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Personnages dans L'Evangile tel qu'il m'a été révélé

Page 174 sur 223

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EMV 174.13 · Tome 3, p. 138-139

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

J’ai dit d’être fidèles à la Loi, humbles, miséricordieux, d’ai­mer non seulement ses frères nés de mêmes parents, mais tous ceux qui sont pour vous des frères parce qu’ils ont la même origine humaine. Je vous ai dit que le pardon est plus utile que la rancœur, qu’il vaut mieux compatir qu’être inexorable. Mais maintenant je vous dis qu’on ne doit pas condamner si on n’est pas soi-même exempt du péché qui nous porterait à condamner. Ne faites pas comme les scribes et les pharisiens : ils sont sévères avec tout le monde, sauf avec eux-mêmes. Ils appellent impur ce qui est extérieur et ne peut souiller que l’extérieur, mais ils accueillent l’impureté en eux, au plus profond de leur cœur.

Annotation

Ne faites pas comme les scribes et les pharisiens : ils sont sévères avec tout le monde, sauf avec eux-mêmes. Préfigure déjà ce que sera le discours contre les scribes et les pharisiens, donné en EMV 596.14 et rapporté par Matthieu 23,1-36 et Luc 11,37-53.

Evangile de Matthieu 23, 1-5

Mt 23, 1-5 : Alors Jésus, s'adressant au peuple et à ses disciples, parla ainsi : " Les Scribes et les Pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse. Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent ; mais n'imitez pas leurs œuvres, car ils disent et ne font pas. Ils lient des fardeaux pesants et difficiles à porter, et les mettent sur les épaules des hommes, mais ils ne veulent pas les remuer du doigt.

Evangile de Matthieu 23, 25-26

Mt 23, 25-26 : " Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, tandis que le dedans est rempli de rapine et d'intempérance. Pharisien aveugle, nettoie d'abord le dedans de la coupe et du plat, afin que le dehors aussi soit pur.

Evangile de Luc 11, 37-46

Lc 11, 37-46 : Pendant qu'il parlait, un Pharisien le pria de dîner chez lui ; Jésus entra et se mit à table. Or le Pharisien vit avec étonnement qu'il n'avait point fait l'ablution avant le dîner. Le Seigneur lui dit : " Vous, Pharisiens, vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat ; mais au dedans de vous tout est plein de rapine et d'iniquité. Insensés ! celui qui a fait le dehors n'a-t-il pas fait aussi le dedans ? Toutefois, donnez l'aumône selon vos moyens, et tout sera pur pour vous. Mais malheur à vous, Pharisiens, qui payez la dîme de la menthe, de la rue et de toute plante potagère et qui n'avez nul soucis de la justice et de l'amour de Dieu ! C'est là ce qu'il fallait pratiquer, sans omettre le reste. Malheur à vous, Pharisiens, qui aimez les premiers sièges dans les synagogues, et les salutations dans les places publiques ! Malheur à vous, parce que vous ressemblez à des sépulcres qu'on ne voit pas et sur lesquels on marche sans le savoir ! "

Alors un docteurs de la Loi, prenant la parole, lui dit : " Maître, en parlant de la sorte, vous nous outragez aussi. " Jésus répondit : " Et à vous aussi, docteurs de la Loi, malheur ! parce que vous chargez les hommes de fardeaux difficiles à porter, et vous-mêmes, vous n'y touchez pas d'un seul de vos doigts !

EMV 174.15

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Citation

« Cet événement vous indigne. Cela fait deux jours que notre refuge, bien au-dessus de la boue, est troublé par les sifflements de Satan. Ce n’est donc plus un refuge, et nous allons le quitter. Mais je veux terminer pour vous ce code du “ plus parfait ” devant cette ampleur de lumière et d’horizon. Ici, Dieu apparaît réellement dans sa majesté de Créateur et, à la vue de ses merveilles, nous pouvons croire fermement que le Maître, c’est lui et non pas Satan. Le Malin ne pourrait pas créer le moindre brin d’herbe. Mais Dieu peut tout. Que cela nous réconforte. Mais vous êtes maintenant tous au soleil. Et cela vous gêne. Dispersez-vous donc sur les pentes. Il y a de l’ombre et de la fraîcheur. Prenez votre repas, si vous voulez. Je vous parlerai du même sujet. Plusieurs raisons nous ont retardés. Mais ne le regrettez pas. Ici, vous êtes avec Dieu. »

La foule crie : « Oui, oui, avec toi », et les gens se dispersent sous les bosquets épars du côté de l’orient de façon que le versant de la colline et les branches les abritent d’un soleil déjà trop chaud.

