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Simon-Pierre - Simon de Jonas (apôtre)

Thème : Saints, vénérables et bienheureux de l'Eglise catholique · Page 6 sur 26

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EMV 94.6.9 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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94.6 ...Jésus, qui est maintenant avec tous ses disciples, pénètre dans la synagogue de Capharnaüm après avoir traversé la place et le chemin qui y conduisent. La nouvelle du récent miracle doit déjà s’être répandue car il y a beaucoup de chuchotements et de commentaires.

Sur le seuil de la porte de la synagogue, je vois le futur apôtre Matthieu. Il se tient là, moitié dehors, moitié dedans ; je ne sais trop s’il est honteux ou ennuyé par tous les clins oeil qui le désignent et même par quelques épithètes peu agréables qu’on lui adresse. Deux pharisiens drapés dans leurs manteaux les resserrent soigneusement contre eux, comme s’ils avaient peur d’attraper la peste en effleurant le vêtement de Matthieu.

En entrant, Jésus le fixe un instant, et s’arrête une seconde. Mais Matthieu baisse la tête. C’est tout.

A peine le groupe l’a-t-il dépassé que Pierre dit à Jésus :

« Sais-tu qui est cet homme frisé, plus parfumé qu’une femme ? C’est Matthieu, notre percepteur... Que vient-il faire ici ? C’est bien la première fois ! Il n’a peut-être pas trouvé les compagnons – les compagnes surtout – avec lesquels il passe le sabbat, dépensant en orgies ce qu’il nous extorque en taxes doublées et triplées pour avoir de l’argent pour le fisc et pour sa conduite vicieuse. »

Jésus regarde Pierre si sévèrement que celui-ci rougit comme une pivoine et baisse la tête, en s’arrêtant, de sorte qu’il passe du premier rang du groupe des apôtres au dernier.

[Jésus prêche à Capharnaüm et à la fin, Pierre va trouver Jésus. Matthieu a donné de manière anonyme de l'argent :]

Jésus va rentrer dans la maison de Pierre qui est en train de lui dire :

« Voilà : le petit Jacques, à la sortie de la synagogue, m’a donné aujourd’hui deux bourses au lieu d’une seule, et toujours de la part de cet inconnu. Mais de qui s’agit-il, Maître ? Tu le sais... dis-le-moi. »

Jésus sourit :

« Je te le dirai quand tu auras appris à ne médire de personne. »

Et tout prend fin.

Détail

Jésus vient de guérir la Belle de Chorazeïn. Il va ensuite parler à Capharnaüm, car il en a fait la promesse. On rencontre alors Matthieu.

EMV 95 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Jacques d'Alphée rejoint Jésus à Capharnaüm, avec son frère Jude. Il explique que toute la famille est contre eux, et quand il a appris qu'il fallait placer Dieu au-dessus de son père, il a pris cette décision d'aller retrouver le Saint de Dieu. Les cousins croient en effet depuis le début qu'il est le Messie. Jésus l'accueille. Il souffre de ce rejet d'Alphée, mais spirituellement, en tant que Verbe de Dieu, il jubile de cette décision.

Voilà qu'ils doivent donner l'impôt à Matthieu. Pierre parle mal sur son compte et c'est Jésus qui se présente au futur disciple. Ils ont un bref échange. Après quoi le Christ fait un discours où il parle de l'argent et du repentir.

Une fois qu'il a terminé, on lui dit que Marie d'Alphée est présente. Celle-ci est dévastée pour son Alphée qui rejette Dieu. Elle lui demande un miracle, mais le Seigneur ne le puit, car il n'est pas bon de le faire. Mais il promet le salut éternel pour son Alphée, et il donne des mots d'encouragement à sa tante.

EMV 95.2-3 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Nous t’avions cherché à la maison... mais tu étais sur le lac.

– Oui, sur le lac pendant deux jours, avec Pierre et les autres. Pierre a fait une bonne pêche, n’est-ce pas ?

– Oui et maintenant, cela me fait mal au coeur, il va me falloir donner pas mal de didrachmes à ce voleur-là... » ; il montre du doigt le gabelou Matthieu dont le comptoir est assiégé par des gens qui paient pour leur emplacement, je crois, ou les denrées.

« Tout sera en proportion, je te dis : plus tu pêches et plus tu paies, mais aussi plus tu gagnes.

– Non, Maître. Plus je pêche et plus je gagne, certes. Mais si je fais deux fois plus de prises, celui-là ne me fait pas payer le double : il faut lui donner le quadruple... Chacal !

– Pierre ! Eh bien, approchons-nous de là ! Je veux parler. Il y a toujours des gens près du comptoir de la gabelle.

