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Joseph de Jacob (saint Joseph)

Thème : Saints, vénérables et bienheureux de l'Eglise catholique · Page 3 sur 13

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EMV 18 · Tome 1, p. 122-128

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Titre du chapitre : Marie annonce à Joseph la maternité d’Élizabeth et confie à Dieu le soin de justifier la sienne.

Date de la vision et de la dictée : Le samedi 25 mars 1944 (fête de l’Annonciation).

Calendrier : Mercredi 21 février de l'an -5

Lieux (carte) : Nazareth

Cycle : Naissance et enfance de Jésus

Résumé : Marie est toute seule, dans sa maison à Nazareth. On est certainement au soir de l'Annonciation. Elle prie, puis mange très simplement. Joseph arrive après qu'elle ait terminé, et son épouse l'accueille. Il lui apporte du raisin et des oeufs, qu'il veut offrir à Marie. La Pleine de Grâce se rend compte qu'il n'a pas mangé et lui apporte donc ce qu'il faut : il refuse juste les oeufs qui sont pour Marie, et uniquement pour elle. Le patriarche de la Sainte Famille se restaure et ils parlent ensemble. Joseph raconte sa journée, puis, quand un silence survient, c'est Marie qui prend la parole, pour lui annoncer la maternité de sa cousine. Joseph est surpris, et demande comment elle l'a su, puis, quand Marie lui a répondu, celle-ci lui demande la permission d'aller voir Elisabeth. Joseph lui répond par l'affirmative, mais il lui demande d'attendre quelques jours car il doit aller à Jérusalem. Ils feront donc la route jusque-là ensemble. Après, Joseph s'en retournera, mais il sera plus tranquille s'il l'accompagne jusqu'à la Ville Sainte. Marie le remercie, et peu de temps après, le futur père de Jésus s'en va. Marie le laisse s'en aller, puis elle soupire et prie, certainement à cause de sa douleur de ne pas pouvoir lui dire son secret.

Marie donne ensuite une dictée à Maria et elle lui raconte qu'après être revenue à elle, lors de l'extase de l'Annonciation, sa première pensée se tourna vers Joseph. Elle n'avait plus aucune crainte en présence de son époux, mais comment lui annoncer sa maternité ? C'est l'Esprit Saint qui lui intima l'ordre de se taire, et la Toute Sainte porta sa confiance de créature à la perfection. Elle s'abandonna à Dieu, et connut sa première douleur de co-Rédemptrice. Elle nous enjoint alors à laisser Dieu défendre notre réputation...

Contenu du chapitre : 18.1 : Marie s'active pour le repas du soir. 18.2 : Arrivée de Joseph. 18.3 : Elle le fait manger. 18.4 : Ils parlent de tout et de rien. 18.5 : Marie ira aider Élisabeth enceinte. 18.6 : Les époux se séparent. 18.7 : Quoi dire à Joseph ? 18.8 : Confie-moi le soin de te justifier. 18.9 : Ma première douleur de Corédemptrice. 18.10 : Confiez à Dieu la garde de votre réputation.

EMV 18.2-4 · Tome 1, p. 124-125

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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18.2 On entend frapper à la porte. Marie se lève et ouvre. Joseph entre, et ils se saluent. Puis Joseph s’assied sur un escabeau en face de Marie, de l’autre côté de la table.

Joseph est un bel homme dans la force de l’âge. Il doit avoir trente-cinq ans tout au plus. Ses cheveux châtain foncé et sa barbe de la même couleur encadrent un visage régulier avec deux yeux doux, bruns mais presque noirs. Le front est large et lisse, le nez fin, légèrement arqué, des joues plutôt rondes, mates sans être olivâtres, les pommettes rosées. S’il n’est pas très grand, il est robuste et bien bâti.

Avant de s’asseoir, il a enlevé son manteau : c’est le premier de ce genre que je vois, car il est de forme ronde, fermé au cou par un crochet ou quelque chose comme ça, avec un capuchon. Il est marron clair et d’une étoffe imperméable de laine grège. On dirait un manteau de montagnard, conçu pour résister aux intempéries.

18.3 Toujours avant de s’asseoir, il offre à Marie deux oeufs et une grappe de raisin, un peu avancé mais bien conservé. Il dit en souriant :

« On me l’a apporté de Cana. Quant aux oeufs, c’est le centurion qui me les a donnés en remerciement d’une réparation que j’ai faite à son char. Une roue s’était cassée et leur ouvrier est malade. Ils sont frais. Il les a pris dans son poulailler. Bois-les, ils te feront du bien.