Détail

Marie-Madeleine a interrompu sans vergogne un discours de Jésus. Elle est alors une grande pécheresse et le Christ reprend la parole.

Annotation

Cela fait deux jours que notre refuge, bien au-dessus de la boue, est troublé par les sifflements de Satan. Hier c'était l'interruption d'un scribe, aujourd'hui c'est celle de Marie Madeleine.

Dispersez-vous donc sur les pentes. Il y a de l’ombre et de la fraîcheur. Cohérent : Il est près de midi, le soleil est au sud. Les pentes à l'intérieur de "la selle des cornes d'Hattin" sont maintenant au soleil. Les pentes au nord-est commencent à être à l'ombre.

EMV 174.15 · Tome 3, p. 140-141

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Pendant ce temps, Jésus dit à Pierre de démonter la tente.

« Mais… nous partons réellement ?

– Oui.

– Parce qu’elle est venue, elle ?

– Oui, mais ne le dis à personne et surtout pas à Simon le Zélote. Il en serait peiné à cause de Lazare. Je ne puis permettre que la parole de Dieu soit exposée au mépris des païens…

– Je comprends, je comprends…

– Alors, comprends autre chose.

– Quoi, Maître ?

– La nécessité de se taire en certains cas. Je me fie à toi. Tu m’es très cher, mais tu es aussi d’une impulsivité qui te pousse à faire des observations blessantes.

– Je comprends… tu ne veux pas à cause de Lazare et de Simon…

– Et pour d’autres aussi.

– Tu penses qu’il y en aura aujourd’hui ?

– Aujourd’hui, demain et après demain, toujours. Et il sera toujours nécessaire de surveiller l’impulsivité de mon Pierre. Va, va faire ce que je t’ai dit. »

Pierre s’éloigne, et appelle à l’aide ses compagnons.

Détail

Suite à l'arrivée de Marie-Madeleine, alors grande pécheresse, Jésus annonce leur départ des Cornes d'Hattin, où ils sont restés quelques jours.

Annotation

– Tu penses qu’il y en aura aujourd’hui ?

– Aujourd’hui, demain et après demain, toujours.

Jésus parle sans doute ici des pharisiens, qui cherchent à faire des observations peu charitables.

EMV 174.16 · Tome 3, p. 141-142

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Pensif, Judas Iscariote est resté dans un coin. Jésus l’appelle par trois fois parce qu’il n’entend pas. Finalement, il se retourne :

« Tu veux quelque chose, Maître ? demande-t-il.

– Oui, va toi aussi prendre ton repas et aider tes compagnons.

– Je n’ai pas faim. Et toi non plus.

– Moi non plus, mais pour des motifs opposés. Tu es troublé, Judas ?

– Non, Maître. Fatigué…

– Nous allons nous rendre sur le lac, puis en Judée, Judas. Et chez ta mère. Je te l’ai promis… »

Judas se sent mieux.

« Tu viens bien avec moi, seul ?

– Mais certainement. Aime-moi, Judas. Je voudrais que tu m’aimes au point que cela te préserve de tout mal.

– Maître… je suis un homme. Je ne suis pas un ange. J’ai des moments de fatigue. Est-ce un péché d’avoir besoin de dormir ?

– Non, si tu dors sur ma poitrine. Regarde ces gens, et vois comme ils sont heureux et comme le paysage d’ici est riant. Cependant, la Judée aussi doit être très belle au printemps.

– Très belle, Maître. Seulement, là-bas, sur les montagnes qui sont plus élevées qu’ici, le printemps est plus tardif. Mais les fleurs sont très belles. Les pommeraies sont une splendeur. La mienne est l’une des plus belles, grâce aux soins de Maman. Et quand elle s’y promène avec des colombes qui courent après elle pour avoir du grain, tu peux être sûr que c’est une vue apaisante pour le cœur.

