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Le Rosaire

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EMV 78.8 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« (...) J’ai quatre-vingt-quatre ans... je suis au bout de ma route. Je n’espérais plus rencontrer la grâce de Dieu. Mais je t’ai trouvé... et maintenant je ne désire plus voir une lumière autre que la tienne... Oui, je te vois sous ce vêtement de pitié qu’est la chair que tu as prise. Je te vois ! Ecoutez la voix de celui qui en mourant voit la lumière de Dieu ! »

Les gens s’attroupent autour du vieillard inspiré qui est dans le groupe de Jésus, et qui, sans plus s’appuyer sur sa canne, lève ses bras tremblants et sa tête toute blanche, avec une longue barbe qui se partage en deux, une vraie tête de patriarche ou de prophète.

« Je le vois, lui : l’Elu, le Suprême, le Parfait, descendu chez nous par la force de son amour, remonter à la droite du Père, devenir un avec lui. Mais voilà ! Ce n’est pas une voix et une essence immatérielle comme Moïse vit le Très-Haut, et comme la Genèse dit que le premier couple l’a connu lorsqu’il leur parlait dans la brise du soir. C’est avec une chair réelle que je le vois monter vers l’Eternel. Chair étincelante ! Chair glorieuse ! O Eclat de la chair divine ! O Beauté de l’Homme-Dieu ! C’est le Roi ! Oui. C’est le Roi. Non pas d’Israël, mais du monde. Devant lui s’in­clinent toutes les royautés de la terre et tous les sceptres, toutes les couronnes disparaissent devant l’éclat de son sceptre et de ses joyaux. Il porte sur son front une couronne. Il tient dans sa main un sceptre. Sur la poitrine, il porte le rational, perles et rubis y éclatent avec une splendeur jamais vue. Des flammes en sortent comme d’une fournaise sublime. Il a aux poignets deux rubis et une boucle de rubis à ses pieds saints. Lumière, lumière des rubis ! Regardez, ô peuples, le Roi éternel ! Je te vois ! Je te vois ! Je monte avec toi... Ah ! Seigneur ! Notre Rédempteur !... La lumière augmente aux yeux de mon âme... Le Roi est orné de son sang ! Sa couronne, ce sont des épines ensanglantées, son sceptre une croix... Voici l’Homme ! Le voilà ! C’est toi !... Seigneur, par ton immolation aie pitié de ton serviteur. Jésus, je remets mon âme à ta miséricorde. »

Le vieillard, tout droit jusqu’alors, redevenu jeune dans le feu de sa prophétie, s’affaisse tout à coup et il tomberait si Jésus ne le retenait pas aussitôt contre sa poitrine.

« Saul !

– Saul meurt !

– Au secours !

– Venez vite !

– Paix autour du juste qui meurt » dit Jésus, qui s’est lentement agenouillé pour pouvoir soutenir plus aisément le vieillard, qui devient toujours plus lourd.

On fait silence. Puis Jésus l’allonge complètement sur le sol.

Il se redresse.

« Paix à son âme. Il est mort en voyant la lumière. Dans l’attente qui sera brève, il verra déjà le visage de Dieu et sera heureux. Il n’y a pas de mort, c’est-à-dire de séparation d’avec la vie, pour ceux qui mourront dans le Seigneur. »

78.9 Après quelque temps, les gens s’éloignent en commentant la scène. Restent les notables, Jésus, les siens et le chef de la synagogue.

« Il a prophétisé, Seigneur ?

– Ses yeux ont vu la Vérité. Partons. »

EMV 80.4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Ah ! Se faire frapper jusqu’à en devenir une masse de chair broyée, devenue inutilisable au point que leur pied cruel la repousse, ou mourir sous leurs coups.

Si vous savez vous livrer à ce martyre, vous livrer à ce martyre, alors passe la Miséricorde, la seule qui puisse encore avoir pitié de cette répugnante misère pour laquelle le monde – un des deux maîtres –, éprouve du dégoût et sur laquelle l’autre maître – Satan – décoche ses flèches vengeresses. Et la Miséricorde, la seule à passer à ses côtés, se penche, l’accueille, la soigne, la guérit et lui dit : “ Viens, ne crains pas. Ne te regarde pas. Tes plaies ne sont plus que des cicatrices, mais tellement innombrables qu’elles te feraient horreur, tant elles te défigurent. Mais, moi, ce n’est pas elles que je regarde, je regarde ta volonté. En raison de cette bonne volonté, tu es marquée d’un signe. Et en raison de ce signe, je te dis : Je t’aime, viens avec moi ”, et elle la porte dans son Royaume. Alors vous comprenez que Miséricorde et Amitié royale sont une même personne.