– Demain Joseph, maintenant, j’ai déjà mangé.

– Mais tu peux prendre le raisin. Il est bon, aussi sucré que du miel. Je te l’ai apporté avec précaution pour ne pas l’abîmer. Mange-le, il y en a encore. Je t’en apporterai demain dans un petit panier. Ce soir, je n’ai pas pu le faire parce que j’arrive directement de la maison du centurion.

– Alors tu n’as pas encore dîné.

– Non, mais cela n’a guère d’importance. »

Marie se lève aussitôt et part dans la cuisine, d’où elle revient avec encore du lait, des olives et du fromage.

« Je n’ai rien d’autre, dit-elle. Prends un oeuf. »

Joseph refuse. Les oeufs sont pour Marie. Il mange avec appétit son pain et le fromage, il boit le lait encore tiède, puis accepte une pomme. Le repas est terminé.

Marie prend sa broderie après avoir débarrassé la vaisselle de la table. Joseph l’aide et reste dans la cuisine même quand elle en revient. Je l’entends bouger et tout remettre en place. Il ranime le feu, car la soirée est fraîche. A son retour, Marie le remercie.

18.4 Ils parlent tous deux. Joseph raconte sa journée, il parle de ses neveux, s’intéresse au travail de Marie et à ses fleurs. Il lui promet de lui apporter des fleurs magnifiques que le centurion lui a promises.

« Ce sont des fleurs que nous n’avons pas chez nous. Il les a apportées de Rome. Il m’en a promis des plants. Maintenant que la lune est propice, je vais te les planter. Elles ont de jolies couleurs et sentent bien bon. Je les ai vues l’été dernier, parce qu’elles fleurissent en été. Elles te parfumeront toute la maison. En­suite, je les taillerai puisque la lune est favorable. C’est le bon moment. »

Marie sourit et le remercie. Un silence. Joseph contemple la tête blonde de Marie penchée sur sa broderie ; c’est un regard d’amour angélique. Sûrement, si un ange pouvait aimer une femme d’un amour d’époux, c’est ainsi qu’il la regarderait.

EMV 18.5-6 · Tome 1, p. 125-126

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18.5 Comme si elle prenait une décision, Marie pose sa broderie sur ses genoux et dit :

« Joseph, j’ai moi aussi quelque chose à te partager. Je n’ai jamais rien à dire, car tu sais comme je vis de manière retirée. Mais aujourd’hui, j’ai une nouvelle. J’ai appris que notre parente Elisabeth, la femme de Zacharie, attend un enfant... »

Joseph écarquille les yeux :

« A son âge ?

– A son âge, répond Marie en souriant. Le Seigneur peut tout, et il a voulu donner cette joie à notre parente.

– Comment le sais-tu ? Cette nouvelle est-elle sûre ?

– Il est venu un messager, quelqu’un qui ne saurait mentir. Je voudrais aller trouver Elisabeth pour l’aider et lui dire combien je partage sa joie. Si tu le permets...

– Marie, tu es ma femme et moi ton serviteur. Tout ce que tu fais est bien. Quand voudrais-tu partir ?

– Le plus tôt possible. Mais je resterai là-bas quelques mois.

– Je compterai les jours en t’attendant. Pars tranquille, je m’occuperai de la maison et du jardin. Tu trouveras tes fleurs aussi belles que si tu les avais soignées toi-même. Seulement... attends. Il me faut aller avant la Pâque à Jérusalem y acheter quelques objets utiles à mon travail. Si tu attends quelques jours, je t’accompagnerai jusque là, mais pas plus loin, car il me faut revenir rapidement. Mais nous pouvons faire route ensemble jusque là. Je serai plus tranquille si je ne te sais pas seule en chemin. Quant au retour, tu me le feras savoir et je viendrai à ta rencontre.

– Tu es si bon, Joseph ! Que le Seigneur te récompense par ses bénédictions et te préserve de toute douleur. Je le prie toujours à cette intention. »

18.6 Les deux chastes époux se sourient comme des anges. Le silence revient quelque temps, puis Joseph se lève. Il remet son manteau, en relève le capuchon sur sa tête, salue Marie qui se lève elle aussi, et sort.