– Je le crois bien ! Dit Pierre en grommelant. Des gens et des malédictions !

– Eh bien, j’y apporterai des bénédictions. Qui sait si un peu d’honnêteté ne va pas rentrer chez le gabelou ?

– Sois-en sûr, ta parole ne traversera pas sa peau de crocodile.

– Nous verrons bien !

– Que lui diras-tu ?

– Rien directement, mais je parlerai de façon qu’il en prenne aussi pour lui.

– Tu diras que celui qui dépouille les pauvres qui travaillent pour gagner leur pain, et non pas pour les femmes et les soûleries, est un aussi grand voleur que les bandits de grand chemin ?

– Pierre, veux-tu parler à ma place ?

– Oh non, Maître ! Je ne saurais pas bien m’expliquer.

– Et avec l’amertume que tu as en toi, tu te ferais du mal, et à lui aussi. »

95.3 Ils sont arrivés près du comptoir de la gabelle.

Pierre se dispose à payer. Jésus l’arrête et lui dit :

« Donne-moi l’argent. C’est moi qui paie aujourd’hui. »

Pierre le regarde, étonné, et lui donne une bourse de peau bien garnie.

Jésus attend son tour et, quand il est en face du gabelou, il dit :

« Je paie pour huit corbeilles de poisson de Simon-Pierre. Elles sont là, aux pieds des employés. Vérifie, si tu veux. Mais, entre honnêtes gens, la parole devrait suffire. Et je pense que tu me considères bien ainsi. Combien pour la taxe ? »

Matthieu, qui était assis à son comptoir, se lève au moment où Jésus dit : « Je pense que tu me considères bien ainsi. » De petite taille et déjà âgé, à peu près comme Pierre, il montre pourtant un visage fatigué de jouisseur et une évidente confusion. Il reste tête basse au début, puis la lève et regarde Jésus. Jésus le regarde fixement, gravement, le dominant de sa haute taille.

« Combien ? répète Jésus après un moment.

– Il n’y a pas de taxe pour le disciple du Maître » répond Matthieu, qui ajoute plus bas : « Prie pour mon âme.

– Je la porte en moi, car j’y abrite les pécheurs. Mais toi... pourquoi n’en as-tu pas souci ? »

Aussitôt, Jésus lui tourne le dos et revient vers Pierre, resté bouche bée. Les autres aussi sont ébahis. Ils chuchotent, n’en croyant pas leurs yeux...

95.4 Jésus s’adosse à un arbre, à une dizaine de mètres de Matthieu et commence à parler.

« Le monde est comparable à une grande famille dont les membres exercent des métiers différents et tous nécessaires. Il y a les agriculteurs, les bergers, les vignerons, les charpentiers, les pêcheurs, les maçons, les ouvriers du bois et du fer, et puis les écrivains, les soldats, les fonctionnaires affectés à des missions spéciales, les médecins, les prêtres. Il y a de tout. Le monde ne saurait être composé d’une seule catégorie. Les professions sont toutes indispensables, toutes saintes, si elles sont exercées avec honnêteté et justice. Comment peut-on y arriver, si Satan nous tente de tellement de côtés ? En pensant à Dieu – qui voit tout, même les actions les plus cachées – et à sa Loi qui dit : “ Aime ton prochain comme toi-même, ne lui fais pas ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse. Ne vole pas, en aucune manière. ”

Dites-moi, vous qui m’écoutez : quand quelqu’un meurt, emporte-t-il avec lui ses sacs d’argent ? Et même s’il était assez sot pour les vouloir auprès de lui dans sa tombe, pourrait-il s’en servir dans l’autre vie ? Non. Les pièces de monnaie s’abîment au contact de la pourriture d’un corps décomposé. Mais son âme, elle, serait nue, plus pauvre que celle du bienheureux Job, ne disposant pas de la plus petite pièce de monnaie, même si, ici-bas et dans la tombe, elle avait laissé des masses de talents. Aussi, écoutez bien ! En vérité, je vous le dis : il est difficile d’acquérir le Ciel par des richesses ; au contraire, on le perd généralement à cause d’elles, même si elles proviennent d’un héritage ou d’un gain honnête, car il y a peu de riches qui sachent en user avec justice.