– Je le crois. Si ma Mère n’est pas trop fatiguée, j’aurais plaisir à l’amener chez la tienne. Elles s’aimeraient, car elles sont bonnes toutes les deux. »

Judas, séduit par cette idée, s’apaise. Il oublie son manque d’appétit et sa fatigue, et court vers ses compagnons en riant joyeusement. Grand comme il est, il défait sans fatigue les nœuds les plus élevés et mange son pain et ses olives, avec la joie d’un enfant.

Jésus le regarde avec compassion, puis il se dirige vers ses apôtres.

Détail

Marie-Madeleine a fait irruption sur le mont des Béatitudes. Elle est alors grande pécheresse. Suite à un discours de Jésus, elle est partie en étant furieuse. Après son intervention, Jésus va voir Judas.

Annotation

Je te l'ai promis : Rappel de la promesse faite à Judas en EMV 139.1.

Seulement, là-bas sur les montagnes qui sont plus élevées qu'ici, le printemps est plus tardif. Exact : le décalage y est de 3 ou 4 semaines.

Si ma Mère n'est pas trop fatiguée, j'aurais plaisir à l'amener chez la tienne. Elles s'aimeraient, car elles sont bonnes toutes les deux. Jésus veut associer les deux mères qui auront tant à souffrir. 

EMV 174.17 · Tome 3, p. 142-143

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Citation

« Voici du pain, Maître, et un œuf. Je me le suis fait donner par ce riche habillé en rouge. Je lui ai dit : “ Tu es heureux d’écouter. Lui, il parle et il est épuisé. Donne-moi l’un de tes oeufs. Cela lui fera plus de bien qu’à toi. ”

– Voyons, Pierre !

– Non, Maître ! Tu es pâle comme un bébé qui tête un sein épuisé, et tu es en train de devenir maigre comme un poisson après les amours. Laisse-moi faire ; je ne veux pas avoir de reproches à me faire. Je vais le mettre dans cette cendre chaude. Ce sont les branchages que j’ai brûlés. Tu vas le boire. Je ne sais combien de temps il y a… combien de jours ? Des semaines certainement qu’on ne mange que du pain et des olives et un peu de lait… Hum ! On dirait qu’on se purge. Et toi, tu manges moins que tous et tu parles pour tous. Voici l’œuf. Gobe-le tant qu’il est tiède. Cela te fera du bien. »

Jésus obéit mais, voyant que Pierre ne mange que du pain, il lui demande :

« Et toi ? Les olives ?

– Chut ! Elles vont me servir plus tard. Je les ai promises.

– A qui ?

– A des enfants. Toutefois, s’ils ne se tiennent pas tranquilles jusqu’à la fin, je mange les olives et je leur donne les noyaux, c’est-à-dire des claques.

– Fort bien !

– Eh, je n’en donnerai jamais ! Mais si on n’agit pas comme ça ! J’en ai beaucoup reçu, moi aussi, et si on avait dû me donner toutes celles que je méritais pour mes gamineries, j’aurais dû en recevoir dix fois plus ! Mais cela fait du bien. C’est parce que j’en ai reçu que je suis comme ça. »

Tout le monde rit de la sincérité de l’apôtre.

Détail

Dans l'EMV 174.3, on lit que Pierre "harangue une dizaine de diablotins auxquels il promet des olives s’ils restent tranquilles jusqu’à la fin et des claques s’ils font du tapage pendant que le Maître parle". Le sujet revient un peu plus tard.

Annotation

Je ne sais combien de temps il y a... combien de jours ? Des semaines certainement qu'on ne mange que du pain et des olives et un peu de lait. Cela fait effectivement 14 jours qu'ils ont quittés Capharnaüm.

EMV 174.17-18 · Tome 3, p. 143

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« Maître, je voudrais te dire que c’est aujourd’hui vendredi et que ces gens… je ne sais s’ils pourront se procurer des vivres à temps pour demain ou regagner leurs maisons, dit Barthélemy.