Marie le regarde sortir. Elle soupire comme si elle avait de la peine. Puis elle lève les yeux vers le ciel. Elle prie certainement. Elle ferme soigneusement la porte, plie la broderie. Puis elle va dans la cuisine, éteint le feu ou le couvre, vérifie que tout est bien rangé. Elle prend la lampe, sort et referme la porte. De sa main, elle protège la petite flamme qui tremble sous le vent froid de la nuit. Elle entre dans sa chambre et prie encore.

C’est ainsi que la vision s’achève.

Détail

Marie annonce à Joseph la maternité d'Elisabeth.

EMV 18.7 · Tome 1, p. 126

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18.7 Marie dit :

« Ma chère fille, à la fin de l’extase qui m’avait comblée d’une joie inexprimable, j’ai retrouvé mes sens de la terre ; la première pensée, perçante comme une épine de rose, qui a traversé mon coeur entouré des roses de l’Amour divin devenu mon époux depuis quelques instants, fut la pensée de Joseph.

Je l’aimais désormais, mon saint et prévenant gardien. Depuis le moment où la volonté de Dieu, par l’intermédiaire de la parole de son prêtre, avait voulu que je devienne l’épouse de Joseph, j’avais pu connaître et apprécier la sainteté de ce juste. A ses côtés, j’avais senti disparaître mon désarroi d’orpheline et je n’avais plus regretté l’asile du Temple que j’avais perdu. Il avait pour moi la douceur de mon père disparu. Je me sentais autant en sécurité près de lui qu’auprès du prêtre. Toute hésitation avait disparu, et pas cela seulement : elle s’était tellement éloignée de mon coeur de vierge que je l’avais même oubliée. J’avais compris qu’aucune hésitation, aucune crainte ne se justifiait à l’égard de Joseph. La virginité que j’avais confiée à Joseph était plus en sécurité qu’un enfant dans les bras de sa mère.

EMV 18.8-10 · Tome 1, p. 127-128

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18.8 Mais comment lui apprendre que j’allais être mère ? Je cherchais les mots pour le lui annoncer... difficile recherche ! Je ne voulais pas me flatter du don de Dieu, et je ne pouvais en aucune façon justifier ma maternité sans préciser : “ Le Seigneur m’a aimée entre toutes les femmes et de moi, sa servante, il a fait son épouse. ” Par ailleurs, je me refusais à le tromper en lui dissimulant mon état.

Mais, pendant que je priais, l’Esprit Saint dont j’étais remplie m’avait conseillé : “ Tais-toi. Laisse-moi le soin de te justifier auprès de ton époux. ” Quand ? Comment ? Je ne l’avais pas demandé. Je m’étais toujours fiée à Dieu comme une fleur se fie à l’eau qui l’abreuve. Jamais l’Eternel ne m’avait laissée sans son aide. Sa main m’avait soutenue, protégée, guidée jusqu’alors. Il allait encore le faire.

18.9 Ma fille, comme elle est belle et réconfortante, la foi en notre bon Dieu éternel ! Il nous prend dans ses bras comme en un berceau, nous porte comme une barque au port lumineux du Bien, nous réchauffe le coeur, nous console, nous nourrit, nous procure repos, joie et lumière, et il nous guide. La confiance en Dieu, c’est tout, et Dieu donne tout à ceux qui mettent en lui leur confiance. Il se donne lui-même.

Ce soir-là, j’ai porté ma confiance de créature à la perfection. Je pouvais désormais le faire, puisque Dieu était en moi. J’avais d’abord eu la confiance de la pauvre créature que j’étais : toujours moins que rien, même si j’étais celle qui est aimée au point d’être l’Immaculée. Mais j’avais maintenant une confiance di­vine, car Dieu était à moi : mon Epoux, mon Fils ! Quelle joie ! Etre unie à Dieu ! Non pas pour ma gloire, mais pour l’aimer dans une union totale, et pouvoir lui dire : “ Toi, toi seul qui es en moi, agis avec ta divine perfection en tout ce que je fais. ”

S’il ne m’avait pas dit : “ Tais-toi ”, j’aurais peut-être osé, face contre terre, annoncer à Joseph : “ L’Esprit est entré en moi et je porte en moi le Germe de Dieu. ” Et il m’aurait cru, parce qu’il m’estime et parce que, comme tous ceux qui ne mentent jamais, il ne pouvait croire que les autres mentent. Oui, pour lui épargner la douleur à venir, j’aurais surmonté ma répugnance à m’attribuer une telle louange. Mais j’ai obéi au commandement de Dieu.