EMV 80.8 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Maintenant vous, mes amis, vous pourrez savoir ce que cet homme n’a appris que succinctement. Après mon baptême – j’étais pur, mais on ne l’est jamais suffisamment par rapport au Très-Haut, et l’humilité de dire : “ Je suis un homme pécheur ” est déjà un baptême qui purifie le coeur –, après mon baptême, donc, je suis venu ici. J’avais été appelé “ l’Agneau de Dieu ” par celui qui, saint et prophète, voyait la Vérité et voyait l’Esprit descendre sur le Verbe et l’oindre de son chrême d’amour, tandis que la voix du Père emplissait les cieux en proclamant : “ Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute ma complaisance. ” Toi, Jean, tu étais présent quand Jean-Baptiste a répété ces mots... Après mon baptême et bien que je sois pur par nature et par ma personnalité, j’ai voulu “ me préparer. ” Oui, Judas. Regarde-moi. Mes yeux te disent ce que ma bouche tait encore. Regarde-moi, Judas. Regarde ton Maître qui ne s’est pas senti supérieur à l’homme du fait qu’il était le Messie et qui, même sachant qu’il était l’Homme, a voulu l’être en tout, sauf dans la complaisance au mal. Voilà : c’est comme cela. »

Annotation

Matthieu 3, 13-17 et 4, 1-11 : Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie.

Alors Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim.

Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »

Alors le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. » Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. »

Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient.

Marc 1, 9-13

En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. Et aussitôt, en remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Il y eut une voix venant des cieux : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. » Aussitôt l’Esprit pousse Jésus au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.

Luc 3, 21- 22 et 4,1-13 : Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Jésus, rempli d’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim.

Le diable lui dit alors : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. » Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain. »

Alors le diable l’emmena plus haut et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre. Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. » Jésus lui répondit : « Il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte. »

Puis le diable le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi, à ses anges, l’ordre de te garder ; et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui fit cette réponse : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé.

Jean 1, 29-34 : Le lendemain, voyant Jésus venir vers lui, Jean déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. » Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.” Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »

EMV 85.4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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– Nicodème, qu’a dit Gamaliel ?

– Il a dit : “ C’est quelque nouveau prophète. ” Rien d’autre.

– Et tu ne lui as pas rapporté ce que, moi, je t’ai dit, Joseph ? Tu es son ami...

– Je l’ai fait, mais il m’a répondu : “ Nous avons déjà Jean-Baptiste et, selon l’enseignement des scribes, il doit se passer au moins cent ans entre lui et le Messie pour préparer le peuple à la venue du Roi. Moi, je dis qu’il en faut moins, a-t-il ajouté, car les temps sont désormais accomplis. ” Et il a dit enfin : “ Cependant, je ne peux admettre que le Messie se manifeste ainsi... Un jour, j’ai cru que la manifestation du Messie était commencée parce que sa première lueur avait été vraiment un éclair céleste. Mais après... il s’est fait un grand silence et je pense m’être trompé. ”

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Judas est avec Nicodèle et Joseph d'Arimathie.

EMV 87.1 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Je suis habitué depuis des années à souffrir pour être fidèle à la vérité. Je ne pouvais mentir pour gagner les bonnes grâces des puissants. Et sais-tu combien de fois ils sont venus se moquer de moi, dans ma chambre de malade, et promettre – des promesses fallacieuses, c'est sûr – de me secourir si je disais que j'avais menti et que toi, Jésus, tu n'étais pas le Sauveur nouveau-né ? Mais je ne pouvais pas mentir. Mentir, ç'aurait été renier ma joie, ç'aurait été détruire mon unique espérance, ç'aurait été te repousser, mon Seigneur ! Te repousser, toi ! Dans la nuit de ma misère, dans la tristesse de mon infirmité, je gardais toujours la joie d'un ciel parsemé d'étoiles : le visage de ma mère, l'unique joie de ma vie d'orphelin, le visage d'une épouse qui ne fut jamais mienne et à laquelle je gardais mon amour au-delà de la mort. C'étaient mes deux petites étoiles. Il y avait aussi deux étoiles plus grandes, semblables à des lunes très pures : Joseph et Marie souriant à un nouveau-né et à nous, pauvres bergers, et, étincelant au centre du ciel de mon coeur, ton visage innocent, doux, trois fois saint... Je ne pouvais repousser ce ciel qui était le mien ! Je ne pouvais renoncer à sa lumière, la plus pure qui puisse exister. J'aurais préféré passer ma vie au milieu des tourments, que me passer de toi, mon souvenir béni, mon Jésus nouveau-né ! »