– C’est vrai ! C’est vendredi ! Disent plusieurs.

– Peu importe. Dieu y pourvoira, mais nous le leur dirons. »

Jésus se lève et va prendre sa nouvelle place au milieu de la foule éparse parmi les bosquets.

« En premier lieu, je vous rappelle que c’est vendredi. Ceux qui craignent de ne pouvoir regagner à temps leurs maisons et n’arrivent pas à croire que Dieu donnera demain de la nourriture à ses enfants, peuvent se retirer tout de suite pour que la nuit ne les surprenne pas en route. »

Sur toute la foule, une cinquantaine de personnes se lèvent. Les autres restent à leur place.

Jésus sourit et commence à parler.

Détail

Le scribe Jean est dans la foule mentionnée dans cet extrait (comme il le confirmera dans le chapitre suivant).

Annotation

C'est la veille du sabbat, la loi sur le repos sabbatique interdit de se déplacer à partir de 18 heures, début du jour suivant. Le scribe Jean est parmi ceux qui partent, comme il s'en explique au chapitre suivant.

EMV 174.18 · Tome 3, p. 144

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Il est vrai qu’il est dit que les personnes difformes ne peuvent servir Dieu dans le Temple. Mais une fois cette vie terminée, ceux qui le sont de naissance, s’ils sont saints ou ceux qui le sont par vertu, deviendront plus beaux que les anges et serviront Dieu en l’aimant dans la joie du Ciel.

Annotation

Il est dit dans le Lévitique 21, 16-23.

Livre du Lévitique 21, 16-23

Lv 21, 16-23 : Yahweh parla à Moïse, en disant : " Parle à Aaron, et dis-lui :

Nul homme de ta race, dans toutes les générations, qui aura une difformité corporelle, n'approchera pour offrir le pain de ton Dieu. Car nul homme qui a une difformité corporelle n'approchera : un homme aveugle ou boiteux, ou qui aura une mutilation ou une excroissance ; 19ou un homme qui aura une fracture au pied ou à la main ; qui sera bossu ou nain, ou qui aura une tache à l'œil, la gale, une dartre ou les testicules écrasés. Nul homme de la race du prêtre Aaron qui aura une difformité corporelle, ne s'approchera pour offrir à Yahweh les sacrifices faits par le feu ; il a une difformité corporelle : qu'il ne s'approche point pour offrir le pain de son Dieu. Il pourra manger le pain de son Dieu, des choses très saintes et des choses saintes. Mais il n'ira point vers le voile et ne s'approchera point de l'autel, car il a une difformité corporelle ; il ne profanera point mes sanctuaires, car je suis Yahweh; qui les sanctifie. "

EMV 175.1-2 · Tome 3, p. 147-149

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

175.1 Au milieu des fleurs innombrables qui parfument le sol et égaient la vue, se dresse l’horrible spectre d’un lépreux, rongé par la maladie et couvert de plaies qui exhalent une odeur fétide.

Épouvantés, les gens hurlent et font demi-tour en direction des premières pentes de la montagne. Certains prennent même des pierres pour les lancer à l’imprudent.

Mais Jésus se retourne, les bras ouverts, en criant :

« Paix ! Restez là où vous êtes et n’ayez pas peur. Posez les pierres. Ayez pitié de ce pauvre frère. Lui aussi, il est fils de Dieu. »

Subjugués par l’autorité du Maître, les gens obéissent. Il s’a­vance à travers les hautes herbes fleuries jusqu’à quelques pas du lépreux qui, à son tour, s’est approché quand il a compris que Jésus le protégeait.

Arrivé près de Jésus, il se prosterne et la prairie l’accueille et le submerge comme une eau fraîche et parfumée. Les fleurs qui ondoient semblent étendre un voile sur les misères qu’elles cachent. Seule la voix plaintive qui en sort rappelle qu’il y a là un pauvre être :

« Seigneur, si tu veux, tu peux me purifier. Aie aussi pitié de moi ! »

Jésus répond :

« Lève ton visage et regarde moi. L’homme doit savoir regarder le ciel quand il y croit. Or toi, tu crois, puisque tu l’implores. »

Les herbes bougent et se rouvrent. Tel une tête de naufragé qui émerge de la mer, le visage du lépreux apparaît, sans cheveux ni barbe : un crâne où il resterait encore un petit lambeau de chair.