Alors que faut-il faire, pour posséder ce Ciel béni, ce repos au sein du Père ? Il faut n’être pas avide de richesses. Pas avide dans le sens de ne pas les vouloir à tout prix, même en manquant à l’honnêteté et à l’amour. Pas avide, si, les possédant, on les aime plus que le Ciel, plus que son prochain, en refusant la charité aux personnes dans le besoin. Pas avide de ce que les richesses peuvent procurer : femmes, plaisirs, table opulente, vêtements fastueux qui font offense à la misère de ceux qui ont froid et faim. Il y a bien une manière de changer les monnaies du monde en celles qui ont cours dans le royaume des Cieux : c’est la sainte ruse qui consiste à transformer les richesses humaines, souvent injustes ou causes d’injustices, en richesses éternelles. Il faut pour cela gagner honnêtement sa vie, restituer ce qu’on a pris injustement, faire un usage modéré des biens du monde et sans s’y attacher. Il faut savoir quitter les richesses parce que, tôt ou tard, elles nous quitteront – il faut le garder à l’esprit ! – tandis que le bien accompli ne nous abandonne jamais.

Tous voudraient être qualifiés de “ justes ”, considérés comme tels et récompensés par Dieu pour cette raison. Mais comment Dieu pourrait-il récompenser celui qui n’a du juste que le nom, mais pas les oeuvres ? Comment pourrait-il dire : “ Je te pardonne ”, s’il se rend compte que son repentir n’est que dans les mots, sans changement véritable dans son âme ? Il n’y a pas de repentir tant que dure le désir de l’objet qui est cause du péché. Mais quand quelqu’un s’humilie, quand il mutile moralement ce qui est en lui la source d’une passion mauvaise – qu’il s’agisse de femme ou d’or –, quand il dit : “ Pour toi, Seigneur, je ne veux plus entendre parler de tout cela ”, voilà alors un repentir authentique. Et Dieu l’accueille en disant : “ Viens, tu m’es aussi cher qu’un être innocent ou un héros. ” »

Jésus a fini. Il s’en va sans même se tourner vers Matthieu, qui s’est approché du cercle des auditeurs dès les premiers mots.

EMV 97 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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À Capharnaüm, les petits Jeanne et Tobie se disputent à cause de figues. Le grand frère a fait tomber sur sa soeur un bâton sans le vouloir, et cela l'a blessée. Jésus les réconcilie et cueille pour eux des figues. Puis il rejoint les apôtres. Pierre, toujours fidèle à lui-même, bougonne parce qu'Élie de Capharnaüm est passé et a toujours été si désagréable. Mais Jésus assure qu'il tâchera de faire la paix avec eux en se montrant respectueux.

Ils arrivent sur la place de Capharnaüm et Jésus appelle Matthieu à le suivre. Les disciples sont stupéfaits, l'accueil de Matthieu est mitigé, Judas est glacial. Ils vont chez le publicain qui veut faire une grande fête pour sa conversion. Quand il sort, Judas fait des reproches et Pierre lui dit ses quatre vérités. Jésus est sévère et leur demande de bien agir au retour de Matthieu et de ses amis.

Le repas se passe. Trois pharisiens - Élie, Simon, Urie - demandent à entrer, ce que Jésus permet, pour ne pas que leur malice exagère ce qu'il se passe. Les pharisiens sont évidemment méprisants malgré les paroles de Jésus et ils s'en vont. Mais Jésus dit de laisser faire et que leur bonne conscience les justifie.

EMV 97.1-2 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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97.1 Presque aussitôt après, je vois ce qui suit :

Encore la place du marché de Capharnaüm. Mais c’est à une heure plus chaude où le marché est déjà fini et il ne reste sur la place que des désoeuvrés qui discutent et des enfants qui jouent.

Jésus, au milieu de son groupe, vient du lac vers la place, en caressant les enfants qui accourent à sa rencontre et en s’intéressant à leurs confidences.

Une petite fille lui montre une grande éraflure saignante sur son front et elle accuse son petit frère de la lui avoir faite.

« Pourquoi as-tu fait mal à ta soeur ? Ce n’est pas bien.

– Je ne l’ai pas fait exprès. Je voulais cueillir ces figues, et j’ai pris un bâton, mais il était trop lourd et il est tombé sur elle... Je les cueillais aussi pour elle.

– C’est vrai, Jeanne ?

– C’est vrai.

– Dans ce cas, tu vois bien que ton frère n’a pas voulu te faire du mal. Il voulait même te faire plaisir. Alors faites tout de suite la paix et donnez-vous un baiser. Les bons frères et même les bons enfants ne doivent jamais connaître la rancoeur. Allons... »

En larmes, les deux enfants s’embrassent. Ils pleurent tous deux : l’une de la souffrance de l’égratignure, l’autre de la douleur d’avoir fait souffrir.

Jésus sourit devant ce baiser baigné de larmes.