A partir de ce moment et des mois durant, j’ai senti la pre­mière blessure me faire saigner le coeur. C’était ma première douleur de corédemptrice. Je l’ai supportée et offerte en réparation, et aussi pour vous donner une règle de vie dans des moments analogues de souffrance lorsque vous devez garder le silence sur un événement qui vous montre sous un jour défavorable à ceux qui vous aiment.

18.10 Remettez à Dieu la garde de votre bonne réputation et des affections qui vous tiennent à coeur. Méritez par une vie sainte la protection de Dieu, et avancez tranquillement. Même si le monde entier était contre vous, lui vous défendrait auprès de ceux qui vous aiment et fera jaillir la vérité.

Maintenant, ma fille, repose-toi. Et sois toujours davantage ma fille. »

Détail

Marie a vécu l'Annonciation et parle de saint Joseph.

EMV 19 · Tome 1, p. 128-130

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Titre du chapitre : Marie et Joseph se rendent à Jérusalem.

Date de la vision : Lundi 27 mars 1944

Calendrier : Mardi 19 mars de l'an -5

Lieux (carte) : Départ de Nazareth et route vers Jérusalem

Cycle : Naissance et enfance de Jésus

Résumé : Joseph et Marie se mettent en route vers Jérusalem. Ils partent de Nazareth avec deux ânes. Joseph a apporté une sorte de porte-bagage et Marie le remercie pour cette prévoyance. Ils se mettent ensuite en route, alors que l'aurore pointe à peine. Les deux voyageurs rencontrent alors un berger qui mène son troupeau : il a dans ses bras un agneau tout juste né, qui pleure après sa maman, mais celle-ci suit attentivement son bébé. Le troupeau passe, et Joseph et Marie reprennent la route. Arrivés en pleine campagne, ils parlent peu. Les rues sont plus fréquentées à l'approche de hameaux, mais les époux ne font pas attention à ceux qu'ils rencontrent. Ils s'arrêtent juste lors d'une grande averse, qui se change en pluie fine. Joseph, attentionné, prend garde à ce que Marie ne prenne pas froid. Puis, ils continuent leur périple.

Contenu du chapitre : 19.1 : Joseph vient prendre Marie avec deux ânes gris. 19.2 : Rencontre au petit matin d'un troupeau de brebis et d'un agneau. 19.3 : Cheminement tranquille sur des routes plus fréquentées et arrêt pour s’abriter d’un orage.

EMV 19.1-3 · Tome 1, p. 128-129

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

19.1 J’assiste au départ de Marie, qui se rend chez Elisabeth.

Joseph est venu prendre Marie avec deux ânes gris : un pour lui, l’autre pour Marie. Les deux animaux ont la selle habi­tuelle, mais à l’une s’ajoute un curieux dispositif dont je comprends ensuite qu’il est destiné à porter la charge : c’est une espèce de porte-bagages sur lequel Joseph dispose un petit coffre de bois – une petite malle, dirions-nous aujourd’hui – qu’il a apporté à Marie pour qu’elle y mette ses vêtements à l’abri de la pluie.

J’entends Marie remercier vivement Joseph pour son cadeau prévoyant, dans lequel elle dispose ce qu’elle enlève d’un paquet qu’elle avait déjà préparé.

19.2 Ils ferment la porte de la maison et se mettent en route. C’est le point du jour, car je vois l’aurore rosir à peine à l’orient. Nazareth dort encore. Les deux voyageurs matinaux ren­contrent seulement un gardien de troupeaux qui pousse devant lui ses brebis bêlantes qui trottinent l’une contre l’autre, encastrées les unes dans les autres comme autant de coins. Plus que les autres, les agneaux bêlent d’une voix aiguë et fine ; même en marchant, ils voudraient chercher la mamelle de leur mère. Mais les mères se hâtent vers le pâturage et les invitent à trotter eux aussi, en dépit de leurs bêlements plus pitoyables.

Marie regarde et sourit ; comme elle s’est arrêtée pour laisser passer le troupeau, elle se penche sur sa selle et caresse les douces bêtes, qui passent en frôlant son âne. Quand le berger, un agneau tout juste né dans les bras, arrive et s’arrête pour les saluer, la jeune femme rit en caressant le museau rose du petit agneau qui bêle désespérément. Elle dit :

« Il cherche sa mère. Voilà ta maman, elle ne t’abandonne pas, non, mon petit. »

Et de fait, la brebis se frotte contre le berger et se dresse pour lécher son nouveau-né sur le museau.