Cependant Jésus ose poser le bout des doigts sur ce front, là où il est net, sans plaies, où il n’y a qu’une peau cireuse, écailleuse, entre deux érosions purulentes dont l’une a détruit le cuir chevelu et dont l’autre a ouvert un trou là où se trouvait l’œil droit. Je ne saurais dire si dans cette énorme cavité qui s’étend de la tempe au nez en mettant à nu le zygoma et les cartilages du nez, rempli de saleté, il reste le globe oculaire ou non.

Laissant le bout de sa belle main appuyé là, Jésus dit :

« Je le veux : sois purifié. »

Comme si l’homme n’était pas rongé par la lèpre et couvert de plaies, mais seulement recouvert de crasses sur lesquelles on aurait versé un détergent liquide, voilà que la lèpre disparaît. Tout d’abord les plaies se referment, la peau redevient claire, l’œil droit réapparaît entre les paupières qui se sont reformées, des lèvres se referment sur les dents jaunâtres. Seuls les cheveux et la barbe restent absents avec de rares touffes de poils là où il y avait encore un reste d’épiderme sain.

La foule crie de stupeur et l’homme comprend qu’il est guéri en entendant les cris de joie. Il lève les mains, jusqu’alors cachées par les herbes, et se touche l’œil là où il y avait cet énorme trou. Il se touche la tête, là où se trouvait la grande plaie qui couvrait le crâne et il palpe la nouvelle peau. Alors il se lève et regarde sa poitrine, ses hanches… Tout est sain et propre… L’homme s’affaisse de nouveau dans le pré fleuri, pleurant de bonheur.

« Ne pleure pas. Lève-toi et écoute-moi. Reviens à la vie en observant le rite et ne parle à personne jusqu’à ce qu’il soit accompli. Montre-toi le plus tôt possible au prêtre. Fais l’offrande prescrite par Moïse en témoignage du miracle survenu de ta guérison.

– C’est à toi que je devrais rendre témoignage, Seigneur !

– Tu le feras en aimant mon enseignement. Va. »

175.2 La foule s’approche de nouveau et, tout en se tenant à la distance imposée par la Loi, félicite le miraculé. Certains éprouvent le besoin de remettre un viatique à l’indigent et lui lancent des pièces de monnaie. D’autres lui jettent du pain et des vivres. A la vue de l’habit du lépreux qui n’est qu’une loque qui le couvre mal, un spectateur retire son manteau, en fait un paquet et l’envoie au pauvre homme qui peut ainsi se couvrir d’une manière décente. Comme la charité est contagieuse quand on est en groupe, un autre encore ne résiste pas au désir de lui fournir des sandales. Il enlève les siennes et les lui jette.

« Mais, et toi ? lui demande Jésus qui le voit faire.

– Oh ! J’habite tout près d’ici. Je peux marcher pieds nus. Lui a une longue route à faire.

– Que Dieu te bénisse, toi et tous ceux qui ont rendu service à ce frère. Homme, tu prieras pour eux.

– Oui, oui, pour eux et pour toi, pour que le monde ait foi en toi.

– Adieu. Va en paix. »

L’homme s’éloigne de quelques mètres, puis il se retourne et crie :

« Est-ce que je peux dire au prêtre que c’est toi qui m’as guéri ?

– Non. Il ne faut pas. Dis-lui seulement : “ Le Seigneur a eu pitié de moi. ” C’est la pure vérité. Rien d’autre. »

Détail

Guérison d'un lépreux.

Annotation

En mettant à nu le zygoma : Maria Valtorta a été infirmière dans sa jeunesse : elle a des notions d’anatomie.

Je le veux. Sois purifié. Ce miracle, rapporté par Matthieu 8,1-3 est souvent confondu par les biblistes avec la guérison d'Abel le lépreux (Marc 1, 40-42; Luc 5, 12-13) qui, elle, est décrite en EMV 63.1/5

« Est-ce que je peux dire au prêtre que c’est toi qui m’as guéri ?