« Voilà ! Maintenant, comme je vois que vous êtes sages, je vais vous cueillir des figues moi-même, et sans bâton. »

Je le crois bien ! Grand comme il est, avec ses longs bras, il y arrive sans peine. Il fait la cueillette et la distribution.

Une femme accourt :

« Prends, prends, Maître, je vais t’apporter du pain.

– Non, non, ce n’est pas pour moi. C’est pour Jeanne et Tobie. Ils en avaient envie.

– Et vous avez dérangé le Maître pour ça ? Ah ! Ils ne manquent pas de culot ! Pardonne-leur, Seigneur.

– Femme, c’était pour faire la paix... et je l’ai faite avec l’objet même du litige : les figues. Mais les enfants ne dérangent jamais. Les figues bien sucrées, c’est un plaisir pour eux, et ce qui fait mon plaisir à moi, c’est leur douce âme innocente. Elle m’enlève tant d’amertume...

– Maître... ce sont les seigneurs qui ne t’aiment pas, mais nous, le peuple, nous t’aimons bien. Eux, on les compte sur les doigts, alors que nous, nous sommes si nombreux !

– Je le sais, femme. Merci de ton réconfort. Que la paix soit avec toi. Adieu, Jeanne ! Adieu, Tobie ! Soyez gentils. Sans vous faire de mal et sans vous vouloir du mal, n’est-ce pas ?

– Oui, oui, Jésus » répondent les deux petits.

97.2 Jésus se met en route et dit en souriant :

« Maintenant que tout s’est apaisé grâce aux figues, allons à... Où pensez-vous que nous allons ? »

Les apôtres ne savent pas ; les uns indiquent un endroit, les autres proposent ailleurs. Jésus secoue toujours la tête et rit.

Pierre intervient :

« J’y renonce à moins que tu ne le dises... J’ai des idées noires aujourd’hui. Tu ne l’as pas vu, mais quand nous avons débarqué, Elie, le pharisien, était présent. Plus jaune encore que d’habitude. Et il nous regardait d’un air !

– Laisse-le donc regarder !

– Hé ! Bien obligé ! Mais je t’assure, Maître, que pour faire la paix avec celui-là, il faudra plus de deux figues !

– Qu’ai-je dit à la mère du petit Tobie ? “ J’ai fait la paix avec l’objet même du litige. ” De la même manière, je tâcherai de faire la paix avec les notables de Capharnaüm en leur témoignant du respect, puisque selon eux je les ai offensés. D’ailleurs, cela satisfera quelqu’un d’autre.

– Qui ? »

Jésus ne répond pas à cette question et poursuit :

« Je ne réussirai pas, probablement, car il leur manque la volonté de faire la paix. Mais écoutez-moi : dans toutes les disputes, si le plus prudent savait céder et ne pas s’acharner à vouloir avoir raison, s’il se montrait conciliant, quitte à partager en deux l’objet du litige – même si, je veux bien l’admettre, il est dans son bon droit –, ce serait mieux et plus saint. On ne nuit pas forcément par désir de nuire. Il arrive qu’on fasse du mal sans le vouloir. Pensez toujours à cela et pardonnez. Elie et les autres croient servir Dieu avec justice en agissant comme ils le font. Je chercherai, avec patience et constance, avec beaucoup d’humilité et de bonne grâce, à les persuader qu’un temps nouveau est venu et que Dieu veut désormais être servi d’après mon enseignement. La ruse de l’apôtre, c’est la bonne grâce, son arme la constance, le secret de la réussite, l’exemple et la prière pour ceux qu’il faut convertir. »

EMV 97.3-5 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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97.3 Ils sont arrivés sur la place. Jésus va tout droit au comptoir de la gabelle où Matthieu est en train de faire ses comptes et de vérifier les pièces de monnaie. Il les répartit par catégories en les mettant dans des sacs de diverses couleurs qu’il place dans un coffre de fer que deux serviteurs attendent de transporter autre part.

A peine l’ombre projetée par la grande taille de Jésus s’allonge-t-elle sur le comptoir que Matthieu lève la tête pour voir qui vient le payer en retard. Pierre tire alors Jésus par la manche pour lui dire :

« Il n’y a rien à payer, Maître. Que fais-tu ? »

Mais Jésus ne répond pas. Il fixe les yeux sur Matthieu, qui s’est levé immédiatement en signe de respect. Un second regard pénétrant. Mais ce n’est pas, comme l’autre fois, un regard de juge sévère. C’est un regard d’appel, un regard aimant, qui l’enveloppe, le pénètre d’amour. Matthieu rougit. Il ne sait que faire, que dire...