Le troupeau passe, faisant un bruit de pluie sur les frondaisons, et laisse derrière lui la poussière soulevée par tous les petits sabots qui se pressent ainsi qu’une vraie broderie de pas sur la terre du chemin.

Joseph et Marie se remettent en route. Joseph porte son grand manteau, Marie est emmitouflée dans une sorte de châle à rayures, car la matinée est très fraîche.

Ils sont maintenant en pleine campagne et cheminent côte à côte. Ils parlent peu. Joseph pense à ses affaires ; Marie suit avec recueillement le cours de ses pensées, elle leur sourit et sourit à ce qu’elle voit lorsque, sortant un peu de sa concentration, elle regarde autour d’elle. De temps à autre, elle tourne les yeux vers Joseph, et un voile de tristesse lui assombrit le visage. Puis le sourire lui revient à la vue de son époux si attentif, qui parle peu et n’ouvre la bouche que pour lui demander si elle est à l’aise et n’a besoin de rien.

19.3 Les routes sont maintenant fréquentées par d’autres personnes, en particulier aux abords ou à l’intérieur des villages. Mais ils n’accordent tous deux aucune attention à ceux qu’ils rencontrent. Ils avancent sur leurs ânes qui trottent avec un grand bruit de grelots, et ne s’arrêtent qu’une fois, à l’ombre d’un bosquet, pour manger un peu de pain avec des olives, et boire à une source qui descend d’une petite grotte. Ils doivent s’arrêter une seconde fois pour se mettre à l’abri d’une violente averse qui s’abat à l’improviste d’un gros nuage noir.

Ils se sont mis à l’abri de la colline, sous la saillie d’un rocher qui les protège du plus gros de la pluie. Mais Joseph veut absolument que Marie enfile son gros manteau de laine imperméable, sur lequel l’eau glisse sans mouiller, et Marie doit céder à l’insistance prévenante de son époux. Pour la rassurer sur son sort, il se pose sur la tête une petite couverture en laine grise qui était sur la selle, la couverture de l’âne probablement. Le capuchon qui encadre le visage de Marie et son manteau marron fermé au cou qui la couvre entièrement lui donnent l’air d’un religieux.

L’averse se calme, mais fait place à une pluie fine bien ennuyeuse. Ils repartent donc sur un chemin devenu très boueux. Mais c’est le printemps et après quelque temps le soleil revient, rendant le chemin plus agréable. Les deux ânes trottinent plus allègrement sur la route.

Je ne vois rien de plus car la vision s’arrête là.

Annotation

Luc 1, 39 : En ce jour-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.

EMV 20 · Tome 1, p. 130-134

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Titre du chapitre : Départ de Jérusalem. L’aspect béatifique de Marie. Importance de la prière pour Marie et Joseph.

Date de la vision : Mardi 28 mars 1944

Calendrier : Dimanche 24 mars de l'an -5

Lieux (carte) : De Jérusalem à Hébron

Cycle : Naissance et enfance de Jésus

Résumé : Joseph et Marie arrivent à Jérusalem. Ils se dirigent vers le Temple et s'arrêtent à une écurie où Joseph a laissé sa monture lors de la Présentation au Temple. Ils vont ensuite chez des connaissances où ils se restaurent. Marie se repose un peu et Joseph revient avec un vieillard qui prend la même route qu'elle. Elle ne devra donc faire que peu de chemin toute seule. Ils vont ensemble jusqu'à une autre porte de la Ville Sainte, puis les deux époux se quittent. Le vieillard est très bavard et Marie répond patiemment. Quand il se tait, elle se recueille dans la prière.

Maria décrit ensuite la Vierge telle qu'elle la voix dans sa chambre : elle l'aperçoit avec son corps glorifié. La Pleine de Grâce est très belle. Cette dernière donne pour finir une dictée et attire l'attention sur la prière ardente de Joseph et de Marie. Elle invite l'âme à ne jamais se dépouiller de la protection de la prière. Elle nous enjoint à invoquer le nom du Seigneur, même si nous sommes imparfaits, à l'appeler pour qu'il nous communique sa sainteté. Nous nous devons d'imiter les gens, qui chantent sans fin le Sanctus.