– Non. Il ne faut pas. Dis-lui seulement : “ Le Seigneur a eu pitié de moi. ” C’est la pure vérité. Rien d’autre. » Désormais la notoriété de Jésus va grandissante, et Il veut éviter le plus longtemps possible tout conflit avec les notables du temple.

Evangile de Matthieu 8,1-4

Mt 8, 1-4 : Lorsque Jésus descendit de la montagne, des foules nombreuses le suivirent. Et voici qu’un lépreux s’approcha, se prosterna devant lui et dit : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » Et aussitôt il fut purifié de sa lèpre. Jésus lui dit : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne l’offrande que Moïse a prescrite : ce sera pour les gens un témoignage. »

Evangile de Marc 1,40-45

Mc 1, 40-45 : Un lépreux vient auprès de lui ; il le supplie et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié. Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.

Evangile de Luc 5,12-14

Lc 5, 12-14 : Jésus était dans une ville quand survint un homme couvert de lèpre ; voyant Jésus, il tomba face contre terre et le supplia : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Jésus étendit la main et le toucha en disant : « Je le veux, sois purifié. » À l’instant même, la lèpre le quitta. Alors Jésus lui ordonna de ne le dire à personne : « Va plutôt te montrer au prêtre et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit ; ce sera pour tous un témoignage. »

EMV 175.3-5 · Tome 3, p. 149-152

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

175.3 Les gens s’agglutinent autour du Maître, forment un cercle qui ne veut s’ouvrir à aucun prix. Mais, entre-temps, le soleil est descendu. C’est le commencement du repos sabbatique. Les villages sont loin. Mais les gens ne regrettent pas leur maison, leurs provisions, rien. Les apôtres s’en préoccupent pourtant et ils en parlent à Jésus. Même les disciples les plus âgés s’en soucient. Il y a des femmes et des enfants et, si la nuit est tiède et l’herbe des prés soyeuse, les étoiles ne sont pas du pain et les pierres des talus ne procurent pas de quoi se nourrir.

Jésus est le seul à ne pas s’en soucier. En attendant, les gens mangent ce qui leur reste comme si de rien n’était et Jésus le fait remarquer à ses disciples :

« En vérité, je vous dis que ces gens-là vous sont supérieurs ! Regardez avec quelle insouciance ils expédient ce qui leur reste. Je leur ai dit : “ Que ceux qui ne peuvent croire que demain Dieu donnera de la nourriture à ses enfants, se retirent ”, et eux sont restés. Dieu ne démentira pas son Messie et ne décevra pas ceux qui espèrent en lui. »

Les apôtres haussent les épaules et ne s’occupent plus d’autre chose.

Après un crépuscule bien rouge, la nuit tombe, tranquille et belle, et le silence de la campagne s’étend sur toutes choses après une dernière sérénade chantée par les oiseaux. Quelques bruissements du vent, et puis le vol silencieux d’un oiseau de nuit au moment où se lève la première étoile et au premier coassement d’une grenouille.

Les enfants dorment déjà. Les adultes discutent et de temps à autre quelqu’un va auprès du Maître lui demander un éclaircis­sement.

175.4 Aussi ne s’étonne-t-on pas lorsque, par un sentier entre deux champs de blé, on voit arriver un personnage à l’aspect imposant par sa tenue et par son âge. Des hommes le suivent. Tout le monde se retourne pour le voir et on se le montre en chuchotant. Un murmure court d’un groupe à l’autre, se ranime et s’éteint. Attirés par la curiosité, les groupes les plus éloignés s’approchent.

L’homme à l’allure noble rejoint Jésus qui, assis au pied d’un arbre, écoute des fidèles, et il le salue profondément. Jésus se lève aussitôt et répond à cette salutation avec le même respect. L’assistance est attentive.

« J’étais sur la montagne et peut-être as-tu pensé que je manquais de foi et que je m’en allais pour ne pas rester à jeun. Mais je suis parti pour un autre motif. Je voulais être un frère parmi les frères, le frère aîné. Je voudrais te dire en privé ce que je pense. Peux-tu m’écouter ? Je ne te suis pas hostile, bien que je sois un scribe.