« Matthieu, fils d’Alphée, l’heure a sonné. Viens. Suis-moi, lui déclare Jésus majestueusement.

– Moi ? Maître, Seigneur ! Mais sais-tu qui je suis ? C’est pour toi, pas pour moi, que je le dis...

– Viens, suis-moi, Matthieu, fils d’Alphée, répète Jésus plus doucement.

– Ah ! Comment puis-je avoir trouvé grâce auprès de Dieu ? Moi... Moi...

– Matthieu, fils d’Alphée, j’ai lu dans ton coeur. Viens, suis-moi. »

Cette troisième invitation est une caresse.

« Oh ! Tout de suite, mon Seigneur ! »

En larmes, Matthieu sort de derrière le comptoir sans plus s’occuper de ramasser les pièces de monnaies éparses ou de fermer le coffre. Rien.

« Où allons-nous, Seigneur ? demande-t-il quand il est près de Jésus. Où me conduis-tu ?

– Chez toi. Veux-tu donner l’hospitalité au Fils de l’homme ?

– Oh !... mais... mais que vont dire ceux qui te haïssent ?

– Moi, j’écoute ce qu’on dit au Ciel, et j’entends : “ Gloire à Dieu pour un pécheur qui se sauve ! ” Et le Père dit : “ La miséricorde se lèvera éternellement dans les Cieux et se répandra sur la terre et puisque je t’aime d’un amour éternel, d’un amour parfait, je te fais miséricorde à toi aussi. ” Viens. Que par ma venue, ta maison, en plus de ton coeur, soit sanctifiée.

– Je l’ai déjà purifiée par l’espérance que j’avais dans l’âme... mais que ma raison ne pouvait croire vraie... Oh ! M’admettre dans la compagnie de tes saints... » et il regarde les disciples.

« Oui, avec mes amis. Venez. Je vous unis. Et soyez frères. »

Les disciples en sont tellement stupéfaits qu’ils n’ont toujours pas su que dire. Ils ont marché en groupe, derrière Jésus et Matthieu, sur la place tout ensoleillée et maintenant totalement déserte, par un bout de route qui brûle sous un soleil éblouissant. Il n’y a pas âme qui vive dans les rues, rien d’autre que le soleil et la poussière.

97.4 Ils entrent dans la maison. C’est une belle maison avec une large entrée qui donne sur la rue, et une jolie cour ombragée et fraîche, au-delà de laquelle on en voit une grande, organisée en jardin.

« Entre, mon Maître ! Apportez de l’eau et des boissons. »

Les serviteurs accourent avec tout ce qu’il faut. Matthieu sort pour donner des ordres, pendant que Jésus et les siens se rafraîchissent, puis il revient.

« Viens maintenant, Maître. La salle est plus fraîche... Des amis vont bientôt arriver... Ah ! Je veux que ce soit grande fête ! C’est ma régénération... C’est ma... ma véritable circoncision... Tu m’as circoncis le coeur par ton amour... Maître, cette fête sera la dernière... Désormais, plus de fêtes pour Matthieu le publicain. Du moins, plus de fêtes de ce monde... Seulement la fête intérieure d’être racheté et de te servir... d’être aimé de toi... J’ai tant pleuré, ces derniers mois... Cela fait presque trois mois que je pleure... Je ne savais comment faire... Je voulais venir... Mais comment venir à toi, le Saint, avec mon âme souillée ?...

– Tu l’as lavée par ton repentir et ta charité pour moi et pour ton prochain. Pierre ? Viens ici. »

Pierre, qui n’a pas encore parlé tant il est ébahi, s’avance. Les deux hommes, tous deux âgés, petits, trapus, se font face, et Jésus est entre eux deux, souriant, beau.

« Pierre, tu m’as demandé bien des fois qui était l’inconnu de la bourse apportée par Jacques. Le voici devant toi.

– Qui ? Ce vol... Oh ! Pardon, Matthieu ! Mais qui pouvait penser que c’était toi ? Que toi, qui nous désespérais par ton usure, tu puisses être capable de t’arracher chaque semaine un morceau de ton coeur pour nous faire cette grosse offrande ?

– Je le sais. Je vous ai injustement taxés. Mais je m’agenouille aujourd’hui devant vous tous et je vous supplie de ne pas me renvoyer. Lui, il m’a accueilli. Ne vous montrez pas plus sévères que lui. »

Pierre, qui a Matthieu à ses pieds, le relève d’un coup, rudement, affectueusement :

« Lève-toi, lève-toi ! Ce n’est ni à moi ni aux autres qu’il faut demander pardon, mais à lui. Nous... allons ! Nous sommes tous plus ou moins voleurs comme toi... Oh ! Je l’ai dit ! Maudite langue ! Mais moi, je suis fait comme ça : ce que je pense, je le dis, ce que j’ai sur le coeur, je l’ai sur les lèvres. Viens, faisons un pacte d’affectueuse paix », et il embrasse Matthieu sur les joues.