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Isaa, un berger de bethléem dit :

EMV 88.4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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– (...) Jonas, veux-tu me servir comme tes compagnons le font déjà ?

– Mais comment faire ?

– Comme eux. Lévi sait, et il te dira combien il est simple de me servir. Je ne demande que de la bonne volonté.

– Je te l’ai donnée quand tu n’étais qu’un bébé vagissant. Grâce à elle, j’ai triomphé de tout, aussi bien du découragement que des haines. C’est que... ici je ne peux pas trop parler... Le patron, une fois, m’a donné un coup de pied parce que j’affirmais avec insistance que tu existais. Mais quand il n’était pas là et que je me trouvais avec des gens à qui je pouvais me fier, ah ! Je le racontais, le prodige de cette nuit-là !

– Eh bien, maintenant, parle du prodige de ma rencontre ! Je vous ai retrouvés presque tous, et tous fidèles. N’est-ce pas un prodige ? Il vous a suffi de m’avoir contemplé avec foi et amour pour devenir justes aux yeux de Dieu et des hommes.

– Ah ! Maintenant, j’aurai un de ces courages ! Un de ces courages ! Maintenant que je sais que tu es là et que je peux annoncer : “ Il est là. Allez à lui !... ” Mais où, mon Seigneur ?

– Dans tout Israël. Jusqu’en septembre, je serai en Galilée. Nazareth ou Capharnaüm me verront souvent dans leurs murs et on pourra venir m’y trouver. Puis... je serai partout. Je suis venu rassembler les brebis d’Israël.

EMV 103.5 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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103.5 – Nous voici sur les terres d’Elisée. Les pâturages sont encore loin, mais à cette heure, les brebis sont presque toujours au bercail à cause du soleil. Je vais voir si elles y sont. »

Sur ce, Jonathas part au pas de course. Il revient quelque temps après avec deux pâtres grisonnants et robustes qui se précipitent au bas de la pente pour rejoindre Jésus.

« Paix à vous.

– Oh ! Notre Bébé de Bethléem ! » dit l’un ; et l’autre : « Paix de Dieu venue à nous, sois bénie. »

Les hommes sont prosternés sur l’herbe. On ne salue pas un autel aussi profondément qu’ils saluent le Maître.

« Relevez-vous. Je vous retourne votre bénédiction et je suis heureux de le faire, car elle vient joyeusement sur ceux qui en sont dignes.

– Oh, dignes, nous... !

– Oui, vous, qui êtes toujours fidèles.

– Qui ne l’aurait été ? Qui pourrait faire oublier cet instant ? Qui pourrait dire : “ Ce que nous avons vu n’est pas réel ? ” Qui pourrait oublier que tu nous as souri des mois durant, lorsque, revenant le soir avec nos troupeaux, nous t’appelions et que tu battais des mains au son de nos flûtes ?... Tu t’en souviens, Daniel ? Presque toujours vêtu de blanc dans les bras de ta Mère, tu nous apparaissais dans un rayon de soleil sur le pré d’Anne ou à la fenêtre : on aurait dit une fleur posée sur la neige du vêtement de ta mère.

– Et cette fois où tu es venu, quand tu faisais tes premiers pas, caresser un agnelet moins frisé que toi ? Comme tu étais heureux ! Et nous, nous ne savions que faire de nous-mêmes, car nous sommes rustres. Nous aurions voulu être des anges pour te paraître moins grossiers...

– Ah, mes amis ! Je voyais votre coeur et c’est encore lui que je vois maintenant.

– Et tu nous souris comme en ce temps-là !

– Et tu es venu jusqu’ici, chez de pauvres bergers !

– Chez mes amis. Maintenant, je suis content. Je vous ai tous retrouvés et je ne vous perdrai plus. Pouvez-vous accorder l’hospitalité au Fils de l’homme et à ses amis ?