– Allons un peu plus loin… »

Ils partent à l’écart au milieu des champs de blé.

« Je voulais pourvoir à la nourriture des pèlerins et je suis descendu pour ordonner de faire du pain pour toute cette foule. Tu vois que je suis dans l’espace légal car ces champs m’appar­tiennent et, d’ici au sommet, c’est un chemin qu’on peut faire pendant le sabbat. Je serais venu demain avec mes serviteurs, mais j’ai appris que tu te trouves ici avec la foule. Je te prie de me permettre de pourvoir à leur nourriture pendant le sabbat. Il me déplairait sinon d’avoir renoncé à t’écouter pour rien.

– Ce n’est jamais pour rien, car le Père t’aurait, par ses lumières, donné une compensation. Mais je te remercie et je ne vais pas te décevoir. Je te fais seulement observer que la foule est nombreuse.

– J’ai fait chauffer tous les fours, même ceux qui servent à sécher les denrées, et j’arriverai à avoir du pain pour tout le monde.

– Ce n’est pas pour cela. Je voulais parler de la quantité de pain…

– Cela ne me dérange pas. L’an dernier, j’ai eu beaucoup de grain. Cette année, tu vois les épis. Laisse-moi faire. Ce sera la meilleure garantie pour ma récolte. Et puis, Maître, tu m’as apporté un tel pain aujourd’hui… Toi, oui, tu es le Pain de l’âme.

– Qu’il en soit alors comme tu le veux. Viens, que nous le disions aux pèlerins.

– Non. C’est toi qui l’as dit.

– Et tu es scribe ?

– Oui, je le suis.

– Que le Seigneur t’amène là où ton cœur le mérite.

– Je comprends ce que tu ne dis pas. Tu veux dire : à la vérité. Car il y a en nous beaucoup d’erreur et… et beaucoup de malveillance.

– Qui es-tu ?

– Un enfant de Dieu. Prie le Père pour moi. Adieu.

– Que la paix soit avec toi. »

175.5 Jésus revient à pas lents vers ses disciples pendant que l’homme repart avec ses serviteurs.

« Qui était-ce ? Que voulait-il ? T’a-t-il dit quelque chose de désagréable ? A-t-il des malades ? »

Jésus est assailli de questions.

« Qui il est, je l’ignore. Ou plutôt, je sais que c’est une âme bonne et cela me…

– C’est Jean, le scribe, crie une voix dans la foule.

– Eh bien, je le sais maintenant que tu le dis. Il voulait simplement être le serviteur de Dieu auprès de ses enfants. Priez pour lui car demain nous mangerons tous grâce à sa bonté.

– C’est vraiment un juste, dit quelqu’un.

– Oui. Je ne sais pas comment il peut être l’ami des autres, commente son voisin.

– Bandé comme un nouveau-né de scrupules et de règles, mais il n’est pas mauvais, termine un troisième.

– Est-ce que ces champs sont à lui ? demandent un grand nombre de gens qui ne sont pas du pays.

– Oui, je crois que le lépreux était l’un de ses serviteurs ou de ses paysans, mais il le tolérait dans le voisinage et je crois même qu’il le nourrissait. »

La conversation se poursuit et Jésus s’en dégage en appelant auprès de lui les douze, auxquels il demande :

« Et maintenant, que dois-je vous dire pour votre incrédulité ? Le Père ne nous a-t-il pas envoyé du pain pour nous tous par les mains de quelqu’un dont la caste m’est hostile ? Ah ! Hommes de peu de foi… Mais allez dormir dans les foins moelleux. Je vais prier le Père pour qu’il ouvre vos cœurs et pour le remercier de sa bonté. Paix à vous. »

Sur ces mots, il se rend sur les premières pentes de la montagne. Là, il s’assied et se recueille en prière. S’il lève les yeux, il voit le troupeau des étoiles qui fourmillent dans le ciel. S’il les baisse, il voit le troupeau des dormeurs étendus dans les prairies. Rien d’autre. Mais telle est la joie de son cœur qu’il paraît se transfigurer en lumière…

Détail

Jésus est descendu du mont des Béatitudes et une foule le suit. Les apôtres s'inquiètent de comment on va les nourrir. Ce chapitre montre un cas pratique sur la confiance en la Providence et en la bonté du Père.