Les autres l’imitent avec plus ou moins d’affection. Je dis cela, car André est retenu par sa timidité, et Judas est glacial. On dirait qu’il embrasse un tas de serpents, tant son accolade est distante et brève.

97.5 Entendant du bruit, Matthieu sort.

« Pourtant, Maître, dit Judas, il me semble que cela n’est pas prudent. Déjà les pharisiens d’ici t’accusent, et toi... Voilà un publicain parmi les tiens ! Un publicain après une prostituée !... Veux-tu ta ruine ? S’il en est ainsi, dis-le, pour que...

– Pour que nous filions, hein ? lance Pierre, ironique.

– Qui te parle, à toi ?

– Je sais bien que tu ne t’adresses pas à moi, mais moi, en revanche, je parle à ton âme de grand seigneur, à ton âme très pure, à ton âme de sage. Je sais que toi, membre du Temple, tu sens l’odeur de péché en nous, pauvres hommes qui ne sommes pas du Temple. Je sais bien que toi, qui es un juif complet, mélange de pharisien, de sadducéen et d’hérodien, à moitié scribe et un brin essénien – veux-tu d’autres nobles appellations ? –, tu te sens mal à l’aise parmi nous, comme une magnifique alose prise dans un filet rempli de goujons. Mais que veux-tu y faire ? C’est lui qui nous a pris et nous... nous restons. Si tu te sens mal à l’aise... va-t’en, toi. Tous, nous respirerons. Même lui qui, tu le vois, est indigné par moi et par toi. Par moi, parce que je manque de patience et aussi... oui, et aussi de charité, mais plus encore par toi qui ne comprends rien à rien, malgré tous les nobles titres dont tu te pares, et qui n’as ni charité, ni humilité, ni respect. Tu n’as rien, mon garçon. Rien que de la fumée, et Dieu veuille qu’elle soit inoffensive. »

Jésus a laissé Pierre parler. Il est resté debout, sévère, les bras croisés, les lèvres serrées et les yeux... peu rassurants. A la fin, il dit :

« As-tu tout dit, Pierre ? As-tu libéré ton coeur de tout le levain qu’il contenait ? Tu as bien fait. Aujourd’hui, ce sont les Azymes de Pâques pour un fils d’Abraham. L’appel du Christ est comme le sang de l’agneau sur votre âme, et là où il vient, la faute ne reviendra plus. Elle ne reviendra pas si celui qui le reçoit lui est fidèle. Mon appel est libération et il faut le fêter sans levain d’aucune sorte. »

Pas un mot à Judas. Pierre se tait, vexé.

« Voici revenir notre hôte, dit Jésus. Il est avec des amis. Ne leur montrons pas autre chose que de la vertu. Si quelqu’un ne peut y parvenir, qu’il sorte. Ne ressemblez pas à des pharisiens qui accablent les gens de préceptes qu’ils sont les premiers à ne pas observer. »

Détail

Matthieu 9,9-13
Jésus partit de là et vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de collecteur d’impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit.

Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient à ses disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »

Marc 2,13-14
Jésus sortit de nouveau le long de la mer ; toute la foule venait à lui, et il les enseignait. En passant, il aperçut Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit.

Luc 5,27-28 :
Après cela, Jésus sortit et remarqua un publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts) du nom de Lévi assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » Abandonnant tout, l’homme se leva ; et il le suivait.

EMV 97.6-7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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97.6 Matthieu rentre avec d’autres hommes et le repas se déroule. Jésus est au centre, entre Pierre et Matthieu. Ils parlent de sujets divers et Jésus répond patiemment à toutes les questions que les uns et les autres lui posent. Il y a aussi des plaintes à l’égard des pharisiens qui les méprisent.

« Eh bien, venez à celui qui ne vous méprise pas, puis agissez de telle façon que les bons, au moins, n’aient pas l’occasion de vous mépriser, répond Jésus.

– Toi, tu es bon. Mais tu es bien le seul !

– Non : ceux-ci sont comme moi et puis... il y a le Dieu Père qui aime ceux qui se repentent et veulent retrouver son amitié. Si tout manquait à l’homme, sauf le Père, sa joie ne serait-elle pas complète ? »

Le repas en est au dessert, quand un serviteur fait signe au maître de maison et lui dit quelque chose.