– Oh, Seigneur ! Mais tu le demandes ? Le pain et le lait ne nous manquent pas, mais si nous n’avions qu’une seule bouchée de pain nous te la donnerions pour te garder avec nous. N’est-ce pas, Benjamin ?

– Nous te donnerions notre coeur en nourriture, Seigneur ! Nous t’avons tellement désiré !

– Alors allons-y. Nous allons parler de Dieu...

– Et de tes parents, Seigneur, de Joseph, qui était si bon, de Marie... Ah, ta Mère ! Vous voyez ce narcisse couvert de rosée ? Sa tête est belle et pure, on dirait une étoile de diamant. Mais Marie... Ah, ce narcisse n’est qu’une pourriture en comparaison d’elle ! Un seul de ses sourires vous purifiait. C’était une fête de la rencontrer, sa parole vous sanctifiait. Toi aussi, Benjamin, tu te souviens de ses paroles.

– Oui, je peux te les redire, Seigneur, car tout ce qu’elle nous a dit, dans les mois où nous avons pu l’entendre, est écrit ici (et il se frappe la poitrine). C’est la page de notre sagesse et nous la comprenions nous aussi car c’est une parole d’amour. Et l’amour... Ah ! L’amour, c’est une chose que tout le monde comprend ! Viens, Seigneur, entre dans cette heureuse demeure et bénis-la. »

Ils entrent dans une pièce près du vaste bercail et tout prend fin.

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Première rencontre avec les bergers Daniel et Benjamin. Je les mets dans la catégorie "Bergers de Bethléem" car ils évoquent des souvenirs de l'enfance de Jésus...

EMV 106.12 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Ce n’est pas seulement le saint désir du paradis que je veux que vous ayez, ni le désir humain que votre sainteté soit reconnue. Pour un peu d’amour donné à Celui auquel je vous ai dit que vous devez vous donner tout entier, c’est aussi une avidité de changeur, d’usurier, qui vous incite à prétendre à une place à ma droite au Ciel.

Non, mes enfants, non. Il faut d’abord savoir boire toute la coupe que j’ai bue. Entièrement : y compris sa charité témoignée en réponse à la haine, sa chasteté en réponse aux voix de la sensualité, son héroïcité dans les épreuves, son sacrifice par amour pour Dieu et pour ses frères. Puis, quand vous aurez rempli intégralement votre devoir, dites encore : “ Nous sommes des serviteurs inutiles ” et attendez que mon Père – qui est aussi le vôtre –, vous accorde, par bonté, une place dans son Royaume. Comme tu m’as vu être dépouillé de mes vêtements au Prétoire, il convient de se dépouiller de tout ce qui est humain et de ne garder que cet indispensable qui est respect envers ce don de Dieu qu’est la vie et envers les frères auxquels nous pouvons être plus utiles du Ciel que sur la terre, puis laisser Dieu vous revêtir de l’étole immortelle purifiée dans le sang de l’Agneau."

EMV 109.5 · Tome 2, p. 216-217

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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– Entre eux ils s’aiment ! Du moins... c’est l’impression qu’ils donnent, car ils se témoignent leur respect par des courbettes et des cadeaux. Ce n’est qu’avec nous qu’ils sont sans amour. Mais nous, nous sommes différents d’eux. C’est juste.

– Non, dans le Royaume de mon Père ce n’est pas juste et la manière de juger sera différente. Ce n'est pas aux riches et aux puissants, en tant que tels, que reviendront les honneurs, mais seulement à ceux qui auront toujours aimé Dieu plus qu’eux-mêmes et plus que toute autre chose comme l’argent, le pouvoir, les femmes, la table ; ceux qui auront aimé leurs semblables que sont tous les hommes, riches comme pauvres, connus comme inconnus, instruits ou sans culture, bons ou mauvais. Oui, même les mauvais, il faut les aimer. Non pour leur méchanceté, mais par pitié pour leurs âmes qu’ils blessent à mort. Il faut les aimer d’un amour qui supplie le Père céleste de les guérir et de les racheter. Dans le Royaume des Cieux seront bienheureux ceux qui auront honoré le Seigneur avec vérité et justice, et respecté ceux qui les ont mis au monde ainsi que leur parenté en signe d’amour ; ceux qui n’auront volé d’aucune façon et en rien, c’est-à-dire ceux qui auront donné et demandé ce qui est juste, même pour le travail des serviteurs ; ceux qui n’auront tué personne ni détruit la réputation d’autrui, et n’auront pas eu le désir de tuer, même si d’autres sont cruels au point de pousser le coeur au mépris et à la révolte ; ceux qui n’auront pas fait de faux serments pour nuire à leur prochain ou offenser la vérité ; ceux qui n’auront pas commis d’adultère ni de péché de la chair, quels qu’ils soient ; ceux qui, doux et résignés, auront toujours accepté leur sort sans envier les autres. C’est à ceux-là qu’appartient le Royaume des Cieux, et le mendiant lui-même peut être là-haut un roi bienheureux, alors que le Tétrarque sera, en fait de pouvoir, réduit à moins que rien, à un sort pire que le néant : il sera une proie pour Mammon s’il a agi contre la loi éternelle du Décalogue. »