Contenu du chapitre : 20.1 : Joseph présente à Marie un compagnon de voyage. 20.2 : Le vieux bavard, finit par somnoler. Marie prie. 20.3 : Maria Valtorta s’attarde à contempler la chaste Marie. 20.4 : Contraste avec les heures tragiques de la Passion. 20.5 : La présence donne une grande paix. Maria Valtorta se souvient des souffrances de Jésus au Gethsémani. 20.6 : Marie et Joseph donnent toujours la première place à la prière. 20.7 : Dans la faiblesse ou la sainteté, invoquez toujours la sainteté du Seigneur. 20.8 : La prière vivante a sa source dans l’amour et la souffrance unie à celle de Marie et de Jésus.

EMV 20.1-2 · Tome 1, p. 130-131

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

20.1 Nous sommes à Jérusalem. Je la reconnais bien, maintenant, avec ses rues et ses portes.

Les deux époux commencent par se diriger vers le Temple. Je reconnais l’écurie où Joseph avait laissé sa monture le jour de la présentation au Temple. Cette fois encore, il laisse là ses ânes après les avoir fait paître, puis il va adorer le Seigneur avec Marie.

Quand ils en sortent, Marie et Joseph se rendent chez des connaissances, à ce qu’il me semble. Là, ils se restaurent et Marie prend quelque repos jusqu’à ce que Joseph revienne avec un petit vieillard.

« Cet homme suit la même route que toi. Il te restera bien peu de chemin à faire toute seule pour parvenir chez ta parente. Aie confiance en lui, je le connais. »

20.2 Ils remontent sur les ânes, et Joseph accompagne Marie jusqu’à la Porte (une autre que celle par laquelle ils sont entrés). Là, ils se saluent, puis Marie part seule avec le vieil homme, qui parle autant que Joseph était silencieux et s’intéresse à mille choses. Marie répond patiemment.

EMV 20.6-7 · Tome 1, p. 132-133

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

20.6 Marie dit :

« Je ne vais pas te parler longtemps parce que tu es bien épuisée, ma pauvre fille.

Je me contente d’attirer ton attention et celle des lecteurs sur notre habitude constante, à Joseph et à moi, de laisser toujours la première place à la prière. Fatigue, hâte, tracas ou travail n’empêchaient pas la prière, mais la favorisaient au contraire. C’était la reine de nos occupations, notre repos, notre lumière, notre espérance. Si, aux heures de tristesse, elle était notre réconfort, aux heures heureuses elle devenait un chant. Mais c’était toujours l’amie constante de notre âme ; elle nous détachait de la terre, de l’exil pour nous tourner vers le Ciel, notre patrie.

Je n’étais pas la seule, moi qui portais désormais mon Dieu et qui n’avais qu’à regarder mon sein pour adorer le Saint des saints, mais Joseph aussi se sentait uni à Dieu quand il priait, car notre prière était une sublime élévation de tout notre être qui se fondait en Dieu en l’adorant et en recevait ensuite l’étreinte.

Or, voyez, moi qui portais l’Eternel, je ne me sentais pas exemptée de la fréquentation respectueuse du Temple. La sainteté la plus élevée ne dispense pas de se sentir moins que rien devant Dieu et d’humilier ce néant, puisque, lui, il nous le permet, en une continuelle louange à sa gloire.

20.7 Vous êtes faibles, pauvres, pleins de défauts ? Invoquez la sainteté du Seigneur : “ Saint, Saint, Saint ! ” Appelez-le sur votre misère, ce Saint béni. Il viendra vous communiquer sa sainteté. Etes-vous saints et riches de mérites à ses yeux ? Invoquez également la sainteté du Seigneur. Comme elle est infinie, elle ne cessera de faire croître la vôtre. Les anges, ces êtres supérieurs aux faiblesses de l’humanité, chantent sans fin leur “ Sanctus ”, et leur beauté surnaturelle augmente à chaque invocation de la sainteté de notre Dieu. Imitez donc les anges.

Ne vous dépouillez jamais de la protection de la prière, contre laquelle s’émoussent les armes de Satan, les malices du monde, les appétits de la chair et l’orgueil de l’esprit. N’abandonnez jamais cette arme par laquelle les cieux s’ouvrent, faisant pleuvoir grâces et bénédictions.

La terre a besoin d’un bain de prières pour se purifier des fautes qui attirent les châtiments de Dieu. Et comme seul un petit nombre prie, les âmes doivent prier beaucoup pour suppléer à la carence des autres, multiplier leurs prières vivantes pour qu’elles fassent le poids nécessaire à l’obtention de la grâce. Les prières sont vivantes lorsqu’elles jaillissent de l’amour véritable et du sacrifice.