« Maître : Elie, Simon et Joachim demandent à entrer et à te parler. Veux-tu les voir ?

– Bien sûr.

– Mais... mes amis sont publicains.

– C’est justement pour voir cela qu’ils viennent. Laissons-les faire, pour qu’ils voient. Il ne servirait à rien de le dissimuler. Cela ne servirait pas au bien, et leur malice exagèrerait l’événement jusqu’à prétendre qu’il y avait ici des courtisanes. Qu’ils entrent. »

97.7 Les trois pharisiens entrent. Ils regardent autour d’eux avec un ricanement méchant et sont sur le point de parler.

Mais Jésus, qui s’est levé et est allé à leur rencontre avec Matthieu, les devance. Il pose une main sur l’épaule de Matthieu et dit :

« Vrais fils d’Israël, je vous salue et vous annonce une grande nouvelle qui comblera sûrement de joie votre coeur de parfaits israélites, qui aspirent à l’observance de la Loi par tous les coeurs, pour rendre gloire à Dieu. Voici : à compter de ce jour, Matthieu n’est plus le pécheur, le scandale de Capharnaüm. Une brebis galeuse d’Israël est guérie. Réjouissez-vous ! Après lui, d’autres brebis pécheresses le seront à leur tour et votre cité, à la moralité de laquelle vous vous intéressez tant, deviendra par sa sainteté agréable au Seigneur. Il abandonne tout pour servir Dieu. Donnez le baiser de paix au juif égaré qui revient dans le sein d’Abraham.

– Et il y revient avec des publicains ? Lors d’un joyeux banquet ? Ah ! Vraiment, c’est une conversion avantageuse ! Tiens, regarde là, Elie : voici Josias, le souteneur.

– Et lui, c’est Simon, fils d’Isaac, l’adultère.

– Et celui-là ? C’est Azarias, le tenancier du tripot, où Romains et juifs vont jouer, se quereller, s’enivrer et se livrer à la débauche.

– Mais, Maître, sais-tu seulement qui sont ces gens-là ? Le savais-tu ?

– Je le savais.

– Alors, vous qui êtes de Capharnaüm, vous ses disciples, pourquoi avez-vous permis cela ? Tu me surprends, Simon-Pierre !

– Et toi, Philippe, tu es bien connu ici ! Toi aussi, Nathanaël ! J’en suis vraiment abasourdi ! Toi, un véritable israélite, comment as-tu pu permettre que ton Maître mange avec des publicains et des pécheurs ?

– Mais n’y a-t-il donc plus aucune retenue en Israël ? »

Les trois hommes sont absolument scandalisés.

Jésus dit :

« Laissez mes disciples en paix. C’est moi qui l’ai voulu. Moi seul.

– Oh oui, on comprend ! Quand on veut faire des saints sans l’être soi-même, on tombe vite dans des erreurs impardonnables !

– Et quand on habitue les disciples à manquer de respect – je suis encore sous le coup de l’éclat de rire irrespectueux de celui-ci, juif du Temple, contre moi, le pharisien ! – on ne peut qu’être irrespectueux de la Loi. On enseigne ce qu’on sait...

– Tu te trompes. Vous vous trompez tous. On enseigne ce qu’on sait, c’est vrai. Et moi qui connais la Loi, je l’enseigne à ceux qui ne la connaissent pas : aux pécheurs par conséquent. Vous... je sais bien que vous êtes maîtres de votre âme. Ce n’est pas le cas des pécheurs. Je recherche leur âme, je la leur rends, pour qu’à leur tour, ils me la rapportent comme elle est : malade, blessée, souillée, pour que je la soigne et la purifie. C’est pour cela que je suis venu. Ce sont les pécheurs qui ont besoin du Sauveur et moi, je viens les sauver. Comprenez-moi... et ne me haïssez pas sans raison. »

Jésus est doux, persuasif, humble... Mais les trois hommes sont autant de chardons tout hérissés de piquants... et ils sortent avec une moue de dégoût.

« Ils sont partis... Maintenant, ils vont nous critiquer partout, grommelle Judas.

– Laisse-les donc faire ! Agis seulement de façon que le Père n’ait pas à te critiquer. N’en sois pas mortifié, Matthieu, ni vous, ses amis. Notre conscience nous dit : “ Vous ne faites pas de mal. ” Cela suffit. »

Jésus se rassied à sa place et tout prend fin.

EMV 98.4-5 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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98.4 « Dis, Simon, interpelle Judas, toi qui es Judéen comme moi, réponds-moi. Cette belle blonde, sur le sein du Romain, celle qui vient de se lever, n’est-ce pas la soeur de Lazare de Béthanie ?

