EMV 174.2-5.8 · Tome 3, p. 126-128
L’Evangile tel qu'il m'a été révélé
Citation
La foule s’agite et se sépare en trois groupes : les malades, les pauvres et ceux qui attendent seulement l’enseignement.
Mais, parmi ces derniers, deux, puis trois semblent avoir besoin de quelque chose qui n’est ni la santé, ni l’argent, mais qui est plus nécessaire. Il s’agit d’une femme et de deux hommes. Ils regardent les apôtres, mais n’osent parler. (...)
Jésus est déjà penché sur les malades, et les hosannas de la foule ponctuent chaque miracle.
La femme, qui paraît tout en peine, ose tirer le vêtement de Jean qui parle avec André et sourit.
Il se penche et lui demande :
« Que veux-tu, femme ?
– Je voudrais parler au Maître…
– Es-tu malade ? Tu n’es pas pauvre…
– Je ne suis ni malade ni pauvre, mais j’ai besoin de lui… car il existe des maux sans fièvre et des misères sans pauvreté, or la mienne… la mienne… »
Elle pleure.
« Tu vois, André, cette femme a de la peine et elle voudrait le dire au Maître. Comment allons-nous faire ? »
André regarde la femme et dit :
« C’est sûrement quelque chose dont elle souffre, tant qu’elle ne lui en aura pas parlé… »
La femme approuve d’un signe de tête. André reprend :
« Ne pleure pas… Jean, conduis-la à notre tente. J’y amènerai le Maître. »
Tout sourire, Jean demande qu’on le laisse passer pendant que, dans la direction opposée, André se dirige vers Jésus.
Mais les deux hommes affligés observent la manœuvre : l’un d’eux arrête Jean, l’autre arrête André, et, peu après, ils se retrouvent tous deux avec Jean et la femme derrière l’abri de feuillage qui sert de mur à la tente.
André rejoint Jésus au moment où il guérit l’estropié, qui lève ses béquilles comme deux trophées avec l’agilité d’un danseur tout en criant sa bénédiction. André lui murmure :
« Maître, derrière notre tente il y a trois personnes qui pleurent. Mais ce sont des peines de cœur qui ne peuvent être rendues publiques…
– C’est bien. J’ai encore cette fillette et cette femme et puis je viens. Va leur dire d’avoir foi. »
André s’éloigne (...). Les malades sont tous exaucés et ce sont eux qui crient le plus fort dans la foule nombreuse qui applaudit le « Fils de David, gloire de Dieu et notre gloire. »
Jésus se dirige vers la tente.
Judas s’écrie :
« Maître ! Et eux ? »
Jésus se retourne :
« Qu’ils attendent là où ils sont. Eux aussi seront consolés. »
Et il s’en va rapidement derrière les feuillages, là où se trouvent, avec André et Jean, les trois personnes en peine. [Le Christ écoute ces trois personnes, qui s'en vont satisfaites.]
Jésus retourne vers la foule, vers les pauvres et il distribue les oboles comme il le juge bon. Maintenant tout le monde est content et Jésus peut parler.