EMV 109.15 · Tome 2, p. 226-227

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« D’ici peu, tu pourras te reposer, Jonas » dit Jésus pour le réconforter.

Jonas sourit. Il est de plus en plus calme à mesure que la soirée avance et qu’il est sûr d’être loin de Doras.

Jean et son frère courent en avant prévenir Marie. Quand le petit cortège arrive à Nazareth, presque déserte à la nuit tombante, Marie est déjà sur le seuil, en train d’attendre son Fils.

« Mère, voici Jonas. Il va se réfugier dans ta douceur pour commencer à goûter son paradis. Tu es heureux, Jonas ?

– Heureux ! Heureux ! » murmure comme en une extase l’homme épuisé.

On le porte dans la petite pièce où est mort Joseph.

« Tu es sur le lit de mon père. Ma Mère est ici, et là, c’est moi. Tu vois ? Nazareth devient Bethléem. A ton tour d’être le petit Jésus entre deux personnes qui t’aiment et vénèrent en toi le serviteur fidèle. Les anges, tu ne les vois pas, mais ils volent au-dessus de toi avec leurs ailes de lumière et ils chantent les paroles du psaume de la Nativité... »

Jésus fait couler sa douceur sur le pauvre Jonas qui s’affaiblit d’instant en instant. Il semble avoir résisté jusqu’à ce moment pour mourir ici... mais il est heureux. Il sourit, cherche à baiser la main de Jésus, celle de Marie, à parler, à parler... mais il est si épuisé que ses mots se brisent. Marie le réconforte comme une mère. Et il répète : « Oui... oui », un sourire bienheureux sur son visage décharné.

A la porte du jardin, les disciples observent en silence, profondément émus.

« Dieu a exaucé ton long désir. L’étoile de ta longue nuit est devenue l’étoile de ton matin éternel. Tu connais son nom, dit Jésus.

– C’est le tien, Jésus ! Oh, Jésus ! Les anges... Qui est-ce qui me chante l’hymne angélique ? Mon âme l’entend... mais mon oreille aussi voudrait l’écouter... Qui, pour me faire m’endormir dans la joie... J’ai tellement sommeil ! J’ai supporté tant de choses ! J'ai tant pleuré ! J'ai reçu tant d’insultes... Doras... Je lui pardonne... mais je ne veux pas entendre sa voix et je l’entends... C’est comme la voix de Satan près de moi qui vais mourir. Qui me couvrira cette voix par les paroles venues du Paradis ? »

Marie, sur le même air que sa berceuse, chante doucement :

« Gloire à Dieu, au plus haut des Cieux et paix aux hommes ici-bas. »

Elle le répète deux ou trois fois parce qu’elle voit que Jonas se calme en l’entendant.

« Doras ne parle plus, dit-il après quelque temps. Les anges seulement... Il y avait un bébé... dans une mangeoire... entre un boeuf et un âne... et c’était le Messie... Je l’ai adoré... et avec lui il y avait Joseph et Marie... »

La voix s’éteint en un bref gargouillis et le silence lui succède.

« Paix au Ciel à l’homme de bonne volonté ! Il est mort. Nous le mettrons dans notre pauvre tombeau. Il mérite d’attendre la résurrection des morts auprès de ce juste qu’était mon père » dit Jésus.

Prévenue par je ne sais qui, Marie, femme d’Alphée, arrive. Sur ce, la vision s’arrête.

Détail

Jésus est parti chercher Jonas. Celui-ci est trop faible pour marcher et est porté sur un lit de fortune. Ils vont à Nazareth et le Christ ne s'occupe que de son ami.