malade, que tu ruines la famille et ta parenté. La ville... Tu sais, Alphée est très estimé et la ville les écoute eux aussi, et maintenant il est malade et il fait pitié... Parfois la pitié elle-même pousse à des actes injustes. Vois, j’y étais, le soir où Jude et Jacques t’ont défendu, toi et la liberté de te suivre... Oh, quelle scène ! Je ne sais comment ta Mère y résiste ! Et cette pauvre Marie, femme d’Alphée ? Les femmes sont toujours victimes dans certaines situations de famille.
– En ce moment, mes cousins sont chez leur père...
– Chez leur père ? Ah, je les plains ! Ce vieillard est vraiment hors de lui et, c’est sûrement l’âge et la maladie, mais il se conduit comme un fou. S’il n’était pas fou, il me ferait encore davantage pitié car... il y perdrait son âme.
– Penses-tu qu’il va maltraiter ses fils ?
– J’en suis certain. Je le regrette pour eux et pour les femmes... Où vas-tu ?
– A la maison du vieil Alphée.
– Non, Jésus ! Ne te fais pas manquer de respect !
– Mes cousins m’aiment plus qu’eux-mêmes, et il est juste que je leur montre un égal amour... Et il y a là-bas deux femmes qui me sont chères... J’y vais. Ne me retiens pas. »
Jésus se hâte vers la maison d’Alphée, pendant que l’autre reste, pensif, au milieu de la rue.