– Moi, je n’en sais rien, répond sèchement Simon le Cananéen. Il y a peu de temps que je suis revenu parmi les vivants et cette femme est jeune...

– Tu ne voudrais pas me dire que tu ne connais pas Lazare de Béthanie, j’espère ! Je sais bien que tu es son ami et aussi que tu es allé chez lui avec le Maître.

– Et même si c’était le cas ?

– Etant donné que c’est effectivement le cas, tu dois connaître aussi la pécheresse qui est soeur de Lazare. Même les tombeaux la connaissent ! Il y a dix ans qu’elle fait parler d’elle. A peine pubère, elle s’est montrée légère. Mais depuis quatre ans ! Tu ne peux ignorer le scandale, même si tu étais dans “ la Vallée des Morts ”. Tout Jérusalem en a parlé. Et Lazare s’est alors retiré à Béthanie... Il a bien fait, du reste. Personne n’aurait plus mis les pieds dans son splendide palais de Sion où elle allait et venait encore. Je veux dire : personne de saint. A la campagne... on est au courant ! Et puis, désormais elle est partout sauf chez elle... Maintenant elle est sûrement à Magdala... Elle aura trouvé quelque nouvel amour... Tu ne réponds pas ? Peux-tu me démentir ?

– Je ne démens pas. Je me tais.

– Alors, c’est elle ? Toi aussi, tu l’as reconnue !

– Je l’ai vue enfant. Elle était pure, alors. Je la revois maintenant... Mais je la reconnais. Bien qu’impudique, sa physionomie rappelle celle de sa mère, une sainte.

– Alors pourquoi as-tu presque nié qu’elle était la soeur de ton ami ?

– Nos plaies et celles des proches que nous aimons, on cherche à les cacher, surtout quand on est honnête. »

Judas rit jaune.

98.5 « Tu parles bien, Simon. Et tu es un homme honnête, déclare Pierre.

– Et toi ? Tu l’avais reconnue ? Tu vas certainement à Magdala pour vendre ton poisson, et qui sait combien de fois tu l’as vue !...

– Sache, mon garçon, que lorsqu’on est fatigué par un travail honnête, les femmes n’attirent plus. On aime seulement le lit honnête de son épouse.

– Ah ! Mais ce qui est beau plaît à tout le monde ! N’y aurait-il que cela, on regarde.

– Pourquoi ? Pour dire : “ Ce n’est pas nourriture pour ta table ” ? Non, sais-tu. Le lac et le métier m’ont appris plusieurs choses, et en voici une : poisson d’eau douce et de fond n’est pas fait pour l’eau salée et les tourbillons.

– Qu’est-ce que tu veux dire ?

– Je veux dire que chacun doit rester à sa place pour ne pas mourir de malemort.

– Elle te faisait mourir, Marie-Madeleine ?

– Non, j’ai la peau dure. Mais... si tu me le dis, c’est que, toi, tu te sens mal, peut-être ?

– Moi, je ne l’ai pas même regardée !

– Menteur ! Je parie que tu as bien regretté de ne pas te trouver sur cette première barque pour être plus proche d’elle... Tu m’aurais même supporté pour en être plus près... C’est si vrai que c’est à cause d’elle que tu me fais l’honneur de me parler après tant de jours de silence.

– Moi ? Mais elle ne m’aurait pas même vu ! Elle ne regardait continuellement que le Maître, elle !

– Ha, ha, ha ! Et tu dis que tu ne la regardais pas ! Comment as-tu fait pour voir où elle regardait, si tu ne la regardais pas ? »

Tout le monde rit à la remarque de Pierre, sauf Judas, Jésus et Simon le Zélote.

EMV 100.1-2 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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100.1 Jésus se trouve avec les siens dans les belles collines de Galilée. Le soleil est encore haut sur l’horizon bien que le crépuscule arrive. Pour lui échapper, les voyageurs marchent sous les arbres, presque toujours des oliviers.

« Après cette montée, c’est Nazareth, dit Jésus. Mais à l’arrivée, nous allons nous séparer. Jude et Jacques iront aussitôt chez leur père, comme leur coeur le désire. Pierre et Jean feront l’aumône aux pauvres qui se tiendront certainement près de la fontaine. Les autres et moi, nous irons à la maison pour le repas, puis nous penserons au repos. (...)

Ils font quelques mètres, puis Pierre et Jean s’éloignent sur la droite, tandis que Jésus et les autres s’avancent jusqu’à une petite place remplie d’enfants qui crient autour d’une vasque pleine d’eau où les mères vont puiser.