Annotation

Entre-temps, le soleil est descendu. C'est le commencement du repos sabbatique. Le repos sabbatique commence à 18 heures le vendredi. Depuis les cornes d'Hattin jusqu'à la plaine, ils ont parcouru 5 à 6km, soit environ une heure et demie de marche. On a pu déterminer au chapitre précédent qu'ils sont partis vers 15h/15h 30. Il est donc 17 heures environ.

Je leur ai dit : “ Que ceux qui ne peuvent croire que demain Dieu donnera de la nourriture à ses enfants, se retirent ”, et eux sont restés. Dieu ne démentira pas son Messie et ne décevra pas ceux qui espèrent en lui. » Cf. le chapitre précédent. Maria Valtorta note même que seuls une cinquantaine de personnes partirent alors.

Je ne te suis pas hostile bien que je sois un scribe. Les scribes qui ne sont pas hostiles à Jésus sont rares. Sur les 24 membres que comptait ce collège, 5 seulement étaient favorables, en secret, à Jésus. Les 19 autres étaient très majoritairement hostiles ou indifférents.

Tu vois que je suis dans l'espace légal car ces champs m'appartiennent, et d'ici à la cime c'est un chemin qu'on peut faire pendant le sabbat. Ils sont donc justes à l'entrée de la plaine, à environ 1 km du sommet d'Arbel. Les règles pratiques d'application de la distance sabbatique étaient et restent complexes. La condition de base, édictée du temps de Salomon, reste cependant l’interdiction de se déplacer à plus de 2.000 coudées (soit 900 mètres environ) des limites de sa propriété ou d’une ville. La cime est donc bien la dernière limite acceptable pour le scribe, comme le note Maria Valtorta.

EMV 175.3.5 · Tome 3, p. 147-152

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

Les gens s’agglutinent autour du Maître, forment un cercle qui ne veut s’ouvrir à aucun prix. Mais, entre-temps, le soleil est descendu. C’est le commencement du repos sabbatique. Les villages sont loin. Mais les gens ne regrettent pas leur maison, leurs provisions, rien. Les apôtres s’en préoccupent pourtant et ils en parlent à Jésus. Même les disciples les plus âgés s’en soucient. Il y a des femmes et des enfants et, si la nuit est tiède et l’herbe des prés soyeuse, les étoiles ne sont pas du pain et les pierres des talus ne procurent pas de quoi se nourrir.

Jésus est le seul à ne pas s’en soucier. En attendant, les gens mangent ce qui leur reste comme si de rien n’était et Jésus le fait remarquer à ses disciples :

« En vérité, je vous dis que ces gens-là vous sont supérieurs ! Regardez avec quelle insouciance ils expédient ce qui leur reste. Je leur ai dit : “ Que ceux qui ne peuvent croire que demain Dieu donnera de la nourriture à ses enfants, se retirent ”, et eux sont restés. Dieu ne démentira pas son Messie et ne décevra pas ceux qui espèrent en lui. »

Les apôtres haussent les épaules et ne s’occupent plus d’autre chose. (...)

[Le scribe Jean leur est venu en aide et Jésus dit :]

« Et maintenant, que dois-je vous dire pour votre incrédulité ? Le Père ne nous a-t-il pas envoyé du pain pour nous tous par les mains de quelqu’un dont la caste m’est hostile ? Ah ! Hommes de peu de foi… Mais allez dormir dans les foins moelleux. Je vais prier le Père pour qu’il ouvre vos cœurs et pour le remercier de sa bonté. Paix à vous. »

Détail

Bien qu'aucun ne soit distinctement nommé, les Douze sont présents dans ce chapitre. Face à leur manque de foi et de confiance en la Providence du Père pour nourrir la foule, Jésus leur dira ceci en EMV 175.5, après que le scribe Jean leur soit venu en aide.